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Chambers - L'Espace d'un an - herissonneb.com
Posté 18 août 2017 -

L’Espace d’un An

 

L’Espace d’un An est peu commun. C’est un livre qui allie SF, pacifisme et humour. Un curieux mélange pour un « space-opéra ». Et surtout c’est une histoire finie. Adieu cycles interminables à la Dune ou à la Hain ! Ouste !

Nous suivons l’histoire d’une jeune humaine en fuite, Rosemary, engagée à bord du Voyageur, un vaisseau-tunnelier composé d’un équipage plutôt… hétéroclite.

Au fur et à mesure que les personnages se dévoilent et s’apprivoisent, une multitude de races, coutumes et langues s’offrent à nous sans jamais céder au chaos. La narration est claire et les explications scientifiques, historiques et culturelles cohérentes. Au final la trame principale passe au second plan et l’action n’est plus qu’un prétexte à la découverte et à la tolérance.

Que ça soit entre un technicien de l’équipage et l’intelligence artificielle du vaisseau, ou entre le capitaine et une race d’extraterrestre muette humanoïde, l’Amour ne souffre d’aucunes barrières, d’aucunes limites. Le slogan de ce livre pourrait être Interspecies : love & discover.

Ecrire une histoire se déroulant sur un vaisseau qui creuse des trous de vers dans l’Espace en ouvrant la voie aux autres est vraiment l’idée originale - et conductrice ! - de l’auteure ❤ Mais le discours critique des mœurs guerrières humaines, de la traite des animaux et de la pollution ponctue également le récit, on n’est pas non plus chez les bisounours (quoique les dialogues soient très drôles).

On peut conclure par : c’est un livre qui fait du bien.

Je n’en dis pas plus, et je termine par une petite citation qui, je l’espère, vous donnera envie de fourrer votre nez dans ce petit bijou.

 

- […] « Ça sert à exprimer des idées si simples qu’on ne veut pas gaspiller des mots, ou bien des sentiments trop personnels.
- Trop personnels ?
- Oui, essentiels ou difficiles à formuler. L’amour, la haine, la peur. Tu sais, quand tu as quelque chose d’important à dire à quelqu’un, tu bégaies comme une idiote ou tu te plantes devant ton miroir pour t’entraîner. Les Aandrisks n’ont pas ce problème. Ils laissent les gestes exprimer tout ce qui passe mal. A leurs yeux, les sentiments profonds sont universels au point de pouvoir être définis d’un revers de main, même si les causes de ces sentiments sont uniques. »

 

Manon Tdy

 

 
 
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Dunyach - L'enfer du troll - Appuyersurlatouchelecture.com
Posté 18 août 2017 -

"La mission qu'il nous propose est totalement absurde, mais elle est dotée d'un budget. Il se passe quelque chose de vraiment inhabituel, tu ne trouves pas ?"

Il y a deux ans, paraissait "l'Instinct du Troll", un court roman plein d'humour où la vie de bureau devient un univers de fantasy. Un mélange détonant servi par l'humour déjanté et riche en calembours de Jean-Claude Dunyach. Une lecture qui se dévorait aussi vite qu'un troll n'avale une poignée de pierres précieuses et l'envie de retrouver le Troll, la Trollesse, Cédric, le stagiaire, Sheldon, l'écuyer geek, et sa chère et tendre Brisène était grande. Voici nos voeux exaucés, avec un deuxième volet aux aventures de ce troll pas comme les autres, bougon et soupe au lait, mais avec un coeur tendre, même s'il est de pierre, gros comme ça. L'Enfer du Troll, paru aux éditions de L'Atalante, est dans la même veine (sacré boulot, les nains !) que le premier volet, une espèce de super production plein de clins d'oeil, de jeux de mots terrifiants, de situations incongrues et de stress. Eh oui, ça reste quand même la vie de bureau, même s'il est particulier, et le burn-out n'est jamais très loin...

Incroyable, mais vrai : le Troll est en vacances ! Lui, l'infatigable et intransigeant contremaître, a pris un congé ! Oh, pas un congé payé, non, ces vacances impromptues sont la conséquence de sa démission, suite au fiasco relaté à la fin de L'Instinct du Troll. Le Troll a assumé pleinement la responsabilité de cet échec et en a tiré les conséquences en se retirant de la vie de l'entreprise...
Bon, forcément, les vacances, ce n'est pas trop son truc. Il a bien profité des premiers jours pour agrandir le salon de coiffure que dirige sa belle et douce amie, la Trollesse, mais il est arrivé au bout des possibilités et commence un peu à tourner en rond. L'ennui guette, l'oisiveté menace, il va vite falloir trouver une occupation... Ou se résigner à retourner au fond de la mine...
 
C'est alors que le couple de trolls, encore tout étourdi d'amour partagé, voit débarquer au salon l'ex-chef du Troll, l'oncle de son ancien stagiaire, Cédric. Il ne vient pas se faire pomponner, mais proposer un job au Troll. Pas celui qu'il occupait avant, mais une mission, assortie d'un budget, oui, un budget ! Dingue, non ?
Et en plus, il y a un beau voyage à la clé ! En effet, la mission consiste à accompagner le mââââgnifaïk couple que forment Sheldon et Brisène dans son voyage de noces. Croisière, paquebot de luxe, mer turquoise... Et, oh, juste une petite visite de mine, une mine creusée au coeur d'un volcan. Ce ne sera rien que l'affaire de quelques minutes, comme ça, juste pour voir, bien sûr...
Le Troll est dubitatif, mais la Trollesse, elle, se montre enthousiaste, au point que c'est à elle que le chef décide de confier la mission. Oh, ils ne sont pas dupes, nos gigantesques et rocailleux amis. Ils se doutent bien que le chef ne leur a pas tout dit. Qu'au mieux, il leur a caché des choses, qu'au pire, il leur a menti les yeux dans les yeux... C'est ainsi. Mais comment refuser ce voyage de rêve ?

Deuxième volet de cette série, et déjà des vacances, est-ce bien raisonnable ? Comment, dans ces conditions, développer la satire du monde de l'entreprise qui en est le principal argument ? En organisant des vacances qui n'en sont pas vraiment, vous l'aurez compris. De toute façon, le Troll est un hyperactif, les vacances, ce n'est pas pour lui, alors, le chômage !
Mais, ce n'est pas lui qui commande, dans cette histoire. C'est bien la Trollesse qui, avec son regard décalé, moins expérimenté, mais du coup moins blasé, tient les rênes de cette mission au combien importante, ont-ils cru comprendre, et qui débute le plus mal possible... Pourtant, croyez-moi, ils ne sont qu'au début d'un voyage fort mouvementé...

On retrouve donc la plupart des personnages présents dans L'Instinct du Troll, plus quelques nouveaux, qui, pour l'occasion, vont se retrouver dans des rôles à la Agatha Christie : ce sont tous des coupables potentiels de la disparition de Sheldon... J'ai évoqué Poirot et Race, mais peut-être faudrait-il parler de Prudence et Bélisaire Beresford, pour évoquer le duo trollesque, cela leur siérait mieux.
A croire que ce pauvre Troll attire les ennuis... Lui qui rumine encore son échec se retrouve dans une situation bien délicate. Un échec, c'est déjà dur à encaisser, mais un second dans la foulée, ce serait inacceptable. Et il se le reprocherait certainement encore plus que ses supérieurs. Il est comme ça, le Troll, un perfectionniste, un idéaliste, que la culpabilité ronge vite...

La suite, bien évidemment, je ne vais pas vous la raconter. On va encore changer de tonalité, avec un final digne de James Bond, des clins d'oeil très drôles à Star Wars et Harry Potter, entre autres, quelques calembours "Made in Dunyach", c'est vous dire si c'est du bon (ou du mauvais, si l'on considère, comme Boby Lapointe, que plus un calembour est mauvais, meilleur il est).
De l'aventure, des rebondissements, de l'action, du danger, un suspense insoutenable, ce billet ressemble de plus en plus à une bande-annonce de film des années 1950-60, avec une voix off qui surjoue à peine... Bref, si le livre ne fait que 200 pages, tout au plus, et dans un mi-format, il s'y passe plein de choses, suffisamment pour que le Troll ait effectivement l'impression d'être en enfer...
Souhaitons-lui qu'il ne perde pas son Eurydice en en remontant, car dans son état de nerf actuel et avec son caractère qui le pousse vite à broyer du noir (et pas seulement pour en tirer des diamants), ce serait la dépression assurée. Et un Troll qui déprime, c'est tout à fait incontrôlable, mieux vaudrait qu'il reprenne le travail !

Le duo Troll/Trollesse est un bonheur, tant ils sont différents l'un de l'autre. Deux opposés qui s'assemblent et se complètent parfaitement, que ce soit dans leur vie privée (dont tout les passagers du bateau vont profiter, vous le verrez, et pas seulement eux, d'ailleurs), mais aussi dans cette mission qui leur a été confiée.
Il est un indécrottable pessimiste, elle voit toujours le bon côté des choses, il se résigne sans cesse à ce que tout se passe mal, elle cherche à tirer le meilleur des situations qu'elle doit affronter... A se demander si elle ne serait pas la contremaîtresse idéale et si lui, ne devrait pas songer à une reconversion express dans un domaine qui serait moins néfaste pour son moral...

Et puis, il y a le jeu avec l'univers du travail, de l'entreprise, le jargon (qu'est-ce que ce sera dans le tome suivant, quand Jean-Claude Dunyach, je n'en doute pas, s'attaquera à l'esprit start-up cher à notre nouveau président !), les situations... Et franchement, je le dis avec sincérité et admiration, l'idée qui préside à la partie finale du livre est tout simplement géniale et hilarante.
La combinaison entre le roman d'action, ses schémas, ses archétypes, et les éléments issus de la politique managériale de l'entreprise et la touche de fantasy qui fait la spécificité de cette série est juste parfaite. C'est une émulsion qui monte, qui monte et qui nous mène à un enchaînement de situations plus délirantes les unes que les autres.

Vous cherchez une lecture idéale pour vos derniers jours de vacances ? Laissez-vous tenter, il y a certes quelques allusions qui pourraient vous rappeler ce boulot que vous allez retrouver bientôt avec joie (si, si, je n'ai aucun doute à ce sujet, vraiment...), mais pour mieux le tourner en dérision et exorciser ces démons qui vous attendent de pied ferme à la rentrée...
Entre les deux romans de la série, Jean-Claude Dunyach a su prolonger et renouveler son concept. Euh, rassurez-vous, je ne vais pas vous rédiger une conclusion à la façon des briefings et des mémos qu'on croise dans les deux romans. Non, je vais rester humain et clair jusqu'au bout, promis. Simplement pour vous le redire : si vous cherchez des bouquins pour rire, ne cherchez plus !

C'est le Troll qu'il vous faut !
 
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