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David Weber

Au champ du déshonneur

Au champ du déshonneur

Date de parution : janvier 2018

Série : Honor Harrington – Poche
Livre : 4

Traduit par : Florence Bury
Illustrateur : Raphaël Defossez


ISBN13 : 9782841728435

Nombre de pages : 480
Prix : 9,00 €
État : disponible

La guerre éclair de Havre a échoué. Le Royaume de Manticore dispose d’un répit. Alors les dissensions internes remontent au grand jour, qui saisissent pour enjeu le procès en cour martiale de Lord Pavel Young, accusé de désertion en présence de l’ennemi.
Le capitaine de vaisseau Honor Harrington se retrouve bien malgré elle au cœur d’une crise politique. Et, seule devant une machination diabolique fomentée pour la détruire, elle devra marcher sur le champ de bataille d’une guerre privée qui n’a que deux issues possibles : la mort ou le déshonneur.

Marine de l’espace, combats dans les étoiles… la saga d’Honor Harrington adapte la grande tradition des romans d’aventures maritimes à la science-fiction. David Weber y renouvelle le space opera classique avec une rare virtuosité.
  • Revue de presse
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Weber - Au champ du déshonneur - Albédo
Posté le 16 janvier 2018 -

Ce n’est pas la première fois quHonor Harrington a l’honneur de ce blog. Je ne cache pas mon plaisir à lire ses aventures militaires et sciences-fictives dans cette série qui met en avant une femme de caractère comme héroïne. La seule pour une saga d’envergure à avoir osé franchir le pas pendant de longues années. Il s’agit en outre, d’un cycle qui n’a aucune prétention autre que le divertissement de qualité, l’émerveillement « visuel », quelques poussées d’adrénaline ainsi qu’en filigrane la promotion des femmes.

« La guerre éclair de Havre a échoué. Le Royaume de Manticore dispose d’un répit. Alors les dissensions internes remontent au grand jour, qui saisissent pour enjeu le procès en cour martiale de Lord Pavel Young, accusé de désertion en présence de l’ennemi. Le capitaine de vaisseau Honor Harrington se retrouve bien malgré elle au cœur d’une crise politique. Et, seule devant une machination diabolique fomentée pour la détruire, elle devra marcher sur le champ de bataille d’une guerre privée qui n’a que deux issues possibles : la mort ou le déshonneur.« 

Ce quatrième tome est une suite directe d’Une guerre victorieuse et brève. Autant prévenir tout de suite, ce roman ne contient pas de batailles spatiales dans lesquelles sévit notre Capitaine préférée. Pour autant, j’ai trouvé le récit nerveux et prenant, doté d’une intensité marquée.

Lors des événement précédents, la Flotte Manticoriennne a réussit un coup de maître à la station Hancock, notamment grâce à l’intervention de Harrington et la stratégie de l’Amiral Snarnow. Ce fut toutefois un combat âpre qui a dévoilé les intentions et la traîtrise de Pavel Young, ennemi déclaré d’Honor. Celui-ci fut donc placé en détention en attendant son procès en Cour Martiale pour fuite devant l’ennemi.

Au champ du déshonneur relate donc la court martiale de l’antipathique officier, fait qui ébranle profondément l’amirauté mais également le gouvernement. Forcément Pavel Young fera tout ce qui est en son pouvoir pour discréditer cette femme qu’il juge inadaptée au poste et aux responsabilités, avec en ligne de mire s’extraire de ce mauvais pas. A son actif, quelques amis et relations misogynes se feront un joie de contribuer à cet édifice cherchant à saper l’avenir d’Honor et vraisemblablement celui des femmes qui pourraient lui succéder.

De son côté, Harrington s’apercevra qu’elle bénéficie de quelques soutiens dont un de taille à travers le Comte White Haven.

J’ai trouvé ce tome passionnant et pas seulement en raison de son féminisme déclaré et de ce parti-pris fort. Ce volume a été écrit en 1994, cette date permet de se rendre compte de son côté précurseur en SF militaire, et même SF tout court – quand je pense qu’on oublie de souligner tout cela…

L’aspect procès est remarquablement bien mené, avec toutes les tractations entre les parties – et partis – la recherche de soutiens, les coups-bas, les surprises de taille, les déconvenues, les rebondissements. Les américains savent écrire des romans « judiciaires », il existe une culture ancrée dans de nombreux auteurs et cela se sent. Bien entendu, le système judiciaire s’apparente beaucoup à la culture anglo-saxonne, USA et britanniques réunis. L’avantage indéniable réside dans la familiarité qui baigne le lecteur avec la plupart des procédés et des procédures, et permet d’apporter un aspect cohérent à l’ensemble. C’est intense car les opposants d’Honor sont habiles, et de son côté, malgré ses talents et son expérience militaires, elle se trouve assez démunie.

En outre, grâce Au champ du déshonneur, David Weber enrichit son univers sur le plan militaire ET civil.

En effet, il y a également un changement « de portage », si je puis dire, concernant la saga. Je trouve l’univers bien plus fouillé, l’aspect martial assumé et marqué dans les premiers opus est un peu plus en retrait pour laisser la place au développement des personnages – les principaux mais également les récurrents. Et si, l’influence anglo-saxonne de la justice (militaire) est évidente, David Weber n’en développe pas moins un système propre à Manticore. Les mécanismes gouvernementaux apparaissent aussi plus nettement avec un gouvernement à deux chambres, tout en conservant une petite touche vintage fort agréable.

Le point fort de ce roman réside dans l’émotion procurée. Le lecteur vibre au diapason de son héroïne, il souffre avec elle, se ravit pour elle, désespère en sa compagnie, souhaite démolir le Pavel pour elle, l’éclater façon puzzle, le réduire en charpie, le bouffer accompagné d’un verre de chianti,… Les crises d’angoisse nous attendent au prochain détour, et c’est avec rancœur et un certain soulagement que nous refermons ce chapitre. Weber réussit avec brio à remuer les tripes de son lecteur, et ce avec une belle justesse de ton et même de la délicatesse.

Bon, tout n’est pas parfait, car nous avons quelques longueurs (début un peu lent), des descriptions techniques superfétatoires, mais ce tome marque à mon sens une dynamique autre et plus complète concernant la série, pour notre plus grand bonheur.

Au champ du déshonneur est un tome franchement féministe, qui délaisse pour un temps les batailles spatiales pour se concentrer sur Honor Harrington. David Weber parvient à la rendre plus attachante encore, en jouant parfaitement sur l’empathie du lecteur avec une palette d’émotion qui va de l’amour à la haine, de l’admiration au mépris. Un excellent tome.

- Lutin82, le 16/01/17. 

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Weber - Au champ du déshonneur - Dailypassions
Posté le 07 août 2018 -

L’héroïne de ce roman est Honor Harrington et ce n’est pas sa première « aventure ». Mais qu’importe, ce que vous avez entre les mains peut se lire sans avoir lu les épisodes précédents. Et cela parce que l’auteur insère avec subtilité les informations qui peuvent faire défaut au lecteur.

Les amateurs de films où des cours martiales cherchent à punir des inconséquents vont se réjouir. Weber nous plonge dans la société manticorienne gouvernée par une reine et deux chambres. Une société où le pouvoir conféré par la naissance autorise beaucoup de choses. Ainsi le Capitaine de vaisseau Honor Harrington, qui a eu une conduite héroïque et intelligente lors de la dernière attaque des Havriens, est en butte depuis longtemps à la suffisance de Lord Pavel Young qui a fait preuve d’une singulière lâcheté lors de l’attaque havrienne. Pour des raisons politiques, la cour martiale ne condamne pas vraiment Lord Young. Pour des raisons politiques et techniques, Honor Harrington est un peu écartée, le temps que le navire qu’elle commande soit réparé… Mais Lord Pavel poursuit son harcèlement et va même trop loin. Honor peut compter sur ses amis – politiques et militaires -, mais c’est elle qui, contre vents et marées, rétablira sa dignité.

Raconté ainsi cela peut paraître simpliste. C’est peut-être plus simplement banal mais c’est écrit, construit en finesse pour que le lecteur pose le moins longtemps, le moins souvent possible, son livre. Tout le protocole, les oppositions de protocoles entre la capitale et la province, permettent d’affiner les portraits des personnages ainsi que leurs états d’âmes – pour ce qui est des « gentils », les rendre sympathiques (la reine a par exemple un petit côté « bourgeois » qui la rend « humaine »). Il y a beaucoup de plaisir à lire ce genre de roman, nous savons ce qui va se passer et nous sommes ravis de la façon dont c’est raconté. Cela me fait penser à ces films étatsuniens dans lesquels l’avocat de la défense énerve son confrère de l’accusation et le fait sortir de ses gonds…

Bonne lecture.

 Par Noé Gaillard

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