Ils sont nés sur les champs de bataille de 14-18, dans le souffledes gaz et des armes à rayons X. Ils ont pris le contrôle des grandescapitales européennes. Par-delà le bien et le mal. Les feuilletonistesont fait d'eux des icônes. Les scientifiques sont fascinés par leurspouvoirs. Pourtant, au centre du vieux continent, une menace seprofile, qui risque d'effacer jusqu'au souvenir de leur existence.
Quatrième Livre :
- Épisode 6 : Politique internationaleet toujours le site de la Brigade Chimerique.
Je vous propose aujourd'hui une petite sélection de comics et BD qui m'ont plu et que je souhaite faire connaître (même si certaines sont déjà des succès d'édition!).
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- LA BRIGADE CHIMERIQUE T.1 à 4 (série en cours), de Lehman, Colin, Gess et Bessonneau, Editions de l'Atalante, 2009. Un comic français de haut vol, rivalisant avec les anglo-saxons tant sur le contenu que la forme mais basant son histoire juste avant la seconde guerre mondiale. Les super-héros et les super-vilains européens sont en pleine ébullition dans cette période d'avant guerre où pouvoirs mystiques et super-sciences rythme la vie des grandes capitales européennes. Notamment à Paris où les Joliot-Curie et le Nyctalope assurent la défense de la ville des Lumières. Unique !
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Gaétan, 28 mars 2010, moijimagine.blogspot.com
Les trois premiers tomes de La Brigade Chimérique mettaient en place l’univers uchronique imaginé par Serge Lehman et Fabrice Colin. Les armes employées et les expérimentations menées pendant la Première Guerre Mondiale ont donné naissance à des mutants, devenus des monstres ou des super héros destinés à influer sur l’avenir du monde.
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Avec ce quatrième tome de la série, le récit revient enfin et à proprement parler au thème qu’introduisait le premier opus : la menace de guerre qui pèse sur l’Europe en cette année 1939. Le Docteur Mabuse, allié à Gog, l’homme le plus riche du monde, et à La Phalange, qui met l’Espagne à feu et à sang, menace avec son armée de Crânes le corridor de Dantzig. C’est l’annexion par l’Allemagne, on le sait, de ce bras de terre donnant à la Pologne un accès à la mer, qui déclencha la Seconde Guerre Mondiale. Le lecteur est donc parfaitement conscient de ce qui se prépare dans l’univers parallèle de La Brigade Chimérique.
Le feuilleton uchronique mitonné par Serge Lehmann et Fabrice Colin, deux des grandes signatures de la SF made in France, se poursuit avec bonheur aux éditions L’Atalante avec deux nouveaux épisodes, « Politique internationale » et « H-A-V-russe », réunis en recueil.
Les deux hommes approfondissent ce cross-over réunissant l’ensemble des figures de la littérature fantastique des années 20. Ils mettent en avant un Nyctalope obsédé par sa propre gloire leurré par « Nous autres », avatar du système communiste, pendant que Mabuse développe l’armée des Crânes symbolisant le régime nazi. Séverac, de son côté, mesure l’impact de l’activité de la Brigade Chimérique sur sa santé physique et mentale.
Le travail de Gess (image et conception graphique) et Céline Buissonneau (couleurs) offre puissance et crédibilité à ce récit d’aventure qui détourne avec bonheur les codes du récit de super-héros. Que du bonheur.
Philippe Belhache
On peut déplorer la quantité de trop petites cases par page, c’est un peu fatiguant, même si les dessins sont globalement à la hauteur. Cette réserve faite, on se plongera avec délice dans ce qui reste l’un des très beaux hommages à la littérature populaire française du début du vingtième siècle, mené par des connaisseurs et, sans doute, de vrais fans (Lehman et Colin). Certains regretteront aussi le grand nombre de personnages qui oblige les auteurs à en négliger certains au profit d’autres. Cela paraît obligatoire avec un concept qui fait la part belle à la citation et à l’hommage constant. On l’accepte ou pas. Et puis, les vrais héros de la série sont ceux qui ont été créés par les scénaristes, à savoir l’incroyable Brigade Chimérique elle-même !
Pour en revenir aux méchants de l’histoire, il aurait été difficile d’en choisir de pires. Les nazis ont été pleinement intégrés dans la culture populaire depuis belle lurette. Le fanzine Nagual avait d’ailleurs consacré un intéressant dossier à ce sujet. Superman et Capitaine America les ont affrontés pendant la guerre, des super espions capitalistes ont fait de même à partir des années cinquante en luttant contre leurs héritiers (quand ils n’exterminaient pas, avec la même conviction, d’affreux communistes) ! Plus récemment, Indiana Jones, lui-même hommage aux pulps et aux sérials, les a largement combattus pour le plus grand plaisir des nouvelles générations. Citons aussi les romans d’horreur, La Lance de James Herbert ou L’Heure du loup de Robert McCammon, peut-être influencés à leur tour par les aventures du héros au fouet. Parmi des éléments à même de séduire la littérature et le cinéma d’évasion : leur goût pour l’occulte, étudié dans Le Matin des Magiciens puis Planète, et leur sens du décorum : croix gammées, runes, têtes de morts et vêtements noirs des SS, cérémonies grandioses…
De très bons méchants potentiels on le voit, qui valent bien l’Empire de George Lucas !
Comme disait Hitchcock, « meilleur est le méchant, meilleur est le film ». Un adage aussi valable pour une B.D comme La Brigade Chimérique, même si ce tome IV ne les exploite pas encore assez.
Patryck Ficini
Les éditions l'Atalante ont publié en août 2009 le premier tome d'un comics nouveau souffle, La Brigade chimérique. Sous la plume du dessinateur Gess et grâce aux textes de Serge Lehman et Fabrice Colin, aidés par la coloriste Céline Bessonneau, le monde des super-héros est revisité par le biais de l'Histoire. Depuis sa sortie, la bande dessinée connaît un succès grandissant auprès d'un public de plus en plus fan. Démonstration en a été faite aux dernières Utopiales, où les auteurs sont restés pendant des heures dédicacer le troisième opus à une horde de lecteurs. C'est dire si le quatrième épisode était attendu ! On y retrouve Sévérac et George Spad dont la relation se précise, le Nyctalope à Moscou et l'identité de l'allié de Mabuse... Si tout ceci vous semble du chinois, lisez-vite la Brigade !
Ouest France, 7 avril 2010
Prolongement rêvé aux productions populaires de l'entre-deux-guerres, La Brigade chimérique dessine un monde où tout se tient.
Difficile de présenter cette série, aujourd'hui à son quatrième tome: et même au départ, on n'y comprend pas grand chose. On se figurait grosso modo que l'idée était fort originale (des justiciers bien de chez nous à la veille de la Seconde Guerre Mondiale), mais que sa réalisation était malaisée. Notamment, l'excès de petites cases et de grandes figures (de littérature populaire en histoire littéraire: André Breton sous une affiche du Nyctalope) pouvait signaler la bande dessinée un poil trop cultivée pour être honnête. On se trompait: le charme met un peu de temps à agir, mais il est profond.
Il tient d'abord aux racines de La Brigade... qui s'enfoncent assez loin. Le romancier Serge Lehman, ici scénariste (avec Fabrice Colin, est parti d'un étonnement: pourquoi l'Europe occidentale n'a-t-elle pas produit de super-héros? "Quelque chose "manque" dans notre imaginaire, sans qu'on puisse dire quoi exactement": ce quelque chose fut pourtant tout près d'exister, en témoignent les aventuriers des feuilletonistes qu'un coup de pouce aurait pu hisser jusqu'aux exploits de leurs confrères américains. En témoignent encore quelques romans oubliés, tel, en 1919, L'homme chimérique de George Spad(?): dans les tranchées, le lieutenant de Séverac, pris entre les gaz allemands et les rayons X de son unité de radiologie, se trouve "remplacé" par quatre personnages, les Chimériques.En 1934, l'éditeur annonce une suite: "Dans l'Europe en état de guerre civile larvaire, une nouvelle génération de surhommes travaille au contrôle de la foule (...) c'est au centre que se dresse le plus grand ennemi de la liberté, le maître du crime légal et de l'hypnosede masse. MABUSE! Ce nom seul fait trembler et gémir sur tous le continent... Sauf à Paris. Dans les salles secrètes de l'Institut du Radium, la riposte se prépare. Réservez dès maintenant auprès de votre libraire La Brigade Chimérique contre Mabuse."
La suite ne paraîtra pas, ou du moins ne paraît qu'aujourd'hui. Ses concepteurs sont fidèles à la bande-annonce de 34, dans la distribution des rôles, dans le trait souvent expressionniste (Mabuse oblige), et dans l'esprit finalement si profond: l'Histoire se projette ici sur les intrigues ou mieux encore, les fictions sont rendues à leur très grande et très mystérieuse force. En ce sens, on reste soufflé par l'ampleur remarquable, du point de vue du texte comme de l'inventivité graphique (Gess), des dernières pages de ce volume: les gargouilles deviennent officiers allemands et Gregor Samsa dévoile les étapes de la solution finale - que vient-il faire dans cette galère? Le site consacré à notre bande-dessinée rappelle que Kafka, pour présenter le héros de La Métamorphose, use du terme même qu'emploiera Hitler pour désigner les Juifs - ungeziefer, vermine."Cette institution d'une énigme latente, déposée dans la littérature et le cinéma européen des années 20-30, d'une jonction entre les mots, les images, les symboles aussi dévastratrice que le dévoiement nazi du thème du surhomme, est l'émotion qui a donné forme à La Brigade Chimérique."
Gilles Magniont - Le matricule des anges, avril 2010
La Brigade Chimérique: la revanche du feuilleton français
Alors que Marie Curie a confié le sort de Paris au Nyctalope, le tristement célèbre docteur Mabuse fomente un plan machiavélique pour conquérir l’Europe. Les Joliot-Curie, associés au héros de la Première Guerre mondiale, parviendront-ils à contrer ce sinistre complot ?
En relisant des feuilletons de l’entre-deux-guerres, l’écrivain de science-fiction Serge Lehman s’était surpris à constater à quel point la littérature française regorgeait de personnages hauts en couleur, largement dignes de son pendant anglo-saxon. Et de se dire qu’il suffirait d’un bon coup de pinceau et d’un scénariste un peu malin pour en faire une sacrée bonne série. L’idée de base de La Brigade chimérique était née. Las, un certain Alan Moore venait d’avoir peu ou prou la même avec sa Ligue des gentlemen extraordinaires, et affronter le magicien de Northampton en duel de scénaristes relevant quasi systématiquement du suicide allégorique, le projet fut mis en sommeil. Puis, réalisant que Moore interrompait son univers en 1914, Lehman replongea dans ses notes et commença à échafauder un scénario. La thématique ? La fin des super-héros européens.
Il ne serait pas impossible, ni même absurde de comparer les deux œuvres, mais l’expérience serait longue et d’un intérêt limité. On se contentera de dire que La Brigade chimérique sort du duel sans avoir à rougir, ce qui est déjà beaucoup. Exhumés d’ouvrages très différents, les personnages comme François Dutilleul (le passe-muraille de Marcel Aymé) ou Gregor Samsa (« héros » et avatar de l’auteur dans La Métamorphose de Kafka) acquièrent une nette épaisseur. Mention spéciale à Léo Saint-Clair, le Nyctalope, issu d’une série de feuilletons signés Jean de La Hire et réincarné ici en chef de la protection de Paris désigné par Marie Curie. Ce sinistre personnage, pétri d’ambition et à l’ego aux proportions étonnantes, est prêt à bien des bassesses mais parvient pourtant à se rendre assez émouvant dans sa folie des grandeurs.
[...] Mais le projet le plus enthousiasmant vient de L'Atalante, éditeur nantais qui a carrément pris la question à bras-le-corps: que sont devenus les super-héros européens? Lehman, Colin et Gess répondent avec La Brigade chimérique, série de 6 albums (4 parus) rendant la vie à d'authentiques super-héros de la littérature populaire du début du XXè siècle aujourd'hui oublié : le passe-muraille, le nyctalope, l'accélérateur, etc. Un travail traité au format comic, avec un grand soin graphique et un récit qui pose une question: et si la disparition des super-héros était liée à un complexe de vaincu?
Thibaut Dary - Le Figaro Magazine - 22 avril 2010
LE JEU DE RÔLE DE LA BRIGADE CHIMÉRIQUE SERA ÉDITÉE CHEZ SANS-DÉTOUR
La rumeur que vous révélions il y a peu se concrétise : le jeu de rôles de la Brigade Chimérique verra donc bel et bien le jour. Et ce sera chez Sans-Détour fin 2010.
La Brigade Chimérique est une série de bandes dessinées française fortement influencée par l’esprit des comics US. 4 volumes sont déjà parus chez l’Atalante. Son traitement original du thème des super-héros et sa période historique (l’entre-deux-guerres), encore peu explorée, semblaient faits pour aboutir à une adaptation de son univers radiumpunk en jeu de rôles. Nous vous faisions part de ce projet dans cet article que nous vous invitons à redécouvrir pour en apprendre plus sur la BD.
Ce projet d’adaptation rôlistique devient donc réalité et sera édité chez Sans-Détour dans un format encore inconnu. La date de publication devrait nous conduire vers la fin de l’année en cours.
Fan de la première heure de la série, Romain d’Huissier (Qin, Capharnaüm, Devâstra…) mène ce projet avec enthousiasme. Ses super-pouvoirs lui ont permis d’attirer auprès de lui quelques plus purs héros de la nation rôliste : Willy Favre (Brain Soda, Humanydyne, Kuro, Sable Rouge…), Julien Heylbroeck (Warsaw, Humanydyne…), Laurent Devernay (Kuro, Brain Soda...), et Stéphane Treille (Qin, Kuro...). En plus de cette dream team ayant à son actif une partie non-négligeable de la production ludique francophone de ces dernières années, le projet d’adaptation est mené avec le soutien et la collaboration de toute l’équipe à l’origine de la BD.
En plus de permettre, évidemment, de jouer des aventures dans l’univers de la BD, le jeu aura aussi l’ambition de servir d’encyclopédie officielle de cet univers et présentera ainsi de nombreuses informations inédites, le tout illustré dans le respect du graphisme de l’oeuvre.
En attendant d’avoir en mains de plus amples informations, nous vous laissons en compagnie de l’argumentaire laissé par les auteurs : Incarnant des surhommes dotés de capacités prodigieuses, les personnages seront mêlés de près ou de loin aux bouleversements qui agitent alors les cités européennes durant les années 30 : crise économique, montée des extrémismes, guerre imminente… Mais ils pourront également vivre des aventures plus feuilletonnantes : partant à l’aventure aussi bien dans des contrées encore inexplorées en compagnie d’Hareton Ironcastle que voyageant sur Mars pour y contrer les desseins des tripodes décrits par H.G. Wells – à moins qu’ils n’essaient d’empêcher le terrible Sun Koh de découvrir la Nouvelle Thulé…
Narbeuh - Ikosa.net
La Brigade Chimérique: l'adaptation en jeu de rôle
Et voilà, après de longs mois de travail, c'est enfin fait ! Ce jeu de rôle sera édité par Sans Détour à la fin de l'année 2010. L'annonce officielle est sur leur site et les abonnés à leur newsletter ont déjà du recevoir l'information sous forme d'un beau PDF donnant quelques détails.
Cette adaptation a été rendue possible grâce à plusieurs personnes :
- Tout d'abord les auteurs de la BD eux-même (alias le Club de l'Hypermonde) : Fabrice Colin que j'ai contacté en premier et qui s'est démené pour que ça se fasse, Serge Lehman qui nous a livré les secrets de son esprit foisonnant et nous laisse nous amuser avec ses jouets, Gess qui est enthousiaste depuis le début et dont le talent ne cesse de nous émerveiller, et Céline Bessoneau bien sûr.
- L'Atalante en la personne de Annette, qui a pris le temps de m'écouter et m'a pris au sérieux dès le départ, ce qui n'était pas gagné.
- Sans Détour bien sûr ! Un éditeur d'un professionnalisme épatant, qui a immédiatement cru au potentiel du projet et nous permet de travailler dans les meilleures conditions possibles. (c'est bien la première fois de ma carrière d'auteur que je signe mon contrat avant que le jeu ne soit paru...)
- Et enfin l'équipe de choc qui a accepté de monter dans le stratogyre avec moi (moi c'est Romain "Rom1" d'Huissier pour ceux qui ont pas suivi dans le fond) : Willy "BrainSalad" Favre, Julien "Wyatt Scurlock" Heylbroeck, Laurent "Bob Darko" Devernay (qui a de plus joué le rôle d'entremetteuse avec talent) et Stéphane "Stephlong" Treille.
Voilà, nous en sommes au début de l'aventure mais nul doute que vous entendrez à nouveau parler de cette adaptation en JdR de la Brigade chimérique ! En attendant, la Confrérie du Radium travaille dur.
Rom1 - Rom51.blogspot.com
Séverac est dans le laboratoire d’Irène Curie, la fille de la célèbre Marie, à l’Institut du Radium. Le but de l’expérience est maintenant de transformer la chevalière de Séverac en mini chambre ardente : un simple coup sur la bague avec la paume de la main permet désormais à Séverac d’invoquer les quatre divinités de la Brigade Chimérique. Idem dans l’autre sens… A présent, Séverac et Curie attendent George Spad, mais l’écrivain a de plus en plus de retard et cela inquiète Séverac, qui commence à se rendre compte d’une chose : il devient bel et bien amoureux de la jolie biographe chargée d’écrire les mémoires de Léo Saint Clair, le célèbre super héros protecteur de la ville de Paris.
Justement, ce denier s’est absenté de la capitale française pour se rendre à Moscou en compagnie de Gibberne, dit l’Accélérateur. Ils ont ensemble une audience prévue avec le chef de « Nous Autres », mais de report en report, le héros anglais devient de plus en plus interrogatif sur l’absence de réactions de la part de son allié français. Pendant ce temps, c’est Félifax, un autre héros français, immense félin de son état, qui est chargé d’espionner ce qui se passe à Métropolis. Et ce qu’il va découvrir sur les agissements de Mabuse est tout simplement terrifiant…
Séverac vient d’aider Spad à reprendre connaissance après une nouvelle crise, particulièrement violente celle-ci. Le couple se rend à Montmartre afin de pénétrer de force dans les sous-sols de Saint-Clair, afin d’aller y chercher Le Cafard, un autre héros retenu prisonnier là depuis des mois. La Brigade Chimérique parviendra sans difficulté à forcer le passage jusqu’au Cafard, mais il se trouve qu’un monstre très ancien est également retenu en ces lieux : un monstre venu d’un autre âge, qu’il va falloir maintenant vaincre.
Nous montons d’un ton dans les révélations et dans l’action avec ce quatrième tome de La Brigade Chimérique. Le graphisme bénéficie toujours de ce trait vif admirable pour les mises en mouvement, même si le principal atout de ce tome reste l’action menée sur plusieurs plans, à bien des endroits différents. Alors que nous étions centrés sur Paris dans les tomes précédents, nous voilà ici de retour à Métropolis, ainsi qu’à Moscou, en plus de la capitale française.
De même, Le Cafard est enfin libéré, même s’il ne fera pas long feu : un nouveau mystère, à priori russe, est à suivre maintenant. Un tome révélateur donc, qui n’est pas sans laisser de nouvelles interrogations, et c’est tant mieux, d’autant que le tout est traité avec le même sérieux et la même qualité que ce qu’on a pu lire dans les tomes précédents. Il ne nous reste qu’à pester que les trois derniers tomes ne soient pas parus ensemble comme cela fût le cas pour les trois premiers, histoire d’éviter une attente que j’espère pas trop longue…
Clark, le 05 Mai 2010
Les clins d’œil sont toujours savoureux, les auteurs faisant intervenir des écrivains d’époque bien connus et d’autres qui ne l’étaient pas encore, mais font référence également aux futurs héros bien humains qui se révèleront dans la littérature européenne d’après-guerre, suite à la disparition des créatures issues de la superscience.
Ces derniers épisodes sont franchement marquants. Restent en tête d’une part cette photo de famille de tous les surhommes européens, que le lecteur n’aura pas vraiment eu le temps de connaître, et d’autre part cette réécriture des horreurs de la guerre et de ses justifications, dont les symboles ne laissent pas indifférents.
Lelf
Ne vous laissez pas abuser par la vague impression qu'il s'agirait d'une simple déclinaison de la Ligue des Gentlemans Extraordinaires, car ce concept-ci est original et tout bonnement génial : on y découvre pourquoi les super-héros ont disparu d'Europe aux alentours de la 2nde Guerre Mondiale... alors même qu'ils auraient pu connaître le même destin glorieux que leurs cousins américains (Spiderman, Superman et autres Batman).
Les deux scénaristes (Serge Lehman et Fabrice Colin) nous font donc
découvrir une magnifique galerie de héros et de méchants puisés dans la
littérature fantastique française et européenne du début du XXème siècle
(du Nyctalope au Docteur Mabuse), en émaillant le récit de références
ludiques aux surréalistes ou au fameux "surhomme" de Nietzsche, le tout
magnifiquement dessiné par Gess et parfaitement mis en couleur par
Céline Bessonneau.
C'est
bien simple : c'est si intelligent, beau et malin que mes yeux en
pleurent amèrement de jalousie et d'envie (d'autant que je cherche
depuis pas mal de temps à bosser sur un concept de super-héros à la
française).
Bref, vivement le 6, histoire d'abréger mes souffrances.
Fabien Velhmann
Prix du Jury BD Gest' 2010
« Le Jury 2010 a souhaité distinguer une création qui relève à la fois de la série et, d’une certaine manière, de l’initiative. En 14 mois, sous l’égide d’un « petit » éditeur qui aligne les choix remarquables qui construisent son identité, Fabrice Colin, Serge Lehman et Stéphane Gess ont proposé un récit complet, composé un univers peuplé de super-héros évoluant sur le continent européen au cours d’une période trouble. La conclusion de l’article publié à l’occasion de la sortie du 6e et dernier tome traduit l’enthousiasme procuré par la découverte de cette série qui a su jouer des codes classiques pour imposer les siens : "Brillant du début à la fin, audacieux dans sa thématique et sa construction, exigeant mais respectueux envers le lecteur, La Brigade chimérique est peut-être l’une des meilleures surprises de ces dernières années. À découvrir de toute urgence, si ce n’est déjà fait." »
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