Quelques mois après les médiatiques célébrations du quarantième anniversaire de Mai-68, le livre de Ernesto Ottone et Sergio Muñoz Riveros tombe à pic. Tous deux sont les témoins directs d’une époque où le concept de révolution fascinait le monde. Ils faisaient partie du comité central des Jeunesses communistes chiliennes quand le général Pinochet écrasa le gouvernement de Salvador Allende et, par la même occasion, leur rêve d’un monde meilleur. Leurs choix politiques ont d’ailleurs failli leur coûter la vie.
Dans Après la révolution, Muñoz et Ottone nous livrent sous la forme du
dialogue les clés d’une idéologie révolue selon eux. « Nous ne redoutons pas de reconnaître que nous nous sommes trompés », écrivent-ils. À l’heure du
nouveau mirage d’un « socialisme du XXIe siècle », une bannière agitée en Amérique latine par le dirigeant vénézuélien Hugo Chávez, ils s’arrêtent sur les impacts de la révolution cubaine et tentent de tirer des leçons de l’échec de l’utopie socialiste.