Vous avez aimé Starship Troopers? Battlestar Galactica est votre série culte? Cet article s’adresse à vous, jeunes padawans en manque d’aventures aux confins de la Galaxie. Jack Campbell vous met au commande d’une armada entière de vaisseaux… Que demander de plus ?
A la veille de 2010 un sinistre constat s'impose. Nous n'allons pas être la génération qui va conquérir les étoiles. Aux dernières nouvelles la NASA se contente de bombarder la lune pour y déceler la présence d'eau, et la dernière intervention sur la station spatiale internationale aurait pour but d'en déboucher les toilettes... Où sont donc passés nos rêves d'enfants peuplés de cités spatiales, et d'atterrissages sur des planètes exotiques. Avons-nous été trop bercés par l'illusion Star Wars? La nuit pourtant la voute céleste reste la même. L’univers et ses astres nous attendent.
Il ne nous reste dès lors que quelques moyens de les conquérir de nos vivants. Jeux vidéo et cinéma sont des bons vecteurs. L'amélioration des effets spéciaux, et l'efficacité des images virtuelles cachent cependant trop souvent le peu de profondeur des univers ainsi créés et qui manquent parfois cruellement de variété. Ce qui nous laisse la littérature de science fiction, un sous-genre pour nombre de critiques littéraires. Un échappatoire salutaire pour de très nombreux lecteurs, qui d'Isaac Amisov à Dan Simmons, se sont laissés transporter des centaines d'années en avant.
Un de ces auteurs retient particulièrement l'attention. Il s'agit de l'américain John G Hemry, qui n'était jusqu'à présent pas traduit en France. Le succès outre-Atlantique de sa saga La Flotte Perdue, a convaincu l'éditeur l'Atalante de nous faire profiter des aventures de son héros John "Black Jack" Geary, qu'il a écrit sous le nom de plume de Jack Campbell. Capitaine de la flotte de l'"Alliance", John Geary a un parcours atypique. A l'issue d'un combat désespéré avec l'avant-garde de la flotte des "Mondes Syndiqués", il parvient à s'échapper dans une capsule d'hibernation. Il ne se réveillera que bien plus tard à bord d'un Cuirassé de son monde natal. Un siècle s'est écoulé durant lequel l'humanité s'est entre-déchirée, les protagonistes de cette guerre radicalisant leurs positions, les flottes de vaisseaux s'affrontent partout dans la galaxie, et des mondes colonisés disparaissent sous un déluge de bombes. Objet d'un véritable culte depuis sa disparition, "Black Jack" est propulsé à la tête d'une escadre entière, infiltrée au cœur des lignes ennemies. Tacticien hors pair, leader naturel, l'homme rejoint bien malgré lui sa propre légende, et devra se défier tant des manœuvres des Syndics, que de la dévotion de ses propres troupes.
Dans une série de six livres l'auteur plante le décor d'un space opéra qui n'est pas sans rappeler celui de la série des Honor Harrington de David Weber. Les batailles spatiales, épiques, sont prenantes, et le livre est rythmé (trop peut être), par le départ des missiles et les tirs des lances à particules... Jack Campbell n'oublie pas pour autant de dresser le portrait d'un homme confronté à la solitude du commandement et surtout à son propre mythe.
Alors qu'il n'est plus qu'à trois sauts de l'Alliance, John Geary se trouve tout à coup paralysé par l'indécision, ne pouvant supporter l'idée de faire tuer des hommes sous ses ordres alors qu'ils avaient survécu, de façon si improbable, jusque là. Aussi s'attarde-t'il, contre ses habitudes et toute raison, à Dilawa. Secoué par Tanya Desjani, il convient avec elle que le choix d'aller à Héradao s'impose, fût-ce seulement pour y délivrer les personnels de l'Alliance qui y sont emprisonnés. Dans ce tome où, comme les spatiaux, le lecteur "sent l'écurie", la politique tient une large place. D'abord le problème du saboteur de la Flotte est enfin résolu, suite à des circonstances dramatiques à souhait, puis "Black Jack" s'attaque enfin au problème des projets qu'ont pour lui certains de ses officiers, pour le moment de leur retour sur le territoire de l'Alliance. De ce fait, ce roman, entre deux batailles spatiales, offre un décor assez varié, puisque une large place est faite, non seulement à l'action terrestre des fusiliers, mais aussi aux tractations politiques. La trêve entre "les deux femmes" du commandant est aussi bienvenue pour le lecteur que pour le héros. En somme un opus qui maintient l'intérêt pour cette série, certes mineure mais agréable à lire, en attendant une fin qui semble pour l'instant encore ouverte.
Mureliane, climaginaire.joueb.com, 1er février 2010.
Le prix Bob Morane 2010 dans la catégorie "roman traduit" a été décerné à: