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Camille Leboulanger

Enfin la nuit

Enfin la nuit

Date de parution : août 2011


Illustrateur : Raphaël Defossez


ISBN13 : 9782841725540

Nombre de pages : 192
Prix : 12,90 €
État : disponible

« Le ciel était embrasé. On avait bien donné des explications à la télévision, histoires de guerres, de catastrophes, d’ennemis, d’alliés. Des noms, d’autres, beaucoup de noms qui se croisaient sans grande cohérence entre eux. Alors, du coup, les gens étaient dans la rue, le regard plongé dans le feu du ciel. Le grand embrasement. Ravage. La nuit était plus claire que le plein jour. Les lampadaires devenaient inutiles. Le ciel s’était allumé le 23 janvier, sur le coup de 22 h 30. Et si, sur le moment, personne ne comprenait vraiment ce qu’il se passait, il faudrait bien admettre, une semaine plus tard, que la nuit ne retomberait plus jamais. »

 

Un flic, Thomas, et une adolescente, Sophie, se mettent en route vers le sud. Pour aller où ? Peu importe, ils sont vivants, ils avancent, dans ce monde aveuglant où la nuit a disparu et où le jour continuel rend fou. Peu à peu, Thomas laisse derrière lui une tombe sur un rond-point et une maison en cendres, passe la frontière… Dans ce roman envoûtant, à la fois road movie et expérience post-apocalyptique, la violence le dispute à l’humour noir.

  • Revue de presse
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Leboulanger - Enfin la nuit - Temps de livres
Posté le 09 août 2011 -
Le jour emplit le ciel. Il n'y a plus de nuit. La température augmente, la population s'affole, se désorganise.
Thomas était policier. Après l'évènement, il n'avait plus de raison particulière de rester en ville. Alors il est parti sur les routes.
Etienne est policier, il a rencontré Sophie, l'a perdue et s'est perdu sur les routes.
 
Camille Leboulanger signe un roman intriguant. Etrange serait plus exact. Le ciel s'est embrasé, on ne sait pas pourquoi. Les gouvernements sont impuissants, la civilisation s'effondre. La population afflue dans la rue, la survie commence. Le livre aborde les thèmes du post-apocalyptique nucléaire (survie, poussière, ciel qui s'embrase), tout en démontrant le contraire : pas d'hiver nucléaire, plutôt un été permanent.
L'auteur, par la tournure des phrases nous fait douter : " Le ciel était embrasé. On avait bien donné des explications à la télévision... Ravage... ". Références à Barjavel (le Ravage), à Malevil (le train qui passe en gare), La Route. Des références qui renforcent le doute : Evenement nucléaire ou manifestation qui fait dégringoler la civilisation ?
 
L'ambiance se rapproche du fantastique. Fantastique, car Etienne, le deuxième personnage important fait des rêves, délire, imagine des situations. Quant à Thomas, l'autre protagoniste, il suit la route :" Pour lui qui avait toujours voulu prendre des vacances à la campagne, l'occasion semblait trop belle " . Autant Etienne est dans l'imagination, il attend les situations, autant Thomas les accompagne. Comme une sorte de premier narrateur, il se fait le juge et le coupable de la civilisation. Celle-ci s'accroche à des objets, des gestes qui n'ont plus lieu d'être. Comme pour s'absoudre de ces penchants, Thomas (narrateur) utilise l'humour noir.
 
Roman à l'ambiance étrange, le livre de Camille Leboulanger étonne jusqu'au bout. Parce que le lecteur ne sait pas où il va, il continue la lecture. Dénonciation de la civilisation ? Raillerie du genre post-apocalyptique ? Beaucoup de questions et peu de réponses, pour un livre qui reste envoutant pour le lecteur.
 
Hervé Beilvaire
Temps de livres
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Leboulanger - Enfin la nuit - Ouest France
Posté le 10 août 2011 -
Un jeune Nantais publie son premier roman
 
Camille Leboulanger, étudiant à Nantes depuis deux ans, publie Enfin la nuit, aux éditions l'Atalante.
 
Trois questions à... Camille Leboulanger, 20 ans, ancien étudiant en classe ciné-sup au lycée Guist'Hau.
 
- Pourquoi avez-vous décidé de publier un roman ?
- J'écris, depuis l'enfance, des poèmes et des nouvelles. Puis, j'en ai eu assez des textes courts et j'ai décidé d'écrire un véritable roman à la fin de l'année 2009, que j'ai terminé l'été dernier. C'était un peu un défi personnel : j'ai dû me forcer à écrire tous les jours, au moins 2 000 mots et à me couper du monde réel. Mais je me suis rendu compte qu'une fois dans ma bulle, je pouvais écrire dans quasiment n'importe quelles conditions.
 
- De quoi parle votre roman ?
- L'histoire est simple : un jour, la nuit ne tombe plus. C'est le film Hiroshima mon amour d'Alain Resnais qui m'a inspiré ce scénario. Ce n'est pas vraiment un récit post-apocalyptique, plutôt une expérience où la mort rôde et où les personnages sont dans l'attente. Il y a des choses en commun avec La route de Cormac McCarthy que j'ai lu un an avant d'écrire mon livre et que j'ai beaucoup aimé.
 
-Vous vous destiné donc à une carrière d'écrivain ?
- Peut-être. Je viens de terminer mon second roman que j'ai envoyé à l'Atalante et dont j'attends un retour. J'ai été étudiant pendant deux ans en classe préparatoire ciné-sup au lycée Guist'Hau et je ne ferme pas la porte aux métiers du cinéma. Je pourrais, par exemple, être scénariste. J'aime écrire de manière un peu détachée, au présent et sans rentrer trop dans les détails.
 

L. C.
Ouest France

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Leboulanger - Enfin la nuit - OverBooked
Posté le 22 août 2011 -
Camille Leboulanger est un jeune auteur français de 20 ans qui signe avec Enfin la Nuit son premier roman, aux éditions L’Atalante. Ce n’est toutefois pas sa première publication puisqu’il est l’auteur d’une nouvelle parue dans Ceux qui nous veulent du bien, 78 ans, et dont j’avais rapidement parlé dans mon avis, car elle m’avait pour ma part convaincu.
 
Alors, qu’en est il de ce roman ?
Il y a des passages tout bonnement géniaux qui nous prennent aux tripes, ce n’est pas mal écrit du tout. Des phrases et des dialogues courts qui m’ont frustrés au début, car je suis un grand amateur de longues réflexions, que ce soit en pensée ou lors d’un échange entre deux personnages.
 
"À bien y repenser, Sophie n’était pas une vraie beauté. Rien de remarquable, en tout cas. Le nez un peu trop anguleux et le front un peu trop large. Elle tenait sa cigarette de la façon un peu maniérée des gens qui savent qu’ils feraient mieux de ne pas fumer mais fument quand même, pour l’image. Par habitude, aussi. Je me demandai vaguement sur le moment si l’on pouvait tomber amoureux d’une telle femme. Peut-être les yeux. Les yeux avaient quelque chose. Quelque chose d’autre que du mascara coulé tout autour, bien sûr. Quelque chose de plus profond."
 
Et pourtant, au fur et à mesure que j’avançais, j’ai trouvé que cela servait à merveille l’histoire et surtout l’ambiance qui y régnait. Une grande catastrophe est survenue, il n’y a aucun moyen de savoir ce qui s’est passé, on s’imaginerait que les personnages établiraient des centaines d’hypothèses concernant cette lumière qui envahit le ciel à toute heure du jour et de la nuit. Et pourtant, paradoxalement, les survivants ne cherchent pas à savoir ce qu’il s’est passé. D’ailleurs, on peut se demander en quoi cette catastrophe, qui n’est juste qu’une journée perpétuelle, a pu être la cause d’autant de morts, mais personnellement j’ai compris que l’auteur avait besoin de certaines conditions pour dire ce qu’il avait à dire.
La lumière est là, c’est tout ce qui importe, et les personnages ne ressentent pas vraiment le besoin d’en parler, tout simplement parce qu’en parler ne changera rien. Camille Leboulanger écrit utile. Si bien que rien n’est lourd dans son roman, puisque tout s’enchaîne très vite. Alors que l’on s’attendrait à ce que personne ne sache quoi faire et donc à ce que personne ne fasse rien, les personnages marchent, sans aucun but réel, rien que celui de marcher, de se mettre en mouvement dans un monde où l’on ne remarque même plus le mouvement du soleil. Comme pour continuer sa course à sa place en quelque sorte.
 
"Dans le couloir, il appelle : « Anna ? » il plaisantait, avant, quand il faisait encore nuit, sur le fait qu’elle devait être quelqu’un de parfaitement équilibré, avec un prénom pareil. Les mauvaises langues disaient que c’était une femme que l’on peut prendre dans les deux sens."
 
L’ambiance est donc assez noire, mais on est en même temps assez détachés de tout ça, parce que même s’il est fait mention des cadavres bordant les routes, les personnages oublient ces cadavres dans les minutes qui suivent. Ce n’est pas qu’ils y sont insensibles, c’est comme s’ils ne les voyaient pas vraiment, trop occupés à ne penser à rien. Le sujet principal du livre n’est donc pas vraiment la catastrophe et les différentes manières de survivre, mais plutôt les différentes voies qu’empruntent les différents personnages pour ne pas sombrer dans la folie. Les personnages décident d’oublier leur ancienne vie, la vie d’avant la catastrophe, ils essaient de l’oublier pour ne plus pouvoir y penser, ils essaient d’oublier la nuit et l’ombre, mais également d’oublier qu’il n’y pas de nuit.
J’ai trouvé cette approche très originale de la part de l’auteur, et vraiment très bien réalisée. Au lieu d’être plein de regrets et de nostalgie, les personnages sont tout simplement vides, en expectation.
 
"Le corbeau m’a puni. Je lui ai gâché son repas. Il était en train de manger une balle dans la tête. Et une rafale dans le ventre en dessert. Je lui ai gâché son dessert. N’importe qui en uniforme peut-être son propre corbeau. N’importe qui porte sa propre mouette. En parlant de ça, où est ma mouette ? Je l’ai encore perdue ? Ou Maman m’a encore privé de mouette. C’est possible. À seize ans, j’ai cassé la gueule d’un type derrière les gradins d’un stade. Je ne me souviens plus pourquoi. Je lui ai pété le nez, puis ses potes sont arrivés et m’ont foutu par terre. C’est la plus grosse branlée que j’ai prise de toute ma vie. Même du tournoi de boxe de la caserne, je ne suis pas sorti aussi abîmé que ça."
 
J’ai donc bien aimé lire ce roman Enfin la Nuit qui se distingue de ses voisins par son approche assez originale.
 
"Des infirmiers zélés lui ont appris deux heures plus tard qu’ils n’avaient comme seule solution que d’amputer. Ce qu’ils ont fait. Sous anesthésie. Une fois revenu à lui, il est parti de l’hôpital, non sans avoir pris le temps de briser le crâne de deux infirmiers à coups de tabouret. Curieusement, son seul bras gauche lui a suffi pour cela."
 
Je pense que je continuerai à suivre Camille Leboulanger, qui pour moi promet de pondre de vrais chef-d’oeuvres.
 
Julien Fouilhé
Overbooked  
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Leboulanger - Enfin la nuit - Sud Ouest
Posté le 22 août 2011 -
- Depuis quand écrivez-vous ?
- J'écris depuis toujours, mais plus sérieusement depuis le lycée où j'étais inscrit en option cinéma à Gaston-Fébus. J'ai écrit des nouvelles, mais aussi des poésies. En terminale, j'ai participé à un concours et ma nouvelle baptisée " 78 ans " a été retenue et publiée dans le recueil " Ceux qui nous veulent du bien ", aux éditions La Volte, en 2010.
 
- Comment est venue l'idée de ce premier roman " Enfin la nuit ? "
- Je suis parti faire des études de cinéma à Nantes et j'avais cette idée de base sur l'histoire d'un homme et d'une femme qui se retrouvent face à une catastrophe inconnue. C'était le début de mon bouquin et j'ai voulu me prouver à moi-même que j'étais capable d'écrire quelque chose au long cours. J'ai écrit tous les jours entre décembre 2009 et le 31 juillet 2010.
 
- Vous avez donc créé le scénario au fur et à mesure ?
- Oui, je ne savais pas trop où j'allais. Finalement, le roman fait 192 pages. Il se situe entre le post-apocalyptique et le road movie. J'ai été notamment influencé par la lecture de " La Route ", de Cormac McCarthy.
 
- Plus précisément, de quoi parle votre roman ?
- L'histoire de deux personnages s'entremêle. Le personnage principal, Thomas, qui est flic, se retrouve dans un monde où la nuit ne tombe plus, il part sur les routes et vit des aventures accompagné par Sophie, une adolescente. Le deuxième personnage est Etienne qui, lui, est plus dans l'imagination.
 
- Cela a-t-il été facile d'être publié ?
- Contrairement à ce que je pensais, cela n'a pas été difficile du tout. Pour la plaisanterie, j'avais envoyé mon manuscrit aux Editions de Minuit, juste pour avoir une lettre d'eux à encadrer. Je l'ai aussi envoyé aux Editions Atalante, basées à Nantes. Ils m'ont rappelé, en janvier dernier, car ils étaient intéressés et le livre est sorti hier.
 
- Vous destinez-vous à la carrière d'écrivain ?
- Je joue de plus en plus avec cette idée, mais ce n'est pas une carrière très sûre. De toute façon, ma vie tournera autour de l'écriture, car avec mes études de cinéma, je pourrai écrire des scénarios.
 
- Avez-vous déjà d'autres ouvrages en préparation ?
-J'ai envoyé mon deuxième roman aux éditions Atalante et j'attends une réponse. J'ai déjà une vague idée de l'ébauche d'un troisième ouvrage. En fait, je n'ai plus envie de m'arrêter, d'autant plus que je suis motivé par cette première publication.
 
- Quels conseils donnez-vous aux jeunes qui veulent écrire ?
- Je pense qu'il faut s'obliger à une certaine régularité dans l'écriture. Autrement, il faut croire en ce qu'on fait, à cette histoire qui nous appartient au départ, en faisant passer des idées qui tiennent à coeur.
 
 
Sud Ouest 
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Leboulanger- Enfin la nuit - Fantasy au petit déjeuner
Posté le 29 août 2011 -
Il était temps !
 
Temps de revenir parmi vous et de reprendre les cours de nos escapades littéraires avec Fantasy au Petit-Déjeuner...
Alors, histoire de commencer en douceur cette rentrée, on parlera d'une belle petite surprise tout juste disponible chez les libraires.
 
Enfin La Nuit " de Camille Leboulanger, publié aux éditions L'Atalante, est en effet un très bon roman apocalyptique, venu un peu de nulle part mais qui mérite plus que jamais votre attention en cette période chargée.
En route pour la fin du monde ?
 
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Bonne lecture.

 
Salvek
Fantasy au petit déjeuner
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Leboulanger - Enfin la nuit - Psychovision
Posté le 12 septembre 2011 -
Un jour, la nuit a disparu.
Définitivement.
Elle a ainsi laissé place à une une journée sans fin où règne un ciel flamboyant. Devant cette fin du monde inattendue, l'humanité semble avoir perdu toute sa raison, incapable de trouver le sommeil ou un peu de fraîcheur.
Thomas, un ancien policier dont la femme s'en est allé, se retrouve seul sur les routes, n'allant nulle part. Puis, il va croiser Sophie, une adolescente aussi paumée que lui, et ils vont partir tous les deux, sans savoir où aller, jusqu'à ce qu'un espoir providentiel pointe le bout de son nez.
 
Invasion extra-terrestre, météorite géant, monstre venu d'ailleurs ou encore épidémie meurtrière, les fins du monde sont nombreuses en littérature, mais pour sa première novella, Camille Leboulanger trouve tout de même le moyen d'en trouver une originale : la disparition de la nuit ! Certes, les dégâts les plus visibles seront dûs à l'humain, incapable de supporter ce changement et y voyant logiquement sa fin. C'est donc dans cette France catastrophée que va évoluer Thomas, parti barouder là où le vent veut bien le mener après la disparition de sa femme, ainsi que Sophie, une adolescente qui va croiser sa route. Ces deux âmes que peu de chose devait amener à se rencontrer vont pourtant sympathiser, peut-être plus, mais rien de répréhensible dans un monde qui touche à sa fin.
"Enfin la nuit" est un récit de rencontres, le récit d'histoires qui se croisent et celui de morts cruelles où l'ironie vient parfois mettre son grain de sel. Puisque dans l'apocalypse, il semble que le monde et le destin deviennent un petit peu sadique Enfin la nuit est donc un roman où l'on arpente les routes sans quête et sans but, en ne cherchant pas à accomplir quelque chose, mais où l'on essaye juste d'aller quelque part afin d'errer dans un monde sans nuit.
 
C'est donc plutôt un roman d'ambiance, une ambiance plutôt lugubre, malgré la situation initiale. C'est donc un roman qui n'a rien de joyeux et où la mort est omni-présente, avec un sens de l'humour bien particulier. "Toi qui entre ici abandonne toute espérance" disait Dante dans la Divine Comédie et l'on pourrait tout à fait le signaler aux personnages de Camille Leboulanger qui signe une première novella à la narration à la fois épurée mais sachant utiliser de grands effets quand le récit se montre vicieux.
 
Note : 8/10
 
Stegg
Psychovision
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Leboulanger - Enfin la nuit - Mythologica
Posté le 30 août 2011 -

Un vingt-trois janvier, en milieu de soirée, le ciel s’allume. La nuit a disparu, et semble ne jamais devoir revenir. Désemparés, les hommes errent, se suicident, s’en vont, sans savoir où. Ils sont certains d’une chose : les ténèbres ne reviendront pas. « Tout, immeubles, routes, cadavres, brille de reflets jaunes sous la lumière du ciel. » Présenté comme post-apocalyptique, « Enfin la nuit », dont le titre laisse anticiper le dénouement, s’inscrit donc stricto sensu plus dans le per-apocalyptique que dans le classique « monde d’après » témoignant d’une fracture irréversible. Si le fait de ne pas donner d’explication à cette inconcevable disparition de la nuit est un parti pris délibéré et constitue une qualité certaine – mieux vaut un phénomène inexplicable qu’un processus basé, comme bien trop souvent, sur de prétendues explications techniques témoignant surtout des lacunes scientifiques des auteurs –, la décision de considérer d’emblée ce phénomène comme un facteur et un signe indiscutable de fin du monde constitue un autre parti pris de l’auteur, et plus encore de ses personnages, qui va conditionner l’intégralité du roman. […]

Avec Enfin la nuit , Camille Leboulanger propose donc un récit qui, à partir d’un postulat original, semble hésiter entre sortir des ornières du genre apocalyptique et suivre ses rails. Le compromis retenu intrigue, et si – en toute subjectivité – l’on peut regretter que l’auteur n’ait pas donné plus de force à son roman en développant l’approche purement littéraire, poétique, de ce jour éternel aux couleurs étranges qui tend à s’effacer au profit des péripéties, force est d’avouer que ce premier roman, qui témoigne à l’évidence d’un potentiel certain, fait preuve d’un degré d’aboutissement inattendu pour un auteur âgé d’une vingtaine d’années.

(lire l'intégralité de cet article, fortement recommandé ! )

 Alaric pour Mythologica

 

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Leboulanger - Enfin la nuit - ActuSF
Posté le 19 septembre 2011 -
Camille Leboulanger est un jeune auteur en devenir. Né en 1991 à Gonesse dans le Val d’Oise, il a publié récemment sa première nouvelle dans l’anthologie des éditions La Volte : Ceux qui nous veulent du bien. Pour son premier roman, Enfin la nuit, il a choisi un récit postapocalyptique dans lequel la nuit a totalement disparu... Thomas, paumé à la fin du monde...
 
Le destin de l’humanité bascule le jour où la nuit disparaît totalement. Un étrange phénomène météo embrase le ciel, imposant sa lumière en permanence. Une ambiance de fin du monde qui provoque une panique généralisée et la chute de la société telle que nous la connaissons... Thomas est un ancien flic qui a déserté son travail. Un matin, sa femme lui a laissé un mot pour lui dire qu’elle est partie. Désormais seul, il prend lui aussi la route, sans trop savoir où aller. Sur son trajet, il rencontre Sophie, une adolescente sans nouvelles de ses parents. Ensemble, ils décident de poursuivre l’aventure, vers la gare la plus proche après avoir appris de la bouche d’un automobiliste qu’un train est attendu pour récupérer les survivants.
 
Un roman froid pour raconter sa fin du monde, Camille Leboulanger ne s’embarrasse pas d’explications technico-scientifico-sociologiques. La lumière apparaît et la société s’effondre dans une sorte de logique implacable, la même qui s’applique à ses héros qui décident de prendre la route, le plus souvent sans raison ni but (hormis l’intermède de la gare). Cela lui permet de se concentrer sur son récit et sur ses personnages, notamment Thomas. Un homme qui semble anesthésié par ce qui lui arrive. Il ne regrette pas sa femme ni sa vie d’avant, ne se révolte pas contre l’apocalypse ou les horreurs qu’il voit, sans pour autant faire preuve d’une vitalité ou d’un véritable appétit de vivre. Certaines morts le touchent bien sûr, certains évènements le désespèrent, mais en refusant de trop s’y attarder, Camille Leboulanger nous donne le sentiment que tout finit par passer, sans que la passion ne l’emporte.
 
Il est à noter que Camille Leboulanger fait preuve d’une belle maîtrise dans son récit et dans son style. Voilà qui est prometteur. Un jeune auteur à suivre.
 
Jérôme Vincent
ActuSF
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Leboulanger - Enfin la nuit - Traqueur Stellaire
Posté le 19 septembre 2011 -
Un soir de 23 janvier, la nuit n’est pas venue.
Le ciel s’est embrasé d’une couleur jaune dorée, et depuis les jours s’enchaînent aux jours, sans aucune trève.
Petit à petit, heure après heure, le monde s’est effondré. Les autorités se sont dissoutes, les médias ont couvert l’événement avant de s’évaporer, l’électricité a été coupée, les réseaux de communication se sont tus. Et dans le chaos ambiant, les survivants hébétés se sont entre-tués.
 
Ils sont deux flics, Thomas et Etienne. Leurs destins se croisent dans la même ville sans qu’ils se connaissent. Le premier était de service quand ça a commencé, l’autre non. Thomas a du se résigner à quitter son foyer, après que sa femme l’ait quitté subitement pour creuver à quelques kilomètres de là.
Etienne a eu un coup de folie, mutilant sauvagement sa femme au visage avant de s’enfuir au loin. Tous les deux ont croisé durant leur errance une « Sophie ». Pour Etienne, c’est une prostituée qui se suicide dans les premières heures du désastre. Pour Thomas, c’est une adolescente de seize ans qui l’accompagne un bout de chemin, avant de l’abandonner à son tour. Tous deux sont hantés par le souvenir de ces femmes et tentent d’y survivre, alors que le monde autour d’eux n’en finit pas de creuver au soleil. Descendant toujours plus au sud, les deux hommes aux parcours entre-mêlés sillonnent des routes dévastées, le long desquelles les pulsions humaines – bonnes ou mauvaises – rejaillissent à la surface, débridées par l’effondrement de la société. Au bout du voyage, que trouveront-ils, la mort ou la délivrance ?
 
Les Editions l’Atalante ont peu l’occasion de publier de premiers romans. Aussi la sortie d’ouvrage signé d’un auteur d’a peine vingt ans a de quoi surprendre. Le premier roman d’un très jeune auteur sonne cependant trop souvent comme la pièce originale d’un éditeur cherchant à se faire remarquer durant la déferlante de la rentrée littéraire. Je dois confesser que cette détestable appréhension me vient d’un mauvais souvenir des « enfants-auteurs » des années 80-90, et de cette sur-enchère de jeunisme que se livrèrent à l’époque les grandes maisons d’édition parisiennes. Mais puisque l’Atalante, maison d’édition nantaise bien plus sage, prend le risque de publier un petit nouveau, il serait justement dommage de rester sur de tels a-priori et ne pas voir ce que leur poulain a dans le ventre. Et force m’est de reconnaître que je ne regrette pas d’avoir écouté ma curiosité.
 
Le post-apocalyptique est un genre à la mode, et la déferlante d’ouvrages sortis sous cette étiquette pose de plus en plus le problème de l’originalité. Bien qu’un bon roman de série B dans cette veine fasse toujours plaisir, le thème commence à être particulièrement usé jusqu’à la corde : au fil des pages, notre pauvre planète a fait le tour des pires scénarios catastrophes.
Camille Leboulanger se distingue pourtant du lot en n’utilisant pas le post-apocalyptique comme sujet, mais comme prétexte pour son roman. L’origine de ce chaos, la disparition de l’alternance jour/nuit au profit d’un ciel lumineux permanent, n’est qu’une toile de fond à l’intrigue. Ce qui importe, dans ce roman, ce sont avant tout les personnages, de pauvres être assommés par le cataclysme et soumis à une éprouvante pression psychologique. Si le road trip qui s’en suit rappelle La Route de MacCarthy, la comparaison s’arrête là. Nous ne sommes pas dans un roman déstructuré, bâti à l’image de son univers post-apocalyptique. Malgré quelques ressemblances de scénario, Enfin la nuit tranche très vite avec le chef d’œuvre de MacCarthy par son style posé, littéraire, mais tout de même assez envoûtant et cynique pour accrocher le lecteur.
 
Camille Leboulanger décortique ses personnages comme un psychiatre sadique qui soumettrait ses cobayes à une lumière artificielle constante. Il se moque de notre monde policé, de nos habitudes de sur-consommateurs futiles, et s’amuse à faire rejaillir en chacun de ses personnages les pulsions enfouies sous le vernis de la civilisation. Certains cèdent à la folie, d’autres se cherchent eux-même lors de leurs errances sans fin sur la route, d’autres encore tentent de rebâtir un semblant de normalité. La nature humaine est exposée au grand jour de cette lumière post-apocalyptique.
 
Parmi les nouveautés de la rentrée, Enfin la nuit se distingue donc comme un ouvrage de littérature blanche utilisant à bon escient les ingrédients du post-apocalyptique. La recette prend bien, offrant un texte court et efficace, correctement dosé et ne laissant à aucun moment le lecteur sur le bas côté de la route. L’essai est donc concluant pour un premier roman. Reste à savoir quelle voie choisira par la suite l’auteur, ou s’il restera encore à cette interface entre littérature générale et imaginaire.
 
Guillaume
Traqueur Stellaire
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Leboulanger - Enfin la nuit - Les Chroniques de l'Imaginaire
Posté le 26 septembre 2011 -
Enfin la nuit est le premier roman d'un jeune homme de vingt ans, qui a choisi de nous entrainer dans un récit post-apocalyptique.
 
Le bouleversement s'est produit une nuit : le ciel s'est embrasé, est devenu jaune orangé, et la nuit n'est plus jamais retombée. Les populations le savaient, tout le monde s'était préparé à ce bouleversement, que nous suivons avec Etienne. Etienne qui rencontre Sophie cette nuit là. Mais malgré sa force apparente Sophie a peur, et se donne la mort devant Etienne quelques heures plus tard.
 
La question qui se pose au cours de la lecture est : pourquoi ? Pourquoi cet embrasement ? Pourquoi n'y a-t-il plus de nuit ? Pas de réponse. Pourquoi l'espèce humaine s'éteint-elle ? Pourquoi les supermarchés sont-ils laissés à l'abandon ? L'absence de nuit ne semble pas justifier que les villes soient désertées, qu'on ne rencontre pas âme qui vive à des kilomètres à la ronde. Pourquoi les humains ne se sont-ils pas adaptés ? Pas de réponse.
Et au final peu importe, car la qualité du récit de Camille Leboulanger nous fait oublier ces interrogations. Nous suivons principalement un personnage, Thomas. Thomas était un policier. Sa femme est partie dès l'apparition du phénomène. Seul, il se met en route vers une destination qu'il ne connait pas. Il rencontre une adolescente, Sophie, qui attend désespérément de capter une station de radio ou un réseau téléphonique. Elle part avec lui et leur aventure les mènera jusqu'à une gare, apparemment l'eldorado du pélerin de ce monde condamné au jour éternel. Mais Thomas n'est pas un homme chanceux, et le malheur s'accroche fermement à lui.
 
L'histoire et les descriptions des paysages, sableux, secs, désertiques, rappellent beaucoup le roman La route de Cormac Mc Carthy, et le parallèle entre les deux récits est quasiment inévitable. Pourtant le style de Camille Leboulanger est clairement différent. Il allie une écriture soignée, visuelle, à un langage parlé, mais sans vulgarité. Les changements de point de vue sont le point fort de cet ouvrage : les chapitres alternent entre Thomas et Etienne, et un narrateur omniscient vient commenter ce que ces personnages ne sauront jamais. Les évènements se recoupent, et on les perçoit différemment selon l'angle sous lequel ils sont racontés. Les personnages sont attachants, car ils sont perdus, se rattachent à des petites choses, et leurs émotions sont très bien transcrites. Il est surprenant de voir que l'auteur n'hésite pas à en sacrifier quand il faut, quitte à choquer le lecteur qui ne s'y attend pas, mais après tout, c'est en cohérence avec l'univers dépeint. C'est cette qualité d'écriture qui permet au lecteur d'apprécier ce roman tel qu'il nous est proposé, et tant pis pour les interrogations qui restent sans réponse.
 
Natiora
Les Chroniques de l'Imaginaire
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Leboulanger - Enfin la nuit - Encres de Loire
Posté le 28 septembre 2011 -

Dans une presque fin du monde où la nuit cesse et où le jour continuel rend fou, un policier et une adolescente se mettent en route vers le sud.

Dans ce roman à mi-chemin entre road movie et science-fiction post-apocalyptique, la violence se dispute à l'humour noir.

 

Encres de Loire 

 

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Leboulanger - Enfin la nuit - L'écran fantastique
Posté le 04 novembre 2011 -

(...) On tombe sous le charme de ce road movie apocalyptique comme il s'en propose de plus en plus actuellement, après la vogue des zombies. Ici, l'écriture envoûtante ferre d'emblée le lecteur. Le récit n'est pas exempt de quelques faiblesses mais on ne peut être surpris devant la maturié stylistique et narrative d'un auteur de tout juste vingt ans. (...) Un auteur à suivre.

Claude Ecken

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Leboulanger - Enfin la nuit - If is dead
Posté le 04 octobre 2011 -

Enfin la nuit de Camille Le boulanger est un roman post-apocalyptique à tendance road-moviesque édité par L'Atalante en août de cette année 2011. Camille Le boulanger est un très jeune auteur français, à peine la vingtaine, et si j’en crois sa biographie, c’est ici son deuxième ouvrage et surtout son premier roman. Synopsis.

La nuit ne tombe plus, le jour rend les gens fous ou tout du moins « éteints » et la survie de la population est sur la corde raide. Thomas, un policier complètement dépassé par la situation, va partir dans une fuite en avant sans but. Sur son chemin, il va croiser une palette de personnages tous aussi hagards que lui.

Je ne peux pas vraiment en dire plus sans commencer à raconter n’importe quoi et spoiler le roman. Sous ces dehors simplistes c’est une aventure humaine qui se déroule devant nos yeux, portée par des personnages bien pensés, bien décrits, attachants. L’auteur ne mentionnera tout au long de son récit qu’à demi-mots les évènements qui se sont produits directement après que le soleil ne se soit plus couché, ce qui va contribuer au mystère de cette fin du monde, laissant libre cours à nos imaginations de lecteur.

J’ai mentionné plus haut la palette de personnage de l’histoire et elle est plutôt conséquente, Thomas va en rencontrer une bonne dizaine. Que ce soit des compagnons de route ou des paumés brutaux, ils ajoutent tous au sentiment de vide qui entoure le héros dans cet univers apocalyptique à souhait. Au passage on retiendra Sophie, une jeune femme qui n’attend plus grand chose de la vie et qui va suivre Thomas faute d’avoir autre chose à faire.

Camille Le boulangerva disperser des mirages tout au long de ce voyage devant les yeux de Thomas avant de lui ôter de vue. La vie tourmente notre héros, nous permettant de profiter d’un large éventail d’émotions, que l’on imaginera sans peine dans les yeux de notre héros. L’ambiance de Enfin la nuit est tout bonnement géniale. Le parfum de fin du monde parvient sans problème à nos narines. On imagine sans peine nos villes, villages et campagnes désertés et baignés dans une lumière jaune orangée du soleil avec notre héros les traversant.

Le style de l’auteur m’a quelque peu dérouté sur les premiers chapitres. Il fait preuve d’une certaine concision sans se perdre dans des descriptions, cela rend la narration plus fluide et plus efficace à mon goût. Assez déstabilisant quand on est habitué aux longues descriptions et aux phrases à rallonge, le tout est fichtrement bienvenu et dans un sens très rafraîchissant.

Concernant l’édition, L'Atalante fait comme toujours un boulot de qualité et c’est avec plaisir que je pose ce genre de livre dans ma bibliothèque. La couverture réalisée par LERAF est plutôt sobre et je la trouve belle même si je n’arrive pas à identifier ce qu’elle représente, si elle représente quelque chose.

Enfin la nuit est un excellent roman, son seul défaut est d’être trop court avec ses 192 pages. Ceci dit, le prix est correct, 12€. J’ai tout simplement adoré et ce sera avec plaisir que je me replongerai dans l’univers de cet auteur. Un Must Have 2011 pour tout les fans de mondes post-apocalyptiques originaux, et aussi les autres.

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Leboulanger – Enfin la nuit – L’indic
Posté le 27 juillet 2012 -

20 ans, des études de cinéma, une nouvelle publiée dans le recueil Ceux qui nous veulent du bien, chez La Volte, un premier roman, Enfin la nuit, publié par l'Atalante, un deuxième achevé et un troisième en projet. Camille Leboulanger ne chôme pas.

Qu'est ce qui fait qu'à votre âge on consacre du temps à l'écriture pour sortir un premier roman plutôt que d'être planté devant l'ordinateur ou la console?

En fait j'ai jamais arrêté de jouer à la console! Je fais les deux. Je joue moins à la console depuis que je suis étudiant. Mais qu'est ce qui fait qu'on y passe autant de temps? L'envie, je suppose. Et puis ça occupe pas mal de soirées. C'est une question difficile.

Ça a commencé quand?

J'écris depuis que je suis tout petit. J'ai écrit mes premières nouvelles sérieuses vers 15 ans, et j'ai pas mal griffonné au lycée, pas mal de poésie, beaucoup moins ces derniers temps parce que j'écris d'autres choses. Enfin la nuit c'est mon premier bouquin sérieux, j'avais l'idée de la scène de départ qui m'a été inspirée par la vision d'Hiroshima mon amour d'Alain Resnais. J'avais l'idée de deux personnages, un homme et une femme qui se rencontrent pendant une catastrophe. Ça me trottait dans la tête. J'ai commencé à écrire en décembre 2009 et ça tenait sur quelques pages. J'ai mis de côté un temps, puis je m'y suis remis. J'ai vu que ça prenait plus d'ampleur, je ne savais pas trop où j'allais mais je me suis dit « essaie d'aller jusqu'au bout, vois si tu es capable de tenir un projet sur la longueur ». J'étais dans une période où j'avais besoin de me rassurer. Dans mes études de cinéma, on est toujours obligés de se justifier sur nos projets, d'avoir une justification forte… Alors le soir, l'après midi, dans le train... J'avais mon ordinateur sur les genoux, et voilà.

Six mois d'écriture, c'est assez rapide, il y a eu des choses plus compliquées que d'autres?

C'est rapide... Pas tant, parce que ce n'est pas un long bouquin. Je l'ai écrit par périodes, je pense que ça se ressent. Il y a des moments où j'écris beaucoup, d'autres où je n'écris pas du tout. Je ne savais pas où j'allais, alors je m'arrêtais.

Il n'y avait pas de fin prévue, de plan?

Si, à peu près un mois avant de finir je savais où je voulais arriver, mais je ne savais pas comment. C'est vrai qu'au début je déroulais, ce n'était pas un bouquin préparé en amont, avec les fiches de personnages... Je ne croyais pas du tout à cette technique, à ce moment-là. J'en suis revenu! La préparation c'est quand même bien. C'est un confort d'écriture.

Justement, quels repères vous aviez, pour l'écriture? Qu'est-ce qui vous a constitué?

Pour ce bouquin la référence à La route de Cormac McCarthy, je me la bouffe assez souvent. On ne peut pas l'éviter, même si ça commence à m'énerver qu'on m'en parle tout le temps. Le roman, ce n'est pas La Route et ça n'a jamais eu l'intention de l'être, même s'il y a un point de départ commun. Sinon j'ai lu pas mal de science-fiction quand j'étais au lycée. S'il devait y avoir un guide, ce serait Stephen King. Son bouquin Ecritures est le meilleur « guide d'écriture » - si on appelait son bouquin guide d'écriture ça le ferait sauter au plafond je pense -, c'est le meilleur de ce genre-là. Il donne vraiment des conseils pratiques. « Vous voulez écrire? Très bien, prenez vos affaires et mettez vous au travail. » Je pense que c'est le meilleur conseil que quelqu'un m'ait jamais donné en matière d'écriture et de projet en général : astreins-toi à une discipline. Lui c'est un adepte des 2000 mots par jour, moi je les fais rarement! Il y a quelque chose que j'admire particulièrement chez King , c'est sa capacité à créer des langages pour ses personnages. Il a un grand talent pour ça, c'est quelque chose que j'essaie de retrouver autant que possible.

Dans votre écriture, on sent une grande maturité, un soin du style.

Pour le style, il y avait La route d'un côté, Stephen King de l'autre. Sa présence est là, ne serait-ce que sur la scène d'attaque de la maison, les personnages de méchants lui doivent pas mal. Et puis il y a aussi le fait qu'au moment où j'écrivais ça j'ai découvert Jean Echenoz, et donc cette forme de littérature blanche qui avait une forte implication dans les personnages et une distance et une ironie par rapport à ce qui se passait. Je pense que ça a pas mal influencé Enfin la nuit.

Vous parliez de cinéma, l'écriture vient en prolongement de vos études ou c'est une parenthèse?

Le style, ça fait un pompeux de dire ça, mais il se rapproche d'une écriture scénaristique dans la forme : des actes, sans décrire d'une manière lyrique, avec des dialogues courts. Personnellement, je préfère quand les choses s'expliquent par les actes. Je pense que ça vient de l'étude du cinéma. Je me destine à être scénariste, les deux choses se mélangent. Je danse un peu entre les deux. Enfin la nuit tient pas mal d'un scénario, dans la forme, je pense.

La thématique fait donc penser à La Route, même si le roman n'a ensuite rien à voir, mais c'est une histoire de fin du monde, d'un monde. Pas très optimiste pour un premier sujet?

Je pense que j'ai dû lire beaucoup d'histoires comme ça, voir pas mal de films, à ce moment-là. Quand on me demandait ce que j'écrivais je répondais « une histoire de fin du monde sans zombies » parce que j'en avais marre des zombies. J'avais envie d'écrire cette balade, cette dérive. Comment faire dériver des personnages en dehors de tous repères? Il faut une catastrophe, pour les mettre sur une route, sans attaches. Si on n'accroche pas à ce point de départ du ciel illuminé qui fait péter un câble à tout le monde, on n'accroche pas du tout. L'idée derrière c'était : il y a ça, qu'est ce qu 'on fait face à cette perturbation? C'est une perturbation drastique de l'ordre des choses. Le monde ne s'écroule pas, finalement. C'est une NDE (near death experience) de la société. On n'est pas passé loin. Je pense, en y réfléchissant, que j'avais tellement détesté le film Les derniers jours du monde, des frères Larrieu, que j'ai dû vouloir me placer en réaction. C'est un film où il y a eu une guerre, le personnage principal erre et sous prétexte que c'est la fin du monde il passe son temps à baiser. J'ai trouvé ça pompeux, ça ne m'a pas du tout plu.

Quel lecteur êtes-vous?

Je lis beaucoup de comic books américains, je regarde beaucoup de films, je me suis biberonné à la science-fiction, au fantastique, au Seigneur des Anneaux, à la fantasy... Je viens plus de l'imaginaire que du patrimoine.

Caroline de Benedetti
L’indic

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En février, Lazare en guerre à prix réduit en numérique
Posté 12 février 2019 -

Le premier tome de "La Guerre sans fin", Paria, sort dans moins de deux semaines ! À cette occasion, nous vous proposons de découvrir "Lazare en guerre" à prix réduit en numérique.
Sur Kobo, sur Emaginaire, sur Amazon et partout ailleurs.

lazareenguerre499.jpg
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Johan Heliot à la Foire du livre de Bruxelles
Posté 12 février 2019 -
Le samedi 16 et dimanche 17 février, venez rencontrer Johan Heliot à la Foire du livre de Bruxelles.
Il sera en dédicace le samedi à 17h et le dimanche à 11h, 16h ainsi que 17h30.
Le dimanche à 16h, il interviendra lors de la table ronde : Frankenstein, le mythe est vivant.
 
heliot_3.jpg frankenstein_1918_s.jpg
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L’Atalante, 30 ans au compteur
Posté 11 février 2019 -

« Au départ une petite librairie de 15m2 spécialisée dans le cinéma au cœur de la ville de Nantes. Puis la librairie s’agrandit et devient édition, et du cinéma passe à l’imaginaire et à la science-fiction. C’est d’abord un catalogue étranger, dont une prise de guerre qui lui permet de se consolider : Terry Pratchett et sa saga du Disque-monde. Puis peu à peu des auteurs français, et non des moindres : Pierre Bordage avec sa trilogie des Guerriers du silence, Roland Wagner, Serge Lehman et maintenant Catherine Dufour. En 30 ans, L’Atalante est devenue l’un des piliers de la SF en France. C’est son anniversaire que nous fêtons aujourd’hui. »

Nicolas Martin, La Méthode scientifique sur France Culture – 26/01/2019

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Manuscrits
Posté 21 janvier 2019 -

Et la session de l’an passé ?

En 2018, nous avons reçu 885 manuscrits lors de l’ouverture de notre session annuelle de janvier, changement de méthode dont nous sommes satisfaits. Nous y avons trouvé une plus large proportion de fantasy (50 %) que de science-fiction (40 %) et assez peu de fantastique (10 %), sans compter les inclassables…
Plusieurs textes nous ont semblé prometteurs, mais souvent il leur manquait un petit quelque chose pour être publiables. N’hésitez pas à persévérer, à retravailler vos textes ou à en écrire d’autres. Faites-vous plaisir, surtout.
Un dernier conseil, le plus important selon nous : lisez ! Inspirez-vous, baignez dans les récits de vos prédécesseurs. Pierre Bordage, Michael Moorcock, Guy Gavriel Kay, Orson Scott Card, Ursula K. Le Guin, Jean-Marc Ligny, Becky Chambers pour n’en citer que quelques-uns. Il y a l’embarras du choix.

Lors de cette session, merveille !, nous sommes tombés sur une pépite. Il s’agit d’un roman de fantasy historique revisitant un mythe soufi. Il nous emmène en terres franques, en Syrie et en Irak. L’écriture de l’autrice est bouleversante tant par son érudition sur le sujet que par sa galerie de personnages fabuleux, tous uniques et ancrés dans leur époque et leur culture. Nous sommes heureux de bientôt publier L’Appel des Quarante, le premier opus de "La Rose de Djam", par Sandrine Alexie
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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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