Ils sont nés sur les champs de bataille de 14-18, dans le souffle des gaz et des armes à rayons X. Ils ont pris le contrôle des grandes capitales européennes. Par-delà le bien et le mal. Les feuilletonistes ont fait d'eux des icônes. Les scientifiques sont fascinés par leurs pouvoirs. Pourtant, au centre du vieux continent, une menace se profile, qui risque d'effacer jusqu'au souvenir de leur existence.
Cinquième livre :
-Épisode 8 : Le Club de l’Hypermonde
Le Club de l’Hypermonde
Alarmée par les révélations du Cafard sur les atrocités commises à Metropolis, George Spad demande l’aide du Club de l’Hypermonde. Mais que peuvent de simples feuilletonistes à l’heure où les Crânes du docteur Mabuse et les mécanoïdes soviétiques menacent d'engloutir Varsovie.
-Épisode 9 : Tola
Il est encore possible de sauver l'Europe du désastre :
La Brigade Chimérique doit partir pour Metropolis et combattre Mabuse dont la véritable nature est révélée. Le Nyctalope est-il prêt à organiser ce commando de la dernière chance après son humiliation par Nous Autres ? Les événements s'accélèrent, les trahisons se multiplient.
Prix du jury BdGest'Art 2010 pour l'ensemble de la série.
La Brigade Chimérique: la revanche du feuilleton français
Alors que Marie Curie a confié le sort de Paris au Nyctalope, le tristement célèbre docteur Mabuse fomente un plan machiavélique pour conquérir l’Europe. Les Joliot-Curie, associés au héros de la Première Guerre mondiale, parviendront-ils à contrer ce sinistre complot ?
En relisant des feuilletons de l’entre-deux-guerres, l’écrivain de science-fiction Serge Lehman s’était surpris à constater à quel point la littérature française regorgeait de personnages hauts en couleur, largement dignes de son pendant anglo-saxon. Et de se dire qu’il suffirait d’un bon coup de pinceau et d’un scénariste un peu malin pour en faire une sacrée bonne série. L’idée de base de La Brigade chimérique était née. Las, un certain Alan Moore venait d’avoir peu ou prou la même avec sa Ligue des gentlemen extraordinaires, et affronter le magicien de Northampton en duel de scénaristes relevant quasi systématiquement du suicide allégorique, le projet fut mis en sommeil. Puis, réalisant que Moore interrompait son univers en 1914, Lehman replongea dans ses notes et commença à échafauder un scénario. La thématique ? La fin des super-héros européens.
Il ne serait pas impossible, ni même absurde de comparer les deux œuvres, mais l’expérience serait longue et d’un intérêt limité. On se contentera de dire que La Brigade chimérique sort du duel sans avoir à rougir, ce qui est déjà beaucoup. Exhumés d’ouvrages très différents, les personnages comme François Dutilleul (le passe-muraille de Marcel Aymé) ou Gregor Samsa (« héros » et avatar de l’auteur dans La Métamorphose de Kafka) acquièrent une nette épaisseur. Mention spéciale à Léo Saint-Clair, le Nyctalope, issu d’une série de feuilletons signés Jean de La Hire et réincarné ici en chef de la protection de Paris désigné par Marie Curie. Ce sinistre personnage, pétri d’ambition et à l’ego aux proportions étonnantes, est prêt à bien des bassesses mais parvient pourtant à se rendre assez émouvant dans sa folie des grandeurs.
Dans ce premier tome, le prologue nous présente de nombreux héros, et constitue donc un plaisir intense de chasse aux références : même si certaines sont citées explicitement par les auteurs, il appartient au lecteur de retrouver les autres, et il y parviendra plus ou moins bien en fonction de ses connaissances.
Quasiment aucun personnage n'est gratuit, tous renvoient à une œuvre qui sous-tend le propos de Lehman et Colin. Mais que le lecteur à la culture moins encyclopédique que celle des auteurs ne s'effraie pas : il savourera tout autant le contenu. Car le monde bâti par les auteurs est très intéressant, très touffu, et les prouesses des protagonistes proprement stupéfiantes. La richesse de l'univers créé permet de nombreuses possibilités quant aux interactions des super-héros entre eux, et avec l'Histoire. C'est du reste l'un des points sur lesquels les auteurs seront jugés in fine dans cette BD. [...]
Au final, ce premier tome de la Brigade chimérique se dévore d'une traite, et se relit aussi sec pour y trouver des allusions et références qui auraient échappé à la première lecture. Un postulat de départ original, un scénario découpé très précisément, et gorgé de références qui sont autant de jeux de pistes, bref un plaisir de lecture intégral, que l'on complètera volontiers en consultant le site web mis en place pour l'occasion.
LE JEU DE RÔLE DE LA BRIGADE CHIMÉRIQUE SERA ÉDITÉE CHEZ SANS-DÉTOUR
La rumeur que vous révélions il y a peu se concrétise : le jeu de rôles de la Brigade Chimérique verra donc bel et bien le jour. Et ce sera chez Sans-Détour fin 2010.
La Brigade Chimérique est une série de bandes dessinées française fortement influencée par l’esprit des comics US. 4 volumes sont déjà parus chez l’Atalante. Son traitement original du thème des super-héros et sa période historique (l’entre-deux-guerres), encore peu explorée, semblaient faits pour aboutir à une adaptation de son univers radiumpunk en jeu de rôles. Nous vous faisions part de ce projet dans cet article que nous vous invitons à redécouvrir pour en apprendre plus sur la BD.
Ce projet d’adaptation rôlistique devient donc réalité et sera édité chez Sans-Détour dans un format encore inconnu. La date de publication devrait nous conduire vers la fin de l’année en cours.
Fan de la première heure de la série, Romain d’Huissier (Qin, Capharnaüm, Devâstra…) mène ce projet avec enthousiasme. Ses super-pouvoirs lui ont permis d’attirer auprès de lui quelques plus purs héros de la nation rôliste : Willy Favre (Brain Soda, Humanydyne, Kuro, Sable Rouge…), Julien Heylbroeck (Warsaw, Humanydyne…), Laurent Devernay (Kuro, Brain Soda...), et Stéphane Treille (Qin, Kuro...). En plus de cette dream team ayant à son actif une partie non-négligeable de la production ludique francophone de ces dernières années, le projet d’adaptation est mené avec le soutien et la collaboration de toute l’équipe à l’origine de la BD.
En plus de permettre, évidemment, de jouer des aventures dans l’univers de la BD, le jeu aura aussi l’ambition de servir d’encyclopédie officielle de cet univers et présentera ainsi de nombreuses informations inédites, le tout illustré dans le respect du graphisme de l’oeuvre.
En attendant d’avoir en mains de plus amples informations, nous vous laissons en compagnie de l’argumentaire laissé par les auteurs : Incarnant des surhommes dotés de capacités prodigieuses, les personnages seront mêlés de près ou de loin aux bouleversements qui agitent alors les cités européennes durant les années 30 : crise économique, montée des extrémismes, guerre imminente… Mais ils pourront également vivre des aventures plus feuilletonnantes : partant à l’aventure aussi bien dans des contrées encore inexplorées en compagnie d’Hareton Ironcastle que voyageant sur Mars pour y contrer les desseins des tripodes décrits par H.G. Wells – à moins qu’ils n’essaient d’empêcher le terrible Sun Koh de découvrir la Nouvelle Thulé…
Narbeuh - Ikosa.net
La Brigade Chimérique: l'adaptation en jeu de rôle
Et voilà, après de longs mois de travail, c'est enfin fait ! Ce jeu de rôle sera édité par Sans Détour à la fin de l'année 2010. L'annonce officielle est sur leur site et les abonnés à leur newsletter ont déjà du recevoir l'information sous forme d'un beau PDF donnant quelques détails.
Cette adaptation a été rendue possible grâce à plusieurs personnes :
- Tout d'abord les auteurs de la BD eux-même (alias le Club de l'Hypermonde) : Fabrice Colin que j'ai contacté en premier et qui s'est démené pour que ça se fasse, Serge Lehman qui nous a livré les secrets de son esprit foisonnant et nous laisse nous amuser avec ses jouets, Gess qui est enthousiaste depuis le début et dont le talent ne cesse de nous émerveiller, et Céline Bessoneau bien sûr.
- L'Atalante en la personne de Annette, qui a pris le temps de m'écouter et m'a pris au sérieux dès le départ, ce qui n'était pas gagné.
- Sans Détour bien sûr ! Un éditeur d'un professionnalisme épatant, qui a immédiatement cru au potentiel du projet et nous permet de travailler dans les meilleures conditions possibles. (c'est bien la première fois de ma carrière d'auteur que je signe mon contrat avant que le jeu ne soit paru...)
- Et enfin l'équipe de choc qui a accepté de monter dans le stratogyre avec moi (moi c'est Romain "Rom1" d'Huissier pour ceux qui ont pas suivi dans le fond) : Willy "BrainSalad" Favre, Julien "Wyatt Scurlock" Heylbroeck, Laurent "Bob Darko" Devernay (qui a de plus joué le rôle d'entremetteuse avec talent) et Stéphane "Stephlong" Treille.
Voilà, nous en sommes au début de l'aventure mais nul doute que vous entendrez à nouveau parler de cette adaptation en JdR de la Brigade chimérique ! En attendant, la Confrérie du Radium travaille dur.
Rom1 - Rom51.blogspot.com
Le Nyctalope a quitté Paris, parti pour Moscou en secret, où il espère conclure une alliance avec "Nous autres". Profitant de son absence La Brigade chimérique lance un raid sur le C.I.D pour libérer Grégoire Samsa, détenu dans ses geôles depuis neuf mois, et qui semble être en possession d'informations capitales pour l'avenir...
Cette fois-ci le voile se lève sur Nous autres et sur la ville de Metropolis où Mabuse semble avoir réussi à créer l'impossible. Le Nyctalope aveuglé par sa propre personne finit par réaliser trop tard que Nous autres ne s'alliera jamais avec lui et qu'il a perdu un temps précieux, temps que d'autres ont mis à profit pour former des alliances. Après la trahison de ses soi-disant amis de Russie, Curie décide de réagir et envoie la brigade chimérique à Metropolis pour enrayer le plan de Mabuse.
Nous voilà donc rentrés dans le vif du sujet; les scénaristes, qui n'avaient jeté jusqu'à présent que quelques pistes, nous entraînent désormais vers le cœur de l'histoire, une histoire dont les répercussions seront mondiales et qui va évidemment se solder par une issue plutôt fatale pour nos héros oubliés de l'histoire. Comment ? Et bien c'est ce qui nous reste à découvrir dans le sixième et dernier tome. Les allusions à la littérature populaire restent nombreuses, La Brigade chimérique faisant partie de ces bandes dessinées qui peuvent se lire et s'apprécier à divers niveaux, même si l'on ne connaît pas toutes les références.
GESS reste très constant au dessin, il parvient à créer de superbes compositions pour ces planches, particulièrement dans le cinquième tome, c'est un vrai plaisir de retrouver son trait même s'il gagnerait à être plus précis parfois sur certaines cases. Force est de constater que cette série, même presque parvenue à son terme, continue d'être totalement captivante, que ce soit au niveau de l'écriture que de la conception graphique.
Brice BARBENCEY
La brigade chimérique (Tome 5)
Lehman, Colin, Gess & Bessonneau
Edition : L'Atalante, Collection : Flambant Neuf 2010, 42 pages
HAV Russe… Quel est donc le mystère qui se cache derrière cette charade donnée par le Cafard juste avant de mourir ? Plusieurs personnes travaillent d’arrache pied à l’institut du Radium, à Paris, pour essayer de percer le mystère. On y retrouve notamment Jean Séverac, ainsi que George Spad qui devient presque folle à essayer de résoudre cette énigme, elle qui doit déjà lutter contre ses voix mystérieuses qui lui vrillent parfois l’esprit… Mais la relative tranquillité part en lambeaux lorsqu’Irène Curie reçoit une photo : Nous Autres, la crème du communisme russe, se sont alliés à Mabuse… La photo a été prise par Félifax, envoyé en espion à Metropolis.
C’en est trop pour George, qui désire prendre l’air : elle a une idée en tête, mais elle préfère ne pas en parler pour le moment : elle quitte ainsi Jean Séverac à regret, car elle sait qu’elle tombe amoureuse de cet alter-ego, qui n’a qu’une bague à frapper pour faire apparaître aussitôt les quatre membres de la brigade chimérique. Ce n’est que bien plus tard que Séverac est convié au Club de l’Hypermonde, un club de scientifiques très fermé où il retrouve George, ainsi qu’Irène et Frédéric, qui se sont remis apparemment de la trahison de Nous Autres…
L’occasion est trop belle pour Jean et George de conclure : et ce, juste avant le départ de Jean pour Metropolis : en dirigeable, la nuit, il est débarqué seul au-dessus de la ville infestée de soldats allemands. D’autres recherches ont lieu en parallèle, mettant en évidence l’existence d’une brigade chimérique allemande. La différence étant que le soldat qui doit la faire apparaître n’est jamais reparu. Le leader de cette brigade allemande ? Mabuse, bien évidemment…
Cinquième et avant-dernier tome de La Brigade Chimérique aux éditions de L’Atalante… Une nouvelle fois, on a droit à un petit livre très joli au niveau de la forme, avec un petit format digne des anciens comics. Cette chose pleine de charme renferme une nouvelle fois deux tomes de cette série, et nous donne l’occasion d’en savoir plus sur pas mal de personnages, notamment sur George Spad et sur l’origine de ses voix… Notamment, le mystère Tola nous sera enfin dévoilé…
Sur le plan graphique, c’est avec plaisir qu’on retrouve le dessin si particulier de Gess, mis en couleurs par Céline Bessonneau. C’est détaillé et beau, tout en restant parfaitement lisible : de quoi dévorer une nouvelle fois ce cinquième tome. Le récit emprunte énormément aux guerres mondiales et aux conflits ayant eu lieu entre les peuples en ces sombres époques, et cela se ressent jusque dans les couleurs utilisées. Un tome qui dévoile beaucoup de choses, et qui aborde le virage vers la conclusion, toute proche maintenant, même s’il faudra malheureusement attendre octobre 2010 !
Ecrite par Clark, le 27 Juillet 2010
Les clins d’œil sont toujours savoureux, les auteurs faisant intervenir des écrivains d’époque bien connus et d’autres qui ne l’étaient pas encore, mais font référence également aux futurs héros bien humains qui se révèleront dans la littérature européenne d’après-guerre, suite à la disparition des créatures issues de la superscience.
Ces derniers épisodes sont franchement marquants. Restent en tête d’une part cette photo de famille de tous les surhommes européens, que le lecteur n’aura pas vraiment eu le temps de connaître, et d’autre part cette réécriture des horreurs de la guerre et de ses justifications, dont les symboles ne laissent pas indifférents.
Lelf
Ne vous laissez pas abuser par la vague impression qu'il s'agirait d'une simple déclinaison de la Ligue des Gentlemans Extraordinaires, car ce concept-ci est original et tout bonnement génial : on y découvre pourquoi les super-héros ont disparu d'Europe aux alentours de la 2nde Guerre Mondiale... alors même qu'ils auraient pu connaître le même destin glorieux que leurs cousins américains (Spiderman, Superman et autres Batman).
Les deux scénaristes (Serge Lehman et Fabrice Colin) nous font donc
découvrir une magnifique galerie de héros et de méchants puisés dans la
littérature fantastique française et européenne du début du XXème siècle
(du Nyctalope au Docteur Mabuse), en émaillant le récit de références
ludiques aux surréalistes ou au fameux "surhomme" de Nietzsche, le tout
magnifiquement dessiné par Gess et parfaitement mis en couleur par
Céline Bessonneau.
C'est
bien simple : c'est si intelligent, beau et malin que mes yeux en
pleurent amèrement de jalousie et d'envie (d'autant que je cherche
depuis pas mal de temps à bosser sur un concept de super-héros à la
française).
Bref, vivement le 6, histoire d'abréger mes souffrances.
Fabien Velhmann
[...] Mais le projet le plus enthousiasmant vient de L'Atalante, éditeur nantais qui a carrément pris la question à bras-le-corps: que sont devenus les super-héros européens? Lehman, Colin et Gess répondent avec La Brigade chimérique, série de 6 albums (4 parus) rendant la vie à d'authentiques super-héros de la littérature populaire du début du XXè siècle aujourd'hui oublié : le passe-muraille, le nyctalope, l'accélérateur, etc. Un travail traité au format comic, avec un grand soin graphique et un récit qui pose une question: et si la disparition des super-héros était liée à un complexe de vaincu?
Thibaut Dary - Le Figaro Magazine - 22 avril 2010
Ce troisième tome d’une des séries les plus enthousiasmantes de la rentrée boucle un premier cycle prometteur. En effet, les bases sont posées pour une confrontation entre les forces du Bien et celles du Mal des plus palpitantes. L’idée d’exhumer d’anciens héros de la fiction européenne aujourd’hui oubliés (Le Nyctalope notamment) re-crée une mythologie fascinante, qui n’a rien à envier à celle développée par la bande dessinée américaine. Et mélanger ces figures avec le monde réel de la science et de l’art de l’entre-deux guerres fonctionne à merveille, pour composer un univers solide et riche. Le trait façon Mignola de Gess donne à l’ensemble la patine fantastique adéquate. La Brigade chimérique était le comics à la française que tout le monde attendait. Il est là, ne passez pas à côté.
À l’Est, le Docteur Mabuse impose peu à peu son règne de terreur, sous couvert de progrès scientifiques. À Paris, un homme aux pouvoirs mystérieux enquête sur sa vraie nature, aidé en cela par les époux Joliot-Curie. Il va découvrir qu’il porte en lui la Brigade chimérique, légendaire protectrice de la France, qui va devoir reprendre du service.
Benjamin Roure
Scénariste de nombreux romans de science fiction, Serge Lehman s’est penché sur le monde du 9e art depuis 2007, avec l’apparition de séries comme La saison de la coulœuvre ou encore Thomas Lestrange, parus chez l’éditeur nantais L’Atalante. Voici son nouveau projet, aux côtés de Fabrice Collin, déjà connu pour sa prestation sur Tir Nan Og, notamment. La brigade chimérique est d’ores et déjà prévue en 6 tomes, avec un rythme de parution très rapproché : les trois premiers volets sortiront sur 3 mois, de quoi permettre au lecteur de mieux se fondre dans cet univers. Le récit nous narre la manière dont des super héros européens (et oui ils ne sont pas qu’américains) se retrouvent dans une aventure étonnante, où leur sort va être remis en cause. Découpé en deux parties, ce tome offre un prologue extrêmement intéressant, ainsi qu’un premier chapitre bien pensé. On ne peut toutefois s‘empêcher de rapprocher cette histoire, des œuvres d’Alan Moore comme Watchmen ou La ligue des gentlemen extraordinaires. Il y a pire comme compliment… Pour assurer la partie visuelle, la tâche est confiée à Gess, le dessinateur ayant inventée la jolie Carmen Mc Callum ! Dès les premiers phylactères, on comprend pourquoi celui-ci a laissé sa place sur la série, car le style dévoilé est très différent. Clairement influencées par Mike Mignola et ses encrages appuyés, certaines planches pourraient faire penser à Hellboy, mais avec un trait plus fin et un encrage moins présent. Au-delà des inspirations, prestigieuses cela va sans dire, La brigade chimérique laisse de grands espoirs et confirme amplement dans les deux albums qui suivent. Plus que trois volumes pour découvrir la fin de cette étonnante aventure !
Mickaël
Dotée de dizaines de références à la littérature fantastique, ou à l'histoire en général, La brigade chimérique est une bande dessinée française qui doit compter six tomes. Le troisième vient juste de sortir et nous vous le recommandons chaudement rien que pour sa thématique et son ambiance.
À mi-chemin entre La Ligue des Gentlemen Extraordinaires et Hellboy ces trois tomes possèdent cette petite touche tricolore qui fait la différence.
Quant au style graphique très particulier il n'est pas sans rappeler celui de Mignola tout en donnant un cachet singulier aux images.
Bref une bien belle réussite qui mériterait toutefois un petit peu plus d'action.
Il n'empèche que la thématique et l'ambiance pourraient coller à merveille à un jeu vidéo.
Nouvelle étape dans le projet fleuve initié par le duo d’auteurs SF formé de Serge Lehman et Fabrice Colin avec la complicité de Stéphane Gess - graphiste tout juste échappé de « Carmen McCallum » (Delcourt) - et de la coloriste Céline Bessonneau. Lehman et Colin ont convoqué le ban et l’arrière ban de la littérature fantastique européenne des années 20 pour livrer un récit extrêmement référencé mais jamais empesé, sous une forme empruntant tant au feuilleton classique - façon pulp - qu’aux comics américains. Les deux hommes ont découpé « La Brigade Chimérique » en six tomes regroupant chacun deux épisodes. « L’homme cassé » et « Bon anniversaire, docteur Severac ! » livrent chacun leur quota d’informations sur Séverac et la Brigade, mais aussi sur George Spad, jeune femme énigmatique hantée par des voix mystérieuses. Gess se glisse dans l’imaginaire de l’époque, flirte avec l’art de Mike « BPRD » Mignola, use de la grammaire graphique des super-héros tout autant que de l’art contemporain. Et parvient ainsi à unifier un récit qui emprunte à des univers littéraires hétéroclites. Enthousiasmant.
Chronique de Philippe Belhache
Le récit nous narre la manière dont des super héros européens (et oui ils ne sont pas qu’américains) se retrouvent dans une aventure étonnante, où leur sort va être remis en cause. Découpé en deux parties, ce tome offre un prologue extrêmement intéressant, ainsi qu’un premier chapitre bien pensé. On ne peut toutefois s‘empêcher de rapprocher cette histoire, des œuvres d’Alan Moore comme Watchmen ou La ligue des gentlemen extraordinaires. Il y a pire comme compliment…
Pour assurer la partie visuelle, la tâche est confiée à Gess, le dessinateur ayant inventée la jolie Carmen Mc Callum ! Dès les premiers phylactères, on comprend pourquoi celui-ci a laissé sa place sur la série, car le style dévoilé est très différent. Clairement influencées par Mike Mignola et ses encrages appuyés, certaines planches pourraient faire penser à Hellboy, mais avec un trait plus fin et un encrage moins présent. Au-delà des inspirations, prestigieuses cela va sans dire, La brigade chimérique laisse de grands espoirs pour la suite…
Dans ce premier tome, le prologue nous présente de nombreux héros, et constitue donc un plaisir intense de chasse aux références : même si certaines sont citées explicitement par les auteurs, il appartient au lecteur de retrouver les autres, et il y parviendra plus ou moins bien en fonction de ses connaissances.
Quasiment aucun personnage n'est gratuit, tous renvoient à une œuvre qui sous-tend le propos de Lehman et Colin. Mais que le lecteur à la culture moins encyclopédique que celle des auteurs ne s'effraie pas : il savourera tout autant le contenu. Car le monde bâti par les auteurs est très intéressant, très touffu, et les prouesses des protagonistes proprement stupéfiantes. La richesse de l'univers créé permet de nombreuses possibilités quant aux interactions des super-héros entre eux, et avec l'Histoire. C'est du reste l'un des points sur lesquels les auteurs seront jugés in fine dans cette BD. [...]
Au final, ce premier tome de la Brigade chimérique se dévore d'une traite, et se relit aussi sec pour y trouver des allusions et références qui auraient échappé à la première lecture. Un postulat de départ original, un scénario découpé très précisément, et gorgé de références qui sont autant de jeux de pistes, bref un plaisir de lecture intégral, que l'on complètera volontiers en consultant le site web mis en place pour l'occasion.
La Brigade
Chimérique est le projet de bd franco-belge le plus ambitieux et le
plus réussi depuis Les Aventures de Mégamonsieur (…). Par contre, il n'y a aucun lien entre ces deux ouvrages,
j'avais juste envie d'en parler, c'est tout.
Sorte de croisement entre La Ligue des Gentlemen Extraordinaires pour
le scénario et Hellboy pour le dessin, La Brigade... offre une histoire
fouillée et passionnante qui met en scène différents héros de la
littérature, du cinéma ou même des personnalités publiques, dans une
uchronie qui se passe entre les deux guerres : le Nyctalope, la
Passe-Muraille, le Golem, Marie Curie ou encore un ersatz de Superman
(ey il y en a d'autres!) se croisent dans une intrigue politique où les
super héros, qui existent depuis la découverte du radium par Marie
Curie, doivent se débattre entre leur vie personnelle et la montée du
nazisme (représenté par le Docteur Mabuse) ou du communisme (appelés
dans l'ouvrage "Nous Autres"). C'est plus complexe que ça, et quasiment
impossible à résumer (…), mais c'est une bd absolument
formidable.
C'est intelligent, c'est beau, c'est bourré de références culturelles
(et certaines sont très pointues - j'ai dû vérifier sur internet hein,
je ne fais pas mon malin en me la jouant "mwahahah j'ai tout trouvé")
et d'idées géniales, et le tout forme un univers très cohérent, très
riche. La bande dessinée adopte un format comics très agréable, et
chaque numéro se découpe en deux épisodes, d'où un petit côté serial
que j'apprécie beaucoup.
Le prochain numéro sort le mois prochain je crois, et j'ai hâte de lire la suite.
Les deux premiers tomes de la série permettant aux auteurs de faire les présentations, mais également de commencer à mettre en évidence les relations entre les super-héros, les forces ou faiblesses des alliances qu'ils tissent entre eux.
Ainsi, dans Mécanoïde Curie, le lecteur découvre un ensemble de héros européens qu'il croit pouvoir classer en factions. Mais est-ce si
simple ? Car dans La Dernière mission du Passe-Muraille,
le Nyctalope, défenseur de Paris, n'apparaît pas nécessairement comme
le héros bienveillant qu'il semble être... C'est d'autant plus vrai
dans le tome 2 et les épisodes Cagliostro et La Chambre ardente. Mais le suspense court toujours à la fin des deux premiers volumes de La Brigade chimérique. Ce
qui n'est évidemment pas sans donner envie de lire le troisième tome, qui paraîtra d'ici la fin de l'année 2009.
L'histoire est mise en images par Gess, dont le style se présente comme
minimaliste. Les cases ne fourmillent pas de détails, mais restitue
parfaitement l'ambiance d'années 30-40 dans lesquelles se déroulerait
une aventure super-héroïque : personnages aux looks marqués, engins «
boulonnesques » issus d'une technologie inexplicablement avancée,
créatures de superscience, et
caetera.
Le découpage des cases est également tout ce qu'il y a de plus
classique. Mais ce n'est pas dérangeant, voire même mieux (on ne fait
pas une mise en page absolument novatrice quand on a choisi un dessin
qui n'est pas d'avant-garde). En fait, dessin autant que scénario
placent le lecteur dans un contexte suranné d'avant-guerre parfaitement
retranscrit. C'est bien vu, bien écrit, parfaitement réussi. Chaque
tome est du bel ouvrage de qualité.
Il n'y a pas de doute concernant La Brigade chimérique
: c'est une série qui débute de façon excellente, qui est riche de
références, mais qu'on n'a pas besoin d'avoir pour prendre plaisir à
lire la BD, et dotée d'un scénario visiblement en béton.
Vivement la suite !
L’idée de cette série est, de l’aveu de ses auteurs (Fabrice Colin et Serge Lehman), de faire une comics de super-héros à la française et, pour une fois, ce “à la française” ne résonne pas comme un baiser de la mort. Pour le moment, l’histoire tape sur à peu près toutes mes cordes sensibles: une période que je connais particulièrement bien, des héros que j’aime beaucoup (Harry Dickson et Thomas Carnacki sont de la partie) et un côté “Ligue des Gentlemen Extraordinaires”, moitié uchronie, moitié réécriture des thèmes pulp façon Planetary. Tout ce que j’aime.
Le style de Gess, le dessinateur, s’inspire de celui des comics de “l’Âge d’or”, ainsi que de la ligne claire, avec une bonne dose d’inspiration Mike Mignola (Hellboy). Ce n’est pas exactement le domaine des expérimentations, mais plutôt une relecture moderne des anciens codes de la bande dessinée – qui a peut-être le défaut de faire style-genre (ou, pour être plus clair, s’autoparodier), mais c’est le thème qui veut ça.
Ces deux premiers tomes ont de quoi ravir les fans de super-héros à la sauce pulp des années 30.
Il y a deux tendances lourdes dans la science-fiction de ces dernières années : l'uchronie, qui développe des passés et des présents alternatifs, et la réactivation des mythes (dieux, légendes, superhéros - cf. par exemple le métaréflexif Livre de toutes les heures d'Hal Duncan). Serge Lehman a bien capté ces tendances, et s'en fait l'écho dans La Brigade Chimérique, qu'il scénarise avec Fabrice Colin. Dans la lignée des Watchmen et d'American gods (Neil Gaiman), entre autres, il s'interroge sur le degré de réalité que contiennent les mythes, et sur l'influence qu'ils exerceraient s'ils étaient davantage qu'un produit de l'imagination - des êtres de chair.
Car les mondes fictifs sont des mondes possibles, et l'existence de récits qui les rapportent leur donne un certain coefficient de réalité. Même s'ils n'ont pas été actualisés, ils existent à la marge du monde réel, dans des branches temporelles parallèles. L'uchronie (« l'autre temps ») consiste à les parcourir. […] Quelque part à la lisière du monde que nous connaissons, il y en a un qui lui ressemble, et qui n'a rien à voir.
C'est ce type de fantaisie, improbable mais cohérente, irréelle mais réaliste, que parcourt La Brigade chimérique. Dans un Paris de 1939 au bord de la guerre, Frédéric et Marie Joliot-Curie dirigent l'Institut du Radium, qui accueille les victimes d'armes chimiques et radioactives de la Grande Guerre ; des mutants aux capacités inouïes, dont le monde ne sait que faire. Ces rejetons de la « superscience », qui bouleverse notre maîtrise de la matière et s'apprête à accoucher de la bombe A, posent la question du statut des surhommes : doivent-ils se mettre au service de l'humanité, et défendre un idéal de justice ? Ou se réunir et couper les ponts avec le stade inférieur de l'évolution, pour inaugurer une nouvelle ère historique ? La querelle entre le Professeur Xavier et Magnéto a quelque chose d'intemporel.
La Brigade chimérique est une excellente « BD-feuilleton », très marquée par les pulps et les histoires de super-vilains des années 30, qui bénéficie du remarquable travail d'illustration de Gess, influencé pour sa part par Mike Mignola.
On fera tout de même un petit reproche : l'ensemble est trop court, au vu de la richesse du récit.
[…]
Reste que pour l’instant cette série s’offre comme la plus
crédible des tentatives et surtout la plus réussie en la matière. Serge
Lehman s’est entouré de personnes sachant accompagner ce projet, se
plier au genre et à ses codes. Les reproches adressés à Gess comme quoi
il ferait du Mignola restent eux aussi caricaturaux. Ici la manière de
Gess est surtout au diapason du projet de Lehman qui se ramifie jusque
dans sa production et aurait pu aller jusqu’à sa publication en kiosque sous forme de
fascicules si cela n’avait pas été impossible financièrement.
Si La Brigade Chimérique apparaîtra peut-être comme la première bande dessinée francophone de super-héros réussie, je note pour ma part qu’elle apparaît en tant qu’uchronie dans un genre
aujourd’hui difficilement perçu autrement que comme une mythologie.
Dans les années 60 et jusqu’au milieu des années 80, Spiderman ou Daredevil
pouvaient être des héros contemporains, en phase avec leur époque et
son actualité, que l’on pouvait s’attendre à voir au coin d’un
building. Aujourd’hui, ils sont avant tout des mythes dont on peut
donner une version ou travailler d’après un postulat. Le super-héroïsme
semble de nos jours du domaine du « what if » généralisé, un
domaine merveilleux dont on s’amuse à biaiser, nuancer les codes par
exemples, au gré de trouvailles scénaristiques voire graphiques.
La Brigade Chimérique ne sera donc jamais une revanche ou
un rattrapage de la bande dessinée et de la science fiction francophone
dans le domaine du super-héroïsme, mais bien plutôt — et c’est là sa
pertinence — une interrogation féconde sur leur histoire entrelacée.
Projet à moitié fou né des cerveaux féconds de Serge Lehman et Fabrice
Colin, ce comics à la française fait déjà beaucoup parler de lui.
Serait-il
possible, qu'en notre belle contrée, nous ayons enfin droit à une
oeuvre digne de l'héritage d'Alan Moore et de Jack Kirby ?
L'heure des super-héros européens est arrivée grâce à la Brigade Chimérique emmenée par le romancier Serge Lehman, le récit découpé comme un comic propose de découvrir la vie et l'œuvre de ces surhommes dans l'entreguerre avant leur disparition des mémoires.
Le docteur Mabuse, Nyctalope ou Marie Curie s'en donnent ainsi à cœur joie sur le Vieux Continent déchiré.
Mise en scène par un Gess au trait "Mignolesque", l'aventure est une immanquable du moment.
91% - La brigade des gentlemen extraordinaires.
Vous aimez
l'évasion dans le feuilleton à l'ancienne, les péripéties débridées et
l'irréalisme enchanteur ? Ne cherchez pas plus loin, La Brigade
chimérique a largement de quoi combler vos attentes.
L'idée de départ est, comme il se doit, abracadabrantesque : de
l'horreur des tranchées de 14-18 seraient nés des hommes dotés de
super-pouvoirs. En parallèle, et malheureusement il ne s'agit là que de
la triste réalité, ce même cauchemar a donné à d'autres des fantasmes
de super-puissance. Serge Lehman et Fabrice Colin se sont amusés à
modifier quelque peu de trop célèbres entités dictatoriales. […]
Les heures sont graves mais les auteurs n'oublient pas de conjurer la malédiction par quelques pointes d'humour comme lorsque Irène Joliot-Curie pète un cable, agacée par les élucubrations de ses amis et surtout l'enthousiasme d'un gamin accro aux romans-feuilletons fantastiques. Un humour qui sait aussi se noircir, à l'image de cette remarque d'une gueule cassée de 14-18. La séance au club de l'Hypermonde permet de réunir quelques hautes figures de la littérature dont Serge Lehman a du dévorer les oeuvres : aux anciens Maurice Renard, J.-H. Rosny aîné, Jean Ray* vient se joindre un p'tit jeune prometteur nommé Barjavel.
Encore un mot à propos du dessinateur Gess, qui continue d'offrir ici des planches exceptionnelles. Sa première série, Teddy Bear (publiée il y a près de vingt ans) vient de re-paraître en un volume intégral chez Drugstore. A l'époque, son style était très proche de celui de Liberatore. C'est dire si il l'a fait évolué depuis.
Pour la conclusion de cette saga qui fera date, patientez jusqu'en octobre.
Autre nouvelle pour cette fin d'année : La Brigade chimérique va être adaptée en jeu de rôle !
Prix du Jury BD Gest' 2010
« Le Jury 2010 a souhaité distinguer une création qui relève à la fois de la série et, d’une certaine manière, de l’initiative. En 14 mois, sous l’égide d’un « petit » éditeur qui aligne les choix remarquables qui construisent son identité, Fabrice Colin, Serge Lehman et Stéphane Gess ont proposé un récit complet, composé un univers peuplé de super-héros évoluant sur le continent européen au cours d’une période trouble. La conclusion de l’article publié à l’occasion de la sortie du 6e et dernier tome traduit l’enthousiasme procuré par la découverte de cette série qui a su jouer des codes classiques pour imposer les siens : "Brillant du début à la fin, audacieux dans sa thématique et sa construction, exigeant mais respectueux envers le lecteur, La Brigade chimérique est peut-être l’une des meilleures surprises de ces dernières années. À découvrir de toute urgence, si ce n’est déjà fait." »
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