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  • La Dentelle du Cygne

Johan Heliot

Frankenstein 1918

Frankenstein 1918

Date de parution : septembre 2018


Illustrateur : Laure Guillebon


ISBN13 : 9782841728718

Nombre de pages : 256
Prix : 16,90 €
État : disponible

Grande Guerre, 1914. Après un premier engagement désastreux, les Anglais décident l’opération Frankenstein : plutôt que de construire des chars, on créera de la chair à canon.
À partir des archives du fameux docteur et grâce à la production d’électricité à présent industrialisée, des unités de soldats pouvant être sacrifiés sans remords seront fabriquées – les champs de bataille du nord de la France fourniront la « matière première ». Winston Churchill est nommé responsable de l’unité de recherche sur la régénération.
Les « frankies » vont faire leurs preuves sur le terrain, mais la société se partage entre pro et anti. L’opération finalement interrompue, l’un d’eux, Victor, échappe au massacre puis est secouru par Marie Curie qui le rend à la vie consciente grâce aux radiations.
Réfugié dans les décombres de Londres, qui a été détruite et rendue inhabitable par un bombardement à l’arme chimique, Victor retrouve le laboratoire où il est né, y recueille Churchill et engage un combat pour l’émancipation des siens. C’est là qu’un jeune couple, elle, résistante à l’occupation, lui, historien, finit par le retrouver en 1958, dans l’espoir de lever le voile sur ce versant secret de l’Histoire que la censure en vigueur ne suffit pas à expliquer.

Johan Heliot entrecroise, tel un tisseur, des récits de Winston Churchill tirés de ses Mémoires secrets, les témoignages d’une Marie Curie désabusée par la folie des hommes, et le journal intime du personnage principal, Victor. Se dessine alors, au fil de la lecture, un panorama fascinant des conséquences d’une Grande Guerre qui n’aurait pas pris fin en 1918, dont le cœur est un hommage à Mary Shelley et sa fameuse créature.


J’ai eu le privilège et le malheur de vivre, mourir et puis renaître dans les premières décennies d’un siècle fou, autant créateur que dévastateur. Longtemps, j’ai hésité à témoigner. Ajouter ma voix à la cacophonie du monde me semblait vain. Mais je nourris aujourd’hui l’espoir de donner aux hommes d’après-demain une leçon profitable, si toutefois il advient suffisamment de nouvelles générations pour habiter l’avenir.
Manuscrit de Victor, premier des non-nés.
  • Revue de presse
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Heliot - Frankenstein 1918 - Le Point
Posté le 08 août 2018 -

 Frankenstein, c'est presque de la hard-science avant l'heure », analyse l'auteur Johan Heliot. « On pourrait dire que ce livre est le père de la science-fiction moderne. Le roman s'interroge sur la nature de la vie et de l'homme, qui sont des questions encore très présentes dans ce genre. » Le spécialiste français des uchronies historiques publie, le 20 septembre prochain, Frankenstein 1918 aux éditions de l'Atalante. Cet excellent récit imagine les recherches de Frankenstein utilisées pour créer des super-soldats dans les tranchées allemandes. Reprenant le même procédé épistolaire de Shelley sous forme de mémoires et rapport de guerre, Heliot met en scène un Winston Churchill traquant, dans une Europe post-apocalyptique, un de ses monstres qui s'est échappé. Originale et efficace, cette uchronie rappelle que l'ouvrage de Shelley inclut plusieurs genres. Beaucoup s'accordent à dire que le livre s'apparente avant tout au fantastique.

[L'article complet]

Par Lloyd Chéry

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Heliot - Frankenstein 1918 - Daily Mars
Posté le 27 septembre 2018 -

Deux cents ans après la publication du roman éponyme de Mary Wollstonecraft Shelley, Frankenstein fait à nouveau parler de lui. Avec, entre 1818 et notre triste époque, une Première Guerre mondiale qui occupe elle aussi une place centrale dans le roman de Johan Heliot.

Mal engagés dans la Grande Guerre, les Britanniques jouent le tout pour le tout en appliquant les préceptes de Victor Frankenstein. Objectif : créer une troupe de créatures (baptisées « non-nés » et surnommées « frankies », sur le modèle des « tommies ») surmusclées et entraînées à tuer, mais dépourvues de sens de la fatigue, de la douleur, et de sens moral. À la tête de l’opération Frankenstein : Winston Churchill, rien de moins. Il accepte de disparaître de l’Histoire officielle afin de changer la face du conflit mondial.

Churchill n’est évidemment pas le héros de la Seconde Guerre mondiale que nous connaissons, puisque celle-ci n’a pas eu lieu. Ses « mémoires secrets » de la Grande Guerre et de l’opération Frankenstein sont reproduits ici en partie, entremêlés du récit d’Edmond Laroche-Voisin, historien, et de celui de Victor, « descendant » (avec beaucoup de guillemets) tant du savant éponyme que de sa Créature (et rebaptisé ainsi par Churchill en hommage à son illustre « ancêtre »). Cet entrecroisement des fils narratifs fonctionne pleinement, puisqu’il nous permet à la fois d’avancer dans l’histoire et d’en appréhender les dimensions multiples.

Johan Heliot, s’il se fonde sur le roman classiquissime de Mary Wollstonecraft Shelley (même si, en définitive, on en connaît moins le contenu parce qu’on l’a effectivement lu que par le quasi-inconscient collectif associé à la Créature), s’en sert plutôt de tremplin pour plonger dans un bain culturel inédit.

Au cœur de son propos : la Première Guerre mondiale, sa violence, sa misère, mais aussi ses découvertes scientifiques. Marie Curie n’est jamais loin – elle apparaît même très précisément dans le récit, notamment par l’intermédiaire de sa fille Irène, personnage à part entière. La radiation non plus, inscrite comme outil de soin durant la guerre et comme outil de mort ensuite.

Image incarnée de ce conflit, Victor est un combattant surpuissant, créé à partir de plusieurs corps. Traité comme une bête née pour tuer, il doit, dans un premier temps, cacher que sa conscience est éveillée, que ses souvenirs refont surface et qu’il se trouve en capacité de réfléchir. Le matricule qu’il reçoit n’est pas sans évoquer les tatouages des camps de concentration. Ou quand les « gentils » adoptent des manières de « méchants » pour réorienter le cours d’un conflit…

Le chapitre central de ce roman, le plus réussi, s’attache à décrire l’éveil de Victor, de son propre point de vue. Le lecteur est invité à entrer dans sa tête, à écouter le récit de sa conscience. À qui appartient ce cerveau ?, s’interroge Victor. Car tout, en lui, lui semble d’abord étranger – et tout l’est effectivement. Puis sa mémoire lui revient mais il réalise qu’il n’est plus celui qu’il était avant de mourir. Impossible, pour lui, de revenir aux siens. Il a trop changé. Autre façon d’être une victime de la guerre.

Johan Heliot noue des liens très bien vus entre certains éléments connexes. Les gueules cassées mises en parallèle avec les « frankies ». Les enfants qui jouent à la guerre et, une fois « tués », se relèvent pour recommencer à jouer, à comparer aux Créatures qui toujours se relèvent pour combattre, car elles ne ressentent pas la douleur.

Le mutisme de la Créature de Mary Shelley devient ici un simple problème de communication, Victor étant anglophone et Irène Curie francophone. C’est grâce à la radiographie, et donc à Irène, que Victor retrouve pleinement la mémoire (et réalise au passage qu’il sait parler français). Celle qui, d’une certaine façon, vient de lui rendre la vie plus sûrement que toute l’électricité de Churchill, le recrée une seconde fois en lui imposant de ne plus tuer. Un comble, pour une telle machine à détruire sans état d’âme ! Créé, recréé, Victor ne cesse d’évoluer, jusqu’à se transformer en geôlier de Churchill dans les ruines d’une Londres irradiée, plongée dans une éternelle Ère hivernale.

Lorsqu’il rencontre Marie Curie, la mère d’Irène donc, celle-ci semble sonder son cœur aussi sûrement que les radiations pénètrent loin au centre des corps – à l’instar de rayons X naturels. Les Curie mère et fille dessinent une dimension féministe chère à Mary Shelley elle-même, par les questions que ces deux femmes d’exception posent dans un monde dominé par les hommes. Cet aspect clôt d’ailleurs le présent roman, en répondant à une question des plus cruciales : si un monde peuplé de « frankies » stériles est voué à l’extinction, que pourraient des « non-nés » de sexe féminin ? La « régénération », substantif désignant la résurrection d’une personne, leur ôte-t-elle à elles aussi la capacité de procréer ? La réponse est riche et passionnante.

- Vincent Degrez, le 9 septembre 2018. 

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Heliot - Frankenstein 1918 - ActuSF
Posté le 02 octobre 2018 -

Une Histoire européenne revisitée

Europe, début du XXe siècle, une des périodes les plus sanglantes de l’Histoire. La guerre sévit, provoquée par la folie de conquêtes de l’Empire prussien. La France et la Belgique sont à feu et à sang, et l’Angleterre cherche les meilleures stratégies militaires pour lutter contre les Prussiens pendant que ses tommies tombent au front avec leurs camarades français.

Une idée surgit, une solution commence à voir le jour parmi les officiers britanniques, Winston Churchill en tête. Mais c’est une idée si monstrueuse que tous la rejettent, sauf Churchill qui va s’y consacrer totalement, au prix de sa carrière et de sa santé mentale...

Pendant que les Prussiens préparent la bombe absolue qui va détruire définitivement Londres et sa région, Churchill, dans le plus grand secret, met la main sur les papiers du Dr Frankenstein et s’empare de son œuvre : comment faire revenir un cadavre à la vie.

L’épopée des non-nés commence alors, dans des scènes de combat d’anthologie...

Bien des années plus tard, Edmond Laroche-Voisin et sa fiancée retrouvent les traces de cette histoire, ainsi que ses protagonistes, et le récit qu’ils en entendent va bouleverser leurs vies.

Un roman polyphonique qui donne la parole à ses personnages

Ce récit emboîté est constitué des témoignages des différents protagonistes, chacun expliquant ce qui lui est arrivé et dans quelles circonstances il a eu accès aux témoignages des autres. Ces voix multiples forment un roman choral où chaque pièce s’emboîte sans problème avec les autres.

Les récits s’entrelacent, les personnages connus aussi, historiques ou littéraires. L’auteur met ainsi des sommités dans son œuvre : Edmond Laroche-Voisin croise Winston Leonard Spencer-Chrurchill, Hemingway, Marie Curie et sa fille Irène. Tout ce beau monde est une puissante motivation pour apprécier l’ouvrage, et l’auteur sait en jouer et se servir de son histoire pour tenir le lecteur en haleine jusqu’à la fin.

Une uchronie bien ficelée

Johan Heliot nous livre ici une uchronie attachante, en hommage à l’œuvre phare de Mary Shelley, en hommage aussi au personnage complexe et inouï qu’elle a créé. L’idée de départ est assez ambitieuse : créer une uchronie sur la guerre de 1914-1918 perdue contre les Prussiens, faire des allusions anticipatrices à la Gestapo et à la bombe nucléaire, tout en faisant renaître le mythe de Frankenstein pour lui donner une autre dimension. L’auteur relève bien le défi avec ce roman riche et travaillé.

Le monstre de Frankenstein

Le personnage du monstre de Frankenstein est autant travaillé que le contexte historique. Un être, désigné par le nom Victor, fait son apparition assez tôt dans le roman, sans qu’on sache précisément qui il est : le savant Victor Frankenstein ? le monstre qu’il a créé ? quelqu’un d’autre ? L’auteur joue sur l’ambiguïté de l’appellation Frankenstein qui pour tout le monde a tendance à désigner non pas le créateur mais sa créature. Il y aura encore des retournements de situation avant que son identité soit dévoilée...

Mais la thématique des non-nés est importante et bien exploitée. On assiste au réveil des créatures, à leurs premières sensations, leurs premières pensées, leur mode de fonctionnement, leurs capacités. C’est la venue au monde de créatures autres, différentes au sens le plus absolu du terme. Elles sont mortes humaines, elles renaissent radicalement monstrueuses. Et pourtant, le plus monstrueux n’est-il pas ce que les humains se font subir les uns aux autres, et la manière dont ils traitent ces créatures qu’ils ont mises au monde ?

Un très beau roman, écrit dans un style dix-neuvièmiste ciselé, qu’on a plaisir à découvrir tranquillement, qui fait réfléchir et rêver en même temps.

- Anaelle Weiss, septembre 2018.

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Heliot - Frankenstein 1918 - Libération
Posté le 09 octobre 2018 -

Johan Heliot reprend le mythe créé par Mary Shelley dans une uchronie fantastique où l'Europe perdante de la Première guerre se trouve sous protectorat prusse.

La guerre apparaît comme un événement de prédilection pour les uchronies. La Seconde Guerre mondiale a ainsi inspiré plusieurs auteurs, en tête Philip K. Dick avec les Maîtres du haut château (l’Allemagne et le Japon ont gagné la guerre). La Grande Guerre aussi a suscité des «et si». Le premier Français à l’avoir choisie comme point d’altération est Gaston Homsy dans Si les Allemands avaient gagné la guerre… (1921), d’après l'Histoire revisitée d’Eric B. Henriet. Premier Anglais : Arthur Conan Doyle avec le Voyage de la mort (1929). Dans cette nouvelle, le père de Sherlock Holmes imagine que l’Allemagne s’effondre après une révolte bolchevique, mais que Guillaume II, dans un dernier élan suicidaire, lance toute sa marine à l’assaut des Iles britanniques. Il y en a d’autres. On pourra désormais y ajouter Frankenstein 1918 de Johan Heliot.

L’écrivain aime l’uchronie. Dans sa Trilogie de la Lune (2000-2007), il posait qu’en 1870, Napoléon III dominait l’Europe après avoir vaincu les Allemands à Sedan. Ici, la Prusse a vaincu les Anglais et les Français après la Première Guerre mondiale (appelée «Guerre Terminale», une boucherie qui dure vingt ans). Son texte se déroule sur plusieurs époques, entremêle les différents points de vue : pendant les débuts de la guerre, en 1914-1916 (via les mémoires secrets de Winston Leonard Spencer-Churchill), et en 1956 (via le récit a posteriori du jeune historien Edmond Laroche-Voisin). Une descendante de cet universitaire relate les faits à notre époque, en 2018, dans un prologue et un épilogue.

Comme il le faisait dans sa trilogie, Johan Heliot reprend de grands personnages historiques, Ernest Hemingway, les Joliot-Curie, Winston Churchill, pour servir son propos. Le roman ne vise pas à décrire les suites de la guerre, même s’il décrit bien les conditions dramatiques des soldats dans les tranchées ou les conditions de vie précaire et rationnées en France sous proctectorat prusse (mais une résistance s’active). L’Angleterre, quant à elle, s’est transformée en champs de ruines radioactif. La force du fil narratif tient à une réactivation de la figure imaginaire et fantastique de Frankenstein, titre du livre culte de Mary Shelley dont on fête le bicentenaire de la publication cette année, et de sa créature.

Fabriquer des soldats «non-nés»

La guerre a très mal commencé pour les Anglais, et après la perte d’Anvers, Winston Léonard Spencer-Churchill se montre fortement pessimiste sur la suite. «En conséquence de quoi, une réaction déterminée s’imposait, radicale et décisive pour l’avenir de l’Empire comme du reste du monde.» Son idée : exploiter la recette de Victor Frankenstein pour fabriquer sa créature, document en possession du gouvernement britannique, via le capitaine Robert Walton à qui Frankenstein avait raconté sa tragédie dans le Grand Nord. Cette invention pourrait permettre, selon Winston, de produire des centaines de soldats, des «non-nés», pour épargner les appelés de ce conflit destructeur. «J’étais en mesure d’accepter l’idée de la régénération par stimulation des connexions électriques du cerveau.»  

La première créature conçue dans un laboratoire expérimental secret de l’East End est prénommée Victor, comme le savant de Mary Shelley. A l’image du roman de l’Anglaise, dans lequel le monstre finit par tuer certes, mais parce qu’il est malheureux, sensible et cultivé, Victor est un être intelligent et doué d’émotion. Sa bienveillance envers ses hommes, les «Frankies», des natures puissantes et résistantes aux blessures envoyées au front pour casser du Prussien, donnent parmi les plus beaux passages du livre. «Tu es un soldat, Victor. Un combattant, fait pour la guerre. Tu seras entraîné à affronter l’ennemi. Tu apprendras à tuer sans connaître le remords.»

Son esprit s’affûte, repère des réminiscences de son passé, s’éveille à des considérations morales. Peut-on traiter les non-nés, conçus de cadavres, comme des bêtes ? Doit-on se venger de la trahison ? Au plus au sommet de l’Etat britannique, on tranchera finalement pour des idées tirées d’H. G Wells plutôt que de Mary Shelley… Hommage à Frankenstein, Frankenstein 1918 se présente comme une belle uchronie, avec une seule réserve sur le côté un peu sommaire de la relation amoureuse qui se noue entre le jeune historien passionné et une coreligionnaire de la Sorbonne, peut-être parce que l’auteur songeait davantage à leur rôle au final.

- Frédérique Roussel, le 02 octobre 2018. 

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Heliot - Frankenstein 1918 - Le Blog du Soleil Vert
Posté le 12 octobre 2018 -

A mon grand-père, Poilu de 14-18, à mon père, gardien de la mémoire.

1914 : par le jeu des alliances débute un conflit mondial sanglant qui portera le nom de Guerre terminale. Sur le front occidental la Prusse affronte la France et la Grande-Bretagne, privées du soutien des États-Unis. Les hostilités perdurent jusqu’en 1933, date à laquelle les belligérants détruisent la ville de Londres en déversant depuis des zeppelins, des bombes irradiantes. La France vaincue est placée sous Protectorat allemand. Il faudra attendre l’année 1958 pour que le colonel De Gaulle en secoue le joug.

Entre temps, un jeune intellectuel français découvre, par l’entremise de l’écrivain et correspondant de guerre Ernest Hemingway, un épisode méconnu et fantastique de ces sombres années qui, s’il avait été mené à son terme, eut pu changer le sort des armes. Un obscur officier supérieur anglais du nom de Winston Churchill voulu mettre en pratique les travaux d’un certain Victor Frankenstein pour créer des bataillons de « non-nés » et surprendre ainsi l’ennemi. C’est le récit de l’un d’entre eux, Victor, qui parvint aux mains du professeur Edmond Laroche Voisin.

Involution avait aiguillé ma curiosité, j’avais eu de bons échos de Françatome, mais Frankenstein 1918 est un coup de cœur. La célébration prochaine du centenaire de l’armistice du 11 Novembre 1918 est à l’origine de la rédaction de cette uchronie, débridée comme d’habitude par l’imagination de Johan Heliot, et plaçant du coup cet auteur dans la filiation d’un Reouven ou d’un Wagner. Mais ici, malgré quelques jeux de mots inauguraux - Anvers fut l’endroit d’un tournant décisif …, L’adieu aux âmes d’Ernest Hemingway - l’humour cède vite le pas à la gravité requise pour la dénonciation romancée de la folie des hommes. Heliot est natif des Vosges, et dans l’Est comme dans le Nord, la terre autant que les esprits se souviennent des boucheries militaires du XXe siècle.

Trois idées forces traversent ce livre. Le travail de mémoire, symbolisé par la recherche des manuscrits de Victor, la créature du docteur Frankenstein, des travaux du savant, et des mémoires de Winston Churchill. S’y ajoute le récit oral de Victor de plus en plus précis au fur et à mesure du rétablissement progressif de son intelligence et de ses souvenirs. Vient ensuite une dénonciation de la violence dont les apparitions circonstanciées dissimulent la triste réalité d’une tare ancrée dans le génome humain et qui ne demande qu’à s’exprimer. Enfin l’écrivain, par le biais du revenant, entame une réflexion sur le Pouvoir, sur la malfaisance exercée par une minorité sur les populations qu’elles ont en charge.

Dans les réussites de l’ouvrage on comptabilisera la mise en scène de personnages historiques. Churchill, Irène et Marie Curie ne sont pas des porte manteaux narratifs mais des êtres agissant – à l’exception notable d’Hemingway. Quant à Victor, sa lente régénération morale succédant à celle de son corps constitue le point d'orgue du récit tout autant qu'un message adressé au lecteur. La conclusion sans appel de Frankenstein 1918 dépasse le cadre de l’uchronie pour atteindre l’universel : « n’oubliez jamais le sacrifice des générations qui vous ont précédé et rappelez-vous les leçons de l’Histoire, car c’est le seul moyen d’éviter de répéter les erreurs de vos ainés ».

- SoleilVert, le 05 octobre 2018. 

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Heliot - Frankenstein - Livresque78
Posté le 15 octobre 2018 -

La guerre 14-18 racontée et fantasmée par Johan Heliot est surprenante. L’auteur mêle faits réels et imagination débordante, tout en faisant un bel hommage à l’auteure de Frankenstein, Mary Shelley.

Sous forme de journaux intimes, de récits recueillis par Edmond Laroche-Voisin, un professeur des facultés de Paris et Berlin, nous est racontée l’histoire de Wiston Churchill pendant cette guerre si meurtrière. Ce dernier décida de s’inspirer des travaux du professeur Frankenstein, afin de créer une armée de « morts-vivants » pouvant épargner la vie des soldats Britannique en combattant sur le front à leur place.

Un récit passionnant dont la partie, pour moi, la plus addictive et troublante est bien entendu, la narration des événements faite par Victor, ce jeune homme né une seconde fois dans le laboratoire de Wiston Churchill. Victor est différent et nous le suivons ici dans son combat pour les siens  » les non nés », comme il les appelle. Derrière toute cette histoire, une réflexion, sur la condition de l’homme, son engagement envers les siens.

Un savant mélange de fiction, d’histoire, de politique. Un livre qui se lit comme un journal intime, comme un secret, une découverte, où se mêle personnages histoires et personnages de fiction.

-  Livresque78, le 05 octobre 2018.


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Heliot - Frankenstein 1918 - La Rivière des mots
Posté le 15 octobre 2018 -

Un livre intense, prenant, dur mais intéressant. Le contexte plaira à tous les amoureux de l’histoire, même s’il n’est pas nécessaire d’avoir une grande connaissance en la matière. Le fantastique est léger, Johan Heliot réussit le tour de force d’ancrer le surnaturel au réel, de sorte qu’on perde pied dès le début, de sorte qu’on ne puisse plus tirer le vrai du faux. J’ai eu du mal à entrer dedans sur les soixante-dix premières pages mais ça en valait la peine ! Une histoire glaçante sur fonds de vérité, en quête de qui est l’homme et qui est le monstre.

-  La rivière des mots, le 10 octobre 2018.

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Heliot - Frankenstein 1918 - L'Horizon et l'Infini
Posté le 17 octobre 2018 -

Frankenstein 1918 est le livre parfait pour continuer ce fantastique hommage à Mary Shelley, cette uchronie qui nous propose une réalité alternative à partir de la première guerre mondiale sort de l’ordinaire, ce récit est captivant et plein de surprises.
Le premier non-né viable sera appelé Victor et son parcours deviendra le fil conducteur de ce roman qui se lit avec grand plaisir page après page.
Une évolution plus qu’intéressante de Victor et une chute en enfer de Churchill.
Johan Heliot nous conduira aussi en 1958 avec les deux jeunes historiens qui verront leur vie bouleversée par la découverte d’une partie des écrits concernant les non-nés.
Ma partie préférée du roman et celle de la rencontre avec Victor et du récit de « son histoire » avec la famille Currie.
Winston Churchill ( le vrai ) disait :
“La grande leçon de la vie, c’est que parfois, ce sont les fous qui ont raison.”
Difficile aussi de définir avec certitude qui sont les fous dans ce livre qu’il faut absolument lire.
Les éditions L’Atlalante sont une valeur sure pour moi et suis ravie de la découverte de ce bel ouvrage, un grand merci !

- Blog L'Horizon et l'Infini, le 16 octobre 2018.

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Heliot - Frankenstein 1918 - Le Bibliocosme
Posté le 24 octobre 2018 -

Une uchronie très travaillée

Frankenstein 1918, comme son titre l’indique, compte nous emmener à la fois dans une uchronie et dans un jeu littéraire bourré de références, notamment au roman de Mary Shelley. Johan Héliot a très vite l’habilité de nous placer toute la trame de son intrigue dans un prologue touffu mais bienvenu. Le décor est planté : nous allons sui4 octobrevre une uchronie à l’aide de récits imbriqués où nous croiserons forcément des personnages connus dans des situations inconnues. Ainsi, l’auteur invoque Hemingway, un dénommé Victor du nom du célèbre docteur ès expérimentations nécromanciennes, Churchill, Frédéric Joliot-Curie et Jean Teillac, rien que ça ! Techniquement donc, si on veut être très précis sur les étiquettes, nous sommes ici dans l’histoire secrète d’une uchronie rétrofuturiste fondée sur la technologie de la radioactivité dans les années 1910-1920 : la Première Guerre mondiale s’est éternisée au point d’être appelée Guerre terminale, la Prusse a fini par remporter la partie, occuper la France et on croit savoir que l’Angleterre est en grande partie inhabitable à cause de la radioactivité ambiante. L’auteur se fait donc plaisir à multiplier ainsi les clins d’œil et les pieds de nez à l’Histoire (ils sont légion dans ce roman relativement court, mieux vaut se garder quelques surprises). Dans cet entremêlement de récits, nous suivons surtout l’aventure et les traces du dénommé Victor, « frankie », c’est-à-dire soldat non-né du Royaume-Uni créé à l’instigation de Winston Churchill et grâce aux carnets du fameux docteur Frankenstein.


Un récit très construit

Le récit entrecroise le journal de Frédéric Joliot-Curie datant de 1956, quand il s’est mis en chasse du « mystère Frankenstein » comme il l’appelle, et celui de Winston Leonard Spencer-Churchill (oui, Spencer-Churchill : rappelons au passage qu’il est bien un lointain cousin de lady Diana Spencer) écrit de 1914 à 1916 sur les débuts de la Guerre terminale. Outre le fait que cette imbrication est bien construite, il faut souligner la précision des sources utilisées ou inventées pour l’occasion par l’auteur afin de rendre cette enquête uchronique tout à fait crédible. On navigue dans des journaux personnels bien retranscrits et parmi des lieux tout aussi chargés d’histoire (chargés au sens physique d’ailleurs, puisqu’on parle pas mal de radium dans cette intrigue, même si on aurait pu espérer davantage d’explications scientifiques en rapport). La progressivité des révélations n’est pas le cœur du roman, car on devine un certain nombre de choses assez vite ; par contre, l’auteur semble avoir voulu s’orienter vers une dimension plutôt pédagogique (rappelons-le, 2018 clôt le centenaire la « Grande Guerre » de 1914-1918), car non content de réutiliser, dans les règles de l’art, un personnage de la littérature populaire qu’est le docteur Frankenstein et son avatar, l’auteur appuie régulièrement là où les cours d’Histoire sur la Première Guerre mondiale nous emmènent souvent : absurdité de la course aux armements, industrialisation de la guerre, imbrication des mondes politique et économique, ainsi que quelques aspects de la vie quotidienne de l’époque (Poilus dans les tranchées au front et appauvrissement des couches populaires à l’arrière).

[...]

-  Dionysos, le 24 octobre 2018.

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Heliot - Frankenstein 1918 - Le bazar de Devi
Posté le 26 octobre 2018 -

Les Anglais pour éviter d’envoyer leurs jeunes à une mort quasi certaine vont décider de mettre en œuvre l’opération Frankenstein. Grâce aux archives du docteur ils vont créer à Londres « les Frankies » ou « non né » et les envoyer à la guerre comme chair à canon.

Le roman est une uchronie débutant lors de la première guerre mondiale et raconté par le professeur Français Edmond Laroche-Voisin qui va retrouver les mémoires secrètes de Churchill et le carnet de Victor (le premier « non né »). Il se rendra dans les décombres (presque) inhabité de la ville de Londres (bombardé pendant la guerre) accompagné d’Elisabeth sa future femme pour essayer de retrouver des traces des expériences de Churchill.

Le mélange fantastique/historique du livre est vraiment bien trouvé et travaillé. Le récit alterne entre les descriptions/trouvailles d’Edmond et les textes traduits des carnets de Churchill et Victor.

On s’attache énormément à Victor « le frankie » et sa vie pleine de rebondissement (les meilleurs passages du roman à mon sens). Sa deuxième naissance face à Churchill. Sa participation à la guerre. Sa fuite et sa rencontre avec Ines et Marie Curie.
Pour résumé j’ai bien apprécié cette première découverte de Johan Heliot qui se lit vite (250 pages). Le roman est un très bel hommage à l’œuvre originale.

- Devi, le 26 octobre 2018.

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Heliot - Frankenstein 1918 - Le Bibliocosme
Posté le 26 octobre 2018 -

Johan Héliot revisite notre XXe siècle

Ce n’est pas un scoop, Johan Héliot aime s’amuser avec l’Histoire. Dans « La trilogie de la Lune », il revisitait le Paris du XXe en y incluant une race extraterrestre ayant pris contact avec la Terre à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1889. Dans « Le Grand Siècle », il imagine un Louis XIV vivant en symbiose avec une drôle d’entité venue d’ailleurs et transpose la conquête de l’espace au XVIIe siècle. Avec « Frankenstein 1918 », ce sont les deux Guerres mondiales qui se retrouvent complètement transformées. Et il faut admettre que côté uchronie, Johan Héliot ne fait pas semblant ! Premier changement (et non des moindres !), la Première Guerre mondiale ne prend pas fin en 1918 mais perdure jusqu’au début des années 1930 : une période que l’histoire a retenu sous le nom de Guerre Terminale. Autre bouleversement majeur : c’est l’Allemagne qui sort vainqueur du conflit, après avoir pratiquement rayé Londres de la carte et avoir placé la plupart des pays d’Europe sous sa coupe. Voilà pour ce qui est du cadre général de cette uchronie dont l’auteur nous propre de découvrir non seulement l’histoire officielle, mais aussi et surtout l’histoire secrète. Bien des années après les faits, un historien va en effet mettre la main sur une succession de documents attestant de l’existence d’un commando spécial créé au début de la guerre par Churchill lui-même. Jusqu’ici rien de bien exceptionnel, sauf que les membres de ce commando sont le fruit d’expériences scientifiques morbides mais particulièrement novatrices : il s’agit en fait des corps de jeunes soldats récupérés après les combats et ramenés à la vie par un scientifique de génie : le docteur Victor Frankenstein. Le but de ces « non-nés » ? Servir de chair à canon en lieu et place de braves jeunes Anglais, et ainsi limiter le carnage des tranchées.


Frankenstein et l’horreur des tranchées

Le mélange est plutôt curieux mais s’inscrit parfaitement dans l’actualité puisqu’on célèbre cette année non seulement le centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale, mais aussi les deux cent ans de la publication du fameux « Prométhée moderne » de Mary Shelley. L’idée n’est d’ailleurs pas si saugrenue que cela et permet de revenir non seulement sur le traumatisme qu’a laissé dans l’esprit des contemporains la vision de toute une génération sacrifiée, mais aussi et surtout la prise de conscience progressive de l’absurdité de cette guerre de position, capable de causer la mort de milliers de soldats afin de gagner quelques mètres de terrain aussitôt reperdus. L’idée est d’autant plus intéressante que s’y trouvent mêlés des personnages bien connus de nos livres d’histoire et qui connaissent pourtant un sort radicalement différent. C’est notamment le cas de Churchill qui fait ici le choix de renoncer à sa carrière politique et accepte de sombrer dans l’oubli en échange d’une autorisation lui permettant de développer sa légion de « frankies ». Comme dans la plupart des uchronies de l’auteur, on retrouve également un certain nombre de mentions plus ou moins étoffées à d’autres figures ou événements clés comme Marie Curie et ses découvertes sur le radium, l’écrivain Ernest Hemingway, et même Adolf Hitler (même si pour le coup son apparition est, disons, assez fulgurante…). Si l’essentiel du récit se focalise sur ce que le lecteur identifie comme la Première Guerre mondiale, Johan Héliot ne se prive pas non plus de reprendre quelques éléments propres à la Seconde ou à d’autres grands événements du XXe siècle comme mai 68 (ici en avance de dix ans). La ghestapo existe ainsi bel et bien, de même que la Résistance qui veut en finir avec le protectorat allemand qui fait peser sur la France une chape de plomb dont la nouvelle génération entend bien se débarrasser. [...]

- Boudicca, le 26 octobre 2018.

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Heliot - Frankenstein 1918 - Lanfeust Mag
Posté le 06 novembre 2018 -

Des troupes de « non-nés » dans les troupes britanniques...
Après des années de combat, la première guerre mondiale a été gagnée par les Prussiens en 1933. Le chancelier Göring occupe toute l’Europe, et le sud de l’Angleterre est invivable depuis que s’est abattue l’ère hivernale suite aux bombardements allemands. Dans les années soixante, un jeune universitaire français découvre les mémoires de Winston Churchill, obscur politicien anglais, qui aurait échafaudé un plan pour gagner la guerre dès le début du conflit : utiliser les travaux d’un certain Victor Frankenstein, scientifique de la fin du XVIIIe siècle, pour créer une armée de « non-nés ». Mais ce n’est rien comparé au journal du soldat au matricule 15-006, surnommé Victor, le premier non-né viable créé par les anglais en 1915...

Dans ces temps où l’uchronie est à la mode, Johan Heliot en est peut-être le plus brillant pourvoyeur. D’une idée toute simple, il construit une uchronie originale (sans nazi) avec une narration osée : nous donner le résultat catastrophique de la première guerre pour nous révéler au fur et à mesure de l’histoire les raisons de cet échec. Si le récit est un peu laborieux durant les premiers chapitres, il décolle quand on arrive au point de vue de Victor, le premier « non-né », sur lequel repose l’enjeu de la guerre. Heliot développe ainsi un point de vue anti-militariste, où on ne justifie pas les moyens, s’ils sont odieux, pour arriver à ses fins et sur la noirceur de l’âme humaine qui joue à Dieu et
n’hésite pas à jeter ses jouets.
Un prolongement du roman de Mary Shelley, passionnant, brillant... et surtout trop court !

- Loïc Nicoloff et Lyla Calypso, novembre 2018.

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Heliot - Frankenstein 1918 - Une manette à la main
Posté le 14 novembre 2018 -

Frankenstein 1918 est un roman de Johan Heliot paru fin septembre aux éditions L’Atalante. Mélange d’histoire et de fantastique, ce livre nous entraîne dans une Europe du 20ème siècle où l’on découvre que quelques variations avec la réalité ont eu de très grandes conséquences sur la suite des évènements.

Les monstres de la Guerre terminale

La Seconde Guerre mondiale n’a pas eu lieu mais la Première, appelée la Guerre terminale, a duré 20 ans et s’est soldée par un protectorat prussien jusque dans les années 1960. Churchill et de Gaulle existent mais ils n’ont pas eu l’occasion de prendre en main un processus de paix et sont restés des personnages de second plan.

Au début de la guerre, en 1914, les anglais décident qu’il faut agir vite pour en terminer au plus tôt. A la place des constructions de chars et autres armes de guerre, une unité de recherche particulière est créée. Winston Churchill est nommé responsable de cette opération ultra secrète. Grâce aux cahiers retrouvés du Docteur Frankenstein et de ses travaux sur la régénération des chairs et grâce également aux progrès techniques, Churchill et son équipe finissent par réussir à créer un humain, non-né, à partir de morceaux de cadavres. Cet assemblage de morceaux d’anciens soldats morts tragiquement, c’est Victor. Mais Victor n’est que le premier d’une longue série car c’est bientôt un bataillon entier de « frankies » qui est créé. Malheureusement, malgré plusieurs opérations à succès menées sur le champ de bataille, le gouvernement anglais décide de mettre un point final à cette expérience jugée contre nature. Victor s’échappe de justesse, retrouve une certaine forme de conscience grâce à sa rencontre avec Marie Curie puis décide qu’il vaut mieux pour tout le monde qu’il reste cacher et il s’installe alors dans les ruines d’une Londres dévastée et inhabitable pour les gens normaux.

Les années passent, la guerre perdure, l’emprise prussienne induit de la censure, des restrictions… en 1956, un jeune universitaire français tombe un peu par hasard sur les journaux que tenaient Victor et Churchill. Il décide qu’il est important de les étudier pour dévoiler aux yeux du monde cet aspect totalement caché de la guerre. Il se lance alors dans une quête un peu folle en compagnie d’une jeune résistante à l’occupation rencontrée à la bibliothèque avec pour but de dévoiler la vérité fusse t-elle responsable de mettre sa vie en danger !


Un roman étonnant et passionnant

Ce roman est en fait une succession de différents points de vue. Une sorte de recueil qui regroupe les notes de Churchill, de Victor et d’Edmond, l’historien. ainsi le récit se dévoilent peu à peu au læecteur à travers la plume des trois hommes, chacun donnant évidemment sa version des évènements. On découvre alors cette histoire étonnante de la création de Victor et de son bataillon de Frankies sacrifié sur l’autel des bonnes moeurs de la société britannique de l’époque.

Ce qui est top dans ce roman c’est de découvrir un univers créé par l’auteur et qui mélange les faits historiques réels avec de la fiction. En partant de 1914, Johan Heliot imagine une Europe en proie a une guerre unique et très longue où les grands noms que nous connaissons de la Première et la Seconde guerres mondiales n’ont pas eu les mêmes actions, créant ainsi une sorte de la réalité alternative assez intéressante.

Victor, hommage direct à la créature du livre Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley est un personnage très intéressant puisque dans le roman il semble souvent être le plus humain de tous dans cette époque chargée de barbarie.

J’ai aimé Frankenstein 1918. J’ai aimé le mélange des genres, Victor, Edmond et Churchill et l’uchronie créée par l’auteur qui est incroyablement plausible !

- Jenni, le 12 novembre 2018.

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Heliot - Frankenstein 1918 - Sous les galets, la page...
Posté le 14 novembre 2018 -

Si 2018 marque la fin des commémorations du centenaire de la Grande Guerre, l’année est aussi celle du bicentenaire de la parution du Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley. Une œuvre considérée par les spécialistes du genre comme l’un des romans précurseurs de la Science fiction. Avec Frankenstein 1918, Johan Heliot acquitte son tribut à l’autrice, tout en livrant une histoire alternative de la conflagration mondiale.

Loin des accents patriotiques ou du cérémonial mémoriel consensuel, l’auteur français imagine en effet une uchronie désabusée, faisant appel au sens éthique des générations futures pour ne pas reproduire les errements du passé. Fidèle à son goût pour l’Histoire et, à la manière des feuilletonistes, il prolonge le conflit, tout inversant ses perspectives. L’Allemagne ressort ainsi vainqueur, après avoir contraint la France à l’armistice et avoir effacé Londres sous un déluge de bombes irradiantes, déversées par des raids massifs de zeppelins. Si 1933 marque la fin de la « Guerre terminale », elle ouvre aussi une période de paix débouchant sur l’hégémonie allemande. En guise de fil directeur, nous suivons l’enquête d’un jeune intellectuel français qui, à partir de 1958, tente d’exhumer le récit resté secret d’une expérimentation secrète et avortée, menée par Winston Churchill dans les premières années du conflit. Une expérience basée sur les travaux de Victor Frankenstein qui aurait pu changer le cours de la guerre.

Frankenstein 1918 a les défauts de ses qualités. Les personnages archétypés, les rebondissements téléphonés et autres facilités narratives peuvent agacer. Heureusement, l’imagination débridée, l’intertextualité complice et les multiples clins d’œil nous poussent à l’indulgence. Johan Heliot n’usurpe pas sa réputation de raconteur d’histoires. Il met sa connaissance de l’Histoire au service d’un récit où se mêlent les personnages historiques (Winston Churchill, Ernest Hemingway, Adolf Hitler, Irène et Marie Curie) et de fiction (Victor Frankenstein), rappelant en-cela la manière d’un René Reouven. Parmi ces caractères, on retiendra surtout celui de Victor. La créature monstrueuse, le non né, régénéré à partir de plusieurs cadavres, dépasse sa condition de chair à canon, pour gagner en humanité au fil du récit, au point d’incarner la mauvaise conscience d’une humanité bien décevante. On n’oubliera pas enfin les personnages féminins qui ne se contentent pas ici de faire tapisserie, bien au contraire, elles apparaissent même comme un des moteurs du récit.

Léger, mais non dépourvu d’une certaine profondeur, Frankenstein 1918 évite fort heureusement l’écueil de la naïveté. Derrière le récit recomposé d’une histoire secrète, non officielle, affleure en effet un propos dédié au nécessaire travail de l’historien, une tâche à mille lieues du prêt à penser mémoriel des commémorations institutionnelles. Johan Heliot déroule également une réflexion sur les méfaits du pouvoir et sur la transformation des combattants en machines, une chair à canon déshumanisée, taillable et sacrifiable à merci.

 -  Yossarian, le 11 novembre 2018.

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Heliot - Frankenstein 1918 - Les miss chocolatine bouquinent
Posté le 16 novembre 2018 -

Frankenstein 1918 a tout du grand roman. Outre le partage du souvenir, les mises en garde contre la folie humaine, ses croyances, la cruauté sont de rigueur. Tout n’est pas sombre, Heliot insuffle une dose d’optimisme et de bienveillance. L’amour est là tapi dans l’ombre prêt à reprendre ses droits et le final en est le parfait exemple.

- Esmeralada, le 14 novembre 2018. 

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Heliot - Frankenstein 1918 - NineHank
Posté le 19 novembre 2018 -

Bonne nouvelle si comme moi vous avez un faible pour les uchronies : Frankenstein 1918 en est une, et une plutôt réussie même. Dans ce roman, l’auteur imagine que la Première Guerre Mondiale n’a pas pris fin en 1918 comme dans l’Histoire que nous connaissons, mais qu’elle s’est poursuivie jusqu’en 1933.

Comme on peut le deviner dès le titre du roman, ce dernier va mêler les références littéraires et historiques (mais aussi scientifiques !) puisque le roman de Mary Shelley de 1818 va être au centre de l’intrigue. Johan Héliot nous propose en effet une version alternative de l’Histoire où les expériences du docteur Frankenstein auraient été utilisées afin de produire des soldats d’exception pendant la Guerre.

L’une des belles réussites du roman, c’est la manière très littéraire qu’a Johan Héliot de présenter l’intrigue, d’une manière un peu 19ème siècle je trouve. Ainsi, le roman se présente comme la lecture de différents carnets et journaux – qui s’entrecroisent et se répondent. Les personnages qu’on y croise y sont tantôt narrateurs, tantôt acteurs et j’ai beaucoup aimé cet aspect qui rend la lecture très agréable.

Ce qui m’a convaincue dans le roman, c’est vraiment la force de l’uchronie que Johan Héliot nous propose. L’univers qu’il a construit est très complet et semble parfaitement faire sens. Par ailleurs, il ne s’agit pas seulement d’une uchronie, mais d’un type tout à fait spécifique d’uchronie. En effet, si nous avons la possibilité de comparer l’Histoire avec les événements alternatifs du roman, les personnages de l’intrigue ne l’ont évidemment pas. Par ailleurs, le roman nous plonge non pas dans une étape reconnue de cette Histoire alternative, mais dans une frange secrète de cette dernière que les personnages ne découvrent – en même temps que le lecteur – que par la lecture des carnets. Tout dans cette histoire est donc tout à fait crédible, tant du point de vue du lecteur que du point de vue des personnages. (...)

- Aurore, le 17 novembre 2018.

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Événement - Jacques Demy, la comédie musicale
Posté 03 décembre 2018 -

Une conférence de Jean-Pierre Berthomé sur la comédie musicale à l'écran / Jacques Demy : héritier et modèle aura lieu le jeudi 6 décembre à la Cité de la Musique de Paris. Pour l'occasion, redécouvrez Jacques Demy et les racines du rêve en édition augmentée !

Billeterie en ligne ici.

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Rencontre - Camille Leboulanger
Posté 28 novembre 2018 -
Camille Leboulanger sera en dédicace :
- le samedi 8 décembre à la librairie L'Atalante (Nantes) ;
- et le samedi 15 décembre à la librairie Imaginaute (Tours).

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Sélection - Prix Libr'à Nous Imaginaire
Posté 28 novembre 2018 -

Nous sommes heureux de découvrir Le Chant du coucou sélectionné dans la catégorie Imaginaire du prix Libr'à Nous !

Retrouvez les autres romans en compétition sur leur site.

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Rencontre - Catherine Dufour
Posté 21 novembre 2018 -
À l’occasion de la parution d'Entends la nuit, retrouvez Catherine Dufour en dédicace :
- à la librairie L'Atalante le samedi 8 décembre (Nantes) ; 
- et à L’Astrolabe le 13 décembre (Paris). 
 
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Manuscrits
Posté 01 février 2018 -

La session de janvier de réception des manuscrits est close. Avec 885 titres reçus, nous avons du pain sur la planche ! C’est pourquoi, si vous souhaitez nous envoyer votre texte, nous vous prions d’attendre que nous ouvrions une nouvelle session – nous l’espérons courant 2019. Cela dépendra du temps que nous prendront le grand nombre de textes reçus. Suivez-nous sur les réseaux sociaux au fil des mois pour plus d’informations.

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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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