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Benson - Al Teatro 3 : Moros - ActuSF
Posté 20 novembre 2008 -
Cela fait longtemps maintenant que Stéphanie Benson écrit entre polar et fantastique. Les titres de ses livres sont évocateurs : Le diable en vert (Le Masque), La mort en rouge (Le Masque), Palazzo Maudit (Points, Seul), Crève de plaisanterie (Le Poulpe chez Baleine), Le loup dans la lune bleue (Atalante). Après une vingtaine de romans, elle s’est lancée il y a quelques mois dans un cycle complètement fou : Al Teatro dont le troisième tome vient de sortir. Complètement fou car son sujet n’est rien de moins que la fin du monde.
Au cœur de la folie
Dans les deux premiers tomes d’Al Teatro, l’inspecteur Katz s’enfonçait progressivement dans un enfer délirant. Alors qu’il poursuivait un tueur en série, Milton, celui-ci se révélait être un génie du crime mégalomane. Son objectif : rien de moins que mettre l’humanité sens dessus dessous pour instaurer un nouvel ordre dont il serait le maître absolu. Le tout avec un programme assez simple : le meurtre et le viol. Et l’homme a de la ressource. Excitant les tueurs en séries potentiels, les rangeant à sa cause en quelque sorte, il a également l’appui d’un cercle restreint de personnages particulièrement puissants. De ceux qui ont les moyens de renverser les démocraties…
Face à tant de manipulation, Katz mène un combat éreintant. Son ennemi est partout et particulièrement rusé. Heureusement, dans ce troisième tome, il reçoit le renfort de quatre frères jumeaux assez étranges. Doués de pouvoirs télépathes, ils peuvent surtout voir par les yeux des tueurs en série. Le véritable combat commence alors. Milton n’est plus tout puissant. Mais cela suffira-t-il pour empêcher le monde civilisé de sombrer dans le chaos ?
Superbe
Il y a des livres qui sont de véritables claques. Qui vous entraînent dans leurs intrigues jusqu’à tard dans la nuit. C’était le cas des deux premiers tomes d’Al Teatro. Stéphanie Benson menait son récit à un rythme d’enfer, allant parfois loin dans l’horreur, puis basculant dans le fantastique le plus complet. Avec Moros les choses s’équilibrent enfin. L’arrivée des quatre jumeaux et la présence de Thirza aux côtés de l’équipe de Katz permettent aux enquêteurs de rendrent les coups. Ils ne sont plus tout à fait impuissants face à Milton. Résultat on prend un peu de distance avec le glauque des tueurs en série pour une intrigue plus globale, plus générale. Il ne s’agit plus seulement d’une course-poursuite pour stopper Milton comme dans un thriller classique, mais bien du sort de la civilisation.
Et le lecteur dans tout ça ? Et nous ? En plein chaos généralisé, on navigue entre les différents personnages, avides d’en savoir encore un peu plus. Le style de Stéphanie Benson (de courts chapitres et une multiplication des personnages) permets de dévorer véritablement ce troisième tome. Comme finalement dans son intrigue, il n’y a aucun frein, rien qui ne puisse déranger notre progression, au contraire. Et le résultat est très très plaisant. C’est fou, délirant, souvent dur… Les sentiments des personnages sont exacerbés. En résumé vivement le quatrième tome. Avec un bémol toutefois. Pour aussi bien menée qu’elle soit, cette histoire ne ravira que ceux qui sont accrochés. En somme, si elle vous parle, si elle résonne en vous, vous risquez d’être comme moi, totalement amateur. Par contre, le délire qu’elle présente, sa dimension, sa folie peut en échauder certains. À chacun de juger. Mais si le récit vous happe, de bonnes heures de lecture s’offrent à vous.
Jérôme Vincent, ActuSF, juillet 2004
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Benson - Al Teatro 1 & 2 : Cavalier seul & Cheval de guerre - ActuSF
Posté 20 novembre 2008 -
Deux romans qui vous emmèneront loin dans la folie...
Stéphanie Benson est une vielle routière du polar. Pour ne citer que quelques titres évoquons Un meurtre de Corbeaux (Rivages, collection noire), Le dossier Lazare (Rivages, collection noire), ou bien encore Crève de plaisanterie (Baleine collection Le Poulpe). On la connaît également pour ses livres à destination des plus jeunes (Zelna contre les vampires chez Milan) et le tome qu’elle a signé pour la collection Macno chez Baleine. Depuis octobre, elle s’est lancé dans une nouvelle série à mi-chemin entre le policier et le fantastique, sur fond de mal absolu et de destruction du monde.
Quand tout commence à déraper...
Al Teatro commence comme une intrigue policière des plus classiques avec deux trames : une unité d’Europole traque un tueur en série et un homme complètement fou est recruté par une secte. L’ensemble commence à déraper sérieusement lorsque l’on apprend que la secte en question fait partie d’une organisation pilotée par les pays du G8 pour détruire le monde. Pire le fou n’est autre que celui qui doit engendrer l’antéchrist. Pendant ce temps la folie semble s’emparer de la planète. Les meurtres se multiplient et la guerre mondiale s’approche à grands pas. Plongés dans ce maelström, Katz et son équipe de policiers auront bien du mal à arrêter le serial killer et se faisant enrayer la crise mondiale qui couve.
À lire de toute urgence
Avec ces deux premiers volumes, Stéphanie Benson nous offre un polar fantastique des plus sympathiques et des plus glauques. Elle joue avec la folie et l’horreur avec un certain brio et accroche le lecteur dès les premières pages par un ton et une plume percutants. Cela ressemble par moments à certains récits " trash " de Thomas Day, notamment dans le premier tome, exerçant sur nous une attirance un tantinet morbide. Ame sensible s’abstenir ! Alternant les personnages et les points de vue, Benson n’immisce le fantastique que petit à petit, mais de manière irréversible, de sorte que l’on sent bien l’ensemble déraper peu à peu. Un procédé qui permet une totale empathie avec les héros un peu paumés lorsque la machine s’emballe. Bref, Al Teatro est une excellente série qui se dévore avec plaisir. Chapeau bas Madame Benson. En espérant pouvoir rapidement lire la suite.
Jérôme Vincent, ActuSF
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Benson - Le Loup dans la lune bleue - N. Mesplède
Posté 14 février 2008 -
Deux jeunes drogués, Ange et Lukos, s'enfuient d'un centre de
désintoxication et braquent une pharmacie. Ange tue la pharmacienne.
Ils se réfugient chez Lou, un vieux pédophile qui séquestre Moon, une
petite orientale. Après la fuite de Moon, le vieux réquisitionne les
deux drogués pour récupérer l'enfant avant qu'elle ne parle. Jérôme, un
inspecteur au cœur brisé depuis que sa jeune sœur fut victime d'un
sadique, trouve Moon et se charge de la protéger. Pendant ce temps, un
gendarme dont la femme a été tuée par un chauffard, traque un
mystérieux tueur de chats en ignorant que cette enquête d'apparence
fortuite lui réserve d'horribles révélations... Stéphanie Benson met en
scène ses personnages de prédilection, des écorchés vifs qui frôlent le
désespoir en permanence. Les personnalités sont finement développées et
le thème sensible de la pédophilie est traité avec un talent précieux,
servi par une écriture aux accents poétiques qui donne encore plus de
force à son cri de rage devant de telles ignominies.
Nicolas Mesplède
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Benson - L'adoration des bergers - Télérama
Posté 21 novembre 2008 -
Le père de Boule, Algérien indépendantiste, est mort sous la torture de l'armée française, d'un certain Boukelba en particulier. Ce personnage qui glace le sang et brûle la mémoire de Boule refait surface dans le drame auquel celui-ci se retrouve mêlé : le massacre des pensionnaires d'un centre de postcure, à Cahors. Des toxicos toulousains connaissent à peu près le même sort. Ali, le dealer, ami de Boule, est défenestré...
Deuxième volume d'une trilogie intitulée Le Maître des Agneaux, roman noir autant que policier, comme le précédent, L'Adoration des Bergers est une plongée dans l'horreur de deux destinés (le journal du père ponctue la narration du fils), la chronique à deux voix d'une violence perpétuée.
Il faut le souffle et le style de l'auteur pour rendre l'insupportable supportable.
Stéphanie Benson fait alterner scènes hallucinantes et paysages des Aurès, d'une beauté paisible et précaire ; désir de mort et pavane du désir ; personnages poétiques et assassins machiavéliques... La traversée est aussi éprouvant que fascinante. Et réciproquement.
Anne-Marie Paquotte, Télérama, 4 février 1998
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Benson - Si sombre Liverpool - Rock & Folk
Posté 21 novembre 2008 -
Stéphanie Benson est l'écrivain à part du polar français, sans doute parce qu'elle est anglaise, mais également parce que ses romans ont tous cette capacité presque unique à fouiller les tréfonds du plus sombre de l'âme humaine pour en extirper les peurs les plus primaires...
Pas si loin que ça des histoires de came et de pédophilie sordide dénoncées dans la série du Singe sur le Dos, Stéphanie Benson nous entraîne cette fois dans son pays d'origine, au milieu de la lutte entre les dockers de Liverpool et la compagnie Thornside qui cherche à se débarasser d'une force syndicale dérangeante alors que, non loin de là, un disciple de l'Éventreur fait sueter les têtes et génère la terreur chez les protagonistes. Encore une fois, Benson décrit les acteurs involontaires d'une machination qui les dépasse.
Le style est franc et sombre, les personnages plus vrai que nature - les gothiques vont adorer... - et c'est sans effets rocambolesques qu'elle met en exergue la force destructrice des hommes du quotidien...
Une méthode que seul Robin Cook (J'étais Dora Suarez) avait développé avec autant de talent. Si Sombre Liverpool est le premier tome d'une longue enquête dans laquelle le lecteur s'immerge pour n'en sortir que ruisselant.
Rock & Folk, février 2000
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Benson - Jours de pluie - S. Added
Posté 14 février 2008 -
Une femme se raconte par bribes, et ses mots semblent
naître de la pluie. « Je n'ai jamais eu de corps »,
dit-elle, et, de fait, par le prisme des lambeaux d'histoires qui nous
sont contés, c'est la violence faite au corps féminin par
les hommes qui apparaît ; une violence qui disloque, qui éparpille
le corps de Paris à Londres et d'Ibiza à Grenade. Et si
la violence des faits a dispersé le corps au point qu'elle pense
n'en avoir jamais eu, les mots nés de la pluie le reconstruisent
sous nos yeux. Nous assistons à la reconquête, à la
réunification d'un corps.
Serge Added
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Benson - Un singe sur le dos - C. Mesplède
Posté 14 février 2008 -
Un commissaire coince pour trafic de drogue l'un des fils Saunier,
membre d'une famille qui bénéficie de protections politiques. Pour
étouffer l'affaire, le policier est envoyé à Perpignan ; il va enquêter
sur le meurtre d'une jeune droguée, retrouvée assassinée et mutilée. Ce
n'est pas un cas isolé. Le commissaire sait que, depuis une dizaine
d'années, plusieurs autres crimes de ce type ont été perpétrés. Avec
obstination, il va s'acharner à débusquer ce tueur en série, un être
diabolique qui se croit envoyé par Dieu pour « libérer » les pauvres âmes
des filles qui ont plongé dans la drogue. Mais petit à petit, son
enquête le ramène inexorablement vers son point de départ. Paru en
1996, Un singe sur le dos est le second roman de Stéphanie Benson dont
les débuts furent inspirés par l'Anglais Robin Cook. Comme chez lui, on
retrouve ici un enquêteur anonyme pris de compassion pour les victimes
et qui plonge dans les tréfonds de l'âme humaine. L'atmosphère
poisseuse et tragique frôle parfois le fantastique.
Claude Mesplède
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Benson - Synchronicité - C. Dupuis
Posté 14 février 2008 -
Un mystérieux égorgeur, émule du vampire Dracula, hante la nuit les
docks de Liverpool. Il tue et éventre ses victimes avant de boire leur
sang. Chaque jour, cinq cents dockers licenciés par la Thornside, la
plus grande compagnie portuaire d'Angleterre, se retrouvent sur ces
mêmes quais pour exiger d'être embauchés. Une formidable partie de bras
de fer s'engage pour diviser ces hommes expérimentés et solidaires.
Tous les coups semblent permis. Quel lien existe-t-il entre l'éventreur
et les revendications des dockers ? L'inspecteur chargé de l'enquête
mettra-t-il en échec la monstrueuse manipulation qui se prépare ?
Installée en France au début des années quatre-vingt, Stéphanie Benson
écrit pour la première fois sur l'Angleterre, son pays d'origine, en
choisissant comme cadre un conflit social exemplaire qui s'y est
déroulé de 1995 à 1998. Si la lutte des dockers structure le récit, on
frôle aussi le fantastique avec cet étrange tueur en série qui hante
les brumes surnaturelles du fleuve Mercey.
Christophe Dupuis
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Benson - La Brebis galeuse - Télérama
Posté 21 novembre 2008 -
Avec ce roman s'achève la trilogie du Maître des Agneaux. Plus roman noir que polar, cette haletante saga nous a promenés de Cahors en Algérie, a remonté la piste de trafiquants de drogues jusqu'à un criminel de guerre.
Dans les dernières pages du précédent volume - L'Adoration des bergers -, Boule, le narrateur, était emmuré par son pire ennemi. Dans les premières pages de celui-ci, celle qu'aimait Boule sort de prison. Dix ans ont passé. La belle, la vénéneuse Lilas a la beauté bouffie, l'esprit empoisonné par le meurtre pour lequel on l'a condamnée et qu'elle n'a pas commis.
De courts chapitres, qui retracent le cauchemar commencé dans l'enfance, s'intercalent entre les étapes de sa quête d'aujourd'hui - trouver l'assassin de Boule, aller, comme lui, jusqu'en Algérie chercher la raison des massacres et des complots qui ont brisé leurs existences.
La douleur, la violence, fulgurant en phrases brèves et froides, se réchauffent aux couleurs des collines algériennes, à la chaleur de la main d'Olga la muette, à la sagesse de Tom le fou. Si le dénouement paraît trop bien orchestré, le style de Stéphanie Benson garde sa maîtrise, sa puissance tout au long d'une fresque éclaboussée de sang.
Anne-Marie Paquotte, Télérama, 14 octobre 1998