États-Unis, 1958. Vous pensiez savoir ce qu’est un singe ? Vous ne connaissiez pas Gordo. Affublé d’un smoking first class et d’un QI digne de Harvard, la nouvelle coqueluche du tout-L.A. promène son spleen frelaté sur les plus grandes scènes du pays. Ce qui ne l’empêche pas de déprimer sec : depuis que sa petite amie s’est barrée avec l’inventeur des fusées V2, notre quadrumane au cœur d’artichaut s’est découvert un don pour les plans copieusement foireux.
Quelques conseils : si vous piquez le
journal intime de votre ex et que ce journal s’avère contenir tous les détails
d’une expérience classée secret-défense, ne le planquez pas dans le coffre
d’une gare. Ne tabassez pas l’agent de la CIA qui vous file au train. Ne
rejoignez pas Sinatra à Vegas dans l’espoir d’aller mieux. Ne vous mettez pas
le KGB et Elvis Presley à dos le même soir. Ne recommencez pas à picoler en
racontant vos malheurs à la terre entière.
Et surtout, surtout : ne kidnappez jamais Lauren Bacall.
Le site de Gordo : http://www.myspace.com/gordolesinge
(...) Voilà ce qui s'appelle un petit ovni dans le monde de la BD ! Cette BD est un véritable petit bijoux pour qui aime les années 50 ! Les dessins sont certes particuliers, mais ils ont ce charme qui sied tout à fait au scénario, et surtout à l'ambiance inhérente à cette histoire : c'est simple, cela fait l'effet de se retrouver dans ce piano-bar un peu déjanté de Pulp Fiction. Ambiance décontractée et fifties, certes, mais le véritable atout reste dans les dialogues...
Sur ce point, le travail de Fabrice Colin est en tous points remarquable : on ne s'ennuie pas une seconde et on se marre sans vergogne à la lecture de toutes ces piques et de tous ces cassages en règle dont Gordo est tour à tour l'auteur et la victime. On a vraiment l'impression que ce singe est un être humain, rien à voir avec la façon de rendre les animaux humains dans Blacksad par exemple : ici c'est le mot et le verbe qui priment sur les apparences !
Une BD qui sort du lot, et qui vaut vraiment le coup d'être découverte ou d'être offerte...
Clark, Les Chroniques de l'Imaginaire, 4 juillet 2008
(...) Mêlant humour et côté un peu thriller, Gordo, un singe contre l'Amérique, séduit par ses multiples ambiances et son côté "classiques hollywoodiens" qui évoque de nombreuses personnalités connues. Innovante, cette BD se distingue par les traits précis de Fred Boot qui a signé là des planches très réussies par leur côté sombre et raffiné à la fois. Le tout est égayé de couleurs artificielles "informatisées" qui donnent toute sa qualité à l'ouvrage.
Comme l'histoire ne manque pas d'intérêt, cette bande-dessinée réalisée par Fred Boot, mérite vraiment d'être découverte, mais plutôt par des lecteurs adolescents ou adultes. "Son esthétique est marquante, commente le critique Mickaël Demets sur le site Evene. Alliée au talent de conteur de Fabrice Colin, cela aboutit à l'une des bandes dessinées les plus étonnantes de l'année".
Les Informations, août 2008
Casting trois étoiles pour la vie de Gordo, amoureux de Lauren Bacall, ami de Frank Sinatra, filé par Elvis Presley, délaissé par sa maîtresse Shirley Winter au profit de Wernher Von Braun, et qui dialogue même post-mortem avec Humphrey Bogart pour ce qui est l'un des moments les plus drôles de l'ouvrage. Car on n'apprend pas au vieux singe à faire des grimaces et Gordo sait y faire en matière de réparties et d'humour, ce qui rend d'office la lecture agréable. Ses aventures, totalement décalées, et à la fois tellement dans l'univers des fifties, sont elles aussi déroutantes, nous ramenant à une époque qu'on pensait avoir oubliée. Le dessin est porté par des couleurs magnifiques plutôt qu'un trait de crayon précis (...)
Gordo se dresse donc devant l'Amérique et même si c'est le premier qui va y laisser des plumes, ce sera au prix d'une bande-dessinée immanquable portée par un personnage remarquable, qui nous rend presque nostalgique d'une époque révolue.
L'Avis des Bulles, septembre 2008
Le prix européen Utopiales 2008 est decerné à Javier Negrete pour son livre Seigneurs de l'Olympe .