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L'ATALANTE

3.09.2010 « C’est un peu Noël tous les mois ! »

La petite phrase de titre est à mettre au compte d’Angèle, actuellement stagiaire à L’Atalante, pendant le déballage des cartons.
Ce matin sont arrivées deux palettes contenant une petite partie des livres de nos parutions pour septembre. Tout à coup on hésite à se sentir comme à Noël pour l’excitation ressentie à l’ouverture des paquets, ou la rentrée, parce qu’avec ces livres de septembre nous savons que l’activité repart de plus belle pour l’année!

Les palettes en question, déjà ouvertes…


Précisons que le livreur était également étonné : « Ce sont des livres, tout ça?! »
Il faut dire que la fournée est bonne et que nous avons hâte de les voir en librairie, à commencer par nos propres rayons !

Quels livres composent cet arrivage ?

He bien, tout d’abord une petite partie de la réimpression de Métro 2033, avis aux impatients et lésés du peu de stock qui restait, vous pourrez bientôt parcourir ce dédale moscovite en compagnie d’Artyom !

Ensuite ce sont les nouveaux romans de septembre !

  • Le nouveau roman de Walter Jon Williams, Le Coup du cavalier (traduit par Patrick Dusoullier) sous une surprenante couverture de Genkis.
  • La suite de la trilogie d’Ursula K. Le  Guin, Voix (traduit par Mikael Cabon) illustrée par Larry Rostant, reprise des couvertures parues aux États-Unis.
  • La seconde partie de Fils de l’ombre de Juliet Marillier (traduit par Hélène Bury). Remerciez Benjamin Carré pour la couverture !
  • Et, pour notre collection jeunesse Le Maedre, un tout nouveau roman de Jean-Marc Ligny, où musique et surnaturel s’entremêlent, j’ai nommé Mal-Morts. Avec une superbe illustration de Coliandre !

Et voici la photo de classe (en direct de mon bureau) !

(Voyez la discrétion de Métro 2033, et excusez la qualité d’image qui vous parvient grâce à mon téléphone…)

Bonne rentrée à tous !

Eva

24.08.2010 Jack Campbell et sa flotte perdue…

On vous embête, hein, avec cette histoire de Magiciens… mais chez nous il n’y a pas que de la magie, on fait aussi du space opera et du bon !

Avez-vous remarqué que « La flotte perdue » allait terminer sa course folle ce mois-ci chez votre libraire favori ? Et quelle énergie !
L’auteur en a écrit six tomes en quatre ans, nous avons tout juste suivi son rythme. Et voici venir la fin de l’histoire. Jack Campbell a beaucoup promis, vous vous demandiez si ces extraterrestres si élusifs allaient enfin se montrer ?
Eh bien oui et, malgré le mystère qui continue à les entourer, je vous promets une belle et grande surprise.

Mais revenons sur cette série maintenant qu’elle est bouclée. Saviez-vous qu’elle a été largement inspirée par cet épisode célèbre de l’Antiquité qu’est l’Anabase de Xénophon ? La marche de 10 000 mercenaires grecs dont le commanditaire avait été tué au cours du combat pour le trône de l’empire perse et qui durent faire retraite au milieu d’un terrain hostile.

Quant au héros et sa volonté farouche de refuser le pouvoir que les circonstances et ses officiers putschistes bien intentionnés tentent de lui imposer, c’est le personnage de George Washington qui les a inspirés.
Par contre, la volonté de mettre de l’humain dans ces histoires d’acier et d’atomes fracassés est à mettre au crédit de Jack Campbell !



Le trajet de
la flotte perdue tel que raconté dans les cinq premiers livres. Carte dressée par Jacques Boulbes. Graphisme de Genkis.

Enfin, pour ceux qui se sentent abandonnés par une telle fin, rassurez-vous, Jack Campbell a prévu d’écrire deux séries parallèles dans son univers. Dans la première il développera la relation avec les étranges extraterrestres (le livre vient d’être livré à l’éditeur américain et s’appellera Lost Fleet Beyond the Frontier: Dreadnaught) alors que la seconde se situera dans un monde syndic aux prises avec l’effondrement de l’empire… du fait de l’action du terrible capitaine Geary !

Voilà pour les nouvelles sur cet auteur, vous pourrez consulter les sources de ces informations aux adresses suivantes :

Concernant Jack Campbell et ses livres, deux sites anglophones :

http://us.penguingroup.com/static/pages/specialinterests/scifi/2009/jackcampbell-qa.html

http://www.johnghemry.com/

Alain

19.08.2010 Entrez à Brakebills !

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Cela ne vous aura pas échappé, Les Magiciens de Lev Grossman est paru aujourd’hui.
Nous avons relaté ici et des avis d’autres lecteurs, c’est désormais à vous de plonger dans l’univers de Quentin avec Ce premier chapitre (format PDF) !

Un concours est également en place, en partenariat avec Elbakin.net avec à la clé plusieurs exemplaires à se partager, tentez votre chance!

Et si vous ne faites pas partie des gagnants ?
Rendez-vous dès aujourd’hui chez vos libraires préférés !

Bonne lecture à tous !

13.08.2010 Les Magiciens…sur la toile.

Peut-être l’avez-vous remarqué, l’univers du livre de Lev Grossman est depuis cette semaine sur la toile, par le biais de sites consacrés à deux éléments importants de l’univers de Quentin, héros des Magiciens…

Tout d’abord le site de Brakebills, l’université de pédagogie magique d’Amérique du Nord où Quentin ira étudier, un lieu aussi étrange que fascinant, avec un certain sens du décalage temporel.

Puis celui consacré à Christopher Plover l’écrivain qui, avec les « Chroniques de Fillory », a su enchanter des générations d’enfants … Avec en bonus le premier chapitre du Monde dans les murs, premier livre des « Chroniques » !


Les Magiciens – à paraître le 19 août en France – n’a pas laissé ses lecteurs anglophones indifférents, jugez plutôt ces quelques avis enthousiastes :

Les Magiciens de Lev Grossman est sûrement le roman de fantasy le plus merveilleux, le plus subversif et le plus captivant que j’ai lu ce siècle.
Cory Doctorow, Boing Boing.

J’ai eu l’impression d’absorber du peyotl avec J. K. Rowling.
Mickey Rapkin, GQ.

Pour les lecteurs qui ont fini depuis longtemps leurs sept ans à Poudlard, c’est avec Les Magiciens que commencent les études supérieures.
The Miami Herald.

Ce livre est mon idéal de lecture pour de la fantasy d’évasion. Un Harry Potter pour adultes. À mon avis, tous ceux qui aiment la fantasy classique et bien écrite, en passant des œuvres de C. S. Lewis aux livres de Diana Wynne Jones, vont adorer Les Magiciens.
Lisa Tuttle, The London Times.

De nos jours, chaque roman sur de jeunes sorciers dans une école de magie est inévitablement comparé à Harry Potter. Lev Grossman relève le défi et y réussit admirablement. Les préoccupations de Grossman sont typiquement adultes ; sa narration sombre, dangereuse et pleine de rebondissements. Poudlard  n’a jamais été comme ça.
George R. R. Martin.

Mais ne vous arrêtez pas à ces quelques avis et n’hésitez pas à participer sur le forum, où certains chanceux ont déjà pu le lire !

À très vite !

10.08.2010 Deux de nos romans nominés au prix européen Utopiales 2010.

Nous sommes heureux de vous annoncer que nos récentes parutions Cygnis de Vincent Gessler ainsi que Le filet d’Indra de Juan Miguel Aguilera sont finalistes pour le prix européen des Utopiales !

Cygnis, de Vincent Gessler.

Sont également finalistes :

Johan Heliot – Ordre noir
Jean-Philippe Depotte – Les démons de Paris
Ugo Bellagamba – Tancrède

Le lauréat sera désigné durant le festival des Utopiales qui se déroulera à Nantes (Cité des congrès) du 10 au 14 novembre prochain.

4.08.2010 Autres impressions

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Grossman – Les Magiciens – Scifi Universe

[Attention, cet avis révèle des points forts de l'intrigue]

Quentin vit à Brooklyn. Comme pour nombre d’adolescents de son âge, la vie de Quentin est merdique. Faire-valoir de son ami James, amoureux de sa copine Julia qui s’en moque, le jeune homme ne trouve qu’un réconfort passager dans une série de bouquins de fantasy, « Les chroniques de Fillory ». Mais voilà qu’un jour, après avoir reçu une mystérieuse lettre des mains d’une superbe infirmière, il se retrouve dans un domaine de New York qu’il n’avait jamais vu auparavant. Et pour cause, puisque la Maison de Brakebills est invisible d’habitude. On n’entre pas impunément sur le campus d’une école de magie. En réussissant l’examen d’entrée, Quentin va découvrir un autre monde, un envers du décor qu’il n’a jamais soupçonné : le monde de la magie. Très vite, il va s’apercevoir que ce monde est très loin de ce dont il rêvait. La magie, c’est dur et chiant, et le parcours du combattant qui l’attend ne fait que commencer.

Cela fait déjà bien des années qu’un petit garçon à lunettes a conquis le cœur des lecteurs du monde entier. Son nom : Harry Potter. Dans cette série, on parle d’école de magie, de sorts et de créatures fantastiques. Mais aujourd’hui, grâce aux éditions L’Atalante, jetez tout ça à la poubelle. Oubliez le binoclard gentillet et naïf. Avec Les Magiciens de Lev Grossman, la magie prend une autre dimension. Frère jumeau d’Austin Grossman (l’auteur du roman Un jour, je serai invincible publié chez Interstices), Lev n’est pas un inconnu en France puisqu’il a déjà eu les honneurs de la publication avec Codex, le manuscrit oublié chez Calmann-Lévy. Bien décidé à tordre le cou au mythe de l’école de la magie et aux univers fantastiques dans leur totalité, l’Américain couche sur papier une épopée vitriolée et incisive qui renvoie le reste de la production dans les cordes. Un pur régal.

De prime abord, rien de bien neuf sous le soleil de la sorcellerie. Un garçon qui entre dans une école de magie et découvre un monde caché au nôtre, rien de bien original. Mais ce serait vite cataloguer le roman de Grossman. D’abord parce que le style de l’auteur n’est en rien comparable à celui de J. K. Rowling ; l’écrivain fournit un travail magnifique, fluide et hautement imagé. La lecture qui en résulte se fait plaisir des yeux mais aussi plaisir d’esprit car Lev n’oublie jamais ses classiques et dissémine de multiples clins d’œil et références à d’autres œuvres célèbres. Harry Potter d’abord et naturellement, Les Chroniques de Narnia ensuite, énormément, mais aussi Le Seigneur des Anneaux. Tout y passe ou presque. Mais il ne s’agit pas là de prétention à étaler sa connaissance du genre, il s’agit avant tout de la base pour se foutre joyeusement de tout ce petit monde et déconstruire toute la magie de ces mythes.

En effet, Quentin, notre héros, n’est pas le gentil Harry, ou bien c’est un Harry sous acide et champignons hallucinogènes. Quentin n’est pas orphelin, mais il aurait bien voulu quand il voit ses parents. Non, définitivement, les élèves de Brakebills n’ont aucune envie d’aller à Poudlard. Avec ses joyeux compères, Quentin se bourre la gueule à chaque occasion, s’envoie des rails de coke, baise avec qui il peut comme il peut. Dans Les Magiciens, pas de baguettes magiques non plus, ni de chapeau de sorcier ou autres conneries naïves dans le genre : ici, la magie se fait plus proche des mathématiques appliquées, avec des centaines de règles qu’il faut maîtriser, et ce n’est pas une sinécure. Alors, comme tout étudiant qui se respecte, les élèves se détendent par la boisson ou le sexe. On croise un magicien homosexuel, un punk aux tendances belliqueuses, des professeurs capables de coucher avec leurs élèves. Bref, en compagnie de Quentin, nous sommes dans un monde adulte et trash. Fini les gamineries, avec Les Magiciens, les choses sérieuses commencent.

Le roman de 508 pages est grossièrement formé de deux parties. Dans la première, Quentin découvre la magie, son école, se fait des amis et des ennemis. Il apprend que la magie n’a rien à voir avec ce qu’on a pu dire dans des livres pour gosses, et que la vie est dure pour les magiciens. Avec lui, on découvre en fait une école de magie bien plus proche de nos facultés, avec ses clubs, ses ragots et ses contraintes. On y croise des choses extraordinaires mais pas si farfelues, à mi-chemin entre une volonté réaliste et totalement fantaisiste. La sauce prend rapidement, le plat obtenu n’en est que plus délicieux. Grossman déploie une imagination sans faille alliée à un humour fin et du meilleur effet. Il en profite également pour se payer la tête d’Harry Potter en comparant la baguette de sorcier à un sextoy tant ce gadget apparaît comme ridicule. Pas de ça à Brakebills. Il fait aussi quelques clins d’œil au Seigneur des Anneaux, que les connaisseurs adoreront.

La seconde partie se déroule surtout à Fillory, ce monde sensément imaginaire que dégustait Quentin matin, midi et soir. Fillory ressemble tout le long du récit aux Chroniques de Narnia ; l’auteur ne manque pas de s’amuser comme un fou avec cette comparaison, et le lecteur également tant l’imagination déployée fascine. Finalement, nos anti-héros tombent dans ce monde fantastique, qui se révèle bien loin de ce qu’on rapporte dans les contes. Entre un ours alcoolique et imbécile, une naïade nymphomane et deux mercenaires obsédés par la bataille, difficile de reconnaître les récits pour enfants. Surtout quand on tombe en plein milieu d’une guerre civile. Le début de cette partie joue sur un registre d’ironie malicieuse de la part de Grossman, et il se moque ouvertement des poncifs du genre. Point de quête immédiate, surtout un sentiment de « Bon, euh… on fait quoi ? » Pour finir, le Fillory imaginaire et le réel n’ont rien à voir. La réalité tend à plus d’horreur et rien n’est obtenu sans un sacrifice au-delà de l’imaginable. Les contes ne sont décidément plus ce qu’ils étaient.

Plus que le ton du récit, plus que les références et les dizaines de trouvailles, ce sont les personnages qui constituent un sans-faute. À commencer par Quentin, un poncif du genre, qui se révèle une formidable figure d’anti-héros. Il traîne sa haine de la vie et de l’insuffisance du réel tout au long du récit. Ses états d’âme, ses amours, ses accès de colère ou ses regrets, tout est réglé comme une horloge. Rarement le protagoniste principal d’un roman a été aussi réussi. Mais les autres ne sont pas à la traîne : Penny, le punk jamais réellement cerné ; Eliot, l’homosexuel alcoolique ; Alice, brisée par sa vie de famille ou encore Janet, la peste suffisante et qui ne tient pas en place. Une galerie haute en couleurs et surtout qui refuse catégoriquement les étiquettes, comme le roman lui-même. On notera aussi le personnage du professeur Maïakovski au cœur de l’Antarctique, dont le destin tragique compte parmi les fulgurances du roman. Et elles sont nombreuses, ces scènes inoubliables : Brakebills Sud et le voyage pour y arriver, la détresse de Julia, l’affrontement final à Fillory, le pays du Ni (clin d’œil aux Monty Python)… Les beaux passages ne manquent pas.

Au bout du compte, c’est le ton noir qui mélange humour et sérieux qui séduit, un registre résolument adulte à mille lieues des œuvres enfantines qu’on nous a servies. Les Magiciens contient du sexe, de la violence, de la drogue et surtout de la haine, la haine de la banalité de la vie, de son caractère insipide et de la nécessité de s’échapper par la magie. Grossman réussit en un seul et unique volume là où Rowling n’a jamais réellement convaincu. En d’autres termes, ce roman n’est rien de moins qu’un sacré tour de force, une petite pépite à savourer.

De magie, Les Magiciens en déborde. Une magie autre et irrévocablement adulte. Dans le roman de Lev Grossman, on découvre un monde aussi fantastique et surprenant que noir et drôle. Ciselée dans sa construction et multiréférencée, l’œuvre ne serait rien sans des personnages simplement parfaits et inoubliables. L’Atalante frappe fort. Harry Potter version adulte selon Lisa Tuttle, des compliments d’auteurs tels que Cory Doctorow, George R. R. Martin ou Elizabeth Hand, Les Magiciens mérite tout cela et plus encore. Laissez le vieux Harry aux oubliettes, abandonnez la vieille bicoque de Poudlard et rejoignez Quentin. Vous verrez, c’est magique.

Nicolas W.

23.07.2010 AVIS DE GROS TEMPS LITTÉRAIRE

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Chers lecteurs, voici notre premier bulletin météo-littéraire.

Je dois en effet vous annoncer l’approche d’une forte perturbation littéraire en provenance de l’Atlantique et qui frappera en premier dans les vieilles douves de Nantes en plein mois d’août. La léthargie ne sera donc pas de mise !
Tempête, ouragan ou typhon, la dénomination n’est pas encore claire, mais cette perturbation a un nom : Les Magiciens, et certains d’entre vous l’ont déjà affrontée et en sont sortis… médusés. Et c’est tout le bien que je vous souhaite !
Rendez-vous sur ce blog pour de futurs embruns.

Alain

23.07.2010 Premières impressions

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C’est un fait, aucun livre ne pourra jamais plaire à tout le monde. Et pourtant… nous avons sous la main une petite chose, trois fois rien, quelques centaines de pages de cellulose agglomérée, une petite chose, disais-je donc, qui se rapproche de ce graal. C’est pourquoi on s’est dit qu’on pourrait faire appel à l’avis de… tout le monde.

Mais attention, pas à n’importe qui.

Seuls nos adorables foromeurs dûment enregistrés pourront avoir la parole.

Je laisse donc ce blog à… Guinea Pig.

Alain

«Ne craignez pas, en choisissant de lire Les Magiciens de Lev Grossman, de tomber sur une sorte de remake d’Harry Potter. Bien sûr, Quentin est un jeune garçon qui découvre soudainement que la magie existe, masquée aux yeux du monde, et qu’il va pouvoir apprendre cet art dans une mystérieuse école, invisible aux yeux du commun des mortels. Mais, mis à part ce statut de départ, tout est différent : l’histoire, l’ambiance, les enjeux…

Le ton, bien que fréquemment humoristique, n’est pas léger mais plutôt désenchanté.

Le plus extraordinaire, à mon sens, est que bien que ce livre soit une histoire que l’on puisse (s’il le faut vraiment !) classer dans la fantasy (il est question de magie et de mondes magiques tout au long des pages), le récit est avant tout un roman initiatique. Et non pas initiatique dans un genre Indiana Jones, mais dans un genre intimement initiatique.

Quentin, le héros de ce livre, a 17 ans au début du récit ; c’est plus un jeune homme qu’un enfant, et pourtant il souffre du mal-être fréquent de l’adolescence. Son statut de surdoué n’est pas un plus, il est mal dans sa peau, tout en ayant conscience de la futilité ou de la contradiction de ses sentiments. Un autre thème sous-jacent est celui de la solitude : la charge de travail ainsi que la rivalité entre élèves (que ce soit dans le monde réel ou à l’école de magie) conduisent les élèves à l’isolement. Des alliances se créent, mais plus difficilement des amitiés.

L’histoire, bien qu’indéniablement «magique», peut apparaître, sous un certain angle, comme une immense métaphore, destinée à illustrer le délicat passage de l’enfance à l’âge adulte, avec tous ses doutes et ses souffrances, et la difficulté de prendre sa vie en main, l’obligation de faire des choix, de prendre des décisions pour l’avenir. Quentin, et c’est là l’aspect le plus attachant de sa personnalité, reste accroché à ses rêves d’enfant, et essaie de vivre à la hauteur de ceux-ci, même s’il devine que c’est une cause perdue d’avance…

Le deuxième point fort de ce livre est la volonté farouche de l’auteur de ne pas sombrer dans la facilité en ce qui concerne ses personnages : leurs failles et leurs faux pas sont nombreux, leur attitude souvent agaçante ou incompréhensible. Si vous êtes un lecteur lassé de l’aspect caricatural (ou même simplement trop lissé) des personnages des livres en général, mais surtout de ce genre, vous serez comblé.

Malgré cette exposition impitoyable des personnages, de travers en débauches estudiantines diverses (l’alcoolisme, mondain puis avéré, est un thème récurrent, et la sexualité ne connaît pas trop de tabous), l’auteur arrive à vous faire apprécier ses personnages, aussi brillants qu’exaspérants.

L’histoire en elle-même est exceptionnelle : dans un récit fluide, l’auteur nous mène vers un dénouement étonnant ; le virage que prend l’histoire est très surprenant. Il y a beaucoup d’idées originales dans la façon d’appréhender la magie, dans son apprentissage, ses applications, mais aussi dans son intérêt fondamental. La façon dont Quentin vit ses découvertes et ses expériences est exposée avec finesse et humour.

C’est un livre sans concessions, destiné plutôt à un public adulte.

L’illustration de couverture, qui montre des personnages aux visages juvéniles, pourrait faire croire à un récit plutôt orienté jeunesse. Mais si ce livre peut être aisément lu par de jeunes bons lecteurs (l’histoire est passionnante), j’émettrais tout de même quelques réserves : certains passages (quoique sobres et courts) sont plutôt crus en ce qui concerne la sexualité, et pourraient choquer de très jeunes personnes. D’autre part, le côté hyperréaliste des relations humaines (dont je vante les mérites plus haut), dénuées de tout romantisme, pourrait décevoir des lecteurs idéalistes, et les empêcher d’apprécier ce livre à sa juste valeur…»

23.06.2010 Ender : L’exil

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De deux choses l’une : soit vous n’avez encore jamais lu La Stratégie Ender d’Orson Scott Card et je vous envie, soit vous l’avez déjà lu et… je vous envie aussi !

Ender, chapitre 1 et 2

Car vous qui n’avez plus la possibilité de lire ce roman pour la première fois, vous aurez bientôt la chance de vous replonger dans cette histoire. En effet, comme les derniers chapitres de La Stratégie Ender ressemblaient beaucoup à un épilogue peu détaillé, Orson Scott Card a donc décidé de mettre plus de chair sur l’errance d’Ender. Dans Ender – l’exil, vous retrouverez donc Ender au moment où la politique terrienne reprend ses droits, après la parenthèse de la menace extraterrestre, et où Ender commence à apparaître comme un affreux croque-mitaine.

Vous constaterez combien il est facile de passer du statut de sauveur de l’humanité à celui de menace pour la paix mondiale. Vous serez également témoins de la souffrance cachée du seul être à avoir jamais détruit toute une espèce, et témoins de sa renaissance sur la lointaine planète Shakespeare, le dernier refuge de son ancienne proie.

Que les amateurs de combats se rassurent, des combats il y en a, l’arène est peut-être inhabituelle, mais ne vous y trompez pas, la lutte entre le capitaine Quincy Morgan et Ender Wiggins pour le poste de gouverneur de la planète Shakespeare est sans merci. Deux années de voyage, deux années de huis clos, deux années à comprendre Quincy Morgan afin de le convaincre de votre innocuité. Car Ender sait mieux que quiconque qu’il faut aimer son ennemi afin de l’abattre…

Quant à vous qui avez encore la chance de lire deux chefs-d’œuvre, je vous encourage à vous jeter sur La Stratégie Ender et La Voix des morts, deux livres couronnés en leur temps de tous les prix de science-fiction.

Alain.

17.06.2010 Métro 2033

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Métro-2033 les deux premiers chapitres, à télécharger gratuitement!

Peut-être le nom vous rappelle-t-il celui d’un jeu vidéo sorti il y a quelques mois. Mais Métro 2033, c’est avant tout le premier roman d’un jeune auteur russe non dénué de talent.

Après avoir connu un succès phénoménal sur Internet via le site de l’auteur, c’est sur papier qu’il continue son brillant parcours : alors qu’il est disponible gratuitement sur le Web, Métro 2033 s’est vendu à 500 000 exemplaires en Russie et a été un best-seller en Allemagne et en Angleterre. Il est aujourd’hui traduit en plus de vingt-cinq langues.

Si vous visitez souvent notre site, vous êtes déjà probablement au courant de ce succès. Mais peut-être n’avez-vous pas encore eu l’occasion de lire ce génial roman post-apocalyptique, dans lequel l’humanité, suite à une guerre nucléaire, s’est réfugiée dans le métro pour y survivre tant bien que mal. Un sujet très noir, et malgré tout très actuel. On ne peut rester indifférent très longtemps à l’ambiance si particulière de Métro 2033, tout comme on ne peut que s’attacher à l’écriture efficace de Dmitry Glukhovsky.

Des critiques commencent à paraître dans la presse, vous pouvez les lire ici !

Denis E. Savine a traduit Métro 2033 pour L’Atalante. Dans un article paru récemment sur son blog, il nous parle de sa perception le livre.


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