Lire un livre de la série de La Flotte Perdue est toujours un exercice enrichissan. Tactiques relevant du combat naval mais alimentées par une belle iomagination quant à nos futures tribulations spatiales, stratégies diverse, décisions qui entraînent automatiquement des conséquences, on a l'impression de lire un de ces récits de guerre navale comme il y en eut jadis.
Un autre point est intéressant, c'est cette focale allouée au redoutable syndi. La forme nominale même ferait-elle référence à ces syndicats du crime qui pullulent tellement dans nos sociétés gangrénées par le dernier mal capitaliste, et qui jamais ne montrent leur vrai visage ? Tout porterait à croire que ce Syndic tout puissant fait office de dernier bastion sauvage élevé au rang de grand empire sans partage. Mais empire contre empire quel est le meilleur ?
Ici tout n'est qu'une conception de liberté, de partage et d'équité, conférant au mot empire l'ombre néfaste ou bénéfique qu'il mérite au final. L'hypernet ensuite, comment ne pas s'interroger sur sa signification symbolique. A l'heure où l'internet est roi, avec tous les dangers que cela suscite, comme tous les avantages aussi, on est en droit de s'interroger nous aussi sur la possibilité pour un groupe tout-puissant de faire de cet outil d'avenir et d'évolution culturelle une arme redoutable si elle n'était pas limitée au seul social, commercial et privé, mais servirait des intérêts séditieux et coupables ne voulant pas qu'on leur discute un monopole, ou bien au contraire visant délibérément à la destruction de tout corps social. Les récentes implications de hackers au pentagone démontrent que rien n'est impossible quand tout est ouvert dans un unvers où voyagent toutes les informations comme dans un vaste océan sans limites ni frontières.
Une guerre dans l'espace dont les moindres choix et décisions, les rixes et les coups de maître, ont un écho sur notre quotidien, en des voix pour le moins innatendues. Par delà la fresque remarquable faite d'hommes, de femmes et de vaisseaux, d'amitiés, d'amous et de quêtes d'estime, ce récit est une superbe métaphore de notre monde éclaté entre un réel qui dérange et un virtuel qui a beau nous rassurer, il nous révèle toujours un peu plus notre grande solitude, notre dénuement, notre mlisère, tout comme nos espoirs, curieuse ambiguïté moderne...
Vous avez aimé Starship Troopers? Battlestar Galactica est votre série culte? Cet article s’adresse à vous, jeunes padawans en manque d’aventures aux confins de la Galaxie. Jack Campbell vous met au commande d’une armada entière de vaisseaux… Que demander de plus ?
A la veille de 2010 un sinistre constat s'impose. Nous n'allons pas être la génération qui va conquérir les étoiles. Aux dernières nouvelles la NASA se contente de bombarder la lune pour y déceler la présence d'eau, et la dernière intervention sur la station spatiale internationale aurait pour but d'en déboucher les toilettes... Où sont donc passés nos rêves d'enfants peuplés de cités spatiales, et d'atterrissages sur des planètes exotiques. Avons-nous été trop bercés par l'illusion Star Wars? La nuit pourtant la voute céleste reste la même. L’univers et ses astres nous attendent.
Il ne nous reste dès lors que quelques moyens de les conquérir de nos vivants. Jeux vidéo et cinéma sont des bons vecteurs. L'amélioration des effets spéciaux, et l'efficacité des images virtuelles cachent cependant trop souvent le peu de profondeur des univers ainsi créés et qui manquent parfois cruellement de variété. Ce qui nous laisse la littérature de science fiction, un sous-genre pour nombre de critiques littéraires. Un échappatoire salutaire pour de très nombreux lecteurs, qui d'Isaac Amisov à Dan Simmons, se sont laissés transporter des centaines d'années en avant.
Un de ces auteurs retient particulièrement l'attention. Il s'agit de l'américain John G Hemry, qui n'était jusqu'à présent pas traduit en France. Le succès outre-Atlantique de sa saga La Flotte Perdue, a convaincu l'éditeur l'Atalante de nous faire profiter des aventures de son héros John "Black Jack" Geary, qu'il a écrit sous le nom de plume de Jack Campbell. Capitaine de la flotte de l'"Alliance", John Geary a un parcours atypique. A l'issue d'un combat désespéré avec l'avant-garde de la flotte des "Mondes Syndiqués", il parvient à s'échapper dans une capsule d'hibernation. Il ne se réveillera que bien plus tard à bord d'un Cuirassé de son monde natal. Un siècle s'est écoulé durant lequel l'humanité s'est entre-déchirée, les protagonistes de cette guerre radicalisant leurs positions, les flottes de vaisseaux s'affrontent partout dans la galaxie, et des mondes colonisés disparaissent sous un déluge de bombes. Objet d'un véritable culte depuis sa disparition, "Black Jack" est propulsé à la tête d'une escadre entière, infiltrée au cœur des lignes ennemies. Tacticien hors pair, leader naturel, l'homme rejoint bien malgré lui sa propre légende, et devra se défier tant des manœuvres des Syndics, que de la dévotion de ses propres troupes.
Dans une série de six livres l'auteur plante le décor d'un space opéra qui n'est pas sans rappeler celui de la série des Honor Harrington de David Weber. Les batailles spatiales, épiques, sont prenantes, et le livre est rythmé (trop peut être), par le départ des missiles et les tirs des lances à particules... Jack Campbell n'oublie pas pour autant de dresser le portrait d'un homme confronté à la solitude du commandement et surtout à son propre mythe.