L'atalante éditions
Accueil | Catalogue | La Dentelle du Cygne | Frankenstein 1918
Commande librairie Logo caddie
  • La Dentelle du Cygne

Johan Heliot

Frankenstein 1918

Frankenstein 1918

Date de parution : 20 septembre 2018


Illustrateur : Laure Guillebon


ISBN13 : 9782841728718

Nombre de pages : 256
Prix : 16,90 €
État : disponible

Grande Guerre, 1914. Après un premier engagement désastreux, les Anglais décident l’opération Frankenstein : plutôt que de construire des chars, on créera de la chair à canon.
À partir des archives du fameux docteur et grâce à la production d’électricité à présent industrialisée, des unités de soldats pouvant être sacrifiés sans remords seront fabriquées – les champs de bataille du nord de la France fourniront la « matière première ». Winston Churchill est nommé responsable de l’unité de recherche sur la régénération.
Les « frankies » vont faire leurs preuves sur le terrain, mais la société se partage entre pro et anti. L’opération finalement interrompue, l’un d’eux, Victor, échappe au massacre puis est secouru par Marie Curie qui le rend à la vie consciente grâce aux radiations.
Réfugié dans les décombres de Londres, qui a été détruite et rendue inhabitable par un bombardement à l’arme chimique, Victor retrouve le laboratoire où il est né, y recueille Churchill et engage un combat pour l’émancipation des siens. C’est là qu’un jeune couple, elle, résistante à l’occupation, lui, historien, finit par le retrouver en 1958, dans l’espoir de lever le voile sur ce versant secret de l’Histoire que la censure en vigueur ne suffit pas à expliquer.

Johan Heliot entrecroise, tel un tisseur, des récits de Winston Churchill tirés de ses Mémoires secrets, les témoignages d’une Marie Curie désabusée par la folie des hommes, et le journal intime du personnage principal, Victor. Se dessine alors, au fil de la lecture, un panorama fascinant des conséquences d’une Grande Guerre qui n’aurait pas pris fin en 1918, dont le cœur est un hommage à Mary Shelley et sa fameuse créature.


J’ai eu le privilège et le malheur de vivre, mourir et puis renaître dans les premières décennies d’un siècle fou, autant créateur que dévastateur. Longtemps, j’ai hésité à témoigner. Ajouter ma voix à la cacophonie du monde me semblait vain. Mais je nourris aujourd’hui l’espoir de donner aux hommes d’après-demain une leçon profitable, si toutefois il advient suffisamment de nouvelles générations pour habiter l’avenir.
Manuscrit de Victor, premier des non-nés.
  • Revue de presse
+
Heliot - Frankenstein 1918 - Le Point
Posté le 08 août 2018 -

 Frankenstein, c'est presque de la hard-science avant l'heure », analyse l'auteur Johan Heliot. « On pourrait dire que ce livre est le père de la science-fiction moderne. Le roman s'interroge sur la nature de la vie et de l'homme, qui sont des questions encore très présentes dans ce genre. » Le spécialiste français des uchronies historiques publie, le 20 septembre prochain, Frankenstein 1918 aux éditions de l'Atalante. Cet excellent récit imagine les recherches de Frankenstein utilisées pour créer des super-soldats dans les tranchées allemandes. Reprenant le même procédé épistolaire de Shelley sous forme de mémoires et rapport de guerre, Heliot met en scène un Winston Churchill traquant, dans une Europe post-apocalyptique, un de ses monstres qui s'est échappé. Originale et efficace, cette uchronie rappelle que l'ouvrage de Shelley inclut plusieurs genres. Beaucoup s'accordent à dire que le livre s'apparente avant tout au fantastique.

[L'article complet]

Par Lloyd Chéry

+
Heliot - Frankenstein 1918 - Daily Mars
Posté le 27 septembre 2018 -

Deux cents ans après la publication du roman éponyme de Mary Wollstonecraft Shelley, Frankenstein fait à nouveau parler de lui. Avec, entre 1818 et notre triste époque, une Première Guerre mondiale qui occupe elle aussi une place centrale dans le roman de Johan Heliot.

Mal engagés dans la Grande Guerre, les Britanniques jouent le tout pour le tout en appliquant les préceptes de Victor Frankenstein. Objectif : créer une troupe de créatures (baptisées « non-nés » et surnommées « frankies », sur le modèle des « tommies ») surmusclées et entraînées à tuer, mais dépourvues de sens de la fatigue, de la douleur, et de sens moral. À la tête de l’opération Frankenstein : Winston Churchill, rien de moins. Il accepte de disparaître de l’Histoire officielle afin de changer la face du conflit mondial.

Churchill n’est évidemment pas le héros de la Seconde Guerre mondiale que nous connaissons, puisque celle-ci n’a pas eu lieu. Ses « mémoires secrets » de la Grande Guerre et de l’opération Frankenstein sont reproduits ici en partie, entremêlés du récit d’Edmond Laroche-Voisin, historien, et de celui de Victor, « descendant » (avec beaucoup de guillemets) tant du savant éponyme que de sa Créature (et rebaptisé ainsi par Churchill en hommage à son illustre « ancêtre »). Cet entrecroisement des fils narratifs fonctionne pleinement, puisqu’il nous permet à la fois d’avancer dans l’histoire et d’en appréhender les dimensions multiples.

Johan Heliot, s’il se fonde sur le roman classiquissime de Mary Wollstonecraft Shelley (même si, en définitive, on en connaît moins le contenu parce qu’on l’a effectivement lu que par le quasi-inconscient collectif associé à la Créature), s’en sert plutôt de tremplin pour plonger dans un bain culturel inédit.

Au cœur de son propos : la Première Guerre mondiale, sa violence, sa misère, mais aussi ses découvertes scientifiques. Marie Curie n’est jamais loin – elle apparaît même très précisément dans le récit, notamment par l’intermédiaire de sa fille Irène, personnage à part entière. La radiation non plus, inscrite comme outil de soin durant la guerre et comme outil de mort ensuite.

Image incarnée de ce conflit, Victor est un combattant surpuissant, créé à partir de plusieurs corps. Traité comme une bête née pour tuer, il doit, dans un premier temps, cacher que sa conscience est éveillée, que ses souvenirs refont surface et qu’il se trouve en capacité de réfléchir. Le matricule qu’il reçoit n’est pas sans évoquer les tatouages des camps de concentration. Ou quand les « gentils » adoptent des manières de « méchants » pour réorienter le cours d’un conflit…

Le chapitre central de ce roman, le plus réussi, s’attache à décrire l’éveil de Victor, de son propre point de vue. Le lecteur est invité à entrer dans sa tête, à écouter le récit de sa conscience. À qui appartient ce cerveau ?, s’interroge Victor. Car tout, en lui, lui semble d’abord étranger – et tout l’est effectivement. Puis sa mémoire lui revient mais il réalise qu’il n’est plus celui qu’il était avant de mourir. Impossible, pour lui, de revenir aux siens. Il a trop changé. Autre façon d’être une victime de la guerre.

Johan Heliot noue des liens très bien vus entre certains éléments connexes. Les gueules cassées mises en parallèle avec les « frankies ». Les enfants qui jouent à la guerre et, une fois « tués », se relèvent pour recommencer à jouer, à comparer aux Créatures qui toujours se relèvent pour combattre, car elles ne ressentent pas la douleur.

Le mutisme de la Créature de Mary Shelley devient ici un simple problème de communication, Victor étant anglophone et Irène Curie francophone. C’est grâce à la radiographie, et donc à Irène, que Victor retrouve pleinement la mémoire (et réalise au passage qu’il sait parler français). Celle qui, d’une certaine façon, vient de lui rendre la vie plus sûrement que toute l’électricité de Churchill, le recrée une seconde fois en lui imposant de ne plus tuer. Un comble, pour une telle machine à détruire sans état d’âme ! Créé, recréé, Victor ne cesse d’évoluer, jusqu’à se transformer en geôlier de Churchill dans les ruines d’une Londres irradiée, plongée dans une éternelle Ère hivernale.

Lorsqu’il rencontre Marie Curie, la mère d’Irène donc, celle-ci semble sonder son cœur aussi sûrement que les radiations pénètrent loin au centre des corps – à l’instar de rayons X naturels. Les Curie mère et fille dessinent une dimension féministe chère à Mary Shelley elle-même, par les questions que ces deux femmes d’exception posent dans un monde dominé par les hommes. Cet aspect clôt d’ailleurs le présent roman, en répondant à une question des plus cruciales : si un monde peuplé de « frankies » stériles est voué à l’extinction, que pourraient des « non-nés » de sexe féminin ? La « régénération », substantif désignant la résurrection d’une personne, leur ôte-t-elle à elles aussi la capacité de procréer ? La réponse est riche et passionnante.

- Vincent Degrez, le 9 septembre 2018. 

+
Heliot - Frankenstein 1918 - ActuSF
Posté le 02 octobre 2018 -

Une Histoire européenne revisitée

Europe, début du XXe siècle, une des périodes les plus sanglantes de l’Histoire. La guerre sévit, provoquée par la folie de conquêtes de l’Empire prussien. La France et la Belgique sont à feu et à sang, et l’Angleterre cherche les meilleures stratégies militaires pour lutter contre les Prussiens pendant que ses tommies tombent au front avec leurs camarades français.

Une idée surgit, une solution commence à voir le jour parmi les officiers britanniques, Winston Churchill en tête. Mais c’est une idée si monstrueuse que tous la rejettent, sauf Churchill qui va s’y consacrer totalement, au prix de sa carrière et de sa santé mentale...

Pendant que les Prussiens préparent la bombe absolue qui va détruire définitivement Londres et sa région, Churchill, dans le plus grand secret, met la main sur les papiers du Dr Frankenstein et s’empare de son œuvre : comment faire revenir un cadavre à la vie.

L’épopée des non-nés commence alors, dans des scènes de combat d’anthologie...

Bien des années plus tard, Edmond Laroche-Voisin et sa fiancée retrouvent les traces de cette histoire, ainsi que ses protagonistes, et le récit qu’ils en entendent va bouleverser leurs vies.

Un roman polyphonique qui donne la parole à ses personnages

Ce récit emboîté est constitué des témoignages des différents protagonistes, chacun expliquant ce qui lui est arrivé et dans quelles circonstances il a eu accès aux témoignages des autres. Ces voix multiples forment un roman choral où chaque pièce s’emboîte sans problème avec les autres.

Les récits s’entrelacent, les personnages connus aussi, historiques ou littéraires. L’auteur met ainsi des sommités dans son œuvre : Edmond Laroche-Voisin croise Winston Leonard Spencer-Chrurchill, Hemingway, Marie Curie et sa fille Irène. Tout ce beau monde est une puissante motivation pour apprécier l’ouvrage, et l’auteur sait en jouer et se servir de son histoire pour tenir le lecteur en haleine jusqu’à la fin.

Une uchronie bien ficelée

Johan Heliot nous livre ici une uchronie attachante, en hommage à l’œuvre phare de Mary Shelley, en hommage aussi au personnage complexe et inouï qu’elle a créé. L’idée de départ est assez ambitieuse : créer une uchronie sur la guerre de 1914-1918 perdue contre les Prussiens, faire des allusions anticipatrices à la Gestapo et à la bombe nucléaire, tout en faisant renaître le mythe de Frankenstein pour lui donner une autre dimension. L’auteur relève bien le défi avec ce roman riche et travaillé.

Le monstre de Frankenstein

Le personnage du monstre de Frankenstein est autant travaillé que le contexte historique. Un être, désigné par le nom Victor, fait son apparition assez tôt dans le roman, sans qu’on sache précisément qui il est : le savant Victor Frankenstein ? le monstre qu’il a créé ? quelqu’un d’autre ? L’auteur joue sur l’ambiguïté de l’appellation Frankenstein qui pour tout le monde a tendance à désigner non pas le créateur mais sa créature. Il y aura encore des retournements de situation avant que son identité soit dévoilée...

Mais la thématique des non-nés est importante et bien exploitée. On assiste au réveil des créatures, à leurs premières sensations, leurs premières pensées, leur mode de fonctionnement, leurs capacités. C’est la venue au monde de créatures autres, différentes au sens le plus absolu du terme. Elles sont mortes humaines, elles renaissent radicalement monstrueuses. Et pourtant, le plus monstrueux n’est-il pas ce que les humains se font subir les uns aux autres, et la manière dont ils traitent ces créatures qu’ils ont mises au monde ?

Un très beau roman, écrit dans un style dix-neuvièmiste ciselé, qu’on a plaisir à découvrir tranquillement, qui fait réfléchir et rêver en même temps.

- Anaelle Weiss, septembre 2018.

+
Heliot - Frankenstein 1918 - Libération
Posté le 09 octobre 2018 -

Johan Heliot reprend le mythe créé par Mary Shelley dans une uchronie fantastique où l'Europe perdante de la Première guerre se trouve sous protectorat prusse.

La guerre apparaît comme un événement de prédilection pour les uchronies. La Seconde Guerre mondiale a ainsi inspiré plusieurs auteurs, en tête Philip K. Dick avec les Maîtres du haut château (l’Allemagne et le Japon ont gagné la guerre). La Grande Guerre aussi a suscité des «et si». Le premier Français à l’avoir choisie comme point d’altération est Gaston Homsy dans Si les Allemands avaient gagné la guerre… (1921), d’après l'Histoire revisitée d’Eric B. Henriet. Premier Anglais : Arthur Conan Doyle avec le Voyage de la mort (1929). Dans cette nouvelle, le père de Sherlock Holmes imagine que l’Allemagne s’effondre après une révolte bolchevique, mais que Guillaume II, dans un dernier élan suicidaire, lance toute sa marine à l’assaut des Iles britanniques. Il y en a d’autres. On pourra désormais y ajouter Frankenstein 1918 de Johan Heliot.

L’écrivain aime l’uchronie. Dans sa Trilogie de la Lune (2000-2007), il posait qu’en 1870, Napoléon III dominait l’Europe après avoir vaincu les Allemands à Sedan. Ici, la Prusse a vaincu les Anglais et les Français après la Première Guerre mondiale (appelée «Guerre Terminale», une boucherie qui dure vingt ans). Son texte se déroule sur plusieurs époques, entremêle les différents points de vue : pendant les débuts de la guerre, en 1914-1916 (via les mémoires secrets de Winston Leonard Spencer-Churchill), et en 1956 (via le récit a posteriori du jeune historien Edmond Laroche-Voisin). Une descendante de cet universitaire relate les faits à notre époque, en 2018, dans un prologue et un épilogue.

Comme il le faisait dans sa trilogie, Johan Heliot reprend de grands personnages historiques, Ernest Hemingway, les Joliot-Curie, Winston Churchill, pour servir son propos. Le roman ne vise pas à décrire les suites de la guerre, même s’il décrit bien les conditions dramatiques des soldats dans les tranchées ou les conditions de vie précaire et rationnées en France sous proctectorat prusse (mais une résistance s’active). L’Angleterre, quant à elle, s’est transformée en champs de ruines radioactif. La force du fil narratif tient à une réactivation de la figure imaginaire et fantastique de Frankenstein, titre du livre culte de Mary Shelley dont on fête le bicentenaire de la publication cette année, et de sa créature.

Fabriquer des soldats «non-nés»

La guerre a très mal commencé pour les Anglais, et après la perte d’Anvers, Winston Léonard Spencer-Churchill se montre fortement pessimiste sur la suite. «En conséquence de quoi, une réaction déterminée s’imposait, radicale et décisive pour l’avenir de l’Empire comme du reste du monde.» Son idée : exploiter la recette de Victor Frankenstein pour fabriquer sa créature, document en possession du gouvernement britannique, via le capitaine Robert Walton à qui Frankenstein avait raconté sa tragédie dans le Grand Nord. Cette invention pourrait permettre, selon Winston, de produire des centaines de soldats, des «non-nés», pour épargner les appelés de ce conflit destructeur. «J’étais en mesure d’accepter l’idée de la régénération par stimulation des connexions électriques du cerveau.»  

La première créature conçue dans un laboratoire expérimental secret de l’East End est prénommée Victor, comme le savant de Mary Shelley. A l’image du roman de l’Anglaise, dans lequel le monstre finit par tuer certes, mais parce qu’il est malheureux, sensible et cultivé, Victor est un être intelligent et doué d’émotion. Sa bienveillance envers ses hommes, les «Frankies», des natures puissantes et résistantes aux blessures envoyées au front pour casser du Prussien, donnent parmi les plus beaux passages du livre. «Tu es un soldat, Victor. Un combattant, fait pour la guerre. Tu seras entraîné à affronter l’ennemi. Tu apprendras à tuer sans connaître le remords.»

Son esprit s’affûte, repère des réminiscences de son passé, s’éveille à des considérations morales. Peut-on traiter les non-nés, conçus de cadavres, comme des bêtes ? Doit-on se venger de la trahison ? Au plus au sommet de l’Etat britannique, on tranchera finalement pour des idées tirées d’H. G Wells plutôt que de Mary Shelley… Hommage à Frankenstein, Frankenstein 1918 se présente comme une belle uchronie, avec une seule réserve sur le côté un peu sommaire de la relation amoureuse qui se noue entre le jeune historien passionné et une coreligionnaire de la Sorbonne, peut-être parce que l’auteur songeait davantage à leur rôle au final.

- Frédérique Roussel, le 02 octobre 2018. 

+
Heliot - Frankenstein 1918 - Le Blog du Soleil Vert
Posté le 12 octobre 2018 -

A mon grand-père, Poilu de 14-18, à mon père, gardien de la mémoire.

1914 : par le jeu des alliances débute un conflit mondial sanglant qui portera le nom de Guerre terminale. Sur le front occidental la Prusse affronte la France et la Grande-Bretagne, privées du soutien des États-Unis. Les hostilités perdurent jusqu’en 1933, date à laquelle les belligérants détruisent la ville de Londres en déversant depuis des zeppelins, des bombes irradiantes. La France vaincue est placée sous Protectorat allemand. Il faudra attendre l’année 1958 pour que le colonel De Gaulle en secoue le joug.

Entre temps, un jeune intellectuel français découvre, par l’entremise de l’écrivain et correspondant de guerre Ernest Hemingway, un épisode méconnu et fantastique de ces sombres années qui, s’il avait été mené à son terme, eut pu changer le sort des armes. Un obscur officier supérieur anglais du nom de Winston Churchill voulu mettre en pratique les travaux d’un certain Victor Frankenstein pour créer des bataillons de « non-nés » et surprendre ainsi l’ennemi. C’est le récit de l’un d’entre eux, Victor, qui parvint aux mains du professeur Edmond Laroche Voisin.

Involution avait aiguillé ma curiosité, j’avais eu de bons échos de Françatome, mais Frankenstein 1918 est un coup de cœur. La célébration prochaine du centenaire de l’armistice du 11 Novembre 1918 est à l’origine de la rédaction de cette uchronie, débridée comme d’habitude par l’imagination de Johan Heliot, et plaçant du coup cet auteur dans la filiation d’un Reouven ou d’un Wagner. Mais ici, malgré quelques jeux de mots inauguraux - Anvers fut l’endroit d’un tournant décisif …, L’adieu aux âmes d’Ernest Hemingway - l’humour cède vite le pas à la gravité requise pour la dénonciation romancée de la folie des hommes. Heliot est natif des Vosges, et dans l’Est comme dans le Nord, la terre autant que les esprits se souviennent des boucheries militaires du XXe siècle.

Trois idées forces traversent ce livre. Le travail de mémoire, symbolisé par la recherche des manuscrits de Victor, la créature du docteur Frankenstein, des travaux du savant, et des mémoires de Winston Churchill. S’y ajoute le récit oral de Victor de plus en plus précis au fur et à mesure du rétablissement progressif de son intelligence et de ses souvenirs. Vient ensuite une dénonciation de la violence dont les apparitions circonstanciées dissimulent la triste réalité d’une tare ancrée dans le génome humain et qui ne demande qu’à s’exprimer. Enfin l’écrivain, par le biais du revenant, entame une réflexion sur le Pouvoir, sur la malfaisance exercée par une minorité sur les populations qu’elles ont en charge.

Dans les réussites de l’ouvrage on comptabilisera la mise en scène de personnages historiques. Churchill, Irène et Marie Curie ne sont pas des porte manteaux narratifs mais des êtres agissant – à l’exception notable d’Hemingway. Quant à Victor, sa lente régénération morale succédant à celle de son corps constitue le point d'orgue du récit tout autant qu'un message adressé au lecteur. La conclusion sans appel de Frankenstein 1918 dépasse le cadre de l’uchronie pour atteindre l’universel : « n’oubliez jamais le sacrifice des générations qui vous ont précédé et rappelez-vous les leçons de l’Histoire, car c’est le seul moyen d’éviter de répéter les erreurs de vos ainés ».

- SoleilVert, le 05 octobre 2018. 

+
Heliot - Frankenstein - Livresque78
Posté le 15 octobre 2018 -

La guerre 14-18 racontée et fantasmée par Johan Heliot est surprenante. L’auteur mêle faits réels et imagination débordante, tout en faisant un bel hommage à l’auteure de Frankenstein, Mary Shelley.

Sous forme de journaux intimes, de récits recueillis par Edmond Laroche-Voisin, un professeur des facultés de Paris et Berlin, nous est racontée l’histoire de Wiston Churchill pendant cette guerre si meurtrière. Ce dernier décida de s’inspirer des travaux du professeur Frankenstein, afin de créer une armée de « morts-vivants » pouvant épargner la vie des soldats Britannique en combattant sur le front à leur place.

Un récit passionnant dont la partie, pour moi, la plus addictive et troublante est bien entendu, la narration des événements faite par Victor, ce jeune homme né une seconde fois dans le laboratoire de Wiston Churchill. Victor est différent et nous le suivons ici dans son combat pour les siens  » les non nés », comme il les appelle. Derrière toute cette histoire, une réflexion, sur la condition de l’homme, son engagement envers les siens.

Un savant mélange de fiction, d’histoire, de politique. Un livre qui se lit comme un journal intime, comme un secret, une découverte, où se mêle personnages histoires et personnages de fiction.

-  Livresque78, le 05 octobre 2018.


+
Heliot - Frankenstein 1918 - La Rivière des mots
Posté le 15 octobre 2018 -

Un livre intense, prenant, dur mais intéressant. Le contexte plaira à tous les amoureux de l’histoire, même s’il n’est pas nécessaire d’avoir une grande connaissance en la matière. Le fantastique est léger, Johan Heliot réussit le tour de force d’ancrer le surnaturel au réel, de sorte qu’on perde pied dès le début, de sorte qu’on ne puisse plus tirer le vrai du faux. J’ai eu du mal à entrer dedans sur les soixante-dix premières pages mais ça en valait la peine ! Une histoire glaçante sur fonds de vérité, en quête de qui est l’homme et qui est le monstre.

-  La rivière des mots, le 10 octobre 2018.

+
Heliot - Frankenstein 1918 - L'Horizon et l'Infini
Posté le 17 octobre 2018 -

Frankenstein 1918 est le livre parfait pour continuer ce fantastique hommage à Mary Shelley, cette uchronie qui nous propose une réalité alternative à partir de la première guerre mondiale sort de l’ordinaire, ce récit est captivant et plein de surprises.
Le premier non-né viable sera appelé Victor et son parcours deviendra le fil conducteur de ce roman qui se lit avec grand plaisir page après page.
Une évolution plus qu’intéressante de Victor et une chute en enfer de Churchill.
Johan Heliot nous conduira aussi en 1958 avec les deux jeunes historiens qui verront leur vie bouleversée par la découverte d’une partie des écrits concernant les non-nés.
Ma partie préférée du roman et celle de la rencontre avec Victor et du récit de « son histoire » avec la famille Currie.
Winston Churchill ( le vrai ) disait :
“La grande leçon de la vie, c’est que parfois, ce sont les fous qui ont raison.”
Difficile aussi de définir avec certitude qui sont les fous dans ce livre qu’il faut absolument lire.
Les éditions L’Atlalante sont une valeur sure pour moi et suis ravie de la découverte de ce bel ouvrage, un grand merci !

- Blog L'Horizon et l'Infini, le 16 octobre 2018.

  • Collections
+
Comme un accordéon
Sciences humaines
+
Insomniaques et ferroviaires
Roman noir et policier
+
La Dentelle du Cygne
Science-fiction et fantastique
+
+
Romans, etc.
Littérature, cinéma, peinture
+
Flambant 9
Bandes dessinées
+
Le Maedre
Littérature jeunesse
+
+
  • Les internautes vous conseillent
Livre9
Seigneur du royaume silencieux
Glen Cook
Livre9
Jeu de nains
Terry Pratchett
  • Newsletter
        Inscription newsletter
  • À la une
+
30 ebooks à 4,99e
Posté 10 octobre 2018 -
30 ans de romans, ça se fête !


Du 8 au 21 octobre, (re)découvrez L'Atalante en trente romans emblématiques à 4,99 € en numérique.

Sur Kobo, Feedbooks, 7switch, Emaginaire et partout ailleurs !30ans_complet_1m2.jpg

+
Texto, le nouveau roman de Dmitry Glukhovsky
Posté 24 septembre 2018 -


 

À paraître en janvier 2019.

+
Frankenstein, toujours !
Posté 08 août 2018 -
Frankenstein : cinq mots pour décrypter la créature de Mary Shelley article de Lloyd Chery dans Le Point POP :
 
« Frankenstein, c'est presque de la hard-science avant l'heure », analyse l'auteur Johan Heliot. « On pourrait dire que ce livre est le père de la science-fiction moderne. Le roman s'interroge sur la nature de la vie et de l'homme, qui sont des questions encore très présentes dans ce genre. » Le spécialiste français des uchronies historiques publie, le 20 septembre prochain, Frankenstein 1918 aux éditions de l'Atalante. Cet excellent récit imagine les recherches de Frankenstein utilisées pour créer des super-soldats dans les tranchées allemandes. Reprenant le même procédé épistolaire de Shelley sous forme de mémoires et rapport de guerre, Heliot met en scène un Winston Churchill traquant, dans une Europe post-apocalyptique, un de ses monstres qui s'est échappé. Originale et efficace, cette uchronie rappelle que l'ouvrage de Shelley inclut plusieurs genres.
 
en librairie le 20 septembre 2018 !
frankenstein_1918_s.jpg
+
L'Or du diable, sélectionné pour le prix Utopiales 2018
Posté 26 juillet 2018 -

L'Or du diable d'Andreas Eschbach est sélectionné pour le Prix Utopiales 2018 !

Découvrez toute la sélection

 eschbach_or-du-diable_site.jpg

+
Manuscrits
Posté 01 février 2018 -

La session de janvier de réception des manuscrits est close. Avec 885 titres reçus, nous avons du pain sur la planche ! C’est pourquoi, si vous souhaitez nous envoyer votre texte, nous vous prions d’attendre que nous ouvrions une nouvelle session – nous l’espérons courant 2018. Cela dépendra du temps que nous prendront le grand nombre de textes reçus. Suivez-nous sur les réseaux sociaux au fil des mois pour plus d’informations.

manuscrits885_2.jpg

 

+
L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

fb_logo.png twitter_logo.png insta_logo.png pinterest_logo.png

Toute l'actu
No database selected