Tiphaine Patraque a été repérée par Miss Tique. C'est une sorcière ! Et même avec un gros potentiel d'après elle. C'est pourquoi elle décide de l'envoyer en apprentissage chez mademoiselle Niveau. Bien sûr, Tiphaine a quelques petits pouvoirs comme le "Vois-moi" qui lui permet de sortir de son corps et de se voir pour savoir si sa nouvelles robe lui va bien et si son chapeau est bien mis. [...]
Un très bon épisode du Disque-Monde dans lequel la sorcellerie est au premier plan. Toutes les sorcières nous donnent chacune leur vision de ce qu'est réellement la sorcellerie et surtout à quoi elle sert. Une belle leçon d'humanité et bien sûr l'humour de Terry Pratchett toujours là où il faut. Que du bonheur de lecture.
Arsenik, Les Chroniques de l'imaginaire (décembre 2007)
Terry Pratchett est très connu chez les amateurs d'heroic fantasy. En effet, cet auteur plébiscité chez nos amis britanniques est l'auteur du fameux cycle du Disque-Monde, une oeuvre de 29 volumes (depuis 1983), dont il adapte ici une petite partie, avec l'aide de Stephen Briggs. Il va donc sans dire que le scénario de Au guet ! est aussi proche que possible de la saga fleuve de Pratchett, l'absurde côtoyant le loufoque, dans un univers magique empêtré dans une politique bavarde qui vire à la farce. Car si sa vision du genre reprend les codes traditionnels, l'auteur en profite pour critiquer nombre travers de notre société contemporaine, tout ceci avec un ton très britannique et un sens du gag que ne renieraient pas les Monthy Python ! Si la continuité du récit est parfois discutable (problème commun aux adaptations de romans), l'histoire est suffisamment touffue pour retenir notre attention, les passages les plus lents étant agrémentés d'apartés toujours jubilatoires. Graphiquement, Graham Higgins (encreur sur Animal Man/DC) est proche des standards européens et n'apporte rien de notable à une histoire dont la richesse se suffit à elle-même. A découvrir.
ASA, L'avis des bulles (novembre 2007)
Les mages de l’Université de l’Invisible ont créé par accident un univers de poche bizarre : le nôtre. À leur façon non moins bizarre (pour nous), ils tentent d’en comprendre le fonctionnement et, inutile de le dire, ils iront de bourde en gaffe ! Ça, c’est pour la partie « fiction » (quoi qu’en disent les mages).
Entre les vingt-cinq chapitres de cette histoire désopilante de Terry Pratchett, Stewart et Cohen en insèrent vingt-quatre autre qui font le point sur ce que nous connaissons de ce monde qui est le nôtre et qui, à bien des égards, est tout aussi bizarre que celui du Disque-Monde.
Bien articulé et bien documenté, chacun de ces chapitres fait le point sur ce que la Science sait sur… le début de l’univers, sur sa dynamique et sa composition, sur la naissance de la vie et son évolution, sur la mort des dinosaures, sur l’apparition de l’intelligence… bref, Stewart et Cohen nous convient à un fascinant voyage à travers les connaissances scientifiques du début du XXIe siècle (la version traduite date de 2002).
Un livre passionnant, qui allie fiction et science de façon exemplaire, un livre qui a sa place dans toute bonne collection de fantasy ou de vulgarisation scientifique.
Tout simplement brillant !
Jean Pettigrew, Solaris 164, automne 2007
Richesse du vocabulaire, profusion des formes nominales, imagination abrasive, toute la force de l'auteur tient dans la maîtrise de ces véritables réservoirs de la vie courante, où sous les situations les plus anodines ou les plus absurdes, il pointe le doigt sur l'ironie et la satire pour le plus grand bonheur des lecteurs. Délectable, sa prose se ballade à présent depuis des millions de signes avec toujours la même santé et la même inventivité. (...)
Emmanuel Collot, Science Fiction magazine, septembre 2008
Le commissaire Vimaire a un problème! Encore? Eh oui! Cette fois, le Guêt va devoir s'interposer entre les Trolls et les Nains qui font ressurgir d'un lointain passé, une querelle qui a pris naissance dans la vallée de Koom, là où les Nains ont tendu une embuscade aux Trolls. A moins que ce ne soit le contraire. Là où les Trolls ont battu les Nains. Ou les Nains, les Trolls? Enfin, cêt va devoir s'interposer entre les Trolls et les Nains qui font ressurgir d'un lointain passé, une querelle qui a pris naissance dans la vallée de Koom, là où les Nains ont tendu une embuscade aux Trolls. A moins que ce ne soit le contraire. Là où les Trolls ont battu les Nains. Ou les Nains, les Trolls? Enfin, c'est quelque chose dans ce goût-là.
Toujours est-il que ce conflit séculaire vient de prendre corps dans la ville d'Ankh-Morpok. Et ce n'est pas pour arranger les affaires de Vimaire qui doit en plus surveiller l'intégration d'un vampire dans les rangs du Guêt. Ou plutôt, une vampire. Jeune (enfin, pour un vampire) et belle (comme tous les vampires). Là aussi, cela va créer des problèmes, notamment avec Angua, la louve-garou, puisque, comme on le sait, vampires et loups-garous se détestent. C'est séculaire! Non pas à cause d'une embuscade ou d'une bataille, mais tout simplement parce que les loups-garous ont les vampires dans le nez et que ça met les vampires de mauvais poil. A moins que ce ne soit l'inverse.
Toujours aussi désopilant, l'univers du Disque-Monde voit débouler un volume absolument magnifique, nous prouvant une nouvelle fois que l'auteur se bonifie avec le temps. Riche en rebondissements, en intrigues parallèles, en critiques sur notre monde moderne, tout en conservant une pointe de tendresse (les relations entre Vimaire et son fils), Jeu de Nains est un roman impressionnant de maîtrise et de drôleries dont on ne peut sortir indemne. Au fait, j'ai oublié, il y a aussi une histoire de vache que l'on cherche tout au long du roman et qui permet à Vimaire de s'en sortir. Roman sur la tolérance, le respect et l'altérité, Jeu de Nains transcende les genres et nous prouve que la fantasy teintée d'humour anglais a encore de bien beaux jours devant elle!
Denis Labbé, LeFantastique.net
Lorsque le lecteur entre dans un roman de Terry Pratchett, il peut s'attendre à tout! Surtout s'il connaît déjà l'auteur et son Disque-Monde. L'œil aux aguets, l'esprit ouvert, il guette à chaque détour de page, l'élément surprenant, le gag désopilant, la critique acerbe. Eh bien, même préparé à tout, le lecteur est toujours déstabilisé par un motif, un thème, une péripétie, un personnage! C'est d'ailleurs ce qui fait le charme d'un roman de Pratchett. On a beau connaître sa manière de procéder, celui-ci parvient toujours à nous avoir. Avec Timbré, c'est évidemment le cas. On peut même dire que l'on tient-là, l'un de ses meilleurs romans, notamment parce qu'il emprunte de nouveaux sentiers que l'on ne lui connaissait pas. Délaissant pour un temps, les enquêtes du commissaire Vimaire, ce roman nous entraîne dans le sillage d'un escroc de bas étage qui va avoir la vie sauve grâce à l'intervention de Vétérini qui en fait le nouveau ministre des Postes. S'ensuit alors une aventure intimiste et sociale qui va bouleverser la physionomie et l'histoire d'Ankh-Morpok.
Bien trop souvent, la critique s'arrête au côté humoristique des romans de Terry Pratchett, délaissant sa critique sociale, son humanisme et son analyse des rapports humains. Si certains de ses romans peuvent se passer de cette analyse, il serait terriblement hasardeux d'éviter cette triple confrontation dans Timbré. En effet, si ce roman conserve la verve et l'humour habituel des Annales du Disque-Monde, on perçoit, comme dans certains des précédents romans du cycle, un infléchissement qui épaissit l'ensemble en lui permettant de dépasser la simple fantasy pour le faire entrer dans les mêmes problématiques que la littérature générale, le côté épique en plus. Cela donne à Timbré un souffle qui manquait aux premiers romans de Pratchett.
On ressort ainsi de ce roman avec le sentiment d'avoir eu accès à la fois à une rédemption personnelle et à une attaque de notre société consumériste déshumanisée, dans laquelle l'homme compte moins que l'argent qu'il peut rapporter. A l'heure de cette crise mondiale qui écrase tout le monde, ce roman de Pratchett va sans doute parler d'une voix un peu plus forte encore. A cela s'ajoute une critique acerbe des services publics britanniques qui ne fonctionnent plus vraiment comme tels. Mais n'est-ce pas le cas dans de nombreux pays? Et c'est justement là que la critique touche le plus, dans ce côté universel du message qu'elle véhicule, nous faisant prendre conscience qu'une partie du monde que nous connaissons depuis deux siècles est en train de s'effondrer, comme à Ankh-Morpok. Un grand roman de Pratchett qui annonce d'ailleurs le suivant de manière subtile.
Denis Labbé , LeFantastique.net
Force est de reconnaître qu'il m'arrive très souvent de me dire en farfouillant à droite à gauche dans une librairie, en soulevant beaucoup de poussière et en remuant des piles et des piles de livres : « Voici enfin une perle rare ! ».
C'est vite dit et rien n'est parfait. Pourtant, l'espèce de brique au sujet indigeste que je m'apprête à vous présenter en est bien une.
Il s'agit de « La science du Disque Monde » de Terry Pratchett, Ian Stewart et Jack Cohen.
Pour quelqu'un qui n'aurait jamais lu un bouquin de ces auteurs, ma foi, il est peu probable que le titre soit évocateur ou attrayant. Pour les autres qui connaissent les auteurs, la critique est inutile, ils sont déjà partis acheter le livre au magasin.
Avec Terry Pratchett, la fantasy est particulièrement drôle et déjantée. c'est le maître incontesté de l'humour dans le genre. Jeu de nains vous plonge dans la ville complètement folle d'Ankh-Morpork où le pire côtoie souvent le pire.
Le commissaire Vimaire aura cette fois fort à faire pour calmer les tensions entre les trolls et les nains. Leurs bandes rivales ne cessent de s'affronter, risquant de mettre la ville à feu et à sang. Pas facile, quand en plus on a dans son équipe un troll et un nain... Encore un roman ebouriffant de Terry Pratchett où les blagues dégringolent des pages à toute vitesse.On en redemande!
Jérôme Vincent, Science & Vie Junior, octobre 2008, n°229
Au vu de la situation économique et financière du monde réel, ce roman écrit en 2007 tombe à pic. Pratchett nous plonge dans les entrailles du système économique morporkien. A sa base, il y a le gloupier, le modèle hydraulique de gestion des flux, modélisant et gérant la santé financière du pays. Il est dirigé par un Hubert et un Igor merveilleux.
Pour remettre la banque dans le bon chemin, Von Lipwing devra abattre un boulot titanesque, contrôler, Fripon, le caissier principal, mettre de son côté des alliés pour empêcher la famille Prodigue (détentrice de quarante-neuf pourcents des actions) de reprendre la banque, câliner Pinaille (la guilde des assassins veille), faire attention à sa secrétaire (un golem femme), développer les billets de banque, annuler l’étalon or et, surtout, faire en sorte que personne ne découvre sa vraie identité, car Moite von Lipwig est un escroc !
Ce Monnayé est un bien bon Pratchett, pétillant et délirant. L’auteur tourne en dérision le monde économique, il parodie notre confiance en l’or et met en évidence les bienfaits de la théorie des flux monétaires, tout en conservant son trait légendaire. Ajoutez à cela des personnages extrêmement attachants, un système monétaire curieux, des revendications syndicales et féministes pour les golems et votre lecture sera passionnante et émaillée d’éclats de rire.
En conclusion, ce livre est un très bel opus des Annales du Disque-Monde qui, sous le sapin, fera beaucoup d’heureux. Dis Père Noël, apporte-moi un Igor…
Même sans trop connaître ce Monde, on peut tout à fait comprendre le
propos. Les personnages sont attachants (si je puis dire) et pour peu
qu'on vous explique ce qu'un Orang-Outang vient faire là, tout ira très
bien.
Autre point fort : le sérieux et l'humour se mélangent habilement, de plus, chaque
point abordé est expliqué et détaillé, toujours avec fluidité. Cette
concision scientifique est mêlée avec un réel talent de vulgarisation!
Ajoutez à cela une mise en scène bien pensée (la partie pratchettienne)
et les diverses sciences abordées semblent très simples.
Bien sûr
je ne vous dis pas grand chose de l'histoire, mais c'est pour laisser
plus de suspens. Sait-on jamais, les gros reptiles iront peut-être loin?
Vous voulez parfaire votre culture scientifique avec un bon livre,
allez-y, en plus vous rirez !
Voir le monde et nous-mêmes ainsi
traités, rire et s'étonner de découvrir ce qui nous constitue, quoi de
mieux pour se comprendre?
Mon petit préféré en matière de vulgarisation!
Les romans du Disque-Monde, a priori destinés à un lectorat plus jeune (mais largement tout aussi intéressant pour les fans les plus agés), traitent quant ) eux plus particulièrement des relations sociales. Au travers du personnage de Tiphaine (dont ce tome est la troisième aventure) et des us et pratiques des sorcières, il se plaît à sonder le fonctionnement et la nature de la psychologie humaine et de ses intéractions. Ainsi, au fil de l'évolution personnelle et professionnelle de sa jeune héroine, Terry Pratchett considère la manipulation psychologique, la prégnance des croyances, la force des représentations mentales, les conflits intérieurs, le non-dit et la mystification que nous pratiquons régulièrement sans même parfois nous en rendre compte comme partie intégrante de toute relation humaine. Vivre avec les autres, c'est avant tout vivre avec soi. Et ça ne signifie pas que ce soit plus facile pour autant. En matière de socialisation, l'honnêteté peut parfois ressembler à un bon gros mensonge, sans que ce ne soit une tromperie pour autant. Allez comprendre…
Toujours drôle, inventif et profondément humain, Terry Pratchett est décidement un auteur à ne pas laisser de coté.
Comme ce nouveau roman.
Retrouver les personnages de Timbré est un vrai régal, sans compter les petits nouveaux (…) dans unes intrigue complexe digne du Patricien. Bref, un bon p'tit Pratchett, et on savoure parce qu'ils vont se faire rare maintenant!
Le 32e livre des annales du Disque-Monde remet en scène Moite von Lipwig alias Albert Paillon, escroc notoire, que nous avions vu à l'oeuvre, dans l'opus précédent, remettre sur pied la vénérable institution postale d'Ankh-Morpork. Cette fois il a la redoutable tâche d'assainir le système bancaire mis à mal par des générations de capitalistes sans scrupules et sans talent particulier, autre que celui d'empocher les dividendes. Redoutable mission que seul un aigrefin de première catégorie peut mener à bien. Entre les balbutiements de l'informatique versions morpokienns et l'informatique versions moporkienne et l'invention du billet de banque, Terry Pratchett se livre à son activité favorite : dynamiter toutes nos belles valeurs et briser en mille éclats de rire le miroir de nos vanités.
Hubert Thierry, Le dauphiné, 30 nov 2009.
Ce Drame de troll est une petite histoire sympathique et amusante sur la nostalgie d’une rencontre entre Cohen et un troll. Je pense que ce récit est une excellente mise en bouche avant de se plonger dans «Les Annales du Disque-monde» et de ne plus jamais en sortir !
Voici la deuxième édition du vade-mecum du Disque-Monde, cinq ans après la sortie en France du premier opus. Enrichi et mis à jour, ce livre relève la gageure de recenser l’ensemble des héros, seconds rôles ou personnages insignifiants sortis de l’imagination de Terry Pratchett. On y découvre également de l’histoire, des cartes, des plans, des éléments sur la faune et la flore, le tout accompagné de commentaires pertinents. Il suffit de quelques exemples pour illustrer la richesse de l’ouvrage. Par exemple, on apprend au fil des pages des choses totalement inutiles, comme la composition du paquetage des membres du Guet d’Ankh-Morpoth ou les différences sexuelles chez les nains (quoique…). Il y a aussi les informations superflues et indispensables, comme le descriptif des plantes rétro-annuelles, qu’on plante cette année pour faire la récolte l’année dernière. Le développement présenté est aussi illogique que savoureux. Mais le vade-mecum propose surtout de nombreux articles très bien faits et instructifs, abordant l’organisation d’Ankh-Morpoth ou des guildes, l’histoire de la MORT, l’inimitable Planteur J’Me Tranche La Gorge, ou bien encore le fonctionnement de l’univers. Sans oublier le portrait de toutes les figures mythiques du Disque-Monde, comme Rincevent, Mémé Ciredutemps,… Alors, utile ce nouveau vade-mecum ? Pour les possesseurs du premier ouvrage, il est clair que plusieurs années (plus en Angleterre qu’en France du reste) ont passé entre les deux éditions et T. Pratchett en a profité pour écrire et publier onze livres ! Les mises à jour ne sont donc pas mineures et le Disque-Monde a beaucoup évolué, s’est étoffé et a vu la hiérarchie des héros se modifier. Pour les autres amateurs du monde de A’Tuin, cet ouvrage permet de se remémorer facilement un personnage croisé à la lecture du dernier volume, de faire le point sur des éléments importants du Disque-Monde tout en passant un bon moment. Car la lecture est facilitée par le ton humoristique du livre, fort heureusement d’ailleurs, s’agissant d’une étude de l’œuvre du maître de la fantasy parodique. Ajoutons à cela une interview de T. Pratchett, égal à lui-même, et l’ensemble offre un bel outil de lecture, aussi indispensable que nécessaire.
Christophe de Savoie,2 octobre 2006, phenixweb.net.
On n'entend pas souvent – pas assez – parler de Sir Terry Pratchett. En tous cas, pas sur les médias français grand public. Ce fut donc une étrange et douloureuse surprise, la semaine dernière, d'entendre et de voir son nom cité à plusieurs reprises par la radio et la presse hexagonales. Un nom associé non pas à l'oeuvre la plus savoureuse, brillante et intelligemment délirante qu'on ait connu de mémoire de lectrice de fantasy, mais au débat sur l'euthanasie, qui fait rage en Grande-Bretagne : « L'écrivain britannique, atteint de la maladie d'Alzheimer, a proposé lundi de mettre en place des tribunaux qui auraient le pouvoir d'autoriser les proches de malades incurables à les aider à mettre fin à leurs jours », écrivait notamment 20 Minutes. Depuis lundi dernier, cette dérangeante proposition est passionnément discutée par les médias britanniques, les associations de malades, les parlementaires, les médecins, les autorités ecclésiastiques, etc. Avec un émoi difficile à comprendre, de ce côté-ci du Channel, si l'on ne sait pas ce que représente Terry Pratchett dans le paysage culturel anglo-saxon.
Anobli par la reine fin 2008, Sir Pratchett n'est pas seulement un écrivain célèbre, salué par ses pairs en littérature de l'imaginaire comme par de grands noms de la littérature dite « générale », c'est surtout un créateur d'univers, un Tolkien qui serait entré en collision avec les Monty Python, ou encore une version XXIe siècle de Voltaire et de Jonathan Swift, ces démiurges pamphlétaires qui ne créaient des mondes bizarres que pour mieux critiquer celui qui les abritait. Dans son grand œuvre, Les Annales du Disque-Monde (37 bouquins, traduits en 37 langues, plus de 65 millions d'exemplaires vendus), issu d'un big bang romanesque qui remonte à 1983, Pratchett a commencé par détourner sur le mode comique les archétypes de l'heroic fantasy (épées magiques, sorcières, trolls, dragons) avant de passer à sa moulinette satirico-fantastico-philosophique les petits et grands sujets qui préoccupent l'humanité depuis la nuit des temps : religion, politique, culture, éducation, science (entre autres), tout y est passé. Miroir à peine déformant de notre vieille Terre, le Disque-Monde est plat, circulaire, et soutenu par quatre éléphants, lesquels sont portés par une tortue stellaire géante. On y croise des mages incompétents, un bibliothécaire orang-outan, un trio de sorcières pseudo-macbethiennes, un super-héros cacochyme... et la Mort, un Faucheur neurasthénique qui S'EXPRIME TOUJOURS EN MAJUSCULES, se perd en conjectures sur les bizarreries du raisonnement humain et est devenu, on ne sait trop comment, l'un des personnages les plus populaires et attachants de la saga.
Farcies de références plus ou moins cryptées (Terry Pratchett est un homme cultivé, voire érudit, mais aussi un sacré farceur), d'aphorismes inoubliables et de théories loufoques, Les Annales du Disque-Monde séduisent un public infiniment plus large que les lecteurs habituels des ouvrages de fantasy, parce qu'elles nourrissent bien plus que nos imaginaires. Elles posent un regard empreint de dérision, d'agacement et (malgré tout) de bienveillance sur nos petites et grandes contradictions. Aucun rebondissement n'y est aussi cruel que celui qui a bouleversé l'existence de leur créateur : cet homme doté d'une telle lucidité sur le monde contemporain, et qui trimballe un univers parallèle en parfait état de marche dans son cerveau, est précisément atteint de LA maladie qui éteindra peu à peu cette lucidité, et fera disparaître cet univers par petits morceaux. (...)
Les Annales du Disque-Monde, remarquablement traduites par Patrick Couton, sont éditées en France par l'Atalante et Pocket.
Sophie Bourdais
On récupère nos deux héros où la fin de La huitième couleur nous avait laissé. C'est-à-dire en bien mauvaise posture. A ce stade de l'histoire, il est important de savoir qu'en fait dans la tête de Rincevent s'est logé un des huit plus puissants sortilèges du Disque. La destinée de notre désastreux magicien n'est plus entre ses mains (si elle l'a un jour été) : le sortilège en question est nécessaire à l'opération de sauvetage du Disque-Monde, menacé d'être vaporisé par une énorme et très méchante étoile rouge. Le piteux mage sera aidé dans sa folle quête vers la survie par le fidèle DeuxFleurs et son Bagage vorace et le célèbrissime Cohen le Barbare. Celui-ci est un guerrier émérite mais disons ... qu'il n'a plus toutes ses dents. Sans conteste l'un des meilleurs rôles de cette superproduction pratchettienne. Encore une histoire qui part dans tous les sens, avec pleins de personnages rigolos, de retournements de situation et d'expressions imagées. On fera la connaissance du simiesque bibliothécaire de l'Université de l'Invisible et on retrouvera La Mort (bah oui quoi la mort est partout) dont on visitera même le Domaine ! Pratchett laisse tomber la séparation en parties pour nous proposer un texte écrit d'un bloc, avec juste des paragraphes qui permettent de souffler dans la lecture. Un mode opératoire qu'il conservera par la suite. Je dois avouer que c'est le seul truc qui me perturbe dans l'écriture de Pratchett : j'aime bien les chapitres. C'est parti pour une petite liste de gros clichés et de thèmes parodiés dans ce volume : • Les héros d'heroïc fantasy (Cohen toujours à la recherche de trésors et de jeunes filles à sauver) • La lutte pour le pouvoir (les mages qui s'assassinent pour atteindre le Poste Suprême) • La vieillesse (Cohen et ses dents sciées) • L'informatique (chez les druides) • Les contes (Hansel et Gretel) • Les films catastrophes (l'étoile rouge menaçant de percuter le Disque)
Plusieurs des aventures ont pour personnage principal une des sorcières, voire le trio au complet. La Huitième fille, troisième volume des Annales, raconte les péripéties de Maîtresse Esméralda Ciredutemps, plus couramment dite “Mémé Ciredutemps” ou “Esmé”. S’il y avait un principe de hiérarchie chez les sorcières, Mémé Ciredutemps serait plutôt en-haut. Mais il n’y a pas de hiérarchie chez les sorcières.
Sur le Disque-Monde, quand le huitième fils d’un huitième fils vient à naître, son destin est de devenir mage : un mage qui se sait sur le point de mourir lui transmet alors ses pouvoirs. Imaginez maintenant que ledit mage n’ai plus que 6 minutes à vivre et ne prenne pas le temps de vérifier le sexe de l’enfant avant de lui remettre ses pouvoirs… hé bien alors, la question se pose de savoir si l’enfant est un mage ou une sorcière.
Question fondamentale s’il en est : finalement, c’est quoi, la différence entre une magicienne et une sorcière ? Et puis, il n’y a jamais eu de sorcière homme et encore moins de mage femme…
Sur le Disque-Monde, il est largement admis que la magie c'est l'affaire des hommes et la sorcellerie celle des femmes. Si la première se réalise à grands renforts d'effets spéciaux, nécessite la possession d'un bourdon ( sorte de baguette magique) et est la plupart du temps en dehors de tout contrôle, la seconde est plus proche de la nature, nécessite la possession d'un chaudron et consiste essentiellement à connaitre les herbes. Nous serons bien d'accord pour déclarer que la vraie et unique différence entre les deux, c'est que les hommes sont incapables de contrôler ce qu'ils sont sensés contrôler, contrairement aux femmes qui ont bien plus de poigne.
On l'aura compris, La huitième fille aborde une thématique sujet à forte polémique dans l'espèce humaine : l'(in)égalité des sexes. Suite à une erreur de sexe, la petite Eskarina, huitième fille d'un huitième fils qui aurait dû en fait être un huitième fils de huitième fils a hérité du bourdon d'un mage mourant. Un fait sans précédent. Après de vaines tentatives pour se débarrasser de l'encombrant objet, visiblement peu au courant de la répartition des rôles homme-femme, et d'apprentissage de la sorcellerie à la petite, Mémé décide de l'envoyer étudier la magie à l'Université de l'Invisible, lieu où les mages deviennent des mages. C'est bien sûr sans compter sur l'inflexibilité du comité directionnel. Ce qui n'a pas l'air d'arrêter Mémé et Esk pour autant.
Plus construit que les deux premiers volumes, La huitième fille se lit avec autant de plaisir, toujours le sourire au lèvres, parfois se prolongeant par un petit rire guilleret (attention à la lecture dans les lieux publics). Pratchett cultive l'art de mettre ses personnages dans les situations les plus impossibles ( à leur place, je le détesterais) et de nous faire accepter toutes ses élucubrations avec une facilité déconcertante.
J’ai envie de vous parler de ce bouquin depuis des mois, mais j’ai préféré ne pas le faire avant sa sortie en français. C’est maintenant chose faite, tous les éléments sont donc réunis pour que je vous en chante les louanges !
Quand j’ai lu Nation, on était en plein dans le fameux débat sur l’identité nationale. À chaque fois que j’en entendais parler à la radio, à la télé, j’avais envie de crier : mais Pratchett a tout compris et vous n’êtes que des buses. Une nation, ce sont des gens qui vivent ensemble, parfois par choix, souvent par nécessité, et qui tentent d’en tirer le meilleur. Chacune a ses spécificités, mais elles sont vouées à évoluer si suffisamment de gens le désirent. La nation n’existe pas comme une entité absolue, extérieure aux humains qui la composent. Je résume sûrement ça très mal, il faudrait que vous lisiez le roman pour comprendre.
Nation est, d’après moi, le meilleur roman de Pratchett, et c’est dire quelque chose. En le lisant, j’ai ri, comme toujours, mais j’ai aussi pleuré, chose plus rare, et ce n’étaient pas de mauvaises larmes. Bref, je vous conseille très vivement de le lire. Il est paru en français chez l’Atalante et en anglais chez Corgi.
Avec sa série-fleuve, Les Annales du Disque-Monde, Terry Pratchett, auteur anglais à l'humour prodigieux, vous tue de rire sur une quarantaine de tomes!
Son monde? Un disque plat, porté par quatre éléphants, eux-mêmes juchés suf une tortue géante qui dérive dans le cosmos: ici, forcément, les règles de la magie et de combat des barbares sont différentes du reste de l'univers. Hilarant, gigantesque... A lire absolument.
Voici ici, en un seul volume, trois épisodes centrés sur une thématique "sorcières".
Perrine Parageau - Je Bouquine juillet 2010
Le monde sens dessus dessous :
Après qu'une vague géante a anéanti son monde (des îles du Pacifique ), le jeune Mau découvre un autre survivant : une fille dont le bateau s'est échoué là, lors du cataclysme.On suit avec amusement les aventures de ces deux enfants dans un monde ravagé qu'ils tentent de reconstruire. Un roman étonnant dont l'action se passe dans un XIX° siècle qui n'est pas tout à fait le nôtre. Son auteur, Terry Pratchett, est une légende vivante de la littérature mondiale. On lui doit notamment la plus grande série de fantasy jamais publiée, les fabuleuses Annales du Disque-Monde !
Alors que Mau s'apprêtait à quitter la petite île où il avait accompli le rite destiné à faire des garçons des hommes, la disparition brutale de tous les oiseaux le décide à prendre la mer en urgence. Sur sa pirogue, il survit à l'énorme vague qui donne l'impression d'engloutir le monde. Mais quand il retourne enfin à Nation, il ne s'y trouve aucun des siens pour l'accueillir. Aucun vivant, en tout cas. En fait, profondément choqué, il mettra plusieurs jours à se rendre compte qu'il n'est pas le seul être humain de l'île : un bateau s'y est échoué, porté par la Vague, et il en reste une adolescente qui décide de se baptiser elle-même Daphné. A eux deux, ils vont faire de Nation un havre pour les autres survivants.
D'une certaine façon, ce roman de passage de l'adolescence à l'âge adulte devrait être classé en littérature jeunesse, ses personnages principaux étant de très jeunes gens, auxquels les circonstances et la fréquentation de l'autre (de l'Autre, devrait-on logiquement écrire), vont apprendre beaucoup, et vite. Et nul doute que des adolescents prendront un grand plaisir à cette histoire de naufragés, teintée d'uchronie vaguement fantasy.
Il serait toutefois très dommage que les adultes s'en privent ! D'abord parce que c'est plein d'humour (c'est du Pratchett, somme toute...), ce qui n'empêche pas la tendresse pour les personnages. Ensuite parce que c'est bien écrit (même remarque). Et enfin et surtout parce qu'il s'y trouve un de ces renversements de l'histoire, voire du monde, dont l'auteur est coutumier, puisque... Mais je ne vais pas vous dévoiler le fond de l'histoire, vous m'en voudriez ! Tout ce que vous avez besoin de savoir, c'est que c'est un bon roman, vite et plaisamment lu et relu, alors n'hésitez pas !
Mureliane, 14 Juin 2010
Une terrible menace pèse sur le Disque : un sourcelier est arrivé ! On vous promet rien de moins que l'Apocralypse ... Enfin, si ses cavaliers arrivent à temps ... Rincevent sera-t-il à la hauteur pour sauver le monde une fois de plus ? Avec une panoplie de nouveaux (Conina, Nijel, Creosote, Thune, ...) et d'anciens personnages (Rincevent, le Bagage, le bibliothécaire, la Mort, ...), Terry Pratchett nous emmène sur les chemins chaotiques de la sourcellerie. Cette forme de magie totale, extrêmement puissante et très ancienne est crainte par les magiciens (une histoire de lutte de pouvoir ...). D'ailleurs, c'est l'excellente raison pour laquelle les mages ne peuvent procréer (un sourcelier est un huitième fils de mage). Je ne peux m'empêcher d'y voir une critique de la religion catholique et l'absurdité du célibat des prêtres. Si on rajoute à ça l'Apocralypse (un condensé d'apocalypse et d'apocryphe) manquée parce que trois des Cavaliers se retrouvent sans cheval et décident du coup de continuer à se bourrer la gueule, voilà que la religion s'en ramasse plein la figure.
J'ai une profonde admiration pour la capacité de Pratchett de se moquer de tout. C'est d'autant plus admirable, que de manière générale, la fantasy n'est pas un genre réputé pour sa critique sociétale et que je suis persuadée que les trois quarts de ses subtiles allusions m'échappent complètement. Du coup on peut lire du Pratchett en restant à la surface des choses et les aventures de ses personnages sont très amusantes et rigolotes, du bon divertissement. Si on va un peu derrière, la lecture en devient vraiment intéressante et permet de se triturer les méninges.
C'est avec joie ce matin que nous vous annonçons la nomination du roman de James Enge, Le sang des Ambrose, pour le World Fantasy Award.
Deux sites consacrés à l'univers des Magiciens de Lev Grossman, sorti le 19 août.
Ne pas désespérer !
Métro 2033 - deuxième édition en cours !
deux premiers chapitres à télécharger gratuitement!
article de Denis E. Savine traducteur de Métro 2033.