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Olivier Paquet

Faux-semblance

Nouvelles
Faux-semblance

Date de parution : octobre 2017


Illustrateur : Aurélien Police


ISBN13 : 9782841728398

Nombre de pages : 128
Prix : 10,90 €
État : disponible

Nous recherchons les correspondances entre les univers…

Quatre zones de conflit. Entre humains et extraterrestres ; entre mémoire et oubli ; entre adultes et enfants ; entre nature déchaînée et ce qu’il reste de la civilisation. Sous les cieux étrangers de galaxies lointaines, sur des champs de bataille envahis de cadavres, ou bien face à la vague qui a tout balayé, il faut imaginer de nouvelles façons d’aller plus loin. Même s’il faut achever de détruire pour renaître.

Les personnages d’Olivier Paquet ne renoncent jamais. Ce sont avant tout des survivants, des héros abîmés qui tentent de redonner du sens à leur vie. Grâce à la catastrophe qui les a laissés nus, ils redécouvrent ce qu’ils sont. Et ils trouvent la force de tendre la main vers l’autre, l’étranger, pour ouvrir ensemble des portes.

Jean-Claude Dunyach

  • Revue de presse
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Paquet - Faux-semblance - Les lectures de Xapur
Posté le 29 novembre 2017 -

Quatre textes très différents, donc, sont au sommaire de ce recueil.

Synesthésie raconte le contact entre deux individus, le gouverneur humain d’une petite planète et une émissaire alien, dans une ambiance tendue, sur fond de guerre galactique. La raison de leur rencontre ? Une Porte de voyage interstellaire que les humains utilisent et que les aliens convoitent. Mais cette Porte est pilotée par une IA qui fonctionne de façon très inhabituelle, sur les liens entre les passagers, leurs émotions et les images suscitées par les odeurs. Étrange et original. La nouvelle a été couronnée par le Grand Prix de l’Imaginaire en 2002.

Rudyard Kipling 2210 transpose une partie de l’histoire du célèbre écrivain sur un champ de bataille du futur, où s’affrontent humains et aliens. Le héros, ancien général, recherche les corps des soldats tombés au combat pour les identifier et leur offrir une sépulture. L’arrivée d’une jeune femme qui cherche son mari va lui faire repenser à son passé, affronter ses propres douleurs et aller vers autre chose. Un texte intéressant même si les réactions de certains personnages, comme celles de la jeune femme, sont un peu étranges (trop théâtrales ou choquantes ?).

Cauchemar d’enfants : en prenant au pied de la lettre l’expression « les enfants font la loi », l’auteur imagine un monde où les gosses règnent, choyés par leurs parents obligés par le gouvernement de les couvrir de cadeaux et d’obéir à leurs quatre volontés. Dans ce contexte, un inspecteur de police adulte, dirigé par son capitaine de… 14 ans, enquête sur du marché noir, de la revente de jouets que certains « vieux » pratiquent pour se payer sorties et distractions autrement fort limitées. Un univers qui frôle l’absurde en renversant les rôles et en les poussant au paroxysme, dans un climat de délation, de paranoïa et d’immaturité qui est original et inquiétant.

Une fille aux pieds nus est la nouvelle inédite du recueil. Suite à un tsunami au Japon, la jeune Hikaru erre au milieu des décombres. Elle y croise des gens désespérés, hébétés, perdus, des scènes de chaos indescriptible. Avec un point commun, les disparus, les familles disjointes. Ce qui lui évoque ses souvenirs et ses sentiments envers son père qu’elle n’appréciait guère et qui finit par lui manquer. Un récit émouvant, bien ancré dans la culture japonaise que l’auteur affectionne et comprenant une belle touche de fantastique.

Quatre textes différents et autonomes, que j’ai trouvé réussis et émouvants, originaux et faisant réfléchir. Une belle découverte.

A noter une belle couverture signée Aurélien Police, une préface érudite de Xavier Mauméjean et enfin un texte de quatrième de couv’ de Jean-Claude Dunyach, le tout dans un bel objet livre avec couverture à rabats et papier de qualité, pas mal, non ?

- Xapur, le 29/11/17 

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Paquet - Faux-semblance - Chut... Maman lit !
Posté le 19 février 2018 -

L'année dernière, j'ai eu l'occasion de découvrir Olivier Paquet au travers de son dernier roman Jardin d'hiver (avec une superbe couv' d'Aurélien Police) et j'ai bien aimé son univers post-apocalypse entre terrorisme écologique et fanatisme technologique. Du coup, quand j'ai vu le recueil de nouvelles Faux-semblance chez mon libraire, je me suis laissée tenter.

Quatre zones de conflit. Entre humains et extraterrestres ; entre mémoire et oubli ; entre adultes et enfants ; entre nature déchaînée et ce qu’il reste de la civilisation. Sous les cieux étrangers de galaxies lointaines, sur des champs de bataille envahis de cadavres, ou bien face à la vague qui a tout balayé, il faut imaginer de nouvelles façons d’aller plus loin. Même s’il faut achever de détruire pour renaître. Les personnages d’Olivier Paquet ne renoncent jamais. Ce sont avant tout des survivants, des héros abîmés qui tentent de redonner du sens à leur vie. Grâce à la catastrophe qui les a laissés nus, ils redécouvrent ce qu’ils sont. Et ils trouvent la force de tendre la main vers l’autre, l’étranger, pour ouvrir ensemble des portes.

Je lis peu de recueils de nouvelles et pourtant c'est un style de prose que j'apprécie beaucoup. Je trouve que cela permet de découvrir un auteur d'une autre manière et c'est parfois agréable de découvrir un univers sur seulement quelques pages. Avec Faux-semblance, Olivier Paquet nous propose 4 nouvelles dans un style SF ou Fantastique et je dois dire que le rendu est plus que convainquant.

La première nouvelle : Synesthésie est la nouvelle la plus longue. Dans un univers SF, qui arrive à se révéler dense en peu de pages, on part sur une planète lointaine assiégée par des extraterrestres plus qu'hostiles dans une ambiance de guerre galactique. Sur cette planète où des humains vivent en harmonie avec les autochtones, les vaisseaux arkosiens menaçants demandent l'ouverture de "la porte" au gouverneur humain. Cette "porte" piloté par une IA peu commune et qui permet aux humains et à ceux qui les accompagnent de voyager de planète en planète, va faire l'objet de négociation entre le représentant des Arkosiens et le gouverneur de la colonie. Sachant que le voyage à travers la porte est lié au sentiments, aux émotions qui rattachent l'humain et l'individu qui l'accompagne. Cette nouvelle se révèle pleine d'interrogations sur l'avenir de l'humanité et son rapport aux espèces radicalement différentes d'elle, mais aussi extrêmement sensible dans la description de la recherche de la connaissance de l'autre.

Le deuxième nouvelle : Rudyard Kipling 2210, une nouvelle de SF qui fait écho à l'histoire du poète - écrivain Rudyard Kipling qui perdit son fils à la guerre à l'age de 18 ans et qui devint alors commissaire aux sépultures de guerre. A l'époque de la nouvelle, l'humanité est en guerre avec les Rôdeurs mais les batailles spatiales sont rares et la plupart des zones de conflits se situent au sol où les soldats sont des fantassins. Dans cette guerre, Rudyard Kipling est commissaire aux sépultures de guerre, charge à lui de fournir des sépultures à ceux tombés au front. Olivier Paquet nous parle ici de la perte d'êtres chers et de la difficultés d'aller de l'avant après ces tragédies. C'est peut être la nouvelle qui m'a le moins convaincue, le thème sonne juste mais les personnages un peu moins.

L’odeur du champ de bataille est toujours la même : écœurante et triste. Le parfum de la chair brûlée et la fragrance de la mort sont persistants : ils perdureront, même lorsque les stigmates des combats se seront effacés. Je devrais m’y habituer, mais jusqu'à ces dernières années, je n’avais jamais eu l’occasion de venir après la victoire. Désormais, c’est mon métier. 

La troisième nouvelle : Cauchemar d'enfants nous présente une société (futuriste ?) où les enfants ont littéralement pris le pouvoir. Dans cette société, les adultes ont pour obligation de pourvoir à tous les "besoins" de leurs enfants : nombre de jouets offerts par mois, temps passé devant la télé ou l'ordinateur, nourriture, vêtements tout doit être fait pour la satisfaction des enfants. Dans cette nouvelle, nous suivons un policier adulte et son supérieur un adolescent de 14 ans appartenant à la police parentale. Ils enquêtent sur les délits liés aux droits des enfants : revente de jouets au marché noir, détournement d'allocation donnée par le conseil des enfants... Certains adultes les pratiquent pour pouvoir se payer quelques distractions pour "vieux". J'ai trouvé cette nouvelle presque terrifiante par les décisions immatures prises par les enfants et le climat de peur et de résignation ressenti par les adultes. Un univers poussé à l'extrême qui se montre dérangeant surtout avec sa petite note de vérité sous-jacente.

La quatrième nouvelle : Une fille aux pieds nus nous parle avec beaucoup de sensibilité et de douceur d'une ville ravagée par un tsunami, de ce qui se passe une fois que la vague est repartie. Nous suivons une jeune fille qui après la dévastation, déambule dans les décombres. Elle croise d'autres rescapés à la recherche de proches pour finalement errer jusqu'au plus proche poste de secours. Un récit court et poignant sur ses familles que la catastrophe a séparé, sur cette injustice qui frappe sans prévenir. Un récit finalement très actuel et émouvant où Olivier Paquet sait donner un ton très juste à son récit.

La ville entière avait disparu dans un amas de débris, avalée par la mer, et digérée, recrachée au même endroit. Il n'avait fallu que vingt minutes pour raser les maisons, détruire les batiments centenaires, dans un fracas de briques et de bois. Vingt minutes de chaos au son des sirènes et des hauts-parleurs égrainant des conseils de sécurité. L'eau noire et dense, s'était infiltrées dans les rues, pourchassant les mini-vans qui tentaient de la fuir. [...] La cité s'était brisée dans un tonnerre de craquements, dépecée par une lame à l'acier sombre et aux reflets d'écume.

Au final, un très bon recueil. J'ai beaucoup apprécié de découvrir la plume d'Olivier Paquet dans le style de la nouvelle qui lui va très bien. Les quatre nouvelles de ce recueil sont chacune une interrogation sur l'humanité et ses capacités à s'adapter et à comprendre l'autre. Avec un ton souvent très juste, Olivier Paquet nous offre des récits SF / Fantastique d'une belle sensibilité que l'on a plaisir à lire. 

- Chut maman lit, le 19/01/18. 

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Paquet - Faux-semblance - La Biblioblog de Maêlle
Posté le 20 janvier 2018 -

 J’ai craqué sur ce recueil de nouvelles lors de ma petite virée aux Utopiales. Je trouve la couverture magnifique quoique le dessin ait un côté désolé. Elle illustre néanmoins très bien la thématique de ce recueil qui tend à vouloir parler de moments charniers lors de catastrophes. Quatre nouvelles qui tracent d’une belle plume des moments parfois difficiles. Je vais tâcher de vous parler de chacune d’elles mais je peux d’ores et déjà vous dire qu’elles ont un point commun : l’écriture d’Olivier Paquet qui est poétique, belle et agréable à lire.

 Le recueil s’ouvre avec la nouvelle Synesthésie. Bien qu’elle soit la plus longue ce n’est pas celle qui m’a le plus marquée quoique j’ai beaucoup aimé l’idée. Nous suivons le gouverneur d’une colonie humaine dans l’espace qui se retrouve encerclé par un ennemi belliqueux qui souhaite s’approprier un pouvoir détenu par notre espèce : un système de porte. Ces portes permettent de voyager dans tous l’univers. Ce qui est très intéressant dans cette nouvelle c’est de voir le parti pris par le gouverneur dans la tête duquel nous vivons toute l’histoire. Il va devoir prendre des décisions lourdes de sens et importantes pour tenter de protéger ceux qui l’ont choisi. Il y a finalement beaucoup de douceur dans l’approche de ce gouverneur face à l’ennemi. Beaucoup de dignité aussi. Elle m’a transporté dans un monde où la présence de l’intelligence artificielle est une personnage à part entière qui enrichit l’univers de l’auteur. Les descriptions sont belles et j’ai adoré le concept de donner aux émotions des goûts ce qui est le principe même de la synesthésie. C’est donc une belle entrée en matière.

   Nous continuons avec la deuxième nouvelle intitulé Rudyard Kipling 2210. Je l’ai aussi beaucoup aimée ! Pourtant elle est difficile. Là encore, nous plongeons dans l’espace pour suivre un membre de l’armée de l’Union spatiale dont la mission est de se rendre sur les champs de bataille, comptabiliser les pertes humaines et gérer les identifications des cadavres. Ce n’est pas vraiment très gai annoncé ainsi et pourtant c’est bourré d’humanité. Un hommage à Kipling qui aurait sûrement apprécié, et qui m’a permis d’apprendre des choses sur lui que j’ignorais complètement. Cette nouvelle m’a chamboulé. La recherche de cette femme sur ce champ de ruines, son amour qui transcende la noirceur de ce qui s’est passé. J’ai trouvé ça si beau…

   La troisième nouvelle, Cauchemar d’enfants m’a laissé quant à elle un peu perplexe. D’autant qu’elle m’a mise un peu mal à l’aise durant ma lecture. L’idée d’une société dont l’avenir réside sur des enfants, où tout est fait pour les enfants et l’ensemble géré par des enfants au caractère imprévisible et immature… Le seul adulte que nous suivons est un policier marié mais sans enfant. Nous apprenons que lorsqu’il décidera d’avoir un enfant il devra quitter son métier. La hiérarchie est inversée, son capitaine se retrouve être un gamin capricieux. Peut-être que l’on peut y voir une extrapolation d’une « dictature de l’enfant » mais j’avoue ne pas avoir bien saisi l’idée de la nouvelle qui souligne l’aspect éphémère de l’enfance.

   Nous terminons notre lecture par Une fille aux pieds nus. Autant dire que ce fut l’ascenseur émotionnel car j’ai été littéralement bluffée par cette nouvelle d’une incroyable intensité. Plus proche de la réalité que toutes les autres puisqu’elle fait écho au tsunami qui a dévasté le Japon, l’auteur nous surprend d’autant plus quand il intègre un brin d’imaginaire et la scène n’en est que plus touchante. Les émotions de la jeune fille m’ont percuté de plein fouet. Son errance dans une ville dévastée l’amène à croiser le chemin de l’incompréhension, de la peur et de la tristesse. Mais aussi le chemin de l’humain. Face à un tel cataclysme il ne reste plus que l’humanité, un peu de chaleur humaine, quelques échanges pour tenir. Parler pour ne pas sombrer dans le silence assourdissant de l’horreur et de la mort.

   L’ensemble de ces histoires est servi par une très belle plume que j’ai sincèrement pris plaisir à découvrir et que j’aspire à découvrir à travers d’autres écrits. Les descriptions m’ont transporté sur ces lieux dévastés et je me suis sentie flottée au milieu de ce tumulte d’émotions. C’est comme si l’auteur parvenait à canaliser l’énergie du désespoir du moment en un flot de sentiments à vif qui écorche quelque peu le lecteur.

   En somme c’est une belle découverte, la dernière nouvelle m’a fait oublié ma déconvenue avec la troisième et je retire un sentiment extrêmement positif de cette lecture. Je vous invite donc à lire et à découvrir la plume d’Olivier Paquet sans attendre.

- Maëlle, le 17/01/18. 

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Paquet - Faux-semblance - Rsfblog
Posté le 05 avril 2018 -
Faux-semblance contient quatre nouvelles de science-fiction d’Olivier Paquet. Trois d’entre elles – « Synesthésie », « Rudyard Kipling 2210 » et « Cauchemar d’enfants » ont été publiées au début des années 2000 dans la revue Galaxies. « Une fille aux pieds nus » est le seul texte inédit et l’on peut supposer qu’il est plus récent.

Dans « Synesthésie » l’homme a conquis les étoiles, colonisant certaines planètes éloignées et établissant des liaisons commerciales grâce à des portes TransUnivers. Leur installation dans la galaxie des Arkosiens s’est muée en guerre et, sur le terrain militaire, les humains sont en train de la perdre. Les Arkosiens cherchent à passer la porte pour atteindre la Terre et l’anéantir. Toutes leurs tentatives se soldent par des échecs cuisants : leurs vaisseaux sont tous désintégrés. Le gouverneur Rekl reçoit une émissaire Arkosienne venue pour négocier une reddition. Mais le gouverneur, rodé aux techniques de négociation, emmène la diplomate sur un tout autre chemin. L’immersion est puissant : le lecteur ressent pleinement les sensations, les odeurs, même les saveurs. « Synesthésie » est une très belle nouvelle sur l’altérité et l’ouverture à la différence.
 
Rudyard Kipling, auteur célèbre pour son Livre de la Jungle, a perdu son fils John lors de la bataille de Loos en 1915. Rudyard Kipling rejoint alors l’Imperial War Graves Commission, responsable des cimetières de guerre anglais qui jalonnent la ligne de front. Dans « Rudyard Kipling 2210 » Olivier Paquet transpose l’histoire dans le futur. Kipling, commissaire aux sépultures de guerre, organise le rapatriement des corps vers leur famille ou enterre sur place ceux qui ne peuvent être transportés. Sur Jaeda Minor, l’Union spatiale a gagné une bataille contre les Rôdeurs. A peine débarqué, Kipling reçoit la visite d’une jeune femme, Faricia Wecker, venue chercher son mari. Leur recherche les consduit vers un secteur verrouillé pour une raison particulière. Un texte empreint de mélancolie.

« Cauchemar d’enfants » imagine un avenir où les enfants sont rois. Littéralement : ils sont les décideurs, magistrats, rédigent, votent et font appliquer leur lois. Le lieutenant Dobrozumsky, un adulte, fait équipe avec son supérieur, le capitaine Lone, petit tyran de quatorze ans. Ils sont missionnés pur enquêter sur la dénonciation d’une mère par sa fille pourrie gâtée comme on dit. Matériellement, elle ne manque de rien. Mais elle ne se sent pas aimée. Alice accuse ses parents d’avoir vendu un de ses jouets pour remplir le frigo et acheter des vêtements. Du superflu donc. Glaçant.

Scène post-apocalyptique dans « Une fille aux pieds nus » après le passage d’un tsunami ravageur. Hikaru, en rupture avec sa famille, a survécu sans trop savoir comment. Elle marche seule au milieu des décombres, sous le choc. Ses pas croisent ceux d’autres survivants tous aussi perdus qu’elle, tous à la recherche de leur famille ou d’un lieu d’asile. Jusqu’à pouvoir rejoindre le gymnase d’une école où secours et téléphones les attendent. Cette nouvelle légèrement teintée de fantastique est une réussite : sensible sans sensiblerie, humaniste et réaliste dans le traitement et la narration.

En définitive, le recueil, agrémenté d’une érudite préface de Xavier Mauméjean, tient la route. Des quatre textes au sommaire, je retiens « Synesthésie » et « Une fille aux pieds nus », qui sont, pour moi, un cran au dessus des deux autres. 
 
 Lhisbei - Rsfblog
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Paquet - Faux-semblance - Blog o Livre
Posté le 20 avril 2018 -
Pour ceux qui suivent mon blog depuis longtemps, vous devez savoir que je suis un admirateur des différentes publications d’Olivier Paquet. Depuis ma découverte de ses écrits avec Les Loups de Prague, je ne suis jamais passé à côté d’une de ses publications et je n’ai jamais non plus été déçu, car il offre à chaque fois des récits de Science-Fiction humains, prenants et efficaces. Il était donc normal, lors des dernières Utopiales, que je reparte avec ce nouveau recueil de nouvelles. Après, comme souvent avec une PAL ingérable, j’ai mis un peu de temps avant de laisser une chance à ce Faux-Semblance, mais il y a quelques jours j’ai décidé de le sortir de ma bibliothèque. Concernant la couverture, illustrée par Aurélien Police, je la trouve franchement très réussie. Ce recueil comporte ainsi quatre nouvelles, trois qui avaient déjà été publiées et une inédite et je vais faire un retour sur chacune d’entre elles.

Synesthésie : Il est à noter que cette nouvelle a gagné le Grand Prix de l’Imaginaire 2002 de la nouvelle francophone. Ce texte nous plonge dans un avenir lointain où les humains se sont étendus dans l’univers. Cette expansion n’a pas plu a tout le monde et une guerre a éclatée avec une race alien : les Arkosiens. On suit ainsi les tractations sur une planète entre un gouverneur humain , qui a quasiment perdu la bataille, et une émissaire Arkosienne qui ne peut traverser la Porte et souhaiteraient un accès. J’ai passé un très bon moment avec cette nouvelle, qui nous plonge assez rapidement et facilement dans un univers qui s’annonce dense et complexe. En quelques pages à peine l’auteur a clairement réussi à brosser une toile de fond fascinante, visuelle, complètement dépaysante et captivante, jouant énormément sur les différents sens du lecteur, même si parfois, c’est vrai, il en fait peut-être un peu trop. Concernant les personnages, le récit nous brosse des protagonistes humains, soignés, attachants qui font face à un conflit, qui ont leurs propres valeurs, doivent faire leurs propres choix.

Car finalement le principal message de cette nouvelle est de se révéler humaniste, de vouloir s’ouvrir aux autres, de montrer que la paix est peut-être possible non pas en répondant par la violence, mais en trouvant des similitudes, de points de compréhension et d’acceptation. Je trouve aussi qu’une certaine beauté se dégage de cet ensemble, une certaine sensualité qui apporte un plus au récit. Après je regretterais peut-être par moment une envie de trop vouloir en faire, parfois aussi d’offrir quelques scène un peu conventionnelles, et j’aurai aimé que un ou deux points soient un peu plus développés, comme par exemple cette notion d’Hommes et de Femmes chez les Arkosiens. Finalement rien de très dérangeant tant j’ai trouvé cette lecture intéressante et ne m’a pas laissé indifférent.

Rudyard Kipling 2210 : Cette nouvelle est un hommage au célèbre écrivain, qui a perdu son fils lors d’une bataille en 1915. Elle nous plonge dans un futur lointain où une guerre terrible entre les Humains et les Rôdeurs est actuellement en cours, qui fait son lot de morts. Kipling a pour rôle d’identifier les soldats tombés au combat et leur offrir une sépulture. Un jour une veuve vient le voir pour qu’il retrouve son mari et qu’elle puisse ainsi faire  son deuil. Encore une fois un texte qui propose de bonnes idées et ne laisse pas indifférent, sur la notion de perte, les sentiments, la mort, le besoin d’aller de l’avant, d’apprendre d’une certaine façon à tourner la page, ou encore sur la guerre et la mort. Le tout est porté par des personnages qui ne manquent pas d’intérêt dans leurs quêtes, leurs envies et leurs visions de ce monde, une toile de fond efficace et une ambiance assez triste, mélancolique qui colle parfaitement au récit.

Sauf que voilà, je trouve que cette nouvelle en fait parfois trop, que ce soit dans l’aspect un peu théâtral des personnages, ce qui les rend parfois même légèrement caricaturaux, voir dans certaines facilités qui apparaissent ici ou là. Cette nouvelle reste tout de même un texte qui offre un bon moment de lecture, assez sombre dans son développement, mais qui ne manque pas de montrer que, d’une certaine façon, qu’il y a toujours un espoir de s’en sortir, d’évoluer, de continuer à vivre malgré la douleur. La plume de l’auteur est soignée, fluide et tout en finesse je trouve et joue beaucoup sur le côté prenant du récit.

Cauchemar d’Enfants : Cette nouvelle est construite avec comme point de départ l’idée suivante: imaginer une société qui aurait décidé de mettre les enfants au pouvoir, de leur laisser faire les lois. On se retrouve ainsi à suivre le lieutenant Dobrozumsky, adulte, et son partenaire le Capitaine âgé de 14 ans qui vont devoir enquêter sur une famille, suite à l’appel de leur fille unique qui pense que ses parents font de la revente de ses jouets pour s’offrir des sorties. Un texte qui ne manque pas de se révéler rapidement glaçant, légèrement dérangeant dans ce qu’il développe, d’imaginer le monde aux mains des enfants avec tout ce que cela peut amener comme immaturité et problématiques d’une jeunesse sans plus aucun cadre. Certes pour cela il faut accepter l’idée de base, mais j’ai été rapidement happé par cette nouvelle qui ne manque pas, d’une certaine façon de frapper fort et juste je trouve. On découvre ainsi une certaine résignation, une certaine acceptation chez le lieutenant, qui se retrouve devant un couple qui veut simplement pouvoir vivre un peu et ne pas simplement offrir leurs vies à leur fille.

L’ensemble est porté par des personnages convaincants, qui ne laissent pas indifférents et qui s’avèrent aussi complexes dans leurs visions et leurs envies. Un texte qui s’avère aussi d’une certaine façon angoissant sur l’avenir d’un tel monde, de ce qui pourrait arriver dans les générations à venir et qui nous montre que, finalement, les enfants sont des « humains » comme les autres, loin d’être toujours des anges. Il y a aussi, je trouve, une notion de réflexion sur l’aspect politique, la capacité à accepter des lois, des règlements, à accepter l’improbable une fois qu’il est ancré de peur de perdre un certain confort. Le tout est porté par une plume incisive, qui sonne juste et qui colle parfaitement au récit.

Une Fille aux Pieds Nus : Cette nouvelle nous fait suivre le destin d’une jeune fille juste après le passage d’un tsunami. Elle erre parmi les ruines et les survivants, et va voir les choses changer. Une nouvelle qui m’a offert un très bon moment de lecture, se révélant très touchante et marquante dans ce qu’elle présente et ce qu’elle soulève comme idées et comme messages. Un récit humain, plein d’émotions qui nous montre finalement la capacité de résilience de l’Homme, qui malgré la catastrophe trouve la capacité de se relever et d’avancer. Mais aussi d’une certaine façon le récit nous fait réfléchir sur nos différences, nos soucis d’incompréhensions, des divergences qui sont finalement balayées par de telle épreuves et montre que, parfois, l’humanité peut apprendre à faire front commun des adversités et s’entraider, s’accepter pour aller de l’avant. Il y a aussi, j’ai l’impression en message de fond, cette idée de nous rappeler qu’on a qu’une vie qui peut être vite balayée, qu’il faut parfois s’ouvrir à ce qu’on a, ne pas obligatoirement se jeter dans le rejet ou l’oubli, ne pas avoir de regrets pour se lancer dans l’avenir.

Un texte bien porté par une plume fine et soignée, qui vient offrir à cette nouvelle une certaine poésie et une certaine beauté malgré le fait qu’elle parle de tragédie. Comme souvent avec l’auteur une notion d’espoir transparait, d’humanisme aussi qui apparait au fil du récit, tout en trouvant le ton juste, sans jamais trop en faire. Les personnages sont denses, attachants et très rapidement accrochent le lecteur. Le tout est teinté de culture japonaise, qu’affectionne particulièrement Olivier Paquet, mais aussi d’une légère pointe de fantastique qui apporte un plus à l’ensemble. Un excellent texte qui ne laisse pas indifférent et vient parfaitement conclure ce recueil.

J’ai passé un bon, voir un très bon moment de lecture avec ce recueil de quatre nouvelles de science-fiction qui, même si elles ne sont pas toutes au même niveau, s’avèrent intéressantes à découvrir et ne laissent pas indifférent le lecteur. La grande qualité de chacune des nouvelles vient clairement des réflexions qu’elles soulèvent, de ce côté toujours humaniste présent, offrant toujours un espoir et le tout porté par une plume soignée, incisive. Olivier Paquet a une capacité a créer des univers denses, accrocheurs et visuels qui donnent clairement envie d’en apprendre plus, et le tout porté par des personnages humains, complexes et touchants.
 
Blog o Livre 
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Paquet - Faux semblance - Le bibliocosme
Posté le 11 juin 2018 -

A ceux qui, comme moi, n’auraient pas encore eu l’occasion de lire un ouvrage d’Olivier Paquet, les éditions L’Atalante ont mis à disposition l’année dernière ce petit recueil censé proposer un échantillon représentatif du style et des différents univers de l’auteur. L’ouvrage est court (120 pages) et ne comporte que quatre nouvelles, dont une seule inédite, les trois autres ayant déjà fait l’objet d’une parution au début des années 2000 dans la revue Galaxies. Enrobé d’une très belle couverture signée Aurélien Police et encensé dans une quatrième de couverture et une préface dithyrambiques (respectivement rédigés par Jean-Claude Dunyach et Xavier Mauméjean, rien que ça !), le recueil dispose incontestablement d’un emballage soigné. Mais qu’en est-il du fond ? Les deux premiers textes, « Synesthésie » et « Rudyard Kipling 2210 », s’inscrivent pleinement dans de la SF pure et dure, avec des conflits interplanétaires, des races extraterrestres, des IA… [..] La deuxième partie correspond à : « Cauchemar d’enfants » est une dystopie effrayante décrivant un monde dans lequel les rapports enfants/adultes sont renversés, tandis que « Une fille aux pieds nus » s’apparente à un récit fantastique et prend place au Japon juste après une catastrophe naturelle. Toutes ces nouvelles ont en commun une même sensibilité qui ne laisse pas le lecteur indifférent, et abordent des thèmes récurrents comme le deuil, les regrets, ou encore l’ouverture aux autres et au monde. Chaque protagoniste est dépeint avec le même soin et tous sont caractérisés par une fêlure, qu’on ne fait parfois qu’entre-apercevoir, mais qu’ils vont devoir dépasser pour trouver la force d’affronter les événements auxquels ils se retrouvent confrontés.

[...] « Cauchemar d’enfants » est sans doute ma nouvelle préférée du recueil. L’auteur y dépeint une société dans laquelle les enfants ont désormais le pouvoir sur les adultes qui doivent céder à tous leurs caprices et sont régulièrement contrôlés par l’administration. On assiste alors à des scènes complètement surréalistes au cours desquels un inspecteur de police sadique, âgé d’une douzaine d’années et accompagné de son subalterne adulte, mène l’enquête pour tenter de résoudre le mystère de la disparition d’un petit chien électronique. Serait-ce que les parents de la jeune fille concernée par la disparition seraient impliqués dans un odieux trafic de revente de jouets ? Contrairement à ce que peut laisser penser la légèreté du sujet, le texte n’est absolument pas drôle et en vient même à mettre le lecteur mal à l’aise. Outre la question de la relation entre parents/ progénitures et de la prolifération des « enfants rois », Olivier Paquet pose également celle de notre implication dans la construction notre société, et souligne les danger et les absurdités auxquels pourraient nous condamner notre indifférence et notre résignation. Une vraie réussite. « Une fille aux pieds nus », nouvelle inédite chargée de clore le recueil, prend place juste après qu’un tsunami se soit abattu sur les côtes japonaises. On y suit une jeune fille qui tente de reprendre pied après la catastrophe, et qui va croiser sur son chemin un certain nombre de survivants qui, comme elles, peinent à surmonter le drame qu’ils ont vécu. Le texte est touchant et aborde de manière très sensible la question du deuil et des regrets. L’auteur donne à nouveau une vision très optimiste de la nature humaine, insistant sur la générosité et le besoin d’aider que se manifestent spontanément les victimes d’un événement aussi traumatisant. La chute reste tout de même assez prévisible mais n’enlève rien à la force du texte ni à son message.

Un petit recueil qui permet de se faire une idée globale du style et des thèmes de prédilection d’Olivier Paquet. [...] A découvrir !

Le Bibliocosme 

 

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Posté 08 août 2018 -
Frankenstein : cinq mots pour décrypter la créature de Mary Shelley article de Lloyd Chery dans Le Point POP :
 
« Frankenstein, c'est presque de la hard-science avant l'heure », analyse l'auteur Johan Heliot. « On pourrait dire que ce livre est le père de la science-fiction moderne. Le roman s'interroge sur la nature de la vie et de l'homme, qui sont des questions encore très présentes dans ce genre. » Le spécialiste français des uchronies historiques publie, le 20 septembre prochain, Frankenstein 1918 aux éditions de l'Atalante. Cet excellent récit imagine les recherches de Frankenstein utilisées pour créer des super-soldats dans les tranchées allemandes. Reprenant le même procédé épistolaire de Shelley sous forme de mémoires et rapport de guerre, Heliot met en scène un Winston Churchill traquant, dans une Europe post-apocalyptique, un de ses monstres qui s'est échappé. Originale et efficace, cette uchronie rappelle que l'ouvrage de Shelley inclut plusieurs genres.
 
en librairie le 20 septembre 2018 !
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L'Or du diable, sélectionné pour le prix Utopiales 2018
Posté 26 juillet 2018 -

L'Or du diable d'Andreas Eschbach est sélectionné pour le Prix Utopiales 2018 !

Découvrez toute la sélection

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Le Chant du coucou, sélectionné pour le prix Elbakin 2018
Posté 26 juillet 2018 -

Nous avons la joie de vous annoncer que Frances Hardinge est nommée au prix Elbakin.net 2018 pour son roman Le Chant du coucou dans la catégorie "meilleur roman fantasy traduit".

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Manuscrits
Posté 01 février 2018 -

La session de janvier de réception des manuscrits est close. Avec 885 titres reçus, nous avons du pain sur la planche ! C’est pourquoi, si vous souhaitez nous envoyer votre texte, nous vous prions d’attendre que nous ouvrions une nouvelle session – nous l’espérons courant 2018. Cela dépendra du temps que nous prendront le grand nombre de textes reçus. Suivez-nous sur les réseaux sociaux au fil des mois pour plus d’informations.

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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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