La grande Chine qui a (presque) tout inventé, n’a pourtant pas gratifié le cygne, noble animal, d’un signe zodiacal en propre. Et bien, c’est chose faite à L’Atalante, car de cygnes nous en parlons et en parlerons abondamment cette année. Il s’agit bien sûr de la parution, légèrement augmentée, du très connu conte des six frères cygnes. Parution en deux temps et deux tomes, en septembre et en octobre.
Il s’agit d’ailleurs d’une vieille tradition qui veut que les anciens contes soient régulièrement évoqués mais aussi réinterprétés au cours du temps et de l’évolution des mœurs. La nouveauté tient dans le fait qu’aujourd’hui Juliet Marillier, une néo-zélandaise, en a tout simplement fait un roman.
Un roman à lire aujourd’hui, mais est-ce un véritable roman ? Car un conte ne donne guère que les os d’une histoire, il faut rajouter bien de la chair avant de retrouver notre façon moderne de raconter les histoires.
Chirurgie amplement réussie, à tel point que les événements attendus du conte parviennent tout de même à vous surprendre ! La marâtre en particulier est un personnage fort réussi dont la nocive emprise psychologique sur la maisonnée est presque plus violente que la transformation même des frères de l’héroïne en cygnes.
Quant au contexte, c’est lui qui apporte la touche d’étrangeté que nous cherchons tous ici, mais Juliet Marillier ayant inscrit son roman dans notre histoire a fait appel au magique tel qu’il nous apparaissait avant l’ère des rationalités : une grille d’interprétation profondément différente de la nôtre où tout objet, toute personne, tout événement peut accueillir une part de surnaturel. Vous rencontrerez les anciens habitants de notre Terre, vous les entendrez, mais vous ne les comprendrez pas ! Merci Juliet pour cette part d’inconnu.
Si vous voulez commencer la lecture, voici le Premier chapitre du roman Sœur des Cygnes ainsi que la carte, pour mieux vous situer!

Enfin quelques avis de lecteurs…
L’écriture de Juliet Marillier est très agréable, douce, la plume est fluide et on ne s’ennuie pas un seul instant. L’auteur installe très vite un monde à la fois doux, mystique et un peu merveilleux. On est vite emporté dans cette Irlande magique, et pour moi qui suit fane de littérature Arthurienne, je ne pouvais mieux tomber. Les péripéties de l’héroïne vont plus loin de le conte lui même et l’enchaînement est logique mais surtout crédible.
Ifisdead.net
Adapté à partir d’un conte de Grimm, Sœur des Cygnes se distingue par une écriture lente et sensible, qui fait la part belle aux émotions et au vécu, loin de la mode qui veut que tout roman comporte une aventure et de l’action à chaque page. L’ambiance est magique et la narration très belle, s’étalant sans difficulté sur de nombreuses années pour plonger le lecteur dans une atmosphère surréaliste où les mystères de la nature et ceux de la magie se mêlent harmonieusement aux horreurs de la guerre. Un très beau conte, très vivant et sensible.
Les chroniques de l’imaginaire

Sa plume discrète et sensible sait émouvoir le lecteur et le récit sans prendre une ampleur au fil de ses pages, au-delà de la simple question du style évidemment, avec une approche rafraîchissante et souvent pertinente de son histoire plutôt qu’une bête redite vis-à-vis du conte original de Grimm, Les six frères cygnes. Le lecteur a vraiment l’impression de se retrouver plongé dans l’Irlande médiévale… la magie en plus !
Une lecture fraîche et délicate, parfois un peu plus sombre qu’on pourrait le croire.
Elbakin.net
Je vous invite à redécouvrir [ce conte] sous la plume d’une véritable conteuse. C’est que, si connues que soient leurs histoires, les vrais conteurs n’en ont que faire, car ils ouvrent à chaque fois une nouvelle porte sur des lieux que nous côtoyons depuis des centaines et des centaines d’années à travers tous ceux qui nous ont précédé.
Je rends grâce à l’auteur de m’avoir ouvert celle-ci sur son monde. Ce fut un enchantement dont je ne peux que souhaiter le partager avec vous.
Les chroniqueurs vagabonds
Alain