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  • L'Atalante Poche (La petite Dentelle)

Fabrice Colin

Or not to be

Or not to be

Date de parution : 21 septembre 2017


Illustrateur : Raphaël Defossez


ISBN13 : 9782841728299

Nombre de pages : 368
Prix : 8,00 €
État : disponible

« Mes rêves étaient toujours là. D’une précision absolue. C’étaient ces rêves qui me maintenaient en vie, je le sais maintenant. Sans Shakespeare, mon existence n’aurait eu aucun sens. Je n’étais né que pour le faire revivre. »

1923. À la mort de sa mère, Vitus Amleth de Saint-Ange quitte l’institution d’Elisnear Manor où il séjourne, amnésique, depuis sept ans. Il part à la reconquête de son passé.
Son chemin à rebours le conduit de Londres au nord de l’Angleterre, jusqu’au village de Fayrwood qui n’apparaît sur aucune carte…
Comme Vitus de Saint-Ange, Or not to be brasse l’imaginaire et la réalité dans une empoignade féroce et subtile. L’allégorie prend chair et le Grand Pan, dieu des bergers d’Arcadie, dieu de la fécondité, arpente la forêt de Fayrwood. Qui d’autre a réponse au mystère qui hante le personnage comme le roman : celui de la création quand elle incarne au plus juste la vie elle-même ? Comment William Shakespeare est-il devenu l’égal des dieux ?

Une œuvre majeure de Fabrice Colin, dans laquelle les formes du récit épousent l'intrigue et la psyché du héros avec une fluidité qui confine à la prouesse.

  • Revue de presse
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Colin - Or not to be - Elbakin.net
Posté le 02 février 2010 -

   2003, Fabrice Colin a trente ans et vit à Paris. Cette même année, il publie Or not to be chez L’Atalante en collection générale. Roman atypique, Or not to be mélange imaginaire et réalité, avec en toile de fond le personnage de William Shakespeare. La progression de l’intrigue est très particulière, complétement morcelée et décousue. Si cette décomposition peut, de prime abord, perturber, voire rebuter, elle s’avère néanmoins un reflet fidèle de l’évolution psychique du héros retrouvant peu à peu ses souvenirs (ou sombrant définitivement dans la folie, allez savoir…). On pourrait craindre que ce traitement plombe le rythme du récit. Il n’en est rien puisqu’au contraire, cette distillation aide à maintenir le suspense jusqu’au terme du livre par l’ajout ponctuel de nouveaux éléments de compréhension. De même, Fabrice Colin n’a pas choisi la facilité dans sa structure narrative. Très loin du classique roman, il mélange, au contraire, allégrement les genres : des plus formels comme la poésie et le théâtre aux plus innovants que sont le rêve et le script façon cinéma, se permettant un passage par le journal intime et les lettres. Loin d’être un gadget, ce choix retranscrit de manière pertinente la progression du récit et il devient vite évident que Fabrice Colin a su s’adapter, trouver la forme littéraire juste suivant les passages. Cette prouesse est d’autant plus flagrante que le tout forme un ensemble fluide et cohérent, dotant le livre d’une ambiance particulière. C’est peut-être là finalement que réside la magie du livre, dans cette ambiance indescriptible, à la fois trouble et lumineuse, infiniment intime et personnelle. Au mieux, pourrait-on la comparer à celles marquantes du Gormenghast de Mervyn Peake ou de La Forêt des mythagos de Holsdtock. Ce qui est certain, c’est que ce mélange continuel de sentiments contradictoires (joie et tristesse, folie et raison, plaisir et souffrance…) emprisonne rapidement le lecteur dans sa toile. Mais est-ce réellement pour son bien ? En tout cas, l’impact est très fort, à la façon d’un début de noyade entrecoupé de bouffées d’air salvatrices. Au final, Fabrice Colin a pris des risques avec ce livre. Son aspect expérimental, sa structure particulière, son sujet en font un livre difficile, à lire comme à apprécier. Cela explique sans doute pourquoi le livre n’a que peu fait parler de lui à sa sortie. Néanmoins, il s’agit probablement de l’une des plus jolies pièces de la Littérature contemporaine (avec une majuscule) ; une pièce où le talent de l’auteur s’exprime avec brio. En conclusion, il existe probablement trois manières de réagir à ce roman. Soit le lecteur n’est pas d’humeur à fournir un effort suffisant pour rentrer dans le texte et se retrouve devant une succession de scènes incompréhensibles qui lui feront reposer assez vite l’ouvrage. Soit au contraire, il cherche à obtenir le fin mot de l’histoire, à démêler toutes les énigmes, au risque finalement de rester bloqué puisque toutes les réponses ne peuvent être obtenues. La troisième voie fut la mienne – et j’espère la vôtre – puisqu’elle comprend suffisamment de laisser-aller, de crédulité pour simplement profiter des mots et se laisser bercer par cette magnifique pièce. Or not to be est donc à découvrir absolument mais sachez qu’il ne plaira pas forcément.

 

Luigi Brosse, Elbakin.net, 27 janvier 2010.

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Colin - Or Not To Be - Le Maine Libre
Posté le 09 octobre 2017 -

C'est en 1916 que le jeune Vitus Amleth de Saint-Ange est interné dans une maison de santé pour grands malades psychotiques mais fortunés.

Complètement obnubilé par William Shakespeare, Vitus a appris son oeuvre par coeur, visité tous les endroits où il a vécu, rédigé une biographie et même entrepris la rédaction d'un "inédit" du Maître. A la mort de sa mère, Vitus s'échappe de l'institution et retourne dans la forêt magique qui vit naître son obsession.

Cet étrange et envoûtant récit à trois voix se nourrit de mythologie, de fantastique, de légendes, de merveilleux et de surnaturel pour emporter le lecteur dans une histoire, certes tourmentés et complexe, mais surtout chargée de passion et d'émotion.

 

Le Maine Libre Dimanche, 3/03/02

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Colin - Or Not To Be - Marcinkowski
Posté le 13 octobre 2017 -

Fort d'une dizaine d'ouvrages et de plusieurs prix (Ozone 1999, Bob Morane 2000, Grand prix de l'imaginaire 2000), Fabrice Colin est un pasionné de cette Albion des temps jadis et nombre de ses romans a pour décor la cité londonienne. Or not to be ne déroge pas et nous entraîne dans l'univers shakespearien.

La tragédie prend forme. Au lieu de déferler victorieuse et paroxystique, elle s'insinue progressivement, page après page, ligne après ligne. Tout débute avec ce jeune homme, Vitus Amleth de Saint-Ange, interné à Elisnear Manor, établissement pour malades mentaux fortunés, pour un cas d'obsession shakespearienne. Nous sommes au début du siècle et le grand docteur Freud fait des émules de part l'Europe. Vitus est soigné par Thomas Jenkins pour amnésie volontaire consécutive à un chox émotionnel. Mais le décès de sa mère Mary l'amène à quitter Elisnear. Pour Vitus l'agnostique, c'est l'occasion de rapiécer les lambeaux de vie épars, de comprendre sa névrose ou du moins de mieux la vivre. La plongée dans son enfance force l'oublieuse mémoire à faire à nouveau son travail. Il se souvient de la relation fusionnelle avec sa mère, de la rivalité avec les nombreux amants de Mary, de son oncle, de Samuel Bodoth et de la visite des Midlands où lui fut ouvert, par le biais de la rencontre avec l'excentrique et cultivé Henry Hudson, la forêt. Dès lors, qui de Vitus ou de William rencontre Pan, dieu d'une Arcadie mythique, non loin des vestiges d'un ancien temple roman par un après-midi pluvieux ? Théophanie salvatrice, elle procure à Vitus le moyen de s'immerger dans le rée et, tel le barde de Stratford, de composer une Tragédie fantôme, exutoire précieux d'une âme en quête d'absolu. Le temps du renouveau a peut-être sonné pour Vitus qui voue un amour platonique à Anna, rencontrée à la Grammar School de Stratford en 1915.

Dans une atmosphère de surnaturel et d'initiation rédemptrice s'entrecroisent les histoires de Vitus Amleth adulte, de Vitus enfant, de William Shakespeare. Livre au lyrisme appuyé, à l'écriture tempétueuse, on semble saisi par la mélancolie, cette maladie de l'âme qui transforme et noircit ce qu'elle atteint. Apparence seulement car fabrice Colin ne manque jamais une occasion de rappeler la fragilité de la vie, sa beauté aussi, dans une orchestration de deux forces pulsionnelles, Eros et Thanatos. En aède de la poésie pastorale, Colin célèbre le temps, les saisons, les senteurs, les bonheurs sylvestres d'autrefois et ses échos païens. Il aime les mots, s'enivre de leur sens et de leur portée, les anime dans une sarabande au son de la syrinx de Pan, les fait gambader sur les sentes de Fayrwood.

Il y a un aspect de Fabrice Colin qui transparaît : le souffle brûlant d'un poète vibrant des fibres de son talent. "Tu t'en es allé seulement pour revenir sous les applaudissements."

 

A. Marcinkowski 

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