C’est une mauvaise nouvelle pour ceux qui croient encore en l’idée d’une France égalitaire. À trente minutes de Paris, la multinationale Disney est en train de fabriquer, sous l’œil bienveillant de l’État, la première ville « privatisée » du pays : le Val d’Europe. « Privatisée » parce qu’elle est en dehors du droit commun et qu’elle regroupe une population sociologiquement
« typée », les classes moyennes. Dans ce monde selon Disney, la ville publique n’est pas cassée, elle est morte. Le moralisme et la planification abusive de la multinationale du loisir ont réussi à tracer un modèle de vie qui marque la fin de l’histoire républicaine française et le début des hystéries communautaires. En un mot, l’avènement du sarkozysme à visage urbain. Le plus étrange est que cette ville neuve n’inquiète personne. Ni le monde politique, ni la société civile. Mais il y a encore plus angoissant : le Val d’Europe est en train de devenir la référence en matière de productions urbaines et de pactes sociaux ; des centaines d’individus en redemandent chaque année.
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