L'atalante éditions
Accueil | Auteurs | Pratchett
Commande librairie Logo caddie
  • auteurs

  • Revue de presse
+
Pratchett - Un Chapeau de ciel - Arsenik
Posté 06 mai 2008 -

Tiphaine Patraque a été repérée par Miss Tique. C'est une sorcière ! Et même avec un gros potentiel d'après elle. C'est pourquoi elle décide de l'envoyer en apprentissage chez mademoiselle Niveau. Bien sûr, Tiphaine a quelques petits pouvoirs comme le "Vois-moi" qui lui permet de sortir de son corps et de se voir pour savoir si sa nouvelles robe lui va bien et si son chapeau est bien mis. [...]

Un très bon épisode du Disque-Monde dans lequel la sorcellerie est au premier plan. Toutes les sorcières nous donnent chacune leur vision de ce qu'est réellement la sorcellerie et surtout à quoi elle sert. Une belle leçon d'humanité et bien sûr l'humour de Terry Pratchett toujours là où il faut. Que du bonheur de lecture.

Arsenik, Les Chroniques de l'imaginaire (décembre 2007)

+
Pratchett - Au guet ! (BD) - ASA
Posté 06 mai 2008 -

Terry Pratchett est très connu chez les amateurs d'heroic fantasy. En effet, cet auteur plébiscité chez nos amis britanniques est l'auteur du fameux cycle du Disque-Monde, une oeuvre de 29 volumes (depuis 1983), dont il adapte ici une petite partie, avec l'aide de Stephen Briggs. Il va donc sans dire que le scénario de Au guet ! est aussi proche que possible de la saga fleuve de Pratchett, l'absurde côtoyant le loufoque, dans un univers magique empêtré dans une politique bavarde qui vire à la farce. Car si sa vision du genre reprend les codes traditionnels, l'auteur en profite pour critiquer nombre travers de notre société contemporaine, tout ceci avec un ton très britannique et un sens du gag que ne renieraient pas les Monthy Python ! Si la continuité du récit est parfois discutable (problème commun aux adaptations de romans), l'histoire est suffisamment touffue pour retenir notre attention, les passages les plus lents étant agrémentés d'apartés toujours jubilatoires. Graphiquement, Graham Higgins (encreur sur Animal Man/DC) est proche des standards européens et n'apporte rien de notable à une histoire dont la richesse se suffit à elle-même. A découvrir.

ASA, L'avis des bulles (novembre 2007) 

+
Pratchett - La Science du Disque-Monde - J. Pettigrew
Posté 20 mai 2008 -

Les mages de l’Université de l’Invisible ont créé par accident un univers de poche bizarre : le nôtre. À leur façon non moins bizarre (pour nous), ils tentent d’en comprendre le fonctionnement et, inutile de le dire, ils iront de bourde en gaffe ! Ça, c’est pour la partie « fiction » (quoi qu’en disent les mages).

Entre les vingt-cinq chapitres de cette histoire désopilante de Terry Pratchett, Stewart et Cohen en insèrent vingt-quatre autre qui font le point sur ce que nous connaissons de ce monde qui est le nôtre et qui, à bien des égards, est tout aussi bizarre que celui du Disque-Monde.

Bien articulé et bien documenté, chacun de ces chapitres fait le point sur ce que la Science sait sur… le début de l’univers, sur sa dynamique et sa composition, sur la naissance de la vie et son évolution, sur la mort des dinosaures, sur l’apparition de l’intelligence… bref, Stewart et Cohen nous convient à un fascinant voyage à travers les connaissances scientifiques du début du XXIe siècle (la version traduite date de 2002).

Un livre passionnant, qui allie fiction et science de façon exemplaire, un livre qui a sa place dans toute bonne collection de fantasy ou de vulgarisation scientifique.

Tout simplement brillant !

Jean Pettigrew, Solaris 164, automne 2007

+
Pratchett - Timbré - INpact Virtuel
Posté 03 juillet 2008 -
Terry Pratchett est un génie. Sans contestation possible, le plus grand écrivain de fantasy de notre époque. Pour toujours et à jamais. Même si ce Timbré n'est pas spécialement surprenant (...) il réussit à nous livrer un chef d'oeuvre. Ce n'est pas le meilleur de la série, certes, mais on suit avec un plaisir fou les aventures de Moite Von Lipwig et de ses acolytes, Yves, grand collectionneur d'épingles, ou Liard, ancêtre de la distribution, et pire, on s'y attache, tout aussi...euh...timbrés soient-ils. Encore une réussite donc, encore un grand roman à ranger soigneusement avec les autres.
 
INpact Virtuel, 28 mai 2008
+
Pratchett - Timbré - Science Fiction magazine
Posté 19 septembre 2008 -
(...) Définir un Pratchett, surtout au trentième volume de ce cycle écrasant mais jamais lassant, est une chose qui relève à chaque fois du défi pur et simple. Dans ces 473 pages, on découvre une fois de plus une même prodigalité de la part de l'auteur pour des formes nominales que la traduction admirable de Couton rend autant savoureuses qu'hilarantes. Ces situations très "Monthy Python" ne manquent jamais d'inventivité, si bien qu'on peut se demander si l'auteur n'a pas tout simplement inventé un sous-genre à la fantasy elle même... (...)

Richesse du vocabulaire, profusion des formes nominales, imagination abrasive, toute la force de l'auteur tient dans la maîtrise de ces véritables réservoirs de la vie courante, où sous les situations les plus anodines ou les plus absurdes, il pointe le doigt sur l'ironie et la satire pour le plus grand bonheur des lecteurs. Délectable, sa prose se ballade à présent depuis des millions de signes avec toujours la même santé et la même inventivité. (...)

Emmanuel Collot, Science Fiction magazine, septembre 2008 

+
Pratchett - La science du disque monde II - Les chroniques de l'Imaginaire
Posté 09 juin 2009 -
À travers ce deuxième volume, Pratchett et ces deux compères proposent un ouvrage de vulgarisation scientifique, mêlé à une aventure des mages de l’Université de l’Invisible. Le principe du récit est le suivant : Pratchett amène ses personnages face à un problème ou à une situation qui leur paraît curieuse ou inopportune, ensuite s’ouvre un chapitre d’explication sérieux et critique.

Le thème principal et fil conducteur du livre est l’évolution de l’homme. Ce sujet est traité sous bien des aspects. Pratchett, Stewart et Cohen se promènent aussi bien dans les domaines scientifiques (mathématiques, physique, biologie,…) que dans des domaines plus spirituels tels que la philosophie. Au sein de ces chapitres « sérieux », de nombreux concepts passent sous leur loupe, par exemple, la philosophie de l’esprit de Descartes, les prémices de l’humanité, l’origine de certains animaux, les religions, l’analyse combinatoire, les lois du mouvement et de la gravité, etc. Celui qui retient, en particulier, l’attention, est le nouvel élément chimique : le narrativium. L’élément qui permet de raconter des histoires et de nous distinguer des autres animaux, nous, les hommes conteurs.

Ce livre est très intéressant car il permet de lire Pratchett sous un autre angle, d’ouvrir son esprit et d’apprendre de nouvelles choses assez diverses. Cependant, malgré que son côté scientifique ait, déjà, été vulgarisé par les auteurs, il reste assez ardu et sec. Une minorité des chapitres m’a semblé être structurée d’une manière floue, ce qui peut ennuyer lorsque le thème abordé est la physique quantique.

En définitive, il s’agit d’un livre enrichissant parsemé d’humour. Imaginez une encyclopédie expliquée par Rincevent…
 
Baern, les chroniques de l'Imaginaire, 9 Juin 2009
+
Pratchett - Jeu de Nains - LeFantastique.net
Posté 09 mars 2009 -

Le commissaire Vimaire a un problème! Encore? Eh oui! Cette fois, le Guêt va devoir s'interposer entre les Trolls et les Nains qui font ressurgir d'un lointain passé, une querelle qui a pris naissance dans la vallée de Koom, là où les Nains ont tendu une embuscade aux Trolls. A moins que ce ne soit le contraire. Là où les Trolls ont battu les Nains. Ou les Nains, les Trolls? Enfin, cêt va devoir s'interposer entre les Trolls et les Nains qui font ressurgir d'un lointain passé, une querelle qui a pris naissance dans la vallée de Koom, là où les Nains ont tendu une embuscade aux Trolls. A moins que ce ne soit le contraire. Là où les Trolls ont battu les Nains. Ou les Nains, les Trolls? Enfin, c'est quelque chose dans ce goût-là.

Toujours est-il que ce conflit séculaire vient de prendre corps dans la ville d'Ankh-Morpok. Et ce n'est pas pour arranger les affaires de Vimaire qui doit en plus surveiller l'intégration d'un vampire dans les rangs du Guêt. Ou plutôt, une vampire. Jeune (enfin, pour un vampire) et belle (comme tous les vampires). Là aussi, cela va créer des problèmes, notamment avec Angua, la louve-garou, puisque, comme on le sait, vampires et loups-garous se détestent. C'est séculaire! Non pas à cause d'une embuscade ou d'une bataille, mais tout simplement parce que les loups-garous ont les vampires dans le nez et que ça met les vampires de mauvais poil. A moins que ce ne soit l'inverse.

Toujours aussi désopilant, l'univers du Disque-Monde voit débouler un volume absolument magnifique, nous prouvant une nouvelle fois que l'auteur se bonifie avec le temps. Riche en rebondissements, en intrigues parallèles, en critiques sur notre monde moderne, tout en conservant une pointe de tendresse (les relations entre Vimaire et son fils), Jeu de Nains est un roman impressionnant de maîtrise et de drôleries dont on ne peut sortir indemne. Au fait, j'ai oublié, il y a aussi une histoire de vache que l'on cherche tout au long du roman et qui permet à Vimaire de s'en sortir. Roman sur la tolérance, le respect et l'altérité, Jeu de Nains transcende les genres et nous prouve que la fantasy teintée d'humour anglais a encore de bien beaux jours devant elle!

Denis Labbé, LeFantastique.net

+
Pratchett - Timbré - LeFantastique.net
Posté 09 mars 2009 -

Lorsque le lecteur entre dans un roman de Terry Pratchett, il peut s'attendre à tout! Surtout s'il connaît déjà l'auteur et son Disque-Monde. L'œil aux aguets, l'esprit ouvert, il guette à chaque détour de page, l'élément surprenant, le gag désopilant, la critique acerbe. Eh bien, même préparé à tout, le lecteur est toujours déstabilisé par un motif, un thème, une péripétie, un personnage! C'est d'ailleurs ce qui fait le charme d'un roman de Pratchett. On a beau connaître sa manière de procéder, celui-ci parvient toujours à nous avoir. Avec Timbré, c'est évidemment le cas. On peut même dire que l'on tient-là, l'un de ses meilleurs romans, notamment parce qu'il emprunte de nouveaux sentiers que l'on ne lui connaissait pas. Délaissant pour un temps, les enquêtes du commissaire Vimaire, ce roman nous entraîne dans le sillage d'un escroc de bas étage qui va avoir la vie sauve grâce à l'intervention de Vétérini qui en fait le nouveau ministre des Postes. S'ensuit alors une aventure intimiste et sociale qui va bouleverser la physionomie et l'histoire d'Ankh-Morpok.

Bien trop souvent, la critique s'arrête au côté humoristique des romans de Terry Pratchett, délaissant sa critique sociale, son humanisme et son analyse des rapports humains. Si certains de ses romans peuvent se passer de cette analyse, il serait terriblement hasardeux d'éviter cette triple confrontation dans Timbré. En effet, si ce roman conserve la verve et l'humour habituel des Annales du Disque-Monde, on perçoit, comme dans certains des précédents romans du cycle, un infléchissement qui épaissit l'ensemble en lui permettant de dépasser la simple fantasy pour le faire entrer dans les mêmes problématiques que la littérature générale, le côté épique en plus. Cela donne à Timbré un souffle qui manquait aux premiers romans de Pratchett.

On ressort ainsi de ce roman avec le sentiment d'avoir eu accès à la fois à une rédemption personnelle et à une attaque de notre société consumériste déshumanisée, dans laquelle l'homme compte moins que l'argent qu'il peut rapporter. A l'heure de cette crise mondiale qui écrase tout le monde, ce roman de Pratchett va sans doute parler d'une voix un peu plus forte encore. A cela s'ajoute une critique acerbe des services publics britanniques qui ne fonctionnent plus vraiment comme tels. Mais n'est-ce pas le cas dans de nombreux pays? Et c'est justement là que la critique touche le plus, dans ce côté universel du message qu'elle véhicule, nous faisant prendre conscience qu'une partie du monde que nous connaissons depuis deux siècles est en train de s'effondrer, comme à Ankh-Morpok. Un grand roman de Pratchett qui annonce d'ailleurs le suivant de manière subtile.

Denis Labbé , LeFantastique.net

+
Pratchett - La science du disque monde II - Si j'ose lire (blog)
Posté 06 mai 2009 -

Force est de reconnaître qu'il m'arrive très souvent de me dire en farfouillant à droite à gauche dans une librairie, en soulevant beaucoup de poussière et en remuant des piles et des piles de livres : « Voici enfin une perle rare ! ».
C'est vite dit et rien n'est parfait. Pourtant, l'espèce de brique au sujet indigeste que je m'apprête à vous présenter en est bien une.
Il s'agit de « La science du Disque Monde » de Terry Pratchett, Ian Stewart et Jack Cohen.
Pour quelqu'un qui n'aurait jamais lu un bouquin de ces auteurs, ma foi, il est peu probable que le titre soit évocateur ou attrayant. Pour les autres qui connaissent les auteurs, la critique est inutile, ils sont déjà partis acheter le livre au magasin.

 

+
Pratchett - Jeu de Nains - Science & Vie Junior -
Posté 22 octobre 2008 -

Avec Terry Pratchett, la fantasy est particulièrement drôle et déjantée. c'est le maître incontesté de l'humour dans le genre. Jeu de nains vous plonge dans la ville complètement folle d'Ankh-Morpork où le pire côtoie souvent le pire.

Le commissaire Vimaire aura cette fois fort à faire pour calmer les tensions entre les trolls et les nains. Leurs bandes rivales ne cessent de s'affronter, risquant de mettre la ville à feu et à sang. Pas facile, quand en plus on a dans son équipe un troll et un nain... Encore un roman ebouriffant de Terry Pratchett où les blagues dégringolent des pages à toute vitesse.On en redemande!

 Jérôme Vincent, Science & Vie Junior, octobre 2008, n°229

+
Pratchett - La science du disque monde II - Les Chroniqueurs vagabonds
Posté 12 juin 2009 -
Bref, il faut tout reprendre depuis les origines. Et c’est là que vont intervenir Ian Stewart et Jack Cohen – non, pas Cohen le Barbare – en alternant les chapitres avec ceux de Pratchett. Une vulgarisation intelligente destinée à illustrer la réalité du Disque-Monde en nous aidant à nous poser les bonnes questions sur la nôtre.
Tout y passe, la physique, la philosophie et le déploiement dans l’espace et le temps des bibliothèques qui, comme chacun s’en doute, n’en forment en réalité qu’une seule, même si toutes ne disposent pas d’un orang-outan pour gardien. Le tout clair, documenté et pertinent ou « comment utiliser au mieux son intelligence pour découvrir les vertus de la patate en même temps que celle du narrativum » qui s’avère, in fine, le moteur de l’évolution.
Une façon pour l’auteur de souligner « pour de sérieux » une philosophie restée sous jacente mais cependant bien perceptible à travers ses multiples romans.
Bref, une saine lecture pour tous les accros du Disque-Monde, sans oublier ceux qui ne le trouvent pas seulement amusant.

Hélène, Les Chroniqueurs vagabonds, mai 2009
+
Pratchett - L'Hiverrier - Les Chroniqueurs vagabonds
Posté 26 juin 2009 -
du Terry Pratchett tout pur où vous découvrirez, entre autres, tout l’intérêt que portent les sorcières à être prévenues de leur mort, ce qui leur permet de profiter un maximum de leur banquet de funérailles. Où vous partagerez la compassion de Tiphaine pour ce pauvre Hiver amoureux, et même celle qu’elle éprouve pour la vaniteuse Annagramma et, où, compréhension oblige, vous apprendrez à lire le feegle dans le texte.
Un nouveau roman du Disque-Monde qui, touche, comme à l’accoutumée, aux vrais problèmes de l’humanité ordinaire et avec beaucoup d’humour, même si toutes les productions de l’auteur ne sont pas également inspirées. Peut-être pas dans les Pratchett à relire, mais très certainement dans ceux à lire donc.
 
Hélène, Les Chroniqueurs vagabonds, 26 juin 2009
+
Pratchett - La science du disque monde II - Courrier français
Posté 30 juin 2009 -
La science du Disque-Monde : le globe, une "étude" de Terry Pratchett, soutenue (brillament) par Ian Stewart et Jack Cohen.
On ne peut l'ignorer ! Le Disque-Monde, comme son nom l'indique, est un monde tout plat (comme la Terre avant Galilée), porté à travers la galaxie à dos d'éléphant ! Son découvreur, c'est l'Anglais Terry Pratchett, qui s'est mis en tête de rédiger ses Annales du Disque-Monde, série de romans de science-fiction ne devant rien aux Monty Python, le nonsense britannique y faisant merveille !
Une folie n'arrivant jamais seule, voilà que notre joyeux énergumène s'est mis en tête de revisiter l'histoire de la galaxie à travers l'angle d'incidence du Disque-Monde... Et le "globe" du titre, c'est tout bonnement la Terre, résultant d'une expérience hasardeuse mal maîtrisée par certains mages du Disque ! Histoires courtes et études hautement scientifiques et on ne peut plus sérieuses s'entremêlent dans l'ouvrage, aussi farfelu qu'irrésistible. Et si, après tout, la théorie de la création de notre bonne vieille planète revue et corrigée par Pratchett tenait debout ? Dans le fond...
Les mêmes éditions en sont à leur 31ème ouvrage de la série des Annales du Disque-Monde, et ce n'est pas fini ! Dernier en date : Jeux de nains, délirante histoire de nains, de vaches et de trolls ; on en redemande  !
 
Christian Robin, Courrier Français, 5 juin 2009
+
Pratchet/Baxter - La longue Terre - 24 heures Suisse
Posté 24 septembre 2013 -

Terry Pratchett aime imaginer des univers fantastiques. Sa célèbre saga du Disque-monde se déroule sur une planète plate. Dans ce nouveau roman, il reste sur Terre, mais la multiplie à l’infini. Grâce à un appareil dont l’énergie est fournie par une pomme de terre, chacun ou presque peut se transporter sur une Terre parallèle, fort semblable à la nôtre,mais sans hommes. Et de là, sur une autre encore, etc. Josué Valienté, qui est l’un des rares humains àpouvoir voyager ainsi sans appareil, part à la découverte de ces mondes à la chaîne, accompagné d’un réparateur de motocyclette tibétain réincarné en intelligence artificielle.

Pratchett écrit avec Stephen Baxter, scientifique et auteur de SF, ce livre poétique et ouvert sur tant de possibles. Une suite, La longue guerre, paraît en février 2014.

Michel Pralong - 24 heures, Lausanne

+
Pratchett - Pyramides - Yossarian
Posté 14 avril 2016 -

Avec Pyramides, Terry Pratchett penche sans vergogne du côté de la parodie, nous gratifiant d’une réécriture par l’absurde de l’Histoire et des légendes des peuples du bassin méditerranéen. Dans une version décalée de l’Égypte antique, où le pharaon règne à la sueur du front de ses esclaves, sous la houlette d’un clergé oscillant entre omnipotence et ventripotence, l’auteur britannique multiplie les jeux de mots, les situations cocasses, jonglant avec les concepts de la physique quantique et de l’immortalité. Terry Pratchett met aussi sur la sellette la foi et les croyances religieuses, opposant la tradition, incarnée ici par le grand prêtre Dios, au progrès rapporté de l’extérieur par un Teppic ouvert à la modernité et au changement.

    « Ce fut à peu près à cet instant que le plus grand mathématiciens du Disque, couché dans la flatulence douillette de sa stalle sous le palais, cessa de ruminer et s’aperçut qu’il se passait quelque chose d’anormal avec les nombres. Avec tous les nombres. »
J’avoue m’être beaucoup amusé en lisant ce septième volet des « Annales du Disque-Monde ». La faute à une intrigue délirante et maîtrisée jusqu’au bout. La faute aussi à un personnage principal sympathique qui ne connaîtra pas, hélas, d’autres incarnations. La faute enfin au nonsense habituel de l’auteur, mais également à un foisonnement de personnages secondaires mémorables. Terry Pratchett se montre en effet sur ce point très inventif, accumulant les trouvailles. De Sale-Bête, le chameau roulant sa bosse des mathématiques dans les dunes, à Dios, le grand prêtre passablement rigide, en passant par Ptorothée, la concubine royale rebelle, sans oublier un maître embaumeur et son apprenti, et la famille de Ptaclusp, bâtisseurs de pyramides de père en fils (bis), on comprend que les choses ne demandent qu’à déraper pour le meilleur et pour le rire. Ajoutons à cela, un voisinage composé de deux puissances belliqueuses ayant envie de rejouer la guerre de Tsort avec son cheval de bois (ou peut-être était-ce une vache ? Un cochon ? Ou alors un poulet ?). Une poignée de grands esprits réunis en symposium pour discourir de la République idéale (un spectacle pas cirrhose que ça). Un sphinx confronté aux failles logiques de son énigme, Et pour terminer, une multitude de dieux plus vrais que (sur)nature, libérés de leurs obligations cultuelles à l’occasion d’une modification localisée de la réalité consensuelle. Bref, Terry Pratchett donne du grain à moudre à nos zygomatiques.

Mais surtout, il nous révèle enfin LE secret des pyramides. Une arcane dont la révélation ferait passer le paradoxe du chat de Schrödinger pour une charade enfantine, si elle n’impliquait pas des équations ésotériques et supra-irrationnelles.

    « Il n’y a rien de mystérieux dans le pouvoir des pyramides. Les pyramides sont des barrages dans le cours du temps. Si la grande masse de pierre est correctement conçues et orientée, correctement bâtie aux bonnes mesures paracosmiques, son potentiel temporel peut être détourné pour accélérer ou renverser le temps à l’intérieur d’un espace restreint, de la même façon qu’on fait pomper de l’eau à un bélier hydraulique contre le courant. Les premiers bâtisseurs, évidemment vieux et sages, connaissaient parfaitement cette particularité, et le but dans une pyramide correctement construite, c’était d’obtenir un temps absolument nul dans la chambre centrale afin que le roi défunt vive bel et bien éternellement – ou du moins ne meure jamais vraiment. Le temps qui aurait dû passer dans la chambre s’emmagasinait dans l’ensemble de la pyramide, et on le laissait se décharger dans un embrasement toutes les vingt-quatre heures. »

Au final, après Trois Sœurcières, je ne ne cache pas une nouvelle fois mon enthousiasme pour l’auteur britannique. Du coup, je suis impatient de lire ce qu’il me réserve avec le huitième volet de ses annales. Bientôt…

Yossarian

+
Pratchett - Monnayé - Les chroniques de l'imaginaire
Posté 08 décembre 2009 -

Au vu de la situation économique et financière du monde réel, ce roman écrit en 2007 tombe à pic. Pratchett nous plonge dans les entrailles du système économique morporkien. A sa base, il y a le gloupier, le modèle hydraulique de gestion des flux, modélisant et gérant la santé financière du pays. Il est dirigé par un Hubert et un Igor merveilleux.

Pour remettre la banque dans le bon chemin, Von Lipwing devra abattre un boulot titanesque, contrôler, Fripon, le caissier principal, mettre de son côté des alliés pour empêcher la famille Prodigue (détentrice de quarante-neuf pourcents des actions) de reprendre la banque, câliner Pinaille (la guilde des assassins veille), faire attention à sa secrétaire (un golem femme), développer les billets de banque, annuler l’étalon or et, surtout, faire en sorte que personne ne découvre sa vraie identité, car Moite von Lipwig est un escroc !

Ce Monnayé est un bien bon Pratchett, pétillant et délirant. L’auteur tourne en dérision le monde économique, il parodie notre confiance en l’or et met en évidence les bienfaits de la théorie des flux monétaires, tout en conservant son trait légendaire. Ajoutez à cela des personnages extrêmement attachants, un système monétaire curieux, des revendications syndicales et féministes pour les golems et votre lecture sera passionnante et émaillée d’éclats de rire.

En conclusion, ce livre est un très bel opus des Annales du Disque-Monde qui, sous le sapin, fera beaucoup d’heureux. Dis Père Noël, apporte-moi un Igor…

+
Pratchett - La Science du Disque-Monde - Librairie Critic
Posté 03 juillet 2009 -

Même sans trop connaître ce Monde, on peut tout à fait comprendre le propos. Les personnages sont attachants (si je puis dire) et pour peu qu'on vous explique ce qu'un Orang-Outang vient faire là, tout ira très bien.

Autre point fort : le sérieux et l'humour se mélangent habilement, de plus, chaque point abordé est expliqué et détaillé, toujours avec fluidité. Cette concision scientifique est mêlée avec un réel talent de vulgarisation! Ajoutez à cela une mise en scène bien pensée (la partie pratchettienne) et les diverses sciences abordées semblent très simples.

Bien sûr je ne vous dis pas grand chose de l'histoire, mais c'est pour laisser plus de suspens. Sait-on jamais, les gros reptiles iront peut-être loin?

Vous voulez parfaire votre culture scientifique avec un bon livre, allez-y, en plus vous rirez !

Voir le monde et nous-mêmes ainsi traités, rire et s'étonner de découvrir ce qui nous constitue, quoi de mieux pour se comprendre?
Mon petit préféré en matière de vulgarisation!

+
Pratchett - L'Hiverrier - Lanfeust Mag
Posté 24 septembre 2009 -

Les romans du Disque-Monde, a priori destinés à un lectorat plus jeune (mais largement tout aussi intéressant pour les fans les plus agés), traitent quant ) eux plus particulièrement des relations sociales. Au travers du personnage de Tiphaine (dont ce tome est la troisième aventure) et des us et pratiques des sorcières, il se plaît à sonder le fonctionnement et la nature de la psychologie humaine et de ses intéractions. Ainsi, au fil de l'évolution personnelle et professionnelle de sa jeune héroine, Terry Pratchett considère la manipulation psychologique, la prégnance des croyances, la force des représentations mentales, les conflits intérieurs, le non-dit et la mystification que nous pratiquons régulièrement sans même parfois nous en rendre compte comme partie intégrante de toute relation humaine. Vivre avec les autres, c'est avant tout vivre avec soi. Et ça ne signifie pas que ce soit plus facile pour autant. En matière de socialisation, l'honnêteté peut parfois ressembler à un bon gros mensonge, sans que ce ne soit une tromperie pour autant. Allez comprendre…

Toujours drôle, inventif et profondément humain, Terry Pratchett est décidement un auteur à ne pas laisser de coté.
Comme ce nouveau roman.

+
Pratchett - Monnayé - Actu du noir
Posté 10 décembre 2009 -
C’est au tour de la finance de passer à la moulinette pratchienne. Autant dire qu’elle va en voir de toutes les couleurs, et que sous couvert de balancer des grosses blagues sur un monde qui, bien entendu, n’a rien à voir avec le nôtre. on lit des choses du style :
« C’était effectivement ce qu’on appelait une « vieille fortune », donc une fortune acquise si loin dans le passé que les forfaits qui avaient au départ rempli les coffres étaient désormais historiquement hors sujet ».

Reste … tout le reste justement. À commencer par la galerie de personnages parmi lesquels on peut citer, entre autres, la famille des banquiers (particulièrement gratinée), un golem qui découvre sa féminité en lisant des manuels de savoir vivre un rien désuets, un comptable, très très comptable etc… La faune pratchienne habituelle, si exotique, si farfelue et, en y réfléchissant un tout petit peu, si quotidienne.

L’humour à la fois décalé et très pertinent est là, bien sûr. Et puis cette impression délicieusement troublante que ce petit monde tellement loufoque, produit d’une imagination délirante est étonnamment proche du nôtre.
+
Pratchett - La Science du Disque-Monde 2 - L'écran Fantastique
Posté 28 juillet 2009 -
Sous-titré Le globe, La science du Disque-Monde II, voit à nouveau Rincevent propulsé dans notre univers par le magnifique Terry Pratchett tandis qeu Cohen et Stewart intercalent des chapitres toujours aussi instructifs et désopilants, centrés cette fois sur la conscience, l'évolution et tout ce qui fait l'Homme. Tant d'humour au service de la conaissance c'est tout simplement indispensable!
+
Pratchett - La Science du Disque-Monde 2 - L'écran Fantastique
Posté 28 juillet 2009 -
Sous-titré Le globe, La science du Disque-Monde II, voit à nouveau Rincevent propulsé dans notre univers par le magnifique Terry Pratchett tandis qeu Cohen et Stewart intercalent des chapitres toujours aussi instructifs et désopilants, centrés cette fois sur la conscience, l'évolution et tout ce qui fait l'Homme. Tant d'humour au service de la conaissance c'est tout simplement indispensable!
+
Pratchett - Monnayé - Actu du noir
Posté 10 décembre 2009 -
C’est au tour de la finance de passer à la moulinette pratchienne. Autant dire qu’elle va en voir de toutes les couleurs, et que sous couvert de balancer des grosses blagues sur un monde qui, bien entendu, n’a rien à voir avec le nôtre. on lit des choses du style :
« C’était effectivement ce qu’on appelait une « vieille fortune », donc une fortune acquise si loin dans le passé que les forfaits qui avaient au départ rempli les coffres étaient désormais historiquement hors sujet ».

Reste … tout le reste justement. À commencer par la galerie de personnages parmi lesquels on peut citer, entre autres, la famille des banquiers (particulièrement gratinée), un golem qui découvre sa féminité en lisant des manuels de savoir vivre un rien désuets, un comptable, très très comptable etc… La faune pratchienne habituelle, si exotique, si farfelue et, en y réfléchissant un tout petit peu, si quotidienne.

L’humour à la fois décalé et très pertinent est là, bien sûr. Et puis cette impression délicieusement troublante que ce petit monde tellement loufoque, produit d’une imagination délirante est étonnamment proche du nôtre.
+
Pratchett - Monnayé - Lanfeust Mag
Posté 31 décembre 2009 -

Retrouver les personnages de Timbré est un vrai régal, sans compter les petits nouveaux (…) dans unes intrigue complexe digne du Patricien. Bref, un bon p'tit Pratchett, et on savoure parce qu'ils vont se faire rare maintenant!

 

+
Pratchett - Monnayé - Le dauphiné
Posté 26 janvier 2010 -

   Le 32e livre des annales du Disque-Monde remet en scène Moite von Lipwig alias Albert Paillon, escroc notoire, que nous avions vu à l'oeuvre, dans l'opus précédent, remettre sur pied la vénérable institution postale d'Ankh-Morpork. Cette fois il a la redoutable tâche d'assainir le système bancaire mis à mal par des générations de capitalistes sans scrupules et sans talent particulier, autre que celui d'empocher les dividendes. Redoutable mission que seul un aigrefin de première catégorie peut mener à bien. Entre les balbutiements de l'informatique versions morpokienns et l'informatique versions moporkienne et l'invention du billet de banque, Terry Pratchett se livre à son activité favorite : dynamiter toutes nos belles valeurs et briser en mille éclats de rire le miroir de nos vanités.

Hubert Thierry, Le dauphiné, 30 nov 2009.

+
Pratchett - Monnayé - Les chroniqueurs vagabonds
Posté 21 décembre 2009 -
Une preuve supplémentaire que Pratchett demeure le roi incontesté de cette light fantasy qu’il a largement contribué à faire émerger. Qui plus est, et contrairement à certains de ses confrères, surtout ceux spécialisés dans la parodie, il parvient encore et toujours à esquiver les écueils du comique troupier et de l’anachronisme potache ainsi qu’à conserver un cachet lyrique qui font du Disque-monde cet univers où l’on prend plaisir à retourner.
+
Pratchett - Drame de Troll - Les chroniques de l'imaginaire
Posté 29 décembre 2009 -

Ce Drame de troll est une petite histoire sympathique et amusante sur la nostalgie d’une rencontre entre Cohen et un troll. Je pense que ce récit est une excellente mise en bouche avant de se plonger dans «Les Annales du Disque-monde» et de ne plus jamais en sortir !

+
Pratchett - Un chapeau de ciel - Elbakin.net
Posté 03 février 2010 -
   Comme avec Les Ch'tits hommes libres, par exemple, voilà un roman qui n'appartient pas à proprement parlé aux Annales traditionnelles que l'on connaît si bien maintenant. Cependant, on retrouve tout de même un même univers partagé entre tous ces ouvrages, sans compter sans aucun doute l'un des cinq personnages cultes du cycle et préférés des fans : Mémé Ciredutemps ! Et l'on ne peut pas dire que celle-ci ait changé de caractère pour l'occasion, certes non ! Mais au-delà de cette apparition, ou d'autres d'ailleurs, c'est bien le personnage de Tiphaine qui est ici en vedette (plus encore que précédemment, du fait de sa présente "escapade", et tout ce que celle-ci entraîne), attirant ainsi sans doute un public un peu plus jeune que les romans plus classiques du Disque-Monde. Et à eux de découvrir pour l'occasion l'humour ravageur de Terry Pratchett qui lui ne change pas, de même que sa façon de décrire les travers de notre monde par le prisme du Disque-Monde et ses éléphants posés sur une tortue géante.(...) Dynamique tout comme poétique, ce roman d'apprentissage ne prend jamais le lecteur de haut, et lui impose parfois ses quatre vérités. Et lorsque c'est une fillete de 11 ans qui s'en charge, cela peut faire mal ! Si le propos se veut plus simple que dans la majorité des Annales, et l'exécution plus légère, le message ne voit pas son poids allégé pour autant. L'auteur mène sa barque sans détour, accélérant le rythme au fur et à mesure, avec peu d'à-côtés. Un cadeau tout trouvé pour un membre de votre famille sous les 14 ans (la référence à Highlander lui échappera sûrement, quel malheur !), mais que vous pouvez lui emprunter dans l'heure. Et ne venez pas vous plaindre aux Nac mac Feegle si cela entraîne des disputes pour déterminer qui lira le roman le premier !
 
Gillossen, le 07/01/2008, elbakin.net
+
Pratchett/Briggs - Disque monde : le nouveau vade-mecum - PhénixWeb
Posté 03 février 2010 -

Voici la deuxième édition du vade-mecum du Disque-Monde, cinq ans après la sortie en France du premier opus. Enrichi et mis à jour, ce livre relève la gageure de recenser l’ensemble des héros, seconds rôles ou personnages insignifiants sortis de l’imagination de Terry Pratchett. On y découvre également de l’histoire, des cartes, des plans, des éléments sur la faune et la flore, le tout accompagné de commentaires pertinents. Il suffit de quelques exemples pour illustrer la richesse de l’ouvrage. Par exemple, on apprend au fil des pages des choses totalement inutiles, comme la composition du paquetage des membres du Guet d’Ankh-Morpoth ou les différences sexuelles chez les nains (quoique…). Il y a aussi les informations superflues et indispensables, comme le descriptif des plantes rétro-annuelles, qu’on plante cette année pour faire la récolte l’année dernière. Le développement présenté est aussi illogique que savoureux. Mais le vade-mecum propose surtout de nombreux articles très bien faits et instructifs, abordant l’organisation d’Ankh-Morpoth ou des guildes, l’histoire de la MORT, l’inimitable Planteur J’Me Tranche La Gorge, ou bien encore le fonctionnement de l’univers. Sans oublier le portrait de toutes les figures mythiques du Disque-Monde, comme Rincevent, Mémé Ciredutemps,… Alors, utile ce nouveau vade-mecum ? Pour les possesseurs du premier ouvrage, il est clair que plusieurs années (plus en Angleterre qu’en France du reste) ont passé entre les deux éditions et T. Pratchett en a profité pour écrire et publier onze livres ! Les mises à jour ne sont donc pas mineures et le Disque-Monde a beaucoup évolué, s’est étoffé et a vu la hiérarchie des héros se modifier. Pour les autres amateurs du monde de A’Tuin, cet ouvrage permet de se remémorer facilement un personnage croisé à la lecture du dernier volume, de faire le point sur des éléments importants du Disque-Monde tout en passant un bon moment. Car la lecture est facilitée par le ton humoristique du livre, fort heureusement d’ailleurs, s’agissant d’une étude de l’œuvre du maître de la fantasy parodique. Ajoutons à cela une interview de T. Pratchett, égal à lui-même, et l’ensemble offre un bel outil de lecture, aussi indispensable que nécessaire.

 Christophe de Savoie,2 octobre 2006, phenixweb.net.

+
Pratchett - Le cinquième éléphant - PhénixWeb
Posté 03 février 2010 -
Le cinquième éléphant est le vingt-cinquième volume des Annales du Disque-Monde, et il nous ramène vers le Commissaire Vimaire et les agents du Guet. Des troubles agitent la population naine d’Ankh-Morpork, qui ramènent sur le devant de la scène la légende du cinquième éléphant, qui aurait donné sa forme au monde en s’écrasant sur le Disque-Monde. Le Seigneur Vétérini, lui, a décidé d’envoyer un nouvel ambassadeur en Überwald, où doit se tenir le couronnement du prochain Petit Roi des nains. Vimaire se retrouve donc, contraint et forcé, dignitaire d’Ankh-Morpork. Accompagné de son épouse et de quelques agents choisis, il part pour un pays où son arrivée est très attendue par certaines personnes, pas forcément amicales. Le Commissaire devra faire preuve de beaucoup de volonté et de courage pour survivre et retrouver le voleur de la relique sacrée naine : le Scone, un pain de nain multi-centenaire. Après Carpe jugulum qui mettait Mémé Ciredutemps aux prises avec les vampires de l’Überwald, voici une autre figure du Disque-Monde qui part explorer ce sombre pays peuplé de nains, de vampires et de loups-garous. L’intrigue est retorse et bien ficelée, et l’imagination de Terry Pratchett est encore une fois au rendez-vous, usant de tous les artifices pour asséner quelques idées bien senties sur les vieux ronchons et les esprits réactionnaires. (...) Le ton est plutôt sérieux, même si quelques scènes font sourire et si les personnages d’Igor sont aussi superbement réussis et éclairent ce volume comme le précédent. Un roman plaisant (...).
 
Chris de Savoie, le 18 décembre 2009, phenixweb.net
+
Pratchett - Le dernier continent - PhénixWeb
Posté 03 février 2010 -
La bibliothèque de l’Université Invisible est déserte : aucun mage, aucun étudiant ne l’encombre, une situation normale somme toute. Sauf que depuis peu, le bibliothécaire [Rappel : il s’agit d’un orang-outang] est atteint d’une maladie étrange, qui le fait changer de forme involontairement. Les livres ont pris le pouvoir dans les rayonnages et la bibliothèque est devenue une zone interdite. L’Archichancelier, conseiller par le doyen, la major de promo et Cogite Stibon, prend alors la seule décision possible pour ramener le calme sans risquer la vie d’un mage important : retrouver Rincevent. Suite à ses précédentes aventures (les Tribulations d’un mage en Aurient), Rincevent a été propulsé dans un désert vide et brûlant. Le maje est cependant rapidement amené à fuir de nombreux dangers dont les membres du guet local qui cherchent à tout prix à le pendre. Une longue fuite débute alors, ramenant Rincevent vers un passé qui n’est pas encore né. Terry Pratchett s’attaque aux paradoxes temporels et aux problèmes découlant du retour vers le passé en utilisant des héros choc : les mages de l’Université Invisible. La trame du récit est linéaire, deux récits parallèles permettant de suivre le voyage des mages et la fuite de Rincevent jusqu’à la rencontre finale. Les relations de cause à effet ne sont pas toujours aisées à suivre et la logique de l’auteur demeure parfois nébuleuse. Le style de Pratchett est connu et unique, mais les aventures de Rincevent ne sont pas vraiment les plus efficaces du cycle. Dans ce tome 22, il reste agréable de suivre le voyage des mages qui, bien que archi-connus et prévisibles, parviennent par leurs comportements décalés et illogiques à créer des situations cocasses et des dialogues comiques. Le Dernier continent propose en fin de compte un récit agréable qui ne dépare pas la moyenne des histoires des Annales du Disque-Monde.
 
Chris de Savoie, le 6 février 2008, phenixweb.net
+
Pratchett - Monnayé - CitronMeringue
Posté 05 février 2010 -
Et voici le trente-deuxième roman des Annales du Disque-Monde. Rappelons, pour ceux qui sortiraient juste d’une longue hibernation, que cette oeuvre, entamée au début des années 80, emprunte à la fois à la poésie épique du cycle de Lankhmar de Fritz Leiber, à la richesse mythologique des œuvres de Tolkien, à l’esprit des Monthy Python et au style pince-sans-rire de Jerome K. Jerome. Elle a, de plus, connu presque autant de personnages principaux que de produits dérivés et adaptations (encyclopédies, films, jeux vidéo). En dehors des deux premiers opus, chaque ouvrage peut se lire indépendamment et celui-ci, même s’il est la suite directe de « Timbré » où l’on découvrait l’escroc reconverti Moite von Lipwig, ne déroge pas à la lettre. Il peut donc être une introduction aux Annales aussi valable qu’un autre volume pour le non connaisseur. Moite reprend donc du service et après avoir brillamment redressé la situation de la Poste d’Ankh-Morpok, est subtilement incité par le Patricien Vétérini à remédier aux défaillances d’une autre institution de la ville : l’hôtel de la Monnaie. Bien que plus accoutumé à vider ce genre d’établissement qu’à le remplir et peu enthousiaste vis à vis de ses nouvelles responsabilités et de leur risque inhérent, il va tenter de seconder au mieux le président de la banque, en l’occurrence un facétieux roquet nommé Pinaille catapulté actionnaire majoritaire après le décès de sa maîtresse. Von Lipwig en sera quitte pour bouleverser quelques traditions en s’opposant à la gestion des héritiers de l’établissement et en déniant à l’or sa valeur d’échange intrinsèque. Comme d’habitude chez Pratchett, ça va partir dans tous les sens : à l’ex-voleur chargé de refaire une santé à la banque s’ajoutent pêle-mêle un golem qui se prend pour une jeune fille en fleur, un caissier principal maniaque des chiffres et dissimulant un terrible secret, un Igor plein de ressources qui oublie parfois de zozoter, un triste sire qui n’aspire qu’à être Vétérini à la place de Vétérini, un fantôme de nécromant lubrique, un dentier à ressort récalcitrant et un calmar géant. Sachant qu’aux péripéties de von Lipwig se greffe la quête obsessionnelle de sa fiancée Adora Belle Chercoeur pour des proto golems de l’Antiquité, on peut se demander comment le roman conserve une quelconque unité. C’est non seulement le cas mais l’auteur se permet en plus de nous donner une version abrégée et désinvolte des prémices du capitalisme financier via l’évocation de la création du papier monnaie et de l’émergence des activités bancaires initiées par son héros : un petit plus non négligeable en ces temps de remise en question de notre système économique. Encore une fois le talent et l’expérience de Pratchett font mouche et forcent le respect. (...) comment ne pas être admiratif devant son art de marier les contraires, sa pertinence jamais ostentatoire et sa manière de surprendre sans cesse le lecteur au détour d’une saillie désopilante ou d’un retournement de situation particulièrement improbable. Une preuve supplémentaire que Pratchett demeure le roi incontesté de cette light fantasy qu’il a largement contribué à faire émerger. Qui plus est, et contrairement à certains de ses confrères, surtout ceux spécialisés dans la parodie, il parvient encore et toujours à esquiver les écueils du comique troupier et de l’anachronisme potache ainsi qu’à conserver un cachet lyrique qui font du Disque-monde cet univers où l’on prend plaisir à retourner. En résumé, il ne s’agit pas forcément là du plus incontournable des romans composant les Annales du Disque-monde mais pas davantage les néophytes que les inconditionnels savent qu’ils ne prennent de risque en l’achetant les yeux fermés.
 
Michaël F., décembre 2009, parcheverses.blogspot.com.
+
Pratchett/Briggs - La Carte du Disque-Monde - ifisdead.net
Posté 12 février 2010 -
Il y a plusieurs choses dont nous ne sommes pas fiers sur ce blog. Parmis elles, et la plus honteuses d’entre toutes, on retrouve le fait que nous n’ayons encore jamais parlé des annales du Disque Monde. Certes, Pratchett a eu un petit moment de gloire lors de la publication de notre article sur De Bons Présages, mais c’est bien peu pour l’une des plus grandes figures de la littérature de l’Imaginaire. Terry Pratchett est un auteur que l’on aime encore plus qu’un certain George R.R. Martin, et du coup, la plupart des œuvres qui en ont été sorties en français, nous les avons déjà lues. Monayé, récemment traduit par les éditions l’Atalante, était passé entre nos mains en V.O. il y a de nombreux mois déjà… Sauf que voilà, nous avons fini par mettre la main sur une carte, celle du Disque-Monde. La Carte du Disque-Monde de Terry Pratchett et Stephen Briggs Car ce qu’il y a de bien avec les Annales du Disque-Monde, outre le fait que ce soit sans doute la série la plus géniale de Fantasy, c’est qu’il y a de nombreux ouvrages que l’on pourrait qualifier de produits dérivés. Et pour cause, l’aspect humoristique s’est toujours bien prêté à ce genre de produits. Que ce soit le dictionnaire des éléments de la série, le Vade-Mecum, ou bien La Science du Disque-Monde. La série de Pratchett est presque devenu une institution et les auteurs qui ont travaillé autour sont de plus en plus nombreux. Et c’est avec plaisir que nous avons accueilli la Carte du Disque-Monde, de Terry Pratchett et Stephen Briggs. La seule carte athentyque & le plus souvent precyse du fantastyque & magique Disque-monde Pour ceux qui ne le savent pas, les Annales du Disque-Monde sont des romans qui se déroulent sur le Disque-Monde et qui sont à chaque fois centrés sur un thème particulier, un ou plusieurs personnages, de façon humoristique bien entendu.(...)
+
Pratchett - Télérama
Posté 12 février 2010 -

On n'entend pas souvent – pas assez – parler de Sir Terry Pratchett. En tous cas, pas sur les médias français grand public. Ce fut donc une étrange et douloureuse surprise, la semaine dernière, d'entendre et de voir son nom cité à plusieurs reprises par la radio et la presse hexagonales. Un nom associé non pas à l'oeuvre la plus savoureuse, brillante et intelligemment délirante qu'on ait connu de mémoire de lectrice de fantasy, mais au débat sur l'euthanasie, qui fait rage en Grande-Bretagne : « L'écrivain britannique, atteint de la maladie d'Alzheimer, a proposé lundi de mettre en place des tribunaux qui auraient le pouvoir d'autoriser les proches de malades incurables à les aider à mettre fin à leurs jours », écrivait notamment 20 Minutes. Depuis lundi dernier, cette dérangeante proposition est passionnément discutée par les médias britanniques, les associations de malades, les parlementaires, les médecins, les autorités ecclésiastiques, etc. Avec un émoi difficile à comprendre, de ce côté-ci du Channel, si l'on ne sait pas ce que représente Terry Pratchett dans le paysage culturel anglo-saxon.

Anobli par la reine fin 2008, Sir Pratchett n'est pas seulement un écrivain célèbre, salué par ses pairs en littérature de l'imaginaire comme par de grands noms de la littérature dite « générale », c'est surtout un créateur d'univers, un Tolkien qui serait entré en collision avec les Monty Python, ou encore une version XXIe siècle de Voltaire et de Jonathan Swift, ces démiurges pamphlétaires qui ne créaient des mondes bizarres que pour mieux critiquer celui qui les abritait. Dans son grand œuvre, Les Annales du Disque-Monde (37 bouquins, traduits en 37 langues, plus de 65 millions d'exemplaires vendus), issu d'un big bang romanesque qui remonte à 1983, Pratchett a commencé par détourner sur le mode comique les archétypes de l'heroic fantasy (épées magiques, sorcières, trolls, dragons) avant de passer à sa moulinette satirico-fantastico-philosophique les petits et grands sujets qui préoccupent l'humanité depuis la nuit des temps : religion, politique, culture, éducation, science (entre autres), tout y est passé. Miroir à peine déformant de notre vieille Terre, le Disque-Monde est plat, circulaire, et soutenu par quatre éléphants, lesquels sont portés par une tortue stellaire géante. On y croise des mages incompétents, un bibliothécaire orang-outan, un trio de sorcières pseudo-macbethiennes, un super-héros cacochyme... et la Mort, un Faucheur neurasthénique qui S'EXPRIME TOUJOURS EN MAJUSCULES, se perd en conjectures sur les bizarreries du raisonnement humain et est devenu, on ne sait trop comment, l'un des personnages les plus populaires et attachants de la saga.

Farcies de références plus ou moins cryptées (Terry Pratchett est un homme cultivé, voire érudit, mais aussi un sacré farceur), d'aphorismes inoubliables et de théories loufoques, Les Annales du Disque-Monde séduisent un public infiniment plus large que les lecteurs habituels des ouvrages de fantasy, parce qu'elles nourrissent bien plus que nos imaginaires. Elles posent un regard empreint de dérision, d'agacement et (malgré tout) de bienveillance sur nos petites et grandes contradictions. Aucun rebondissement n'y est aussi cruel que celui qui a bouleversé l'existence de leur créateur : cet homme doté d'une telle lucidité sur le monde contemporain, et qui trimballe un univers parallèle en parfait état de marche dans son cerveau, est précisément atteint de LA maladie qui éteindra peu à peu cette lucidité, et fera disparaître cet univers par petits morceaux. (...)


Les Annales du Disque-Monde, remarquablement traduites par Patrick Couton, sont éditées en France par l'Atalante et Pocket. 

Sophie Bourdais

+
Pratchett/Briggs - La Carte du disque-monde - Le Dragon Galactique
Posté 15 février 2010 -
Près de quinze années après sa sortie en anglais, la carte du fameux Disque-Monde, univers de fantasy extravaguant, absurde mais aussi pittoresque, est enfin sortie en français. C'est tout récent, puisque ça date d'octobre dernier. Mais d'où est-ce qu'il sort ce Disque-Monde ? Tout droit de l'imagination de Sir Terry Pratchett, auteur de près de 40 ouvrages se déroulant sur ce fameux disque porté par 4 éléphants eux-mêmes portés par une tortue et dont les mers se déversent dans l'espace. Si Pratchett a créé une atmosphère, des personnages, de la magie, une histoire, une science (défiant toute comparaison avec la nôtre), il a aussi créé une géographie. Comme il l'explique lui-même dans la petite brochure accompagnant la carte, il ne voulait pas établir la géographie de son monde avant de commencer à en raconter l'histoire. Force est de constater qu'au fil des publications, la carte devenait une nécessité. Parce que les lecteurs sont incroyablement tatillons et un brin intolérants avec les incohérences : Les lecteurs sont perspicaces. Ils remarquent les petits détails. Si un trajet demande à un premier voyageur trois jours dans un roman et deux heures à un second dans un autre, on écrit sur mon compte des propos désagréables. La carte du Disque-Monde est donc née de cette nécessité, avec l'aide de Stephen Briggs qui a accompli un travail formidable de géographe et d'illustrateur. Pour le plus grand plaisir des fans. Car fan il faut être pour voir une quelconque utilité dans un tel objet. Ou éventuellement être complètement obsédé par la cartographie de mondes qui n'existent pas.
+
Pratchett - le huitième sortilège - Le dragon galactique
Posté 22 mars 2010 -

On récupère nos deux héros où la fin de La huitième couleur nous avait laissé. C'est-à-dire en bien mauvaise posture. A ce stade de l'histoire, il est important de savoir qu'en fait dans la tête de Rincevent s'est logé un des huit plus puissants sortilèges du Disque. La destinée de notre désastreux magicien n'est plus entre ses mains (si elle l'a un jour été) : le sortilège en question est nécessaire à l'opération de sauvetage du Disque-Monde, menacé d'être vaporisé par une énorme et très méchante étoile rouge. Le piteux mage sera aidé dans sa folle quête vers la survie par le fidèle DeuxFleurs et son Bagage vorace et le célèbrissime Cohen le Barbare. Celui-ci est un guerrier émérite mais disons ... qu'il n'a plus toutes ses dents. Sans conteste l'un des meilleurs rôles de cette superproduction pratchettienne. Encore une histoire qui part dans tous les sens, avec pleins de personnages rigolos, de retournements de situation et d'expressions imagées. On fera la connaissance du simiesque bibliothécaire de l'Université de l'Invisible et on retrouvera La Mort (bah oui quoi la mort est partout) dont on visitera même le Domaine ! Pratchett laisse tomber la séparation en parties pour nous proposer un texte écrit d'un bloc, avec juste des paragraphes qui permettent de souffler dans la lecture. Un mode opératoire qu'il conservera par la suite. Je dois avouer que c'est le seul truc qui me perturbe dans l'écriture de Pratchett : j'aime bien les chapitres. C'est parti pour une petite liste de gros clichés et de thèmes parodiés dans ce volume : • Les héros d'heroïc fantasy (Cohen toujours à la recherche de trésors et de jeunes filles à sauver) • La lutte pour le pouvoir (les mages qui s'assassinent pour atteindre le Poste Suprême) • La vieillesse (Cohen et ses dents sciées) • L'informatique (chez les druides) • Les contes (Hansel et Gretel) • Les films catastrophes (l'étoile rouge menaçant de percuter le Disque)

 

Tigger Lilly, 21 mars 2010, ledragongalactique.blogspot.com

 

+
Pratchett - La huitième fille - Heksen.fr
Posté 07 avril 2010 -

Plusieurs des aventures ont pour personnage principal une des sorcières, voire le trio au complet. La Huitième fille, troisième volume des Annales, raconte les péripéties de Maîtresse Esméralda Ciredutemps, plus couramment dite “Mémé Ciredutemps” ou “Esmé”. S’il y avait un principe de hiérarchie chez les sorcières, Mémé Ciredutemps serait plutôt en-haut. Mais il n’y a pas de hiérarchie chez les sorcières.

Sur le Disque-Monde, quand le huitième fils d’un huitième fils vient à naître, son destin est de devenir mage : un mage qui se sait sur le point de mourir lui transmet alors ses pouvoirs. Imaginez maintenant que ledit mage n’ai plus que 6 minutes à vivre et ne prenne pas le temps de vérifier le sexe de l’enfant avant de lui remettre ses pouvoirs… hé bien alors, la question se pose de savoir si l’enfant est un mage ou une sorcière.

Question fondamentale s’il en est : finalement, c’est quoi, la différence entre une magicienne et une sorcière ? Et puis, il n’y a jamais eu de sorcière homme et encore moins de mage femme…  

+
Pratchett - La Huitième fille - Le dragon galactique
Posté 12 avril 2010 -

Sur le Disque-Monde, il est largement admis que la magie c'est l'affaire des hommes et la sorcellerie celle des femmes. Si la première se réalise à grands renforts d'effets spéciaux, nécessite la possession d'un bourdon ( sorte de baguette magique) et est la plupart du temps en dehors de tout contrôle, la seconde est plus proche de la nature, nécessite la possession d'un chaudron et consiste essentiellement à connaitre les herbes. Nous serons bien d'accord pour déclarer que la vraie et unique différence entre les deux, c'est que les hommes sont incapables de contrôler ce qu'ils sont sensés contrôler, contrairement aux femmes qui ont bien plus de poigne.

On l'aura compris, La huitième fille aborde une thématique sujet à forte polémique dans l'espèce humaine : l'(in)égalité des sexes. Suite à une erreur de sexe, la petite Eskarina, huitième fille d'un huitième fils qui aurait dû en fait être un huitième fils de huitième fils a hérité du bourdon d'un mage mourant. Un fait sans précédent. Après de vaines tentatives pour se débarrasser de l'encombrant objet, visiblement peu au courant de la répartition des rôles homme-femme, et d'apprentissage de la sorcellerie à la petite, Mémé décide de l'envoyer étudier la magie à l'Université de l'Invisible, lieu où les mages deviennent des mages. C'est bien sûr sans compter sur l'inflexibilité du comité directionnel. Ce qui n'a pas l'air d'arrêter Mémé et Esk pour autant.

Plus construit que les deux premiers volumes, La huitième fille se lit avec autant de plaisir, toujours le sourire au lèvres, parfois se prolongeant par un petit rire guilleret (attention à la lecture dans les lieux publics). Pratchett cultive l'art de mettre ses personnages dans les situations les plus impossibles ( à leur place, je le détesterais) et de nous faire accepter toutes ses élucubrations avec une facilité déconcertante.

+
Pratchett - Nation - Musarder.fr
Posté 14 juin 2010 -

J’ai envie de vous parler de ce bouquin depuis des mois, mais j’ai préféré ne pas le faire avant sa sortie en français. C’est maintenant chose faite, tous les éléments sont donc réunis pour que je vous en chante les louanges !

Quand j’ai lu Nation, on était en plein dans le fameux débat sur l’identité nationale. À chaque fois que j’en entendais parler à la radio, à la télé, j’avais envie de crier : mais Pratchett a tout compris et vous n’êtes que des buses. Une nation, ce sont des gens qui vivent ensemble, parfois par choix, souvent par nécessité, et qui tentent d’en tirer le meilleur. Chacune a ses spécificités, mais elles sont vouées à évoluer si suffisamment de gens le désirent. La nation n’existe pas comme une entité absolue, extérieure aux humains qui la composent. Je résume sûrement ça très mal, il faudrait que vous lisiez le roman pour comprendre.

Nation est, d’après moi, le meilleur roman de Pratchett, et c’est dire quelque chose. En le lisant, j’ai ri, comme toujours, mais j’ai aussi pleuré, chose plus rare, et ce n’étaient pas de mauvaises larmes. Bref, je vous conseille très vivement de le lire. Il est paru en français chez l’Atalante et en anglais chez Corgi. 

 

En lire plus...

 

+
Pratchett - Les sorcières du Disque-Monde - Je Bouquine
Posté 29 juin 2010 -

Avec sa série-fleuve, Les Annales du Disque-Monde, Terry Pratchett, auteur anglais à l'humour prodigieux, vous tue de rire sur une quarantaine de tomes!

Son monde? Un disque plat, porté par quatre éléphants, eux-mêmes juchés suf une tortue géante qui dérive dans le cosmos: ici, forcément, les règles de la magie et de combat des barbares sont différentes du reste de l'univers. Hilarant, gigantesque... A lire absolument.

Voici ici, en un seul volume, trois épisodes centrés sur une thématique "sorcières".

Perrine Parageau - Je Bouquine juillet 2010

+
Pratchett- Nation- Je bouquine
Posté 03 août 2010 -

Le monde sens dessus dessous :

Après qu'une vague géante a anéanti son monde (des îles du Pacifique ), le jeune Mau découvre un autre survivant : une fille dont le bateau s'est échoué là, lors du cataclysme.On suit avec amusement les aventures de ces deux enfants dans un monde ravagé qu'ils tentent de reconstruire. Un roman étonnant dont l'action se passe dans un XIX° siècle qui n'est pas tout à fait le nôtre. Son auteur, Terry Pratchett, est une légende vivante de la littérature mondiale. On lui doit notamment la plus grande série de fantasy jamais publiée, les fabuleuses Annales du Disque-Monde !

+
Pratchett - Nation - Chroniques de l'imaginaire
Posté 07 juillet 2010 -

Alors que Mau s'apprêtait à quitter la petite île où il avait accompli le rite destiné à faire des garçons des hommes, la disparition brutale de tous les oiseaux le décide à prendre la mer en urgence. Sur sa pirogue, il survit à l'énorme vague qui donne l'impression d'engloutir le monde. Mais quand il retourne enfin à Nation, il ne s'y trouve aucun des siens pour l'accueillir. Aucun vivant, en tout cas. En fait, profondément choqué, il mettra plusieurs jours à se rendre compte qu'il n'est pas le seul être humain de l'île : un bateau s'y est échoué, porté par la Vague, et il en reste une adolescente qui décide de se baptiser elle-même Daphné. A eux deux, ils vont faire de Nation un havre pour les autres survivants.

D'une certaine façon, ce roman de passage de l'adolescence à l'âge adulte devrait être classé en littérature jeunesse, ses personnages principaux étant de très jeunes gens, auxquels les circonstances et la fréquentation de l'autre (de l'Autre, devrait-on logiquement écrire), vont apprendre beaucoup, et vite. Et nul doute que des adolescents prendront un grand plaisir à cette histoire de naufragés, teintée d'uchronie vaguement fantasy.

Il serait toutefois très dommage que les adultes s'en privent ! D'abord parce que c'est plein d'humour (c'est du Pratchett, somme toute...), ce qui n'empêche pas la tendresse pour les personnages. Ensuite parce que c'est bien écrit (même remarque). Et enfin et surtout parce qu'il s'y trouve un de ces renversements de l'histoire, voire du monde, dont l'auteur est coutumier, puisque... Mais je ne vais pas vous dévoiler le fond de l'histoire, vous m'en voudriez ! Tout ce que vous avez besoin de savoir, c'est que c'est un bon roman, vite et plaisamment lu et relu, alors n'hésitez pas !

Mureliane, 14 Juin 2010

+
Pratchett - Sourcellerie - Le dragon galactique
Posté 12 juillet 2010 -

Une terrible menace pèse sur le Disque : un sourcelier est arrivé ! On vous promet rien de moins que l'Apocralypse ... Enfin, si ses cavaliers arrivent à temps ... Rincevent sera-t-il à la hauteur pour sauver le monde une fois de plus ? Avec une panoplie de nouveaux (Conina, Nijel, Creosote, Thune, ...) et d'anciens personnages (Rincevent, le Bagage, le bibliothécaire, la Mort, ...), Terry Pratchett nous emmène sur les chemins chaotiques de la sourcellerie. Cette forme de magie totale, extrêmement puissante et très ancienne est crainte par les magiciens (une histoire de lutte de pouvoir ...). D'ailleurs, c'est l'excellente raison pour laquelle les mages ne peuvent procréer (un sourcelier est un huitième fils de mage). Je ne peux m'empêcher d'y voir une critique de la religion catholique et l'absurdité du célibat des prêtres. Si on rajoute à ça l'Apocralypse (un condensé d'apocalypse et d'apocryphe) manquée parce que trois des Cavaliers se retrouvent sans cheval et décident du coup de continuer à se bourrer la gueule, voilà que la religion s'en ramasse plein la figure.

J'ai une profonde admiration pour la capacité de Pratchett de se moquer de tout. C'est d'autant plus admirable, que de manière générale, la fantasy n'est pas un genre réputé pour sa critique sociétale et que je suis persuadée que les trois quarts de ses subtiles allusions m'échappent complètement. Du coup on peut lire du Pratchett en restant à la surface des choses et les aventures de ses personnages sont très amusantes et rigolotes, du bon divertissement. Si on va un peu derrière, la lecture en devient vraiment intéressante et permet de se triturer les méninges.

+
Pratchett – Nation – L’écran fantastique.
Posté 13 septembre 2010 -
Dans une Polynésie imaginaire, après le tsunami, un enfant et une jeune aristocrate anglaise naufragée apprennent à communiquer et à survivre. Nation n’a pas l’humour délirant du Disque-Monde, mais celui plus discret qui accompagne les romans d’apprentissage. Un beau Pratchett chez L’Atalante !
+
Pratchett - Sourcellerie - Librairie Critic
Posté 20 octobre 2010 -

Fermez vos volets, verrouillez vos portes et allez vous cacher sous le lit, Rincevent est de retour !Le mage le plus calamiteux du Disque-monde est à nouveau pris dans un tourbillon d’aventure, entraîné cette fois par un banal (ou presque) chapeau.

Pratchett mélange ici les deux facettes de son écriture que sont la description et le récit, parvenant ainsi à un parfait équilibre entre une découverte approfondie des mécanismes de la magie d’une part, et plusieurs péripéties incroyablement imprévisibles de l’autre.

Comme toujours, les personnages sont des caricatures de l’Heroïc-fantasy classique, le must étant Nijel le Destructeur, premier guerrier barbare autoproclamé grâce aux cours par correspondance !

La limite entre les bons et les méchants est une fois de plus très ténue (si l’on excepte le délicieusement détestable Grand Vizir), et se montre propice à la réflexion. Est-on vraiment coupable lorsque l’on agit sous la contrainte ?

8/10 Ce cinquième tome, héritier spirituel des deux premiers –tout comme le seront les Annales suivantes ayant Rincevent pour héros- nous fait comprendre que la magie ne résout pas tout, et qu’une trop grande puissance n’est rien sans une cause à laquelle on puisse l’y rattacher. La saga se poursuit…

Chips

+
Pratchett - Nation - Phénixweb
Posté 20 septembre 2010 -

Avec ce récit, mine de rien, Terry Pratchett aborde toute une série de notions qui n'ont rien d'anodines.

Il interroge ainsi le modèle colonial, basé sur l'idée que certains peuples sont naturellement plus disposés que d'autres à gouverner la Terre. Il s'attaque aux multiples traditions qui corsettent les individus - les femmes, en particulier - les empêchant de vivre pleinement les possibilités réelles de leurs existences. Il porte de sérieux coups de buttoir au monde des esprits, des divinités et autres supercheries transcendantales, simples manigances de la raison visant à dire autrement « je ne sais pas ».

Mais surtout, il nous offre une histoire prenante de bout en bout, contée avec l'humour qu'on lui connaît, avec l'humanisme qui est le sien. Fable philosophique, récit initiatique, aventures exotiques – « Nation » est un fort joli livre !

 

Lire l'intégralité de cet avis.

+
Pratchett - Allez les mages - Phénix web
Posté 09 novembre 2010 -

Ce nouveau volume du Disque-Monde s’attaque au foute-balle et, comme on peut s’y attendre avec Terry Pratchett, ce sport prend de sérieux coups de griffes en raison de ses nombreux travers. Les supporters sont les premiers sur la liste de l’auteur, mais l’arbitre, équipé d’un sifflet magique, n’est pas mal non plus. Quant aux joueurs, il est bien difficile de prendre au sérieux les mages qui y jouent pourtant leurs repas.

Bien sûr, l’intrigue n’est jamais aussi simple dans le Disque-Monde lorsque Vétérini est de la partie. C’est bien de la survie de tout un peuple dont le match est l’enjeu. Les deux personnages principaux, Glenda et Daingue, sont éminemment sympathiques et le Seigneur Vétérini est plus humain que jamais. L’humour est là et on se glisse avec plaisir dans ce trente-troisième volume de la série pour passer un bon moment.

Chris de Savoie

Lire l'intégralité de l'article.

+
Pratchett - Éric - Critic
Posté 25 novembre 2010 -

Eric est un volume à part dans le Disque-monde. D’une part pour sa présentation, qui diffère totalement de l’habituelle : le livre est plus grand que les autres, et bien plus mince que les quatre à cinq cent pages habituelles. Néanmoins, les riches illustrations de Paul Kidby qui peuplent presque chaque page sont un régal pour les yeux, et compensent largement la taille du roman.

En effet, on a cette fois-ci affaire à une série d’aventures plutôt courtes, reliées entre elles par le fil rouge du voyage de Rincevent, d’Eric et du bagage. Un peu comme si l’auteur avait voulu s’amuser à écrire, pour voir jusqu’où il pouvait aller.

De fait, on croisera successivement une version « Discwolrdienne » des aztèques, de la guerre de Troie, de la création de l’univers (oui, rien que ça) et de l’enfer. Aucun point commun donc entre ces univers, mais chacun d’entre eux vaut son pesant d’or pour la vision alternative d’évènements ou de lieux connus de tous (bon, pour la création de l’univers, il faut faire un petit effort d’imagination, quand même).

La guerre de Troie revisitée est extrêmement bien vue, avec une vision interne du combat que les livres d’histoire se gardent bien de nous révéler. Le passage aux enfers, où le grand manitou tente de remplacer la souffrance par l’ennui (bien pire à supporter selon lui) tout en gérant son royaume à la façon d’une entreprise moderne est également hilarant.

7/10  Certes, on s’est habitué aux gros pavés, et on fait vite le tour d’Eric. Mais Pratchett nous prouve ici qu’il n’a besoin de rien pour réinventer l’histoire tout en l’insérant dans son univers loufoque. Un bel exercice de style qui nourrit autant les yeux que l’imagination grâce à ses superbes illustrations.

Chips

+
Pratchett - Masquarade - Actu SF
Posté 14 janvier 2011 -
[...] Pratchett est un auteur énervant. Une fois encore, pendant les 200 premières pages de ce 18ème volume des Annales du Disque Monde, on râle devant l’inépuisable recette de l’auteur. Comme toujours on a deux intrigues croisées, avec une narration à la troisième personne, des délires bien placés, une petite apparition de La Mort ça et là… Bref l’originalité n’est pas au rendez vous et on en vient à souhaiter que Pratchett nous surprenne un peu. Et puis au fil des pages, en approchant du dénouement, on finit par se prendre au jeu et à se régaler à nouveau. Masquarade serait-il comme un diesel ? Lent à démarrer mais endurant et finalement performant ? Au final on dira que ce livre est un peu poussif au départ mais sympathique à l’arrivée. Pratchett arrive toujours à nous faire rire. C’est le principal.
+
Pratchett - Nobliaux et Sorcières - Critic
Posté 04 février 2011 -

Troisième aventure de nos sorcières préférées, dans la continuité de la précédente. Pratchett s’amuse en effet toujours autant en détournant les codes de la Fantasy traditionnelle. Sa nouvelle cible ? Les elfes, êtres parfaits et intouchables dans la plupart des récits.

Alors que Mécomptes de fées donnait dans le parodique, ce volume 14 se montre clairement plus inquiétant. Les elfes sont ici présentés comme des êtres froids et cruels, uniquement soucieux de leur propre plaisir, bien que leur beauté extérieure demeure intacte. Sortent de vampires de la réalité, ils pénètrent le royaume de Lancre grâce aux croyances des paysans crédules.

Les coutumes rurales sont d’ailleurs largement tournées en dérision à travers l’avis des paysans quant aux livres, leurs réactions face à « la magie » et leurs nombreuses superstitions. Leur sagesse ancestrale permet à l’auteur de contrebalancer ce tableau peu flatteur de prime abord, surtout par contraste avec les mages de l’Université de l’invisible qui viennent ajouter leur sérieux comique à la situation.

8/10 Une relecture des classiques sortant du comique habituel, voilà qui renouvelle avec bonheur l’intérêt pour la saga la plus délirante de la fantasy ! Mémé Ciredutemps se montre une fois de plus magistrale, et on ne peut s’empêcher d’attendre son retour…

+
Pratchett - Le guet des orfèvres - Critic
Posté 28 février 2011 -

Le retour des aventures du Guet d’Ankh-Morpork, aka « on se demande bien comment on fait pour résoudre nos enquêtes », nous donne l’occasion de profiter d’un genre littéraire quasi-inexistant : le roman fantasyco-policier (beaucoup de points au scrabble). Quand on sait qu’on se trouve sur le Disque-monde, on se doute bien que tout ne va pas se dérouler comme dans le dernier Dan Brown…

Le scenario, bien que basique au début (le guet recrute sur fond de meurtres mystérieux), se transforme rapidement en un joyeux foutoir. On y retrouve bien sûr les poncifs du roman policier, avec un tueur aussi imprévisible que discret, une enquête qui progresse par tâtonnements et un enquêteur bien décidé à le mettre sous les verrous (parce que bon, finir son service sur un échec quand on s’appelle Samuel Vimaire, c’est comme diviser par zéro : impossible).

Et le génie de la chose, c’est que le policier en quête de vérité est ici une entité composée d’éléments bien différents, mais tous attachants à leur façon. La brigade hétéroclite du Guet permet à chacun de tirer son épingle du jeu, la carte de l’humour fonctionnant à merveille en jouant sur la personnalité des policiers. Le troll Detritus, déjà apparu auparavant, tient enfin un rôle à la (dé)mesure de sa simplicité, et le sergent Angua permet de soulever la question de fond du roman : le racisme.

Entre nain et troll, entre humain et plus-qu’humain, entre homme et femme, c’est l’acceptation de la différence qui place la ville sur une poudrière après le meurtre d’un nain dans son atelier. Seule l’entente entre les différents membres de la brigade parviendra à les faire progresser.

9/10 Un polar avec de l’humour, une ville hétéroclite en toile de fond et une réflexion sur la peur de l’autre, voilà ce qu’est ce 15eme volume des annales du Disque-monde. Le rythme ne faiblit pas une seule seconde, et la dernière page signe comme un au revoir. Un des meilleurs de la saga.

+
Pratchett - Le guet d'Ankh-Morpork - Lectures
Posté 12 avril 2011 -

Pour la délectation de l'esprit, à L'Atalante, en un fort volume, la trilogie du Guet d'Ankh-Morpork de Terry Pratchett, le créateur du fameux Disque-Monde. De la parodie de SF. et de fantasy. Mais ne boudons pas ! Avec Pratchett, on ne s'esclaffe pas bêtement, on sourit de connivence et de communes références. Bref, on se divertit, on s'évade légèrement en toute intelligence.

Dans une cité imaginaire aux colorations médiévales, les membres de la police municipale, le Guet, traquent de très mystérieux criminels. Nos vaillants, scrupuleux, efficaces limiers (c'te blague !) ont bien à faire avec toutes les sinistres ombres qui rôdent par les ruelles ; aussi sont-ils toujours sur le coup.

Parodie des grands polars à énigme où un enquêteur de génie suit, dans le brouillard de Londres, la trace d'un criminel grand format. Cependant, ici, le criminel, ce peut être le dragon qui, crachant du feu bien sûr, n'hésite pas à incendier le poste du Guet. Et ainsi, le lecteur a-t-il droit à des pages savoureuses, poétiques, de pseudo-exposés scientifiques sur la race des dragons. Le grand dragon, super flic Vimaire l'aperçoit, dans le ciel, qui s'amuse, notamment à incendier la cité. Terry Pratchett fait preuve d'une étonnante inventivité, d'un humour irrésistible toujours branché sur l'observation des humains et de la société, et aussi d'un art consommé de la narration. On ne s'ennuie jamais. Au contraire, le lecteur se délectera de la parodie, par exemple, des sociétés secrètes, des pages à faire se retourner dans sa tombe Alan Kardek, le fondateur du spiritisme. Vraiment, du bel ouvrage.

 

Jacques Crickillon - Lectures

+
Pratchett - Procrastination - Même Esprit
Posté 29 avril 2011 -

Une première qualité de ce 27e tome (qui peut se lire, rappelons-le, complètement indépendamment des 26 précédents) des Annales du Disque-Monde : le titre de sa version française ! Confirmant la qualité des traductions assurées depuis le premier tome par Patrick Couton, ce titre français surclasse l’original en anglais (Thief of time). Naturellement, « procrastination » est un terme qui existe vraiment (et qui désigne (le saviez-vous ? ;p ) la pathologie universellement répandue qui consiste à remettre systématiquement les choses à plus tard), mais il est tellement peu utilisé, est si compliqué, et désigne une chose qui n’a tellement pas besoin de porter un nom, qu’il en devient rigolo.

Pour ceux qui envisageraient de lire davantage que le titre, je vous rassure, ce n’est pas sa seule qualité ; et en fait, Procrastination est même un très bon Pratchett. On y retrouve bien sûr la fantaisie qui est la marque de fabrique de son auteur, et des personnages récurrents savoureux (les Igor, sortes de monstres de Frankenstein qui sont les serviteurs traditionnels des savants fous, portent tous le même prénom, et ont pour coutume de se transmettre de père en fils leurs organes et leurs membres les plus efficaces et qu’ils se greffent à la place ou en plus des leurs propres ; la Mort, accompagnée ici de la Mort aux rats, son avatar chez les rongeurs,…) mais le thème est aussi l’occasion d’aborder des questions assez intéressantes, sur la façon dont le temps peut se distordre si bien que des moments peuvent paraître durer des secondes et d’autres des heures, par exemple.

On y fait aussi la rencontre des Contrôleurs, des entités sans corps qui n’aiment que l’ordre et cherchent à retrouver celui qui existait dans l’univers avant l’apparition de la vie (et qui ont trouvé dans l’Homme le seul être vivant capable de se tirer une balle dans le pied, et de servir leurs intérêts au détriment du sien) : contraints d’emprunter la forme humaine pour mettre leurs plans à exécution, ils découvrent avec cette enveloppe ce que signifie être humain, ce qui est la source de pas mal de gags de situation et de beaucoup de nonsense assez tordant. Du côté des gentils, on trouve notamment Lou-Tsé, moine zen a l’air de rien et dont la voie philosophique est elle aussi bien marrante (en gros, dans son tao, tous les koan sont des proverbes de bistrot et de la « sagesse de bonne femme ») mais qui sait découper le temps pour le prolonger et ainsi en gagner par rapport au commun des mortels, ce qui en fait un adversaire redoutable et justifie pleinement la Règle N°1. Et on trouve toujours comme d’habitude une foule de trouvailles rigolotes, dont cette fois une, formelle, dans le dessin d’un petit balancier qui ouvre chaque chapitre et dont le rythme révèle quelques bizarreries à celui qui y sera attentif.

Akodostef - Même Esprit
+
Pratchett - Je m'habillerai de nuit - readingintherain.com
Posté 06 mai 2011 -

Je m’habillerai de nuit est un roman sur les sorcières du Disque-Monde, et plus précisément sur Tiphaine Patraque que j’aime énormément. Dans le "bordel" ambiant du Causse, dans lequel elle fait office d’infirmière, d’assistante sociale, d’aide à domicile et accessoirement de bonne fille, débarque un inquisiteur fantôme, empli de sa haine de la magie, qui va exciter la populace et le jeune baron contre notre héroïne.

C’est un roman plus sombre que ce dont on a l’habitude avec les sorcières, malgré la présence des Nac Mac Feegles qui mettent un "bordel" assuré partout où ils mettent un pied. La présence de la boule de haine pure qu’est l’inquisiteur  ajoute une dimension moins sympathique et on ressent par moments tout le découragement qui frappe Tiphaine. Une fois de plus je ne peux qu’admirer le talent de cet auteur pour évoluer dans le monde qu’il a créé sans jamais se répéter, en trouvant toujours de nouvelles problématiques à mettre en avant. C’est typiquement le genre de bouquins profondément rassurants quand on se sent perdue entre douze mille romans. Il va rejoindre ses potes sur l’étagère, bien serrés pour éviter qu’un Nac Mac Feegle n’en sorte pendant la nuit !! Miyards !

Nina - readingintherain.com

+
Pratchett - Je m'habillerai de nuit - Psychovision
Posté 11 mai 2011 -

Dans ce nouveau roman du Disque-Monde, nous retrouvons Tiphaine Patraque : elle a maintenant seize ans et est enfin devenue la sorcière officielle du Causse. Ce qui bien sûr signifie qu'elle doit se charger de tout ce qui doit être fait mais que personne ne veut faire, qu'elle subit une surveillance constante et envahissante des Nac Mac Feegle et qu'il y a une très forte probabilité qu'elle finisse vieille fille. La mort du baron, le mariage de Roland et le retour d'une entité appelée le Rusé ne vont rien faire pour alléger le fardeau de la jeune fille, bien au contraire!

Ce quatrième roman des aventures de Tiphaine Patraque est des plus plaisants, d'autant que la jeune sorcière étant contrainte de se rendre à Ank Morpork, nous avons l'occasion de croiser certains personnages des Annales du Disque Monde, ce qui est toujours intéressant, surtout que l'un de ces personnages n'avait pas été exploité depuis fort longtemps par l'auteur (non il ne s'agit pas de Rincevent!) alors qu'il offre pas mal de possibilités! De nouveaux personnages, que l'on souhaite récurrents (pour leur humour pince sans rire ou pour leur don pour s'écouler en torrent de larmes) font aussi leur apparition.
Bien sûr on sent la patte de Lyn Pratchett (surtout pour le final) et un peu plus de gravité dans l'écriture : une vision assez pessimiste (ou réaliste?) de la nature humaine qui peut faire froid dans le dos. Il me semble que l'histoire n'en est que plus intéressante et le personnage de Tiphaine, en anti-héroïne affirmée, encore plus attachante dans sa résolution de tenir bon envers et contre tout, quoi qu'il arrive.

Au final un très bon Pratchett plein d'humour et d'aventures, de présages et de ruse et on espère très fort qu'il y en aura plein d'autres du même tonneau!

 

Falline - Psychovision

+
Pratchett - Allez les mages ! - Chroniquesdetournepages.com
Posté 12 mai 2011 -
Généralement, quand un nouveau tome du disque monde sort je me jette dessus avec hâte et fracas. Ce n'était pas le cas ici, et j'ai même rechigné à lire ce tome. Pourquoi ? A cause d'un vilain préjugé. Je me suis dit qu'un tome parlant de football, même s'il s'agissait des annales du disque monde, n'allait pas me plaire. Tss... Je mériterais des baffes parfois. Hé bien, finalement j'avais tort, comme souvent quand je juge sans savoir. 

L'idée de base est simple, Cogite Stitbon, mage devenu multitâche à l'université de l'Invisible, à force d'avoir pris tous les postes dont personne ne voulait, se rend compte que l'université va bientôt perdre sa subvention majeure si elle ne fait rien.
Et pour garder les sous qui permettent aux mages de s'empiffrer et d'avoir des plateaux de fromages indécents, il faut qu'ils se remettent à jouer au fouteballe. Et c'est le début d'une grande aventure, comme seul Pratchett sait les écrire.

On retrouve avec plaisir les mages habituels, de Mustrum Ridculle l'Archichancelier, au bibliothécaire simiesque (n'allez surtout pas parler de singe devant lui !) en passant par Cogite, et par le doyen devenu Archichancelier de l'université d'une autre ville, au grand dam de Mustrum qui trouve la chose fort peu plaisante. Vétérini n'est pas très loin, comme à chaque fois que l'action se passe à Ank Morpok, et est toujours au courant de tout, en parfait tyran débonnaire qu'il est.
De nouveaux personnages font leur apparition, de Juliette ravissante et stupide en passe de devenir le premier mannequin de la ville, à Monsieur Daingue, un mystérieux homme au savoir encyclopédique, qui occupe un poste obscur à l'université de l'Invisible, où il s'occupe des coulures de bougies. Qui est-il vraiment? Il ne le sait pas lui même. Heureusement, Trevor Probable est là pour devenir son amie, et Glenda, cuisinière de nuit et imbattable pour les tourtes va le prendre sous son aile.

C'est un tome très agréable à lire comme à chaque fois, et le fouteballe n'est qu'un prétexte pour évoquer les thèmes chers à Pratchett. Changement d'une ville qui se modernise, différences raciales qui ne doivent pas être importante, et toujours sous couvert d'un humour bien particulier, on peut retrouver de petites réflexions intelligentes sur les tréfonds de l'âme humaine. Pratchett sait très bien dépeindre ses personnages, et ils sont toujours pleins de défauts, de bizarreries, qui font qu'on s'identifie à eux, qu'on les adopte immédiatement, et qu'on tombe sous le charme, comme à chaque fois.
Cet homme est un magicien. Pour réussir à me faire lire avec entrain quelque chose qui parle de sport (certes pas que !), il faut vraiment l'être !

+
Pratchett - Allez les Mages - Psychovision
Posté 31 janvier 2011 -

Après le rock et le cinéma, c'est au tour du foot de débarquer sur le disque-monde et plus particulièrement à Ankh-Morporkh et à l'université de l'invisible. Et au vu de la réputation, pas vraiment usurpée, de ces deux endroits, il y a de quoi commencer à s'inquiéter, mais également de quoi rigoler devant cette nouvelle annale toujours signée par l'inénarrable Sir Terry Pratchett.

Pour conclure, on peut dire qu'Allez les Mages ! n'est pas le meilleurs volume du disque-Monde, ni le pire d'ailleurs, mais ça se laisse lire et on découvre une nouvelle facette de l'université de l'invisible mais également les habitants ordinaires d'Ankh-Morporkh, qui finalement ne sont pas si ordinaires que ça, mais y a-t-il véritablement quelque chose d'ordinaire sur le disque-monde ? Ce n'est donc pas encore cette fois qu'on va arrêter de lire Pratchett, surtout qu'il a l'air d'avoir encore pas mal de choses à nous raconter !

Note : 8/10 

+
Pratchett - Allez les Mages! – ActuSF
Posté 21 janvier 2011 -
Dans ce nouveau roman, Terry Pratchett s’attaque au sport le plus populaire en Europe et dans le Monde. Il décortique tous les aspects du jeu, tournant en ridicule sportifs et supporters.
C’est évidemment un grand bonheur que l’on conseillera aux amateurs de fantasy mais aussi de football ! Il mériterait d’être vendu dans les stades. Il en profite également dans une intrigue parallèle pour s’en prendre au monde de la mode par le biais d’une de ses héroïnes aussi jolie que stupide qui va connaître la gloire en défilant avec une fausse barbe lors du lancement d’une collection de vêtements pour naines...
Là encore il fait mouche, prouvant son habileté à croquer notre société et ses travers. Trente-troisième tome de la série du Disque Monde, Allez les mages ! est une nouvelle fois une réussite avec toujours cette touche très personnelle de Pratchett qui manie l’absurde et le burlesque avec brio.
+
Pratchett - La huitième couleur - Bibliothèque de Glow
Posté 23 mai 2011 -

Nous voici donc partis pour le premier tome des Annales du Disque-monde ! Terry Pratchett a vraiment tout prévu, et tout créé. J'ai tout d'abord admiré son imagination, pas pour le fonctionnement du Disque, mais pour les personnages et leur culture. J'ai eu vraiment deux coups de coeur en le lisant : Le premier étant le “personnage” du Bagage. Un coffre de bois magique qui suit son propriétaire jusqu'à sa mort. Ses propriétés magiques sont dues au poirier savant dont il est entièrement constitué. Le second coup de coeur a été pour un personnage omniprésent dans tout les livres de la série (et dans d'autres bien entendu), car il s'agit du personnage de la Mort. Génial par sa façon de parler, très reconnaissable autant typographiquement que dans la formulation de phrases assez crues (en même temps c'est la Mort, on peut comprendre qu'elle soit parfois un peu sèche). J'ai aussi beaucoup aimé l'histoire des mages hydrophobes… tellement ridicule, mais géniale ! Sur l'histoire en général, j'espère qu'il y a d'autre tomes meilleurs que celui-là. Je pense que ce premier tome est surtout pour nous présenter le Disque-Monde dans son ensemble, et que Pratchett peu faire mieux.

Sur l'humour, malgré mes apréhensions, je suis forcée de reconnaître que l'humour de Pratchett est vraiment une perle rare. Pas du tout gras ni lourd, il tombe tout simplement sous le sens. Nous contant parallèlement quelques petites histoires selon le contexte, c'est très bien fait. Je suis vraiment contente d'être enfin tombée dans la marmite Pratchett, et je crois que je vais me baigner dedans pendant un certain temps. En tout cas, merci à Pratchett, car il a vraiment réussi à me faire rire, et je trouve qu'il est très dur de faire rire par son écriture !

Bibliothèque de Glow

+
Pratchett - Le dernier héros - La bibliothèque de Glow
Posté 23 mai 2011 -

Un bon petit plaisir à lire, c'est ce que l'on peux faire en faisant court, et en faisant long voila ce que ça va donner : tout d'abord, l'histoire avant toute autre chose. Elle est fort sympathique, j'ai beaucoup aimé les références faites à la mythologie grecque avec le mythe de Prométhée, mais aussi les Dieux inventés par Terry Pratchett. Une multitude de Dieux sont présents dans l'univers un peu fou-fou du Disque-Monde, de Souivo le dieu du bois taillé à Nuggan, un dieu interdisant de goûter à l'ail et aux champignons en passant par le dieu du poisson et d'autre dieux plus académiques comme le Destin… j'ai adoré ! Les dieux jouant sur un grand plateau avec la vie des êtres humains.

L'histoire est donc sympathique, mais elle a un peu trop le goût de “fin du monde”, où il faut sauver le disque. Mais heureusement, Pratchett sait y faire pour rendre une histoire plus qu'interéssante, et même carrément hilarante. Mais le livre est aussi sublimé par lles illustrations de Paul Kidby qui sont absolument magnifiques. Il y en a au moins une à chaque page, et les personnages sont magnifiquement bien faits dans le détails des trait et expression, génial. Je trouve que les illustrations sont vraiment en accord avec ce que l'on pouvait s'imaginer des personnages comme Cohen le Barbare, ou Rincevent qui est totalement en accord avec le personnage.

En résumé, un bon livre du Disque-Monde, en espérant qu'il y en aura d'autres avec des histoires un peu plus originales je continue ma lecture des annales de Terry Pratchett.

La bibliothèque de Glow

+
Pratchett - Le huitième sortilège - Bibliothèque de Glow
Posté 23 mai 2011 -

Ce second tome est la suite logique de la huitième couleur, le tome 1. Mais sachez que la plupart des Pratchett peuvent se lire indépendament les uns des autres.

En ce qui concerne le livre lui-même, j'ai trouvé l'histoire plus prenante que pour le premier, les péripéties s'enchaînent, de nouveaux personnages aussi drôles que bizarres apparaissent… génial ! Le passage du nuage de cailloux est vraiment drôle, mais aussi celui de la fameuse prophétie concernant Rincevent le “magicien”. En bref, un bon livre pour se détendre et rire, avec des personnages fort attachants tels Deuxfleurs (qui voit toujours la vie en rose), Le petit diablotin qui peint les photographies de Deuxfleur, mais aussi le Bagage, un personnage à part entière et non pas un vulgaire coffre sur pattes, mais aussi le héros Cohen le Barbare qui malgré son âge avancé, continue à exercer l'activité de héros à temps plein.

Je vous souhaite une bonne lecture, que ce livre vous fasse rire et vous détende comme il l'a fait pour moi !

 

La bibliothèque de Glow

+
Pratchett - Je m'habillerai de nuit - Actu-du-noir
Posté 30 mai 2011 -

Encore et toujours Terry Pratchett … Avec cette fois un roman de la série des aventures de Tiphaine Patraque, sorcière jeune mais talentueuse des Causses. Je m’habillerai de nuit, le plus récent ouvrage, prend la suite de L’hiverrier.

Tiphaine Patraque est donc la sorcière de la région du Causse. Rude boulot pour une gamine de 16 ans. C’est pas glamour sorcière … On aide aux accouchements, on assiste les mourants, on soigne les bêtes, on s’occupe des plus vieux tous seuls dans leurs masures … Et ça c’est pour les jours où on s’ennuie. Parce qu’en plus il faut supporter d’être « aidée » par les Nac Mac Feegle, ces homoncules en kilt pleins de bonne volonté et d’énergie, mais qui ferait passer une nuée de criquets pour une mission humanitaire. Et puis il faut réagir à l’extra-ordinaire. Comme quand un père alcoolique et violent tue le bébé à naitre de sa fille à coups de pieds, ou quand, comme ces derniers temps une entité haineuse répand insidieusement dans les esprits faibles l’idée que la Sorcière est la cause de tous leurs maux … Bref, c’est pas demain que Tiphaine va s’ennuyer.

Je devrais me lasser, Pratchett aussi devrait se lasser. Ou au moins connaître quelques bas au milieu de tous ces hauts … Et bien il n’en est rien.

C’est la rumeur, la chasse aux sorcières (dans tous les sens du terme connus, plus quelques uns qu’il invente !) qui sont au centre de cet opus. Terry Pratchett ne s’en cache pas, sa préférence va nettement aux sorcières, ces fortes femmes, pragmatiques à l’excès, dévouées à une communauté (voire à l’humanité), parfois un rien hautaines, susceptibles et cassantes. En face, les religieux de tous poils, les montreurs de doigt, ceux qui désignent à la foule (pas toujours très futée) le bouc émissaire, les moralisateurs à poil dur, les donneurs de leçons …  ne font pas le poids, même s’ils peuvent faire peur.

D’ailleurs voici ce que Tiphaine assène à une bonne âme toujours prête à voir la poutre dans l’œil du voisin :

« La cuisinière m’a dit que vous êtes très croyante, toujours à genoux, et je n’ai rien contre ça, rien du tout, mais il ne vous est jamais venu à l’idée d’en profiter pour prendre une serpillère et un seau avec vous ? »

Le mécanisme de la rumeur et de son effet sur les foules et magnifiquement disséqué, démonté et remonté à la mode Pratchett. La façon de transformer celui qui est différent, plus moche, ou plus vieux, ou plus bizarre … en un monstre coupable de tous les mots est disséquée. Tel le caricaturiste surdoué, il accentue les défauts, fait ressortir les traits marquants et fournit un résultat plus vrai que le modèle. Et beaucoup plus drôle.

Bref un autre à lire sans faute.

Jean-Marc Laherrère - actu-du-noir.over-blog.com

+
Pratchett - Pieds d'Argile - ActuSF
Posté 16 juin 2011 -

 

Le guet a bien changé...


Avec Pieds d’Argile, Pratchett revient sur d’anciennes connaissances : les hommes du guet d’Ank Morpork. Cette police municipale a bien changé depuis Au guet. Des effectifs plus nombreux, les équipes mieux organisées, de nouvelles méthodes d’investigations ont été mises en place… Les criminels non assermentés par la guilde des voleurs ou des assassins n’ont qu’à bien se tenir. Le roman commence avec une drôle de série de meurtre. Deux personnes sont tuées sans que l’on trouve le coupable. Dans le même temps le prince de la ville est empoisonné. Pas assez pour qu’il y reste mais c’est largement suffisant pour donner des idées aux dirigeants des différentes guildes de la ville. Ils vont imaginer sa succession. Et tant qu’à imaginer, autant comploter… Dernière chose étrange, les golems se mettent à avoir des comportements bizarres dans toute la ville. Quel est le lien entre ces différentes affaires ? Au guet de faire de toute la lumière. Mais la tache s’annonce rude.

Une réussite

Etonnamment, on ne peut pas faire les mêmes reproches à Pieds d’Argile qu’à ses prédécesseurs. Le style de Pratchett est moins conventionnel dans sa forme. La redondance est moins forte. Reste l’histoire à laquelle on prend bien du plaisir. Il s’agit ici d’une véritable gourmandise peut-être accentuée par des retrouvailles avec le guet dont les personnages sont si caricaturaux qu’ils en sont attachants. Bref, du bon Pratchett.

Jérome Vincent - ActuSF

 

+
Pratchett - Je m'habillerai de nuit - Critic Blog
Posté 25 juillet 2011 -
Résumé :
Rude existence que celle d'une sorcière de seize ans dans le Causse. Outre le quotidien d'une infirmière doublée d'une assistante sociale, il faut aussi gérer les crises qui fermentent et la mort prochaine du vieux baron. Guère de magie là-dedans, guère de sommeil non plus. Alors, si quelque part une pelote inextricable de malveillance et de frustration s'est réveillée pour inciter à la haine des sorcières et à leur destruction, voilà Tiphaine Patraque soudain démunie...
«J'ai la trouye pou la ch'tite michante sorcieure jaeyante.» Il reste les Nac Mac Feegle, me direz-vous, toujours prêts à la bataille. Mais si eux-mêmes se mettent à douter...
 
Mon avis :
Typhaine Patraque, la sorcière du Causse a maintenant seize ans et c'est une sorcière accomplie. Entre petits bobos et grands malheurs, têtologie et mise bas des moutons, faire sorcière dans le Causse c'est être à la fois infirmière, assistante sociale, juge et un soupçon de maire. Bref, c'est loin d'être de tout repos, mais finalement gratifiant, la peur de la sorcière étant mêlée d'un respect certain.
Mais voilà, ces derniers temps, crainte et suspicion semblent prendre le dessus parmi les habitants du Causse. Qui plus est, le vieux baron va bientôt passer de vie à trépas et son fils Rolland s'apprête, non sans appréhension, à lui succéder. Rolland aussi a bien grandi depuis les épisodes précédents et il est sur le point de se marier, ce qui ne va pas sans mal (oui, il y a une belle-mère derrière la promise). Beaucoup de changements dans la vie de Typhaine dans ce nouveau roman du Disque-Monde, mais malheureusement pour elle, si les amourettes d'antan sont révolues, tous les comptes ne sont pas soldés. Vous rappelez-vous quand Typhaine a embrassé l'Hiver ? Oui, celui avec un H majuscule, la force élémentaire qu'elle a d'un baiser renvoyé à ses foyers pour ramener le printemps ? Une telle prouesse n'est pas restée inaperçue, attirant l'attention de toutes les forces magiques du Disque-Monde, bonnes comme mauvaises. Un esprit malveillant appelé le Rusé a été réveillé et sa marotte à lui, c'est l'extermination des sorcières. Ses armes ? Le poison du doute et de la méfiance, attiser la haine partout où elle ne demande qu'à être alimentée. Le Rusé a senti le formidable potentiel de Typhaine et va tout mettre en oeuvre pour la détruire.
Voilà un roman du Disque-Monde qui démarre sous des auspices bien plus sombres que ce à quoi Terry Pratchett nous a habitués, sans doute pour nous signifier que le temps de l'enfance et de l'amusement est bel et bien fini pour Typhaine. Sorcière, c'est un job sérieux ! Demandez donc à maîtresse Ciredutemps (mais pas à Nounou Ogg, vous allez avoir du mal à y croire, au sérieux du job). A ce titre, le démarrage de l'ouvrage est franchement surprenant qui voit Typhaine confrontée à un véritable drame : un père alcoolique qui, à force de coups, fait perdre son bébé à sa fille enceinte. Le quotidien d'une sorcière n'est pas toujours drôle, on le savait, mais c'est la première fois que Pratchett décrit avec autant de force le côté négatif de la fonction.
Bon, rassurez-vous, ce livre n'est pas sinistre non plus, il est juste plus adulte. Il regorge de passages hilarants, fort heureusement, car n'oublions pas que quand Typhaine est dans le secteur, les Nac Mac Feegle ne sont jamais loin. Oui, l'intrigue principale est assez convenue : Typhaine affronte à nouveau un esprit désincarné (ça commence à faire beaucoup d'ailleurs après le Rucheu et l'Hiverrier), symbôle de la bêtise humaine. Mais l'essentiel est ailleurs. Il est dans l'évolution que Pratchett apporte à ses personnages, Typhaine en premier lieu, mais aussi Rolland et même les Feegle ! Vous les croyez éternellement bloqués dans leur rôle de stroumpfs ivrognes et bagarreurs ? Vous n'êtes pas au bout de vos surprises !
L'autre grand intérêt de ce roman est que Typhaine est enfin confrontée au reste du Disque-Monde ! Je vais éviter de spoiler mais sachez que Typhaine se rend à Ankh-Morporkh ! Sûr que ça va la changer du Causse !
Je finis de vous allécher en vous signalant qu'en plus, Je m'Habillerai de Nuit contient une pléthore de guest-stars : moult sorcières dont les plus fameuses (pas besoin de noms, je pense) mais pas seulement, la fine fleur du Guet municipal d'Ank-Morporkh, la MORT (il est toujours aussi classe) ainsi qu'un très ancien personnage qui est de retour (non, ce n'est pas Rincevent).
Comme à son habitude, Terry Pratchett et Patrick Couton nous livrent un roman extrêmement agréable à lire. On ne relèvera jamais assez l'importance du travail du traducteur, mais dans le cas d'un roman contenant des Feegles, ça tourne à la prouesse. Win ? Bref, c'est un très grand plaisir que de lire ce nouveau roman du Disque-Monde qui réunit toutes les qualités de ses prédécesseurs et apporte un vent de fraîcheur bienvenu à travers des évolutions intéressantes des personnages et un ton résolument plus sérieux.
 
Surprenant, mais loin d'être déplaisant.
8/10
Les romans du Disque-Monde restent un plaisir de lecture jamais démenti, là où les Annales du Disque-Monde sont, à mon sens, plus inégales. Je m'habillerai de nuit ne déroge pas à la règle et s'avère même le plus abouti grâce à ses personnages attachants et drôles et à son cortège de guest-stars.
 
Winter
Critic Blog
+
Pratchett - Je m'habillerai de nuit - Les vagabonds du Rêve
Posté 25 juillet 2011 -
Est-on jamais jeune quand on est une sorcière ?
Tiphaine Patraque n'a sans doute que seize ans mais elle s'est déjà heurtée à l'esprit de l'hiver (voir L'Hiverrier) et assume parfaitement ses obligations de sorcière du Causse, panser les malades, aider aux accouchements, secourir les gens en détresse et, au final, être payée de pommes de terre, de vieilles chaussures ou de vieux draps utilisables comme pansements. Beaucoup de marche, beaucoup de charges, peu de sommeil et pour seule satisfaction, celle de l'ouvrage bien fait. Ainsi va la vie des sorcières et tout est bien.
Seulement quand un mal endormi se met à rôder de nouveau, qu'un père brutal bat sa fille enceinte au point qu'elle perde son enfant, qu'une infirmière malveillante fait courir la rumeur que Tiphaine, qui assistait le vieux baron mourant, est responsable de sa mort, et tout se met à changer. Tous ces gens qui recourraient à vos soins, voilà qu'ils se remémorent des souvenirs qui ne sont pas les leurs, ceux d'un temps où l'on brûlait les sorcières, représentantes du Mal. Là, c'est vraiment toutes ses forces qu'il faut engager dans la bataille, au risque même d'y perdre la vie.
Grâce à Madame Proust, respectable propriétaire de la boutique "Pipo" et, incidemment, sorcière d'Ankh-Morpork, Tiphaine pourra identifier l'ennemi : un inquisiteur d'un temps lointain habité d'un esprit de vengeance si redoutable qu'il est à même de réveiller les plus mauvaises pulsions de gens, voire de s'emparer de leurs corps pour perpétrer des horreurs. Et ce ne sont ni Roland, qu'elle est partie chercher à la capitale, ni sa future belle-mère, qui seront les derniers à se faire manipuler. Mais si la fierté de Tiphaine l'empêche de solliciter l'aide des autres sorcières, celles-ci ont senti le retour du Mal et sont prêtes. Tiphaine bénéficiera même des conseils de la légendaire Eskarina (voir La Huitième fille), ce n'est pas rien. Quant à la protection des Feegles, elle lui est acquise, de plein droit, pourrait-on dire.
 
Comme tous les romans de Pratchett, celui-ci peut être lu sans rien connaître des précédents, sauf à y perdre, bien sûr, une part de références. Car on y retrouve une foule de personnages connus, depuis Mémé Ciredutemps et Nounou Ogg, jusqu'au capitaine Carotte, Angua, et le Guet avec eux...
Mais, aussi, comme dans tous ses autres romans, sous l'amusement court en filigrane toute la gravité de la vie. Je ne suis pas certaine que ce n'ait pas été le mobile profond du succès non démenti de l'auteur, mais peut-être est-ce encore plus évident compte tenu de sa santé déclinante. Un vrai plaisir à lire.
 
Hélène
Les Vagabonds du Rêve
+
Pratchett - Drame de Troll - RSFBlog
Posté 26 juillet 2011 -
Chez l'Atalante parlons à présent de Drame de troll de Terry Pratchett, un autre texte promotionnel, de 25 pages celui-ci. Cetre nouvelle met en scène Cohen le barbare, un vieux guerrier qui regrette le bon vieux temps, celui des trolls agressifs et des gobelins belliqueux. Le progrès est un fléau pour le guerrier. Alors pourquoi ne pas se faire un troll comme au bon vieux temps ?
Ici nous avons une nouvelle humoristique mais teintée de nostalgie. Fonctionnant surtout sur des dialogues (même le cheval de Cohen le barbare est doué de parole) elle est entraînante même si le lecteur a un petit pincement au coeur devant la mélancolie de Cohen.
 
C'est bon, très bon même... c'est du Pratchett, quoi.
 
 
RSF Blog
+
Pratchett - Allez les mages - Partage Lecture
Posté 29 juillet 2011 -
Résumé :
Le football est arrivé dans l'antique cité d'Ankh-Morpork. Non pas l'empoignade crasseuse à l'ancienne, mais le football moderne, rapide, avec des chapeaux pointus en guise de poteaux de but et des ballons qui font boing quand ils rebondissent. Et les mages doivent aujourd hui gagner un match sans recourir à la magie, aussi sont-ils disposés à essayer tout le reste.
La perspective de ce grand match attire un jeune gars prometteur doué d'un talent fantastique pour taper dans une boîte de conserve, une cuisinière spécialiste de délicieuses tourtes et tartes, une jeune femme nunuche mais ravissante, en passe de devenir le plus grand mannequin de mode de tous les temps, et le mystérieux monsieur Daingue. (Nul ne sait grand-chose sur monsieur Daingue, pas plus monsieur Daingue lui-même, ce qui l'inquiète aussi.) À mesure qu'approche la date du match, quatre vies s'entremêlent et changent définitivement. Car ce qu'il faut savoir du football, c'est qu'il dépasse le cadre du football.
 
Mon ressenti :
J’ai trouvé toute la première partie de ce livre, longue à se mettre en place mais l’histoire a pris de l’ampleur et de la profondeur en seconde partie et se crée la plus belle équipe de footeux, jamais connue… La description des ambiances de stade est bien vue, j’ai retrouvé à nouveau l’humour, le côté déjanté de l’univers de Pratchett, de tous ces personnages multiraciaux, de ces cultures qui se côtoient et tous ces clins d’œil qui vont droits au cœurs, tant ils me rappellent notre univers. En tout cas, j’aimerais voir un match comme celui qui est décrit…
Pour ceux qui veulent s’évader et les amateurs de ce monde...
 
 
Pinky
Partage Lecture
+
Pratchett - Je m'habillerai de nuit - Lanfeust Mag
Posté 29 juillet 2011 -
Tiphaine Patraque est désormais la sorcière attitrée du Causse. Malgré la routine de ses tournées et les extravagances des Nac Mac Feegle, Tiphaine est prête à faire face à toutes les éventualités (qui ne pourront manquer de se produire puisque par principe elles le peuvent). Mais rien n'est facile pour une sorcière (en fait rien n'est facile pour personne mais les sorcières en prennent plus conscience que les autres) et la mort du Baron va coïncider avec le retour d'une ancienne force, noire, malfaisante, sauvage et, pour tout dire, psychopathe...
 
Terry Pratchett nous régale une nouvelle fois de son humour pince sans rire et de ses considérations sur la nature humaine, ses travers, ses bonnes dispositions et son étrangeté. Passé maître dans l'art de nous captiver, nous émouvoir, nous surprendre et nous interpeller, Terry Pratchett fait preuve, comme à son habitude, d'une habileté diabolique à nous distraire au plus haut point tout en nous faisant réfléchir au mieux.
 
Encore un coup de maître !
 
Lanfeust Mag
Juin 2011
+
Pratchett - La huitième couleur - Light Butterfly
Posté 04 août 2011 -
Résumé
 
Dans une dimension lointaine et passablement farfelue, un monde se balade à dos de quatre éléphants, eux-mêmes juchés sur la carapace de la Grande Tortue...Oui, c'est le Disque-monde... Les habitants de la cité d'Ankh-Morpork croyaient avoir tout vu. Et Deuxfleurs avait l'air tellement inoffensif, bonhomme chétif, fidèlement escorté par un Bagage de bois magique déambulant sur une myriade de petites jambes. Tellement inoffensif que le Patricien avait chargé le calamiteux sorcier Rincevent de sa sécurité dans la cité quadrillée par la Guilde des Voleurs et celle des Assassins ; mission périlleuse et qui devait les conduire loin : dans une caverne de dragons ; peut-être jusqu'au Rebord du Disque. Car Deuxfleurs était d'une espèce plus redoutable qu'on ne l'imaginait : c'était un touriste...
 
L'univers de Terry Pratchett et celui des Annales du Disque-Monde me fait envie depuis pas mal de temps. Je me suis enfin décidée à sauter le pas durant ces vacances et j'ai été assez convaincue. Je lirai je pense à coup sur la suite. L'univers du Disque-Monde est complètement décalé et déjanté. Il suffit de voir la structure du monde pour se faire une idée de ce à quoi l'on a affaire. Notre histoire se centre sur deux, pardon trois personnages : Deuxfleurs le touriste, Rincevant le mage qui ne connait qu'un sort et... le bagage sur pattes. Oui oui vous avez bien lu, une grosse malle qui se déplace à l'aide d'une multitudes de petites jambes et qui est toujours collée aux basques de son propriétaire. Notre duo vivra des aventures totalement décalées.
Le livre se découpe en 4 parties bien distinctes, qui chacune relate un épisode des aventures du duo improbable. Ma préférée de toutes restera sans nul doute la troisième au pays des dragons...
J'ai adoré notre trio qui était assez atypique mais qui finalement allait assez bien ensemble, je suis curieuse de voir ce qui va leur arriver ensuite. Rincevant titille énormément notre curiosité avec son sortilège sur lequel on a envie d'en savoir un peu plus. Si à plusieurs reprises, il a failli le prononcer sans succès, on a vraiment envie de savoir à quoi il sert. Nous y rencontrons aussi des personnages stéréotypés à mort à commencer par Hrun, le barbare à la cervelle pas plus grosse qu'un petit pois. Mais les personnages que j'ai le plus apréciés ce sont les dieux, et plus particulièrement la Mort qui m'a fait énormément sourire. J'ai aussi bien aimé l'idée que les évènements qui arrivaient à notre trio étaient du fait du jeu des divinités.
 
Le style de l'auteur est assez agréable alternant entre les descriptions (nécessaires pour bien se plonger dans cet univers déjanté), les dialogues et les actions, ce qui ne rend pas le texte trop lourd comme on pourrait par moment en avoir la sensation. Les épisodes sont relativement bien marqués et on ressort de ce livre empreint d'une curiosité envers les autres tomes de la série.
 
En bref : De la fantasy totalement décalé dans un univers étrange mais très interessant !
 
Light Butterfly
+
Pratchett - Mortimer - Planète SF
Posté 09 août 2011 -
Dans la série de la Mort, j'ai déjà lu Le Père Porcher pour une lecture commune avec Vade-Mecum. Mais j'avais regretté de ne pas avoir lu la série sur La Mort dans l'ordre. Alors quand Vade-Mecum a organisé une lecture commune du Faucheur, j'ai préféré cette fois commencer par le début. J'ai donc commencé par lire Mortimer. Je n'avais pas tout compris au Père Porcher mais là je me suis régalée avec Mortimer.
 
J'ai beaucoup apprécié cette lecture, et pour l'instant c'est un de mes tomes favoris du Disque Monde avec Au Guet ! Comme le titre l'indique, on suit principalement les aventures de Mortimer, mais de temps en temps aussi celles de La Mort. La Mort est sans conteste mon personnage favori dans la saga du Disque Monde. Il me fait toujours beaucoup rire.
Dans ce premier tome de la série sur La Mort, ce dernier essaie de comprendre ce qui amuse les hommes, et il n'est pas au bout de ses déceptions. Voici une citation qui résume très bien la situation à elle toute seule : " La Mort commençait à se dire qu’il n’arriverait pas à comprendre les hommes de son vivant. " Bien sur il y a toujours autant d'humour et de situations cocasses et il n'a pas été rare de me voir sourire dans le train. Mortimer m'a parfois un peu énervée, mais il est quand même attachant et on lui pardonne aisément ses bêtises. On rencontre aussi Albert, que j'ai beaucoup plus apprécié dans ce tome que dans le Père Porcher. Peut être parce qu'on apprend à le connaître et qu'on découvre qui il est vraiment. On rencontre aussi Ysabell, fille (adoptive) de La Mort et dont on entend parler dans Le Père Porcher.
 
Ces découvertes de personnages m'ont bien confirmé que dans la série de la Mort, il valait mieux commencer par Mortimer pour mieux apprécier les tomes suivants. La fin est assez inattendue et surprenante. Je dirais qu'elle est à la fois gaie et triste. En tout cas ce fut une lecture légère et très agréable pour l'été, et écrire ce billet, me donne bien envie de lire Le Faucheur, une lecture à laquelle je ne vais pas tarder à m'attaquer.
 
Note : 4/5
 
Spocky
Planète SF
+
Pratchett - Nation - actu-du-noir
Posté 09 août 2011 -
Un Terry Pratchett atypique
 
Un scoop ici, je suis fan de Terry Pratchett ! Mais cette fois, c’est un roman un peu différent. Nation ne se situe pas dans l’univers des Annales du Disque Monde. Comme l’écrit l’auteur à la fin de l’ouvrage : « On pourrait croire que ce roman a pour cadre l’océan Pacifique. Rien ne serait plus éloigné de la vérité ! Il se situe pour tout dire dans un univers parallèle, un phénomène connu seulement des physiciens de pointe et de quiconque a déjà visionné n’importe quel épisode de n’importe quelle série n’importe où. »
 
Un autre océan Pacifique donc, aux alentours d’un autre XIX° siècle. Mau rentre de l’île aux Garçons, il a terminé ses rites de passage et toute la Nation l’attend sur leur île pour la fête qui va faire de lui un homme. Mais une barre noire avance vers sa pirogue … Une vague monstrueuse déferle l’emportant comme un fétu de paille. Quand il aborde enfin l’île il ne reste plus personne. Ils étaient tous sur la plage à attendre son retour quand la Vague les a frappés. Il n’y a plus sur l’île que les animaux, et l’épave d’un voilier qui a traversé la moitié de la forêt. Sur ce voilier une seule survivante, une jeune fille, Daphné, qui partait retrouver son père gouverneur anglais quelque part dans le grand océan pélagique. Ce sont eux, qui ne parlent pas la même langue, n’ont pas la même culture, qui vont devoir accueillir les réfugiés, les protéger des pillards et des anglais et faire en sorte que la Nation ne disparaisse pas …
 
Voilà donc un Pratchett différent, situé hors de son univers délirant du Disque Monde. Différent certes, mais très proche. Car Daphné pourrait être la Tiphaine Patraque de ce monde ; et on y trouve une petite vieille à qui il faut mâcher la viande pas très différente des sorcières. Sans compter Mau, jeune homme qui se sent responsable de tous, fou de colère contre les Dieux et les ancêtres qu’on lui avaient appris à vénérer qui ont permis que tout son peuple soit décimé … Et surtout qui se sert de sa tête, de son intelligence pour aller au-delà de ce qu’on veut bien lui présenter comme évident et immuable.
Dans ce nouveau cadre, avec de nouveaux personnages, Pratchett écrit finalement encore et toujours la même histoire optimiste, car il est optimiste malgré les horreurs des mondes qu’il décrit. Et oui, chez Pratchett, l’intelligence, l’humanisme, la curiosité scientifique, l’envie de comprendre le monde et de changer les vieilles règles que tous semblent considérer comme allant de soi finissent toujours par gagner. Malgré les affreux, malgré les obscurantistes, malgré les avides … Comme il fait cela de façon très fine, sans jamais masquer les contradictions des uns et des autres, ni tomber dans le manichéisme idiot c’est un vrai régal. Dont voici un exemple : « La petite vieille lui lança un sourire si large que ses oreilles faillirent tomber dedans. »
 
Si on y rajoute son humour, une vraie tendresse pour ses personnages et un sens de l’histoire jamais démenti, c’est plus qu’un régal, une livre, encore une fois indispensable, à lire par tous, petits et grands. Jusqu’aux notes de l’auteur qui précisent quelques expériences scientifiques et techniques faites par les personnages, toujours avec l’humour pratchettien et qui, après avoir déconseillé à ses lecteurs un certains nombre d’expériences scientifiques … risquées (comme tirer des balles dans l’eau ou regarder le soleil avec un télescope) conclue par « Réflexion. Ce roman en contient un peu. Que vous vous y amusiez ou non chez vous, c’est à vous de voir ».
 
JM Laherrère
actu-du-noir
+
Pratchett - Ronde de nuit - murmures
Posté 09 août 2011 -
Si vous êtes fan d’heroïc fantasy, vous ne pouvez pas ignorer l’existence de la série de livres la plus drôle sur le sujet.
Les « Annales du Disque Monde », c’est de la fantasy dans le genre de « Sacré Graal » des Monthy Python, avec en prime une fine couche de critique de nos sociétés contemporaines. Même si on n’aime pas la fantasy, mais qu’on apprécie l’humour fin et les références culturelles (Pratchett fait un peu ce que faisait le très regretté Goscinny dans « Astérix »), il faut essayer au moins une fois, pour ne pas mourir idiot.
 
Ceci étant posé, ce vingt-septième tome est sans doute parmi les meilleurs que Pratchett ait écris. D’abord il a pour cadre le Guet et comme personnage principal le commissaire divisionnaire Vimaire. Et dans la galerie de personnages de cet univers, les flics du Guet sont parmi les plus drôles. Ils évoluent dans les situations les plus comiques et offrent les plus belles occasions de brocarder notre système légal ou notre politique moderne (et surtout, quand c’est le Guet, on voit beaucoup le souverain de la cité, l’excellent Patricien Vétérini, et ça, ça n’a pas de prix). Ce cher Vimaire s’encroûte un peu depuis qu’il a été bombardé commissaire divisionnaire et est devenu Duc par son mariage avec Dame Sybil Ramkin. Eloigné du terrain qu’il affectionne et submergé de paperasse qu’il abhorre, il saisit l’occasion de poursuivre personnellement un dangereux malfrat tueur de flics, le fêlé Carcer. Mais leurs pas vont les conduire vers l’Université de l’Invisible, où un accident de magie est vite arrivé. Patatra : ils sont expédiés trente ans plus tôt, dans une ville d’Ankh-Morpork sans véritable Guet organisé, sous la domination du cruel seigneur Remontoir et de sa sinistre police secrète. Déboussolé, Vimaire revient vers le Guet de nuit de l’époque (les réflexes) et tombe sur le « lui » plus jeune qui venait à peine de s’engager. Que faire sinon former le bleu à devenir un bon flic ? Mais comment procéder sans bouleverser le futur et compromettre son retour vers sa femme et son futur bébé ? Surtout que Carcer a réussi à s’engager dans la police secrète et tient à en profiter pour éliminer Vimaire…
 
La particularité de « Ronde de nuit » c’est que Pratchett brasse des thèmes plus graves que d’habitude et avec bonheur. Les soulèvements populaires, la torture, la transmission du savoir, les regrets du passé… La note d’humour est toujours aussi présente, mais il y a aussi beaucoup d’introspection sur ces questions au travers du personnage de Vimaire, et Pratchett résume admirablement pourquoi les révolutions tournent mal, en général.
 
Brillant !
 
Yamine Guettari
Murmures
+
Pratchett - Allez les mages ! - Roudou Spirit
Posté 29 août 2011 -
Terry Pratchett se met au foot !
 
Allez les Mages ! " fait partie des " Annales du Disques mondes " de Sir Terry Pratchett. Pour ceux qui ne connaissent pas Sir Pratchett et son univers, il s'agit d'un des auteurs anglais les plus prolifiques dans le domaine de la fantasy. Chaque livre reste indépendant, mais on peut les relier grâce à des lieux, à des personnages ou à des thématiques. Il s'agit d'un monde où la magie est très présente, où les objets s'animent et où trolls, gobelins et autres nains font partie du paysage.
 
Revenons au volume du jour. Dans " Allez les mages ! " l'Université de l'Invisible, école des sorciers de Ankh-Morpok la plus grande cité du monde connu, est confrontée à un problème... si elle ne monte pas une équipe de " foute-balle " elle perdra une partie de ses subventions. Hélas cela fait des dizaines d'années que ce sport n'est plus pratiqué à l'université, et au dehors cette activité a dérivé en un espèce de pugilat géant autour d'une pseudo-balle.
Ridculle Mustrum, l'archi-chancelier de la fac, va devoir composer son équipe avec des mages fainéants, ventripotents, bravaches, un bibliothécaire de l'espèce des orang-outangs ("Oook"), Daingue, un gobelin chargé de l'entretien des coulures de cire de bougies et Trevor Probable, le fils d'une légende du foute-balle qui rejette son héritage. Glenda la cuisinière, spécialiste des tourtes à... à peu près n'importe quoi, et Juliette sa jolie assistante pas très fut-fut entretiennent des relations avec Daingue et Trevor, imposant une touche féminine à l'histoire.
 
Ajoutez à la trame principale, une histoire d'amour, une quête d'identité, des tensions politiques entre l'université et le maître de la cité, des défilés de haute couture pour naines barbues, des tourtes, une bonne dose d'humour à l'anglaise et vous obtiendrez une idée de ce que contient ce livre. Le disque-monde porté par des éléphants sur le dos de la tortue cosmique... et oui !
+
Pratchett - Je m'habillerai de nuit - Les Chroniques de l'Imaginaire
Posté 26 septembre 2011 -
Tiphaine a grandi et voilà que du haut de ses seize ans, elle est devenue une sorcière respectée et indispensable dans le Causse. Elle répare les fractures, coupes les ongles, fabrique des fromages, rassure les habitants, devient une sage-femme lorsque le besoin s'en fait sentir et permet aux âmes de ceux qui ont vécu de rencontrer La Mort en toute quiétude.
Sa tâche ne s'arrête, évidemment pas, à ces quelques passe-temps, une sorcière a beaucoup de responsabilités même lorsqu'elle n'est qu'une adolescente. Deux événements vont soudain secouer le rude train de vie de Tiphaine. Le père Mesquin a tabassé sa fille au point de lui faire perdre son bébé, la sorcière emmènera Ambre loin de sa famille pour l'apaiser. Par ailleurs, le baron est sur le point de rencontrer La Mort et il veut absolument récompenser Tiphaine pour les soins offerts avec une bourse de pièces d'or.
Malgré le travail acharné, l'altruisme et la bonté de Tiphaine, ces deux histoires vont se transformer en enfer. Une aide-soignante haineuse et quelques habitants frustrés vont, par leurs pensées malveillantes, réveiller le Rusé, l'esprit du pire chasseur de sorcières du Disque-Monde...
 
Ce fut un plaisir de retrouver Tiphaine et les Nac Mac Feegle après l'épisode réussi de L'hiverrier. Au travers de cet ouvrage, le quatrième avec Tiphaine Patraque, Pratchett fera vivre à ses lecteurs une histoire plus sombre et triste qu'à son habitude en remuant d'anciennes croyances malsaines, la haine des sorcières et de la magie en général. L'auteur s'attardera sur la condition des sorcières dans le Disque-Monde avec sensibilité et justesse - Tiphaine n'est pas une Mémé " Rambo " Ciredutemps ou une Nounou " Terminator " Ogg.
Notre jeune sorcière est plus un mélange entre une infirmière à domicile, une assistance sociale, une confidente, une babysitter et une vétérinaire pour le temps qu'il reste. La sorcière est honorée et crainte mais est-elle aimée ?
 
Bien que les thèmes abordés soient sérieux et graves, l'humour particulier de Pratchett est toujours présent, savamment dosé, à l'instar de ses autres romans. La grande finesse et la réflexion présentes dans l'écriture de ce récit font de lui une nouvelle réussite pour son auteur et une nouvelle fenêtre sur le Disque-Monde, grande ouverte en signe de bienvenue aux nouveaux lecteurs.
 
Miyards ! C'eut seur, c'eut bieu tout cha !
 
 
Baern
+
Pratchett - Tiphaine Patraque - lectures de jeunesse
Posté 04 octobre 2011 -

 

Lorsque la reine des fées enlève son petit frère, Tiphaine Patraque, 9 ans, n'hésite pas une seule seconde : elle part à sa rescousse seule, armée d'une poêle à frire et du livre de magie de sa Mémé (les Maladies du mouton). Seule ? Pas tout à fait, puisqu'une bande de Nac Mac Feegle, des petits êtres féériques à la peau bleue, voleurs, ivrognes et belliqueux, l'accompagne…

 Et ce n'est qu'un début ! Car Tiphaine ne fait rien comme tout le monde : sorcière dans un pays où il n'y a jamais eu de sorcière, Tiphaine a le don de s'attirer des problèmes…

 Voilà une série tout simplement jouissive !!! Reprenant l'univers des Annales du Disque-Monde et certains de ses personnages (je pense notamment à la fameuse Mémé Ciredutemps), Pratchett fait une série pour adolescents dans laquelle même les adultes peuvent trouver leur bonheur.

L'héroïne, que l'on découvre à 9 ans et que l'on suit tout au long de son apprentissage de sorcière, est irrésistible par sa détermination, par sa force de caractère et surtout par l'armée de Nac Mac Feegle qui cherchent à la protéger contre son gré. Difficile en effet, lorsque l'on est adolescente, de supporter d'être sans cesse espionnée par une bande de petits lutins bleus chez qui discrétion et politesse sont optionnelles et qui donnent comme prétexte à leur voyeurisme le fait que vous ayez été leur Kelda (leur reine) pendant quelques jours. Difficile aussi de gérer toutes les responsabilités qu'engendre la fonction de sorcière... Car si Tiphaine se conduit le plus souvent comme une adulte raisonnable qui fait ce que personne d'autre ne veut faire, elle reste néanmoins une adolescente qui rêve de s'amuser, de tomber amoureuse ou bien tout simplement de ne pas être responsable de tout le monde.

Face à Tiphaine, des ennemis pour le moins effrayants : en effet, Pratchett ne ménage pas sa jeune héroïne ! Après la reine des fées, il la confronte à un Rucheur (sorte de parasite spirituel qui s'empare du corps de ses victimes), à l'Esprit de l'Hiver et ses neiges éternelles et enfin à un inquisiteur mort et bien décidé à faire brûler vives toutes les sorcières qu'il pourra trouver. Des adversaires de premier ordre donc qui, comme souvent chez Terry Pratchett, s'appuient sur des mythes et des traditions bien connues.

Ajoutons à cela un style bourré d'humour (le langage des Nac Mac Feegle et leur façon si personnelle d'aider y sont pour beaucoup) et des récits bien rythmés, et l'on a devant nous quatre bouquins à ne pas rater ! 


Les ch'tits hommes libres de Terry Pratchett, L'Atalante
Un chapeau de ciel de Terry Pratchett, L'Atalante
L'Hiverrier de Terry Pratchett, L'Atalante
Je m'habillerai de nuit de Terry Pratchett, L'Atalante

Lectures de jeunesse

+
Pratchett - Nouvelles du Disque-monde - Le Matin
Posté 24 octobre 2011 -

LES NOUVELLES DU DISQUE-MONDE

Terry Pratchett est un auteur de fantasy. Assez classique, non? Sauf (oui, il devait y avoir quelque chose) que Pratchett le fait avec humour. Décalé, à mi-chemin entre Monty Python et Douglas Adams. Ce recueil de nouvelles, inédites en français, est un excellent moyen de découvrir cet auteur farfelu et drôle. OOK!

+
Pratchett - Nation - L'étrange bibliothèque de Calenwen
Posté 10 novembre 2011 -

Dans une sorte de XIXe siècle alternatif, un raz-de-marée dévaste les îles du grand océan Pélagique austral (le Pacifique quoi), et notamment la Nation, où vit le jeune Mau (qui s’apprêtait à devenir homme). Désormais seul sur l’île dévasté, avec pour seule compagnie les voix des Grands-Pères (les ancêtres morts), il va rencontrer une fille homme-culotte (une européenne quoi), seule survivante du naufrage de son navire.

Le roman nous raconte leur rencontre (pleine de quiproquos à ses débuts), leurs efforts pour reconstruire l’île (tandis que d’autres survivants arrivent), et leur quête d’identité, Mau souffrant et pas qu’un peu d’une crise de foi et de valeurs suite au cataclysme, et Daphnée/Ermintrude cherchant à concilier sa nouvelle vie, avec son éducation de jeune fille de bonne famille anglaise.
Nation est un roman enchanteur, et le mot est faible. Au début, on ne sait pas trop si on est tombé sur une robinsonnade, ou un roman initiatique océanien, mais plus on avance dans l’histoire, et plus on se rend compte qu’il ne ressemble à rien de connu (du moins par moi).

Il y a une richesse d’idées et de réflexions assez impressionnantes, qu’une seule lecture ne suffit pas à en faire le tour. Nation parle de deuil, de croyance, d’identité, de reconstruction, de la vie en société (le procès m’a beaucoup marqué), du choc des cultures (ah la première invitation au thé…), et de tant d’autres choses, avec justesse et non sans humour.

Difficile de faire une liste complète, je me suis rendue compte en fermant ce livre qu’il me faudrait le relire (et sans doute le re-relire) pour mieux l’apprécier. Mieux appréhender Mau (magnifique personnage central mais pas toujours facile à suivre), mieux noter les détails ici et là.

L’univers est riche et basé sur des cultures océaniennes, ce qui n’est pas si courant que ça et qui apporte une fraicheur agréable. Les personnages sont (presque) tous émouvants et attachants à leur façon (dans le genre inattendu, la femme sans nom m’a beaucoup marqué). Quant à l’histoire, pleine de tolérance et se terminant sur une pointe de mélancolie, c’est un petit bijou.

Bref, c’est un très beau roman de Terry Pratchett que je vais m’empresser de recommander partout autour de moi. Riche, intelligent, et divinement écrit avec ça (je l’ai lu trop vite pour vraiment les relever, mais certains passages sont juste merveilleux). Que demander de plus ?

« Le monde est un globe – plus vous allez loin, plus vous vous rapprochez de chez vous. »
+
Pratchett - Je m'habillerai de nuit - Anne-Marie Bouchard
Posté 02 novembre 2011 -

La ch'tite michante sorcieure...

Ah! Terry Pratchett! Quelle imagination! Quelle belle sorcière! J’aime les sorcières qui sont des sages-femmes, des jeunes femmes pas crochues ou des femmes pleines d’humour, j’aime les légères sorcières et les sorcières aimantes…

Actuel, débridé, savoureux, que dire d’autre?

Traitement du langage comme seul un amoureux des mots peut le faire, en inventant, triturant, contournant… Il faut lire la langue des Nac Mac Figgle (...) :

 » – oh win, mais des mies, c’eut facile, vos saveuz. Vos voyeuz, pus les morcios y sont ch’tits, maeyeux ils s’assembent faut jusse les pousseu un ch’tit peu, et les ch’tites molles aecules se souviennent de leurs plache et s’aercolent ensembe, nae problemo! Pwint la paene de faere l’aetoneue, on se limite pwint à tout casseu. »

J’adore! Je les entends tellement jaser, avec leurs petites voix tonnantes et grinçantes!

Le récit est bien construit, d’une péripétie à l’autre on en comprend toujours un peu plus, et sur Tiphaine Patraque (la sorcière), et sur le démon qui la poursuit. Sans se prendre au sérieux, de manière très british, on touche à tout plein de sujet graves: les soins aux morts, aux vieux, aux faibles; d’où vient la vocation de sorcière, d’où vient le pouvoir… Non, vraiment, je ne peux que vouloir lire toutes les autres histoires de sorcières de Pratchett. Déjà, j’avais lu La huitième couleur, et c’était savoureusement imaginaire et tordu, mais là! Là, je suis tombée en amour!

Alors, je m’en vais sur le disque monde. Je ne sais pas dans quel état je vais en revenir, ou si je vais en revenir. J’apporte avec moi mon appareil photo, et mon crayon, on verra bien. Quel univers!

Anne-Marie Bouchard

+
Pratchett - Nouvelles du Disque-monde - Un papillon dans la lune
Posté 17 novembre 2011 -
Nouvelles du Disque-Monde est un recueil de la totalité des nouvelles concernant le Disque-Monde, à savoir... 6 ! Sir Pratchett n'est apparemment pas un grand fan de l'écriture de short stories comme il le dit :

"Les nouvelles me coûtent sang et eau. J'envie ceux qui les écrivent avec facilité, du moins ce qui ressemble à de la facilité.
Je serais étonné d'en avoir écrit plus de quinze dans ma vie"
(citation de l'introduction d'une nouvelle)

Ce recueil est dans l'ensemble très sympathique. La couv' est joliment illustrée par Paul Kidby (Who else !). Patrick Couton nous prouve encore une fois son talent d'écrivain à travers la traduction que j'imagine compliquée de Sir Pratchett et de ses jeux de mots 
+
Pratchett - Ronde de nuit - Planete SF
Posté 28 novembre 2011 -
Le commissaire Vimaire poursuit un terrible malfrat du nom de Carcer et se retrouve sur les toits, en pleins orage... une bien mauvaise idée lorsqu'on se trouve au dessus de la Bibliothèque de l'Université ! ça a été un vrai plaisir de retrouver Pratchett, et de renouer avec un bon Pratchett. Autant les derniers ne m'ont pas passionnés ( Le 5ème éléphant, Carpe jugulum , La Vérité...), autant celui là c'était le pied ! Déjà, j'ai un faible pour les voyages dans le temps. Et pour Vimaire, ce qui fait deux bons points d'office. Mais Pratchett nous livre aussi quelque chose de plus intimiste : nous ne sommes pas noyés dans la flopées des troublions du guet ou de l'Université, on est sur les pas de Vimaire qui se retrouve face à lui même (au propre comme au figuré).
Ronde de nuit, c'est aussi une atmosphère sombre de polar sous la Révolution, d'Ankh-Morpork avant que le Patricien Vétérini ne vienne réguler le crime par les guildes etc. On redécouvre la ville, on la sens à travers nos chaussures comme Vimaire, on s'inquiète aussi de cette Histoire qui avance à grand pas sans même qu'on l'y pousse. Sans arrêter l'action pour autant, Pratchett nous fait réfléchir sur le sens du devoir, la nature de la politique, de la société et du rôle que chacun peut y avoir et du temps qui passe.

(…) L'intrigue est rondement menée. L'écriture est soignée, parfois poétique -bien que les références sont souvent grivoises et sous-entendues. Pratchett profite aussi de l'occasion pour revisiter les voyages dans le temps, et à ce niveau là, j'avoue avoir été un peu déçue. Vimaire se pose bizarrement bien peu de questions propres aux paradoxes temporels. Cela fait peut être partie de discussions avec le moine, mais il est bien dommage qu'on en est pas la retranscription. Quand il se rencontre plus jeune et qu'il lui parle, j'aurais bien aimé savoir quels en sont ses souvenirs ! Essaye t'il de redire exactement les mêmes mots, de calquer au maximum sur ce dont il se souvient ?

Au final d'ailleurs l'embrouillamini n'est pas tout à fait clair (m'obligeant à faire un croquis et tout) (m'enfin rassurez vous je dois être la seule à me prendre la tête avec) * attention spoiler * Apparemment on est dans un monde parallèle, le temps ayant "changé de jambe de pantalon" par le voyage du méchant. A la fin, Vétérini se souvient d'avoir vu disparaître Carcer. Reste que logiquement il devrait y avoir deux Sam Vimaire à la fin ! Mais p 422 le balayeur suggère qu'il s'occupe des couacs possibles. M'enfin ça reste bien mystérieux ! Pour une fois j'ai clairement vu la fin venir, mais sans deviner le déroulement pour autant.

Merci Sir Terry pour m'avoir ébloui encore une fois !

(…) Plus intimiste, plus porté dans l'humour noir un peu comme les petits dieux, Ronde de nuit est un excellent moment de littérature qui se place d'emblée dans mes Pratchett préférés.

 Lael

+
Pratchett - Le Fabuleux Maurice et ses rongeurs savants - L'antre du baron
Posté 09 décembre 2011 -
Vous connaissez l'histoire du joueur de flûte de Hamelin ? Les rats avaient envahi la ville, les habitants se désespéraient ; un joueur de flûte vint les sauver, qui ensorcela les rats au son de son instrument et les fit quitter la ville derrière lui pour les noyer dans la rivière. Imaginez maintenant des rats intelligents qui soient de mèche avec le joueur de flûte... et pilotés par le roi de l'arnaque soi-même, le fabuleux Maurice, le chat de tous les chats. Ça, c'est une combine qui peut rapporter gros. Jusqu'au jour où la fine équipe s'attaque au bourg de Bad Igoince où l'attendent le mystère, la terreur et le Mal. Dans le cadre de la Lecture Commune de Halloween de mon site du VadeMecum *pub pub pub* c'est une histoire du Disque-monde sur les chats, les rats et les contes de fées que je me suis vu relire, avec plaisir !
Bien qu'il se situe dans l'univers du Disque-monde il est très dissocié des fameux Annales et ne nécessite aucune connaissance de celles-ci, qui plus est ce n'est certainement pas le livre idéal pour découvrir les Annales tellement il en est... euh... dissocié mais on y voit déjà la structure narrative "classique" d'un Pratchett, arrivée/présentation des personnages et de leur particularité souvent peut ordinaire, une intrigue puis une intrigue dans l'intrigue avec des références à différentes œuvres, souvent faites de façon détournées et comiques. Bref, l'histoire de Maurice c'est l'histoire d'une arnaque, d'une grande et dernière arnaque d'un chat (le fameux Maurice) qui commande aussi bien ses rats que son humain et qui trompe les humains en leur laissant bien croire ce qu'ils veulent car un chat sait tout, c'est bien connu et surtout on peut faire confiance à un chat pour être un chat. Le Fabuleux Maurice et ses rongeurs savants est donc une parodie, ou plutôt une réécriture de l'histoire du "Joueur de flûte de Hamelin" qui en soi est déjà une histoire bien sombre et peu destinée aux enfants (Le Fabuleux est une histoire classée pour enfant d'ailleurs en VO) et franchement il tient plus du conte d'Halloween. Certes on a des animaux qui parlent et qui s'habillent presque en entier (mais bon c'est tellement peu pratique comme ils le disent) mais on est loin d'une histoire à la Disney.
Le récit est chapitré et alterne le plus souvent deux équipes du clan Maurice : le chat son jeune joueur de flûte, rapidement rejoint par la fille du mère assez original et qui voit la vie comme une histoire alors que la vie laisse rarement la place à l'arrivée du chevalier blanc sur son destrier ; et de l'autre l'équipe des rats qui découvre ce nouveau village-victime à travers ses yeux de rats pensants, capable de déjouer les pièges et poisons mais qui sent malgré tout un malaise. Les deux équipes avancent dans l'intrigue comme dans les bas-fonds du village de façon parallèle pour mieux se rejoindre. L'ambiance est s’assombrit de plus en plus, laissant plané un certains suspens mais chaque équipes à ses comiques : Maurice et Malicia (la fille du maire) et les rats chacun leur tour, notamment Sardines un rat adorateur des claquettes et toujours disposé à ravir et surprendre son public souvent humain. L'histoire s'accélère encore sur la fin avec la présence d'un grand Mal et la possible arrivé d'un personnage mythique dans le village capable de contrecarrer les plans de Maurice.
Le récit est court très court et aurait mérité de durer ou de donner des suite du même genre, entre légendes, contes et références multiples. Une bonne ambiance, des personnages attachants, un bon p'tit rythme, Le fabuleux Mauriceravira tout public à la recherche d'un conte revisité de façon original mais qui n'en oubli pas de nous faire connaître les légendes, mythes et réalités souvent cruelles dont il s'inspire, sans oublier les amoureux des chats et des rats qui seront aux anges !
L'antre du baron
+
Pratchett - Sourcellerie - Le cabinet des curiosités
Posté 19 décembre 2011 -
(...) Nous retrouvons dans Sourcellerie notre ami Rincevent, toujours aussi doué pour se trouver au mauvais moment au mauvais endroit, en train de tirer au flanc à sa bonne habitude, pile au moment où un Sourcellier fait une entrée fracassante à l'université de l'invisible, pour réclamer le titre d'archichancellier de l'université.
Un sourcellier, c'est en quelque chose un mage au carré. Car si le huitième fils d'un huitième fils nait mage, le huitième fils d'un mage nait Sourcellier, c'est à dire détenteur de la magie primordiale, incontrôlable et aux effets secondaires assez surprenant, les fuites de sourcellerie on une fâcheuse tendance à métamorphoser tout ce qu'elles croisent en matière plus ou moins comestible, ou plus ou moins vivant, voire les deux à la fois.
Thune, car c'est son nom, âgé d'une dizaine d'années, et plus doué que l'ensemble des mages du disque monde, vient donc réclamer la charge d'archichancellier et le chapeau qui va avec. Par une coincidence extraordinaire, c'est justement le moment ou le chapeau décide d'être volé (oui décide!), et ou Rincevent décide de prendre le large.
Et par une coincidence encore plus extraordinaire, Rincevent, se retrouve évidemment nez à nez avec Conina, voleuse de petit format en robe à fleurs, lanceuse de couteaux émérite et digne fille de son père Cohen le barbare qui l'entraine à la poursuite du fameux chapeau (à noter que Conina rêve de devenir coiffeuse, mais on peut difficilement suivre la carrière qu'on veut quand on descend du plus célèbre aventurier barbare du disque.. l'hérédité, tout ça..)
Et une fois de plus c'est savoureux.. après avoir tourné en dérision les classiques de la fantasy dans les deux premiers volumes, cette fois, ce sont les récits d'aventures (pirates inclus) et les contes de milles et une nuits et la myhtologie nordique qui font les frais de l'imagination débordante de l'ami Pratchett.
Car Conina et Rincevent  vont aller entre autres visiter le palais du Sériph Créosote, homme riche qui n'aime rien tant que les femmes du harem lui racontent des histoire, faire voler un tapis volant particulièrement farceur, embarquer dans leur périple Nijel, héros barbare depuis trois jours en autoformation par correspondance. Et finalement assister au réveil des géants des glaces qui profitent de la panique générale provoquée par le sourcellier pour essayer de reprendre la mainmise sur le disque. Rien que ça.
Un régal.. j'aime énormément les comparaisons délirantes qui émaillent le récit, du style " il ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois d'affilée, vivante image d'un poisson rouge qui s'efforce de comprendre le concept des claquettes"... Soooo british!
Et quel plaisir de retrouver le Bagage, qui découvre les effets de l'alcool et se prend une gigantesque gueule de bois (car oui, une malle qui a la gueule de bois, c'est drôle!)

+
Pratchett - Va-t-en guerre - Critiques libres
Posté 20 décembre 2011 -
L'art de la guerre selon Pratchett

Ce vingt-et-unième tome des annales du Disque-Monde marque le retour des aventures du Guet et de son commissaire divisionnaire Samuel Vimaire mais également de quelques personnages récurrents de la saga tel que Vétérini ou Léonard de Quirm dans une aventure totalement burlesque, comme d'habitude.

Tout commence par l'émergence d'une île entre Ankh-Morpok et le Royaume de Klatch (fortement inspiré par le Moyen-Orient), évidemment ce nouveau territoire attise les convoitises et il en faut peu pour qu'une guerre éclate (notamment une tentative d'assassinat). On assiste donc aux péripéties de Vimaire, Vétérini et du Guet afin d'éviter une guerre imminente.

Ce roman dans la plus pure tradition de Pratchett réussit encore à détourner les travers de nos sociétés actuelles, soit ici la guerre et le racisme, pour donner des situations totalement improbables et hilarantes mais qui nous renvoient sans arrêt au comportement de nos contemporains.
Koolasuchus
+
Pratchett - Allez les mages - Les chroniques de l'imaginaire
Posté 26 décembre 2011 -
Il est un sport qui effraie et passionne la populace d'Ankh-Morpork. Il échaude les rivalités entre quartiers, porte aux nues les vainqueurs, porte aux nues les perdants (aussi), les mouvements de foule qu'il provoque sont des reproductions miniatures (les gourdins sont de taille normale) de la très célèbre Vallée de Koom. Malgré ses trolls, le Guet ne s'en approche pas trop... La seule règle reconnue et suivie unanimement par les joueurs est de taper dans une boite de conserve pour qu'elle franchisse les montants de ce qui est communément appelé un but. Le fouteballe vit dans les rues de d'Ankh-Morpork, Vétérini va le dresser.

Des chercheurs ont découvert deux choses, il y a peu, sur le Disque-Monde. Premièrement, la version de rue du fouteballe tel qu'il est pratiqué de nos jours est une dégénèrescence d'un sport antique régulé strictement. Ensuite, une clause en petits caractères d'un legs octroyé à l'Université de l'Invisible oblige les mages à organiser et à participer à un tournoi de fouteballe. Selon Cogite Stibon, sans cette rentrée financière, les mages devraient se contenter de trois uniques repas par jour...

La dernière chose s'est découverte d'elle-même et n'a pas eu besoin de chercheurs. Un certain monsieur Daingue a été engagé dans l'équipe du gestionnaire des bougies de l'Université de l'Invisible. Monsieur Daingue est un gobelin d'Überwald.

Fouteballe, mode, cuisine, amour et terreurs ancestrales sont les thèmes principaux de ce nouveau tome des Annales du Disque-Monde. Celui-ci est assez classique par rapport à l'oeuvre générale de Pratchett. Les personnages sont géniaux, attachants et improbables. L'aventure est captivante mais souffre, comme souvent, de quelques longueurs dans son deuxième tiers et, il m'a semblé, de quelques répétitions. Le ton est toujours aussi épicé, néanmoins, la présentation du football aurait pu être un peu moins raisonnable.

Au final, Pratchett nous offre à nouveau un roman très amusant à lire et il est toujours aussi doué pour mettre le lecteur d'excellente humeur.

Baern

+
Pratchett - Les Ch'tis hommes libres - mortsure
Posté 06 janvier 2012 -

Bon déjà pour spécifier quelque chose, il faut savoir que je ne suis pas du genre à rire ouvertement (plus le rire étouffé), je peux même dire que je ne suis pas le genre de personne qu'on aime avoir près de soit devant un film comique au ciné. Tout ça pour dire que pendant la lecture de ce livre il m'est arrivé de rire aux éclats plusieurs fois tout seul comme un « débile ».

Maintenant revenons à notre sujet, Les Ch'tits hommes libres.

Pratchett a pour habitude de nous faire rire en introduisant des thèmes de société dans la vie du Disque-Monde, ce qui a souvent pour effet de les rendre loufoques et détournés de façon humoristique mais toujours bien vus. Dans le présent roman, il aborde les contes de fées c'est désopilant, froid et assez sombre.

Tiphaine a 9 ans, elle est la 7ème enfant d'une famille de berger dans le Causse. Sa particularité ? Elle réfléchit tout le temps, elle a lu le dictionnaire en entier et surtout elle a hérité du sang ancestral qui coule dans les veines Patraque. En particulier celui de sa « Mémé Patraque » ancienne doyenne bergère, elle était la voix et la gardienne des collines du Causse.

C'est peu de temps après sa mort que l'histoire de Tiphaine commence. Alors que Tiphaine est au bord de la rivière avec son pot de colle de petit frère, un événement va bousculer sa routine à la ferme. Tout d'abord elle voit deux petits homuncules roux à la peau bleue qui la mettent en garde contre la « tchaete verte » juste avant qu'un monstre surgisse de l'eau et essaye de l'attraper. Quel est le premier réflexe d'une jeune fille de 9 ans ? Fuir ? Non ce n'est pas son genre, non elle, elle prend la main de son petit frère, court à la ferme, prend une poêle à frire et retourne à la rivière avec son frère, avec la ferme intention de corriger ce vilain monstre qui a osé surgir de sa rivière.

A partir de ce moment là tout va s'enchainer très vite.

Les petits homuncules roux à la peau bleue qu'elle a rencontré s'avèrent être des Nac Mac Feegles, des pictsies qui se sont rebellés contre le joug de leur ancien maitre parce qu'il leur demandait de faire des choses allant à l'encontre de leur sens moral (extrêmement spécifique, un vol n'est pas quelque chose de grave pour eux). Leurs mots d'ordres ? « Voleu », « s'bagarreu » et « Ni rwa ! Ni rinne ! Ni djeus ! Ni maetes ! Fini de s'faire avwar ! ». Forts comme des buffles, solides comme le roc, ils sont craints par toutes les autres créatures « féériques » et ça malgré leur petite taille (pas plus de 15-20 cm).

Nous suivons donc Tiphaine qui va devoir aller chercher son petit frère qui a été enlevé et emmené dans le « pays des fées », pays où tout les contes que les parents racontent aux enfants pour les effrayer prennent vie. Heureusement pour elle, les Nac Mac Feegles sont là pour l'aider, ainsi que sa « première vue » et son « second degré » (pouvoirs de sorcière qui lui seront bien utiles) et surtout sa vivacité d'esprit et son égoïsme.

Le développement de la dualité entre rêves et réalité est intéressante. Le point de vue de Tiphaine du haut de ses 9 ans, s'avère être rassurant et dur à la fois. Encore une fois Pratchett rend un sujet commun en quelque chose d'original, drôle et un peu effrayant à la fois.

Pour ce qui est du contenu pur, l'écriture de Pratchett et la traduction de Couton sont toujours un régal. Voilà en résumé un peu plus de 300 pages de bonheur en bonne compagnie.

« Mwins fort, faut pas les raeveyeu ! »

 

Chronique de Sekhmeth

+
Pratchett - Accros du roc - Critic
Posté 06 janvier 2012 -

La musique débarque sur le Disque-monde, et pas n’importe laquelle ! Quand le Rock&Roll frappe à la porte sous la forme d’un groupe de trois musiciens hors normes, nul ne peut résister.

Un humain, un troll et un nain qui s’associe non pas pour une quête héroïque mais pour former un groupe qui, bien qu’ils ne le sachent pas encore, deviendra célèbre au-delà de leurs espoirs les plus fous… Kreskenn Kelenn, l’humain, ne tarde pourtant pas à perdre sa harpe, mais il retrouve bien vite un curieux instrument : une guitare qui semble jouer toute seule, comme si avait sa propre volonté. Et si les groupies se font vite nombreuses, compter la petite-fille de la Mort dans leurs rangs se révèle prolonger de manière non négligeable l’espérance de vie…

Pratchett utilise encore une fois la ficelle des deux histoires entremêlées (la pré-retraite de la Mort et l’avènement de la musique de roc) pour nous concocter un mélange détonnant. L’ironie sur l’industrie musicale est omniprésente, avec une forte critique du système de recrutement des jeunes talents via la Guilde des musiciens, mais le fond du roman repose bel et bien sur la musique. Sa naissance, ses effets, la folie qui s’empare du Disque-monde n’est pas sans rappeler les plus grandes heures des Beatles, des Stones et autres.

L’hommage-référence à Stephen King prend rapidement une ampleur délirante, la guitare magique rappelant par son aspect vivant et sa volonté propre Christine. Mais alors que la voiture devenait meurtrière, la guitare n’a ici pour but que de permettre à son porteur de survivre envers et contre tout, afin de pouvoir diffuser sa musique le plus possible. Une boucle sans fin qui entrainera Suzanne, fascinée par Kreskenn, dans une aventure aussi délirante que mortelle.

La Mort a beau prendre des vacances, ce n’est pas le cas de Pratchett, qui nous offre une fois encore un incroyable récit au service de l’humour. Moitié « one-shot », moitié suite de la série sur le personnage le plus important du Disque-monde, Accros du roc est une réussite. Une fois encore.

Chips

+
pratchett - Le huitième sortilège - Blog-o-livres
Posté 24 janvier 2012 -
Comme vous le savez il y a quelques semaines je décidais de me replonger dans ce cycle dont j'avais découvert quelques tomes il y a des années. (...) Normalement les tomes des Annales sont des tomes indépendants, sauf pour ces deux premiers tomes qui représentent, selon moi, un double tome d'introduction à l'univers présenté par l'auteur. On retrouve donc dans ce second tome Deuxfleurs, le touriste, ainsi que Le Bagage et leur guide Rincevent le Mage (enfin presque) pour la suite de leurs péripéties. Et je dois dire que ce second tome est la hauteur du premier tout aussi loufoque et déjanté du début à la fin. On ne s'ennuie pas un seul instant.

L'histoire de ce second tome reste totalement cohérente, telle une véritable histoire de fantasy, mais dont l'auteur se serait amusé à détourner les codes pour les rendre loufoques, absurdes et complètement déjantés. Tous les personnages passent à la moulinette de l'humour de l'auteur que ce soit les sorciers, les barbares, les trolls etc... et vous ne verez plus ces catégories de la même façon. Les situations toutes plus délirantes les unes que les autres s'alignent de façon cohérentes avec l'histoire et on ne peut s'empêcher de sourire voir même de rigoler.

Les personnages se révèlent toujours hauts en couleur que ce soit Rincevent toujours aussi lâche mais qui va gagner en confiance au fil des pages ou encore Deuxfleurs, le véritable touriste de base qui pense que rien ne peut lui arriver. Des nouveaux personnages apparaissent tel Cohen le Barbare qui, par sa description, va donner un sacré coup à la vision qu'on se fait des barbares mais qui se révèle héroïque ou encore Herrena qui a refusé de choisir la seule vocation pour une femme qui est d'être secrétaire pour devenir mercenaire ou encore la vierge Bethan. Ils sont tous plus loufoques les uns que les autres mais j'avoue que mon préféré, et je sais ne pas être le seul, est La Mort, froide, calculatrice et pleine de jeux de mots absurdes.

Alors après comme je l'ai déjà dis il faut accrocher à l'humour British mis en place par l'auteur sous peine de complètement passer à côté de cet oeuvre. La plume de l'auteur se révèle fluide et plaisante construisant une histoire logique tout en alignant les situations absurdes. (...)  L'auteur nous tient en haleine du début à la fin avec ces situations absurdes où l'auteur reprend les clichés et classiques de la fantasy pour offrir au lecteur des situations pleine d'humour et totalement délirantes. (...)

Blackwolf

+
Pratchett - Procrastination - Krinein livres
Posté 24 janvier 2012 -

Commutateur de fin du monde

Les Contrôleurs ? On en avait déjà entendu parler dans un des tomes précédents (...). Les Contrôleurs sont une sorte de super-ingénieurs qualité au niveau de l'univers ; ils n'ont qu'une volonté : pouvoir tout contrôler jusqu'au moindre détail. Et la vie, surtout sur le Disque-Monde, est bien trop imprévisible pour eux. Il ne leur reste donc plus qu'à arrêter le temps et enfin tout ira pour le mieux dans le meilleur des Disque-Mondes.

On connaît la métaphore du temps comme un pantalon chez Pratchett (oui rappelez-vous, le temps c'est comme un pantalon, parfois il y a deux jambes parallèles). Mais, pour une fois, ici il n'en est rien : le temps est continu et les Contrôleurs vont sournoisement pousser un habitant de Ankh-Morpork à un peu trop faire joujou avec celui-ci (enfin celle-ci, car de la même façon que la Mort est un personnage masculin, le Temps est un personnage féminin). Il faut dire que le vieil adage est clair : si on installait un commutateur dans une caverne n'importe où, puis qu'on le flanquait d'un écriteau disant « Commutateur de fin du monde. PRIÈRE DE NE PAS TOUCHER », la peinture n'aurait même pas le temps de sécher. Plus que de temps, c'est donc de fin du monde dont il s'agit. Une fin du monde accompagnée par les Cavaliers de l'Apocalypse. Enfin s'ils arrivent à se mettre tous les cinq d'accord. Ben oui, quoi, une fin du monde, ça n'arrive pas tous les jours : il faut bien s'occuper en attendant. Pour la Mort, c'est simple bien sûr mais pour les autres qui ont tous fait leur petit chemin dans la vie, chevaucher n'est pas aussi immédiat. Et c'est encore pire pour ce curieux cinquième cavalier oublié des prophéties.

Institutrice et petit moine chauve

Heureusement il y a toujours du monde pour défendre la veuve, l'orphelin et empêcher la fin du monde. Chez Pratchett, ce ne peut décemment pas être un guerrier de 3 mètres de haut avec des muscles d'acier, ni un magicien aux pouvoirs immenses. C'est une simple institutrice qui s'y colle (enfin il est important de se rappeler que les institutrices ne sont jamais simples, et celle-ci encore moins que les autres) et elle sera accompagnée d'un moine balayeur chauve (et il faut toujours se méfier des petits moines chauves) ainsi que de son assistant balayeur.

 

Maintenant que le décor est planté, et de cette façon-là, il n'est pas prêt de se barrer, le critique se doit d'apporter son avis. Et comme dans les derniers Pratchett, c'est toujours une petite déception. Le brin de loufoquerie a disparu depuis longtemps et le Disque-Monde développe ses propres règles, différentes de notre monde (chez nous, on n'a jamais vu de yéti perdre la tête par exemple), mais des règles tout de même. Si bien que tout s'enchaîne de façon horriblement logique. Sans oublier que les personnages principaux de Procrastination sont loin d'être aussi sympathiques que Rincevent (Rincevent reviens !), Nounou Ogg ou l'agent Chicard. Procrastination reste évidemment un livre de bonne facture mais on attend toujours plus de Terry Pratchett.

nazonfly

+
pratchett - Nouvelles du Disque-monde - uncoindeblog
Posté 27 janvier 2012 -

Un recueil de nouvelles et comme souvent on trouve de l'excellent et des nouvelles parfois un peu décevantes non pas au niveau de l'imaginaire mais au niveau de la durée de l'intrigue et de tous les éléments qui pourraient enrichir le contenu. Les deux nouvelles qui dominent ce recueil sont les plus longues car, ainsi que je viens de l'indiquer, elles permettent à l'auteur de jouer avec son imaginaire, avec humour des situations et des personnages, détournant comme il est souvent de bon ton chez Terry Pratchett des personnages connus ou tournant en dérision ces vilains.

C'est donc "La mer et les petits poissons" & "Drame de Troll" qui m'ont enchanté. La première nouvelle relate l'histoire de sorcières et plus particulièrement les relations entre Mémé CireduTemps et Nounou Ogg. Leur relation et leurs différences sont déjà fort peu communes mais quant 3 autres mimant les humains viennent indiquer à Mémé CireduTemps qu'il serait temps de passer la main en quelque sorte pour le grand concours des sorcières, le résultat devient tordant. Je vous laisse imaginer Mémé CireduTemps faisant preuve d'amabilité ! Les voisins humains prennent peur et sont persuadés qu'elle leur a jeté un sort c'est certain sinon pourquoi leur aurait-elle parlé ? Mais quand il s'agit des autres sorcières qui se précipent sur les amulettes et autres colifichets (je vous épargne tous les détails) le sourire s'affiche sur le visage du lecteur.

Dans "Drame de Troll", nous retrouvons ce pauvre Cohen le Barbare ! Mais oui, c'est bien lui vous l'avez reconnu, tout comme ce Troll avec qui il est venu en découdre au seuil de sa vie, se remémorant les paroles de son père. Mais la situation n'est plus vraiment celle du passé. Le pont gardé par le troll n'en finit pas de s'effondrer, sa femme ne croit plus en lui. Ses beaux-frères se sont ralliés à la vie moderne et pour s'en sortir il doit travailler. Que croyez-vous que Cohen le Barbare va bien pouvoir faire ? Une chose est certaine son cheval (acheté aux enchères d'un mage à son corps défendant) n'a pas fini de lui en parler et de lui remémorer ses erreurs et son âge.

Bref ne serait-ce que pour retrouver ces deux pépites, je ne peux que vous encourager à feuilleter ce petit ouvrage.

uncoindeblog

+
Pratchett - Nouvelles du Disque-monde - L'Écran fantastique
Posté 01 février 2012 -

Des fables légères que rien ne raiera jamais

Pratchett écrit si peu de nouvelles que le recueil mérite d'être signalé. Celles sur le Disque-monde sont au nombre de six, dont une qui dépasse en longueur les cinq autres, pochades ou récits à chute qui auraient pu être intégrés dans les romans, comme "Le Rejet par l'Université de procédés diaboliques", en fait une exigence de contrôle et d'enseignement par ceux qui financent. "La Mort et tout ce qui s'ensuit" présente les ratiocinations d'un philosophe pour retarder l'échéance, une gourmandise réjouissante à souhait. "Minutes de la réunion en vue de concrétiser le projet de fédération de scouts d'Ankh-Morpork" est un compte-rendu municipal typique du regard porté sur la jeunesse. Le gros morceau, "La Mer et les petits poissons," met en scène une Mémé Ciredutemps encore plus dérangeante parce qu'elle aurait décidé d'être gentille et serviable : agréable récit sur le regard porté sur autrui et les délires d'interprétation, sur la morale des épreuves sportives, avec de beaux aphorismes comme : « Elle a perdu d'un cheveu » est un bien meilleur compliment que « Elle a gagné d'un cheveu ». "Le Théâtre de la cruauté", réflexion sur les formes artistiques qui n'ont pas la faveur des autorités, semble revisiter Agatha Christie. "Drame de troll," enfin, histoire douce amère empreinte de sagesse : travailler à changer le monde revient immanquablement à s'en exclure, de sorte que c'est moins le temps qui passe que les actes qu'on pose qui poussent à la nostalgie. Un recueil frivole en apparence, qui distille ses propos avec la légèreté qui manque aux moralistes à gros sabots.

 

Claude Ecken

 

+
Pratchett - Nouvelles du Disque-monde - Un peu de détente
Posté 02 mars 2012 -

Après La belle vie il me fallait une lecture qui me redonne confiance dans l’être humain. Et je venais de découvrir un recueil de nouvelles de Terry Pratchett. Sobrement intitulé Nouvelles du Disque-Monde. Excellent antidote contre la morosité et le désespoir. Les mages, la MORT, mémé Ciredutemps, le guet et même Cohen le Barbare, ils sont tous là, dans six nouvelles.

Je ne vais pas vous mentir, Terry Pratchett lui-même déclare, tout de go, qu’il n’est pas un écrivain de nouvelles. Et c’est vrai qu’il est ici moins à l’aise que lorsqu’il a du temps pour développer. C’est vrai aussi que je ne conseille pas ce recueil à ceux qui ne connaissent pas les romans. Mais pour les fans en manque, et en particulier s’ils ont un coup de blues, ce n’est que du bonheur. Car même si les histoires sont parfois un peu minces, on retrouve la patte Pratchett, avec sa façon unique de mettre en mots, dans un univers loufoque, des choses que nous avons tous vues ou vécues sans jamais arriver à les formuler.

Exemple, à propos d’une publication d’une université concurrente de l’Université de l’Invisible : « Oh, j’crois pas que c’était destiné à être lu. Plutôt à être écrit » Et puis cela, à propos de notre sorcière préférée : « Des tas de gens peuvent parler d’une manière tranchante, se disait Nounou. Mais Esmé Ciredutemps, elle, arrivait à écouter de manière tranchante. Elle arrivait à rendre des propos ridicules rien qu’en les entendant. »

Un dernier pour la route, ce dialogue entre Nounou Ogg, sorcière souvent bienveillante, et Esmé Ciredutemps, sorcière plus… intransigeante. Un dialogue 100 % Pratchett :

«- Pas très aimable ce que t’as fait. - J’ai rien fait - Ouais, ben … c’est pas très aimable, ce que t’as pas fait. C’est comme retirer la chaise quand quelqu’un veut s’assoir dessus - Ceux qui regardent pas où ils s’asseyent feraient mieux d’rester debout »

Donc six nouvelles un peu minces (sauf la dernière, très émouvante), mais tout ce qu’il fallait pour me requinquer.

JM Laherrère

 

 

+
Pratchett - Les Ch'tits hommes libres - reading in the rain
Posté 09 mars 2012 -

Pratcheeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeett!!! Hiiiiiii!!! Pratcheeeeeeeeeeeeeetttttttttt!!!

 

J’avoue, j’ai eu l’infâme tentation d’arrêter mon billet du jour après ce hurlement libérateur et groupiesque. J’aurais peut être ajouté un « I <3 Couton » et je vous aurais plantés là, un peu étonnés mais pas totalement surpris vu mon manque d’emphase et de bavardage actuel. Et puis non. J’ai déclaré la guerre aux pointes sèches et aux cheveux cassants aux billets trop courts et n’expliquant pas le pourquoi du comment. Donc, je vais essayer de bavasser un peu et de vos expliquer pourquoi Les ch’tits hommes libres c’est du bonheur sur joli papier. En même temps, ce n’est pas évident, d’expliquer pourquoi on aime Pratchett… Je vais tout de même essayer, à coup de métaphores filées massues.

 

Donc, on ferme les yeux (enfin, on s’imagine en train de fermer les yeux, sinon vous ne pourrez plus lire et du coup ça fonctionnera moins bien) on ferme les yeux disai-je et on s’imagine au milieu d’un grand désert fait de livres sérieux, de textes solides, de références en béton et de notes de bas de page sans fantaisie aucune. Et tout d’un coup, on s’imagine un … un truc, il n’y a pas d’autre mot, qui débarque, se fait de la place assez brutalement et pousse tout le reste. Là, on a une image assez précise d’un Pratchett au milieu de la littérature contemporaine qui fait habituellement mes délices. C’est complètement saugrenu (sot-et-grenu même), ça part dans tous les sens, c’est drôle, bête, délirant et en même temps c’est remarquablement bien écrit (et traduit!) et ça a un rythme narratif assez exceptionnel, qui fait qu’on ne s’ennuie jamais (sauf dans un ou deux, mais franchement, oublions-les).

 

Dans les Ch’tits hommes libres on découvre Tiphaine Patraque, future grande sorcière mais pour l’instant gamine, et on l’accompagne à la recherche de son sale mioche de frère, aidée par une bande de pixies, non, de pictsies (c’est moins mignon et ça boit plus) dans un jeu de saute-mondes réjouissant. On n’a pas envie que ça finisse (et d’ailleurs ça ne finit pas puisque ça continue dans Un chapeau de ciel qui est en cours de réédition et qui va débarquer ce mois-ci ou le suivant) tant on est plongé dans cette aventure abracadabrante(sque) et franchement, en fin d’hiver, ça vaut son pesant de cacahuètes.

Reading in the rain

+
Pratchett - Le régiment monstrueux - Sombres Nouvelles
Posté 14 mai 2012 -
29e tome de la célèbre série des Annales du Disque Monde, Le régiment monstrueux est le dernier né (en édition de poche) de la saga créée par l’auteur britannique Terry Pratchett. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ce monument de la fantasy (mais, après tout, on ne peut pas tout connaître), disons que les Annales du Disque Monde se passent sur un monde (plat, soutenus par quatre éléphants posés sur une tortue géante) où la magie (foireuse et souvent dangereuse), les espèces les plus variées (du nain au vampire en passant par tout ce que vous pouvez imaginer), les dieux (même les plus petits) et l’imagination la plus débridée (avec un humour anglais formidable en prime) se livrent bataille pour notre plus grand plaisir.
 
Vous l’aurez compris, Terry Pratchett aime nous faire rire et multiplier les références. Néanmoins, son talent ne se limite pas à cela. En effet, ses histoires (toujours bien construites, dans un univers cohérent) sont intelligentes et nous offrent un voyage formidable auprès de personnages attachants.
 
Maintenant que j’ai bien passé la brosse à reluire, parlons un petit peu de ce régiment monstrueux. L’histoire est assez simple : nous sommes en Borogravie, un pays en guerre systématique avec tous ses voisins et sous la coupe d’un dieu (au minimum fou à lier) qui dicte des règles absurdes aux habitants. Le frère de Margot Barrette, soldat dans l’armée borograve, ne donne plus de signe de vie depuis des semaines. Craignant le pire, la jeune femme décide de rentrer dans l’armée afin de le retrouver, bravant ainsi tous les interdits. Déguisée en homme (situation détonante dans un pays où les femmes n’ont pas le droit de porter de pantalons), elle se retrouve dans un régiment où se mélangent pour la première fois un vampire, un troll et même un Igor. Une situation improbable ! Mais Margot n’est pas au bout de ses surprises.
 
Commençons par le début : le titre n’est pas très bon. La référence n’étant guère connue, il induit le lecteur en erreur. En effet, ce régiment n’a rien de bien monstrueux dans le sens où nous l’imaginons (étrange, je vous l’accorde, voire étonnant en de nombreux points). On se rend d’ailleurs rapidement compte que ce n’est pas la présence d’un vampire ou d’un troll qui importe vraiment dans l’histoire. L’idée est ailleurs. Et c’est là que l’auteur fait très fort.
 
Terry Pratchett nous dépeint formidablement bien un pays asphyxié, tant par les guerres incessantes que par une religion oppressive (et ridicule). On se rend très rapidement compte que ce régiment est le symbole du jusqu’au-boutisme d’un état à l’agonie. Situation terrible que l’auteur arrive tout de même à rendre plus supportable grâce à son humour, centré ici sur le travestissement (objet réel du récit). On sourit souvent, rit parfois, en suivant cet improbable régiment dans ses aventures rocambolesques. Quelques apparitions de membres éminents du Guet d’Ankh-Morpork viennent même nous rappeler de bons souvenirs.
 
Le personnage de Margot, s’il n’est peut-être pas le plus charismatique du roman, n’en est pas moins attachant. On suit avec plaisir la jeune femme, on admire sa volonté de fer, on découvre avec elle le monde (surprenant) qui l’entoure. Et tout cela se fait simplement, sans temps mort. D’autant que les autres personnages ne sont pas en reste !
 
En bref, Le régiment monstrueux est un très bon Terry Pratchett, malheureusement trop court. Et c’est bien le seul reproche qu’on puisse lui faire tant l’histoire est prenante.
 
Mention spéciale au traducteur, Patrick Couton, toujours aussi impeccable.
 
Sombres Nouvelles
+
Pratchett - La huitième couleur - Angie Shelf
Posté 04 juin 2012 -
Tout amateur de fantasy a au moins entendu une fois parler des “Annales du Disque Monde”, cette série de livres du britannique Terry Prattchet… Du moins je l’espère. Pour les autres, sachez qu’il s’agit d’une série de fantasy burlesque/humoristique qui prends le contre-pied de toute la tradition med-fan (médiéval fantastique) initiée depuis Tolkien. On y retrouve évidemment les créatures fantastiques habituelles : des nains, trolls, golems, mages et monstres divers mais ceux-ci sont dépeins d’une façon totalement décalée. Ainsi par exemple la magie ne fonctionne pas toujours et certains mages peuvent être terriblement mauvais (pas comme Voldemort j’entends mais comme quelqu’un qui est très nul dans ce qu’il fait)… Bref aujourd’hui nous allons donc parler du premier volume de cette série que j’aime particulièrement et qui a l’avantage (non négligeable de se bonifier avec le temps (ce qui mérite d’être souligné n’est-ce pas ?).
 

Ce que j’en ai pensé :

La huitième couleur est le premier volume des Annales du Disque Monde, une série de livres à l’univers burlesque, rafraîchissante et teinté de dérision. Il se déroule dans la célèbre et dégoûtante ville d’Ankh-Morpork, ville où l’on trouve des guildes pour tout et n’importe quoi… Forcément, les habitants de cette ville dangereuse sont totalement blasés. Oui, ils ont tout vu… Mais un élément nouveau va tout de même s’insinuer dans leur quotidien : un touriste. S’en suit des péripéties roccambolesques, drôles et savoureuses nous emmenant à la découverte de ce disque-monde.

Terry Pratchett dévoile des trésors de créativité et d’imagination pour rendre cette aventure mémorable. Mention spéciale aux incartades du narrateur, véritable conteur, qui n’hésite pas à nous donner des explications plus farfelues les unes que les autres sur les lois régissant ce monde imaginaire et un peu rock’n’roll.

Le style peu parfois sembler un peu touffu voir fouillis, les personnages difficiles à appréhender, mais croyez-moi ce livre vaut le détour. Je ne saurai que trop vous conseiller les Annales du Disque-Monde qui me tire encore maintenant des larmes tant c’est amusant.

 

Angie Shelf

+
Pratchett - Mortimer - Bazar de la littérature
Posté 11 juin 2012 -

Je n’ai lu, pour le moment et en comptant celui-ci, que les quatre premiers tomes des Annales du Disque-Monde et un « hors série », Le Fabuleux Maurice et ses rongeurs savants. J’ai adoré ce dernier et je pense que je peux placer Mortimer en tête de mon podium, aux côtés de Maurice. Premier tome du cycle consacré au personnage de la Mort, Mortimer vaut le détour. D’ailleurs, si vous voulez découvrir Terry Pratchett et ses Annales du Disque-Monde, vous pouvez commencer par celui-ci !

La quatrième de couverture reste assez évasive avec son petit extrait, je me permets donc un petit pitch. Morty, jeune adolescent dégingandé, ne trouve pas de place, malgré toutes les tentatives de son père. Lors du marché « de l’emploi » du village, alors que tous les autres jeunes de son âge sont repartis avec un apprentissage en poche, Morty patiente… Les douze coups de minuit retentissent et enfin, un patron montre le bout de son nez. Mais attention, pas n’importe quel patron : c’est la Mort en personne qui prend le jeune Mortimer sous son aile ! L’apprenti découvre le travail de son maître, apprend au fil des jours et remplace de plus en plus souvent la Mort sur le terrain. Mais n’est pas la Mort qui veut et Morty a bien du mal à faire son travail et à suivre les directives à la lettre lorsqu’il doit recueillir l’âme d’une jeune princesse de 15 ans…

Il s’agit du premier tome mettant en avant le personnage de la Mort (qui parle tout le temps en majuscules, comme si sa voix raisonnait dans nos têtes !) mais celui-ci (car une bonne fois pour toutes, la Mort est un homme !) n’est finalement pas le personnage principal puisque Morty, son jeune apprenti, lui vole la vedette. L’adolescent devient donc, malgré lui, le héros de cette histoire mais, malgré sa place de « numéro un », il ne serait rien sans les autres figures qui ont la part belle sous la plume de Terry Pratchett. À commencer par la Mort en personne évidemment, mais également sa fille adoptive Ysabell (sacré caractère !), Albert le « domestique » de la maison, Kéli la princesse en détresse (bien loin de la princesse douce et fragile…), Coupefin le jeune mage en formation (il lui reste encore beaucoup à apprendre !) ou encore Bigadin, le rapide cheval de la Mort (quoi que pourrait suggérer son nom…) ! Terry Pratchett offre plusieurs personnages hauts en couleurs et n’hésite pas à les placer dans des situations difficiles. Les scènes cocasses s’enchaînent et font sourire. Je retiens surtout la quête de « la vie » que suit la Mort qui veut absolument comprendre comment les humains prennent du bon temps… entre l’alcool et la pêche à la ligne, il tente toutes les approches ! Autant vous dire qu’imaginer la Mort encapuchonnée, assise sur un bout de rive, sa main squelettique tenant une canne à pêche, a quelque chose d’assez fendard ! Et Terry Pratchett c’est ça : des personnages décalés dans des endroits improbables pour des scènes plus absurdes les unes que les autres !

Si je disais en introduction que vous pouvez commencer la lecture des Annales du Disque-Monde par ce titre-là, c’est que la trentaine de tomes qui composent ce long cycle peuvent être lus plus ou moins indépendamment, vous ne serez donc pas complètement perdus. En revanche, les lecteurs « disciplinés » apprécieront de retrouver dans Mortimer, des références aux trois opus précédents : je pense notamment aux scènes se déroulant dans l’Université Invisible où j’ai pris plaisir à croiser Rincevent, le mage adjoint du bibliothécaire transformé en orang-outan à cause d’une décharge de magie (il ne souhaite pas redevenir humain, l’université le garde car c’est le seul à connaître l’emplacement de tous les livres de la bibliothèque… et Rincevent se charge des bananes !).

Le monde mis en place par l’auteur est travaillé et réfléchi. Chaque personnage y a sa place et son rôle et tous se croisent et vivent des aventures qui s’entremêlent… C’est riche, bourré d’humour (des personnages décalés dans des scènes improbables…) ; en bref, idéal pour passer un bon moment de détente !

 

Bazar de la littérature

 

+
Pratchett - Le régiment monstrueux - ScifiUniverse.com
Posté 24 juillet 2012 -

Le régiment monstrueux: les femmes au pouvoir !

"Margot se coupait les cheveux devant le miroir et se sentait un peu coupable. Ses cheveux, c'était censément sa couronne de lumière, tout le monde les trouvait magnifiques, mais elle les portait le plus souvent dans une résille, quand elle travaillait. Elle se répétait sans cesse qu'elle ne les méritait pas. Mais elle veillait à ce que chacune des longues boucles d'or atterrisse sur la petite feuille qu'elle avait étalée à cet effet..."

Margot doit partir à la guerre. Du moins elle doit s'engager dans l'armée, non pour libérer le pays de l'influence de l'affreux prince Heinrich mais pour retrouver son frère. Ainsi, elle s'en va t'en guerre mais pas trop car d'après les renseignements et la propagande borograve, ils sont en train de gagner. Elle doit donc embrasser la Duchesse et recevoir son denier. Mais comme l'armée n'engage que des hommes, elle doit se travestir en homme, couper ses beaux cheveux et revêtir un pantalon informe. Au recrutement, tout se passe bien jusqu'à ce qu'elle comprenne que les jeunes recrues qui vont l'accompagner sortent quelque peu de l'ordinaire: on y compte un Igor, un vampire, un illuminé, un avorton et un Troll. De quoi constituer le pire des régiments monstrueux...

Après Les Ch'tits Hommes Libres, Terry Pratchett nous renvoie au contact d'Ankh-Morpork, dans le doux pays de Borogravie en compagnie d'une belle bleusaille de soldats convaincus - en apparence - par l'imminence de la victoire de leur pays sur tous les autres à la ronde. Si l'on sait en plus que c'est un pays où la femme n'a sa place qu'auprès des fourneaux, il y a matière à écrire une bonne petite histoire. L'auteur anglais livre un très bon épisode des célèbres Annales du Disque-Monde. Le Régiment Monstrueux est réédité aux éd. Pocket.

Et si une jeune femme se déguisait en homme pour pouvoir intégrer l'armée ? Les exemples ne manquent certainement pas dans notre propre histoire - citons tout de même Anne Bonny, célèbre pirate du XVIIIe - et pourtant on ne le relate pas si souvent. Peut-être les historiens (qui étaient toujours des hommes) ont leur part de responsabilité dans l'affaire.
C'est donc sur ce constat que Terry Pratchett nous conte cette histoire d'abord tout ce qu'il y a de plus sympathique, puis de plus en plus amusante à mesure que les rebondissements s'accumulent. Imaginez par exemple ce qui se passe lorsque Margot, qui est une fille se faisant passer pour un soldat, se déguise en fille pour tromper l'ennemi: une mise en abyme abyssale. L'écrivain s'amuse avec ce procédé en se moquant aussi de l'armée et de son fonctionnement, l'entraînement de ses recrues à travers des situations cocasses et grâce à des personnages presque stéréotypés. Ainsi, on rencontre le caporal Croum, petit chef sadique, le sergent Jackrum, roublard de première et courageux comme dix et le lieutenant Blouse, aussi incompétent que chanceux. Des personnalités hautes en couleurs, tout comme les recrues, au nombre desquelles un vampire sevré ou un troll.

Vous l'aurez compris, beaucoup de bonnes idées composent ce Régiment Monstrueux. On ne s'ennuie pas souvent.

ScifiUniverse.com

+
Pratchett - Accros du roc - La Pile à lire
Posté 01 août 2012 -

J'aime toujours autant lire du Pratchett, chose que mon homme apprécie moins, vu qu'il se fait souvent réveiller parce que je suis morte de rire. Enfin, à force il s'habitue. Cet épisode des Annales nous conte l'arrivée du roc (du rock quoi) à Ank-Morpok mais aussi le départ de la Mort pour oublier et l'arrivée de Suzanne, sa petite fille en tant que Mort. Oui comme ça, ça à un peu l'air compliqué. Mais comme toujours avec Pratchett, tout fini par se regrouper.

Commençons par le départ de la Mort. Il veut oublier, chose qui ne lui est pas possible. Il a d'ailleurs une si bonne mémoire, qu'il se souvient du futur. Mais voilà, la mort de sa fille et de son gendre ne l'aide pas et il décide de tout faire pour oublier. Il quitte encore son boulot et s'en va oublier. Forcément, son départ engendre une nouvelle Mort, Suzanne, sa petite fille (faut pas faire attention à la généalogie de la famille de la Mort, ça donne mal à la tête). Suzanne possède beaucoup de pouvoir de son grand-père, dont la VOIX et le fait de paraitre invisible si elle le veut. Sauf que Suzanne est humaine et que le boulot de la Mort, elle ne le comprend pas vraiment. Encore moins lorsqu'elle doit tuer un jeune barde, qui joue ce qui va devenir la musique roc.

Dans cet épisode, nous retrouvons donc la Mort, toujours aussi drôle. Je crois d'ailleurs que c'est le personnage le plus drôle des Annales. Nous rencontrons aussi Suzanne, sa petite fille (que vous connaissez peut-être si comme moi, vous avez lu Le Père Porcher ). Nous avons aussi les mages, est autant dire, ils m'ont fait rire à redevenir des ados rebelles en écoutant le roc. Nous avons aussi le Groupe de roc, composé d'un nain, d'un troll et de Kresken dit Buddy. Buddy qui est l'homme que Suzanne veut sauver et par qui tout commence.

L'histoire est agréable, divisée entre la Mort, Suzanne, les mages et le Groupe de Roc. Les dialogues sont toujours aussi succulents, surtout avec l'arrivé de Planteur en agent ou encore les dialogues des mages, enfin de Ridculle et des autres mages. D'ailleurs, Ridculle fait partie des seuls mages qui n'est pas atteint par le roc.

Comme toujours avec Pratchett, nous avons une petite critique, ici sur le rock mais aussi sur la vie et la mort et l'oubli. C'est toujours aussi bien mené et on ne s'ennuie absolument pas. J'ai même trouvé Suzanne moins chiante que dans Le Père Porcher et je crois que c'est mon épisode préféré des mages (le doyen, mon dieu, le doyen !), ils sont carrément plus à l'ouest que d'habitude et j'adore.

Finalement, c'est un petit avis que je donne. C'est encore un bon livre des annales, un très bon même. Il est rempli de bon jeux de mot, surtout pour les noms des groupes de roc naissant (on retrouve les Houes par exemple ou Pierre qui roule). Et puis il y a la Mort et pour moi, ça fait tout le livre. Imaginez donc la Mort qui s'engage dans la légion étrangère ou qui va se saouler comme un malade au bar du coin.

Donc, je conseille bien sur ce livre et vivement que je retourne dans le Disque Monde !

Orianne
La Pile à lire

+
Pratchett - Les ch’tits hommes libres - ActuSF
Posté 08 août 2012 -

Livre pour la jeunesse, certes, mais aussi pour les grands qui aiment « bware et s’bagarreu » !

Terry Pratchett et ses Annales du Disque-Monde sont bien trop connus pour que l’on continue à les présenter sans lasser. Son œuvre considérable connaît un succès que les années ne démentent pas et il y a fort à parier que les siècles à venir se souviendront de lui comme d’un Homère de la fantasy, en plus drôle. La lecture de ses livres devrait être rendue obligatoire dans toutes les écoles, de la maternelle à l’Université. Terry Pratchett est grand, Terry Pratchett est magnifique, Terry Pratchett plane à des kilomètres au-dessus de nos pauvres têtes vides et, vous l’aurez compris, ce n’est pas l’exercice d’admiration constitué par la présente chronique qui le fera choir de son piédestal.

Et si les Schtroumpfs avaient été des punks écossais ?

Depuis que Mémé Patraque, sa grand-mère experte en magie moutonnière, lui en a donné le goût, Tiphaine ne rêve plus que de devenir sorcière. Pourtant, la nature calcaire du sol des causses où elle vit ne devrait pas s’y prêter. Qu’importe, dotée d’un caractère pour le moins volontaire, cela ne l’empêchera pas de lutter efficacement contre les créatures étranges qui commencent à envahir le pays. Pour cela, il lui suffit d’une bonne dose de confiance en elle et d’une solide poêle à frire. Lorsque son petit frère disparaît, elle aura pourtant bien besoin de l’aide des Nac Mac Feegle, ces indomptables ch’tits hommes libres qui n’aiment rien tant que boire et se bagarrer. Un crapaud pourrait bien avoir aussi une certaine utilité dans l’aventure...

Les illusions résistent à tout, hormis un bon coup de poêle sur le crâne...

Le Disque-monde est un concept éminemment pratique. Une histoire peut très bien sembler ne pas s’y dérouler, elle finit tout de même par s’y intégrer. Cette fois, Terry Pratchett se penche sur le cas des Pictes, revisite à sa manière l’histoire de ce peuple qui passionne les celtophiles depuis des lustres et crée les Pictsies, homoncules bleus sans foi ni loi dont il débute ici la saga débraillée. Ils guideront Tiphaine Patraque dans un univers parfois cauchemardesque gouverné par une Reine aussi puissante qu’impitoyable.

La jeune apprentie-sorcière se révèlera une élève douée, certainement parce que sa grand-mère lui a transmis son caractère indépendant et une exceptionnelle lucidité, ce qui lui permet de voir la magie là où elle se trouve... La véritable nature de la magie, selon Terry Pratchett, c’est effectivement de ne voir que ce qui est réellement, sans se faire d’illusions. Le reste n’est que poudre aux yeux. Un bon nombre des effets comiques profite d’ailleurs de ce décalage entre ce que l’on voit et ce que l’on croit. Les situations tragiques elles aussi fonctionnent selon un principe identique, sans que personne ne pense à en rire... Si le personnage de la mort, familier aux lecteurs du Disque-monde, est absent de ce volume, il se laisse cependant deviner puisque le souvenir de Mémé Patraque imprègne toute l’histoire, dessinant la vieille bergère en creux et lui donnant ainsi une présence centrale.

Ce n’est qu’à la fin du roman que l’auteur rattachera Les ch’tits hommes libres au cycle du Disque-monde en faisant intervenir quelques sorcières, bien connues des aficionados, bien que le récit puisse parfaitement fonctionner sans ce détail. Qu’importe puisqu’une fois de plus, Terry Pratchett frappe très fort et donne un véritable coup de boule littéraire sur le tarin de la rinne de la déprime. C’est un vrai djeu de l’humour, un authentique maet qu’a pas fini d’nous avwoar, et on en r’demande encore, Miyards !

Fred Combo
ActuSF

+
Pratchett - Nouvelles du Disque-monde - Les Chroniques de l'Imaginaire
Posté 10 juillet 2012 -

Passer sur un vieux pont exige une classe toute particulière. Seuls les meilleurs trolls et barbares y arrivent avec élégance et, surtout, respect des traditions. Cohen en est et c'est un Drame de troll !

Avez-vous déjà imaginé ce que serait devenue Mémé Ciredutemps si elle avait été gentille à ses jeunes années ? Est-ce même possible me rétorquerez-vous ? C'est arrivé et quelqu'une a, d'ailleurs, tenté de créer une organisation de représentation des sorcières. Une personne qui s'ennuyait et avait trop de temps libre, une mauvaise sorcière en somme. Mémé Ciredutemps prépare des muffins dans La mer et les petits poissons.

Quel est le mode opératoire du Guet d'Ankh-Morpork lorsque ses agents d'élite découvrent la victime d'un crime ? Rien de plus simple, ils vont interroger Le témoin dans Le théâtre de la cruauté.

Tiens ! On a parlé de créer une association de scout dans la capitale ces derniers jours. Les minutes de la réunion en vue de concrétiser le projet de fédération de scouts d'Ankh-Morpork sont disponibles au public dès à présent.

"L'urgence exige que l'on prenne son temps", les mages de l'UI (à ne pas confondre avec les pensionnaires d'une maison de repos) l'ont bien compris, ils sont mis en place une commission à ce sujet, Rejet par l'université de procédés diaboliques.

Enfin, le dernier texte raconte la rencontre entre La Mort et un philosophe dans La mort et tout ce qui s'ensuit.

L'Atalante a sorti, fin de l'année 2011, un petit recueil des rares nouvelles écrites par Pratchett qui, selon ses dires, déteste cet exercice. Les textes ne sont pas inédits mais c'est une très bonne idée que de les avoir regroupés en un ouvrage car ils sont de très bonne qualité dans le style tranche de vie du Disque-Monde et très amusantes à lire.

Les histoires sont courtes et se lisent très vite, ce qui fait de ce livre une porte d'entrée avec tapis rouge (et champagne offert) pour les débutants dans l'univers de Pratchett, comme ceux qui l'auraient découvert en même temps que le film Discworld.

Enfin, après tant de bonnes choses, l'unique reproche que je peux formuler est à propos du prix de ce recueil, ça fait cher la page...

Bon voyage sur le Disque-Monde !

Baern
Les Chroniques de l'Imaginaire

+
Pratchett - Mollat.com
Posté 21 août 2012 -

Lecteurs imprudents qui passez par là, vous venez de mettre le pied dans un engrenage terrifiant. Si, si, je vous l’assure. N’avez-vous jamais ressenti le besoin de partir en vacances sans bouger de chez vous ? Ne mentez pas, je le sais (puisque c’est aussi mon cas). Je vais donc vous donner une bonne adresse, l’endroit où je passe toutes mes vacances (ou presque) : le Disque-Monde. Vous ne connaissez pas ? C’est un vaste disque posé sur le dos de quatre éléphants géants, eux-mêmes juchés sur le dos d’une tortue gigantesque qui parcourt l’univers. Un univers créé par l’écrivain Sir Terry Pratchett, ressortissant britannique à l’humour so british et à l’imagination qui déborde comme une marmite de pot-au-feu un jour de grand froid. Oubliez tout ce que vous savez, des règles de la physique à la logique la plus élémentaire en passant par la recette ancestrale des pancakes, respirez un grand coup, et plongez.

Bienvenue dans le monde absurde et fantastique du Disque. La cité tentaculaire d’Ankh-Morpork en est le centre névralgique et la principale destination touristique. Passez boire une pinte au Tambour Rafistolé, admirez l’architecture des bâtiments des Guildes, ou visitez l’université de l’Invisible, école de magie réputée pour sa bonne nourriture, ses mages déphasés et son bibliothécaire anthropoïde. Un conseil, cependant, n’achetez rien à Planteur Je-m’tranche-la-gorge (J.M.T.L.G.), le vendeur attitré de la ville. Vous risquez une indigestion, même si vous avez acheté une paire de chaussures. Mais n’oublions pas non plus le Moyeu, les Montagnes du Bélier, le Bord, dont les chutes d’eau sont magnifiques en été, ainsi que de différentes villes et royaumes pittoresques comme le royaume de Lancre. Vous aurez l’occasion de croiser nombreuses de mes connaissances les plus chères : le « maje » Rincevent, comme il l’écrit lui-même, et son Bagage, un coffre à pattes qui le suit partout, les sorcières, en les personnes de Mémé Ciredutemps, Nounou Ogg et Magrat Goussedail, ainsi que les agents du Guet d’Ankh-Morpork, venant tous d’horizons très différents, tellement différents à vrai dire qu’ils ne sont peut-être pas tous humains. Si vous croisez la Mort, dites-lui que vous venez de ma part, il devrait vous laisser partir sans trop de désagréments. Oui, la Mort est un mâle, et un mâle nécessaire, qui s’acquitte (le plus souvent) de sa tâche tout en essayant de comprendre les humains. Tous sans exception vous embarqueront dans des aventures les plus loufoques les unes que les autres dans un monde magique, absurde à souhait et pourtant pas si éloigné que ça de notre bon vieux quotidien, qui finira tôt ou tard déguisé en vahiné jouant du tuba au rythme de nos zygomatiques.

Comme le dit Pratchett lui-même, le Disque-Monde est un « monde et miroir des mondes », qu’ils soient imaginaires ou non. En effet, si le début de la série est une parodie assumée des univers de fantasy ou de littérature, la suite glisse peu à peu en critique acérée et humoristique de choses bien réelles, comme le cinéma ou la religion. La série du Disque-monde compte à ce jour près de 34 volumes, une série prolifique à l’image de la fantaisie de son créateur. Pour une lecture symbiotique de l’œuvre, il est recommandé de se suspendre à un baobab enroulé dans un poncho péruvien tricolore, mais sinon, vous pouvez faire comme la plupart des lecteurs pratchettiens, moi y compris, et vous asseoir n’importe où pour déguster sans modération cette fine fleur de la fantaisie britannique. Il paraît même que c’est bon pour la santé !

Marie Guillaud-Rollin
Ces mots-là, c'est Mollat

+
Pratchett - Le régiment monstrueux - PhénixMag
Posté 28 août 2012 -

La Borogravie est un petit état situé non loin de la brillante Ankh-Morpork, et s’illustre par son dieu, Nuggan. Les prêtres de cette religion déterminent les abominations que les fidèles doivent éviter, comme la couleur bleue, le chocolat ou les chats. Les Borograviens ont aussi une tendance exacerbée à se battre contre tous leurs voisins, successivement ou, comme c’est le cas en ce chaud été, contre leur coalition.

Margot est fille d’aubergiste mais elle rêve de retrouver son frère Paul, qui s’est engagé dans l’armée. Car depuis un an, le jeune homme n’a pas donné signe de vie. La jeune fille ne trouve qu’une solution : s’engager à son tour dans l’armée en se faisant passer pour un garçon. Débute alors une épopée où Margot, devenue Olivier, va découvrir que l’armée et la guerre réservent bien des surprises.

La guerre est un sujet sérieux et Terry Pratchett le traite sérieusement, sans pour autant mettre en scène un seul combat. Son propos est plus général et repose sur les motivations de la guerre, le fonctionnement d’une armée et l’approche féminine de cet acte si typiquement masculin. Il l’aborde d’un œil critique, sans verser dans la condamnation grossière et n’en est que plus efficace.

Le récit révèle beaucoup de surprises sur cette armée borogravienne si redoutable, même si l’humour est plus diffus que dans d’autres romans de l’auteur. T. Pratchett nous offre encore une fois des personnages marquants, dont le sergent Jackrum qui ressort particulièrement, avec ses manières débraillées et ses expressions truculentes. Un bon moment pour les amateurs des Annales.

Miss Mopi
PhénixMag

+
Pratchett - Nouvelles du Disque-monde - Bifrost
Posté 11 septembre 2012 -

Si vous l'ignorez encore, le monde est un disque posé sur quatre éléphants, eux-mêmes placés sur le dos d'une tortue qui erre à travers l'univers. Si vous voulez en savoir plus et hésitez à aborder un roman du Disque-Monde, ce petit ouvrage est une occasion toute trouvée pour y jeter un oeil. Quant à ceux qui sont déjà familiers de cet univers, réjouissez-vous: Terry Pratchett est aussi à l'aise dans le format de la nouvelle que dans celui du roman. Même s'il nous dit que « les nouvelles (lui) coûtent sang et eau» et qu'il « envie ceux qui les écrivent avec facilité », expliquant ainsi la rareté de ce genre de textes dans sa bibliographie. Et à la lecture de ce recueil, on ne peut que le regretter.

Sur les cinq nouvelles présentées ici, quatre ont pour personnage principal une des figures célèbres du Disque-Monde. Avec, par ordre d'apparition: l'Université de l'Invisible et son cortège de mages plus intéressés par leur estomac que par le bien commun ; la Mort, de sexe masculin, tout le monde le sait ; le capitaine Carotte, Côlon, Chicard et Détritus, nobles représentants du Guet municipal d'Ankh-Morpork. Et, à tout seigneur tout honneur (d'ailleurs, il vaut mieux ne pas la vexer), Mémé Ciredutemps. Elle a droit à la nouvelle centrale, la plus longue aussi (près de la moitié du recueil). On assiste avec une certaine délectation à un duel entre cette vieille sorcière et une de ses condisciples, toute prête à la mettre à la retraite. Erreur fatale ! Elle recevra très vite une leçon à base de « têtologie ». Efficace, comme d'habitude.

Enfin, pour boucler le recueil, un « étranger » à cet univers. Mais dont l'original est bien connu de tous: Cohen le Barbare, proche de la fin, veut effectuer un baroud d'honneur. Hélas pour lui, chez Pratchett, rien ne tourne comme prévu. Même les trolls ne sont plus ce qu'ils étaient!

Une dernière remarque : à la lecture de certains titres, il est évident que l'auteur, s'il est parvenu à écrire des textes courts, n'a pas trouvé la formule pour les titres : « Rejet par l'Université de procédés diaboliques » ou « Minutes de la réunion en vue de concrétiser le projet de Fédération de scouts d'Ankh-Morpork » (aussi longs en VO qu'en VF) ! Mais que cela ne vous empêche pas de vous précipiter sur cette petite sucrerie, à déguster sans modération.

Raphaël Gaudin
Bifrost

+
Pratchett - Les ch'tits hommes libres - Adalana's imaginary world
Posté 01 décembre 2012 -
Ça faisait très longtemps – trop d’ailleurs – que je n’avais pas lu un roman de Terry Pratchett alors que c’est toujours un régal de se plonger dans l’univers du Disque-Monde.

Les ch’tits hommes libres marque la première apparition de Tiphaine Patraque, une fillette de neuf ans qui semble avoir des prédispositions pour la sorcellerie, dont le petit frère a été enlevé par une méchante Reine. Tiphaine est alors amenée à croiser la route de personnages et créatures divers qui vont tenter de l’aider ou de la stopper, avec plus ou moins de succès dans les deux cas !

La trame de cette histoire s’inspire directement des contes de fées et reprend, avec un soupçon d’ironie, les codes du genre. Elle est bourrée des habituels références, clins d’œils et jeux de mots qui ne manquent jamais de me faire rire et on fait la renommée de l’auteur.

Cette histoire ne figurera pas parmi mes tomes favoris, d’une part parce que certains volumes ont mis la barre très haut mais aussi parce que l’héroïne est une nouvelle venue dans l’univers du Disque-Monde et de par son jeune âge, mais j’ai passé un très bon moment, je l’ai d’ailleurs lu d’une traite ! J’ai adoré le dernier chapitre qui voit l’apparition de deux personnages récurrents de ces annales qui comptent parmi mes préférés et qui m’ont donné envie de recommencer à lire souvent cet auteur !

Je ne saurais trop vous conseiller l’ensemble des romans de Terry Pratchett qui sont toujours source de plaisir et de rire tout en abordant des thèmes de société importants (la plupart du temps). Vous risquez peut-être d’être déstabilisés à la découverte de cet univers loufoque mais une fois qu’on a compris où on a mis les pieds, je vous garantis que c’est un vrai régal !

+
Pratchett - Coup de tabac - Funéraire info
Posté 03 décembre 2012 -

Un nouveau livre de Terry Pratchett est toujours un événement, surtout lorsqu’on connaît les difficultés personnelles de l’auteur. Quand il met en scène un de ses héros récurrents les plus populaires, la liesse gagne ses fans. Critique d’une non objectivité assumée.

Sir Terry

Il existe deux catégories de lecteurs : ceux qui aiment Terry Pratchett, et ceux qui ne connaissent pas Terry Pratchett. Parmi ces derniers, on intégrera indifféremment ceux qui ne connaissent véritablement pas Sir Terry Pratchett, et ceux qui ne veulent pas le connaître, parce qu’il écrit de la fantasy (comme Tolkien) mais de la fantasy humoristique, de surcroît (comme personne, à part peut être certains passages de Fritz Leiber, auquel Pratchett rend hommage dans son premier tome de la saga du disque-monde). Dommage pour eux, parce que, au delà du genre, Terry Pratchett est un vrai écrivain, avec un fond, une critique sociale percutante, et une forme, un style qui n’appartient qu’à lui.

Chaque livre de Terry Pratchett est un petit miracle, et c’est désormais au sens propre : atteint d’une forme rare de la maladie d’Alzheimer, Terry Pratchett a entamé une procédure de suicide assisté. Cette dernière a fait scandale en Angleterre, ou la popularité de Pratchett est immense sur cent livres vendus en Albion, un est un livre de l’auteur, ce qui lui a valu l’anoblissement de la reine, pas moins.

Ce livre, « Coup de Tabac » a été écrit l’année ou il a fait sa demande de suicide.

Le disque-Monde

Le disque-monde est LA création de Pratchett. Un univers clos, fait de continents, de pays, de villes, des personnages, avec sa technologie propre, et la magie, partout, quasiment à l’état sauvage. Il est difficile d’expliquer le disque-monde en quelques lignes. « Coup de Tabac » est le cinquantième livre de Pratchett, et le trente quatrième tome des « Annales du Disque-Monde ».

Les personnages du Disque-Monde sont parfois récurrents. Plusieurs tomes sont consacrés aux trois Soeurcières, par exemple, et d’autres au guet d’Ankh-Morpork, principale ville du Disque, et personnage à part entière. La Mort y a aussi sa personnification tout à fait savoureuse.

Le monde de Pratchett est un miroir déformant du nôtre, un univers médiéval en pleine révolution sociale et technologique, ou les luttes de classe, les conflits entre minorités, et même les modèles économiques ont leur place. C’est, de plus, le seul univers de fantasy à ce jour ou l’on peut trouver une usine de préservatifs.

Il est important de noter que les livres du Disque-Monde peuvent être lus dans n’importe quel ordre, indépendamment, mais les lire tous apportera un éclairage sur l’évolution de l’auteur. De parodie au début, la sérié a évolué vers plus de maturité, de sérieux, aussi, avec toujours cet humour Pratchettien.

Coup de tabac

Et le personnage qui revient dans ce tome est Vimaire. Le Duc Samuel Vimaire, pour être exact, commissaire divisionnaire du Guet d’Ankh Morpork, le personnage le plus intéressant et le plus complexe du Disque-Monde. Flic alcoolique et désabusé lors de ses premières apparitions, il s’élève par la grâce de l’amour et d’un concours de circonstances dans l’échelle sociale, jusqu’à devenir le second personnage le plus important de la ville. Sauf que Vimaire reste un prolétaire dans l’âme, n’oublie pas qu’il a grandi dans le ruisseau, au sens propre, et prend un malin plaisir à brosser à rebrousse-poil les riches et les puissants à la moindre occasion.

Sauf que cette fois-ci, Vimaire s’est fait avoir. Victime d’un complot entre le Patricien, dictateur éclairé d’Ankh Morpork et chef de Vimaire, et la propre épouse du commissaire : le voilà exilé pour quinze jours de vacances à la campagne.

Bien entendu, rien ne va se dérouler comme prévue, et Vimaire va débrouiller rapidement les fils d’un crime, dont on ne dira rein pour ne pas déflorer l’intrigue. Le tout sur fond de relations maîtres/valets, et de considérations sur la campagne, son charme boueux, et la fascination des jeunes enfants pour la scatologie.

Il est fascinant de voir que l’inspiration de l’auteur ne faiblit pas après trente quatre volumes. Alors, comment est il, ce Disque-Monde là ? C’est du Pratchett, un chef d’œuvre, donc, à lire toutes affaires cessantes.

Dans le recueil du Guet d’Ankh Morpork, vous retrouverez les premières aventures de Vimaire, dans ce que la série propose de meilleur. Idéal pour se familiariser avec l’univers de Pratchett.

                                                                                                                                     Guillaume Bailly

+
Pratchett - Coup de tabac - Psychovision
Posté 09 décembre 2012 -

Rien ne va plus au guet d'Ankh-Morpork. Le commissaire Vimaire s'apprête à rendre sa plaque au seigneur Vétirini...
Pour quinze jours...
De vacances...
Et à la campagne en plus !
Peut-on imaginer un sort plus terrible pour ce bon vieux Sam qui a tant fait pour sa ville ?
Seulement, Dame Sybill est bien décidé à emmener son époux pour profiter de la campagne, admirer les arbres et entendre les oiseaux chanter. Choses auxquelles le super-flic, digne enfant des villes, ne comprend absolument rien.
Une fois sur place, Sam Vimaire sent pourtant quelque chose de louche et la disparition d'une figure local dont on l'accuse du meurtre va en quelque sorte l'obliger à abroger ses vacances, car la justice est la même partout, même en dehors de sa juridiction.

C'est donc le commissaire Vimaire et dans une moindre mesure le guet qui seront les héros de cette trente-quatrième aventure sur le disque-monde, une nouvelle enquête policière, mais à la Pratchett et du coup, ça change tous, car le suspens et l'humour se mélangent une nouvelle fois tout en abordant un sujet de société. Ici, c'est le racisme et l'intolérance qui va mener le commissaire à la poursuite du pire des crimes : un meurtre !
Une nouvelle race est également introduite dans ce tome avec les Gobelins, car si on a déjà croisé Troll, nain, orc et même vampire, sans compter Chicard Chique, les gobelins n'étaient pas encore apparu. Il faut dire que leur tendance à vivre dans le noir et leur coutume de pot Unggue qui sert à garder tout ce qui sort de l'un d'eux n'aide pas vraiment au rapport de bon voisinage que ce soit à la campagne ou à la ville.
Mais voilà, en tuer un de manière affreuse, ça reste un meurtre et Vimaire ne peut laisser passer ça, surtout que les gobelins semblent bien moins monstrueux et beaucoup plus humains qu'on ne le pense, plus en tout cas que certain de leur bourreaux. A l'insu de sa femme, Vimaire enquête, mais se doit de respecter les conventions et la bourgeoisie alors qu'il leur donnerait bien de grands coups-de-pied dans le fondement, mais que ne ferait-on pas par amour ?
Le suspens est donc là et l'humour y est aussi. Entre l'admiration du petit Sam pour un auteur qui lui fait découvrir le caca et le grand qui bouscule le protocole à tour de bras, les passages humoristiques sont donc loin d'être absent et on rigole souvent, juste avant d'être émue ou surpris par un nouveau rebondissement. Ce livre se déroule à tout allure, ne laissant pas le temps au lecteur de décrocher entre deux rigolades.
Même la première partie avec Vimaire qui doit partir à la campagne, forcément s'y ennuyer, ou analyser avec un pragmatisme qui lui est propre la propriété d'un fleuve, mais c'est surtout dans un moment Pratchettien à souhait ou le commissaire se fait chantre du féminisme et essaye de convaincre quatre filles de bonne famille d'aller bosser pour pouvoir payer leurs dotes !

Ce qui surprend avec ce nouveau tome et qui n'est pourtant plus frais dans l'univers de Pratchett, c'est le côté très contemporain du Disque-Monde, véritable caricature de notre monde, mais réalisé avec la subtilité de l'humour de Pratchett et la magie de la fantasy. Cette série se révèle le plus souvent plus moderne que l'urban fantasy se déroulant pourtant à notre époque, car il en est une satire réussie.
Pratchett nous convainc donc encore et nous livre un trente-quatrième annale digne des précédentes, voir des meilleurs, rempli de moments cultes comme l'auteur nous en a offert par dizaine et dont on ne se lasse pas. Terry Pratchett fait partie des auteurs qui se renouvellent à chaque roman, conservant le meilleur, renouvelant les thèmes et approfondissant les personnages. Un petit regret quand même : a quand une nouvelle aventure de la Mort ou de Mémé Ciredutemps ?

 

Note : 9/10

 

Stegg

+
Pratchett - Coup de Tabac - Jeu de Rôle Magazine
Posté 02 janvier 2013 -
Ah, le bon air frais de la campagne. Quoi de mieux pour prendre quelques jours de vacances avec son épouse adorée et son petit garçon chéri. Sauf quand on s'appelle Samuel Vimaire, Duc et Commissaire Divisionnaire, et que l'on est un pur produit de la ville. Mais quand dame Sybille force son époux à prendre 15 jours de congé dans le manoir familial, celui-ci se résigne à un séjour ennuyeux. Fort heureusement pour lui (et aussi pour nous), à peine arrivé, il sera confronté à un meurtre horrible, prélude à une enquête qui dérangera les riches propriétaires locaux. Finalement, Vimaire devra admettre que ce type de vacances lui convient bien !
 
Une fois de plus, Terry Pratchett nous livre sous la même couverture un roman de fantaisie humoristique et un plaidoyer pour la tolérance. Après s'être attaqué dans ses précédent romans à la crise financière, ou encore à l'ignorance source de tout les maux, il nous rappelle dans celui-ci que tous les êtres, même les plus répugnants, ont des sentiments et peuvent souffrir, mais sont aussi capables de créer de la beauté. Un rappel important pour tous dans ces temps où la peur de l'étranger est attisée par certains pour servir leurs intérêts (électoraux ou autres ... ). Coup de tabac est un livre à lire et à relire, mais également à faire lire autour de soi. Il constituera pour tous les publics tout à la fois un divertissement très agréable et un sujet de réflexion utile.
                                                                                                                                           Charlotte NOAILLES
+
Pratchett - Coup de Tabac - Scifiuniverse
Posté 02 janvier 2013 -

COUP DE TABAC : ENCORE UN TABAC !

« Mais c'étaient des chaussettes redoutables, si épaisses, broussailleuses et compactes qu'il avaient dû acheter des chaussures une fois et demie plus grandes que ses pieds. S'il agissait ainsi, lui qui n'avait jamais fréquenté aucun lieu de culte avec des intentions religieuses, c'était parce qu'il vénérait dame Sybil, et pas une journée ne se passait sans qu'il s'étonne de la voir éprouver les mêmes sentiments à son égard ».

Ce trente quatrième tome des Annales du Disque-monde se passe dans les environs proches de la ville de Ankh-Morpok. Sam Vimaire, le commissaire divisionnaire, est sollicité par sa dame pour passer une quinzaine de repos dans le manoir familial à la campagne. Évidemment, la vie bucolique de châtelain aisé ne correspond pas à la nature profonde de Sam Vimaire qui sent quand l'air tourne vinaigre, ou lorsque des hommes frustres cachent des secrets honteux. Sa persuasion alliée à la force brutale de son « majordome » Villequin entrouvrent progressivement des portes fermées depuis plusieurs années. Terry Pratchett, malgré une histoire conventionnelle, captive son lecteur par une écriture extraordinairement accrocheuse, un mélange d'argot et de verve stylistique. On dévore ses descriptions et l'atmosphère entourant le village domanial avec gourmandise et délectation. On se surprend à rire des situations délicieusement enfantines sans tomber dans le mauvais goût ou le graveleux. Le fils de Sam est passionné par les excréments d'animaux. Cela reste subtil et toujours amusant, une légèreté étonnante quand on traite de sujets aussi physiologiques. Après une entame d'environ deux cents pages, Coup de tabac accélère le rythme et aucune mollesse ne vient ternir ce magnifique roman de fantasy burlesque, mais qui aborde des thématiques sérieuses et contemporaines, le racisme, les a priori sur des civilisations considérées comme inférieures, la tolérance, la droiture, le rôle de la justice aussi bien individuellement que socialement, et apprendre à connaître l'étranger afin de mieux l'accepter et le respecter. On apprécie cet engagement de l'auteur qui indirectement oblige le lecteur à se poser des questions sociétales malheureusement d'actualité. Coup de tabac relève un autre défi, il se comprend parfaitement même s'il s'agit d'une premiere intrusion afin de découvrir l'univers étoffé du Disque-monde, pas besoin d'être un acharné pour se glisser dans la peau de ses personnages charismatiques et de suivre leurs péripéties avec bonheur et plaisir. C'est un roman indépendant qui nécessite aucune connaissance particulière pour l'appréhender et se plonger dans une enquête policière endiablée et engagée idéologiquement. Au contraire, Coup de tabac est tellement agréable à lire que la probabilité d'agrandir le cercle d'admirateurs de Terry Pratchett devient une évidence. Les 480 pages se tournent avec une telle facilité qu'une tristesse subjective envahit le lecteur quand le « clap » de fin retentit. On en redemande et on salive d'avance de la prochaine offrande prenant comme cadre ce magnifique monde fantastique.

Saluons la traduction d'excellente qualité de Patrick Couton qui rend hommage au talent de Terry Pratchett par son travail professionnel et retranscrit fidèlement le style particulier de l'auteur britannique. 

                                                                                                                                                                     Amaury L.

+
Pratchett - Un chapeau de ciel - scifi-universe.com
Posté 15 janvier 2013 -
Deux années se sont écoulées depuis que Tiphaine a ramené du pays des fées et son frère et le fils du baron et un profond attachement pour une multitude de petites fées bleues particulièrement laides. Cela ne l'a pourtant pas auréolée de gloire, les gens étaient certains que ce n'était pas elle l'héroïne mais le fils du baron. Elle est retournée à ses moutons et à ses fromages. Sauf qu'aujourd'hui, elle peut, elle veut, elle doit apprendre la magie parce qu'elle sait qu'elle peut devenir une grande sorcière. Et c'est Miss Tique qui est chargée de l'emmener à son nouveau professeur, la sorcière appelée Mademoiselle Niveau qui a un petit problème d'identité. Ce que Tiphaine ne sait pas, c'est qu'un rucheur est à ses trousses, un être magique très puissant...
 
Dans ce troisième roman du Disque-Monde, Un chapeau de ciel, nous retrouvons Tiphaine et les désormais célèbres Nac Mac Feegles, ces petits hommes bleus à la tignasse rousse qui ne pensent qu'à boire, se bagarrer, voler et boire. Il est réédité aux éd. Pocket et nous fait vivre une nouvelle aventure extraordinaire et touchante.
 
Une fois n'est pas coutume, Tiphaine va avoir fort à faire contre un dangereux ennemi. Il s'agit d'un rucheur que nous vous laissons le plaisir de découvrir. Outre le fait que notre ch'tite méchante sorcieure jaeyante va devoir frôler la Mort - elle aura en fait une conversation avec la Faucheuse -, Terry Pratchett nous laisse entrer dans la tête (sous le chapeau de ciel) de la jeune Tiphaine. Et la pauvre pré-ado doit se confronter au monde et aux autres, elle qui n'a connu jusqu'ici que les moutons, les chèvres, sa famille et les pictsies ! Elle doit s'affirmer, trouver son identité, comme toute jeune fille de son âge. Il s'agit d'un roman jeunesse qu'il faut lire comme tel.
 
Une fois n'est pas coutume, les Nac Mac Feegles veilleront sur elle et l'aideront à surmonter les épreuves, le tout grâce à une bonne dose de courage (inconscience) et pour nous de grands éclats de rire.
 
Scifi-universe.com
+
Pratchett - L'hiverrier - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 24 janvier 2013 -

Malheur des malheurs ! Tiphaine Patraque n'a pu maîtriser ses pieds lors de la danse hivernale. Elle est allée danser avec l'hiverrier en personne. L'esprit de l'hiver l'a prise pour la dame de l'été et s'est mis en tête de sortir avec la jeune sorcière. Il va faire tout ce qu'il peut pour attirer l'attention de Tiphaine et lui montrer sa force. L'hiverrier modèle à n'en plus finir des flocons de neige ou des icebergs à l'effigie de Tiphaine. Et, comme la dame de l'été a disparu, l'hiver risque de ne jamais prendre fin !

Heureusement pour le peuple du Disque-Monde, Tiphaine Patraque peut compter sur le duo de sorcières de choc, Esmé Ciredutemps et Nounou Ogg, ainsi que sur l'aide d'un bataillon de Nac mac Feegle !

Bien qu'en dehors des Annales du Disque-Monde, cet Hiverrier est un roman dans la bonne moyenne de cette série. Le début du récit est assez lent à démarrer et il faut lire quelques pages de langage feegle pour s'habituer à leur élocution curieuse. Les personnages sont, comme à l'habitude de Pratchett, truculents et j'ai retrouvé avec grand plaisir Mademoiselle Ciredutemps, d'autres adoreront poursuivre les aventures des petits hommes bleus. En définitive, ce livre est un bon divertissement, plutôt standard dans son déroulement par rapport à l'oeuvre de Pratchett mais doté de personnages merveilleux.

Baern (18/07/2009)

+
Pratchett - Coup de tabac - petrolkiwi.over-blog.com
Posté 28 janvier 2013 -

Sam Vimaire est un vrai gars de la ville, pas de la ville youpi-youpla-boum, mais celle qui sent le troll et les égoûts. La bonne ville. Sam Vimaire est un vrai flic. Les vrais flics sont fiers et violents et plein de noblesse, même s'ils vivent dans la ville aux étrons et ont comme partenaire des nains, des trolls et d'autres minorités plus ou moins visibles. Sam Vimaire est un vrai mari. Les vrais maris savent que l'amour réside dans la crainte religieuse de leur chère et tendre. C'est pourquoi Vimaire se retrouve contraint de prendre des vacances dans la campagne où il va devoir pour la première fois jouer le rôle, donné par son mariage, de Duc.

Accompagné de Villequin, son fidèle majordome qui plie une chemise aussi délicatement qu'il tranche une gorge, Vimaire va mettre le pied dans une cambrousse consanguine et secrète, et puisqu'un policier reste un policier, le ressortir plein de supositions soupçonneuses.

Que s'est-il passé il y'a trois ans ? De quoi voulait parler le forgeron disparu ? Qui a sauvagement assassiné la jeune gobeline au point d'en couvrir la colline de sang ?

Pendant ce temps, en ville, d'autres mystères émergent : D'où viennent ses étranges cigares qui pleurent ?

Là, bande de vauriens, vous voilà tous pleins d'anticipation. Si c'est le cas, je vous conseille de lire le livre plutôt que mon résumé, qui ne saurait rendre honneur à un bon Pratchett. Mais comme je vous connais, vous allez vouloir savoir... (Je sais surtout que si je m'arrête là, Petite Chose va m'assassiner dans mon sommeil)

Ainsi donc, Sam Vimaire, femme, enfant et majordome psychopathe déboulent en cambrousse avec perte et fracas. Sam ne comprend rien à la caste supérieure et malgré ses efforts il est incapable de suivre tous les protocoles. Respecté en ville, il de vient le duc lourdau et pilleur de terres. Mais une enquête se profile à l'horizon, tout juste de quoi asseoir sa légende jusqu'ici.

Ca commence par une bagarre contre le forgeron Jefferson, qu'il incite à parler. Rendez-vous pris dans un endroit sombre et désert. Le forgeron est absent mais la colline est couverte de sang. Après enquète, il s'avère qu'il ne s'agit pas de sang humain et voilà Vimaire sommé par les gobelins de faire justice. Vimaire accepte. Les humains cambroussards s'offusquent. Les gobelins sont de la vermine, le meurtrier doit plutôt être récompensé. Vimaire creuse et découvre un trafic de gobelins, extrêmement lucratif pour une personne unique et inconnue. Un trafic tellement atroce que malgré la "verminité" des victimes, l'ancien shérif, bourrelé de remords, s'est suicidé.

En ville, on découvre un trafic d'objets religieux gobelin, le Ungghe, des fioles ouvragées façonnées par les gobelins et dans lesquelles ils conservent précieusement certaines sécrétions ou déchets corporels. Le trafic touche une certaine catégorie de fiole, les plus précieuses et les plus tristes. Celles façonnées autour des larmes d'une mère gobelin contrainte de manger son bébé pour le sauver d'une famine ou d'une épidémie. Un des collègues de Vimaire, irrespectueux envers la fiole se retrouve mortellement contaminé et nécessite une aide urgente qu'il ne pourra trouver que dans une caverne de gobelins. De son côté, Vimaire par en chasse. Il poursuit un fantôme, un émissaire dont personne ne se souvient, que personne ne peut décrire, dont il ne subsiste que le nom, Stratford, et le fait qu'il se "transforme" quand il tue. D'homme fade, il devient homme-diable. Il retrouvera sa trace, la perdra, craindra pour sa famille, les sauvera... 

+
Pratchett - Coup de tabac - actusf
Posté 28 janvier 2013 -

La lecture idéale pour les fêtes et leur « trêve des confiseurs », c’était bien sûr le dernier Terry Pratchett, Coup de tabac, pour le plaisir intact de retrouver le Disque-monde. Cet opus est intégralement consacré à une enquête de Sam Vimaire, qui présente la particularité de l’emmener loin de son environnement habituel, le Guet d’Ankh-Morpork. Le commissaire se retrouve en effet en vacances familiales à la campagne, contraint et forcé par sa délicieuse épouse, et ça n’est pas sans le déboussoler. Il va retrouver ses marques en se lançant sur la piste de crimes longtemps passés sous silence. Une inoffensive contrebande de tabac dissimule en effet des déportations et meurtres de gobelins, couverts par une justice locale dévoyée.

Au fil de cette intrigue policière, on sourit souvent – à telle apparition d’une jeune Jane Austen alternative, à telles notations sur la vie de couple, sur l’angoisse de l’homme des villes face à la vie exotique des provinces, sur les mœurs méconnues des gobelins. Savoureux également, le personnage de la romancière pour enfants, auteur du Monde de Caca et à l’origine d’une vocation précoce chez Sam Junior, 6 ans. Mais c’est là le plus subversif du roman, que j’ai trouvé assez peu corrosif, et à vrai dire plutôt bien-pensant.

Le Pratchett satiriste des débuts, à la parodie piquante, s’est peu à peu effacé, et disparaît ici derrière une défense, en soi très légitime, des droits des peuples les plus marginalisés (les gobelins, voleurs pouilleux mais sublimes artistes, sont les Roms du Disque-monde !), et surtout, derrière un héroïsme plein et entier – Sam Vimaire est vraiment un type formidable, auquel on ne peut guère trouver le moindre défaut. Il suscite donc à juste titre les plus profondes loyautés chez les personnages secondaires, et la plus grande sympathie chez le lecteur : du coup, on est loin de la déconstruction des figures héroïques typique de la light fantasy.

Anne Besson

+
Pratchett - Jeu de nains - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 29 janvier 2013 -

Il y a bien longtemps, dans une vallée lointaine, très lointaine, des nains ont tendu une embuscade à des trolls, ou l'inverse en fait, c'était il y a trop longtemps. Malgré le temps passé et l'écartement, les traditions perdurent. Nous sommes à quelques jours de la date anniversaire de la bataille de la Vallée de Koom et les deux communautés naines et trolles de Ankh-Morpork nont qu'une envie, se bastonner. Le Guet est bien sûr de service et Vimaire va devoir contenir les deux parties.

Pour ajouter quelques tensions supplémentaires, un grag nain (une sorte de prêtre) qui lance des appels à la guerre sainte contre les trolls est retrouvé, le crâne défoncé, au fond d'une mine. De plus, Vétérini pousse Vimaire à engager plus ou moins contre son gré une vampire et celui-ci doit rentrer à la maison à dix-huit heures, car c'est important.

Avec ce trente et unième tome, revoilà la dream-team de la police d'Ankh-Morpork, elle aura fort à faire avec ces émeutes et cette enquête et de multiples tensions au sein même du service apparaîtront, par exemple dans le duo Angua-Sally (la petite nouvelle). Terry Pratchett nous offre avec ce livre, une enquête policière sympathique et absurde mais fort amusante... Et, la rage berserk du commissaire Vimaire est mémorable !

Jeu de Nains est un bon roman de Pratchett, il fait sourire à longueur de page et met de très bonne humeur !

Baern (16/12/2008)  

 

+
Pratchett - Timbré - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 29 janvier 2013 -

Moite Von Lipwig (on ne rit pas de son prénom s'il vous plaît) est confronté à un choix simple : il remet la poste en état de marche ou bien il subit sa condamnation à être pendu, c'est le seigneur Veterini en personne qui le lui propose tel un ange venu le sauver.

Moite accepte donc la casquette (avec ailes et dorures) de ministre des postes tout en pensant qu'il lui sera facile de partir loin dès qu'il sera sorti du bureau. Mais c'est sans compter M. Lapompe, un golem qui doit "veiller" sur lui. Le voici donc à la tête d'une poste emplie de lettres jamais distribuées et d'une équipe que l'on peut qualifier de choc : le vieux Liard, adapte des médecines naturelles et Yves collectionneur d'épingles.

Ils ont du pain sur la planche ! Des années que le courrier n'avait pas été distribué, surtout depuis l'arrivée des clic-clac, société de messagerie rapide dirigée par un escroc notoire. C'est une guerre ouverte qui commence entre les deux dirigeants de messagerie.

Trentième tome des Chroniques du Disque-Monde avec des personnages toujours aussi déjantés et des situations burlesques. Encore une fois avec Terry Pratchett le lecteur passe une lecture désopilante avec une caricature bien vue du monde d'Internet et de l'économie.

Arsenik (14/08/2008)

+
Pratchett - Un chapeau de ciel - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 29 janvier 2013 -

Tiphaine Patraque a été repérée par Miss Tique. C'est une sorcière ! Et même avec un gros potentiel d'après elle. C'est pourquoi elle décide de l'envoyer en apprentissage chez Mademoiselle Niveau.Bien sûr Tiphaine a bien quelques petits pouvoirs comme le "Vois-moi" qui lui permet de sortir de son corps et de se voir pour savoir si sa nouvelle robe lui va bien et que son chapeau est bien mis.

C'est en sentant ce pouvoir que le rucheur va se mettre en chasse de la jeune sorcière pour prendre possession de son corps.Quand il arriva enfin à ses fins, le rucheur ne prit pas totalement possession de Tiphaine, une petite partie de son esprit essaya de combattre cet intrus.Arriva en renfort Rob Deschamps et quelques uns de ces chtits hommes afin d'aider leur chtite michante sorcieure jaeyante, puis Mémé Ciredutemps.

Un très bon épisode du Disque-Monde dans lequel la sorcellerie est au premier plan. Toutes les sorcières nous donnent chacune leur vision de ce qu'est réellement la sorcellerie et surtout à quoi elle sert. Une belle leçon d'humanité et bien sur l'humour de Terry Pratchett toujours là où il faut. Que du bonheur de lecture.

Arsenik (31/12/2007)

+
Pratchett - Pieds d'argile - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 29 janvier 2013 -

Deux meurtres de vieilles personnes sans histoires mettent les agents du guet d'Ankh-Morpock sur les dents. Leurs cas ne semblent pas liés et pourtant le commissaire Vimaire sent qu'il va avoir du fil à retordre avec elles. Alors qu'il est déjà très occupé à faire face à ses nouvelles obligations de membres de l'élite de la ville, le voilà qui apprend que son bon vieux caporal Chicque qu'il placerait plus dans la famille des grands singes que dans celles des hommes, voire même hors de tout le règne animal pour n'en vexer aucun, se révèle lui aussi appartenir à ce même milieu distingué. Plus encore, il serait un héritier potentiel de l'ancien trône de la ville. Voilà qui fait beaucoup, et peut-être même déjà trop pour l'ancien alcoolique perpétuellement à la limite d'une rechute.

Et comme si ces deux meurtres ne suffisaient pas, Vimaire doit également assurer la protection du Patricien. Victime d'une tentative d'empoisonnement celui-ci n'est plus en mesure de tenir les rênes de la cité. Que va-t-il advenir d'Ankh-Morpock livrée à la merci des différents chefs de guilde ? Et d'où sort ce nouveau modèle de Golem si inquiétant ? Heureusement que le commissaire peut compter sur une équipe homogène, ou plutôt très hétérogène, maîtrisant toutes les ficelles du métier, des toutes dernières technologies scientifiques aux bonnes vieilles méthodes toujours aussi percutantes. Ensemble ils feront toute la lumière sur ces diverses affaires et en décrypteront tous les mystères.

Après avoir traité des relations nains-troll dans Le Guet des orfèvres, Pratchett nous refait l'éloge de la diversité et de la tolérance à travers les enquêtes de ce guet où se côtoient toutes les espèces du disque-Monde, adversaires partout ailleurs mais unies dès qu'elles enfilent le même uniforme. Cependant, tout comme l'agent Angua qui cache sa nature de louve-garou à sa collègue naine dissimulant elle-même son sexe à ses partenaires, tout n'est pas des plus simples et chacun doit y mettre du sien. L'histoire aborde aussi diverses revendications comme les luttes des femmes ou des classes et ne manque pas de glisser une petite pique envers ces humains qui ont trop de fierté pour oser se plaindre de leur misérable condition ou ceux qui ont dans la tête les mots des autres et qui valent finalement moins qu'un Golem, simple objet dénué de conscience mais pas de coeur.

Tout cela n'élude heureusement pas l'histoire policière qui s'avère passionnante. En fait, l'auteur nous permet de relever plus rapidement que ses personnages les pistes sur lesquelles ils vont se lancer, nous donnant ainsi une impression de supériorité sur ces piètres policiers. Sentiment ô combien pernicieux, puisque nous tombons ainsi à chaque fois de plus haut, persuadés d'avoir déjoué avant nos héros le mystère de l'empoisonnement du Patricien.

Ainsi, ce dix-neuvième tome s'avère être un excellent cru...

Cpatrick (20/03/2007)

+
Pratchett - Trois sœurcières - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 29 janvier 2013 -

Ceci est une histoire de vie sur le Disque Monde ! Ici se côtoient, sorcières, fantômes, rois, trolls, nains et autres créatures fantastiques !

En le royaume de Lancre, le nouveau roi vient dassassiner lancien pour le devenir à sa place. Lassassinat est une cause de mort naturelle pour un roi, cest évident. Ce nouveau roi décédé apprend par la Mort en personne quà cause du Sort et du Destin, il va devoir hanter sa royale demeure, qui ne lui est plus royale, désormais. Il va devoir user de Têtologie !

En la sombre nuit du crime, dans une venteuse forêt, trois démoniaques sorcières complotent, mijotent et remplissent leur agenda. Leurs maléfiques desseins vont être chamboulés par un malheureux bambin qui gène quelqu'un de fraîchement parvenu. Mais le lendemain, cest décidé, elles iront au théâtre, histoire de faire plaisir à Magrat, leur jeune consoeur progressiste et rêveuse.

Sixième volume des Annales du Disque Monde de Pratchett, les Trois Soeurcières, est un petit bijou de fantasy burlesque où se mêlent ironie, parodie, comédie, comploterie, mégalomanie et supercherie.

Et avec en première multiverselle : le ravitaillement en vol du balai d'une sorcière !

Pour finir, un petit commentaire sur la forme, le format du livre et le papier employer est vraiment très agréable et confortable à la prise en mains. A lire et à relire !

Baern (26/12/2005)

+
Pratchett - Procrastination - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 29 janvier 2013 -

Einstein l'a prouvé, le temps est relatif. Figurez-vous que cette loi s'applique également dans le Disque-Monde, raison pour laquelle on a chargé les moines de l'Histoire de surveiller le temps mais également de le prélever et le redistribuer à différents endroits suivant le besoin. Tout marchait bien, jusqu'à ce que les Contrôleurs refassent leur apparition. Ces esprits mythiques, grands adeptes des lois et règles devant l'éternel, ont jugé que les humains se montraient de manière général beaucoup trop imprévisibles et qu'il fallait les faire rentrer dans le rang une bonne fois pour toutes.

Pour ce faire, ils ont décidé de mettre au point une horloge spéciale, la plus précise au monde, une horloge qui emprisonnerait le temps ! Privés de temps, les habitants du Disque-Monde se retrouveraient paralysés à jamais et l'ordre pourrait enfin régner.

Pour l'éviter, qui envoyer d'autre que Lou-Tsé, le plus sage des balayeurs du monastère des moines, fidèlement secondé de son nouvel apprenti aux qualités temporelles surprenantes ? Et comme il est question d'aventure hors du temps, ce n'est pas vraiment un hasard si la petite fille de la Mort va croiser la route de nos deux héros en ballade. Celle-ci, reconvertie en institutrice, enquête sur une mystérieuse naissance pour le compte de son grand-père tandis que celui-ci tente de motiver ses trois vieux alliés pour la grande chevauchée qui les attend, afin de fêter comme il se doit la fin du temps.

Pour ce nouvel opus, Terry Pratchett, jamais en mal d'inspiration, prend de la hauteur en nous présentant de nouvelles facettes de son monde fétiche. Des héros tout neufs, des méchants inhumains en plein apprentissage d'humanité, les nouvelles trouvailles ne manquent pas pour notre plus grand plaisir !

Ainsi, le petit univers des moines de l'Histoire est original et imaginatif à souhait tout comme ces Contrôleurs, à travers lesquels on dénote une douce critique de notre société. Il ressort donc de l'ouvrage une quantité de très bonnes idées (dont une mythique scène de bataille de chocolats) renforcées par la présence de héros très réussis.

Un seul reproche à faire, il plane un certain flou sur la manière dont les moines contrôlent le temps et sur le fonctionnement de leurs drôles de machines. Mais le concept reste si innovant que le principe est accepté sans anicroches.

Ceridan (14/10/2005)

+
Pratchett - La Vérité - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 29 janvier 2013 -

On dit, à Ankh-Morpok, que le mensonge a le temps de faire le tour du monde pendant que la vérité enfile ses chaussures, surtout le seigneur des Mots qui a répété inlassablement cet adage à son fils Guillaume.

Une fois adulte celui-ci ne recherche qu'une chose, La Vérité ! Et surtout la faire connaître à tous ses concitoyens. Quand il rencontre des nains capables de changer le plomb en or, il devient sans le vouloir rédacteur en chef du premier journal du Disque-monde. Guillaume écrit, les nains impriment mais tout va de plus en plus vite et il lui faut de l'aide. Sacharissa va s'occuper d'un début de secrétariat, Otto, un vampire repenti, devient photographe et les journaux sont distribués par les sans-abri de Ankh-Morpok.

L'événement déclencheur de cet attrait pour le journal fut sans nul doute l'enquête parallèle que mène Guillaume pour innocenter le Patricien qui est accusé de meurtre ! Cette enquête qui fait piétiner le guet n'est pas au goût de MM. L'épingle et Tulipe, de la nouvelle organisation comme ils se nomment eux-mêmes. Guillaume va se retrouver pourchassé par des tueurs à gages, embastillé par le guet, et harcelé par un lecteur qui veut voir ses légumes aux formes hilarantes dans le journal.

Dernier tome traduit en français des Annales du Disque-monde et pas le moindre. Un roman complet où tous les bons ingrédients sont réunis : une intrigue principale, un gentil qui ne veut que la vérité, les méchants, un innocent inculpé et même une pointe d'amour qui, à cause des nombreuses péripéties, ne verra pas le jour. Bien sûr il faut aussi compter sur un avocat mort-vivant véreux, un chien parlant ... et tout ce qui fait le charme de Ankh-Morpok !

A travers les yeux de Guillaume c'est un peu de Terry Pratchett qui nous est dévoilé car il ne faut pas oublier que l'auteur est avant tout journaliste et ce n'est qu'en voyant le succès de ses écrits qu'il a décidé de vivre de sa plume. C'est donc en connaissance de cause qu'il nous décrit les débuts laborieux d'un apprenti journaliste, avec toute la foi pour la vérité qu'il peut porter en lui.

Arsenik (08/05/2005)

+
Pratchett - Le Fabuleux Maurice et ses rongeurs savants - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 29 janvier 2013 -

Des rats qui envahissent les villages, un joueur de flûtes... Ca vous dit quelque chose n'est ce pas ? Mais si : le conte de Hamelin ! Ce gamin qui a sauvé une ville des rongeurs en les enchantant avec sa flûte. Vous vous souvenez ? Oui ? Ah j'aime mieux ça ! Bon et bien cette fois-ci on reprend les mêmes ingrédients, on déplace l'histoire dans le disque monde mais surtout on ajoute un chat : Maurice !

Maurice n'est pas n'importe quel chat de gouttière, non... Maurice est fabuleux ! Et c'est lui-même qui le dit ... C'est vous dire ! Les rats aussi sont quelque peu extraordinaires car ils parlent, pensent et l'un d'eux danse des claquettes. Faut dire qu'ils traînaient pas mal du coté du tas d'ordures de la guilde des magiciens. Leur rencontre avec un joueur de flûte à l'air bête va permettre à Maurice de mettre au point un plan pour s'enrichir. Les rats envahissent une ville, le gamin à l'air bête arrive avec sa flûte et se fait payer pour emmener les rats le plus loin possible contre trente piastres. Mais tout le monde se lasse un peu de cette arnaque, les rats voudraient trouver une île déserte où ils pourraient vivre tranquillement et le chat se faire adopter par une grand-mère pour ne plus avoir à chercher à manger et du lait. Bad Igouince sera leur dernier coup mais rien ne va aller car deux autres escrocs ont déjà pris le créneau "rats".

Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants est un roman un peu à part puisqu'il ne fait pas partie des Annales du Disque-Monde mais se déroule pourtant dans cet espace. On y retrouve bien un fond mais dont la connaissance est tout à fait inutile pour la compréhension générale du roman. C'est du Pratchett, drôle, déjanté où les animaux sont doués de parole mais surtout d'un raisonnement très humain. Le roman n'est pas tordant mais possède une réelle bonne humeur communicative. Pratchett conserve son sens de la dérision. Ce roman est avant tout basé sur l'intrigue, parfaitement maîtrisée et captivante, délaissant un peu le n'importe quoi habituel. Les rats sont les personnages principaux, on sy attache et à Maurice aussi (j'vous dis pas la frayeur que j'ai eu quand Maurice a frôlé la Mort ...). A lire de 7 a 77 ans ! Pour se détendre, pour s'amuser, pour découvrir Pratchett ou pour aimer les chats et les rats.

Arsenik (06/02/2005)

+
Pratchett - Masquarade - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 29 janvier 2013 -

Ah, l'opéra, ses arias, ses danseuses de ballet neurasthéniques, ses divas gargantuesques jouant des rôles de jeunes vierges à la taille fine... et son fantôme. Car tout opéra digne de ce nom dispose de son fantôme, et l'Opéra d'Ankh-Morpork n'est pas en reste. A la différence près que ce dernier semble alterner billets doux de passionné et meurtres prémédités.

De quoi donner du fil à retordre à Agnès (Perdita X) Créttine, jeune fille de Lancre venue dans la grande ville tenter sa chance dans la chanson, et surtout échapper à un morne destin de fille de ferme ou de sorcière (rayer la mention inutile). Mais ce serait sans compter l'aide de deux petites vieilles tout de noir vêtues venues assister au spectacle.

Oui, vous les aurez reconnues, Nounou Ogg et Mémé Ciredutemps, les deux sorcières de Lancre venues se distraire en ville, sont dans la place. Et les sorcières semblent attirées par les problèmes comme une mouche sur un bestiau malade.

Or, quand Mémé s'intéresse à un problème, celui-ci a vite fait de se cacher sous le sofa en tremblant. Et elle de trouver un balai pour l'en déloger...

Si vous pensez avoir lu Le fantôme de l'Opéra et tout connaître du sujet, détrompez-vous. Vous n'avez encore rien vu. Car c'est bien plus qu'une version revisitée de l'oeuvre de Gaston Leroux que nous offre Terry Pratchett, mais une tragi-comédie originale et irrésistible, où le suspense est loin d'être absent, et le rire jamais bien loin. Avec en prime (si vous êtes sage) l'apparition exceptionnelle de Gredin, le chat le plus vicieux de ce côté-ci de la galaxie.

Alors à vos livrets, trois-quatre...

Le Telmus (04/11/2001)

+
Pratchett - Les Tribulations d'un mage en Aurient - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 29 janvier 2013 -

Tremblez mortels et immortels ! Rincevent, le mage le plus incompétent de toute l'histoire du Disque-Monde est de retour, suivi comme toujours de son tristement célèbre Bagage. Et cette fois-ci, ses aventures vont le mener au coeur du plus puissant empire du Disque-Monde, le continent interdit de l'empire Agatéen. Car quelqu'un a demandé d'urgence le "Grand maje" pour guider la Révolution. Quelqu'un qui s'est inspiré d'un mystérieux petit livre rouge, intitulé "Ce que j'ai fait pendant mes vacances".

Quoi de plus dangereux que ce genre d'ouvrage dans un empire dirigé par la bureaucratie et l'art du Haïku ! De quoi donner de mauvaises idées aux jeunes générations, comme celle de liberté, par exemple. Surtout si celui-ci se répand comme une traînée de poudre alors que la succession de l'empereur se prépare à coup de carnages (mais polis, suivant la tradition de l'art de la guerre en cinq points) entre les grandes familles de l'Empire.

De quoi faire perdre la tête (au sens propre du terme) au pauvre Rincevent, englué dans cette aventure comme un moustique dans la résine. Mais peut-être pourra-t-il compter sur le grand Gengis Cohen et sa Horde d'Argent (cinq siècles de barbarie concentrée en six personnes)pour mener à bien sa mission et conduire les légions de l'Armée Rouge jusqu'à la victoire...

Encore une fois Pratchett pervertit allègrement Histoire, Science et Fantasy dans un cocktail détonnant, brillament traduit par Patrick Couton. C'est un voyage hilarant qui vous promènera dans toutes les absurdités du disque-monde (et du nôtre), servi une fois encore avec un style unique au monde.

Le Telmus (02/11/2001)

+
Pratchett - Accros du Roc - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 29 janvier 2013 -

Ce nouvel opus sonne pour ce qu'il est, une suite. Si la fugue existentialiste de la Mort est en accord majeurs avec le Faucheur, la ligne est un peu répétitive, et manque de variations. Malgré tout, on retrouve le tempo propre à Pratchett, et si brillamment arrangé par Patrick Couton. Le rythme swingue, les références fusent en churs, et on retrouve avec bonheur les compositions qui ont fait le succès des précédents volumes : du rock électrique de Planteur au jazz débonnaire du bibliothécaire, en passant par la guingette de Ridculle et le menuet métrique du Patricien, l'auteur nous offre une symphonie légère et colorée, dans la pure tradition pratchettienne.

Ce livret se prête plus aux afficionados du genre qu'aux dilettantes, peut-être parce que pour apprécier pleinement les envolées lyriques dans leurs détails, il faut d'abord connaître la trame de fond. Mais je ne peux que recommander la lecture de ce livre, tout autant que celle de l'ensemble des Annales, car elle constitue la preuve que le genre n'est pas mort depuis Tolkien, et que l'humour brittanique n'est pas fait que de Benny Hill. Pour finir, sachez que ce livre peut susciter une furieuse " sympathy for the devil " si l'on n'a pas le " feelings " et que l'on ne chante pas " le bourdon du mage a un noeud au bout " cinq fois d'affilée dans sa baignoire avant de le lire I feel good...

Le Telmus (02/11/2001)

+
Pratchett - Au guet ! - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 29 janvier 2013 -

Quand on complote contre le seigneur Vétérini, dirigeant incontesté d'Ankh-Morpork (sa propension à connaître l'adresse de vos parents sur 7 générations en a dissuadé plus d'un) il n'y a pas 36 moyens. Il faut restaurer la royauté. Et quand on n'a pas sous la main de jeune berger adopté, descendu des montagnes avec une tache de naissance ou une épée magique, il ne reste qu'une solution, mettre en scène un pseudo-descendant, prêt à affronter les dragons.

La légende est très claire sur ce point. Le problème c'est que quand le dragon en question s'amuse à transformer la population en Kebab trop cuit, ca attire l'attention, et particulièrement celle du Guet municipal. Et quand le capitaine Vimaire, policier de ses semelles en carton à son casque cabossé, consent à dessoûler pour enquêter, il ne voit pas d'un très bon il (d'abord, il ne le voit pas double) les suspects, fussent-ils des dragons de 20 mètres avec une puissance calorifère digne d'Arthur Martin.

Aussi, aidé de son équipe de fins limiers, va-t-il enquêter, aidé par l'inoubliable Bibliothécaire de l'Université invisible, afin de découvrir, au risque d'une combustion spontanée, qui se cache derrière le dragon d'Ankh-Morpork.

Pratchett nous invite, pour la première fois dans ses Annales, à une visite d'Ankh-Morpork, " cyté aux mylle surprises ", et nous convie à entrer dans la légende, celle des rois défunts, de leurs descendants et de toutes ces histoires de taches de naissance, de petits pois et d'épées magiques qui font la royauté.

Avec cette particularité qu'a Pratchett de ne pas rester au système du "plantage de décor et ensuite on égorge tout le monde", mais de nous montrer les dessous de la ville, et des personnages.

Vous y découvrirez des anti-héros plus qu'humains, complexes et réalistes, à commencer par le capitaine Vimaire, flic jusqu'au fond de la bouteille, et des méchants qui ne sont pas que méchants, le tout rythmé par une intrigue qui sent les cavalcades sur les pavés et la petite roulée tranquille à l'abri du vent.

Bref, si ce n'est pas un policier, c'est un vrai roman de flic. Noir, désabusé, et bourré d'humour.

Le Telmus (31/10/2001)

+
Pratchett - Le Guet des Orfèvres - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 29 janvier 2013 -

" Y a quelque chose de pourri au royaume d'Ankh-Morpork. Non, c'est juste Chicard ", comme dirait l'autre. C'est le quinzième volume des annales traduit en francais, et ça a tout l'air d'un polar, ce qui tombe bien, parce que c'en est un, mais version Pratchett, ce qui est mieux.

L'histoire commence à Ankh-Morpork, à la veille de la retraite du Capitaine Vimaire de son mariage avec Dame Ramkin, donc peu après la fin de " au guet ". Alors qu'il s'apprête tranquillement à prendre la retraite, le capitaine Vimaire se voit confié par le Patricien une affaire étrange, qui commence par une explosion dans la guilde des Assassins, en fait le vol déguisé d'une invention étrange, le " fousi ". Ca pourrait se terminer là, mais Vimaire sent qu'on lui cache des choses, les chef de la guilde tentent de minimiser l'affaire, et un des dragons de dame Ramkin a disparu.

Et l'affaire se complique quand on retrouve un premier cadavre dans l'Ankh, avec un trou au milieu du torse. Du coup, il va mener l'enquête avec son équipe. On retrouve donc sur le pied de guerre le sergent Colon, le caporal Chicard, et l'agent Carotte. Avec en plus les nouveaux engagés : Bourricot, un nain hargneux, Détritus, le troll qui veut s'humaniser pour plaire à sa trollesse, et Angua, une femme qui a du chien, si on peut dire ça comme ça. Et tous vont donc essayer de découvrir qui se cache derrière ces meurtres, avant que la cloche sonne et que le capitaine ne soit plus que Vimaire, d'autant que tout ce sang, ça chauffe les esprits, surtout quand les victimes appartiennent à des espèces qui sont traditionnellement en guerre permanente, comme les trolls et les nains. Mais j'en ai déjà trop dit ?

Le Pratchett, ça se savoure, ça se lit et se relit parce qu'on trouve toujours un détail qui nous avait échappé. Ca s'apprend par cœur, même. On ne reviendra pas sur l'univers du disque-monde, ceux qui ne connaissent pas n'ont qu'à lire les autres volumes. Pour ce qui est de l'intrigue, c'est du pur policier, on rame avec les personnages en se demandant qui est le meurtrier du colonel moutarde, on est scotché au livre jusqu'à la fin, et là on se dit " mais c'est bien sûr, pourquoi j'y avais pas pensé ". Digne des 10 petits nègres, quoi, avec en plus la touche Pratchett. Et la touche Pratchett, c'est quelque chose ? Il a trouvé le moyen de rendre les personnages à la fois intéressants, drôles (voir Chicard se transformer en machine de guerre impitoyable ça vaut le détour) et attachants.

A ajouter que comme toujours c'est bourré de références de tous les horizons, comme par exemple Vimaire qui vient d'interroger de chef de la guilde des Assassins, va pour sortir de la pièce, se retourne et dit en se tapant le front " j'oubliais quelque chose " manque plus que la 403 garée dans la rue et le chien.

Les points négatifs, c'est simple, y en a pas. C'est du Pratchett dans tout son art, et traduit génialement, quand on a dit ça on a tout dit.

Le Telmus (27/10/2001)

+
Pratchett - Coup de tabac - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 30 janvier 2013 -

L'inspecteur Harry du Disque-Monde nous revient en pleine forme pour un polar inhabituel dans Les annales du Disque-Monde. Le récit sort de l'ordinaire car, à côté de l'enquête de Vimaire, Pratchett nous détaille la vie domestique (avec sa femme, son fils et son attitude d'aristocrate urbain terre-à-terre) de l'un de mes personnages favoris sur un ton beaucoup plus sentimental que le burlesque dont il est friand. Evidemment, les vacances ne sont en rien paisibles pour la famille, l'action et les rebondissements ne sont jamais très loin, ce qui amène deux rythmes totalement distincts à l'histoire.

L'histoire et les actions défilent lorsque Vimaire fait son boulot de flic, à l'opposé des passages où l'auteur se concentre sur sa famille et ses réflexions où la tension ralentit nettement. Pratchett s'attarde clairement sur les émotions et la psychologie de Vimaire. Il a, d'ailleurs, tendance à devenir un peu moralisateur. C'est certainement une facilité qu'il a pris car ce scénario s'y prête bien avec une grosse louche d'intolérance, de race inférieure, d'injustice. Vimaire est bien sûr la personne qu'il faut pour remettre de l'ordre dans ce bazar (avec Villequin) !

Cet épisode est joliment écrit, à l'habitude de Pratchett, tout en finesse et en poésie. Le texte est constamment drôle, à défaut d'être hilarant par instant, et intelligent. Il faut, donc, toujours rester attentif, pour ne pas se perdre dans le récit. Mais ce surcroît de travail de la part du lecteur est récompensé comme il se doit. Un grand sourire se formera sur son visage pendant toute la lecture de ce roman et n'en bougera pas avant la fin.

En conclusion, Coup de Tabac est un nouveau tome réussi de Les annales du Disque-Monde, avec des bagarres et des vacances !

Baern (08/12/2012)

+
Pratchett - Coup de tabac - The Spicy Chronicles
Posté 14 février 2013 -

Résumé :

Blousé, Vimaire. Dame Sybil, son épouse aimante, lui impose quinze jours de congés à la campagne dans le manoir familial. La vie de hobereau, rien de folichon pour le commissaire divisionnaire du Guet d’Ankh-Morpork, non plus que la déférence servile qu’on lui témoigne, à lui qui tient pour article de foi que les hommes sont tous les mêmes le pantalon baissé. La tradition le veut, le flic en vacances n’a pas ouvert sa valise que le premier cadavre lui saute à la figure. Mais ce n’est pas un meurtre ordinaire qui attend Vimaire, c’est un crime contre l’existence et la dignité d’une espèce entière. Qu’importe s’il est hors de sa juridiction, si les repères lui manquent dans le monde rural et si l’on s’acharne à le mener en bateau, la justice doit passer.

Mon avis :

Dans ce livre, on retrouve le commissaire Vimaire – avec, rassurez-vous, l’humour légendaire qui lui est si propre ! – qui, cette fois, est censé prendre des vacances auprès de sa femme, Lady Sybil… Le commissaire en vacances ? Impossible ! En effet, ce dernier sera amené à résoudre une nouvelle enquête… J’ai passé un très bon moment en lisant ce livre ! L’humour est présent de la première page à la dernière et les personnages sont très attachants ! L’univers de Terry Pratchett est toujours aussi intéressant. De plus, ce livre permet de porter une réflexion sur la dureté du métier de commissaire et sur certains sujets graves, comme l’intolérance. C’est un livre que je recommande !

Aubin

+
Pratchett - Coup de tabac - Les Vagabonds du rêve
Posté 25 février 2013 -

Rien n'est jamais parfait. En épousant Dame Sybil et en devenant père du petit Sam, le commissaire Samuel Vimaire, ainsi anobli aurait pu se laisser aller. Après tout, il a fait du Guet d'Ankh-Morpork une équipe de pointe. Seulement, pour un homme qui « sent » sa ville à travers la semelle usée de ses vieilles bottes, le lâcher-prise est difficile.

Dame Sybil, dûment encouragée par le Seigneur Vétérini, a donc décidé, et sans appel, qu'ils iraient passer une quinzaine dans la demeure de famille. Cruelle obligation mais, tout commissaire soit-on, c'est bien le moins que de visiter ses domaines lorsqu'on est le duc d'Ankh.

La campagne ? Cet endroit où l'on patauge dans la boue et où l'on est cerné d'un silence inquiétant, souligné de bruits pires encore : oiseaux qui piaillent, bêtes qui grognent et toute une nature qui vous surveille sans en avoir l'air. Sans compter les domestiques qui ne supportent pas que vous ne teniez pas votre place en les méprisant comme il se doit. Du repos ? Ah bien oui !

Pourtant, à bien y regarder, tous ces braves paysans ne sont peut-être pas si différents que ça des citadins. Et tous ces nobliaux plus ou moins titrés qui se pressent aux invitations de Dame Sybil pourraient bien tremper leurs blanches mains dans une lessive pas si propre que ça. Après tout, on est loin ici des yeux de Vétérini. À moins que, finalement, on n'en soit pas si loin que ça.

Disons que ça fait bizarre, quoique logique, de découvrir que le bistrot du village, La Tête du gobelin, abrite justement une tête de gobelin mais pas sur les épaules dudit, empaillée plutôt. Une bonne base pour s'accoutumer aux rapports campagnards, surtout quand on tombe peu après sur le meurtre d'un de ces êtres « qui ne comptent pas ». Ou seulement dans le cadre d'un trafic d'esclaves ? Sans doute est-ce la raison de la prudence de Melle Bidel, auteur pour enfants qui a immédiatement gagné la sympathie du petit Sam grâce à ses livres sur le caca et ses odeurs. Et ce que le commissaire flaire quand il est au bon air ne sent certainement pas meilleur.

Heureusement qu'il est accompagné de Villequin, son truand de confiance. Et puis du policier du coin, du moins ce que l'on appelait un policier avant le passage de Vimaire ce qui lui permettra d'en devenir un au sens courant du terme, après un éprouvant voyage fluvial en pleine tempête. Pendant ce temps, à Ankh-Morpork, par un de ces hasards tout à fait hasardeux, le Guet municipal aurait bien besoin d'aide pour secourir l'imprudent sergent Côlon rendu malade par un artefact gobelin.

On retrouve ici nombre des figures qui font le quotidien des Annales du Disque-Monde et, aussi, cette manière particulière de l'auteur qui, par petites touches qui n'ont l'air de rien, transforme peu à peu ces personnages de caricature en héros. Il y a de la grandeur chez le commissaire Vimaire. Beaucoup d'humanité aussi. Et une grande bienveillance chez Pratchett.

Ainsi, en traitant à sa façon toute particulière du racisme, cette peste endémique que notre époque pensait éradiquée, il nous invite à nous pencher sur l'évolution de notre espèce mais sans jamais cesser de nous amuser. Que pourrait-on demander de plus ?

Hélène

+
Pratchett - Timbré - Fan 2 fantasy
Posté 08 mars 2013 -

Nouveau personnage du Disque monde , Moite von Lipwig est un escroc de haute volée. Il ne se sent vivant que lorsqu’il est en train de plumer un pigeon, au bord du gouffre, tout près d’être découvert. Mais il a été découvert, le seigneur Harlock Vétérini, maire d’Ankh-Morpock lui assigne en chatiment de s’occuper de la Poste devenu vétuste. La création du Timbre revue et corrigée par Terry Pratchett. Après le cinéma, la religion, l’opéra, les contes de fées, les robots, l’université … et bien d’autres, il traite dans Timbré de la Poste et des méfaits de la privatisation des services publics ! C’est toujours nouveau, toujours étonnant, toujours réussi.

Qui d’autre pourrait nous décrire un monde aussi délirant, aussi imaginaire, aussi impossible, et le rendre si proche, si semblable au nôtre ? Qui serait capable de parler de façon colorée, imaginative et drôle des ravages de la privatisation des services publics ? Qui pourrait chanter de façon à la fois aussi poétique, émouvante et picaresque de la magie de l’échange de lettres ? Qui saurait décrire avec autant d’humanité, d’humour, et de pertinence impitoyable la logique scélérate des financiers uniquement intéressés par le profit à court terme ? Et tout cela, sans jamais prononcer, bien entendu, les mots, « services publics », « privatisation », « profit », « actionnaire » …

Donc Pratchett est un auteur de grand talent qui nous décrit un monde si éloigner du notre mais au préoccupation si proche du réel. un grand moment que la création du timbre ou sa façon de décrire poétique et émouvante , la magie de l’échange de lettres. Véritable plaidoyer pour les méthodes traditionnel de communication, l’auteur ne prends pas parti contre les nouvelles technologies mais contre les escrocs qui les exploitent ne voyant que le profit à court termes. On ne peut pas envoyer une mèche de cheveux, ou un baiser parfumé par sms, pardon par clic clac. Un livre à lire et à faire lire à la jeune génération trop enclin au nouvel technologie.

+
Pratchett - Un chapeau de ciel - Actusf
Posté 03 avril 2013 -

Une quête d’identité qui sent bon la laine de bedots, le tabac Bon Marin, la térébenthine... Et les Nac Mac Feegles !

Écrivain depuis son adolescence, ce n’est qu’en 1983 que Sir Terry Pratchett rencontre la gloire avec son premier roman des Annales du Disque-Monde qui compte aujourd’hui 39 volumes.

Jeux vidéo, jeux de société, JDR et autres produits dérivés, l’univers des Annales du Disque-Monde a depuis longtemps conquis des millions de personnes à travers le monde, et ce, grâce aussi à leurs adaptations cinématographiques lancées en 2006 par la chaîne anglaise Sky One.

Un chapeau de ciel est le troisième roman indépendant pour enfants du Disque-Monde et est le deuxième ouvrage reprenant comme personnage principal Tiphaine Patraque, qu’on rencontre pour la première fois dans Les Ch’tits Hommes Libres (The Wee Free Men, 2003) et que l’on peut suivre dans L’Hiverrier (Wintersmith, 2006) et Je m’habillerai de Nuit (I Shall Wear Midnight, 2010). Ce roman a reçu en 2005 le Prix Locus du meilleur roman pour jeunes adultes.

La ch’tite sorcieure jaeyante

C’est le grand jour pour Tiphaine Patraque : après avoir battu la reine des fées, la voilà partante vers l’inconnu pour devenir une sorcière. Adieu, moutons, poêle à frire et le Cause !

Tiphaine s’en va vers un apprentissage qui en dira long sur ses capacités de sorcellerie mais aussi sur elle-même. Mais ce dont elle ne se doute pas, dans l’ombre de ses pas, l’a suivi une entité ancienne, un parasite qu’on appelle le Rucheur et qui veut devenir elle.

Retour aux sources

Tout au long de sa carrière, Terry Pratchett a su nous émerveiller, nous faire rire à travers ses œuvres d’un monde fantasque : Le Disque-Monde. Un chapeau de ciel, un roman se passant dans le vaste Disque-Monde, ne déroge pas aux règles pratchettiennes et nous offre là un roman d’aventures plein d’humour et de poésie.

Un chapeau de ciel est l’une de ces histoires qui reprend les fondements de l’univers de la fantasy par une quête de soi ; un message fort à travers des personnages farfelus et une jeune héroïne dans lequel tout lecteur se retrouve. Qu’on soit fan ou découvrant tout juste les œuvres de l’auteur, ce roman, indépendant des autres, n’est pas juste destiné aux jeunes adultes mais à tous ceux qui rêvent les yeux ouverts.

Un chapeau de ciel est un roman savoureux qui frôle avec douceur nos propres souvenirs, incruste nos pieds vers nos racines, la tête levée vers le ciel.

Elodie

+
Pratchett - Va-t-en-guerre - If is dead
Posté 29 avril 2013 -
Je n’ai pas su résister… Me voilà parti pour Va-t-en-guerre de Terry Pratchett, une autre des aventures du Guet. Il y a quelque chose de savoureux avec le Disque-Monde, ça se lit tout seul, c’est drôle, dépaysant et envoûtant. C’est d’autant plus bizarre que globalement l’auteur surfe toujours sur les mêmes gags… Mais qu’est ce que c’est bon !
+
Pratchett - Timbré - Catherine Loiseau
Posté 03 juin 2013 -

Résumé

Moite Von Lipwig est un escroc et l’un des meilleurs. Seulement voilà, on ne réussit pas à tous les coups, et parfois on n’échappe à la pendaison. Sauf pour Moite qui au lieu de se réveiller dans l’au-delà se retrouve dans le bureau du Patricien Vétérini. Au lieu de l’enfermer ou le torturer, celui-ci lui propose alors un emploi : receveur des postes d’Ankh-Morpok. Seulement, la Poste est moribonde depuis des années, les lettres non distribuées se sont accumulées. Sans compter que les précesseurs de Moite sont morts dans d’étranges circonstances et que la concurrence de l’Interurbain est rude. Aidé de Liard le postier et d’Yves l’apprenti-postier, assisté par la volcanique Adora Belle Chercoeur, Moite devra déployer tout son talent pour remplir la mission confiée par Vétérini.

Mon avis

En grande fan de Terry Pratchett, (...) c’est toujours un grand plaisir de retrouver son univers, Ankh-Morpok et ses guildes, son patricien, son guet, ses golems, ses magouilles en tout genre. A ce titre, Timbré ne propose rien de vraiment nouveau, juste un approfondissement de certains éléments déjà amorcés dans les livres précédents (Le Disque-Monde, les Clics-clacs, les golems,…).

Côté personnage par contre, si on retrouve des figures connues (Ridculle, Vétérini…), le livre introduits des petits nouveaux : Moite Von lipwig, escroc patenté, et Adora Belle Chercoeur, fumeuse invétérée au joli minois mais au caractère bien trempé.

(...) j’ai été séduite par les personnages. Comme toujours chez Pratchett, ils sont riches et complexes. Moite est un escroc, un manipulateur. Ça pourrait le rendre antipathique, ce n’est pas le cas, car l’auteur parvient à nous faire entrer dans sa tête, il nous permet de partager ses émotions, ses doutes, ses peurs. Et puis, il faut l’avouer, Moite est génial (crazy awesome, comme dirait nos amis anglais).

J’admire aussi le travail de Pratchett sur les personnages secondaires, cette capacité en quelques lignes à faire exister un personnage, au travers d’une description, de ses manies, d’un dialogue. Encore une fois, je tire mon chapeau au maître. Bon, et puis, il faut l’avouer, un livre de Pratchett, c’est toujours un bon moment de rigolade en perspective, autant ne pas bouder son plaisir (mention spéciale aux talons d’Adora Belle, et à la technique de Ridculle pour traiter les importuns voulant poursuivre en justice l’Université de l’Invisible).

En conclusion

(...) une lecture plaisante. Je retrouverai avec plaisir Moite dans ses nouvelles aventures.

Catherine Loiseau

+
Pratchett - La Huitième Fille - Arestismomenta
Posté 07 juin 2013 -

J’ai adoré, mais alors vraiment adoré La Huitième Fille. Dès les premières pages, Terry Pratchett nous fait entrer dans son monde, un monde un peu fou, qui ne semble avoir aucune logique, mais auquel on s’attache tout de suite. Si vous êtes amateurs de mondes fantastiques, vous serez comblés : Terry Pratchett nous donne beaucoup de précisions sur les villages, sur les us et coutumes… Un point fort !

Les personnages sont également variés et très sympathiques: Mémé Ciredutemps, par sa folie douce, est fantastique! Esk est une héroïne très attachante, et l’auteur nous offre quelques beaux dialogues qui font sourire. En parlant de sourire, on peut dire que Terry Pratchett aime beaucoup l’humour ! Il est rare de lire un paragraphe qui ne contiennent pas de petites blagues ou un trait d’humour bien placé. Personnellement, je suis friande de ce genre de blagues, mais si vous préférez les histoires assez sérieuses, vous risquez d’être déstabilisés!

En bref, je vous conseille vivement ce roman, qui a su me convaincre du talent de Terry Pratchett ! (...) il est certain que ce n’est pas le dernier livre de Terry Pratchett que je vais lire ! Si vous aimez l’humour, l’aventure, foncez ! On se retrouve bientôt pour de nouveaux avis, que ce soit le mien ou celui de mes camarades livresques !

AnGee

+
Pratchett - Un chapeau de ciel - La pile à lire
Posté 10 juin 2013 -

J'aime toujours autant lire du Pratchett. Que se soit une histoire se passant sur le Disque-monde ou non, que se soit pour adulte ou pour enfant. Cela me détend toujours et là, j'en avais bien besoin. Ce tome ne déroge pas à la règle, j'ai ris, j'ai aimé.

Tiphaine, dans le tome précédent (les Ch'tits hommes libres), a vaincu la reine des fées et s'est découverte sorcière. Elle a été prise sous l'aile de Miss Tique, sorcière intinérante. Mais le temps de partir des Causses pour étudier la sorcellerie est arrivé. La voilà partie pour aller chez mademoiselle Niveau, une sorcière un peu étrange. En chemin, un rucheur essaye de s'emparer d'elle. Il n'en faut pas plus pour que les Nac Mac Feegle, dont elle fut pour un temps la Kelda, viennent à son secours.

Je crois que ce que j'aime le plus dans les romans du Disque-monde mettant Tiphaine Patraque en scène, ce sont surtout les Nac Mac Feegle, leur façons de vivre, leur parler (pour moi qui ne supporte pas lire du parler "paysan" ou déformer en livre, c'est étonnant)... J'aime ces petits créatures bleues qui n'en font qu'à leur tête. J'aime aussi Tiphaine, demoiselle de onze, un peu trop mature peut-être et pourtant terriblement peu sure d'elle.

Dans ce tome, elle doit affronter à la fois le rucheur, qui veut son corps et son esprit mais aussi les jeunes sorcières qu'elle va rencontrer et qui ont une vision bien différente d'elle. Comme toujours, elle est donc en mauvaise posture, et ce n'est que grâce aux Feegle, poussés par leur nouvelle Kelda et à Mémé Ciredutemps, qu'elle finira par s'en sortir et par devenir une vraie sorcière.

Du coup, Pratchett invoque pas mal de thème qui parleront même aux plus jeunes, l'exclusion, la différence mais aussi les peurs enfantines et le transfert de compétence (entre Mémé et Tiphaine). C'est une des choses que j'aime beaucoup chez Pratchett, cette manière d'aborder des thèmes pas toujours simple avec cet humour qui est le sien, même si en parlant d'humour, il est moins prononcé que dans les romans pour "adultes".

En conclusion, c'est encore un roman que j'ai lu avec un grand plaisir, très grand même et qui m'a remonté le moral quand j'en avais besoin. Merci Sir Pratchett !

Oriane

+
Pratchett/Baxter - La Longue Terre - Niouxy
Posté 24 juin 2013 -

Deux de mes auteurs préférés se réunissent pour écrire une trilogie. Terry Pratchett, connu pour la série Discworld et son humour inégalable, s’associe au génie de la hard science-fiction, Stephen Baxter, pour nous pondre un premier tome plutôt sympathique : La Longue Terre.

Les plans d’un drôle de dispositif, affublé d’une patate, viennent d’être dévoilés sur l’internet 2.0. Petits et grands s’empressent de fabriquer leur propre machine à voyager vers des mondes parallèles. Imaginez un univers où les mondes se superposent comme un mille-feuille, il suffit d’un pas pour franchir la mince frontière qui les sépare. Les conséquences d’un tel voyage sont fâcheuses : vomissement, étourdissement, fatigue. Mais un homme ne ressent pas ses désagréments et n’a même pas besoin de machine (appelé Passeur) pour se balader de monde en monde : Josué Valienté. Il va s’associer avec une IA nommée Lobsang, anciennement réparateur de motocyclettes tibétain, à la découverte de ces étranges mondes au commande d’un dirigeable. A eux deux, ils vont tenter de répondre aux mystères qui entourent ces mondes : combien y en a t-il ? Y a t-il même une fin ? Sont-ils habités ? Comment les passeurs fonctionnent-ils ? 

L’écriture y est fluide et l’aventure s’enchaîne rapidement sans pourtant nous donner autant de réponses que l’on voudrait. Les quelques touches d’humour et pointes de loufoqueries (que l’on peut attribuer à Pratchett, je le présume) se mélangent parfaitement au style plus sérieux et technologique de Baxter. Le tout restant léger et à la portée de tous.

On attend donc avec impatience le second opus de cette trilogie. Pour les plus coléreux d’entre nous, la suite sera disponible dès le 18 juin dans la langue de Shakespeare sous le doux nom de The Long War. A paraître donc dans notre magnifique pays, courant 2014… 

Niouxy

+
Pratchett - Coup de tabac - Mauvais Genre Rade de Brest
Posté 19 juin 2013 -

Samuel Vimaire a besoin de vacances, tout le monde le dit. Ce n'est pas une vie, de diriger le guet d'Ankh-Morpork depuis tant d'années sans faire de pause. Sybil, Vétérini, le capitaine Carotte et jusqu'au petit Sam se sont donc ligués pour expédier l'irascible commissaire divisionnaire à la campagne, dans une propriété familiale des Ramkin. Joie de la villégiature, Sam Vimaire n'a pas posé le pied dans le domaine que lui sautent dessus, dans le désordre et non exhaustivement : des gobelins, des thés dansants, un cadavre, la disparition du forgeron, et plein de visites passionnantes sur la thématique de la collection de son fils, à savoir la coprologie animalière. Des vacances sans enquête ne seraient pas tout à fait des vacances !

Profitons d'un des derniers tomes dont nous pourrons nous régaler : ce plaisir ne se renouvellera plus si souvent à présent. Samuel Vimaire fait partie de ces personnages récurrents des Annales du Disque-Monde qui ont extrêmement évolué au fil du temps. Du premier tome où il apparaît comme poivrot quasiment irrécupérable à cet opus, que de chemin parcouru ! Il est devenu la référence absolue de la lutte contre le crime jusqu'à Quirm. Père et époux comblé, assoiffé de justice, défenseur de la veuve et de l'orphelin, pourfendeur de dragon et j'en passe. On peut blaguer l'auteur sur la tendance mystique qu'il peaufine sur sa fin de carrière, mais il est très exactement là où ses lecteurs l'attendent. Moins loufoque, plus habité, chantre d'une certaine philosophie de la fraternité, flirtant avec le surnaturel, tel est le Terry Pratchett auquel s'habituent ses lecteurs à la lecture de ses derniers crus. On rit un petit peu moins, mais on se régale tout autant. Et il est sain par les temps qui courent que nos auteurs favoris nous aident à garder récréativement l'oeil sur les valeurs essentielles : on est toujours le gobelin de quelqu'un. Camarades, tous unis et toutes ces sortes de choses. Enfin bon, encore un volume dont il faut se porter acquéreur.

Marion Godefroid-Richert

+
Pratchett - Nation - Mauvais genres
Posté 24 juin 2013 -

Prenez L'île au trésor de Stevenson, faites de Jim une jeune fille de bonne famille nommée Ermintrude (sic).
Ajoutez le Robinson Crusoë de Defoe, ou Vendredi ou la vie sauvage de Tournier (réécriture du précédent en version jeunesse) en faisant une fois encore du héros une héroïne.
Mêlez au tout quelques mythes maoris, des pirates cannibales, un perroquet mal élevé ainsi qu'un cataclysme destructeur en guise d'introduction.
Traitez pour finir tous ces éléments avec la verve de Terry Pratchett et vous obtenez Nation.
On pourrait croire à lire ce qui précède que ce dernier opus de Pratchett n'est qu'une resucée d'écrits existants, sans autre intérêt que le style de l'auteur (suffisant à mon sens mais peut-être pas pour tous les lecteurs), il n'en est rien, je n'ai fait là que camper grossièrement le contexte.

Comme à son habitude, l'auteur offre plusieurs niveaux de lecture et traite d'une foule de sujets à travers son livre. Sont ainsi abordés la méthodologie scientifique et la transmission du savoir, la relativité de la bienséance, l'accession à la maturité, la diversité culturelle, les fondements de la sociologie et encore bien d'autres sujets dignes de réflexion.
Comme toujours aussi, c'est un ouvrage bourré d'humour, on s'identifie sans peine aux protagonistes et le récit progresse sans accroc, toutes caractéristiques qui le rendent très difficile à lâcher en cours de lecture.

Bref, c'est du Pratchett et du bon. Lisez-le, vous ne le regretterez pas.

Benoit Furet

+
Pratchett - Monnayé - Mauvais genres
Posté 24 juin 2013 -
Dans le tome précédent, on avait quitté un nouveau pion de Havelock Veterini à la tête du service postal d'Ankh-Morpork, soit Moite Von Lipwick, l'ensorceleur filou au charme irrésistible qui fait rire tous et toutes dès qu'il ouvre la bouche, surtout quand c'est pour raconter des salades. Et bien maintenant que la poste centrale marche quasiment comme sur des roulettes, Moite commence à s'ennuyer, surtout quand Adora Belle Chercoeur la passionaria des golems part au loin faire des fouilles dans la plus grande discrétion. Et rien n'est plus dangereux qu'un Moite qui s'ennuie. Veterini est un tyran serviable, et qui a un certain nombre de plans pour sa ville, et ces plans comprennent des sous-chapitres dans lesquels figure en bonne place le rôle d'un homme habile, sans scrupule et doué d'empathie surtout quand il s'agit d'extraire des porte-monnaies les sous qui y dorment dans la quiétude. Tiens ! Mais est-ce que par hasard à ses heures perdues Moite ne se prendrait pas au jeu de redresser la barre de la banque centrale ? Parce qu'il faut bien le dire, depuis qu'elle est aux mains de la famille Prodigue, elle n'est pas dans sa période la plus prospère. De quoi déchaîner quelques passions, dedans, dehors et aux alentours. Il semble qu'une fois de plus Moite Von Lipwick va danser sur un fil tendu, très tendu...

Le roi des nains et son observance scrupuleuse de la législation, les golems humiens, les lectures pour jeunes filles de bonne famille, un navet schizophrène, un vibromasseur reconverti en jouet pour chien, un sous-directeur banquaire qui cache un secret dans une armoire dans sa chambre chez madame Cake l'hôtesse des morts-vivants de la ville, une bague en stygium la matière la plus dangeureuse qui existe, la tête de veau, etc. On pourrait continuer longtemps cet inventaire pas vraiment à la Prévert mais plutôt carrément à la Pratchett et on n'approcherait encore pas vraiment ce festival détonnant que le maître nous a encore réservé pour expliquer à sa manière comment s'édifie un système monétaire qui ne devrait jamais perdre de vue ce sur quoi il est fondé : l'argent n'est que le symbole du geste humain productif, rien de plus. Pas besoin d'or quand on a le travailleur. Après, il est savoureux de regarder les protagonistes de l'histoire inventer le billet de banque, et de constater qu'il existe un hôpital psychiatrique avec une aile réservée uniquement à tous ceux qui se prennent pour Havelock Veterini. Quel talent d'avoir réussi à inventer un autocrate admirable. On serait presque tenté d'y voir une personnalisation de l'écrivain démiurge qui déconstruit et reconstruit au fur et à mesure la cité la plus foutraque de la fantasy moderne. Encore du régal que ce trente-deuxième tome des annales du disque-monde.

Marion Godefroid-Richert

+
Pratchett - L'hiverrier - Mauvais genres
Posté 24 juin 2013 -
Voilà la troisième des aventures de la merveilleuse Tiphaine Patraque. Elle qui consciencieusement met tout en oeuvre pour devenir une porteuse de chapeau pointu accomplie, fait ses classes là où on l'envoie sans barguigner, finit par faire une bourde d'une ampleur colossale. Ayant accompagné la vieille mademoiselle Trahison à une célébration secrète pour lui prêter ses yeux, Tiphaine a dansé. Malheur ! L'hiverrier est tombé amoureux de la petite bergère apprentie sorcière et la poursuit de ses assiduités fraîches, très très fraîches. Les Nac Mac Feegle et mémé Ciredutemps ont beau être à ses côtés, il semblerait que cette fois Tiphaine doive puiser en elle pour se sortir de ce pétrin. Ah, et puis aussi espérer un preux chevalier en blanche armure...

Les romans du disque-monde sont des bonbons absolus dont on aimerait ne jamais voir la fin. Tiphaine Patraque, ses fromages dont un apprivoisé, ses serviteurs bleus minuscules amateurs de bagarre au langage fleuri, son chapeau pointu et sa correspondance un peu guindée avec le jeune héritier du trône de Lancre. Mémé Ciredutemps et son chaton, nounou Ogg et ses belles-filles, les Nac Mac Feegle et leur art des "aessplications", miyards ! Le ravissement qui prend l'humble amateur(teuse) d'histoires bien troussées lui interdit à jamais de s'endormir le soir sans avoir loué le nom de Terry Pratchett au moins trois fois lors de la journée écoulée. La lecture du présent roman donne envie de se promener aux alentours d'un pub anglais un premier mai afin de surprendre une ronde de danseurs Morris et de vider une pinte à la santé de l'été et de la venue des siestes engourdies dans la chaleur des après-midi sans nuage. Ou bien, c'est selon, de reprendre Les ch'tits hommes libres et Un chapeau de ciel et revoir Tiphaine passer de la fromagerie à la sorcellerie après un petit crochet dans un tumulus rempli d'hommes à la peau bleue de trente centimètres de haut.

Marion Godefroid-Richert

+
Pratchett - Timbré - Mauvais genres
Posté 24 juin 2013 -
Pour ceux qui ignorent encore qui est TP, c'est dommage. Inutile de présenter l'auteur. Inpensable d'expliquer ce qu'est son oeuvre phare. Reportez-vous aux précédentes chroniques ! Vous avez raté la saga la plus géniale de ces trente dernières années, malheureux. Pour les autres, attaquez directement.

Les annales du disque-monde s'enrichissent pour ce trentième opus d'un personnage plus que nécessaire en ces temps de disette du service public : un directeur de la poste centrale d'Ankh-Morpork. Il faut dire que le seigneur Vétérini n'y va comme d'habitude pas par quatre chemins quand il a ce qu'il appelle une divergence de point de vue avec certains de ses administrés. Il y va plus raisonnablement par huit, voire dix chemins (sans compter les détours). Ca tombe mal pour Moite von Lipwig, il est là juste au moment où il faut (ou pas, c'est selon) pour aider l'oligarque de la cité la plus connue du disque-monde à contrer à sa manière les manoeuvres de quelques-uns pour s'approprier les tours clic-clac et par là régner sur le monde des communications publiques et privées. Les sémaphores sont devenus en moins de temps qu'il ne faut pour le dire indispensables à la vie de la capitale et même du continent. Toute personne qui s'en rendrait maître serait du coup seule détentrice des flux d'information circulants et détiendrait un pouvoir plus important que celui du dictateur... Heureusement Havelock est prévoyant et Moite est talentueux, surtout pour tricher et agir malhonnêtement (mais attention, uniquement envers les autres filous, on a sa dignité). Malgré ses dons incroyables en ce qui concerne duperie et subterfuge, il lui faudra le concours de forts et puissants alliés pour triompher de ses adversaires, et qui plus est incorruptibles : en un mot comme en cent les golems.

Pour ce cru-ci, Terry Pratchett s'est attaqué au mythe désormais fondateur du nouveau millénaire : l'information illimitée. On dirait bien que dans sa grande sagesse, l'auteur grand-breton tient à rappeler qu'il est bon et souhaitable de profiter des avancées technologiques de son temps, sans pour autant renoncer à ce qui a précédé les dites avancées. Toutes les histoires racontées dans les annales du disque-monde ont ceci en commun qu'elles peuvent toujours se lire à plusieurs niveaux d'interprétation différents. Au premier degré c'est toujours réjouissant : personnages originaux, situations loufoques, anachronismes bien dosés, fantastique et comique bien équilibrés. Au deuxième degré on obtient une observation fine des petits et grands travers de nos vieilles sociétés post-industrielles privilégiées et souvent déconnectées du réel. Dans Timbré on reconnaît sans peine une critique assumée d'internet et un avertissement subtil sur la dépendance inconsidérée que nous pouvons avoir envers cet incroyable outil. On peut aussi se contenter d'un plaisir de lecture intact puisqu'il se renouvelle à chaque nouvelle livraison. Ami Terry Pratchett, encore une fois chapeau bas.

Marion Godefroid-Richert

+
Pratchett - Jeu de nains - Mauvais genres
Posté 24 juin 2013 -
Il y a peu résonnait sur la planète pratchettophile l'un des pires coups de tonnerre envisageables : notre maître vénéré est malade. Les annales du disque-monde seront bientôt coupées de leur source-mère. Il devient donc précieux, le plus petit des opuscules publié par L'Atalante... Il ne faut donc que se pencher avec un peu plus d'avidité, de gourmandise et de respect sur le dernier tome paru des Annales du Disque-monde : Jeu de nains.

Soit une transposition comme d'habitude très réussie du conflit séculaire troll-nain à Ankh-Morpork. Le commissaire divisionnaire Samuel Vimaire doit jongler avec de plus en plus de balles au fil des histoires qui le mettent en scène. On voit dans la présente le caporal Chicard être mis progressivement au rancard par l'âge, la hiérarchie et l'amour d'une somptueuse strip-teaseuse (ce qui ne laissera pas d'étonner le lecteur assidu de TP), le guet accueillir sa première vampire-ruban noir (pour la plus grande "joie" d'Angua) , le majordome de dame Sybil être un as de la manipulation du pic à glace... et le petit Sam convertir malgré lui son père aux joies de la littérature morporkienne ! Tout cela bien sûr chevauche la nouvelle enquête brûlante qui agite les orfèvres : le grag Broilacuisse se serait fait rectifier le casque à coup de massue. Massue de troll qui plus est. Si Sam Vimaire veut éviter que la vallée de Koom, bataille mythique entre nains et trolls, ne se rejoue dans les rues de la capitale la plus foutraque du disque-monde, il va devoir jouer serré entre les manoeuvres des différentes factions extrémistes des deux bords. Pas le couteau le plus affûté du tiroir, le commissaire ? C'est ce qu'on va voir. Et pour commencer à se dérouiller les méninges, rien de tel qu'une petite partie de jeu de Thud...

Heureux ou damné que vous êtes, si vous n'avez jamais plongé votre nez à l'intérieur de la saga la plus dévianto-comique de la fantasy du vingtième siècle. Heureux car il vous reste 32 livres ébouriffants à découvrir ( plus les petits à côtés ), damné car vous avez jusqu'ici résisté aux appels répétés du pied de votre chroniqueuse pour vous laisser tenter. Ne cherchez pas, allez-y. C'est d'une oeuvre nobellisable dont on parle (euh ... ). Bref, que dire qui n'a pas été dit cent fois ? C'est drôle. Les trouvailles de Terry Pratchett sont délicieuses (le croirez-vous ? Sam Vimaire a un blackberry, oups !). Et ses personnages gagnent en profondeur à chaque remise de couvert. Et s'il n'y avait que ça, mais le bougre britannique sait donner une double interprétation à tous ses romans. Celui-ci par exemple, il ne faut pas trop faire d'efforts d'imagination pour le transposer sous des cieux plus terrestres et bien actuels, pas trop loin de notre Europe repue dans une certaine bande de G... entre p...niens et i...liens. La résolution du conflit du roman est d'une sagesse et d'une simplicité rares, parfaitement inenvisageable dans l'état actuel des choses à l'échelle humaine et moyen-orientale. Dommage. On se contentera de rêver en attendant le prochain roman de Terry Pratchett pour une salutaire dose d'optimisme.

Marion Godefroid-Richert

+
Pratchett - La huitième couleur - Mauvais genres
Posté 24 juin 2013 -
Serait-il encore possible de n'avoir encore jamais entendu parler de l'oeuvre la plus justement célèbre de Terry Pratchett, écrivain de science-fiction anglais, génialement doué pour la "déconnade" et au talent de conteur incontestable ? "Les annales du Disque-Monde"... Un cycle débridé, complètement foldingue, original et cohérent, une série importante (plus de vingt-cinq titres parus outre-Manche) qui ne ressemble à rien d'autre de connu, passionnante, truculente, vraiment très réjouissante, tout à la fois éminemment distrayante et dans le même temps profonde et émouvante, une série qui tient tout à la fois de la farce et de l'allégorie, grâce à laquelle on ne peut que se régaler - pour peu bien sûr qu'on apprécie le burlesque -, dont on savoure l'inventivité, la démesure, mais encore la justesse, l'efficacité et la causticité de la critique sociale, la précision des descriptions, ainsi que l'originalité du style très personnel de l'auteur et la vivacité de son écriture. A ne surtout pas rater, donc ! Quand on commence l'un ou l'autre des tomes qui composent "Les annales du Disque-Monde", difficile de lever le nez avant le dénouement ! Cela s'ingurgite en quelques heures. On va de surprise en surprise, on s'évade, on se prend de sympathie pour les personnages à la fois pittoresques et attachants... et impossible de réfréner le rire qui vous prend ! Et puis l'envie vous prend de relire ce roman encore et encore, ne serait-ce que pour l'infime plaisir - mais ô combien jubilatoire ! - de débusquer, au fil des pages, une de ces innombrables "private jokes" glissés ici et là et qui forcément vous ont échappé à la première, deuxième voire troisième lecture.

Monument littéraire picaresque, foisonnant et abouti, le cycle des "Annales du Disque-Monde" qui remporte un succès mérité fait bel et bien partie de ces sagas de légende qu'il n'est plus nécessaire de présenter... Quoique !... Ne serait ce que parce que revient au britannique Terry Pratchett le mérite immense d'avoir créé avec cette série de romans enthousiasmants un genre à part entière : la fantasy burlesque et parce que cela fait bien plaisir d'évoquer ces romans qu'on aime et dont on ne se lasse pas !

Le principe même du Disque-Monde laisse rêveur : un monde plat - avec en son centre un énorme pic rocheux -, reposant sur le dos de quatre éléphants géants - citons pour mémoire Bérilia, Tubul, Tiphon l'Immense et Erakine - eux-mêmes juchés sur la carapace d'une gigantesque tortue, la grande A'Tuin. Un soleil miniature tourne, comme de bien entendu, autour de ce monde fantastique bordé par une cascade dont les eaux se déversent dans le vide sidéral, forçant d'ailleurs, au passage de son orbite assez inhabituelle, un des éléphants à lever une patte arrière de manière à le laisser passer... Les absurdités drolatiques peuplent les pages du génial auteur, tous les petits détails sont prétextes à des clins d'oeil hilarants. Les personnages auxquels Terry Pratchett donnent vie héritent d'ailleurs souvent de dons calamiteux qui les plongent, pour notre plus grande joie, dans des aventures pour le moins rocambolesques.

Prenons la plus connue et récurrente victime de l'imagination débridée de l'auteur : Rincevent, le mage le plus pitoyable de tout le disque-monde. Son incapacité totale à exercer le moindre sort ne serait pas si désespérante - pour lui - s'il n'était pas également doté d'un talent de compétition inégalable pour se mettre dans des situations inextricablement dangereuses pour sa vie et celle de son entourage : il fait preuve d'un don certain pour toujours sauter à pieds joints dans un foutu pétrin. Dans "La huitième couleur", Rincevent se retrouve par exemple en charge du seul exemplaire présent de touriste à Ankh-Morpork - la capitale du disque-monde -, l'inénarrable Deuxfleurs et son bagage magique. Cela va le conduire entres autres mésaventures à déclencher le plus grand incendie de l'histoire de la ville par l'intermédiaire de l'hache-sueur-rance (!), à rencontrer le plus grand héros de tous les temps, Cohen le barbare, et à aller visiter les contre-fins de l'océan du bord, histoire de découvrir enfin la réponse à la grande question métaphysique : "Quel est le sexe de la grande A'Tuin ?"

Bref, du bonheur en lecture. Bienvenue dans le monde de Terry Pratchett, unique auteur au monde pour qui la Mort, squelette ambulant certes, n'en est pas moins de sexe masculin !

Marion Godefroid-Richert

+
Pratchett - La huitième fille - Mauvais genres
Posté 24 juin 2013 -
Horreur et putréfaction ! Un caprice du destin a fait que, avant de trépasser, le mage Tambour Billette a légué son bourdon, non pas au huitième fils du huitième fils, comme il est de coutume, mais à sa huitième fille... Eskarina. Il va y en avoir des hommes à convaincre dans cette histoire ! Et ce ne sera pas chose aisée... Eh oui d'abord, les femmes peuvent être mages, même si elles feraient mieux de devenir sorcières ! Mémé Ciredutemps ne sera pas de trop pour aider la demoiselle à accomplir son destin. Pour commencer, elle fera son possible pour ramener Esk dans le giron de la seule magie "qui vaille le coup", mais le bourdon est un adversaire de taille. Apprendre à concilier ? Pourquoi pas ! Simon, le jeune futur mage bègue et prodige, deviendra lui aussi un atout dans la conquête de l'université de l'invisible. Car c'est là la quête dans laquelle Eskarina s'est lancée. Les murs de l'école des mages d'Ankh-Morpork la sublime n'ont pas fini de trembler !...

Toujours foutraque mais toujours aussi cohérent, le monde de Terry Pratchett accouche encore d'une créature hors du commun. Sorte de compromis improbable entre la chanteuse de variété Rika Zaraï et l'héroïne de bande dessinée Carmen Crü, voilà mémé Ciredutemps, maîtresse incontestée des herbes et potions à Trou d'Ucques, unique détentrice de toutes les ficelles de la têtologie qui n'est autre que l'art et la science de comprendre comment fonctionnent ceux qui l'entourent de manière à ne pas avoir à utiliser de pouvoirs qui pourraient être difficiles à contrôler. L'invasion de son espace vital par le bourdon maudit que Tambour Billette a légué à sa fille donne lieu, comme d'habitude, à d'hilarants faces à faces, tant il est vrai que Terry Pratchett aime à plonger les protagonistes de ses romans dans des situations invraisemblables, plus loufoques et délirantes les unes que les autres. La jeune Eskarina, quant à elle, découvrira la vie et le monde, tout au long de la route qui la mène à Ankh-Morpork. Une nouvelle occasion pour nous, lecteurs gourmands et réjouis, de poursuivre notre découverte des merveilles aussi improbables qu'inattendues que recèle le disque-monde. Citons pour mémoire les Zoïdes et leurs écoles de mensonges, les nains réparateurs de balais volants ou bien encore l'archimage Biseauté, nouveau directeur calamiteux de l'université de l'invisible...

Petit à petit, livre après livre, le lecteur s'amuse comme un petit fou en découvrant l'univers du disque-monde et se délecte d'un tel feu d'artifice de délires et d'imagination, et cela d'autant plus qu'humour et dérision sont toujours au rendez-vous. Traduire "Les annales du Disque-Monde" sans trahir peu ou prou son auteur relève de la haute voltige. Mention spéciale à Patrick Couton, le traducteur génial - le mot n'est pas trop fort ! - de cette série culte en français, pour la qualité, l'intelligence et la cohérence de l'adaptation des jeux de mots, clins d'œil et autres subtilités "so british" dont Terry Pratchett aime à truffer ses intrigues. La tâche, sans conteste est colossale, Patrick Couton parfaitement à la hauteur, s'en sort avec les honneurs. Un vrai bonheur de lecture qui réjouira adolescents et adultes !

Marion Godefroid-Richert

+
Pratchett - Le huitième sortilège - Mauvais genres
Posté 24 juin 2013 -
Suite directe du premier tome, "Le huitième sortilège" continue de nous relater les tribulations du touriste Deuxfleurs et de l'apprenti mage Rincevent sur le disque-monde - un monde plat reposant sur le dos de quatre énormes éléphants, eux-mêmes portés par la grande A'Tuin, faut-il le répéter.

Cette fois, tous les mages d'Ankh-Morpork sont lancés à la poursuite de leur calamiteux confrère qui abrite bien malgré lui dans un recoin de son crâne un des huit sortilèges majeurs. Il faut dire que ce sortilège s'est réfugié là un jour de pari malheureux où l'étudiant en magie s'était approché un peu trop près du plus prestigieux et du plus puissant des livres de l'université de l'invisible. Il se trouve en effet qu'une monstrueuse étoile rouge approche à grande vitesse, menaçant le disque-monde. Au sein de l'université, certains pensent qu'il est temps d'ouvrir l'In-Octavo et de le lire pour sauver la planète, tandis que certains autres, convaincus du contraire, viendront au secours de Rincevent. Citons pour mémoire la Mort, le bagage qui se déplace suivant son bon vouloir, sans oublier le plus grand guerrier de tous les temps : Cohen le barbare...

Comment dire en deux mots tout ce que représente Terry Pratchett pour la science-fantasy ? Il est cet Objet Littéraire Non Identifié de légende que personne ne peut égaler dans la loufoquerie, un auteur unique en son genre et à ce jour encore inégalé, maître incontesté de ce courant de la fantasy que les Anglo-saxons nomment light fantasy...

Tout au long de cette saga fleuve que constituent "Les annales du Disque-Monde", les incroyables aventures de Rincevent, de la Mort, de mémé Ciredutemps, pour ne parler que des personnages - ils sont légion ! - les plus récurrents de Terry Pratchett, enchantent et ravissent les pré-adolescents que nous sommes tous restés. "La huitième couleur" et "Le huitième sortilège" plantent merveilleusement le décor de la genèse de celui qui va devenir le parangon de l'antihéros de la fantasy moderne. A la fin de ce deuxième tome, Rincevent va hériter de ce qui deviendra sa Némésis, son plus grand fardeau : le bagage. Qui d'autre que Terry Pratchett aurait pu inventer cet incroyable objet magique capable de se défendre tout seul, en fait une malle en bois pourvue de centaines de pieds et d'un appétit insatiable qui accompagnera, pendant toutes "Les annales", le magicien le moins doué de toute l'histoire, celui dont la cohabitation forcée de plus de vingt ans avec un sortilège majeur qu'il ne lancera jamais l'empêchera pour toujours d'en mémoriser d'autres. Et que dire alors de Cohen le barbare, quatre-vingts ans et plus du tout de dents, le plus grand des guerriers, une légende vivante, sorte d'hybride improbable de l'humoriste Sim et du grand Gengis Khan, qui inventera avec l'aide d'un diamantaire l'arme ultime de la diction du troisième âge : le dents-sciées ?...

Tout aussi jubilatoire que La huitième couleur, impossible de résister au Huitième sortilège que l'on savoure comme une gourmandise de la première à la dernière page. Chapeau bas devant Terry Pratchett, le Rabelais de la fantasy !

Marion Godefroid-Richert

+
Pratchett/Baxter - La Longue Terre - Un papillon dans la lune
Posté 25 juin 2013 -
Le pitch :
Dans les vestiges calcinés du domicile d’un scientifique discret, l’agent Monica Jansson découvre un curieux gadget : un boîtier abritant du fil de cuivre, un commutateur et… une pomme de terre. Ce « Passeur » est la porte d’entrée universelle que tout un chacun peut fabriquer pour accéder à une infinité de Terres parallèles sans présence humaine : il suffit d’un pas, un seul pas, vers l’est ou vers l’ouest.
La découverte de cette « Longue Terre » sans limites va bouleverser à jamais l’humanité. Si une ère nouvelle s’ouvre aux pionniers, les gouvernements sont moins enthousiastes à la perspective de tous ces mondes incontrôlables. Et que de questions sans réponse !
Auxquelles certains vont s’atteler. La plus improbable des missions d’exploration se prépare. À bord d’un dirigeable prennent place Josué Valienté, un jeune homme doué du talent de passer d’un monde à l’autre sans assistance mécanique, et Lobsang, une intelligence artificielle extravagante qui fut un réparateur de motocyclettes tibétain dans une vie antérieure. Un voyage aux confins de la Longue Terre les attend… 

Mon avis :

J'ai repéré La Longue Terre dès son arrivée dans les futures parutions de L'Atalante, pour plusieurs raisons. Un, c'est un roman de Terry Pratchett. Deux, il l'a écrit avec son compatriote Stephen Baxter, que je souhaitais découvrir. Trois, c'est une histoire de terres parallèles qui m'avait l'air bien alléchante. Quatre, le titre se trouve être très intriguant. Bon j'arrête. Ah oui la couv' est chouette aussi. 

La Longue Terre est le nom que l'on donne aux multiples terres parallèles auxquelles la plupart des gens peuvent accéder depuis le jour du Passage. Il leur suffit pour cela d'avoir fabriqué un dispositif appelé Passeur dont on trouve le schéma sur internet, fort simple d'ailleurs. Mais certains, étonnemment, n'ont aucun besoin de l'engin pour passer... C'est le cas de Josué, né en passant ! C'est la raison pour laquelle Lobsang, IA considérée comme la réincarnation d'un réparateur de mobylette tibétain, le choisit comme compagnon pour entreprendre son exploration de La Longue Terre, en dirigeable s'il vous plait. (On a la classe ou on l'a pas.)

Il y a tant de choses à dire sur ce roman ! (...) Arrivée à la moitié, je n'avais pas envie de m'arrêter tout en n'ayant pas l'impression d'avoir réellement commencé ma lecture. Et voici que c'est un coup de cœur, finalement. Je dois dire que La Longue Terre est un roman qui se mérite, mais tellement foisonnant et riche !

"Il enfila un tee-shirt avec le slogan imprimé : Pas de panique ! Sur une autre Terre, c'est déjà arrivé."

Ce voyage entre les terres situées à l'Ouest de Primeterre est une grande réflexion sur le multivers, la vie et le reste. Sans déc' ! Il est à la fois déconcertant, avec ces Terres qu'on croit d'abord toutes vides, et remuant, avec toutes ces réflexions qu'il suscite. On y abordera, dans le désordre, le colonialisme (dont un chapitre sur les aborigènes d'Australie parfaitement édifiant), la politique (qui se fait bien démonter), les extrémismes, la métaphysique, la conquête de l'Ouest, l'évolution, la famille (l'une d'elles abandonne son fils sur Primeterre, un phobique du Passage, pour partir vers l'Ouest), l'écologie, les américains, les sciences, l'anthropologie... Je vous dis, ça foisonne, ça déborde, c'est franchement géant.

"- Ma conclusion préliminaire provisoire, à propos, est que Dieu n'existe pas. Sans vouloir vous vexer.
- Il n'y a pas de mal.
- Par conséquent, je dois découvrir ce qui existe à la place."

Tout au long de la lecture nous accompagne un petit côté pince-sans-rire plutôt sympathique. Ne vous attendez pas à retrouver l'humour de Pratchett dans toute sa splendeur, par contre on y devine sa causticité légendaire.
Les références directes ou indirectes sont nombreuses, à des auteurs comme Douglas Adams, Jules Verne ou Tolkien, à des séries comme Star Trek, à des films comme Indiana Jones, à des artistes comme Salvador Dali dont j'ai cru reconnaitre quelques créatures au gré des voyages entre les Terres, aux légendes comme les Trolls, les Elfes... Ceci n'est qu'un échantillon, et je suis sûre que les trois quarts m'ont échappé. Le tout début, première page, m'a fait penser au Dormeur du Val de Rimbaud qui se réveillerait, ne sachant s'il est vivant ou mort. Je vous cite un autre passage :

"Rappelez vous, Josué, que vous n'avez pas remonté le temps, ni fait un bond dans le futur. Vous vous êtes aventuré très loin le long des branches de l'arbre des probabilités, sur une planète où des événements aléatoires ont régulièrement fait place nette de la majorité des êtres vivants au profit de l'innovation évolutionniste. Dans chaque réalité traversée, toutefois, le résultat varie dans des proportions plus ou moins considérables..."


Pour résumer, il y a tant de choses à dire sur La Longue Terre que je préfère maintenant me taire et vous laisser le découvrir par vous-même. C'est un roman excellent, différent de ce que l'on lit habituellement et qui se mérite. Partez en voyage dans La Longue Terre et vous m'en direz des nouvelles (si vous ne vous faites pas déchiqueter par un Elfe) !

Note : 5/5

Lune

 

+
Pratchett - Trois sœurcière - Les Bouquinautes
Posté 09 juillet 2013 -
   Oyez oyez, bonnes gens!

    Un vent de folie souffle sur la Fantasy, Shakespeare n’a qu’à bien se tenir! Les personnages les plus improbables ont tous un rôle à jouer dans la Comédie du Disque-Monde… Ainsi, la Mort elle-même donnera le ton afin d’aider un pauvre mortel à jouer correctement son propre rôle.

 Tout commence par une nuit d’orage où trois sorcières vont sceller le destin d’un bébé. Dès les premières lignes, l’auteur placera son décor de cette manière: «Le vent hurlait. La foudre lardait le pays comme un assassin maladroit. (…) La nuit était aussi noire que l’intimité d’un chat. Une de ces nuits, peut-être, où les dieux manipulent les hommes comme des pions sur l’échiquier du destin. Au cœur des éléments déchaînés, (…) luisait un feu, telle la folie dans l’œil d’une fouine. Il éclairait trois silhouettes voûtées. Tandis que bouillonnait le chaudron, une voix effrayante criailla: – Quand nous revoyons-nous, toutes les trois? Une pause suivit. Enfin une autre voix, beaucoup plus naturelle, répondit: – Ben, moi, j’peux mardi prochain.[1]» S’ensuit alors une aventure extraordinaire mêlant intrigues, sortilèges en tous genres et prince héritier passionné de théâtre.

 Terry Pratchett s’amuse, et ça se sent tout au long des pages, en bouleversant les codes de la Fantasy afin de nous en offrir une peinture cynique et burlesque. Grâce aux comparaisons subtiles, aux métaphores, aux personnifications d’éléments naturels et aux nombreuses références littéraires et mythologiques, on rit du début à la fin. L’intrigue (originale et bien menée) et l’humour sont les atouts majeurs de ce roman agréable et intelligent. Jugez plutôt de l’habileté de la plume de Terry grâce à ces quelques passages:

 1. Lorsque la Mort réfléchit à ce que représente le Théâtre[2]: «Il y avait en ces lieux, songea-t-il (l’auteur considère que la Mort est un homme), quelque chose qui s’apparentait au divin. Dans un monde les humains en avaient bâti un autre qui le réfléchissait un peu comme une goutte d’eau réfléchit le paysage. Et pourtant… Et pourtant… Dans ce petit monde ils avaient mis tout ce à quoi on aurait cru qu’ils voulaient échapper: haine, peur, tyrannie et ainsi de suite. La Mort était intrigué. Les humains se croyaient désireux de sortir d’eux-mêmes, et tous les arts qu’ils imaginaient les y faisaient entrer davantage. Il était fasciné

 2. Ce à quoi aspire réellement la Tempête: «La tempête se donnait vraiment à fond. C’était l’occasion ou jamais. (…) Voilà qu’une relâche dans la météo lui offrait la chance de tenir la vedette, et elle en rajoutait dans son rôle avec l’espoir qu’un gros climat la remarque[3]

 3. Le véritable pouvoir des mots et ses terribles conséquences: «Tout ce qu’on aura pu faire, tout ce qu’on aura pu être cessera d’exister. (…) C’est l’Art qui tend un miroir à la Vie. Voilà pourquoi tout est à l’envers[4]

Ainsi, l’auteur nous prouve qu’il est possible de transmettre certains messages de manière cynique, par le biais de personnages caricaturés. Il mêle habilement comédie et tragédie et sait comment jouer avec les mots pour nous toucher et nous faire rire. Les sujets les plus graves sont tournés en dérision, ils en deviennent moins angoissants. Son écriture est fluide, précise et enrichie de nombreux jeux de mots. De plus, la couverture illustrée par Josh Kirby est terrible!

 Petit bémol (ou pas c’est selon), il est nécessaire de connaître toutes les références auxquelles Terry Pratchett fait allusion (je pense notamment aux diverses pièces de Shakespeare et aux créatures mythologiques). Mis à part ce petit détail, ce tome est un moment de pur bonheur! J’aime beaucoup le personnage du fou qui dissimule son intelligence sous une expression niaise. Pour terminer voici un passage qui m’a fait beaucoup rire[5]:

 «On frappe à l’huis, dit-il.

- A lui qui? fit le fou.

- A l’huis dehors, crétin.

 Le fou lui jeta un coup d’œil inquiet. – Au dehors de lui tu veux dire? Je n’y comprends rien fit-il d’un air soupçonneux. Ça ne serait pas un genre de zen, ça, des fois?»

     Je n’ai pas encore lu tout la série des Annales du Disque-monde mais ce seul tome m’a convaincue du talent de Terry Pratchett. Son univers loufoque, régi par des lois cocasses, en fera sourire plus d’un. Là se trouve la force de cet écrivain de génie!

      Une fois le livre refermé, une question pourtant demeure… Pourquoi diable le menhir se tient-il toujours prêt à déguerpir au moindre comptable en vue[6]? Mystère…

~Melissande~


[1] Cf. PRATCHETT TERRY, Trois soeurcières. Les Annales du Disque-Monde, éd. L’Atalante, 1995, page 1.

[2] Cf. PRATCHETT TERRY, Trois soeurcières. Les Annales du Disque-Monde, éd. L’Atalante, 1995, pages 312 et 313.

[3] Cf. PRATCHETT TERRY, Trois soeurcières. Les Annales du Disque-Monde, éd. L’Atalante, 1995, pages 10 et 11.

[4] Cf. PRATCHETT TERRY, Trois soeurcières. Les Annales du Disque-Monde, éd. L’Atalante, 1995, page 297.

[5] Cf. PRATCHETT TERRY, Trois soeurcières. Les Annales du Disque-Monde, éd. L’Atalante, 1995, pages 33 et 34.

[6] Cf. PRATCHETT TERRY, Trois soeurcières. Les Annales du Disque-Monde, éd. L’Atalante, 1995, page 335.

 

Les Bouquinautes

+
Pratchett/ Baxter - La longue terre - forum Elbakin
Posté 18 juillet 2013 -

Quand mon auteur de Fantasy favori rencontre mon auteur de SF préféré, le cocktail ne peut être que détonant ! Imaginez donc : il serait possible de voyager, avec l'aide d'un simple appareil basé sur une pomme de terre (un Passeur), à travers une infinité de Terre parallèles à la notre. Quand la nouvelle se répand grâce à Internet, c'est une nouvelle ruée vers l'or qui commence.

Et c'est là que notre héros, Josué, intervient. Grâce à sa capacité à voyager sans l'aide d'un Passeur, il est recruté pour accompagner Lobsang, un réparateur de motocyclettes tibétain réincarné dans un circuit électronique (ce qui lui procure l'omniscience et le savoir universel), afin de cartographié la Longue Terre, cet enchaînement de Terres.

L'association des deux auteurs fait vraiment merveille : on retrouve toute la verve de Sir Terry, qui, accompagnée de la maestria de Baxter pour créer des univers de SF crédibles, donne un mélange détonnant. Mais plus que l'histoire en elle-même, ce sont les questions qu'elle pose qui forme le ciment de l'ouvrage : comment l'humanité gère-t-elle son environnement ? Comment cela se passerait-il si l'humanité se retrouvait fondamentalement divisée entre passeurs-nés, et phobiques, qui ne peuvent voyager entre les Terres ? Sommes-nous vraiment seuls sur Terre ? D'où venons-nous ?

Bref, des questions existentielles, que le lecteur est amené à se poser durant sa lecture. Mais contrairement à un aride traité de philosophie, ce questionnement coule de source à la lecture de l'ouvrage, et c'est là le grand point fort du roman à mes yeux.

Mention spéciale à Lobsang, qui est vraiment un personnage unique en son genre (on sent la patte de Pratchett derrière lui).

A lire de toute urgence !

Gilthanas - forum Elbakin

 

+
Pratchett, Baxter - La longue Terre - Journal semi-littéraire
Posté 20 août 2013 -

Je crois que j'ai perdu l'habitude de bloguer... pourquoi, comment, les explications se bousculent, mais je vais les laisser mûrir un peu avant de décider quoi que ce soit... comme d'ouvrir un autre blog ailleurs, par exemple. Juste histoire d'avoir l'impression de faire peau neuve.

Ceci dit, si je ne blogue plus, je lis. D'ailleurs, je reviens en douceur avec ma dernière lecture pour le pur plaisir : La longue Terre, issu des plumes associées de Pratchett et Baxter.

Imaginez qu'un inventeur génial trouve un moyen d'une simplicité extrême pour voyager entre les mondes, par exemple à partir de quelques transistors, quelques vis et une patate. Impossible bien sûr de prendre au sérieux un tel bricolage, ce sont donc les enfants qui testeront les premiers... et feront moins les malins une fois arrivés dans la forêt du monde d'à côté. Heureusement, un certain Josué Valiente, enfant du foyer, ne se laisse pas impressionner par si peu : il fait partie de ces quelques individus qui peuvent passer naturellement et l'ignoraient, faute d'avoir jamais essayé.

A l'est comme à l'ouest de notre monde, la Terre est la même, à ceci près que l'humanité ne s'y est jamais développée et que de subtiles différences se font sentir. Chaque fois, quelque part, quelque chose a changé au fil des siècles. Quoi qu'il en soit, les hommes profitent de l'aubaine de ces terres inexploitées et inhabitées, et une nouvelle conquête de l'ouest (et de l'est bien sûr) débute, tandis que transTerre, filiale de Black Corporation lance plusieurs années plus tard une formidable exploration des mondes. Celle-ci est dirigée par Lobsang, tibétain réincarné en I.A. (qui semble réussir le test de Turing), à bord d'un dirigeable et... le meilleur assistant humain semble être Josué maintenant adulte.

Voilà un roman qui fait du bien ! Une pointe d'humour toujours présente, l'exploration des mondes à laquelle on se laisse prendre tandis qu'un mystère apparait, une rencontre finale colossale... les tomes suivants (deux seraient prévus) vont se faire attendre. Mes neurones d'analyse sont au point mort ce soir, et je me contenterai de rappeler une évidence : si j'aime la SF, c'est aussi parce qu'elle fait voyager, et en voilà du dépaysement...

Journal semi-littéraire

+
Pratchett/Baxter - La longue Terre - phénixweb
Posté 22 août 2013 -

L’agent Monica Jansson, enquêtant sur la disparition d’un scientifique, découvre un étrange boitier qui va révolutionner le monde. Même s’il est composé de fil de cuivre, d’un commutateur et d’une pomme de terre, cet objet représente la plus importante découverte du genre humain depuis l’invention du feu. En effet, cet outil, vite dénommé un Passeur, permet de se déplacer vers des Terres parallèles, qui semblent exister en nombre infini.

C’est bien évidemment une révolution pour les sociétés, les gouvernements, et tous les habitants du monde. L’intégralité des rapports sociaux doit être repensée, et l’humanité pressent une nouvelle liberté, une nouvelle abondance. Pourtant, comme lors de toute invention humaine, des problèmes surgissent et Josué Valienté, un passeur surdoué, va devoir partir à la découverte des Terres parallèles pour aider l’humanité.

Malgré la présence de Terry Pratchett et de la pomme de terre, ce roman n’est pas humoristique. Les problèmes liés à la découverte des Terres parallèles sont multiples et se développent jusqu’à leur paroxysme. La vision des deux auteurs est plutôt pessimiste sur l’Homme, incapable de saisir la chance qui s’offre à lui. L’exploration des différentes Terres est plaisant, même si quelques passages apparaissent un peu convenus.

Les deux auteurs mêlent allègrement le voyage dans les mondes parallèles, l’existence d’une I.A. exceptionnelle, la présence d’extraterrestres. Le tout demeure cohérent, même si de nombreuses interrogations restent en suspend à la fin du livre. Même si ce roman ne contient rien de révolutionnaire, c’est à une belle ballade que S. Baxter et T. Pratchett nous convient.

+
Pratchett/Baxter - La longue Terre - Quarante-deux
Posté 09 septembre 2013 -

Je viens d'apprendre une nouvelle passionnante au sujet des imprimantes à trois dimensions. Il s'agit pour les chercheurs de la NASA de mettre au point, en vue d'un futur voyage vers Mars, une imprimante à pizza qui permettrait aux spatio-astro-cosmonautes de se nourrir d'une manière diversifiée au cours de leur très long voyage.

J'imagine la difficulté de synthétiser déjà les trois composants essentiels, la pâte, le coulis de tomate, la mozzarella dans les trois cartouches au format PTM de l'imprimante, sans compter, afin de varier les menus, les apps supplémentaires, sicilienne, napolitaine, romaine, reine, etc.

Dans un certain sens, et loin d'établir une comparaison malveillante, La Longue Terre, roman de Terry Pratchett et Stephen Baxter qui vient de paraître aux éditions l'Atalante, évoque un projet similaire. Comment réunir en effet deux écrivains aussi opposés dans leur style et dans leurs idées pour produire un artefact littéraire assimilable par un lecteur lambda (qui doit accueillir par une température de 2,2 kelvins une superfluidité mentale et une conductivité intellectuelle très élevée) ?

Détective critique et féru de mystère, je me suis lancé sans tarder dans la lecture de cet ovni éditorial.

L'idée de départ est plaisante. Willis Linsay a créé un appareil improbable dont la technologie est facile à assimiler par le commun des mortels. Il suffit de placer une pomme de terre en son centre pour “passer” dans une suite interminable de terres parallèles Est-Ouest. Toutes vierges d'Humanité, aux climats fort disparates, peuplées de faunes et de flores d'une infinie variété. Pas de problème pour y voyager, à part un coup au plexus qui provoque de fortes nausées.

Sauf pour le très jeune Josué Valienté, passeur naturel qui, en sauvant de jeunes imprudents égarés dans la longue terre, va acquérir une vraie notoriété. Je ne dirais pas internationale, car le roman est d'un américanocentriste parfois déplaisant. Ce qui n'a rien d'étonnant de la part de deux écrivains anglais.

Des années plus tard, un distributeur de boisson nommée Lobsang qui se prétend un ancien mécanicien tibétain, sans doute par allusion à Lobsang Rampa auteur de volumes insipides à propos du corps astral qui connurent un immense succès, va proposer à José d'explorer la longue terre pour vérifier si elle se termine quelque part.

Lobsang est-il une IA ou un humain ? Nous n'en saurons rien.

Mais il possède tant d'apparences diverses et de sauvegardes que Pratchett et Baxter peuvent sans problème lui consacrer le nombre de volumes qu'il leur plaira.

Je n'entrerai pas dans le détail de ce roman paresseux semé de quelques perles, de soubresauts d'humour, d'aperçus originaux sur l'installation des pionniers, sur la façon dont leur départ vers ces terres nouvelles va déstabiliser l'équilibre des sociétés. Son principal intérêt réside dans la confrontation entre ses deux auteurs qui, visiblement, s'entendent à merveille. Le premier s'ingéniant à faire passer l'idée que les elfes et les trolls proviennent sans doute de la longue terre et nous envahissent peu à peu.

Le second disserte sur les principes de l'évolution à travers les terres parallèles. L'un et l'autre s'unissent autour d'une idée forte : si elle n'a pas l'occasion d'entreprendre la conquête de nouveaux territoires pour assurer son avenir, l'Humanité ira à vau-l'eau.

En somme, de vrais auteurs de SF qui, même s'ils ne disposent que d'une imprimante à 2D, concourent à nous embarquer en se divertissant vers d'autres dimensions.

Philippe Curval - Quarante-deux
+
Pratchett/Baxter - La Longue Terre - Macrocosme
Posté 01 octobre 2013 -

Lorsque deux auteurs talentueux aux mondes totalement différents s'associent, on peut s'attendre à tout. C'est exactement ce qui arrive avec ce roman qui s'organise autour d'univers parallèles auxquels on peut accéder grâce à un dispositif un peu loufoque à base de pommes de terre. En utilisant cet appareil, il est possible de coloniser des mondes vierges où l'on peut construire sa propre utopie. Interrogation sur l'âme humaine, sur sa capacité à se réinventer - ou pas - La Longue Terre est un roman intelligeant et d'une rare justesse, qui aborde aussi les thèmes de l'intelligence artificielle, de l'évolution et de l'économie.

Denis Labbé - Macrocosme (automne 2013)

+
Pratchett/Baxter - La Longue Terre - Les Vagabonds du Rêve
Posté 04 octobre 2013 -
On ne dira jamais assez les vertus de la pomme de terre si deux auteurs pareils peuvent s'attacher à son utilisation. 
Auteurs très différents ? Oui, par ce qu'ils traitent habituellement et par la manière. Non par la rigueur toute scientifique qu'ils apportent à l'écriture. Parce que l'imagination de Pratchett, si décalée qu'elle puisse paraître, n'empêche pas la cohérence avec laquelle il a bâti le Disque-Monde. Avec cette différence majeure qu'il en efface soigneusement toutes les traces au fur et à mesure de son passage. Impossible lorsque l'on rédige à quatre mains. 
On en trouvera donc de gros morceaux dans la Longue Terre après avoir admis le postulat de départ, le Passeur, conçu par Willis Linsay. Un petit appareil fort simple composé d'un boîtier et quelques fils de cuivre fonctionnant grâce à l'énergie d'une pomme de terre, que l'agent Monica Jansson a découvert dans les ruines calcinées qui furent la maison de l'inventeur. 
Invention très simple à première vue – un placebo même, qui sait, puisque certains, comme José Valiente ou Sally Linsay, n'en ont même pas besoin – mais qui permet de se transporter dans une terre parallèle. 
Non, pas une terre parallèle, une infinité de terres parallèles. Toujours au même endroit mais qui est ailleurs. Il suffit d'un pas de côté. Ainsi, en partant de Madison, dans le Wisconsin, on se retrouve de saut en sauts immobiles... eh bien, à Madison. Sauf que, dans cette terre-là, il n'y a jamais eu de Madison mais des forêts ou... ou... Mieux, encore, il n'y a personne ! 
Normal que le gouvernement et la police aient l’œil. Que dire d'un voleur qui disparaît brutalement et qui se retrouve ailleurs quelques pas plus loin ? À condition, bien sûr, que ce soit sans objet de fer car le fer ne passe pas (pas de chance pour les boucles de ceinture si elles tiennent votre pantalon). Non qu'il n'en existe pas mais il faut extraire le minerai et le fondre sur place. 
Pour les impôts et taxes, pas de problèmes : il suffit que le gouvernement d'un pays s'étende à tout son territoire, parallèles compris. Ainsi tout le monde sera-t-il heureux puisqu'on pourra choisir son lieu de vie et ceux avec qui on la partagera dans une de ces terres. Du moins tant que ceux qui ne peuvent réussir à passer n'en prennent pas ombrage. 
Néanmoins, il s'agit d'un tel enjeu que les scientifiques ne peuvent l'ignorer. Si la jeune Sally a pu partir en catimini à la recherche de son père, José Valienté, pisté par l'agent Jansson, il va être recruté, lui, bon gré mal gré, par l'institut transTerre pour un voyage de reconnaissance en dirigeable à travers toutes ces terres. 
Il y sera accompagné et piloté à tous les sens du terme par une IA très particulière, Lobsang, réincarnation affirmée d'un mécanicien tibétain en motocyclettes présentement sous forme de distributeur de boissons. 
Leur long voyage, peu mouvementé si ce n'est par les discussions, est censé être à usage documentaire. Il s'avère plutôt un jeu d'interrogations sur le monde comme il va, ou pourrait aller. 

Il y a du Micromégas dans ces observations qui touchent à tous les domaines. Pratchett a toujours l'art d'aborder les sujets les plus sérieux sous des dehors farfelus. Peut-être est-ce particulièrement visible dans ce roman-ci sous l'influence de Baxter. La réflexion n'y perd pas, ni l'abondance de références.

 

 Hélène M.  - Les Vagabonds du Rêve (26 septembre 2013)

+
Pratchett/Baxter - La longue Terre - Le capharnaüm éclairé
Posté 16 octobre 2013 -

Aujourd'hui, je vous propose une immersion hors du commun issue de la rencontre de deux grands noms de la littérature de genre : Terry Pratchett et Stephen Baxter. Personnellement, je suis un inconditionnel du premier et de son univers fantasy ubuesque et drôlatique au possible (voir ici). J'ai d'ailleurs déjà eu l'occasion d'en parler au Capharnaüm Éclairé. Ici, Pratchett s'attaque à la science fiction en compagnie d'un spécialiste de la hard science-fiction basée sur des découvertes technologiques et scientifiques attestées. Cette collaboration et le mélange qui en découle sont détonants et la lecture de cet ouvrage m'a procuré un plaisir à la fois rare et durable.

Tout commence quand un scientifique trouve le moyen de "passer" d'une Terre à une autre. Ce que les humains ne savaient pas jusque là c'est qu'à côté du monde tel que nous le connaissons, il existe une multitude de terres parallèles qui ne demandent qu'à être explorées. Ces mondes sont très proches de celui que nous connaissons même si l'évolution s'est effectuée légèrement différemment. Très vite, à côté des humains qui utilisent un mystérieux boitier pour traverser les mondes, on se rend compte que certains le font naturellement sans appareillage. C'est l'un d'entre eux, Josué, que nous suivons durant la majeure partie de l'ouvrage, accompagné d'une IA (Intelligence Artificielle) dénommée Lobsang, dans la découverte de ces nouvelles terres. Ils vont tout de même en traverser plus de deux millions ! Le but de cette exploration lui est étranger car Lobsang lui cache les véritables objectifs de ce voyage quasi initiatique. Que recherche vraiment la black-corporation, initiatrice de ce périple hors du commun? Qu'y-a-t il au bout de cette boucle qui paraît sans fin? Quel est ce mystérieux péril qui semble menacer tous ces mondes? La réponse ne viendra qu'à la toute fin de l'ouvrage.

Les auteurs intercalent des chapitres qui nous présentent d'autres personnages qui s'avèreront peu à peu très importants pour la quête principale et épaissiront un background déjà particulièrement fourni. On fait ainsi connaissance avec Monica Jannson, un agent des forces de l'ordre qui se trouve être à l'origine de la découverte du fameux passeur qui permet d'aller et venir entre les mondes. On suit aussi la famille Green dont les différents membres ont un rôle à jouer dans la trame principale et ils témoignent que des choix et problèmes familiaux peuvent avoir de grandes conséquences dans l'histoire de l'humanité. On croise aussi de nouvelles communautés installées depuis peu sur les territoires de la longue terre et qui essaient de fonder de nouveaux mondes avec leurs propres règles. Cela, bien évidemment, a des répercussions sur la primeterre (notre Terre d'origine) et ne plait pas aux fous de Dieu et aux États qui voient leurs pouvoirs régaliens mis à mal (notion de territoire qui devient floue, le souci de l'aide aux nouveaux pionniers, les risques terroristes...). Autant de sujets sérieux qui sont remarquablement traités dans cet ouvrage vraiment pas comme les autres.

Bien que dense, ce volume se lit très aisément. Pas besoin d'être un spécialiste de SF pour lire et apprécier cette Longue Terre. D'ailleurs, on ne peut que souligner le talent de Steven Baxter pour vulgariser sans raccourcis les concepts les plus complexes (remarquable passage sur la différence entre la physique et la physique quantique). La langue est facile d'accès, sans boursoufflures stylistiques. Le rythme est soutenu et l'on s'ennuie jamais tant les auteurs maîtrisent avec maestria leur histoire et tous ses déroulés annexes. On retrouve aussi l'ironie et l'humour de Pratchett même si ici, il se fait plus discret que dans les Annales du disque-monde, et que la comédie est plus un moyen qu'un but en soi. Nous ne sommes donc pas devant une oeuvre parodique mais bel et bien devant un grand et bon livre de SF qui traite de sujets classiques dans ce genre particulier mais avec un esprit neuf et sans limite de ton lénifiant ou moralisant: le développement humain et sa logique (technologie, écologie, modèle de développement...), les mystères de l'âme humaine (l'amour, la jalousie, l'envie et tant d'autres sentiments bien humains), la solitude et sa nécessaire rupture pour la survie, la conscience de soi et des autres...

Au final, cette lecture fut un ravissement de tous les instants. Ce voyage est unique en son genre et tous les amateurs de la SF y trouveront leur compte entre univers riche et foisonnant, space-opéra intimiste et réflexions plus générales sur l'avenir de l'espèce humaine. Le tout est servi sur un ton à la fois épique et humoristique ce qui rend cette expérience inoubliable. Un must donc qu'il serait dommage de rater !

 

Nelf - Capharnaüm Éclairé

 

+
Pratchett - Le Monde merveilleux du caca - Elbakin
Posté 28 octobre 2013 -

Que dire de ce petit ouvrage si ce n’est que, à l’image du monde très particulier qu’il met en scène, il est bel et bien merveilleux ! On retrouve toute la verve de Terry Pratchett, qui profite de cette occasion pour causer, l’air de rien, des règles élémentaires d’hygiène.
Dans les pas du petit Geoffroy qui rêve d’ouvrir un musée du caca - au moins, il devrait pouvoir éviter la concurrence sur ce terrain… glissant ! - le lecteur s’amuse de dialogues souvent surréalistes et de rencontres qui le sont tout autant. Comme d’habitude, l’auteur n’hésite pas à entrer dans le détail avec de savoureuses notes de bas de page. Si vous avez toujours voulu tout savoir du système digestif d’une gargouille… Voilà un ouvrage indéniablement fait pour vous !
Mais au-delà de ça et malgré les apparences, c’est une jolie histoire que nous conte ici l’auteur, et sans avoir recours à un humour trop potache, puisque l’on remarquera bien vite que Pratchett choisit le plus souvent le premier degré, ce qui contribue à rendre d’ailleurs certaines situations d’autant plus cocasses. Qui plus est, c’est une lecture accessible y compris pour celles et ceux qui ne sont pas des habitués des Annales du Disque-Monde. Bien sûr, c’est toujours un plus de bien connaître les arcanes de l’univers farfelu de Terry Pratchett, mais n’importe qui devrait pouvoir trouver de l’intérêt à cette histoire à mettre au crédit de la célèbre Félicité Bidel.
Très court, le roman ne s’en révèle pas moins plutôt… consistant, si l’on peut dire. Au fur et à mesure que Geoffroy enchaîne les visites ici et là, le lecteur découvre quelques subtiles leçons dispensées l’air de bien ou bien de purs moments de drôlerie à même de vous faire éclater de rire.
Et difficile de passer sous silence la qualité de l’ouvrage en lui-même, et notamment les magnifiques illustrations de Peter Dennis, qui font partie intégrante du charme du roman. On appréciera aussi les efforts de l’Atalante pour conserver une couverture cartonnée du plus bel effet, qui là encore renforce le côté désuet d’un ouvrage qui n’en est que plus goguenard en réalité. Sachant que celui-ci a été originellement publié en 2012, on peut dire que, heureusement, l’auteur a su garder bon pied bon œil et se trouve toujours aussi vaillant face à la maladie !
Finalement, un seul regret nous habite une fois parcourue cette centaine de pages : que les autres ouvrages de Mlle Félicité Bidel tels que Daphné et les cureurs de nez ou La joie du cérumen s’avèrent seulement fictifs…
Quel dommage ! Mais il est d’autant plus facile de se consoler avec celui-ci ! Note : 8/10.

 

Gilossen - Elbakin.net

+
Roublard se taille une part d'antenne !
Posté 07 novembre 2013 -

Roublard , de Terry Pratchett , s'est fait une place sur les ondes en étant chroniqué par Radio Zinzine, la radio libre ! À vous les écouteur, c'est par ici 

roublard2.jpg

 

+
Pratchett - Roublard - Psychovision
Posté 12 novembre 2013 -

On semble bien loin des Annales du Disque-monde dans ce nouveau roman de Terry Pratchett, qui, pour cette fois, a décidé de faire revivre le petit peuple londonien du début du 19éme siècle. Et pourtant dés les premières lignes de ce roman qui se veut historique, les fidèles d'Ankh-Morpork ne seront pas dépaysés.

Roublard, 17 ans, orphelin et ravageur de son état est plutôt satisfait de son sort : la chance, ou le Dieu de Moise, a mis sur son chemin un vieux logeur qui lui prodigue force conseils avisés; son métier, et l'agilité de ses doigts, lui permettent de manger quasiment tous les jours et, surtout, il est seul maitre de sa destinée... Jusqu'à cette nuit d'orage où il va sauver d'une mort certaine une mystérieuse jeune dame étrangère.

Pratchett nous propose des personnages attachants, hauts en couleur et pas toujours simples à cerner, à commencer par notre héros lui-même, Roublard qui, bien que peu instruit n'en possède pas moins une intelligence vraiment retorse. Les  autres personnages, que ce soit Dickens, Salomon, Simplicity, Miss Coutts, ou même  le chien Onan, n'ont rien à lui envier sur le plan de la complexité et nous font passer un très agréable moment de lecture.

Comme souvent chez Pratchett, le fantastique ne fait qu'une apparition timide, mais suffisante, ce qui rend le classement du roman dans un genre en particulier un peu compliqué.

Bref cette alliance du Londres victorien et de l'univers propre à l'auteur est une véritable réussite et on y apprend même des anecdotes passionnantes sur la vie des londoniens du 19éme siècle !

Note : 9/10

Falline - Psychovision

+
Pratchett - Le monde merveilleux du caca - Mort sure
Posté 13 décembre 2013 -
Dans Le Monde merveilleux du caca , comme sa mère est sur le point d'accoucher et que son père est en voyage d'affaires, Geoffroy rend visite à sa grand-mère à Ankh-Morpork. Dès le départ, l'enfant est sous le charme de cette ville pourtant infecte et nauséabonde. Lors de l'une de ses ballades dans le jardin de sa grand-mère, Geoffroy reçoit de la fiente d'oiseau. Fasciné surtout lorsqu'on lui dit que cela porte chance, le jeune garçon va entreprendre la création d'un musée dédié aux excréments de tous les animaux.

Terry Pratchett est un auteur que j'adore. Excepté dans La longue terre où je m'étais un peu ennuyée, j'ai enfin pu le retrouver en forme dans ce conte pour enfants aussi fou que les romans du disque-monde et pour cause puisque cela se situe dans le même univers. Déjà le roman en lui-même est juste magnifique ! Impossible de passer à côté sans le remarquer tant il ressemble à ses romans anciens et reliés en cuir que l'on prenait plaisir à prendre dans nos mains et qui hélas se font rares. C'est un bel objet dont on prend plaisir à tourner les pages puisqu'en plus le roman est rempli d'illustrations en rapport avec l'histoire pour vraiment transformer ce dernier en conte pour enfants.

Si le titre prête à sourire, forcément, le contenu est similaire. C'est drôle, à prendre sans cesse au second degré (même les annotations de l'auteur sont bourrées d'humour !). Geoffroy nous fait rire de ses états d'âme face aux différents excréments qu'il trouve et à l'admiration qu'il porte à cet objet odorant qui le fascine réellement. Pourtant, on ne tombe pas dans le malsain ou le dégueu, ça reste très sobre et drôle pour tout âge, l'auteur se refusant à vouloir choquer. J'ai adoré le caractère de Geoffroy, ses découvertes, ses discussions avec d'autres personnes. Ce garçon est intelligent, il s'émerveille de choses naturelles qui écoeurent aujourd'hui bien plus que ce n'était le cas dans le passé.

J'ai adoré me promener dans la ville d'Ankh Morpork pour y découvrir les endroits les plus secrets, le parc où Geoffroy découvre que des gens ramassent les excréments pour le compte de sire Henri Roi qui en a fait son fonds de commerce. Il est d'ailleurs devenu riche grâce à cela et j'ai trouvé l'allusion de l'auteur énorme : comme quoi en vendant de la merde on peut devenir riche et influent ! Quelle belle critique de notre société de consommation !

130 pages c'est bien trop court pour vraiment apprécier ce que l'auteur a voulu nous transmettre. Non seulement on retrouve Ankh Morpork comme dans les annales du disque-monde, mais en plus les personnages sont aussi fous que dans cette grande saga. Je suis ravie que l'auteur s'essaye à la jeunesse, parce que le résultat est plus que réussi ! On en redemande !

Louve - Mort sure
+
Pratchett - Roublard - journal militteraire
Posté 09 décembre 2013 -

Dans le Londres où officie Dickens (oui, le même, celui-là, ou peu s'en faut), vit un certain Roublard. Rien de plus, pas de nom à rallonge ni même d'identité véritable, juste Roublard, gamin de la rue qui a la chance d'un peu mieux manger que les autres parce qu'il vit chez le vieux Salomon qui s'est pris d'affection pour lui depuis que Roublard l'a sauvé.

D'ailleurs, en cette soirée brumeuse où débute le roman, Roublard joue encore les héros sans y réfléchir. Une jeune femme rouée de coups sous ses yeux, même si les bas-fonds de Londres ne sont pas tendres tous les jours, ce n'est pas un spectacle qui le laisse indifférent. Il intervient, sauve la victime, et rencontre par la même occasion Henri Mayhew et son ami Charlie qui recueillent l'inconnue. Car le mystère pane : l'identité de la femme est bien mystérieuse, autant peut-être que celle de ses agresseurs. Mais Dickens porte un regard suffisamment acéré sur le monde qui l'entoure pour savoir que Roublard est justement la personne idéale pour mener l'enquête en toute discrétion...

Ce n'est pas le Disque Monde, mais on s'y croirait presque. La galerie de personnages est digne de Pratchett, les collègues gosses des rue de Roublard dignes des habitants des coulisses d'Ankh Morpork, et le ton... le même. Comme avec Drood, de D. Simmons, un hommage à Dickens et à une littérature victorienne qui n'a pas fini de séduire, autant pour sa haute société que ses égouts. Quoi, il paraitrait que ce n'est pas SFF ? M'en fiche. C'est de l'histirio-uchrono-joyeuseté.

 

Blog Journalsemilitteraire

+
Pratchett - Roublard - La tête en l'ère
Posté 13 décembre 2013 -
Terry Pratchett s’est donné pour règle, dans Les annales du Disque-Monde, de rencontrer de nombreux personnages pastichés d’œuvres de Fantasy célèbres : Conan, Elric, etc. L’œuvre est extrêmement référencée et bien malin celui qui se dit capable d’en dénicher la complète teneur. Roublard est un hommage à Charles Dickens qui est d’ailleurs l’un des héros du roman. L’action se déroule au début de l’ère victorienne et conte les aventures de Roulard. Roublard est un jeune homme qui exerce la profession de ravageur. À ce titre il explore de manière scrupuleuse les égouts de Londres qui dataient à l’époque de l’ère romaine. Nous rencontrerons d’ailleurs l’ingénieur qui sera à la base de la conception des égouts modernes de la ville. Cette exploration permet à Roublard de trouver pièces et menues joailleries qui se sont retrouvés dans le nauséabond réseau. Roublard s’est créé un réseau de connaissances dans les bas-fonds de Londres et quoique très peu cultivé, il ne manque pas de bon sens de vivacité d’esprit et de courage. Il vit a vec un «vieux» juif, horloger de son état et au passé nébuleux mais dense, Salomon est de fait le mentor de Roublard. Nous aurons de plus le plaisir de rencontrer de grands noms de l’époque : Robert Peel qui transforma la police londonienne, Henry Mayhew dont les écrits firent prendre conscience de l’état de misère des londoniens de basse souche. Et bien d’autres. Roublard va entrer «dans le monde» du fait de son indéfectible sens de la justice humaine, il va défendre pieds et poings une jeune femme maltraitée, jetée d’un fiacre par trois brutes qu’il va mettre à mal s’attirant l’inimitié d’un personnage puissant non dépourvu de moyens. Les qualités de Roublard et sa rencontre avec Charles Dickens va lui permettre de faire face à une adversité dont il ne saisit pas toujours les fins mais contre laquelle il va développer ses qualités de survie et même contre-attaquer. Je ne vais pas faire mon petit lézard modeste, la farce est belle et magnifiquement écrite avec toute l’érudition déjà prouvée par ailleurs du maître du Disque-monde. Les références historiques sont nombreuses et la misère du Londres victorien prouvée avec talent d’autant plus que le héros la trouve «naturelle» étant indigène des ces quartiers où enfants, femmes et vieux ne sont que des rebuts tachant de survivre comme ils peuvent prêts aux plus abjectes compromissions. La plume de Pratchett reste cependant légère et il y a du Peter Pan dans ce Roublard bien attachant dont on aurait bien aimé connaître le futur...
 
TYRANNOSAURUS IMPERIUM - LA TÊTE EN L'ÈRE
+
Pratchett - Roublard - Phénix web
Posté 20 décembre 2013 -

Roublard, ce n’est pas du Disque-Monde, mais c’est du Terry Pratchett. Soit une aventure parfaitement menée, une intrigue réjouissante, un humour décapant et une verve rafraîchissante. L’auteur ne se prive pas d’égratigner la société anglaise du dix-neuvième siècle, mettant en scène des figures célèbres, comme Charles Dickens ou Benjamin Disraeli. Les personnages sont attachants et, pour être complet, il y a même une histoire d’amour. Un excellent moment de lecture.

Vers 1850, Roublard est un jeune « ravageur » qui survit en fouillant les égouts londoniens. Il vit en compagnie du vieux Salomon, un homme doux et cultivé, dans une mansarde d’un quartier pauvre. La vie médiocre de Roublard va basculer une nuit, alors qu’il sauve une jeune femme agressée par deux brutes. Roublard se retrouve alors entraîné dans de multiples aventures, qui pourraient faire de lui un héros... ou un cadavre.

Chris de Savoie - Phénix web

+
Pratchett - Roublard - Murmures
Posté 08 janvier 2014 -

Attention, attention ! Il ne s’agit pas d’un roman de SF & fantasy dont cet auteur vous régale depuis un certain temps déjà (voir le catalogue de l’éditeur). Même si ! Mais nous y reviendrons... C’est un roman tout court...

Bien sûr on y trouve des personnes ayant existé (Disraéli, Charles Dickens, Henry Mayhew, Robert Peel ou Tenniel) et l’époque de la reine Victoria, mais le personnage principal donne son nom au titre. Roublard est un jeune “ravageur” - jeunes qui vivent de ce que les égouts de Londres leur offrent - qui partage le “taudis” de Salomon et de son chien. Un soir d’orage il sauve d’une mort certaine une jeune femme qui en perd son enfant, en mettant en fuite deux voyous. Ils sont recueillis par Dickens et son ami Mayhew. Et Charles qui est d’abord journaliste va voir en Roublard un jeune plein d’avenir et le charger d’enquêter à propos de la jeune fille. Elle est mariée à un étranger qui veut absolument la récupérer et qui y mettra les moyens. Mais Roublard comme on l’imagine porte bien son nom et tout en faisant l’apprentissage d’une société qu’il n’imaginait pas - c’est un des points forts du roman - aidera Dickens et la jeune fille. Étrangement, au fil de la lecture, on ne peut s’empêcher de faire des rapprochements entre le monde de Dickens - celui décrit ici - et le monde actuel. Terry Pratchett a beau préciser que ce monde était plus noir que le nôtre et on veut bien le croire, je pense qu’on peut nuancer et qu’en fait toute proportion gardée on peut les glisser dans le même sac...

On appréciera que le décalage entre le monde de Roublard et celui de Disraéli par exemple permette à l’auteur de garder son humour... On remerciera le traducteur d’en conserver l’essentiel. Un livre à offrir à un ado qui aime lire...

Noé Gaillard - Murmures

+
Pratchett - Nouvelles du Disque-monde - murmures
Posté 29 janvier 2014 -

Amateurs de Pratchett, collectionneurs, complétistes, réjouissez-vous, l’Atalante édite dans ce petit livre (125 pages) l’ensemble des nouvelles du maître appartenant au corpus du Disque-Monde. Un exercice rare de la part de l’auteur, qui préfère s’exprimer sur la longueur et sue sang et eau pour rester dans le cadre bien délimité de la nouvelle.

Nous avons donc droit à six nouvelles, certaines très courtes (quelques pages) et d’autres bien plus longues (« La mer et les petits poissons » et ses 66 pages), qui mettent en scène nos personnages favoris : la Mort, le Guet, les mages de l’Université de l’Invisible, les sorcières de Lancre et Cohen le Barbare. Deux sortent particulièrement du lot.

D’abord la précitée « La mer et les petits poissons », dans laquelle notre chère Esmé Ciredutemps, jalouse des attentions que les gens donnent à sa collègue et amie Nounou Ogg, décide d’être… aimable ! Le petit monde des sorcières en est tout bouleversé et personne ne sait comment gérer cet accès d’humanité. Cette nouvelle sera d’ailleurs introduite d’une certaine manière dans le livre « Un chapeau de ciel », la correspondance fera sourire les connaisseurs.

La seconde est une nouvelle inhabituellement triste et nostalgique, dans laquelle Cohen le Barbare se heurte à un monde qu’il ne reconnaît plus : il n’y a plus d’horizons nouveaux, les forêts lugubres sont rasées, les fermes poussent partout. Il perd ses repères, alors que ses exploits sont de plus en plus lointains. Une conclusion mélancolique à ce recueil (c’est la dernière nouvelle), que tout amateur de Pratchett se doit de posséder.


Yamine Guettari

 

 
+
Pratchett/Baxter - La longue Terre - RSF blog
Posté 08 février 2014 -

Voila un roman pour lequel j'ai un ressenti ambivalent et pour lequel j'ai un mal fou à écrire un billet. Ma lecture remonte à assez loin (juillet 2013) mais son souvenir reste très frais, ce qui constitue un bon signe malgré les réserves que j'émets sur ce roman. Les attentes suscitées par la réunion de deux grands noms de la SF et de la Fantasy étaient peut-être trop grandes ? J'attendais un roman vertigineux et drôle, piquant et intelligent, un roman qui allait apporter sa pierre à l'édifice Science-Fiction. Pas obligatoirement un roman révolutionnaire mais un texte qui bouscule. Au lieu de ça, j'ai eu un roman divertissant, amusant, intéressant mais qui balise un peu trop les sentiers largement explorés. Le roman n'a pas à rougir de ce qu'il est pourtant. J'ai pris beaucoup de plaisir à le lire : bien écrit, bien traduit mais il manque quelque chose dans la forme (son intrigue linéaire ne l'aide pas) et sur le fond pour le faire passer de chouette à excellent.

Tout part d'une pomme de terre. Je suppose que beaucoup d'écoliers ont fait l'expérience scientifique de la pomme de terre transformée en pile. Pratchett et Baxter vont plus loin : leur dispositif à base de pomme de terre devient un passeur entre les mondes, entre des terres parallèle.Un pas vers l'ouest ou l'est et hop ! nous voici sur une nouvelle terre : la Longue Terre. Certains humains se découvrent la faculté de passer sans dispositif, d'autres se révèlent incapable de passer tout court. Bientôt c'est la ruée vers la Longue Terre, nouvelle terre promise, essaimage et colonisation, promesse de repartir de zéro et de rebâtir une civilisation en mieux. Et puis, il y a les curieux qui veulent savoir combien de Terre existent, des explorateurs d'un nouveau genre comme Lobsang, une intelligence artificielle excentrique (si, si ça existe). Lobsang recrute Josué Valienté, un jeune homme naturellement doué de la faculté de passer d'une terre à l'autre. Ensemble, à bord d'un dirigeable, ils passent de mondes en mondes jusqu'à découvrir qu'une menace se profile à l'horizon, si tant est que la longue terre en ait un. 

La grande réussite de ce roman tient en trois points. Les personnages, tous bien construits, reflètent bien la diversité de l'humanité (ou pas) dans toute sa splendeur et, parfois, dans toute sa connerie. L'humour sous-jacent et certains dialogues croustillants assiasonnent le roman d'une touche de piquant. Le tout mis en musique par une écriture fine (et que je juge bien traduite). L'écriture à quatre mains leur sied bien, à ces auteurs anglais. Le bat blesse un peu sur l'histoire. L'intigre n'est guère palpitante et avance à un rythme parfois trop indolent, la succesion de mondes visités engendre parfois une forme de monotonie que les dialogues Lobstang/Valienté ne parviennent pas à briser tout à fait. A 100 pages de la fin, j'ai commencé à m'inquiéter : la résolution de l'intrigue semblait encore loin. Je me suis inquiétée pour rien, la fin a su se montrer à la hauteur de mes attentes (même s'il ne s'agit que d'une résolution partielle et  qu'elle se trouve un poil précipitée) mais j'ai quand même maudit les auteurs pour leur dernière phrase. Celle-ci ne me donne pas d'autre choix que de lire la suite.

 

+
Pratchett - Le monde merveilleux du caca - The Spicy Chronicles
Posté 17 mars 2014 -

Geoffroy rend visite à sa grand-mère à Ankh-Morpork. Alors qu’il passe sous les pommiers ancestraux du jardin, il sent quelque chose lui tomber sur la tête. Ce sera le début d’une quête déterminée et d’une collection d’un genre unique.

La première chose qui m’a intrigué dans ce livre – et donc attiré vers lui – , c’est bien évidemment son titre. C’est donc plein de curiosité que j’ai entamé la lecture de "Le monde merveilleux du caca". Et j’avoue avoir été surpris dans le bon sens !

En effet, ce livre, dans lequel nous faisons la rencontre de Geoffroy, petit garçon âgé de sept ans, parti en vacances chez sa grand-mère, nous transporte dans un univers totalement décalé. On suit ainsi Geoffroy et sa drôle d’activité qu’il a trouvée pour s’occuper durant ses vacances : collectionner les… déjections animales !

Vous vous en doutez donc bien l’humour est présent de la première à la dernière page du livre, sans pour autant en devenir lourd. On se surprend même à sourire – voire rire ! – à certains passages, notamment grâce à certains dialogues croustillants. Il m’est d’ailleurs arrivé, durant la lecture, d’être aussi émerveillé que Geoffrey face aux découvertes qu’il fait durant toute l’histoire. Celle-ci est d’ailleurs relativement courte, mais on passe réellement un bon moment.
Il faut enfin souligner la qualité du livre en terme d’illustrations, il est très agréable de découvrir ce qui pourrait s’apparenter à des gravures. On croirait avoir entre ses mains un très vieux livre !

Même s’il est sans aucun doute plus destiné à des enfants qu’à des adultes, ces derniers passeront tout de même un bon moment !

Une jolie trouvaille !

The Spicy Chronicles

Chronique n°162 :  Le monde merveilleux du caca

 

 

+
Pratchett/Baxter - La longue Terre - Babelio
Posté 02 avril 2014 -

Si vous pensez qu'à l'ouest, rien de nouveau, sachez que dans un futur proche, un génial scientifique a mis au point une machine utilisant l'électricité produite par une pomme de terre pour ouvrir les portes menant vers une myriade de terres parallèles (soit vers l'ouest, soit vers l'est…pas dans le vrai sens géographique du terme mais parce qu'il fallait bien donner une idée de sens ou de direction pour s'y retrouver). Machine au demeurant très simple à fabriquer et par souci d'égalité sociale, notre génie diffuse les plans de montages sur la toile…et du coup crée le buzz ultime ! Après une journée un peu chaotique mais révolutionnaire qui sera baptisée le « Jour du Passage », quelques tâtonnements, quelques essais et erreurs, la découverte de certaines modalités pratiques (le fer natif ne résiste pas aux passages au contraire des autres métaux), une bonne partie de l'humanité peut enfin s'aventurer dans la « longue Terre » : il va sans dire que cette aventure va bouleverser tout le système géopolitique, social, philosophique, scientifique de notre bonne vieille Terre, bientôt rebaptisée primeTerre.

Bienvenue dans une nouvelle ruée vers l'Ouest symbolique, plus besoin de coloniser l'espace quand on a une infinité de Terres à sa disposition…ça semble si simple, si romantique, si idyllique […] La longue Terre source d'espoir, de renouveau, de découvertes mais aussi de convoitise et de jalousie…et puis, sommes nous seuls dans le multivers ?…It's A Long Way To Tipperary…

Je l'avoue, j'ai un faible pour les histoires d'univers parallèles, qu'elles soient fantasy, uchroniques ou hard science…et je vous avoue également que j'ai été assez déstabilisé par le début de l'histoire, néanmoins, les auteurs sont arrivés assez vite à me mettre sur les rails en distillant les réponses aux questions que je me posais tout en amenant d'autres questionnements…

C'est donc accompagné de Josué, humain surdoué (je n'en dis pas plus) et de Lobsang […] IA suprême ou tibétain réincarné dans une machine ( bzzzzzzzzz, disque dur en route, bzzzzz Josué/Joshua-Wargames, bzzzzzz, Rampa/De bons présages, les 3 soleils de Vinéa/le père de Khany dans une petite boîte) que je me suis laissé porté, transporté, emporté dans ce dirigeable aux confins de
La longue Terre (bzzzzzz, re disque dur, dirigeable, Ile sur le toit du monde, bzzzzz, Hypérion, Dan Simmons) en assistant aux déboires et découverts de ces nouveaux colons (Bzzzzz, colon, Alvin le faiseur, Orson Scott Card …bzzz,bzzz…)

Certains pourront reprocher le côté « répétitif » du survol en ballon de la longue Terre, personnellement, j'ai trouvé que cela apportait des respirations bienvenues, des petites pauses repos avant la découverte de nouvelles révélations.

J'ai volontairement fait l'impasse sur le développement d'une partie cruciale de l'intrigue…mais
La longue Terre n'est à mon avis qu'une « simple » mise en appétit…le meilleur restant peut être à venir…quoique le twist final et le titre du second opus ne laisse rien présager de bon pour nos protagonistes…

 

Fichetoux

Babelio

+
Pratchett/Baxter - La longue Guerre - Rivera
Posté 22 avril 2014 -
En juillet dernier, j'avais partagé avec vous mon enthousiasme pour La longue Terre de Terry Pratchett et Stephen Baxter. La suite, La longue guerre, est tout aussi passionnante. Les auteurs nous projettent  une dizaine d'années plus tard : une partie de la population a émigré sur les innombrables Terres parallèles, adoptant en toute liberté de nouveaux modes de vie qui leur conviennent, parfois en vivant au même endroit sur plusieurs planètes contiguës, développant à la fois une technologie de pointe (car il faut faire sans le fer qui ne peut traverser, ce qui donne par exemple des flottes de dirigeables non ferreux à l'exemple du Mark Twain de La longue Terre) et une économie de cueilleurs-chasseurs, une vie souvent proche de celles des pionniers de l'ancien Ouest américain. C'est le cas de Josué Valienté que nous retrouvons marié à Helen Green, avec un fils, vivant dans la commune du Diable-Vauvert, sur une Terre éloignée de la Terre 0. Il s'y trouve fort bien quand sa vieille amie Sally Linsay, qui a conservé son mode de vie d'éternel vagabondage entre les mondes, vient le convaincre de venir sur Terre car la situation est grave. Le président américain a décidé de reprendre les choses en main et d'assurer la prééminence des Etats-Unis Prime sur tous les territoires habités leur correspondant à l'infini, en levant des impôts et en envoyant une flotte de dirigeables militaires dernier modèle visiter les "colonies". Bien entendu les colons ne l'entendent pas de cette oreille et cela va donner un "remake" des débuts de l'Indépendance américaine, avec Jack Green parmi les leaders. Nous suivons aussi à travers le roman la grande expédition chinoise d'exploration des Terres orientales, dont le but est d'atteindre au moins les deux millions de Terres, à bord de laquelle se trouve une toute jeune fille à la fois géniale et socialement inadaptée, Roberta. Enfin, se greffe un mystère supplémentaire : les "trolls", ces humanoïdes (ou humains d'un rameau perdu) primitifs qui voyageaient depuis toujours à travers les mondes et avaient plus ou moins acceptés les hommes, ont lancé le grand appel et se retirent de toutes les Terres. Où se réfugient-ils et que fuient-ils ? Bien entendu, Lobsang, le cerveau surpuissant qui dirige Black Industries, se doit de résoudre l'énigme et il partira avec un nouveau venu qu'il a soigneusement choisi, le très intelligent pasteur anglais Nelson Azikiwe qui n'a plus guère la foi. Il sera aidé dans sa tâche par Sally Linsay, Monica Jansson, la policière de Madison (Wisconsin) dont nous avions fait la connaissance précédemment, et quelques autres espèces d'humanoïdes lui montreront les pistes, comme les "kobolds" qui commercent avec nous, ainsi que par la très humaine et compréhensive capitaine du "Benjamin  Franklin", Margaret Dianne Kauffman (Maggie), qui sera la première à intégrer des trolls à son équipage militaire.
Comme toujours avec Stephen Baxter, cela nous donne un roman d'une densité et d'une intelligence impossible à résumer, qui, sous des apparences de roman d'explorations et d'aventures de SF brillante, pose un certain nombre d'interrogations fondamentales sur la nature de l'univers, celle de l'intelligence, celle des origines et de l'évolution de l'Homo sapiens, ce qu'est la vie (à travers le personnage attachant de soeur Agnès, la nonne qui avait élevé Josué, et qui était morte...) tout en étudiant les conséquences économiques, sociales, culturelles et sociétales d'une abondance soudaine et inépuisable. Le ton est plus grave que dans le premier volume car la société a évolué et ce n'est plus la joie folle des premières années : le temps a passé, il faut s'adapter et tirer les conséquences d'une situation totalement inédite - ce qui est fait très finement en nous montrant l'évolution personnelle de tous les personnages de "La longue Terre" et en en introduisant de nouveaux dont nous découvrons le passé. Au risque de me répéter, voici un roman  de SF superbe, à lire après le précédent afin de l'apprécier à sa juste valeur.

Jean-Luc Rivera
+
Pratchett/Baxter - La longue Guerre - ActuSF
Posté 22 mai 2014 -

« Je suis du côté des trolls. Comment mieux les protéger qu’en les invitant à collaborer avec l’armée ? Et puis ce devrait être aussi un bon moyen de leur apprendre à nous faire à nouveau confiance... »

 

 Deux vieux poids lourds
 
Stephen Baxter et Terry Pratchett qui s’associent, c’est l’addition de deux poids lourds de l’imaginaire, présents depuis si longtemps qu’on a l’impression d’avoir à faire à de vieux dinosaures. On retrouve d’ailleurs quelques dinosaures dans ce cycle de la Longue Terre… L’alliance de ces deux auteurs atténue le côté loufoque de Terry Pratchett, et l’ensemble est sérieux, sans lien avec l’univers du Disque-Monde.
 
La guerre… une qualité innée chez l’Homme ?
 
L’Homme dispose désormais d’un nombre illimité de Terres, où chacun peut aller et venir à sa guise. Les autres espèces vivantes rencontrées, à quelques rares exceptions près, sont pacifiques. Mais la nature humaine ne se satisfait pas de cette profusion, et les informations foisonnent d’accrochages avec les Trolls, qui sont régulièrement pris à partie. Sally Linsay se met donc à la recherche de Josué Valienté pour lui faire reprendre du service, et partir au secours des Trolls.
 
De son côté, le président des États-Unis de Primeterre est bien décidé à faire régner l’hégémonie américaine sur toutes les Amériques existantes. Il lance donc une expédition militaire chargée de rappeler leurs devoirs aux émigrants. La Chine, elle, a décidé d’atteindre Terre 20 000 000, ce qui représenterait une avancée scientifique majeure. Le groupe d’exploration se prépare donc intensément pour ce voyage vers l’inconnu.
 
Un récit qui lance le cycle
 
Le premier roman du cycle, La Longue Terre, a permis de découvrir l’existence de Terres parallèles, et la possibilité de voyager de l’une à l’autre. Mais ce tome souffrait de la répétition des descriptions des mondes rencontrés.
 
Avec ce deuxième volume, où les auteurs suivent différentes expéditions de vaisseaux twains, le récit prend une autre dimension. Plus aboutie, plus dense, l’intrigue mêle ici plusieurs fils narratifs qui convergent parfois. Les héros sont moins solitaires et œuvrent pour empêcher la guerre. Chacun d’eux apporte sa vision de l’évolution du monde, permettant ainsi d’avoir un panel complet des avenirs possibles.
 
Certains lecteurs trouveront le final un peu naïf, mais la Longue Terre est un monde où la vie est difficile, et les auteurs conservent tout au long du roman un regard objectif.
 
Un deuxième volume de bon niveau.

Chris de Savoie

 

ActuSF

+
Pratchett - Le monde merveilleux du caca - Les Vagabonds du Rêve
Posté 17 juin 2014 -

Un nouvel ouvrage de Terry Pratchett, même signé de Melle Félicité Bidel, qui s’en plaindrait ? Sauf que… le résultat me laisse très mitigée.
Avec Coup de tabac, d’ailleurs cité en préambule, l’auteur nous avait présenté cette demoiselle, écrivain se consacrant aux livres pour enfants dont, en particulier, celui traitant du caca dont le petit Sam s’était entiché. D’où le début d’une collection pour le moins originale. Quoi de plus normal pour un si jeune enfant ?
On pourrait donc dire que le propos de Melle Bidel et, partant, de Pratchett est plutôt ambitieux. Il s’agit de rien de moins que lever un tabou fort commun pesant sur les excréments en soulignant leur utilité. À une époque et dans des pays où les simples toilettes vont tellement de soi qu’on commence à peine à prendre conscience de leur rôle dans la santé quand, justement, on n’en dispose pas, le souci est louable. Il en va de même pour le lavage des mains qui n’est plus systématique faute d’être rappelé par une génération dont les oreilles en ont été rebattues au point de le rendre machinal.
Le résultat est un fort joli petit livre relié de toile, tout droit traduit d’une collection qui enchante tous les enfants du Disque-Monde. Un genre de choses délicieusement vintage tant dans la présentation que dans les illustrations.
Bref, l’objet le plus approprié à offrir, par exemple à ses petits-neveux, pour leur anniversaire.
Pour autant, en seront-ils charmés ? Peut-être, du simple fait qu’il faudra le leur lire. Tel quel, il me semble surtout correspondre à un engouement très « mode » pour les jouets anciens. De ceux qui plaisent aux parents car ils leur évoquent des souvenirs mais moins aux enfants qui sont en prise sur leur temps.
Mais peut-être est-ce une question de culture après tout ? Ce que l’on mange est un tel sujet de prédilection au pays de Rabelais que rien de ce qui concerne la digestion ne nous est étranger, jusques et y compris dans le langage courant. Sans doute nous est-il donc moins nécessaire qu’ailleurs de nous pencher « sur notre passé » comme l’exprimait si métaphoriquement un vieux médecin du siècle dernier.

 

Hélène

 Les Vagabonds du Rêve

+
Pratchett - Science du DM III - Phénix web
Posté 04 juillet 2014 -

La vie sur le Globe-monde est menacée et l’humanité pourrait bien disparaître. Il semblerait que le sort de cet univers repose sur un obscur pasteur de campagne du nom de Darwin. Celui-ci doit écrire son traité sur l’évolution et les Mages de l’Université Invisible sont bien décidés à faire ce qu’il convient, même s’il leur faut changer l’Histoire. Mais rien n’est simple car l’Histoire résiste et les Contrôleurs ne sont jamais très loin.

Le récit développé par Terry Pratchett est agréable et plaisant et l’auteur ne lésine pas sur les paradoxes liés aux interventions dans l’histoire et le temps. Ce récit réussi est entrecoupé de développements scientifiques présentés de façon décalée par Ian Stewart et Jack Cohen. Ils abordent le voyage dans le temps, mais aussi le nombre et l’infini ou l’ère de la vapeur, le tout intégré au récit de Terry Pratchett. Cet étrange mélange est, encore une fois, une réussite.

 

Phénix Web

+
Pratchett/Baxter - La longue guerre - Le blog des livres qui rêvent
Posté 29 septembre 2014 -

La Longue guerre fait suite à un roman qui fut un coup de cœur pour moi l’année dernière : La Longue Terre. Fruit de la collaboration entre deux géants de la littérature fantastique, Stephen Baxter et mon chouchou Terry Pratchett, l’histoire nous embarque dans une dystopie où le monde voit sa face changer lorsque les hommes découvrent des mondes parallèles, vierges et illimités, dans lesquels ils pourront assouvir leurs désirs et montrer leurs qualités de pionniers. Dans le premier tome, j’avais été fascinée par cette idée simple mais magnifique d’une possible remise à zéro de notre monde. Finis les entassements, les tensions liées aux terres : tout est réglé en un simple pas de côté qui donne accès à l’Aventure … Dans chaque monde, des colonies se sont donc constituées et les hommes reconstituent de petites villes, réinventent les technologies et vivent (presque) en paix.

"Nous vivons de chasse et de pêche tout en construisant des vaisseaux interplanétaires. Nous sommes une tribu de chasseurs-cueilleurs avec un programme spatial !"

Le deuxième tome laissait présager que cette paix n’allait pas durer. Nous retrouvons la Longue Terre dix ans plus tard : les colonies ont essaimé, et les tensions commencent à revenir, non pas entre les hommes mais entre ces derniers et les Trolls, race serviable et robuste. Petit à petit se déroule le même type d’exactions que pendant l’esclavagisme américain : discriminations, sévices, etc. C’est là que Josué Valienté, héros du précédent tome, revient pour aider à la bonne entente entre ces peuples … Mais s’il est important, il n’est plus le personnage central. En effet, ce deuxième tome confirme une tendance du premier, qui est l’impression que le récit est composé d’une myriade de nouvelles, où les personnages se croisent parfois mais sans réellement interagir. En fait les deux auteurs font davantage œuvre de bâtisseurs de monde que de romanciers. Les rebondissements ne sont pas légion, mais la profondeur de l’intrigue pallie ce manque. Une fois que c’est acquis dans l’esprit du lecteur, ça roule tout seul. Parce que leur monde tient merveilleusement bien la route et fait rêver.

Je me suis donc laissée encore une fois embarquer par leur plume, même si on y reconnaît beaucoup plus celle de Baxter que celle de Pratchett (que je soupçonne de servir uniquement de faire-valoir sur la couverture), alors que la construction rappelle la narration complexe de certains volumes des Annales du Disque-Monde. En bref un roman qui tient vraiment la route et dont il me tarde de découvrir le troisième opus …

Merci aux éditions de l’Atalante qui m’ont permis de découvrir ce deuxième roman …

 

Missbouquinaix

Le blog des livres qui rêvent

+
Pratchett/Baxter - La longue guerre - Cafardsathome.com
Posté 25 novembre 2014 -
J'avais adoré La Longue Terre lors de ma lecture, une œuvre fleuve, sensible et drôle. Assez unique en son genre! Quand j'avais appris qu'il s'agirait d'une trilogie, ma première réaction ne fut pas tendre, il faut dire qu'aujourd'hui la mode est aux sagas, à la multiplication des volumes dans un ensemble qui souvent ressemble à un délayage informe, sans saveur et finalement uniquement commercial. Mais bon... quand on connaît sieur Pratchett, on ne peut décemment l'accuser de telles fourberies, c'est donc plutôt confiant que j'entamais le présent volume. Quel bonheur encore une fois!

Il s'en est passé du temps depuis le premier roman. Les héros d'hier ne sont plus les mêmes, Josué vit désormais en père de famille comblé, l'agent Jansson est en retraite et atteinte d'une maladie, Sally Linsay reste elle totalement imprévisible quant à Lobsang je vous laisse le découvrir par vous-même! L'exploration des multivers continue, on cherche désormais à dépasser les 2.000.000 de planètes parallèles à la notre et la colonisation progresse avec son lot d'incertitudes et de défis. La tension monte entre les colonies florissantes et la Primeterre qui voit d'un bien mauvais œil la diaspora humaine se développer dans ces mondes parallèles sans pouvoir la contrôler. On s'oriente donc vers un conflit. C'est à travers le prisme de multiples personnages, très différents les uns des autres que les auteurs nous proposent un voyage à nul autre pareil entre exploration, realpolitik et échanges entre populations et espèces.

On retrouve toutes les qualités du premier volume dans celui-ci. Tout d'abord un monde foisonnant, neuf dans sa représentation qui tranche pas mal dans l'univers SF traditionnel. Certes le thème des mondes parallèle a été et reste traité régulièrement mais il y a ici une ambiance bien particulière partagée entre le côté scientifique de cette expérience littéraire (des explications forts pointues mais bien menées ponctuent certains chapitres) et une écriture décontractée, marque de fabrique de Terry Pratchett qui ici n'abuse point de l'humour mais le dispatche avec finesse et efficacité. Ce n'est pas la grande gaudriole comme pouvaient se révéler l'être les aventures se passant dans le Disque-monde. L'écriture souple, accessible et parfois enchanteresse accompagne à merveille le lecteur pris immédiatement en otage par deux auteurs au sommet de leur forme.

On voyage énormément entre petites colonies de quelques âmes, grandes cités de la Primeterre et tout un ensemble de mondes plus étranges les uns que les autres malgré leur ressemblance avec notre bonne vieille terre pour paraphraser le capitaine Haddock. Des passages entiers sont consacrés aux nouvelles organisations nées de ces installations dites "sauvages" par le gouvernement central. Cela donne de belles pages évoquant l'aventure avec un grand A, celle notamment des premiers explorateurs du XVIème siècle avec des problèmes à régler propres à une primo-installation (l'accès à l'eau, l'électricité, les lois, la justice...). C'est aussi la rencontre avec l'Autre. On retrouve avec grand plaisir les trolls, grands humanoïdes proches de nous, pacifiques et avides de connaissances qui malheureusement doivent se heurter à la nature égoïste et agressive de l'être humain. Plus étonnant, drôles et inquiétantes en même temps, une race d'hommes-chiens que l'on rencontre vers la fin de ce volume et qui va s'avérer être au centre de la trame principale. Les descriptions des créatures, des paysages, la gestion des différents personnages de chapitre en chapitre sont d'une rare qualité et clarté, ce qui ne peut que faire avancer la cause de la SF!

Ici c'est le plaisir immédiat et l'impression de rentrer dans un univers différent qui prédominent, les deux auteurs ont bien eu raison de prolonger l'aventure car il y a de quoi faire. Surtout qu'au détour des méandres de l'histoire, on se surprend à s'interroger sur soi-même et l'évolution du monde actuel. Pas de catastrophisme pour autant (ce n'est pas le genre de Pratchett) mais quelques piqûres de rappel bien placées pour ne pas ressortir de cette lecture sans bagage réflectif. Intelligent et drôle, je vous l'avais dit!

Il est fortement conseillé d'avoir lu le premier volume pour s'attaquer à celui-là mais croyez moi ça vaut le détour! Il y a une vraie fin à La Longue Guerre même si on imagine aisément vers où les auteurs veulent nous mener pour le troisième et ultime volume. Gageons qu'il soit aussi réussi que ses deux prédécesseurs!

 

Cafards at home

+
Pratchett - Trois Soeurcières - theharounalrachidchronicles.com
Posté 06 mars 2015 -

Dans Trois Soeurcière, Pratchett démontre sa maîtrise de son univers et son savoir faire d’écrivain. Si le roman se déroule dans un univers de fantasy parodique, le sujet n’est pas du tout de parodier de la fantasy. Pratchett utilise son univers pour traiter de sujet variés, plus ou moins profond (la vie, la mort, la destinée…) ou faire des pastiches d’autres genre comme le polar ou d’autres œuvres. Les Trois Soeurcières est donc un pastiche de Mac Beth et un roman sur le théatre qui a pour cadre un univers de fantasy loufoque. Un pastiche dans le pastiche donc.

Comme le titre l’indique on croisera trois sorcières (qui pratiquent une magie très différente de celle des mages, ne surtout pas confondre), un félon qui a assassiné son roi, des taches de sang qui ne partent pas, un reine sanguinaire et pleine d’ambition….Les éléments de la « pièce écossaise » sont tous la mais réarrangé à la sauce pratchetienne.

L’ensemble est mise en scène avec le style inimitable de l’auteur, mélange d’absurde, de finesse, d’ironie, de référence, de situation ubusque. La phrase de Pratchett c’est du bonheur en barre et la surprise nous attend souvent au bout de la ligne. On note aussi l’amour de Pratchett pour les personnages, qui sont tous  attachants, même les plus absurdement méchant. Les 3 sorcières ont toutes des personnalités fortes (mention spéciale à Mémé Ciredutemps) et  sont au cœurs de plusieurs scènes hilarantes mais il y’a aussi un nain auteur qui a des visions hollywoodiennes, un fantôme de roi qui cherche vengeance,  un fou à grelot amoureux fou….

Sous ses dehors de gentille parodie de fantasy, Trois soeurcières est une mécanique de précision qui arrive a marier dans un court roman, un univers fantasy de qualité, un pastiche d’un des plus grands auteurs de l’histoire, une galerie de personnages remarquables, un roman sur le théâtre, des réflexions sur l’absurdité de la vie (une constante de la série) le tout avec une bonne grosse quantité d’humour anglais qui ne tombe jamais à plat.

Que vous connaissiez ou pas le Disque Monde, que vous aimiez ou pas la fantasy,  vous pouvez lire sans crainte. Et rire.

 

Daodiphoto - theharounalrachidchronicles.wordpress.com - 03 mars 2015

+
Pratchett/Baxter - La Longue Guerre - hu-mu.blogspot.fr
Posté 17 mars 2015 -

Ce qui fait l'intérêt de cette série, c'est l'exploration des implications d'une multitude de terres parallèles et son impact sur la société humaine. […]
Heureusement, aux questions posées dans le premier tome s'en rajoutent d'autre qui font qu'on est tenu en haleine non pas par les aventures des personnages mais par la méta-aventure de la Longue Terre. […]
Tout au fil du roman, on sent la tension monter, à travers différents protagonistes: Joshua et Sally, héros du voyage exploratoire du premier roman […].
Le thème de ce second roman, au fond, c'est la guerre (comme le titre laisse l'entendre) non pas au sens d'un conflit que le roman décrirait, mais d'une question récurrente sur la motivation de la guerre: à l'heure où les ressources sont abondantes, peut-on encore se faire la guerre, et si oui, pourquoi le ferait-on (et comment le ferait-on ?)?
On continue donc dans la lancée du premier tome, avec […] un concept à la fois intriguant et passionnant.

 

Benoît Felten - hu-mu.blogspot.fr - 16 mars 2015

 

+
Pratchett - Les Tribulations d'un mage en Aurient - L'anatomie du loup-garou
Posté 07 avril 2015 -

Une nouvelle aventure de Rincevent. Cela faisait longtemps que je n'en avais pas lue, m'obstinant à lire les livres du Disque Monde dans leur ordre de parution. Si le "maje" est truculent dans sa technique de la fuite fort éprouvée, j'ai été surtout conquise par la horde de Cohen le Barbare. Voilà une bande de petits vieux à qui on ne la fait pas.

Vestrit - www.lanatomieduloupgarou.blospot.fr - 02 avril 2015

+
Pratchett - Nobliaux et sorcières - Critiques libres
Posté 01 juin 2015 -

Ce livre des annales du Disque-Monde nous offre un casting cinq étoiles car outre les trois sorcières , toujours aussi hilarantes, l'archichancelier de l'université de l'invisible, le bibliothécaire ainsi que Casanabo, deuxième plus grand amant du monde, nous font l'honneur de leur présence pour notre plus grand plaisir. L'action met un peu de temps à se mettre en place mais une fois lancée on ne voit plus les pages défiler. Comme d'habitude chez Pratchett l'humour sert aussi à dénoncer les travers de nos sociétés actuelles et ici les réflexions portent essentiellement sur la mémoire collective et sa capacité à ne conserver que ce qui l'arrange.

Même si j'ai préféré Mécomptes de fées ce tome des aventures du convent de Lancre se défend bien, l'humour est toujours aussi ravageur et les trois sorcières ont toutes droit à leurs scènes et s'affranchissent même de leurs rôles habituels, notamment Magrat. [...] Comme d'habitude avec Pratchett, j'ai passé un très bon moment.

 

Koolasuchus -www.critiqueslibres.com - 31 mai 2015

+
Pratchett/Baxter - La longue Terre - Le galion des étoiles
Posté 18 août 2015 -
Imaginez un instant : vous êtes sur Terre, n'importe où, avec un appareil à trois sous et demi nommé le "passeur". Grâce à lui, vous pouvez vous déplacer d'un pas vers un "est" ou un "ouest" métaphorique, sur des Terres parallèles. Et de là, vous pouvez encore faire un pas de plus, puis encore un autre... Chacune de ces Terres est subtilement différente de la nôtre, la Primeterre. Et plus on s'enfonce dans les réalités parallèles, plus les différences sont grandes. Voilà ce que nous proposent Baxter et Pratchett pour cette collaboration entre deux des plus grands auteurs de la littérature fantastique de notre temps. Et ils le font bien ! L'exploration de ces Terres est un véritable régal, une merveille, un bonheur. C'est un sommet du planet-opera !

Sur la base de ce décor, les auteurs nous proposent trois romans, dont la progression est une suite logique. Autant le savoir tout de suite : il faut lire ces romans dans l'ordre sous peine de ne rien y comprendre ! Et au sein de chaque roman, nous suivons les péripéties de plusieurs personnages en parallèle. Et ces personnages sont pour le moins fascinants ! Il y a Josué Valienté, le héros principal, qui est un "passeur-né", il peut passer sans mécanisme et sans trouble physiologique (pour les autres, il y a des nausées). Il accompagne Lobsang, une IA qui prétend être la réincarnation d'un réparateur de mobylettes tibétain. C'est là qu'on voit la touche de Pratchett... Puis il y a Sally Linsay, qui peut passer par les "points mous" sur plusieurs réalités à la fois, et son père, l'inventeur du passeur, qui a des projets troubles. Citons aussi Maggie Kauffman, capitaine de dirigeable-passeur qui va tenter de désamorcer des crises graves. Franchement, au niveau des personnages, les auteurs s'en sont donnés à coeur joie. Il y en a pour tous les goûts.
Le galion des étoiles
+
Pratchett - Allez les mages - Le livroblog
Posté 15 septembre 2015 -
J'aime toujours autant ce genre d'humour complètement déjanté, le style inimitable de Terry Pratchett pour nous raconter le fouteballe "façon Disque-monde" avec ses règles tordues, ses personnages farfelus et charismatiques, pas tous promis à un grand avenir footeballistique d'ailleurs, ses supporters et les réflexions parfois philosophiques qui les accompagnent. Tout s'articule vraiment bien. C'est comme ça que je l'aime le fouteballe! Je suis sans doute passée à côté de quelques références footeballistiques, mais j'ai passé un excellent moment de lecture.

En parallèle, on découvre la cuisine de nuit de l'Université, qui cache une vraie beauté : Juliette, et une cuisinière pas vraiment tourte : Glenda qui en prépare pourtant de merveilleuses et se préoccupe de l'avenir de sa jeune protégée. Le mystère autour de M. Daingue s'épaissit,  un puits de science à lui tout seul avec une âme tellement poétique... L'amour sévit aussi à Ankh-Morpork.

Bref c'est la partie la plus épique, et la plus drôle à ma connaissance et pas besoin d'être un as du ballon rond pour apprécier. Les rebondissement sont nombreux mais ça ne part pas dans tous les sens comme certaines fois où je me suis retrouvée à courir derrière mon imagination pour tenter de recoller les morceaux de l'histoire partie en vrille.

Est-ce qu'on peut voir dans ce roman une critique de notre société ? Du football, c'est sûr mais j'y ai très peu pensé pendant ma lecture, certaines subtilités n'ont pas eu d'écho chez moi, mais rien de vraiment dérangeant.

J'ai passé plusieurs semaines à lire ce roman et je dois dire que j'ai déjà envie de me replonger dans une aventure du Disque-monde.
 
Le Livroblog
+
Pratchett, Baxter - La Longue Mars - Daily Books
Posté 15 octobre 2015 -

Si vous avez lu les deux précédents volumes vous ne pourrez qu’apprécier celui-là, si vous ne les avez pas lu il vous est vivement conseillé de les lire. Cette trilogie est un petit bijou. On y trouve sans surprise la suite d’événements et d’actions qui scotchent le lecteur. De l’aventure avec un bon rythme. Un rythme proche de celui des feuilletons télé bien faits. […]

Les auteurs nous offrent le moyen de réfléchir au moins aux conséquences d’une catastrophe écologique, d’aborder le problème religieux que peut poser aux croyants le fait d’émigrer sur des Terres où le Christ sauveur n’a pas mis les pieds… et celui de la différence intellectuelle pour des enfants.

Ne vous posez pas de question, entrez simplement dans ce roman et tâchez de le lire d’une traite, il m’étonnerait que l’ennui interrompe cette lecture.

Noé Gaillard

Daily Books

+
Pratchett - La Huitième Couleur - Fantasy à la carte
Posté 19 octobre 2015 -
Si vous êtes familiers de ces univers fantasy qui mettent en scène chevaliers ou mercenaires galopant à bride abattue à travers de vastes étendues de forêts ou de montagnes féeriques, l’univers imaginé par Terry Pratchett risque bien de vous déstabiliser.

En effet, inventeur farfelu d’un monde improbable, Terry Pratchett insère ses histoires dans une géographique étonnante prenant la forme d’un disque juché sur le dos de quatre éléphants, eux-mêmes posés sur la carapace d’une tortue. Étrange, dites-vous ? Vous ne croyez pas si bien dire.
 
[…]
 
En signant ce premier tome, Terry Pratchett brave les codes existants du genre pour nous proposer une aventure rocambolesque où l’humour est presque un personnage à part entière.

Avec cet auteur, légèreté et absurdité sont de mise et ce pour notre plus grand plaisir de lecteur.
 
+
Pratchett - Mortimer - Le rêve du renard
Posté 02 novembre 2015 -
On peut dire que ce volume des Annales est vraiment un bon condensé de Terry Pratchett. Tout y est : des personnages hauts en couleur et sympathiques, des discussions philosophiques sur la vie, la mort et la place de chacun dans l'univers, des histoires d'amour contrariées, un singe bibliothécaire et des robes de mages à paillettes. La Mort est un personnage complexe, que l'auteur révèle avec beaucoup d'humour. Pas si impitoyable et sans coeur qu'on pourrait le croire... Il a même une fille ! Je me suis vraiment amusée pendant ses expérimentations humaines (ah, c'est donc ça s'amuser ?), et avec les efforts désespérés de Morty pour réparer ses bêtises avec une réalité contrariée.
 
Le rêve du renard
+
Pratchett - Elbakin.net
Posté 15 décembre 2015 -
The Pratchett Legacy

Le traducteur, l'éditrice et d'autres auteurs à évoquer ce que représente pour eux Sir Terry et son oeuvre. Dans la rédaction de « De bons présages », il semblerait que chacun des auteurs se soit retrouvé dans les personnages principaux : Terry dans Aziraphale et Neil Gaiman dans le costume de Rampa.
La plupart des invités analysent Pratchett comme un auteur de science fiction, en vertu de son goût pour les sciences et la logique, et sa façon de structurer son texte : de la science fiction avec des dragons, une magie encadrée et régulée, même le hasard n’existe pas, la MORT n’est pas plus inéluctable que le Destin…
Autre caractéristique du style Pratchett, c’est sa façon de fixer des règles à la réalité, d’utiliser des symboles et des croyances et d’en faire autre chose (le père Porcher, la Mort, Ridculle…), maniant l’absurde en détournant un outil conceptuel (des figures d’autorités a priori absolues qui ont du mal à se faire obéir) pour proposer une pensée et une réflexion sur un propos politique, scientifique ou sociétal : se faisant, il fournit une sorte de pédagogie de l’humanité, montrant ses travers grotesques.
Pratchett, c’est aussi une foule de défis pour le traducteur, avec des blagues et des jeux de mots, des références, des citations de films ou de pièces de théâtre (heureusement, des sites de fans anglophones font un énorme travail de référencement), mais aussi des niveaux de langages (des variantes sur l’anglais d’Ecosse, d’Australie…) et pour corser le tout, des notes de bas de page qui ont leur propre vie dans le roman.

Foradan
Elbakin.net

 

+
Pratchett - Trois sœurcières - Chroniques de MqlSz
Posté 29 décembre 2015 -

Trois sœurcières est le sixième tome des célèbres Annales du disque-monde de Terry Pratchett. Il s'agit du second tome mettant en scène les sœurcières après La huitième fille, épisode assez dispensable de la série de Pratchett.
L'histoire se déroule dans le royaume de Lancre et débute par l'assassinat du roi Vérence qui devient aussitôt un fantôme qui hante son propre château. À sa place, le duc Kasqueth monte sur le trône. Mais le tout jeune fils de Vérence échappe à la mort et disparaît avec une troupe de théâtre grâce à l'aide des trois sorcières pratchettiennes : Mémé Ciredutemps, Nounou Ogg et Magrat Goussedail. L'intrigue repose alors sur l'affrontement entre ces sorcières et le roi Kasqueth.
Il aura fallut six tomes à Terry Pratchett pour s'attaquer à la référence ultime de la littérature mondiale en générale et anglaise en particulier : William Shakespeare. Fantôme, assassinat de roi, troupe de de théâtre, trahison, etc. Les références ne manquent pas et on s'étonne que Pratchett ai attendu six tomes avant de s'attaquer à Shakespeare tant il est fait incessamment référence à son œuvre dans la littérature de genre anglaise.
Après un premier épisode plutôt léger mettant en scène les sœurcières, Terry Pratchett livre un ouvrage très convainquant. Il aura eu le mérite de me placer devant mon ignorance crasse de l’œuvre de Shakespeare.

MqlSz

+
Pratchett - Le guide de Mme Chaix - Les victimes de Louve
Posté 14 janvier 2016 -
Napoléonie Chaix voyage beaucoup depuis la mort de son époux. Du coup, elle s'est dit qu'il serait très intéressant de faire profiter de ses connaissances les habitants d'Ankh Morpork qui peut-être n'ont pas l'habitude de prendre le train. Et la voici qui écrit ce guide illustré avec des conseils et des astuces pour profiter au maximum de son voyage.
 
Ce guide est un livre sublime. C'est un très bel objet du meilleur effet dans une bibliothèque et surtout pour tous les fans de Terry Pratchett. Les illustrations y sont nombreuses et magnifiques donnant très envie de poursuivre la découverte des villes et lieux où voyage Napoléonie. Avec beaucoup d'humour, elle n'hésite pas à partager avec nous ses connaissances en la matière, de quoi permettre à toute personne de faire de son séjour un moment inoubliable.
 
Ce n'est donc pas une histoire à proprement parlé que l'on retrouve dans ce roman, mais davantage un guide sur différents lieux intéressant à visiter ainsi que sur des coutumes propres à ces endroits. L'auteur nous explique le fonctionnement du train, ses avantages et ses inconvénients pour que l'on sache tout et toujours avec beaucoup d'humour. De nombreux articles sont présents dans ce guide comme par exemple un article sur les objets trouvés, les buffet de gare, les logements, les villes et autres publicités.
 
Si on aime l'univers du disque monde comme c'est mon cas, on sera ravi de voyager dans l'univers en compagnie de cette dame très agréable et drôle. Un vrai livre que tout collectionneur de l'univers du disque-monde se doit d'avoir dans sa bibliothèque
 
Louve
Les victimes de Louve
+
Pratchett - Le Père Porcher - Les histoires de Lullaby
Posté 03 février 2016 -
Pour Noël dernier, en guise de lecture de saison, j’ai choisi Le Père Porcher de Terry Pratchett – car quoi de mieux qu’un volume des Annales du Disque-Monde qui parodie Noël pour être dans l’esprit des fêtes ? L’emploi du temps rempli aidant, je n’ai terminé ma lecture que début 2016. Mais peu importe, car c’est l’une des meilleures lectures sur et de Noël que j’ai lues. LA meilleure, même ! [...]

Imaginez… C’est le coeur de l’hiver sur le Disque-Monde. Tout le monde s’apprête à célébrer la fête du Porcher (le Porcher étant un bonhomme barbu et vêtu de rouge qui distribue des cadeaux aux enfants sages durant la nuit du Porcher, aidé de son traîneau tiré par des cochons). Tout le monde ? Non. Dans l’ombre, de mystérieux êtres mettent en place un plan machiavélique : éliminer le père Porcher, à l’aide d’un assassin particulièrement effrayant, embauché auprès de la Guilde. Mais retirer un tel personnage du monde risque de déséquilibrer les forces magiques… surtout quand la Mort décide alors d’endosser le rôle du père Porcher.

Voilà pour la base de l’intrigue. Si vous ne connaissez pas l’univers du Disque-Monde, ne soyez pas effrayés par la mention de la Mort. Dans le monde imaginé par Terry Pratchett, la Mort est de sexe masculin, s’exprime en majuscules, et porte une certaine affection aux humains (d’ailleurs il prend très à coeur son rôle de père Porcher remplaçant, trop même, selon son assistant !). Bref, c’est un personnage attachant que je n’avais fait que croiser jusque là et c’est un plaisir d’en savoir plus sur lui.

Parmi la galerie de personnages hauts en couleurs qui mènent le récit se trouve également Suzanne, gouvernante qui chasse les monstres de sous le lit à coups de tisonnier (et ce, quand bien même les autres adultes ne voient rien et pensent qu’il s’agit de psychologie enfantine rusée) et qui est, accessoirement, la petite-fille de la Mort.

On croise également les mages de l’Université (Ridculle, qui fait ouvrir une porte pourtant marquée d’une mention indiquant qu’il ne faut l’ouvrir sous aucun prétexte, l’économe, et bien d’autres !), des bandits un peu dépassés, la Mort-aux-Rats et un corbeau, et un oh bon dieu de la gueule de bois qui n’a pas la charge facile !

Comme d’habitude avec Terry Pratchett, le roman nous régale de nombreux moments savoureux (malgré l’inquiétant monsieur Lheureduthé, l’assassin). Tellement nombreux et savoureux que je préfère ne pas vous en citer quelques exemples afin que vous gardiez intacte la surprise si vous vous lancez dans la lecture du Père Porcher.

Mais loin d’être une simple parodie qui vous fera rire et sourire (et frissonner avec Lheureduthé), Le Père Porcher est une belle revisitation de notre fête de Noël. Tout y passe : de ses racines folkloriques à son aspect consumériste d’aujourd’hui, de son ancienne signification de changement de saison (Noël marque la nuit la plus longue de l’année et le début du rallongement des jours) célébrée par tous à sa récupération commerciale qui en fait une fête pour les enfants, bref, tous les aspects de Noëls sont abordés, parfois étrillés, parfois détournés, parfois sous forme d’hommage, mais rien n’est oublié !

Et c’est ce qui fait tout le sel de ce roman. Que vous aimiez Noël ou que vous vilipendiez cette célébration, croyez-moi, Le Père Porcher est la lecture de Noël qu’il vous faut ! Pour ma part, je me suis ré-ga-lée ! Je savais déjà que Terry Pratchett était un auteur de talent, je savais que je passerai un bon moment, mais pour le coup, cette lecture de Noël a plus que dépassé mes attentes et est un gros coup de coeur !
 
Lullaby
Les histoires de Lullaby
+
Pratchett - Va-t-en-guerre - La Pile à lire
Posté 10 février 2016 -
Les aventures du Guet sont toujours hautes en couleurs. Déjà parce que ses membres le sont, mais aussi parce qu'il leur arrive toujours quelque chose de fou. Je crois que ce sont bien les seuls […] à qui il peut arriver autant de bourdes en un seul livre. Tout commence avec une île à l'aspect assez Lovecraftienne qui apparaît comme ça, en plein milieu de l'océan à égale distance d'Ankh-Morpork et du klatch. Forcément, les deux nations vont vouloir se l'approprier. Mais lorsque les négociations tournent court suite à la tentative d'assassinat d'un prince Klatchien, rien ne va plus et c'est à Samuel Vimaire et à ses agents de trouver le fautif. Sauf que bien entendu, ils vont se retrouver en plein milieu d'une guerre entre Ankh-Morpork et le Klatch.

Forcément, j'ai beaucoup aimé les personnages. Plus j'avance dans les histoires du Guet plus j'apprécie ses membres. Forcément, Vimaire est mon petit chouchou depuis quelques années […], et je continue à suivre ses péripéties avec le même entrain que la première fois. Les autres agents ne sont pas en reste, surtout qu'à chaque Annale, on en découvre toujours un peu plus sur eux. Et puis, il y a le duo Colon/Chicard qui se bonifie avec le temps. Les personnages qui vont graviter autour du Guet sont eux aussi plutôt sympathique dans leur genre. On retrouve une sorte de double de Vimaire en la personne d'Ahmed 71-heures, flic côté Klatchiens aux méthodes plutôt musclé par rapport à Samuel, des Klatchiens membres d'une tribu sanguinaire ou encore un seigneur Rouille essayant de piquer la place de Vétérini, un Vétérini particulièrement en forme ou encore Leonard de Quirm, qui sort pour la première fois de sa retraite. Tout ce petit monde va se croiser pour notre plus grand plaisir et chacun va apporter sa pierre à l'édifice de la paix, parfois sans même le vouloir.

Parce que Va-t-en Guerre est surtout une enquête pour trouver le coupable du plus grand crime qui puisse avoir lieu, le crime contre la paix. Pas une mince affaire, surtout lorsque toute la population d'Ankh-Morpork veut faire la guerre aux entorchonnés. Parce qu'en plus de nous parler de l’absurdité de la guerre (surtout vu la raison de celle-ci dans le roman), Pratchett parle de l'absurdité du racisme et de la peur de l'inconnu. Deux thèmes qui se rejoignent, se ressemblent même et dont il parle avec justesse, sans en faire trop, sans non plus jouer au moralisateur. Si ces deux thèmes sont ceux qui ressortent le plus, ils ne sont pas les seuls. L'île qui surgit sans crier gare est réelle par exemple (il s'agit de l'île Ferdinandea). Il y a aussi un début de problème de temporalité pour le pauvre désorganisateur de Vimaire (ce qu'il se passe lorsque deux choix se présentent à nous et qu'on en choisi un plutôt que l'autre). On ajoute au tout quelques références à la pop culture et on secoue bien.

Va-t-en Guerre est donc pour moi un très bon tome des aventures du Guet, intelligemment construit et avec des thèmes qui me parlent vraiment […]. Comme toujours, Pratchett nous offre un divertissant intelligent.
 
 
Oriane
La Pile à lire
+
Pratchett - Fond d'écran - ActuSF
Posté 11 février 2016 -
Fond d’écran, nouvelles de Terry Pratchett, L’Atalante : faible revanche sur la Mort, des textes inédits de Pratchett continuent à nous parvenir en France, dans les traductions de Patrick Couton – le personnage, très apprécié, est par ailleurs présent dans deux textes, « Les platines de la nuit » et « La mort et tout ce qui s’ensuit ». Une grosse trentaine de textes courts, parfois réduits à quelques paragraphes, sont ici réunis : ils étaient dans leur grande majorité déjà parus, mais dans des journaux confidentiels et tout au long de sa carrière véritablement, puisque les premiers remontent au début des années 60 – chacun est accompagné d’un texte de présentation par Pratchett en restituant le contexte. Il s’agit parfois de textes de circonstance ou de commande – pour accompagner la sortie d’un jeu consacré au Disque-Monde ou fêter un jumelage entre une ville réelle et Ankh-Morpork, mais le talent de Pratchett les transcende chaque fois, pour une lecture infiniment réjouissante !
Mes préférés, à simple titre d’exemples, car chacun y trouvera de quoi combler ses goûts : « Rejet par l’université de procédés diaboliques », une réunion des grands pontes et mages formant le « Conseil de l’Université de l’Invisible », d’accord pour rejeter le rapport Pessimal qui leur enjoint d’essayer de produire des travaux scientifiques et même d’attirer des étudiants - quelle idée ! Et puis « Récompense ultime », savoureuse apparition dans la vie banale de son auteur d’Egan le Barbare, héros tout juste sacrifié dans sa série de roman, armé de sa fidèle épée Skung, qui lâche régulièrement des « J’ai soif de ton sang » - de l’excellente fantasy parodique en contexte banlieusard anglais.
 
Anne Besson
ActuSF
+
Pratchett/Baxter - La longue utopie - Jean-Luc Rivera
Posté 02 mai 2016 -

J’ai déjà partagé avec vous mon enthousiasme et ma passion pour la série de La Longue Terre dont trois volumes sont sortis à L’Atalante : La Longue Terre (coup de coeur de juillet 2013), La Longue Guerre (coup de coeur d’avril 2014) et La Longue Mars (coup de coeur de mai 2015). Le quatrième et avant-dernier tome vient de sortir, La Longue Utopie, tout aussi réussi et passionnant que les précédents. Les auteurs continuent d’étudier les conséquences humaines, culturelles, sociétales et économiques du bouleversement fondamental qu’a constitué la mise à disposition pour tous sur le net d’une méthode simple et à la portée de tous pour partir sur l’infinité des Terres parallèles qui existent de part et d’autre de la nôtre, Primeterre. Exode massif des populations, disparition progressive des grands centres de culture et d’éducation, affaiblissement des gouvernements établis - comment contrôler des millions de territoire épars aux populations quasi inexistantes ? -, retour à une économie simple basée sur la coopération et le troc - pourquoi travailler lorsqu’il suffit de cueillir et de chasser ce dont on a besoin ? -, nous découvrons de volume en volume la manière dont les choses évoluent. Nous sommes maintenant en 2052, Josué Valienté, l’explorateur le plus célèbre de tous les mondes fête ses cinquante ans en voyageant en direction de Prime Terre en compagnie de son fils puis de plusieurs de ses vieux amis. Mais ce voyage n’est pas seulement d’agrément : il voudrait aussi en savoir plus sur sa famille (il est orphelin) et ce sera le vieux Nelson Akiziwe, son ami et celui de Lobsang, qui va se charger des recherches. Lobsang, justement, cet être humain réincarné dans un système électronique, à la fois omniscient et omnipotent, la créature qui, en compagnie de Josué, a le premier exploré extensivement la Longue Terre, a organisé sa mort en 2045 ; mais un certain George, accompagné d’Agnès, l’ex-bonne soeur qui a élevé Josué et est devenue un androïde, va s’installer en 2054, avec un petit garçon adopté, Ben, sur la Terre Ouest 1 217 756. Curieusement, c’est à cet endroit, recommandé par Sally Linsay, l’exploratrice intrépide que nous connaissons aussi depuis le Jour du Passage en 2030, qu’avait été découverte une grotte mystérieuse que seuls les enfants de La Nouvelle-Springfield connaissent et d’où ils ramènent des artefacts d’argent inconnus.


Ce volume va nous apporter des réponses (ou du moins des débuts de réponses) à certaines des énigmes qui se posent depuis le premier volume : d’où viennent les passeurs "naturels" qui semblent avoir existé depuis très longtemps ? Pourquoi et comment le père de Sally Linsay a-t-il inventé et mis en ligne le procédé du passage et pourquoi a-t-il continué ses recherches sur la Longue Mars ? Quelle est cette menace diffuse qui semble avoir inquiété les trolls et les autres populations humaines appartenant à des rameaux différents du nôtre au point de les avoir fait fuir en masse ? Que sont devenus les "Suivants", ces jeunes humains surdoués qui représentent peut-être l’étape suivante de notre évolution ? A travers Stan Berg, ce jeune Suivant né en 2040 à Miami-Ouest 4, et son copain Rocky, lui purement humain, nous verrons qu’il n’existe aucune réponse simple - comme le voudraient certains humains et certains Suivants - au problème des relations entre les deux espèces (mais sont-elles vraiment deux espèces séparées par un bond évolutif ?). Nos personnages ont vieilli et mûri, la vie leur a fait perdre certaines illusions et l’Utopie qu’ils croyaient - pour certains du moins - pouvoir créer. Ils découvriront de nouveaux mystères dans la Longue Terre, à travers les "points mous" et une manière de "passer" dans une direction autre qu’Est et Ouest. Le ton de ce volume est beaucoup plus grave, pour ne pas dire sombre, que celui des précédents car l’utopie s’éloigne et les menaces se rapprochent. Avec son talent habituel, Stephen Baxter nous livre un certain nombre de ses questionnements habituels et de ses idées brillantes, mais le livre se termine, pour une fois, de manière terrifiante et nous fait attendre avec impatience le dénouement dans le prochain et final volume.
Point important, je ne peux que recommander à ceux d’entre vous qui ne l’auraient pas encore fait de lire les précédents tomes dans leur ordre de parution afin de pouvoir apprécier pleinement toute l’intrigue et sa finesse, ainsi que l’évolution psychologique des différents protagonistes.

Jean-Luc Rivera

+
Pratchett - Monnayé - Actusf
Posté 27 avril 2016 -
Monnayé est le trente-sixième volume des Annales du Disque-Monde (trente-deuxième dans cette collection Pocket en français) et le deuxième volume mettant en scène le personnage de Moite von Lipwig, que l’on retrouve d’abord dans Timbré, puis après celui-ci dans Déraillé. Monnayé a obtenu le prix Locus du meilleur roman de fantasy en 2008.

Lorsque le seigneur Vétérini vous propose une mission, cela ne se refuse pas. Encore moins lorsque vous êtes un escroc notoire sauvé in extremis de la pendaison et affublé d’une nouvelle identité. C’est ainsi que Moite von Lipwig va se retrouver avec l’épineux problème de gérer la banque d’Ankh-Morpork, entre un président canidé et une famille d’héritiers prêts à le faire disparaître de l’équation…

Moite von Lipwig, l’anti-héros attachant

Si les Annales du Disque-Monde sont des histoires indépendantes, il arrive de retrouver le même personnage à travers plusieurs histoires. Ainsi, Monnayé est la deuxième aventure de cet anti-héros attachant, Moite von Lipwig. Ancien escroc notoire sauvé in extremis de la pendaison par le seigneur Vétérini, patricien de la ville d’Ankh-Morpork, Moite doit de nouveau lui venir en aide. Tiraillé entre l’envie de mener une vie sans embûches et le goût de l’aventure, ce ministre des Postes atypique est un plaisir à suivre au fil de ce tome.

Costume doré, chapeau haut de forme, langue bien pendue et dépendant d’un président canidé, Moite von Lipwig offre là toute l’essence des personnages loufoques et attachants de Terry Pratchett. C’est avec légèreté que l’on suit ses péripéties entre un Seigneur à qui on ne refuse rien, une famille héritière qui ne veut pas lâcher sa banque et toute une ribambelle de personnages que l’on se plaît à découvrir au fil du récit.

Le système bancaire et autre satire

Terry Pratchett prend l’habitude de se moquer de certains aspects de la société dans son œuvre. Ici, c’est le milieu bancaire. Quel est l’intérêt de l’étalon-or, vraiment ? Une promesse d’échanger la moindre piastre contre son équivalent en or, explique monsieur Fripon, employé modèle de la banque d’Ankh-Morpork. Tant que personne ne vient réellement demander cet échange.

Dans sa tâche d’assainir les comptes de la banque, Moite von Lipwig va faire preuve d’ingéniosité pour tenter de mettre un coup de pied dans la fourmilière. Mais sous cette couche loufoque se dessinent des questionnements et autres contradictions qui nous semblent bien familiers…

C’est la force de Pratchett : il arrive à glisser de vraies questions de société à travers un univers de fantasy qui reprend et appuie les stéréotypes du genre. Toujours avec humour et légèreté, mais cela apporte une certaine profondeur au texte.

En plus de la banque, Pratchett aborde ainsi la question de l’identité sociale des hommes et des femmes par exemple, à travers Gladys, le golem de mille ans qui s’est vu affublé d’une jupe car il serait inconvenant qu’un golem homme nettoie les toilettes des femmes. Mais pourquoi les golems seraient-ils hommes par défaut ? De nombreux anecdotes et personnages émaillent le récit de la sorte, chacun atypique à souhait mais soulevant des questions bien pertinentes en deuxième lecture.


Monnayé s’inscrit dans la tradition humoristique et satirique de Terry Pratchett. Habilement traduit, on y retrouve jeux de mots truculents et personnages hauts en couleur dans l’univers du Disque-Monde. Que vous preniez le temps de noter les moqueries de notre société contemporaine qui se dessinent en filigrane ou non, vous passerez un bon moment, à condition d’adhérer à la plume loufoque de l’auteur. Tome indépendant comme le reste de la série, il n’est pas nécessaire d’avoir lu le précédent pour comprendre et apprécier cette nouvelle aventure de Moite von Liwpig.

Florie Vignon
+
Pratchett - Le régiment monstrueux - Efelle
Posté 25 mai 2016 -

Vous prenez une poignée de gens qui n'ont pas l'air différents de vous et moi, mais quand on les réunit tous, on obtient ce type de fous furieux affublés de frontières et d'un hymne national.

La Borogravie est en guerre, une de plus, pour ce pays pauvre perdu dans ses montagnes au milieu de nulle part. Le conflit ayant conduit à la destruction du tours du clac, Ankh-Morpork a envoyé une délégation diplomatique pour suivre le conflit, en la personne du Duc Sam Vimaire. Par ailleurs, Guillaume Des Mots du journal Le Disque-Monde couvre les affrontements.

Pendant ce temps, au coeur d'un bled de montagne, Margot Barrette craignant pour la vie de son frère dont elle n'a plus de nouvelles suite à son enrôlement, se déguise en homme et s'engage. Rapidement, elle découvrira qu'elle n'est pas la seule femme grimée de l'escouade...

Ils perdaient la guerre. Tout le monde le savait, mais personne ne voulait le dire. Comme si, en s'abstenant de prononcer les mots tout haut, on s'imaginait que rien de tel n'avait lieu. Ils perdaient la guerre, et cette escouade, sans formation ni expérience, combattant dans des souliers de soldats morts, ne pouvait qu'accélérer la défaite. La moitié de son effectif était des femmes ! A cause d'une saleté de chanson ridicule, Chouffe s'égarait dans une guerre afin de retrouver le père de son enfant, une entreprise délicate pour une fille, même en temps de paix. Et l'Asperge suivait son petit ami, une situation romantique qui n'excéderait pas les cinq premières minutes d'une bataille. Quant à elle...

... eh bien, oui. Elle aussi avait entendu la chanson. Et après ? Paul était son frère. Elle avait toujours veillé sur lui, même toute petite. Leur mère était toujours occupée, comme tout le monde à la Duchesse, aussi Margot était-elle devenue la grande soeur d'un frère de quinze mois son aîné. Elle lui avait appris à se moucher, à former ses lettres, elle partait à sa recherche quand des garçons cruels l'avaient perdu dans les bois. Courir après Paul était un devoir vite devenu une habitude.

L'escouade équipée de bric et de broc, mené par l'inexpérimenté Lieutenant Blouse et le redoutable roublard Sergent Jackrum se retrouvera vite dans une situation atypique, loin de l'armée boragravienne encerclée... Malgré tout tant Margot que les autres éléments féminins feront montre d'une détermination et d'une ingéniosité des plus remarquables. Ce qui avec un petit coup de pouce de Vimaire et la puissance de la presse, pourrait être suffisant pour amorcer nombre de changements, dont l'issu du conflit.

Mélangeant toujours, avec brio, humour, tendresse et noirceur, Terry Pratchett livre un bon roman portant tant sur l'absurdité et la cruauté des conflits que l'émancipation féminine. Un très bon moment.

 Efelle

+
Pratchett - Mortimer - Babelio
Posté 31 mai 2016 -

Mortiimer est un jeune bon à rien dont personne ne sait trop quoi faire dans ce petit coin du Disque-Monde... jusqu'à ce que la Mort décide de l'embaucher comme apprenti, ou plutôt comme remplaçant pendant ses vacances bien méritées...
Mortimer, c'est aussi le quatrième tome des Annales du Disque-Monde, et le premier du cycle de la Mort. Un livre qui peut tout à faire servir de porte d'entrée à cet univers délirant et délicieux, comme il l'a fait pour moi.
Mortiimer, en un mot, c'est... MORTEL ! Je n'aime pourtant pas toujours les histoires trop déjantées et foutraques. Mais là, rien à dire, je me suis régalée !

Bourré d'humour, de jeux de mots, d'effets de STYLE, de situations cocasses et de personnages loufoques, ce livre est bon pour le moral et les zygomatiques. Il est bon aussi pour les neurones, car il est brillant, plein de trouvailles astucieuses et même d'une certaine profondeur dans la recherche par la Mort d'un sens à sa "vie"...

Aucun doute, Mortimer m'a convertie au plaisir du Disque Monde; j'espère que lui et son patron me laisseront le temps de lire la suite de leurs aventures avant de venir me voir en vrai pour casser mon sablier !

Babelio

+
Pratchett/Baxter - La longue terre - Adalana's Imaginary world
Posté 26 juillet 2016 -

Quand j’ai entendu parler de cette collaboration entre Terry Pratchett et Stephen Baxter, deux auteurs incontournables de la fantasy et de la science-fiction, j’étais plutôt intriguée et excitée, sans trop savoir toutefois à quoi m’attendre tant leur style et leur domaine de prédilections sont différents.

Le résultat, en ce qui concerne ce premier tome en tout cas, est plutôt satisfaisant. Le roman ne manque pas de touches d’humour même si on est loin des annales du Disque-Monde et le côté scientifique est moins complexe que dans un roman de Baxter, La Longue Terre est à mon avis la balance parfaite entre ces deux auteurs.

Le récit est bien rythmé, on se balade avec plaisir entre les différentes dimensions, en se demandant constamment ce qu’on va bien pouvoir rencontrer. Par ailleurs, les questions sociologiques, économiques et politiques, même si cet aspect du roman n’est pas le plus développé, m’ont beaucoup intéressée. Bref, j’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture.

Un premier tome qui donne envie de lire la suite, non seulement pour sa qualité mais aussi parce que l’histoire se termine sur un cliffhanger insoutenable !

 

Adalana

https://adalana.wordpress.com/2016/06/09/terry-pratchett-stephen-baxter-la-longue-terre/

+
Pratchett - Au Guet - Yossarian
Posté 26 juillet 2016 -

Que les lecteurs assidus de ce blog (Chut ! Je vous entends vous compter) se rassurent. Je n’ai pas oublié l’engagement pris, il y a maintenant quelques mois, d’épuiser l’œuvre de sir Terry Pratchett. Mon silence n’a été que temporaire et fortuit (d’autres bouquins à lire, en fait). Après un plus que bon Trois Sœurcières et un pas mal du tout Pyramide, renouons avec les inénarrables « Annales du Disque-Monde ».

Au Guet ! introduit un nouvel arc narratif dans l’univers de l’auteur anglais, lui permettant de brosser le portrait guignolesque de la brigade du Guet d’Ankh-Morpok. Un quatuor de bras cassés, de pochtrons et de piliers de bar à la mauvaise haleine dont les exploits, à l’instar de ceux des trois mousquetaires, vont leur permettre de se découvrir des talents pour la bravoure et les probabilités.

« Il y a une chance sur un million, il a dit, je crois, mais ça pourrait marcher. »

Dans le secret de polichinelle d’une salle obscure, un groupe d’encagoulés complotent dans le dessein de renverser le machiavélique Patricien Vétérini. Et, comme naturellement c’était mieux avant, ils espèrent le retour du roi, conformément aux antiques prophéties, quitte à les soulager un tantinet du fardeau du destin. Le Grand Maître de cette réunion d’opprimés anonymes propose à ses disciples d’invoquer un dragon, espèce disparue et retorse, afin de susciter un héros, leur propre héros, pour le combattre et ainsi semer les graines de la monarchie. Ayant dérobé un grimoire antédiluvien à l’Université Invisible, à la truffe et aux poils de son bibliothécaire, ils se mettent à l’œuvre sans tarder, attirant l’attention (assoupie) des hommes du Guet. Un risque bien faible toutefois, car à Ankh-Morpok, le Guet ne fait pas la loi. Le Patricien compte en effet sur les différentes guildes pour s’auto-gérer. Il a passé un accord astucieux et cynique en ce sens. Plutôt que d’encourager les hommes du Guet à travailler deux fois plus pour juguler la criminalité, autant encourager les filous à travailler moins en leur inculquant les principes de l’intérêt bien compris. En conséquence, les effectifs du Guet ont fondu pour se limiter à trois hommes. Un trio hétéroclite de ratés, de couards et de tire-au-flanc. Pas vraiment l’équipe gagnante pour enfermer les tire-laines. Parmi les préposés de cette maréchaussée dépareillée, on trouve d’abord le caporal Chicard, un zigue à l’apparence indicible qui, si elle s’était rapprochée du monde animal, aurait provoqué aussitôt sa fuite. Et puis, il y a aussi le sergent Côlon qui file le parfait amour conjugal avec une épouse qu’il ne voit jamais, pour cause d’emploi du temps incompatible. Enfin, pour les commander, le capitaine Vimaire apparaît comme l’homme de la situation. Il dispose d’une connaissance intime des bars de la cité et de ses caniveaux où il termine régulièrement ses nuits d’ivresse. Bref, il noie son ennui et sa piètre estime de soi dans l’alcool. Mais, les choses pourraient changer avec l’arrivée de Carotte, le petit nouveau, fils adoptif d’une famille de nains, mesurant dans les deux mètres, et poussé à la rue par ses parents parce qu’il guignait d’un peu trop près la fille de leurs voisins. Malgré ce passif chargé, le bougre est bien décidé à appliquer le règlement à la lettre pour redorer le blason du Guet.

Autant l’affirmer d’emblée, Au Guet ! fait partie des grandes réussites des « Annales du Disque-Monde ». Terry Pratchett nous convie à un festival vachard prenant pour cible l’humanité et ses créations. De la société secrète qui ferait passer la franc-maçonnerie pour une entreprise de construction de châteaux de sable, aux clichés de la fantasy, en passant par les arcanes du pouvoir politique, on ne cesse de jubiler des saillies et des piques d’un auteur utilisant l’ironie et le nonsense comme des armes de destruction massive. Au Guet ! est une comédie humaine où l’ennui de la littérature qui pose aurait été remplacé par la parodie, les clins d’œil et un art consommé du running gag. Le roman oscille entre le nawak et la satire, distribuant les bons mots absurdes et s’essayant à l’étude sociologique. Sur ce dernier point, on ne peut qu’être crucifié par l’acuité de certaines réflexions, notamment celles du Patricien.

« A mon avis, l’existence vous pose un problème parce ce que vous croyez que l’humanité se divise entre les bons et les méchants. Vous vous trompez, bien entendu. Il n’y a toujours que les méchants… mais certains sont dans des camps adverses. Il agita sa main fine en direction de la ville et s’approcha de la fenêtre. Tout un océan de mal, vaste et houleux, fit-il d’un ton de propriétaire. Peu profond par endroits, évidemment, mais beaucoup plus ailleurs, je dirais même abyssal. Seulement, des gens comme vous confectionnent de petits radeaux de règles et de simili bonnes intentions puis déclarent : Voici le bien, voici ce qui finira par triompher. Étonnant !. Il assena une claque aimable dans le dos de Vimaire. Là-bas, reprit-il, on trouve des gens prêts à suivre n’importe quel dragon, à vénérer n’importe quel dieu, à ignorer n’importe quelle iniquité. Ils témoignent d’une espèce de méchanceté banale, ordinaire. Rien à voir avec l’ignominie vraiment élevée, créative des grands pécheurs, ça me ferait plutôt penser à une noirceur d’âme fabriquée en série. Des pécheurs, pourrait-on dire, sans trace d’originalité. Ils acceptent le mal non seulement parce qu’ils disent oui, mais parce qu’ils ne disent pas non. »

À aucun moment, l’auteur ne se départit pourtant d’une certaine tendresse pour ses personnages. La naïveté de Carotte et son imperméabilité à la métaphore suscitent une franche hilarité que ne viennent pas refroidir les péripéties d’une intrigue fertile en jeux de mots et rebondissements. Sur ce point, je tire mon chapeau au traducteur Patrick Couton qui a bien dû s’amuser pour le coup. Le trio du Guet, Vimaire en tête, s’impose ainsi sans trop d’efforts aux côtés des sorcières, de Rincevent, du touriste et de son bagage parmi les figures burlesques de l’univers de Terry Pratchett.

Bref, j’en redemande. Rendez-vous est donc pris avec Eric, le neuvième volet des « Annales du Disque-Monde ». Bientôt.

Yossarian

https://yossarianblogdotcom.wordpress.com/2016/06/03/au-guet/

 

+
Pratchett - Mortimer - Read, if you please
Posté 28 juillet 2016 -
Mi-mai, j’ai décidé de continuer un peu ma lecture Des Annales du Disque-Monde! Cela faisait un moment que je n’en avais pas lu et je me suis dit qu’un peu d’humour ne me ferait pas de mal!

Ce roman ne compte pas dans ma PAL, puisqu’il appartient à la collection de mon mari…et que si je devais rajouter les 30 – je crois d’ailleurs qu’il y en a plus de 30- romans des Annales du Disque-Monde, je ne serais pas sortie de l’auberge pour mon challenge!

Je n’étais pas sûre de vouloir en faire un article – vu que je compte tous les lire et que l’introduction serait similaire pour tous les tomes, est-ce vraiment la peine? – mais j’ai tellement aimé ce roman que j’ai décidé de vous en parler quand même un peu!

Surtout qu’il s’agit de mon tome préféré jusqu’à là! Je me suis vraiment régalée lors de cette lecture – je l’ai lu très rapidement – et j’aurais bien voulu qu’il soit un peu plus long!

Il s’agit encore de fantasy burlesque et franchement, on rigole bien lors de ce tome! Certains passages sont même à éclater de rire! Pour moi, Terry Pratchett est décidément une formule qui fonctionne et je sais que je vais passer un bon moment avec ses romans.

On découvre grâce à l’œil neuf de Mortimer le quotidien de la MORT et le moins qu’on puisse dire, c’est que je ne m’attendais pas vraiment à ça! La MORT a envie de temps pour soi, mais son travail est tellement prenant, qu’il décide de prendre un apprenti pour se dégager du temps libre.

Je crois que la Mort est mon personnage préféré de la saga pour le moment. Ses réflexions, ses pensées, ses idées de loisir…on est loin de l’image froide du squelette qu’on a tous en tête. C’est vraiment un personnage à part entière, franchement passionnant et j’aimerais bien voir un tome lui être entièrement consacré!

Mortimer est un garçon très attachant, plein de bon sens  et certainement pas fait pour ce métier de mort. Parce que mine de rien, la mort, c’est quand même très basique : on ne peut intervenir en rien, il faut juste faire le travail, que cela soit une mort naturelle ou très violente. Difficile pour un jeune homme épris de justice de s’y faire.

A côté des situations pleines d’humour ( on voit même passer Rincevent et les potions de Mémé Ciredutemps), Terry Pratchett nous invite à réfléchir sur la justice et la mort. Il confronte aussi les désirs des gens avec le besoin de vivre dans la réalité.

———————————————-

Un très bon roman donc, avec des supers personnages, une histoire très drôle, un monde passionnant! Vraiment un très bon tome de cette saga, qui me donne envie de continuer à la lire! Je ne peux que vous la conseiller si vous aimez à la fantasy et l’humour!

 

Acalia

Read, if you please

https://writeifyouplease.wordpress.com/2016/06/27/mortimer-terry-pratchett/

+
Pratchett - La huitième fille - Miss Alfie
Posté 09 août 2016 -

Alors que l'homme vous a déjà parlé de deux opus des Annales du Disque-Monde, il est temps que je vous en parle moi-aussi. Notez qu'avant de lire ce roman, qui est en fait le 3e publié dans cette série imaginée par le britannique Terry Pratchett, j'avais lu Au guêt ! sur les conseils d'un Padre professant la bonne parole pratchienne sur Twitter. Sur ces conseils, j'ai donc inscrit La huitième fille dans ma PAL estivale, ainsi que Le guêt des orfèvres, suite du premier opus cité.

Si Au guêt ! se déroulait quasiment en intégralité dans la capitale du Disque-Monde, Ankh-Morpok, et mettait en scène les forces du guet municipal, La huitième fille est le premier opus de la sous-série consacrée aux sorcières. Oui, j'ai moi aussi découvert qu'au sein de la série des Annales du Disque-Monde, il y a en fait plusieurs sous-série au sein desquels on va retrouver des personnages récurrents. 

D'après ce que j'ai lu, et les explications que j'ai eu, la série des sorcières met en scène notamment Mémé Ciredutemps dont on fait donc la connaissance dans La huitième fille. Mémé est une sorcière, parce que les femmes sont des sorcières. C'est comme ça. Les femmes ne peuvent être mages, les femmes font une sous-magie. Seuls les hommes peuvent pratiquer la magie noble et intégrer l'université pour devenir mage.

"Personne n'aimait la magie, surtout entre les mains d'une femme. On ne savait jamais ce qui aller leur passer par la tête le coup d'après." 

Vous vous en doutez, ce roman, sous ses aspects fantastiques, évoque la question de la parité, du féminisme et de l'égalité entre les hommes et les femmes. Traité avec beaucoup d'humour et de pertinence, le sujet est parfaitement digeste, sans leçons de morale grâce à un cynisme et une ironie portés par le style de Pratchett. 

En filigrane, le lecteur néophyte découvre le Disque-Monde, un univers portés par 4 éléphants eux-mêmes supportés par une gigantesque tortue. Car bien loin de plaquer son histoire dans un monde fantastique, Pratchett le construit de toutes pièces. J'admire ici la maîtrise dont il fait preuve pour mettre en branle une saga de 40 romans autour de cet univers et de ces personnages...

Après Au guêt ! qui m'avait laissé une bonne impression mais ne m'avait peut-être pas convaincue, La huitième fille réussit le pari de me faire accrocher à une saga de fantasy... C'est bon Padre, je crois que je suis conquise !

Miss Alfie

croqlivres.canalblog.com/archives/2016/07/20/34055274.html

+
Pratchett/Baxter - La longue terre - Babelio - Virgnie34
Posté 29 août 2016 -

Qui n'a pas rêvé de découvrir des univers parallèles et d'explorer l'infinité des mondes, de démarrer une nouvelle vie dans des terres inexplorées? Tous les grands ressorts de l'aventure et de l'exploration sont là, passés à la moulinette de l'écriture pleine d'originalité de Terry Pratchett et Stephen Baxter.

Virginie34

Babelio

+
Pratchett/Baxter - La longue mars - L'amour des livres
Posté 06 septembre 2016 -

La Primeterre est dévastée, en grande partie noyée sous la cendre, à la suite de l'éruption du Yellowstone. Des flots de réfugiés se massent dans les Terres parallèles, bientôt surpeuplées. Il faut s'adapter pour survivre. Dans ce contexte post-apocalyptique, de jeunes surdoués à l'intelligence incomparable apparaissent. Est-ce une chance ou une menace ? Et qu'en est-il de cette découverte tapie dans les profondeurs parallèles de Mars ? La trilogie La longue Terre, originale, invite plus que jamais au voyage et à la réflexion sur l'avenir de l'homme. En voici le chapitre final.

L'amour des livres - Été 2015 

+
Pratchett - Le guide de Mme Chaix - L'amour des livres
Posté 06 septembre 2016 -

Cet auteur de fantasy parmi les plus prospères et prolifiques nous entraîne dans un voyage à bord du chemin de fer d'Ankh-Morpork et des plaines de Sto, car au siècle de l'Anchois, le développement du train est foudroyant ! Indispensable pour la traversée de ces contrées étonnantes : le guide d'une certaine Napoléonie Chaix, aux illustrations et détails aussi truculents qu'utiles, tant dans la préparation du périple que pour mieux connaître les moeurs et traditions des autochtones.

L'amour des livres - Beaux-Livres 2015

+
Pratchett, Baxter - La Longue Terre - Lorhkan
Posté 14 septembre 2016 -
Étonnant, et pourtant…

Car oui, disons-le tout net, l’association des deux auteurs britanniques fonctionne à merveille ! On y retrouve par petite touches la tendance scientifique de Baxter sur certains éléments du récit, discrète, jamais trop lourde, mais aussi le goût des dialogues bien ciselés et rondement menés de Pratchett, tout comme son côté cynique et pince-sans-rire.

Mais comment tout cela s’agence-t-il ? Comme indiqué sur la quatrième de couverture reprise ci-dessus, « La Longue Terre » met l’humanité face à la situation suivante : les univers multiples existent, et peuvent être atteints à l’aide d’un artifice tout simple à la portée de tout le monde : un « passeur » composé de quelques circuits électroniques et d’une pomme de terre en guise de pile. Vierges de toute exploration humaine, ils n’attendent que le goût de l’aventure de quelques pionniers, bientôt suivis par quelques arrivistes sentant le bon coup financier, pour être explorés, puis peuplés. Car ces mondes alternatifs sont très ressemblant à notre « Prime Terre » (ainsi qu’elle est désormais appelée). C’est donc un eldorado de matières premières et autres grands espaces qui s’offre aux hommes. C’est bien évidemment une révolution sur bien des plans qui va s’opérer : finies les guerres dues au manque d’espace vital, fini le manque de ressources, etc… Il y a maintenant une infinité de mondes pour potentiellement satisfaire toute la population !

C’est dans ce contexte que Josué Valienté, un jeune homme capable de passer de monde en monde sans aide d’un passeur, va être contacté par transTerre, une filiale d’une grande et mystérieuse entreprise nommée Black Corporation (du nom de son fondateur), pour explorer la Longue Terre et tenter d’aller à son extrémité, si tant est qu’elle existe. Pour l’accompagner : Lobsang, une intelligence artificielle un brin déjantée qui dit avoir été dans une autre vie un réparateur de motocyclettes tibétain !… Leur moyen de locomotion : un dirigeable.

Ce contexte posé, on peut déjà y discerner la patte loufoque de Pratchett et l’explorateur de possibilités scientifiques Baxter. Et les deux auteurs vont laisser libre cours à leur imagination et explorer nombre de situations différentes, au gré de digressions toujours bien amenées et surtout toujours riches de sens. Ainsi le roman semble partir un peu dans toutes les directions, mais c’est un moyen pour les deux compères, qui visiblement se sont entendus à merveille, d’explorer de nombreuses pistes (les peuples colonisés qui ont la possibilité de retrouver leur terre ancestrale vierge, ceux qui tentent de faire fortune en venant sur des sites célèbres pour leur gisement d’or, ceux qui, l’esprit pionnier et la conquête de l’Ouest en ligne de mire, veulent recréer un idéal tranquille et s’affranchir du besoin de travailler pour quelqu’un d’autre, mais également les côtés plus sombres comme la criminalité ou la possible déchéance de la Prime Terre devant l’exode massif de ses habitants, etc…).

Alors certes, la première moitié du roman semble manquer de fil directeur, surtout si on ajoute à toutes ces digressions quelques flashbacks pour narrer la découverte de cette Longue Terre ou bien encore le passé de quelques personnages. Mais pourtant à aucun moment je n’ai trouvé le roman ennuyeux, parce qu’il a toujours une réflexion à offrir, mais aussi parce qu’il est porté par une plume vive (influence de Pratchett ?), offrant ainsi un récit d’une grande fluidité. Rien dans le roman n’est gratuit ou ne mène à rien, tout à un sens ou un but. Les auteurs savent où il veulent aller, et le lecteur le ressent clairement quand la seconde moitié du roman s’oriente vers une réflexion de plus grande ampleur sur l’évolution des espèces, dans laquelle l’influence de Baxter se fait clairement sentir.

« La Longue Terre » est donc un roman intelligent, plein de réflexion, mais aussi pétri de bons mots. A ce sujet, je ne peux résister à vous livrer ce petit paragraphe sur la façon dont les Français réagissent à la découverte de la Longue Terre :

« La France, par exemple, a déclaré son territoire ouvert à la colonisation dans l’ensemble du multivers pour qui désirait être français et souscrivait à un document précisant point par point ce que signifiait être français. C’était une idée courageuse, mais quelque peu desservie par le fait que, malgré un débat national passionné, il ne se trouvait pas deux Français pour être d’accord sur la définition de leur nationalité. Selon une autre école de pensée, cependant, se quereller sur ce qui déterminait son appartenance était justement l’un des critères requis pour chanter cocorico. »

Lorhkan

+
Pratchett - Mortimer - bfmtv.com
Posté 19 septembre 2016 -

Ce roman fait partie de la saga des "Annales du Disque-Monde". Cependant, il est inutile d’avoir lu les autres tomes pour comprendre celui-ci. Dans ce livre, la Mort cherche un apprenti pour le remplacer (oui, c’est un personnage masculin) et prendre des vacances. Son dévolu tombe sur le jeune Mortimer, que rien ne prédestinait à un tel métier. Evidemment, son apprentissage ne va pas se passer comme prévu. Vous aimez l’humour anglais, les contes et les romans initiatiques? Foncez, vous ne serez pas déçu.

Adeline Arénas - bfmtv.com

 

+
Pratchett - La couronne du berger - Les libraires
Posté 23 septembre 2016 -

C’est bien connu : les sorcières n’ont pas de chef. Toutefois, lorsque les fées se massent aux frontières et fomentent des projets d’invasion, c’est à la jeune Tiphaine Patraque qu’échoit la tâche de rassembler ses consœurs pour la défense du Disque-Monde. Notons bien que le terme « consœurs », ici, désigne également Geoffroy, premier apprenti sorcière de sexe masculin de toute l’histoire du Multivers, qui devra apprendre à travailler aussi dur qu’une femme s’il veut se montrer digne du métier. Truffée d’humour british, La couronne du berger saura plaire aux fidèles de Terry Pratchett autant qu’aux néophytes.

Une véritable ode à la vie, dans laquelle on se laisse glisser comme dans une couverture chaude. 

Émilie Roy-Brière - librairie Pantoute - Les libraires

 

+
Pratchett - La huitième fille - Voyage au centre des livres
Posté 30 septembre 2016 -
Mais quelle surprise !! Moi qui n'ai pas su terminer le 1er tome de ces fameuse annales du Disque-Monde, j'ai vraiment bien aimé celui-ci !

Pourquoi ? Et bien, très bonne question ! Je n'en sais absolument rien !
J'arrive pas à sonder les différences entre les 2 tomes qui ont fait pencher la balance en faveur de celui-ci... Faut pas chercher midi à quatorze heure, il y a peut-être tout simplement pas d'explications à l'inexplicable...

"Les femmes ont jamais été mages. C’est contre nature. Comme si on disait que les sorcières pouvaient être des hommes."

Voilà en gros autour de quoi tourne cette histoire, l'égalité des sexes se trouve ici au centre du roman, lorsque par un "malheureux" hasard le huitième fils d'un forgeron devant faire face à son destin de devenir mage, se révèle en fait être une fille (hors tout le monde le sait, les filles ne peuvent qu'être des sorcières, en aucun cas des mages !)

C'est bien simple, j'avais un grand sourire tout au long de ma lecture, les répliques entre les personnages sont justes fantastiquement drôles et souvent totalement loufoques, parfois sans queue ni tête. Mais derrière ce soi-disant farfelu qui ne veut pas dire grand chose ou qui se contredit, se cache des vérités sur notre société et c'est tout bonnement succulent à lire.
Par exemple quand Mémé Ciredutemps nous expose sa théorie sur la têtologie, c'est juste génial !

Je n'ai qu'un conseil: à ceux qui n'ont pas aimé l'un ou l'autre des tomes de la série, ne vous arrêtez pas à ça. Il y en a surement un autre qui se cache et que vous saurez apprécier.
Une chose est sure, je vais en lire d'autre, j'aimerais beaucoup découvrir les histoire sur la Mort, personnage qu'on ne voit malheureusement pas dans ce tome-ci mais que j'avais adoré dans la huitième couleur.


BON A SAVOIR :
Il s’agit ici du 3ème tome des Annales du Disque-Monde mais il peut être lu indépendamment des deux premiers car il s’agit du premier tome de la série sur les sorcières. En fait les livres des Annales sont divisées en catégories en fonction du ou des personnage(s), il vaut mieux donc lire dans l’ordre par rapport aux personnages, et cet ordre ne correspond pas nécessairement à l’ordre des tomes.

Galah
Voyage au centre des livres
+
Pratchett - Au guet ! - Babelio - Claraz68
Posté 04 octobre 2016 -
En tant que grande adepte du Disque-Monde et de T. Pratchett, je me suis mis en tête de lire toutes les annales de cet univers. J'avais déjà lu tous ceux concernant la Mort, certains des sorcières et quelques autres.

Cependant je ne m'étais pas encore attaquée à ceux du Guet, avec ses personnages emblématiques que sont Vimaire, Chicard, Côlon et Carotte. Et comme d'habitude avec Terry Pratchett, aucune déception à la clé. Chaue personnage a son caractère et sa raison d'être.L'humour de Pratchett toujours présent, nous arrache des sourires toutes les quelques pages et je ne peux que saluer, encore une fois, le talent de Pratchett pour sa plume et son esprit! La traduction, est comme toujours, de qualité, surtout pour le rendu de l'humour.

La lassitude ne pointe pas le bout de son nez et il me tarde de découvrir les nouvelles affaires du Guet, courageux et vaillants fonctionnaires d'Ankh-Morpork !
+
Pratchett - Masquarade - Babelio - Okka
Posté 24 octobre 2016 -
Pratchett qui parodie le monde de l'opéra, et surtout « le fantôme de l'opéra » et sa musique. Ça en est hilarant car avec son oeil de lynx il nous fait prendre conscience. Il voit au-delà de ce que l'on trouve « normal » en mettant sa pensée sur ses personnages.
Donc il nous éclaire sur ce monde assez inconnu et son lexique, comme pour les places « paradis » et «parterre » qui sont l'inverse de leur valeur. Ses occupants, de l'aristocratie, qui n'y connaissent rien, que ça soit dans le scénario, les chants, la musique et pour se rendre moins bête ils font appel à la majorité du même niveau qui les entoure. Ce qui fait que ça vol au ras du sol. Une des particularités de ce lieu, est que pour y entrer il faut porter un costume, pour ensuite écouter une pièce de théâtre chantée en langue étrangère.

Un monde de fous, « une serre pour malades mentaux ».
Un thème très présent, la psychologie/folie. Entre Mémé Ciredutemps qui pose une unique question « têtologique » lui permettant de connaitre le fond de la personne. Quand d'autres ne juge que sur la première impression, telle une poignée de main.
La frontière entre sain d'esprit et la folie se situant à partir de trois points d'exclamation. Attention à vous !!! (Oups)
Tout prend une proportion différente, décuplé dans ce monde de faux avec la magie des masques. Quelqu'un d'insignifiant au quotidien peut grâce à ce lieu devenir autre. Ou tout simplement devenir célèbre qu'importe l'expérience, le talent grâce uniquement au physique qui plaît à la majorité. (De +en+ présent pour nous également au quotidien).

Découvrez le monde de l'opéra par Pratchett, car c'est un passage obligé pour s'éclaircir la pensée !
Et les recettes de Nounou Ogg dans son livre : « Les plaisirs de la chère ». (The Joy of Sex) Best-seller de l'année. Hélas Nounou s'est fait arnaquer bien méchant par la maison d'édition. Pas gentil ça d'arnaquer une vieille femme. Surtout une sorcière de Lancre !!
À force de rester en retrait dans l'ombre, j'en viendrais presque à oublier Perdita X Créttine, alias Agnès qui est le lien principal de cette histoire.

Et n'oubliez pas quoi qu'il arrive, même si on vous le dit seize fois ici présent : « le spectacle doit continuer ! 🎭 The show must go on ! »
 
Okka
Babelio
+
Pratchett - Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants - Babelio - Miney
Posté 14 novembre 2016 -
J'adore ! La combine est vraiment bien trouvée, les héros sont la bande de compères la plus improbable qui soit.

C'est un livre drôle, intelligent et bien écrit qui dépasse largement du cadre du livre pour enfant ou de la simple parodie du joueur de flûte de Hamelin. J'ai trouvé les rats très touchants alors qu'ils apprennent à fonder une nouvelle société, à définir leur place dans le monde, des concepts comme la justice et la morale... Tandis que Maurice se complaît joyeusement dans le vice !
+
Pratchett - La huitième couleur - Les balades livresques de Chiwi
Posté 22 novembre 2016 -
Quand Terry Pratchett a commencé à écrire ce qui allait devenir Les Annales du Disque-Monde, la fantasy a pris une nouvelle voie : celle de l’humour.

Car Pratchett dans ce premier roman des Annales revisite de manière humoristique la fantasy . Le mage est un incapable qui n’a même pas fini l’école de magie et qui ne connait qu’un seul sort aux effets dévastateurs. Le guerrier est un tas de muscles qui pense peu, pour qui le choix ne se résume qu’à une alternative et à chaque fois il choisit toujours le mauvais truc. Mais le meilleur reste Deuxfleurs, le touriste. Il récupère toutes les tares du touriste moderne, cela fait rire. En y réfléchissant il est facile de se dire que ce bonhomme ça pourrait être n’importe lequel d’entre nous. Donc ça permet de reconsidérer certains comportements que l’on pourrait avoir comme touriste.

Même si Pratchett fait de la fantasy humoristique, il faut s’accrocher dans la lecture. Certaines phrases peuvent être longues et il ne faut pas en rater un bout sinon tu peux repasser pour comprendre le trait humoristique. Je m’y suis repris à deux fois pour le lire (la première fois c’était pour m’occuper pendant les heures d’étude et je n’avais pas pu apprécier ce  que j’avais pu lire).

Je suis content de m’y être replongé mais commencer un cycle et l’apprécier est un peu dangereux, ça donne des envies de lecture.
 
Les balades livresques de Chiwi
+
Pratchett - Mortimer - Babelio - Hyppolite78
Posté 30 novembre 2016 -
Le 4e volet des annales du disque monde est consacré à la mort.
Il nous conte l'histoire de Mortimer, un jeune garçon embaucher par la Mort en tant qu'apprentie, histoire de laisser du temps libre à la Mort. Mais bien sur ça ne pouvait pas se passer aussi facilement. Dans ce tome nous avons le droit a une Mort dépressive, à Mortimer qui ne fait pas son boulot correctement et qui ne prend pas ses responsabilité, et à Albert un magicien à la retraite.
A noter que dans ce tome apparaît, Rincevent qui est toujours aussi nul ! Comme toujours chez Pratchett ce tome des annales du disque monde, est très drôle, tant par la parodie, que par les personnages décalés.
Je vous le conseil fortement 
 
Hyppolite78 - Babelio
+
Pratchett - La couronne du berger - Babelio - Taraxacum
Posté 15 décembre 2016 -
Vais-je vous l'avouer? J'ai pleuré. Malgré ce que l'on pourrait croire, cela n'est pas venu du fait que ce roman est le dernier du Disque-Monde, une série qui a enchanté des lecteurs à travers le monde entier pendant des années, non.
J'ai pleuré, attention spoilers, car ici l'inénarrable Mémé quitte le Disque-Monde. Même les grandes sorcières voient un jour sonner leur heure et la sienne est là. Cela fait étrange de dire adieu à un tel personnage.
Le reste du livre est typique d'un livre de Tiphaine et d'un livre des sorcières à la fois (n'allez pas commencer par celui- ci, il faut lire les séries dans l'ordre à l'intérieur de l'immense série Disque-Monde): des elfes et des ch'tits hommes libres, des vieillards à visiter et des femmes à accoucher, et des ennemis de la race humaine à repousser aux confins du monde.
C'est drôle et intelligent à la fois,c'est tout simplement excellent.
 
Taraxacum - Babelio
+
Pratchett - Masquarade - Encore un chapitre
Posté 29 décembre 2016 -
Quoi ?! Je ne vous ai toujours pas donné mon avis sur Masquarade des Annales du Disque-Monde ? Quelle honte ! Pourtant ce tome, je l’ai adoré. J’ai aimé retrouver ma bonne amie Mémé Ciredutemps, accompagnée de cette chère Nounou Ogg. Ce livre, je sais déjà que je vais le lire, le relire et le rerelire, car il est un concentré de bonne humeur avec des phrases que je ne suis pas prête d’oublier. D’ailleurs, je vous présente ma préférée que j’avais mise en citation sur quelque forum où je traîne toutes les trente-six du mois :

– L’argent fait pas l’bonheur, Gytha.
– J’voulais pas l’acheter, le bonheur, juste le louer pour quelques semaines.

Plus sérieusement, ici Terry Pratchett s’amuse à parodier le monde de l’opéra en compagnie d’Agnès Crettine dont la voix d’or lui permet d’être une star… Ou presque vu que notre pauvre héroïne n’a pas le physique pour l’emploi. Cela ne l’empêchera pas de mener l’enquête pour découvrir les mystères entourant l’opéra. Elle devra aussi supporter Christine, une jeune fille souffrant d’une légère addiction pour les « !! ». Heureusement, elle pourra compter sur l’aide de Mémé et Nounou, du moins, lorsque celles-ci auront réglé les petits soucis de royalties autour du dernier best-seller écrit par Nounou. (Des recettes très spéciales pour le plus grand plaisir de Mémé.)

Bref, j’ai adhéré à Masquarade. Je ne peux donc que le recommander.
 
Jupsy - Encore un chapitre
+
Pratchett - La huitième couleur - Mon Tas de Trucs
Posté 29 décembre 2016 -
Ce roman est riche en aventure et en humour. Les personnages sont caricaturaux et un peu barrés. On rencontre de tout : mages, voleurs, assassins, dragons, dieux et déesses, la Mort, etc.
Rincevent est bien pensé : un mage qui n'a pas terminé sa première année d'école de la magie et qui ne connaît qu'un seul sort que tout le monde craint (sauf qu'il ne sait pas lui-même ses effets). Il a un côté bon samaritain qui tranche avec son opportunisme. Il est un peu froussard et pourtant aventureux malgré lui.
Quant à DeuxFleurs, c'est un touriste complètement à l'ouest, qui n'a pas conscience du danger. Il passe au travers sans s'en rendre compte. J'ai aimé son optimisme à toute épreuve qui s'oppose au caractère de Rincevent.
La Mort... Ah ah ah! Elle est typique en aiguisant sa faux et elle attend le moment où elle embarquera le mage. Sauf que la peste lui prend beaucoup de temps. ;o)
Mon coup de coeur va au Bagage. Il ne parle pas, mais tout est dans son comportement. Je vous laisse le découvrir. Adorable et fidèle à DeuxFleurs. Dans le même genre, j'ai aussi adhéré à l'idée de la boîte à images. Génial!

Ce tome finit en suspens, donc mieux vaut prévoir le 2 pas loin !
 
Elise - Mon Tas de Trucs
+
Pratchett - Le guet des orfèvres - Lecture Évasion
Posté 17 janvier 2017 -
Ce quinzième tome de la série des Annales du Disque-Monde (re)met en scène les agents du Guet dans un récit à la fois compliqué – comme toujours! -, mais de façon parfaitement contrôlé par son auteur. J’ai eu un réellement plaisir à retrouver Carotte, ce gigantesque « nain » à l’esprit relativement simple. Je m’attendais à le retrouver tout aussi naïf et, sans grande surprise, il l’était. Seulement, l’auteur s’est clairement amusé à le faire évoluer en profondeur pour notre plus grand plaisir!
Ce tome-ci nous présente un polar incroyablement bien mené par l’auteur avec, bien sûr, le style unique de Pratchett… du burlesque pur et dur! On y retrouve quelques personnages que l’on connaissaient déjà, mais de nouvelles recrues font aussi leur apparition dans le Guet et ces nouveaux personnages sont tout simplement… parfait! Comme tout ce qui se passe sur le Disque-Monde d’ailleurs.
Les dialogues sont toujours d’une fluidité remarquable et rendent le récit tellement loufoque par moment qu’il est difficile de ne pas laisser échapper un petit rire en lisant certains passages. Des brides de bagarres et de bêtises de la part de certains personnages viennent se glisser admirablement entre les dialogues importants, permettant une image précise au lecteur dans sa tête, un peu à la manière d’un dessin animé loufoque. De façon très caricaturé, Pratchett réussi même à y inclure des thèmes importants tels le racisme et l’intégration des minorités ethniques.
Encore une fois, Terry Pratchett nous démontre qu’il est possible, même avec un quinzième tome, d’accrocher ses lecteurs et surtout de les garder pour longtemps! C’est toujours un plaisir de retrouver ce monde incroyablement riches et diversifié et j’ai déjà très hâte au prochain roman !
 
 
Lecture évasion
+
Pratchett - La couronne du berger - Actusf
Posté 27 février 2017 -
Terry Pratchett, La Couronne du Berger, trad. Patrick Couton, L’Atalante : « Le dernier roman du Disque-Monde », nous dit le sous-titre en couverture. Terry Pratchett nous a quittés il y a presque deux ans déjà, et ce livre est donc bien « le dernier » qu’il signera jamais – le 41ème roman du Disque-Monde, auquel s’ajoutent bon nombre d’ouvrages compagnons, si j’en crois la liste qui figure au début du volume et vient rappeler que L’Atalante a constamment accompagné ces parutions. Ça n’a rien d’anodin, et c’est forcément une expérience particulière que d’entamer cet ouvrage, et plus encore de le terminer. Ne nous y trompons pas cependant : ce n’est en rien un livre-testament – même si un personnage important du Disque-Monde y meurt, d’une mort idéale, douce et attendue, à la fin d’une vie bien remplie, c’est plutôt l’histoire d’un renouveau. Ce n’est un livre voulu ou conçu comme « le dernier » ; il ne conclut rien, puisque l’ensemble de Pratchett se compose de romans autonomes, pièces d’un même grand jeu, formant des sous-ensembles mais pas d’intrigue suivie.
 
On retrouve ici la série des sorcières, qui symbolise chez Pratchett l’engagement et le dévouement qu’il associe aux femmes : les pieds sur terre, les mains dans le cambouis, dans l’action et au service d’autrui, pas par bonté naïve mais parce qu’il faut bien que quelqu’un s’en occupe. La jeune Tiphaine Patraque (personnage récurrent déjà dans plusieurs romans antérieurs) va une nouvelle fois faire ses preuves en affrontant le petit peuple féérique (très négatif chez Pratchett, cruel et égoïste), aidée par ses alliés pixies, les réjouissants Nac mac Feegle dont la traduction rend bien le savoureux langage (glossaire final fourni !). Le monde a bien changé, doivent bien constater les elfes comme les gobelins en leçon finale ; le Disque-Monde aussi, après plus de quarante romans… 

Anne Besson - Actusf

+
Pratchett - Mortimer - Se nourrir de livres
Posté 29 mars 2017 -

Je n’ai jamais été aussi heureuse de trouver la Mort comme héroïne d’un livre !

Bon OK, c’est pas drôle de se retrouver face à elle, avec sa voix intimidante, sa faux, sa cape noire et ses orbites vides. Mais quand elle décide de prendre des vacances et de s’offrir du bon temps, alors, là, c’est la fête ! Imaginez la Mort qui danse, qui boit à en être ivre, qui fait de l’humour.

Et quand il prend un apprenti, Mortimer, pour le remplacer, et que celui-ci décide de laisser la vie sauve à une princesse, tout part en vrille.

Bref, c’est un régal, j’ai passé un moment génial, un livre qui fait du bien au moral, bourré de jeux de mots, de style loufoques et cocasses, de personnages déjantés.

Avec toujours une réflexion sur un sujet important, avec « l’humanisation » de la Mort.

Soniaboulimiquedeslivres, Se nourrir de livres

+
Pratchett - Pieds d'argile - Encore un chapitre
Posté 29 mars 2017 -
J’aime le Guet. Vous le saviez déjà ? Eh bien, sachez que ce roman n’a rien changé à mon amour pour cette équipe de bras cassés chargée de protéger Ankh-Morpock et ses habitants.

Pieds d’Argile est donc un bon crû. Ce roman est un savoureux mélange entre humour et enquête. Si vous aimez les robots d’Isaac Asimov, alors les golems ne devraient pas vous laisser indifférents. En tout cas, moi, j’ai beaucoup aimé l’intrigue autour de ces golems, sur le fait qu’ils soient exploités par les autres et méprisés. J’ai aussi apprécié la question de l’affirmation de soi avec le nain (ou plutôt la naine) Hilare Petitcul qui se retrouve à bousculer les traditions naines (et ce cher Carotte) afin d’assumer sa féminité comme elle l’entend. En plus, c’est Angua, qui a du mal avec sa propre nature, qui l’aide dans ce but.

Vimaire est bien sûr là avec ses échanges toujours aussi savoureux avec le Patricien ou encore Carotte. Alors autant, ce dernier est super au niveau des golems, autant il l’est moins avec Hilaria… et il est toujours aussi largué dans sa relation avec Angua. Ou plutôt Angua est larguée par le fait que Carotte pense à sa façon et ne saisisse pas son humour. J’adore ce petit couple. Ils sont trop mignons… et puis j’adore Angua. Et Vimaire. Et Carotte. Non, ne me demandez pas de choisir, je ne saurais pas lequel choisir. Ou si Angua.

Mais aussi Vimaire. Et Carotte.

Bref, je n’ai pas parlé de tout. Il y a tellement de richesses dans les romans des Annales qu’il faudrait plus d’une chronique pour en faire le tour. Je me suis donc concentrée sur l’essentiel, sur ce que j’ai retenu d’une lecture, qui commence à dater. Sans l’once d’une hésitation, je vous recommande Pieds d’Argile pour son humour, son sérieux aussi, l’enquête et les thèmes qui y sont abordés !
 
Jupsychokiller - Encore un chapitre
+
Pratchett - Pyramides - tempsdemots
Posté 29 mars 2017 -

J’ai retrouvé avec bonheur l’humour de Terry Pratchett et le Disque-Monde, puisque lire l’un de ces tomes est finalement un peu comme un retour dans une maison de vacances.
L’intrigue était comme toujours rocambolesque, totalement barrée mais, en même temps, très carrée. Il y a dans ce roman un grand nombre de personnages qui amène chacun son humour très ironique.

Il y a ici toute une réflexion sur la foi portée aux Dieux et sur la manière dont les humains perçoivent ces derniers. Sur la différence qu’il y a entre ce qu’on veut croire et ce qui se passerait si finalement les Dieux s’exprimaient.

Comme toujours, mon moment préféré reste le petit passage de Monsieur La Mort ❤

En bref un roman sympa qui propose une intrigue décalée parfaitement « Pratchettienne ».

Rinne - tempsdemots

+
Pratchett - Pyramides - tempsdemots
Posté 29 mars 2017 -

J’ai retrouvé avec bonheur l’humour de Terry Pratchett et le Disque-Monde, puisque lire l’un de ces tomes est finalement un peu comme un retour dans une maison de vacances.
L’intrigue était comme toujours rocambolesque, totalement barrée mais, en même temps, très carrée. Il y a dans ce roman un grand nombre de personnages qui amène chacun son humour très ironique.

Il y a ici toute une réflexion sur la foi portée aux Dieux et sur la manière dont les humains perçoivent ces derniers. Sur la différence qu’il y a entre ce qu’on veut croire et ce qui se passerait si finalement les Dieux s’exprimaient.

Comme toujours, mon moment préféré reste le petit passage de Monsieur La Mort ❤

En bref un roman sympa qui propose une intrigue décalée parfaitement « Pratchettienne ».

Rinne - tempsdemots

+
Pratchett - La couronne du berger - Blog d'une amatrice de fictions
Posté 29 mars 2017 -
Ce tome est donc le dernier tome de la série du Disque-Monde. C'est avec un léger pincement au coeur que j'ai donc entamé ce roman.

La Couronne du berger appartient à la série des Tiphaine Patraque, l'héroïne des romans destinés à la jeunesse parmi les annales du Disque-Monde. J'avais un peu de mal avec cette série mais j'ai beaucoup aimé ce tome.

Côté intrigue, j'ai trouvé que l'histoire n'était pas inédite. En résumé, des elfes menacent d'envahir le Disque-Monde, comme dans Nobliaux et Sorcières. Il revient aux sorcières de défendre leur monde, comme dans Nobliaux et Sorcières. Au final je trouve que l'auteur a recours aux mêmes rebondissements dans les deux romans.

Le roman s'ouvre sur un événement assez bouleversant pour le Disque-Monde. J'ai aimé que l'auteur mentionne la réaction d'un certain nombre de personnages, grands (Ridculle par exemple) ou plus petits mais tout aussi important dans l'histoire du Disque-Monde (comme Eska, c'est bon de voir que l'auteur n'oublie aucun de ses personnages). J'ai aussi apprécié les allusions et les reprises d'un certain nombre d'éléments des tomes précédents.

Est-ce pour autant une pâle réécriture de Nobliaux et Sorcières ? Non, parce que c'est le dernier roman de Terry Pratchett et que cela a une grande importance. Ce parallélisme entre les deux romans est, je pense, voulu. Il permet de voir l'évolution du Disque-Monde. Alors que Mémé était une sorcière assez traditionnelle qui combat les elfes avec les armes habituelles (son esprit affuté et le métal), Tiphaine utilise ses propres armes et sa propre manière de faire.

Je trouve que ce roman est parfait en dernier roman. Il clôt d'une certaine manière les annales. Tiphaine incarne la nouvelle génération, qui prend le relais par rapport à ses anciens et qui impose sa manière de faire et ça avec une certaine sérénité et une détermination digne de Mémé Ciredutemps.
 
Euphemia - Blog d'une amatrice de fiction
+
Pratchett - Le Père Porcher - Lectures et Voyages
Posté 29 mars 2017 -
Plantons le décor... sur le Disque-Monde on fête la nuit du porcher. Le père Porcher apporte des cadeaux avec son traineau tiré par des cochons (et oui, c'est le Disque-Monde). Mais cette année il a disparu. La Mort va le remplacer avec tout le sérieux qui la caractérise et Suzanne sa petite fille va mener l'enquête.

Suzanne est gouvernante, mais pas vraiment comme Mary Poppins :

    « Elle était devenue gouvernante. Un des rares emplois qu’une aristocrate reconnue pouvait tenir. Et elle y avait pris goût. Elle s’était juré que, le jour où elle se retrouverait à danser sur les toits avec des ramoneurs, elle se frapperait à mort à coups de son propre parapluie. »

Mais vraiment pas. Sur le Disque-Monde quand les enfants parlent des monstres cachés dans la cave, Suzanne prend le tisonnier et va leur régler leur compte.Les adultes ne voyant aucun monstre trouvent ça très pédagogue de faire croire à l'enfant que l'ont le fait fuir le monstre (surtout quand on remonte de la cave avec un tisonnier tout tordu).

Le roman est divisé entre la Mort qui remplace très consciencieusement le Père Porcher et Suzanne qui poursuit un vrai méchant. Oui pour une fois il y a un personnage vraiment ignoble et inhumain.

La Mort est vraiment un personnage central du Disque-Monde. Un personnage que j'apprécie beaucoup dans ces tentatives d'être plus humain que des humains, ou ici plus Père Porcher que le Père Porcher. Il veut des cadeaux pour tous les enfants. Il ne veut pas de faux Pères Porcher, mais un vrai lui avec de vrais cochons qui pissent dans le magasin (pour le plus grand bonheur des enfants).
Il porte un regard sincère qui met bien en lumière nos hypocrisies sur une fête de partage et de réjouissances.

Bonne intrigue pour ce roman a trois voix : Suzanne, la Mort et un membre de de la guilde des assassins qui fait froid dans le dos.

En conclusion : bien mieux que l’Étrange Noël de Monsieur Jack que pourtant j'adore.
 
Lectures et Voyages
+
Pratchett - Sourcellerie - Se nourrir de livres
Posté 29 mars 2017 -
Dans ce nouvel opus, on retrouve Rincevent et le Bagage, il vaut donc mieux avoir lu les tomes 1 et 2.

Une première partie vraiment loufoque, où l’on retrouve avec bonheur le personnage de Rincevent, en mage peureux, le Bagage, qui tombe amoureux (si, si), le bibliothécaire, la Mort (je l’adore !). De nouveaux personnages viennent étoffer tout cela : Conina, voleuse professionnelle,  mais qui préfère la coiffure, Nijel le barbare à la longue carrière derrière lui (enfin, 3 jours, à votre avis, c’est long ?), et surtout le chapeau. Ce fameux chapeau de l’Archichancelier, doté de conscience.

On voyage encore un peu plus dans le Disque Monde, on prend nos repères, ça y est.

De nombreuses références aux Contes des Mille et une Nuits, avec le tapis volant, la lampe magique. L’apparition des  guerriers de l’Apocalypse, à la sauce Pratchett, me font me délecter d’avance. [...]

Soniaboulimiquedeslivres - Se nourrir de livres

+
Pratchett - Vie de l'auteur - Shadowscriptorem
Posté 30 mars 2017 -
 Il y a des dizaines d’auteurs que j’aimerais rencontrer, avec qui je voudrais avoir la chance d’échanger au moins une fois. Terry Pratchett est de loin l’auteur que j’aurais le plus voulu rencontrer. Hélas, ce ponte de la fantasy nous a quitté en mars 2015, atteint de la maladie d’Alzheimer.

Si j’ai envie de vous parler de cet auteur aujourd’hui, c’est parce que son œuvre compte énormément pour moi. C’est la première saga depuis Harry Potter qui me passionne autant. Mais c’est récemment que je me suis intéressée à l’auteur lui-même et j’ai découvert un personnage atypique et humble dont j’aimerais vous raconter quelques moments importants de la vie.

« Dans chaque vieux, il y a un jeune qui se demande ce qui s’est passé. »

The Hades Business

Terry Pratchett est né en 1948, en Angleterre. C’est alors qu’il n’avait que treize ans qu’il est publié pour la première fois. La nouvelle intitulée The Hades Business (l’Affaire d’Hadès, en français), est publiée par John Carnell dans sa revue Science Fantasy Magazine en 1963.

Dans le recueil de nouvelles A Blink on The Screen (Fond d’Ecran), publié en 2012, Terry Pratchett revient sur cette première publication de façon très touchante.

    « Si je me colle un doigt dans chaque oreille et me mets à chanter ‘lalalala’ à tue-tête, je ne vous entendrai peut-être pas lire cette histoire. »

Il explique comment l’élève discret qu’il était a pu briller pour la première fois grâce à son talent en étant publié dans le journal de l’école. Il y raconte aussi comment, avec un peu de culot, il a réussi à faire publier sa nouvelle dans un grand magazine SF et fantasy d’Angleterre, et ainsi gagner les 14 livres sterling qui lui ont permis d’acheter sa première machine à écrire.

    « Allez-y, lisez. Je ne vous entends pas ! Lalalalala ! »

Dans ce recueil de nouvelles, on découvre un auteur plus qu’humble mais surtout touchant dans le regard critique et amusé qu’il porte sur son œuvre.

The Colour of Magic

En 1965, Terry Pratchet quitte le lycée à 17 ans pour travailler dans un journal, The Bucks Free Press. C’est grâce à ce travail qu’il recontre un éditeur, Peter Bander van Buren, qui décide avec son associé de publier en 1971 Le Peuple du Tapis, une nouvelle de Pratchett, alors que ce dernier n’a que 23 ans.

La Huitième Couleur, premier roman des Annales du Disque-Monde est publié en 1983, mais ce n’est qu’en 1987 que Pratchett peut commencer à vivre de ses livres. Il en est alors au quatrième tome de sa saga qui fait déjà fureur en Angleterre. En 1998, il reçoit un prix de la Queen’s Birthday Honours List. Il croit à un canular mais finit par accepter le prix.

At last, Sir Terry…

Lorsqu’en 2007, Terry Pratchett est diagnostiqué d’une forme rare d’Alzheimer, il décide de commencer une campagne de sensibilisation à cette maladie. D’un autre côté, il poursuit son travail d’auteur et donne des millions de dollars à la recherche sur Alzheimer.

En 2009, il est anobli par la Reine Elizabeth, et là, je cite sa biographie : « bien qu’il soutînt que le plus grand service qu’il ait rendu à la littérature a été d’éviter d’en écrire. »

En 2010, dans un texte intitulé Shaking Hands with Death, diffusé sur la BBC1, l’auteur parle de son combat contre la maladie, ainsi que de ses démarches pour plaider en faveur d’une réforme de la loi anglaise sur le suicide assisté. Par la suite, Terry Pratchett a réalisé un documentaire récompensé d’un BAFTA et d’un Emmy, Choosing to Die, où il accompagne un homme qui a choisi le suicide assisté en Suisse.

Terry Pratchett continuera d’écrire des romans jusqu’à la fin, pour les Annales du Disque-Monde, mais aussi avec d’autres auteurs tels que Stephen Baxter. Enfin, en mars 2015, il meurt, entouré par sa famille dans sa maison.

La Mort est un personnage important de l’œuvre de Terry Pratchett, qu’il dépeint avec humour. C’est donc par sa voix que ses proches ont annoncé au monde entier la triste nouvelle.

Un créateur de joie

La raison pour laquelle je voulais vous parler de cet auteur, c’est qu’il est un créateur de joie, littéralement. Ses bouquins sont ingénieux, plein d’humour et portent un regard critique sur notre société différent. Quand j’ai lu pour la première fois la biographie de Pratchett, j’ai été impressionnée par son parcours, mais aussi par l’humilité dont il semblait faire preuve. C’est un personnage de la littérature qui ne s’est jamais présenté en tant que tel.

Alors voilà, c’était un article pas du tout objectif sur un des auteurs qui m’inspire le plus ! J’espère que ça vous a plu, je compte bien vous parler d’autres gens cools comme Terry Pratchett. Et vous, quel auteur vous a inspiré ?

Biographie librement adaptée et traduite à partir de celle disponible sur le site internet de Terry Pratchett.

 Justine - Shadowscriptorem
+
Pratchett - Birdworld - ActuSF
Posté 03 avril 2017 -
En Angleterre, Birdworld, un parc animalier, ouvre pour les vacances de printemps sa dernière attraction : le Parlement des Chouettes de Terry Pratchett.
 
L’attraction, dans laquelle les visiteurs pourront découvrir de nombreuses espèces de chouettes, mais aussi en apprendre plus sur ces oiseaux et leurs conditions de vie, a été créée pour rendre hommage au romancier anglais, qui était un grand admirateur de ces rapaces. De nombreux clins d’oeil au Disque-Monde, son cycle de romans fantastique singulier à l’humour décapant, seront disposés à l’intérieur du Parlement des Chouettes.
 
ActuSF
+
Pratchett - Masquarade - Le blog Coquelicote
Posté 03 avril 2017 -

[Une] fin un peu amère, mais une intrigue sympathique et des personnages savoureux.

Systia - Le blog de Coquelicote

+
Pratchett - Au guet! - Nirrita
Posté 10 avril 2017 -
Terry Pratchett c’est un peu l’auteur à [lire] au moins une fois dans sa vie. Et pourtant, malgré une tentation grandissante, je n’avais jamais pris le temps de m’y mettre. Me voici donc enfin avec Au guet, le huitième volume des annales du disque-monde.

Dans ce roman, on suit le guet d’Ankh-Morpok, composé de Vimaire, le capitaine alcoolique, le sergent Colon, le caporal Chicque et le nouveau soldat Carotte, humain de 1m90 élevé par des nains. Ceux-ci se retrouvent face a une enquête impossible à résoudre ; un dragon a débarqué dans la ville en cramant quelques personnes au passage alors qu’ils ne sont pas censés exister. Au même moment, un crime encore plus grave a été commis, un livre volé à la bibliothèque et le bibliothécaire a bien l’intention de mettre ça au clair.

"Me voici donc immergée d’un coup dans cet univers farfelu. Je suis rentrée assez vite dedans et j’ai pas mal rigolé. De plus, j’ai adoré les citations par rapport aux bibliothèques."

La vérité, c’est que même les grosses collections de livres courants déforment l’espace, comme peut en attester tout amateur ayant déjà fouiné chez un très vieux bouquiniste à l’ancienne, à l’intérieur d’une de ces boutiques qu’on dirait conçues par monsieur Escher dans un de ses mauvais jours.

Ceci dit, je comprendrais que tout le monde ne rentre pas dans le délire. On sent qu’il faut être dedans ou non et qu’on ne peut pas apprécier le livre pour ce qu’il est si on ne rigole pas des nombreux moments cocasse. De mon côté, c’est assez bien passé car je me surprenais à rire régulièrement.J’ai particulièrement aimé les personnages et le détail que Pratchett apporte à ceux-ci. La relation entre Vimaire et Mme Ramkin surtout. J’apprécie de voir autant de soin apporté à leur création alors que je ne sais pas actuellement si ils réapparaissent dans d’autres tomes. Quoiqu’il en soit, ils sont détaillés et ont des réactions qu’on imagine assez bien (quoique parfois un peu étonnantes).

En bref, c’est une lecture que j’ai apprécié, dont l’humour me parle.
 
Nirrita Lalynx - Nirrita
+
Pratchett - Fond d'écran - Présence d'esprit
Posté 19 avril 2017 -
Le recueil de nouvelles Fond d’Ecran de Terry Pratchett est un tourbillon. On est entraîné, d’un univers à l’autre, dans un mouvement dynamique un peu fou toujours à l’image de son style littéraire, toujours comme son écriture si fine et drôle. On y retrouve des nouvelles de science-fiction, de pure fantasy, l’hymne d’Ankh Morpork, des poèmes, de fausses coupures de presse, une nouvelle sur les poules du périphérique, la Mort, des gnomes, un vortex de Noël…bref, de tout : du Disque-Monde, du pas Disque-Monde, toute une variété d’idées fantastiques de feu cet auteur prolifique.

Le recueil est organisé simplement : une première partie bien fournie nous livre les nouvelles qui ne sont pas ancrées dans l’univers si spécial du Disque, avec à chaque fois
un texte d’introduction de l’auteur sur les conditions de leur rédaction, ses souvenirs. Un moyen très intimiste de remettre les choses dans leur contexte. On se plonge dans
ces écrits qui datent de toutes les périodes de la vie de Terry Pratchett, de 1963 à 2010. Une sorte de journal intime sous forme de courts écrits, où l’on découvre à chaque fois une nouvelle facette de son écriture.

Ensuite, les récits reliés à l’univers du Disque-Monde. On y retrouve des personnages connus, d’autres pas, mais quand on a déjà goûté à la série, on a l’impression de rentrer à la maison après un long voyage. Et c’est comme sur un bateau fantastique que l’on vogue de texte en texte, et que l’on finit par terminer ce recueil en criant « encore ! »

C’est donc avec un pincement au cœur que l’on termine ce petit pavé de 328 pages, et qu’on le range soigneusement dans sa bibliothèque, comme un petit trésor, une relique précieuse d’un être qu’on appréciait.

Bref. Des rires, jusqu’aux larmes, toujours cette finesse de l’écriture, cet humour noir et décalé qui passe si bien. Une façon bien à lui de décrire des événements ancrés dans notre réel, un vrai style pour créer des univers et des concepts imaginatifs. Fond d’Écran est un voyage tourbillonnant, un feu d’artifice, un discours à la fois drôle et sérieux
sur les enjeux et les noblesses des états d’âme de tout ce qui est vivant (même les trolls), la leçon de vie d’un grand-père un peu bizarre, mais toujours bienveillant.

Que l’on soit familier de ses écrits ou non, Terry Pratchett livre dans ce recueil intime des nouvelles, des écrits, et surtout, de petits souvenirs, un réel partage avec le lecteur. Il nous donne des clefs supplémentaires pour la compréhension de son œuvre, et nous prouve qu’il est aussi à l’aise dans l’écriture du Disque-Monde que dans des nouvelles ancrées dans un autre univers. Un indispensable pour les fans du Disque-Monde, une belle découverte pour ceux qui ne connaissent pas ou peu le travail de Sir Terry
Pratchett.

Shani « 1464 » Chevalier - Présence d'esprit n°88
+
Pratchett - Le Guet des Orfèvres - Livrement
Posté 27 avril 2017 -
Le guet des orfèvres, 15e tome paru de la série, est aussi le second tome du sous-cycle Le guet. C’est avec plaisir qu’on retrouve le sergent Colon, les caporaux Chicque et Carotte. Le patricien Vétérini impose des quotas pour répondre au besoin d’intégration des minorités. De nouvelles recrues sont engagées : Détritus un troll, Bourrico un nain et Angua, une femme. J’ai apprécié rencontrer Gaspode. C’est un chien doté de la faculté de parler « humain ». Il n’aboie pas, mais fait « Ouah ouah » ; il donne aussi des idées comme « Donne un biscuit au chien »..

Le guet des orfèvres
: Ankh-Morpork est une cité réputée sur le Disque-Monde : elle est bancale, contient un nombre certain de cinglés – les guildes sont les organes de cette ville puante – : c’est un vrai bazar et là-dedans, œuvre le Guet. A contrario d’autres séries, les personnages ne sont pas figés et évoluent à chaque fois qu’on les retrouve..

L’enquête policière nous amène sur la piste d’un tueur. On en profite pour se balader dans les rues d’Ank-Morpork, de découvrir le fousi et de voir Carotte à l’œuvre avec son pouvoir de persuasion.
 
Sous couvert de fantasy, Terry Pratchett offre une critique de la société. On rit mais on est confronté à une réalité à peine déformée. Querelles techniques, racisme et misogynie sont au centre de la critique menée par l’auteur..

Comme toujours, humour et rebondissements sont au programme. J’ai trouvé les dialogues fluides et l’opposition entre Bourrico et Détritus se révèle truculente. On applaudit encore la superbe traduction effectuée par Patrick Couton.
 
Acr0 - Livrement
+
Pratchett - Trois Sœurcières - Se nourrir de livres
Posté 27 avril 2017 -
Thème abordé : le théâtre.

Un régal, comme d’habitude avec cette série !

On retrouve nos personnages récurrents, Mémé Ciredutemps, la Mort. De nouveaux personnages apparaissent, comme Le Fou, Magrat Goussedail, et Nounou Ogg, les deux autres sorcières.

Les références à Shakespeare sont délicieuses, les personnalités des sorcières sont hilarantes, quant au Fou, que dire, sinon qu’il m’a fait rire de nombreuses fois ! J’adore plonger dans ce monde totalement loufoque, rire, mais aussi réfléchir, ici, aux pouvoirs des médias, aux régimes totalitaires qui contrôlent la diffusion de l’information, ou encore la déformation de la réalité par ces mêmes médias.

Vous l’aurez compris, je suis conquise au style burlesque de Pratchett, à chaque nouveau tome, c’est une découverte. Une série qui donne la banane, un pur moment de délice.
 
Sonia boulimique des livres - Se nourrir de livres
  • Collections
+
Comme un accordéon
Sciences humaines
+
Insomniaques et ferroviaires
Roman noir et policier
+
La Dentelle du cygne
Science-fiction et fantastique
+
+
Romans, etc.
Littérature, cinéma, peinture
+
Flambant 9
Bandes dessinées
+
Le Maedre
Littérature jeunesse
+
+
  • Les internautes vous conseillent
Livre9
Vers la lumière
Andrei Dyakov
Livre9
Jardin d'hiver
Olivier Paquet
  • Lettre d'information



Archives
  • À la une
+
François Rouiller reçoit le prix Rosny Aîné
Posté 17 juillet 2017 -

metaquine12.png

François Rouiller est le lauréat du prix Rosny Aîné pour Métaquine dans la catégorie "roman". Bravo à l'auteur et merci aux participants à la 44e convention de SF.

+
Celle qui a tous les dons – The Last Girl
Posté 29 juin 2017 -
the-last-girl-affiche.jpg L'adaptation cinématographique du roman de Mike Carey, Celle qui a tous les dons, sort en France le 28 juin. Le film est réalisé par Colm McCarthy et nous retrouvons à l'affiche Gemma Arterton, Glenn Close et Paddy Considine. Tous en salles !
+
Notre collection poche débarque !
Posté 24 mai 2017 -

 grandangle-poches-general.jpg

Voilà bientôt 30 ans que notre collection s'étoffe, et nombre des livres que nous avons publiés ne sont disponibles qu'en grand format. Certains libraires s'étant montrés encourageants, voire insistants (merci!), L'Atalante Poche voit donc le jour et arrive dans les rayons le 25 mai prochain avec 6 premiers titres. Rendez-vous chez votre libraire !

+
Manuscrits
Posté 27 janvier 2017 -
Nous avons pris la décision, à partir du 1er février, d’interrompre la réception de manuscrits pendant quelques mois et nous réfléchissons à une nouvelle méthode pour les traiter. Tous les manuscrits déjà reçus avant cette date seront lus. Cependant, n’hésitez pas à préparer vos textes, à les peaufiner, car nous vous signalerons comment les envoyer, et surtout quand. Alors suivez-nous sur les réseaux sociaux, des informations arriveront d’ici l’été.
Stay tuned !
+
L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

fb_logo.png twitter_logo.png insta_logo.png pinterest_logo.png

Toute l'actu
  • Forum de L'Atalante
+
Honor Harrington
Posté le 16 juin 2017 par Spyro1
Ben depuis ils sont passé a lune autre guerre, je pense que ce tome cloturerait celle là, ensuite après une 30 aine d'années de guerre ininterrompue, le sel de la série se perdrait un peu a mon sens [...]