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Anderson - Défenseur de l'Empire Terrien - Phénix Web
Posté 06 mai 2008 -

Après Agent de l’empire terrien, voici Dominic Flandry devenu défenseur. Nous retrouvons le décor ’insolite et grandiose’ (comme dit Gotlib) du vrai space opera, avec cet empire galactique démesuré et proche de l’éclatement. Anderson s’inspire fortement du Bas-empire romain : empereurs faibles, gouverneurs rebelles, barbares piaffant aux marches… Qu’à cela ne tienne, son talent de conteur hors pair tient le lecteur en haleine. Un Cirque de tous les diables (1970) conte les aventures de notre agent favori empêtré, avec une belle intrigante, dans un sombre complot économico-politique. Echoué sur une planète perdue, il fera la connaissance de drôles de bestioles robotisées sur un échiquier géant. Il s’échappe, pour tomber aux mains des Merséiens, les grands ennemis de l’Empire. Qui, finalement, ne s’avèrent pas si méchants que cela.

Autre peuple étrange, celui de la Mer, assez fascinant. Qui manipule qui ? Les Mondes rebelles (1969) le verra tenter de mater la rébellion d’un gouverneur assoiffé de pouvoir, avec l’aide de la femme de ce dernier, dont il tombe évidemment amoureux. Accidentés sur la planète Dido, ils feront alliance avec les autochtones, bizarre race symbiotique fonctionnant en trois entités. Tout finira bien, le gouverneur sera forcé de s’exiler et Flandry défend l’ordre établi, mis en danger par de pareilles révoltes.

On reconnaît ici le petit côté conservateur de Poul Anderson, qui lui a tant nui en France. Deux romans agréables, perpétuant le souvenir d’un grand écrivain, disparu en 2001.

Bruno Peeters, PhénixWeb, 4 décembre 2006

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Anderson - Chevalier de l'Empire Terrien - Lefantastique.net
Posté 20 novembre 2008 -

Quel bonheur de retrouver un classique du space opera sous une nouvelle présentation. Les vieux amateurs de science-fiction vont y retrouver un personnage attachant et les novices vont pouvoir se rapprocher de la source qui a engendré le genre. Certes, Poul Anderson n'appartient pas à la première vague du space opera, mais il en marque l'acmé, tout simplement parce qu'il en parfaitement repris les codes et les motifs, tout en les poussant jusqu'à leur paroxysme. Ce troisième tome des aventures de Dominic Flandry, Chevalier de l'Empire Terrien, encadre les deux précédents volumes en nous le  présentant durant sa jeunesse dans Enseigne Flandry puis à cinquante ans dans Chevalier de spectres et d'ombres. Cela permet au lecteur une passionnante vision comparative.

Tout commence par sa disparition sur la planète Starkad où s'affrontent deux races autochtones soutenues l'une par les terriens, l'autre par les Merséiens. Il y devient espion et tombe amoureux de la maîtresse de l'ambassadeur du camp ennemi, avant de résoudre un imbroglio diplomatique qui devait conduire à la guerre. Tous les ingrédients du genre sont présents, soutenus par une verve et un allant communicatifs qui ne laissent aucun temps mort au lecteur. Nous sommes dans du pur roman d'aventure galactique, sorte de pendant des romans maritimes des siècles précédents. Flandry y incarne un personnage que l'on pourrait croire naïf en raison de son jeune âge mais qui possède toutes les caractéristiques d'un soldat chevroné.

Plus sombre est le second récit, où Flandry, désabusé, semble résoudre une affaire similaire sur une autre planète mais en nous offrant un regard bien différent. Le cynisme du personnage y tranche avec la fraîcheur qu'il affichait trente ans plus tôt. Les thèmes classiques sont encore là, mais proposés de manière hyperbolique, jusqu'au dénouement apocalyptique. On sent que le héros, fatigué, désillusionné, ne croit plus enc e qu'il fait et sent déjà poindre la destruction du monde qu'il a connu. Le coeur n'y est plus, annonçant la fin de l'Empire et les limites du genre. Des limites qui sont voulues par l'auteur dont l'écriture se fait plus fine, sans doute, moins enjouée que sur certains précédents romans. Poul Anderson analyse les thèmes qu'il met en place dans une sorte d'autocritique passionnante qui conduit le lecteur à revoir les classiques du space opera avec un regard différent. Comme cela s'accompagne d'une belle traduction qui rend hommage à la fois au côté aventure et aux différentes introspections de la deuxième partie, Chevalier de l'Empire Terrien se révèle d'une lecture vraiment agréable.

Denis Labbé, Lefantastique.net, juillet 2008

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Anderson - Agent de l'Empire Terrien - ActuSF
Posté 20 novembre 2008 -
Poul Anderson, sept fois gagnant du prix Hugo, est l’un des grands qui ont façonné la S.-F. et la fantasy au cours des quarante dernières années. L’un de ces auteurs qui, par la qualité générale de sa production et sa quantité, ont marqué le paysage, passant de la réécriture de légendes, en particulier nordique (comme par exemple Les Enfants de la Sirène ou Hrolf Kraki) à la science-fiction, à laquelle il n’a pas hésité, à de nombreuses reprises, à mêler des éléments anachroniques (Les Croisés du Cosmos...). On lui doit, entre 1952 et sa mort en 2001, 64 romans ne faisant pas partie de cycles, un grand nombre de nouvelles, et six séries de romans : La Patrouille du temps (4 romans écrits entre 1961 et 1990), Holger Danske (Trois cœurs, trois lions 1961, Tempête d’une Nuit d’Eté, 1974), The Psychotechnic League (5 romans, 1956 à 1982), Hoka (avec Gordon R. Dickson, 5 romans entre 1957 et 2000), The Future History of the Polesotechnic League (6 romans, 1958-1978) et, bien sûr, la série mettant en scène l’agent Dominic Flandry (14 romans, 1959 à 1994). De tout cela, seuls 23 romans ont été traduits, et plusieurs n’ont pas été réédités et ne sont plus disponibles qu’en occasion.

Agent de l’Empire Terrien (1965) et Flandry de Terra (1965), les deux romans assemblés dans cette édition, sont en fait les volumes 5 et 6 de la série, et forment un ensemble de sept aventures totalement indépendantes à l’exception des apparitions récurrentes de l’ennemi juré de Flandry : Le Tigre par la queue, Les Guerriers de nulle part, Honorables Ennemis, Pour la gloire, Les Chasseurs de la caverne du ciel, Message secret et Le Fléau des Maîtres.

Dans un futur lointain, très lointain...

L’Empire Terrien règne sur une sphère de quatre cents années lumières de diamètre et plusieurs milliers d’espèces intelligentes. Mais le vieil empire est pourri jusqu’à la moelle, gangrené par la corruption et la recherche du plaisir de ses élites, et il n’en faudrait pas beaucoup plus pour que son pouvoir ne s’effondre, et que ses colonies ne s’émancipent dans la violence, tandis que les puissances voisines se déchireront ce qui restera et que tout retombera dans la barbarie. Heureusement, il reste quelques fonctionnaires dévoués, quelques agents astucieux et prêts à risquer leur vie pour retarder la longue nuit. Parmi eux, Dominic Flandry a un style un peu, disons, particulier... Il est prêt à tout pour sauver l’Empire : sa chute signifierait la fin du remboursement de ses astronomiques notes de frais et de son confortable, quoique parfois un tantinet dangereux, mode de vie... Seul, ou avec son esclave non humain mais néanmoins cuisinier de pointe Ciboule, il va sauver l’Empire, ne reculant devant rien pour remplir sa mission, même s’il doit pour cela se sacrifier et séduire humaines et extra-terrestres avec le même brio...

Du grand spectacle

Bon, je vais faire la comparaison avec James Bond, puisque tout le monde l’attend, et en effet, les parallèles sont nombreux, depuis les gadgets fantastiques jusqu’aux superbes (et provisoires) compagnes, et la capacité à faire tout ce qu’il faut pour l’Empire, que ce soit juste ou pas. On retrouve l’optimisme/réalisme de Poul Anderson, qui savait que l’humanité (et probablement les autres espèces intelligentes, y’a pas de raison) est capable des pires idioties, mais également d’atteindre son propre salut avec ingéniosité et courage. Ces romans de Poul Anderson ont un ton plus léger, nettement moins noir que ceux de Ian Flemming, même si, finalement, ce qu’ils racontent est également sombre et réprouvable, peut être parce que plusieurs s’achèvent sur une pirouette, une brillante démonstration des talents du sieur Flandry pour retomber sur ses pieds. Un exemple du parfait roman d’action/divertissement : léger, mais pas sans consistance, des personnages secondaires crédibles, un rythme qui ne faiblit jamais, des extra-terrestres exotiques et variés, et des aventures qui se suivent mais ne se ressemblent pas assez pour lasser le lecteur. Une série qui a bien vieilli, à découvrir maintenant ou plus tard : ça se garde, c’est du solide, c’est un classique, et on comprend pourquoi...
 
Magda Dorner, ActuSF, mai 2005


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Anderson - Agent de l'Empire Terrien - ArcaneSFantasy
Posté 19 mars 2010 -
Le personnage de Dominic Flandry est intelligent, charmant, fringant, casse-cou, infaillible, etc… autant de qualités qui font de lui un héros tout simplement invincible. Mais il est aussi doté d’une vaste collection de défauts, parmi lesquels le machisme et la corruptibilité, la superficialité et l’égoïsme ; il aime d’ailleurs beaucoup les femmes et l’argent pour les plaisirs qu’il peut en retirer personnellement. Flandry est en quelque sorte une caricature d’être humain par le biais d’une personnalité ambigüe faisant appel à des traits de caractère extrêmes. Ainsi, dès sa première mission, il déjoue le projet de conquête des Scothani, férus d’honneur, en leur inculquant l’une des spécialités des Terriens, la manipulation à des fins personnelles (Le tigre par la queue). Toutes les missions de Dominic Flandry sont d’ailleurs à cette image. Car il est conscient de ses travers et vit parfaitement avec eux. Ils sont ni plus ni moins le reflet de ses origines, l’Humanité étant capable, on le sait, du pire comme du meilleur. Dans son esprit, il ne s’agit pas de préserver l’Empire terrien de la chute, celle-ci étant d’ores et déjà inévitable, et même programmée. En revanche, elle peut être retardée afin de profiter au maximum de tous les plaisirs de la vie, ce que ne manque pas de faire le héros qui aime au moins autant cela que l’Empire. Quelque part il y a parallélisme, à quelques millénaires près, avec la chute de l’Empire romain dont on sait que Poul ANDERSON est un fin connaisseur. Dominic Flandry a par ailleurs un ennemi attitré, Aycharaych de la planète Chéréion, son alter ego à la solde de l’Empire merséien, le plus dangereux rival de l’Empire terrien. Tout aussi subtil que Flandry, il s’agit d’un extraterrestre également doué de télépathie. On le rencontre dès la troisième aventure de Dominic Flandry (Honorables ennemis), pour le retrouver quasi systématiquement ensuite, à l’exception de la dernière nouvelle du recueil (Le fléau des maîtres). Toutes ces caractéristiques inscrivent Agent de l’Empire terrien dans la catégorie du Space Opera mâtiné d’espionnage. Chaque récit est une occasion pour découvrir un autre monde et une autre culture ; ceux-ci sont traités le plus sérieusement possible par Poul ANDERSON, en particulier du point de vue de l’histoire, de la géographie et des aspects sociaux et politiques des différentes sociétés rencontrées, ce qui les rend parfaitement crédibles en dépit de l’exotisme physique de leurs habitants. Pour le reste, l’auteur traite ses histoires sur un ton léger et plein d’humour grâce à son personnage central qui aborde malgré tout des sujets plus profonds tels que la vie, la mort ou la religion. En fait, les actes et les paroles de Dominic Flandry doivent tantôt être analysés au premier degré, tantôt au second. C’est à cette seule condition que l’oeuvre d’ANDERSON pourra être comprise et appréciée à sa juste valeur, celle d’un divertissement bien plus subtil qu’il n’y parait de prime abord.
 Philémont, 19 mars 2010, arcanesfantasy.free.fr
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Anderson - Agent de l'Empire Terrien - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 29 janvier 2013 -

Force est de constater que le synopsis dit vrai, oui, ce livre est bien un grand classique du space opera. Peut-être un peu plus qu'un grand classique, puisqu'il est même tout proche de ce qu'on pourrait nommer l'archétype de ce genre particulier de la SF.

Histoires multiples.

L'une des caractéristiques du space opera, c'est de ne pas trop chercher le détail, la complication. Les choses se passent généralement assez vite ; une certaine tendance à l'expéditif qui a ses avantages comme ses inconvénients.Ainsi le livre, qui s'étale sur sur plus de 400 pages, ne conte pas une histoire, mais sept assez distinctes. Sept histoires pour autant de missions périlleuses pour l'agent Dominic Flandry.Ayant au compteur quelques 35 années de services, elles ne paraîtront plus vraiment d'une très grande originalité. Cependant, malgré les années, elles ont toutefois gardé toute leur efficacité. L'action est omniprésente, et le lecteur, amateur du genre, ne trouvera guère de temps pour s'ennuyer.Le héros reste lui aussi conforme au style. Surdoué, d'un certain succès auprès des dames (ce doit être dû au métier) ; et malgré les embûches, et les situations plus complexes les unes que les autres, il parvient toujours à s'en sortir. Quoi de plus normal... Mais Flandry à quelque chose de plus. Un soupçon d'humour désabusé, un regard clair sur la société qu'il défend au péril de sa vie ; et un rien de scrupules qui le rendent très intéressant, et qui donne du relief à ce personnage que l'on suit tout au long du livre. Les rôles secondaires, bien que peu développés, et souvent éphémères complètent efficacement le tableau, et permettent à Flandry de donner la pleine mesure de son talent.

Un genre bien particulier.

C'est un fait, le space opera reste à part dans la SF. On peut adorer, ou ne vraiment pas accrocher, c'est selon. Dans son genre Agent de l'Empire Terrien est un très bon roman, qui ravira, je pense, tout les fans de la collection Anticipation de Fleuve Noir, d'il y a quelques années ; mais qui n'apportera pas grand chose aux réfractaires du genre.Quant à ceux qui ne s'y sont pas encore essayé, cela pourrait être le moment, car ces space opera ont quelques choses de réjouissants. Il ne s'agit pas de chercher le chef d'oeuvre, mais bien de lire une histoire faite d'aventure, et d'action ; d'exubérance, et d'exagération.Bref, un livre qui permet de se distraire, et c'est déjà beaucoup. D'autant qu'Agent de l'Empire Terrien est un digne représentant de son style.

Halleck (28/06/2005)

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Anderson - l'épée brisée - Le culte d'Apophis
Posté 31 mai 2016 -

Un chef-d’oeuvre oublié et banni de la Fantasy

Pourquoi devriez vous, si vous êtes un adepte de Fantasy, lire ab-so-lu-ment ce roman ?

Parce qu’il y a des elfes naviguant sur des Drakkars, des nains, des Trolls, des Sidhe, les Tuatha de Danaan, Odin et Tyr, le petit peuple et toute la Faërie, des vampires, des démons du Baïkal et des démons chinois, une épée qui a beaucoup inspiré un certain Michael M., des héros dignes des sagas nordiques et des épopées grecques, une dimension tragique et shakespearienne, des berserkers, parce que c’est superbement bien écrit, magnifiquement traduit, d’une puissance évocatrice colossale, parce qu’il y a des batailles épiques et une romance puissante, parce qu’il y a des femmes elfes sournoises et pas avares du tout de leurs charmes (si vous aussi, vous aimez le Seigneur des Anneaux mais que ses elfes tout purs vous lassent…), parce qu’on ne s’ennuie pas un instant mais qu’en même temps ça ne fait pas 1500 pages, etc, etc, etc.

Quoi, vous n’avez pas encore acheté ce livre ? Et vous vous prétendez adeptes de Fantasy ?

Ah, vous voulez plus de détails ?

Un délai de traduction de… 60 ans !

Avant d’examiner le roman, il est nécessaire de faire un rappel historique. Bien que la première traduction date de 2014, L’épée brisée est parue (aux USA) en… 1954. Si ce roman est si bon, allez-vous me demander, par quelle espèce de maléfice a-t’il mis 60 ans pour être traduit ? La réponse est très simple : l’auteur, Poul Anderson, a été mis sur la liste noire des éditeurs de fantasy / SF français dans les années 70, fermement ancrés à gauche, à cause de ses prises de position en faveur de l’intervention US au Vietnam et parce qu’il était perçu comme un auteur réactionnaire. En conséquence, malgré sa vaste production littéraire, et la qualité de celle-ci (récompensée par de multiples prix Hugo), aussi bien en SF qu’en Fantasy, il a fallu attendre des décennies pour que ses romans et nouvelles (il faut rappeler que l’une d’elles à lourdement inspiré Avatar de James Cameron) soient peu-à-peu traduits en France. Et encore, cela n’est du qu’à la passion et au travail d’un seul homme, le célèbre et talentueux Jean-Daniel Brèque (traducteur également de nombre de Dan Simmons).

Conséquence : malgré sa parution il y a 60 ans et sa qualité, personne ou quasiment ne connaît ce livre de Fantasy remarquable. J’espère qu’après avoir lu cette critique, vous aurez envie de combler cette lacune.

Ça ressemble à autre chose, mais à quoi…

Eh, une minute, me direz-vous, 1954 ? Une histoire inspirée par la mythologie nordique et celtique ? Donc on peut faire un parallèle avec le Seigneur des Anneaux, dont le premier tome est sorti cette année là et qui a puisé dans les mêmes influences ? Michael Moorcock démontre à quel point un tel parallèle est peu pertinent dans la préface, et je suis d’accord avec lui. On ne peut pas comparer un livre de 300 pages à une trilogie qui en fait largement plus de mille, le rythme n’est pas le même, tout d’abord, et le livre de Poul Anderson est beaucoup plus violent, tragique, sexuel et rythmé que le Seigneur des anneaux. De plus, Anderson reste très proche des influences mythologiques et culturelles qui lui ont servi de base, alors que Tolkien les modifie et les développe pour créer un monde bien à lui. Enfin, dans les deux cas l’histoire tourne autour d’un objet de pouvoir, pouvant changer le sort du monde, mais ici il s’agit de le réparer alors que chez Tolkien, il s’agit de le détruire. Sans compter que le héros de l’Epée brisée est tout à fait heureux d’utiliser la puissance destructrice de l’arme à son profit.

Non, le vrai parallèle est à faire avec… Moorcock (ce qu’il se garde bien de faire dans la préface). Il y a des passages qui rappellent tellement la description de Stormbringer et de son comportement au combat qu’on ne peut qu’être troublé (rappelons que l’épée brisée est antérieure de plusieurs années au cycle d’Elric). De plus, l’écriture est compacte (la densité de l’histoire pour seulement 300 pages est assez stupéfiante), noire, poétique sans être pédante ou ennuyeuse, et surtout puissamment évocatrice. Bref, on ne peut penser qu’à Moorcock, voire Robert E. Howard à la lecture.

Autre parallèle, Poul Anderson lui-même : si vous avez lu Trois Coeurs, Trois Lions, vous aurez une large idée du traitement des elfes dans l’Epée brisée, sauf que cette fois-ci, c’est dix fois plus puissant et passionnant. Autant le dire carrément, ces elfes là sont aussi éloignés des elfes tolkieniens qu’il est possible de l’être : ils sont manipulateurs, fourbes, froids, sans scrupules, sournois et lascifs. Et personnellement, j’ai trouvé ça très intéressant.

Univers

Le monde est fascinant : en gros, c’est l’Europe du début du deuxième millénaire, avant la conquête normande de l’Angleterre, mais où, invisibles et cachés aux yeux des mortels (sauf ceux dotés de l’oeil-de-sorcier), existent, sur les mêmes terres que les royaumes humains, ceux des créatures de Faërie, aux noms tout droit issus des mythologies nordique et celte. L’histoire suit essentiellement la guerre longtemps différée entre le Trollheim et l’Alfheim, les pays des trolls et des elfes. Elle suit également l’histoire tragique d’une famille danoise d’Angleterre, descendante de… Ragnar Lodbrok (si, si), maudite par une sorcière Saxonne, manipulée par Odin et par les elfes.
Attention cependant, il ne s’agit pas d’une Fantasy Historique à la Guy Gavriel Kay : le surnaturel est en effet omniprésent dans le livre, que ce soit sous la forme de sortilèges, de créatures féeriques, de l’intervention des dieux ou de la présence d’artefacts de pouvoir.

Personnages et écriture

Si vous aimez les héros à la personnalité puissante, ceux dignes des légendes et pas juste d’une histoire, si romanesque soit-elle, vous allez en avoir carrément pour votre argent : le protagoniste principal combat trolls et Jötuns, aux côtés des plus grands héros elfes, sidhe, et jusqu’aux dieux à-demi déchus de l’Irlande. Bref, nous ne sommes pas dans la demi-mesure, c’est de l’épique, du vrai, et on tue par bataillons entiers. Ah, ce n’est pas subtil alors, ça risque de ne pas me plaire alors ? Que nenni, l’écriture est ma-gni-fi-que, poétique et puissamment évocatrice, douce-amère également, notamment sur les thèmes des amours tragiques et du monde merveilleux des temps anciens qui disparaît avec l’émergence du monothéisme chrétien. De plus, les protagonistes sont plus subtils qu’on pourrait le croire de prime abord, parfois psychologiquement inébranlables, parfois à la merci de leurs passions ou d’une infinie tristesse.

Je n’aurai que deux bémols sur ce roman puissant : le premier est que la fameuse épée ne commence à apparaître sérieusement dans l’histoire qu’au bout de quelque chose comme la page 170 sur 300. Ensuite, j’ai trouvé la fin un peu rapide. Mais bon, rien de bien rédhibitoire à vrai dire.

Un dernier mot sur la présentation : couverture parfaitement en accord avec l’histoire, très belles et très fines petites illustrations en noir et blanc à chaque fin de chapitre, marque-page reprenant l’illustration de couverture, rien ne manque et tout est de qualité. La grande classe.

En conclusion

Vous aimez la fantasy puissante, aux grands enjeux cosmiques ou qui changent le monde, évocatrice à la Moorcock, mythologique ou quasiment à la Tolkien ? Ce livre est pour vous. Dense, nerveux, extraordinairement bien écrit, remarquablement traduit, vous ne POUVEZ pas passer à côté de ce chef-d’oeuvre, qui séduira tous les publics adeptes de la Fantasy, de celui aimant les êtres féeriques et les belles descriptions pleines d’adjectifs à celui qui aime quand c’est bien BRÜTAL (comme aurait pu le dire le regretté Lemmy) et que les têtes volent sous les coups d’épées-démons. La seule erreur que vous pourriez faire serait… de ne pas le lire.

 

Le culte d'Apophis

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Un nouveau site internet
Posté 25 mars 2019 -

Chers lecteurs, chers internautes,

Grande nouvelle ! À partir de mercredi prochain, quand vous taperez www.l-atalante.com dans votre barre URL, vous accéderez à notre nouveau site.

Petites choses à savoir :
1- Le site sera probablement hors-ligne pendant quelques heures le temps de la propagation DNS.
2- Notre blog sera intégré au nouveau site. Rendez-vous sur la page Actualités.
3- Il n'y aura plus de boutique en ligne…
4- …mais nous vous en proposerons une flambant neuve d'ici mi-avril.

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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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