Une bande dessinée énigmatique dont le dessin s’admire comme une œuvre d’art…
« Flambant 9 », la nouvelle collection de bande dessinée de L’Atalante n’a pas hésité à frapper fort pour son album d’ouverture. Rien de moins qu’un Thomas Lestrange pour vous découvrir une approche inhabituelle de la bande dessinée. Il faut dire qu’entre l’illustratrice, Sarah Debove, nouvelle venue dans le neuvième art mais dont le talent s’affirme à chaque page, et Serge Lehman, le scénariste dont la renommée dans les quartiers de la science-fiction n’est plus à faire, on ne pouvait guère espérer moins. Les dessins de la jeune Nantaise, qui tiennent une grande place dans l’album, sont comme des peintures expressionnistes qui vous explosent en pleine figure à chaque fois que vous tournez une page. Quant au scénario mi-science-fiction mi-fantastique imaginé par celui qui avait déjà scénarisé Le Livre des ombres, il est elliptique et mystérieux à souhait… De quoi faire respirer notre imaginaire. […]
Une bande dessinée à conserver dans sa bibliothèque comme une œuvre d’art.
Les éditions L’Atalante ont créé une collection de bandes dessinées baptisée « Flambant 9 », versée dans le fantastique et la science-fiction. L’histoire et le texte de Thomas Lestrange, un des trois premiers albums sortis dans cette nouvelle collection, sont signés d’un auteur de science-fiction reconnu du genre, Serge Lehman, connu sur la planète BD pour son travail de coscénariste et d’adaptation de la trilogie Nikopol d’Enki Bilal pour le film Immortel, ad vitam, tandis que le dessin est l’œuvre d’une jeune auteure dont on peut admirer là les capacités graphiques. C’est en effet d’abord le traitement pictural de cette bande dessinée qui frappe, qui fait penser au peintre Edvard Munch, et qui porte bien cette fable d’après la fin du monde. Un événement cosmique a détruit la presque totalité de l’humanité, et une grande chimère a pris la place de Dieu. Gare à qui n’aura pas respecté le couvre-feu et assisté au moment où la reine des chimères « tourne son œil » ! Bien que ce récit s’inscrive dans la pure tradition de la science-fiction, il joue avec les marges et aime à s’abîmer à la lisère du conte fantastique ou du poème chimérique. Une bande dessinée qui nourrit l’imaginaire tout autant que l’inquiétude, mais qui ne sombre pas dans le pessimisme.
La Revue des livres
pour enfants (février 2008)
« Thomas Lestrange, traité en one shot, s'attarde sur l'avenir sombre d'une humanité réduite à rien par des « chimères » qui ont envahi la terre. Son dernier bastion, une ville gérée par des automates, est défendu par Thomas Lestrange, personnage étrange aux talents particuliers, le seul à supporter ce contact étranger et à pouvoir enrayer l’invasion… De ce récit onirique, légende à valeur de parabole, dont les composantes prennent une valeur symbolique, Sarah Debove a fait un objet surprenant ». Un univers angoissant où ça et là, omniprésent, des automates aux tetes de moribonds qui aident les hommes à reconstruire leur monde agonisant. Des humains dociles, appeurés... seul Thomas Lestrange ose faire front à la Reine des Chimères et à ses sordides servantes. Un univers graphiques particulier aux teintes hétéroclites (tantôt froides, tantôt chaudes), le tout fait au pinceau. Une atmosphère angoissante et doucereuse à la fois. Dans ce monde futuriste, on y palpe la peur des habitants qui peuplent l'ouvrage, ainsi que leurs espoirs en la venue d'un monde meilleur. Quant à la personnalité de l'héroïne, elle est déconcertante : un mélange de rationalité et de candeur. On alterne des périodes de dialogues et des périodes de pensées intimes... et des périodes où l'on regarde les choses de manière extérieure aux personnages et des temps où les événements entrent en résonance avec le personnage. Beaucoup de fluidité dans ces oscillations. Une réflexion sur le sens de nos valeurs, de nos mythes, de nos doutes... qui aborde les questions de l'amour, de la peur, de la folie. La manière dont les auteurs traitent la folie est assez intéressante d'ailleurs. Beaucoup d'absurde dans cette oeuvre, mais pas dans un sens péjoratif. Il faut accepter de se décaler de nos concepts habituels pour aborder les choses plus posément,... pour accepter le contenu de cet ouvrage tant sur la forme que sur le fond. Science fiction ? Fantastique ? Conte ? Je ne sais pas trop comment classifier cet ouvrage. Il me semble que cet album trouvera écho de manière différente en chacun de nous, un compréhension propre à chacun qui tiendra compte de nos convictions personnelles. Je suis partagée entre une adhésion totale à l'oeuvre et son rejet le plus puérile.
bd.blogs.sudouest.com, Janvier 2010
Nous vous annonçons la nomination du roman de Johan Heliot Izaïn, né du désert pour le prix Tam-Tam 2011 !
Deux sites consacrés à l'univers des Magiciens de Lev Grossman, sorti le 19 août.