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Bordage - Frère Ewen - Le Dauphiné Libéré
Posté 06 mai 2008 -

Il faut s'appeler Pierre Bordage pour oser, sans trembler, s'atteler à la tâche monumentale d'un space-opera en cinq volumes. Mais voilà, Pierre Bordage est le meilleur conteur français de notre temps, et son style littéraire s'affirme de livre en livre. Entremêlant les aventures d'un moine-soldat parti sur l'appel de son ordre pour sauver la galaxie d'un terrible danger, et le trajet d'exil de deux adolescents réfugiés, Bordage nous propulse dans une histoire passionnante, où se nouent action, amour, et noire douleur du deuil. Ce livre-monde nous embarque au coeur même de l'humanité éternelle.

Thierry HUBERT, Le Dauphiné Libéré, décembre 2007

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Bordage - Frère Ewen - Le Cafard Cosmique
Posté 05 décembre 2008 -
Après le plutôt réussi Porteurs d’âmes sur les voyages extracorporels, Pierre BORDAGE s’attèle cette fois-ci à un nouveau cycle de space opera - La Fraternité du Panca - qui comprendra cinq tomes, à raison d’un titre par an.

L’humanité s’est exportée aux quatre coins de la Voie lactée, établissant diverses communautés sur des planètes habitables ou terraformées. La liaison entre elles s’effectue en vaisseaux interplanétaires. Certaines transitions peuvent durer plusieurs mois avoisinant un siècle pour les contrées les plus éloignées. Afin de ne pas vieillir inutilement, les humains prennent des ralentisseurs métaboliques synthétiques malgré le risque des lésions cérébrales. Ainsi, une semaine écoulée pour leur organisme équivaut à deux mois du temps réel.

Après cette brève présentation, intéressons nous à l’histoire, et plus précisément aux deux histoires qui alternent d’un paragraphe à l’autre pour se rejoindre en toute fin d’ouvrage.

La première est celle de frère Ewen, l’un des cinq membres du Panca, qui se voit confier par maître Ebenezer la mission de rejoindre frère Phaïstos, situé à vingt années-lumière de son domicile, sur le système Pelopon. Le but est de former la chaîne quinte qui réunira l’amna (mémoire artificielle insérée dans leur vortex) de chacun des frères en un afin de contrer une menace qui pèse sur l’ensemble des êtres vivants. Les frères sont reconnaissables grâce au cakra, arme surpuissante qui lance des cercles de feu et anéanti quiconque en est touché.
La dernière date à laquelle la chaîne fut formée remonte au temps originel, il y a six siècles.
Le voyage de Frère Ewen durera 80 ans, ce qui signifie qu’il doit se séparer à jamais de son épouse et de sa fille de trois ans. Voyage d’autant plus périlleux qu’il s’abstient des métaboliseurs synthétiques afin de préserver son amna et de rester sur ses gardes. En effet, rapidement se dresse sur sa route divers ennemis, notamment les satnagas [guerriers nus redoutables] au service du mystérieux Sât...

La seconde est celle de Olméo, un adolescent de 13 ans qui, avec sa famille, s’est fait expulsé de la communauté angélique [dont l’une des caractéristiques principales est d’être réfractaire à toute technologie]. En effet, sa mère a été prise en flagrant délit d’adultère, un acte intolérable aux yeux du conseil angélique. Son père, face à un tel déshonneur, blessé dans son amour-propre, décide d’emmener sa famille le plus loin possible dans le système stellaire. À la gare Sar Drael, Olméo aborde une jeune fille qui lui plait beaucoup. Elle se nomme Sayi et appartient à la communauté des hauts plateaux du Souffle, en disgrâce avec la communauté angélique suite à leur refus de venir leur prêter mains fortes lors de la guerre des sept diadèmes face à Xahor le conquérant.
Le train - TransAmblien - explose en chemin. Attentat ? Accident ? Nul ne sait. Les morts se comptent à la pelle. Trois milles. Et des milliers de blessés. Deux des trois soeurs d’Olméo succombent ainsi que toute la famille de Sayi. Devenue orpheline et devant l’insistance d’Olméo et de sa mère, ils décident de la recueillir, malgré la réticence du père...

Ce premier tome remplit de tendresse et de vicissitudes est une réussite. On y voit naître des conflits présents et à venir sur plusieurs niveaux allant de la famille atomique jusqu’à l’ensemble du système stellaire. Reste à savoir si ce cycle qui s’annonce ambitieux tiendra toutes ses promesses sur la durée. Et ce dès le prochain opus qui s’intitulera Soeur Ynolde dont la sortie est prévue pour octobre 2008.
 
Pegase, Le Cafard Cosmique, 10 novembre 2007 

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Bordage - L'Enjomineur 1794 - Le Dauphiné Libéré
Posté 05 décembre 2008 -

L'histoire d'Émile et de son double noir, Cornuaud, s'achève. Les chemins de ses deux ensorcelés, l'un par le peuple des fées, l'autre par une sorcière africaine, convergent vers la Vendée livrée au pillage et au massacre. Les troupes de la République y affrontent les lambeaux de l'armée des chouans. L'enfer a ouvert ses portes. Chaque personnage de Bordage est le lieu où se livre un combat entre les pulsions les plus sombres et l'aspiration à la lumière. Tantôt martyrs, tantôt bourreaux ils sont le reflet magnifié de nos obscures errances. Cett trilogie est un chef-d'oeuvre.

Thierry HUBERT, Le Dauphiné Libéré, 31 juillet 2006 

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Bordage - L'Enjomineur 1792 - Khimaira
Posté 05 décembre 2008 -

Pierre Bordage est un conteur formidable et le prouve encore une fois avec sa trilogie, l'Enjomineur. D'entrée de jeu, le premier volume, 1792, est assez difficile à cerner. C'est certainement le but de l'auteur qui nous entraîne dans un univers incroyablement fouillé, jusqu'au moindre détail, historique, folklorique, coutumier. Pierre Bordage sait ainsi utiliser la langue, avec une variété de vocabulaires surprenante. Ce n'est 'ailleurs pas toujours évident à suivre, lorsque les personnages parlent le patois de la région vendéenne où se situe une bonne partie de l'intrigue. Nous nous rendons aussi à Nantes et à Parisagitées par les soubresauts de la Révolution, où des intrigues se nouent pour s'emparer du pouvoir. Si ce roman est difficile à classer, c'est qu'il tient à la fois du genre historique et fantastique et même de la fantasy. En suivant Emile, jeune paysan et Cornuaud, marin négrier et brigand, on se trouve plongé dans une histoire où abondent sorcelleries et sociétés secrètes. D'un côté, certains prétendent qu'Émile est le fils de Mélusine, de l'autre, Cornuaud se pense maudit par une prêtresse vaudoue rencontrée sur l'Indomptable. Les chapitres alternent entre ces deux personnages, ménageant un suspens qui vous amène à lire page après page pour en savoir toujours plus. On sent bien qu'Émile et Cornuaud sont liés, d'une façon ou d'une autre et la révélation apportée à la fin du premier tome, ainsi éclairé sous un nouveau jour, promet beaucoup quant à la suite. Certains regretteront toutefois peut-être que Pierre Bordage renoue avec l'hécatombe. Il faut ainsi oser tuer un personnage narrateur dès le preier chapitre. Il n'est que la première victime d'une longue liste mortuaire rédigée par Cornuaud, saisi par la saisi par une folie meurtrière qui le transforme en seriel killer avant que le terme ne soit même inventé. Mais Pierre Bordage n'est pas un tendre, l'époque qu'il a choisie non plus. Âme sensible, s'abstenir. Amoureux de fresques admirables, ouvrez ce livre!

Corrine GUITTEAUD, Khimaira, janvier/mars 2005 

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Bordage - Soeur Ynolde - Phénix web
Posté 23 mars 2009 -
La fraternité du Panca, une confrérie d’êtres qui partageant le même objectif, défendre la vie, se rassemblent pour former une chaîne d’âmes. Pour que cette chaîne soit efficace, il faut cinq maillons. Frère Ewen, au prix de sa vie, a transmis son âmna (en gros, son âme) sous la forme d’un implant à sa fille devenue Sœur Ynolde. Ynolde doit à son tour trouver le maillon suivant pour lui transmettre son âme et celle de son père. Mais l’entreprise est difficile car de nombreuses puissances s’opposent à la destinée de la Fraternité. Pierre Bordage à travers ses romans y compris les plus désespérants, me réconcilie toujours avec l’humanité. Après le premier voyage dans un presque infini temporel avec « Frère Ewen », j’attendais avec impatience la suite. Me voici, après la lecture de « Sœur Ynolde », le même état d’impatience. Et la même espérance en dépit de tout, ce qui fait du bien en ce début d’année où la crise est déclinée dans toutes ses couleurs de grisaille. S’affranchissant des limites temporelles de l’après-demain, Pierre Bordage retrouve des territoires temporels qui vont au-delà de notre galaxie. De quoi décoller mais tout en gardant les pieds sur terre. Car tout en envisageant les devenirs de cet essaimage de l’humanité dans les étoiles, c’est toujours de l’humain en nous qu’il est question. D’aujourd’hui, de la vie, de son avenir, de la valeur qu’on lui accorde. De la liberté aussi. Pierre Bordage, en nous emportant très loin dans la dérive temporelle, nous ancre cependant aux débats philosophiques de cette bonne vieille terre. (...)
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Bordage - Frère Ewen - Les Chroniques de l'Imaginaire
Posté 17 avril 2009 -
Ewen vit en harmonie sur Boréal en compagnie de sa femme, Ezalde et de leur fille, Ynolde, lorsqu'il reçoit l'appel du Panca à travers son implant. Les espèces vivantes courent un grave danger ; aussi doit-il se rendre de toute urgence sur Phaïstos dans le système Epsilon du Pélopon afin de transmettre son âmna au quatrième frère et mettre en marche le processus de reconstitution de la chaîne quinte à laquelle il appartient. Son premier réflexe est la révolte, il s'est engagé dans cette organisation quand il ne possédait rien mais il est à présent à la tête d'un commerce florissant et son épouse attend leur deuxième enfant. Il jouit d'une grande plénitude qu'il n'a aucunement l'intention d'abandonner pour de vagues menaces non identifiées.

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Bordage - Soeur Ynolde - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 16 avril 2009 -
Ynolde a traversé les mondes pour retrouver son père qui les a abandonnés à leur triste sort son frère et elle après la mort de leur mère. Elle a juré de se venger mais en chemin, sa route a croisé celle de la Fraternité du Panca et elle est devenue soeur Ynolde. Sa quête s'est transformée ; c'est maintenant un moyen de savoir et de comprendre. Aussi, lorsqu'elle est envoyée sur Phaïstos afin de récupérer l'âmna du cinquième frère, est-elle loin de se douter de l'identité de l'homme qu'elle doit retrouver. Puis, munie des deux implants, le sien et celui qu'elle était venue chercher, elle doit trouver le moyen de remplir sa mission, à savoir rejoindre le système de Tau du Kolpter, afin, à son tour de perpétuer la constitution de la chaîne quinte en transmettant ses principes vitaux au troisième frère.

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Bordage - 1792 - Actu SF
Posté 04 juin 2009 -
"Frères, en franchissant une nouvelle étape, nous avons accompli des prodiges."

Auteur emblématique de la littérature française de science-fiction, Pierre Bordage nous livre ici son premier roman de fantasy basé sur des faits historiques. 1792 est le premier tome d’une trilogie qui se déroule sur trois ans (1792 à 1794), nommée L’Enjomineur. Une sorte d’hommage aux ancêtres de l’auteur, paysans vendéens qui ont souffert de la guerre et de la Révolution. L’auteur a choisi de commencer par cette année bien particulière qui a marqué la France : 1792. Cette année est une date tournante de l’Histoire française, c’est l’année du renversement du régime monarchique et de la proclamation de la République française.

Ce premier volet se situe donc dans le pays d’origine de l’auteur, la Vendée et conte les aventures en parallèle de deux hommes que tout sépare : Émile, un jeune paysan élevé par un prêtre ouvert aux idées nouvelles, et Cornuaud, alias Belzébuth, ancien marin à bord d’un négrier.

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Verne - Le Figaro
Posté 15 juin 2009 -
Mais les héritiers de Jules Verne existent également hors de ce genre littéraire propre à la science-fiction. « Même si Verne est une sorte de géant solitaire sur la route du roman d'aventure, il a laissé des traces, comme des petits cailloux blancs... , précise, quant à lui, Pierre Michaud, directeur des éditions de L'Atalante, à Nantes et qui sera présent aux Utopiales de Nantes. Sa grande fonction aura été de dire, une fois pour toutes, que le roman d'aventure n'est pas uniquement fait pour dire l' « ailleurs », mais aussi pour explorer le « demain ». Pierre Bordage fait indéniablement partie des héritiers de Verne. »

Mohammed Aïssaoui et Olivier Delcroix, Le Figaro, 2004

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Bordage - L'Enjomineur 1794 - Le Figaro et vous
Posté 13 août 2009 -

En patois vendéen l'"Enjomineur" signifie "sorcier" ou "enjôleur".

Ce terme aussi étrange que poétique, est devenu le titre d'une saga signée Pierre Bordage, dont le dernier volet vient de paraître. L'intrigue de cette fresque féérique, pétrie d'histoire et de violence, tourne autour d'Emile (dit Milo), paysan du bocage, fils d'une fée possédée par une enjomineuse africaine, et de Cornuaud ou Belzébuth), originaire du pays de Retz, et enrôlé dans l'armée des volontaires de la Nation.

Ces deux protagonistes, plongés au coeur de la tourmente révolutionnaire, se rencontrent enfin en 1794, au pire moment de la Terreur...

Comme l'écrit le romancier : "L'esprit du mal change en haine la souffrance des hommes, il les dresse les uns contre les autres." Porté par un souffle romanesque sans précédent, l'auteur des Guerriers du silence clôt fièrement sa triologie de fantasy historique.

 

Olivier DELCROIX, Le Figaro et vous, 06 juillet 2006

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Bordage - L'Enjomineur 1793 - Presse Océan
Posté 13 août 2009 -

C'est avec un plaisir non dissimulé que l'on retrouve Emile et Cornuaud en pleine tourmente révolutionnaire, les deux personnages principaux de la trilogie "L'Enjomineur", écrite par l'auteur nantais Pierre Bordage.

Au fil d'une époque ultra-violent, où règne le chaos et où la guilllotine fonctionne à tour de bras, on suit pas à pas deux vies parallèles ; celle de Cornuaud, un marin engagé dans la traite négrière qui, après voir violé une esclave, se retrouve envoûté - "enjominé" - et celle d'Emile, un Vendéen, à qui l'on a confié une dague au pouvoir mystérieux.

Même si l'on ne connaît pas le patois vendéen, on lit avec délice ces dialogues ciselés de main de maître et l'on découvre la ville de Nantes durant la révolution, les chemins malfamés de la Vendée, les forêts environnantes et la capitale parisienne en ces années de furie.

On plonge avec une curiosité de chat dans l'univers des complots, dans les arcanes et autres coulisses de l'histoire d'une secte qui aimerait prendre le pouvoir tandis que Louis XVI ne va pas tarder à perdre la tête. C'est passionnant, parfois proprement hallucinant !

 

Stéphane PAJOT, Presse Océan, 20 décembre 2005

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Bordage - L'Enjomineur 1792 - Le Dauphiné Libéré
Posté 13 août 2009 -

Pierre Bordage signe avec ce premier volume d'une trilogie mêlant Histoire, intrigue policière et fantastique le meilleur roman de l'année. On plonge au coeur de la colère chouanne, avec des personnages parlant la langue du bocage, on pénètre au plus profond des faubourgs parisiens, où couvent toutes les rancoeurs du peuple, on navigue à bord des navires négriers véritables enfers flottants, on se perd dans les forêts et les ruelles, on a peur, on se sent soulever par le souffle de l'époque... Pierre Bordage, comme Alexandre Dumas ou Paul Féval, connaît les secrets des voyages dans le temps et l'imaginaire et sait comment y entraîner ses lecteurs.

 

Le Dauphiné Libéré, 29 novembre 2004

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Bordage - Griots célestes I - Mad Movies
Posté 24 août 2009 -

Que fait Pierre Bordage avec Griots célestes ? Un roman de space opera, d'heroïc fantasy, de science-fiction ? Un peu tout ça, et en même temps, complétement autre chose. Griots célestes donne cette impression que laissent les bons livres, celle de recréer un genre entier avec de nouveaux codes, de nouveaux mythes. Bref, Bordage invente, en se passant de toute référence, un univers avec sa propre logique, sa propre raison d'être.

L'auteur est vraiment très à l'aise pour présenter de nouvelles espèces, planètes et univers. Il y a une rigueur quasi mathématique dans son imaginaire, une rigueur impressionnante qui donne parfois naissance à un vrai style. On peut facilement reconnaître à l'auteur un don, celui de faire retomber le lecteur en enfance, lui faire croire à ce "Et si..." magique, à un univers tellement complet qu'il en devient crédible.

 

Erick VOGEL, Mad Movies, septembre 2002

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Bordage - Griots célestes I - Le Monde
Posté 24 août 2009 -

Pierre Bordage est sans conteste le meilleur auteur français de "space opera". Encore faut-il prendre l'expression dans son sens le plus moderne, avec l'emphase mise sur le deuxième terme. Il le prouve à nouveau avec ce roman qui a pour protagonistes des chanteurs de l'espace. Soit des bardes cosmiques - ces fameux "griots célestes" du titre - qui ont la difficile mission de tisser un lien symbolique entre les différentes communautés humaines semées à travers la galaxie tout entière par les grandes guerres de la Dispersion et vivant isolées, repliées sur elles-mêmes pour avoir perdu le secret des voyages intersidéraux. Ils représentent la lumière, la liberté, la connaissance, un principe de vie. Il n'est donc pas surprenant que se soit dressé contre eux un principe de mort, une société secrète des adorateurs du Vide, des serviteurs de l'"Enguise", qui les pourchasse et les met à mort.

Cette lutte sert de toile de fond au roman de Pierre Bordage, qui a pris le risque d'un récit aussi fragmenté, dans un premier temps, que la civilisation galactique qu'il décrit, changeant d'un chapitre à l'autre les décors et les points de vue.Mais bientôt, après cette entrée en matière kaléidoscopique d'une assez belle virtuosité, le récit adopte un cours moins chaotique, moins elliptique aussi, pour se concentrer autour du tandem formé par le griot Marmat Tchalé et son apprenti, puis disciple, Seke, Celui qui-vient-du-bruit, ainsi que sur leurs missions communes.

L'admission de Seke au sein du Cercle des griots a peut-être changé la donne, car chacune de leurs interventions se traduit par de forts bouleversements sur les planètes traversées par le duo. Seke sera-t-il celui qui vaincra l'Enguise ? Le lecteur le découvrira sans doute dans le second volet de l'oeuvre. Le premier, quoi qu'il en soit, lui aura donné l'envie furieuse d'y aller voir...

 

Le Monde, 12 juillet 2002

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Bordage - Griots célestes I - L'Humanité
Posté 24 août 2009 -

Un opéra de l'espace gentillet aux accents poétiques, diriez-vous ?

Raté ! Une nouvelle foi, Pierre Bordage se penche sur nour monde malade et scrute le passé en quête d'antidote. Face à l'éclatement de l'humanité, la logique - tant littéraire que scientifique - voudrait que la technologie "rassemble" et "lie" le genre humain. Pour autan, l'auteur nantais s'offre le plus vieux média qui soit : la tradition orale. Celle des bardes, des troubadours, des trouvères, des griots africains.

La communauté humaine, évoquée par Bordage, ressemble étrangement à la nôtre tant les disparités des mondes narrés dans Griots célestes mettent douloureusement l'accent sur celles de notre époque

Bordage critique notre monde où l'information, le fait de savoir dans l'instant, quasiment en temps réel, prend le pas sur toute autre considération. Les bardes et autres griots, hérauts de la tradition orale, représentaient une somme de savoir, une compilation des actes et paroles passés, de quoi être pondéré et posé, de tirer les leçons du passé.

 

Gregor MARKOWITZ, L'Humanité, 8 août 2002

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Bordage - Griots célestes II - Science-Fiction Magazine
Posté 24 août 2009 -

Faut-il encore présenter Pierre Bordage, rappeler sa carrière de romancier jalonnée de livres qui créent l'événement et mobilisent l'attention ? Peut-on se risquer à souligner encore la richesse romanesque de l'intrigue, la qualité de la narration et de la technique de conteur ? Doit-on évoquer les personnages mis en scène, la densité de leur caractère, la véracité des profils psychologiques ?

Est-ce utile de redire la capacité d'invention de l'auteur, ses recherches pour des faunes et des flores inédites, la relation d'un environnement toujours novateur malgré son penchant pour les sociétés de type agraire dans un espace féodal où l'homme ne dispose que de ses moyens physiques et psychiques pour lutter ? Foin, chez Bordage, d'outils sophistiqués, d'armes apocalyptiques, au profit d'un lien avec l'environnement, avec une nature qui ne demande pas mieux que de partager pour peu qu'on les reconnaisse. Le plus grand danger provient toujours de l'homme et des idées de fanatisme qui l'animent.

Faut-il encore redire sa foi en un avenir pour l'humanité pour peu que l'on accepte de croire et d'appliquer quelques valeurs humaines essentielles, telles que l'amour de son prochain, la tolérance... ?

Nul besoin de revenir sur tout ce qui concourt à faire d'un livre de Pierre Bordage, une histoire passionnante à tous les points de vue car, vous en serez, comme moi, convaincus dès la lecture des premières pages de Le dragon aux plumes de sang.

 

Serge PERRAUD, Science-Fiction Magazine, septembre 2003

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Bordage - Nouvelle Vie TM - Le Dauphiné Libéré
Posté 24 août 2009 -

Au travers de douze nouvelles, Pierrre Bordage explore les thèmes classiques de la science-fiction, des "Chasses du comte Zarov" remises au goût du jour à "L'Invasion des profanateurs de sépulture" passés par la case génétique, en faisant un détour par différents types de Space Opera et la traque d'un tueur en série insaisissable.

L'auteur paraît dans le style court, aussi à l'aise que dans le roman fleuve, dont il est aujourd'hui un des maîtres.

 

Thierry HUBERT, Le Dauphiné Libéré, 12 juillet 2004

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Bordage - Abzalon - Le Dauphiné Libéré
Posté 24 août 2009 -

Abzalon, héros inquiétant à la Quasimodo de la planète Ester, englué dans un univers carcéral violent et glauque, qui rencontrera le Qval, être légendaire, au cours de son long voyage à travers le néant.

Difficile pour le lecteur de quitter l'histoire, qui dévoile progressivement son secret. Abzalon, c'est une sorte de gigantesque parabole qui pousse à réfléchir non seulement sur l'impact du temps sur le compportement humain, mais également sur le devenir social, économique et politique de notre monde...

 

Le Dauphiné Libéré, 25 novembre 1998

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Bordage - Abzalon - Le Monde
Posté 24 août 2009 -

Abzalon est à la fois l'histoire d'un voyage plein d'imprévus, l'histoire de la planète Ester, de sa colonisqation à sa destruction, et des luttes de pouvoir qui l'ont marquée, et c'est aussi l'histoire d'un amour entre deux êtres que tout séparait mais que le destin a réunis pour qu'ils deviennent ensemble l'âme de l'aventure.

Pierre Bordage a brassé toutes ces histoires avec une grande maestria pour nous offrir un roman de S-F de très haute tenue.

 

Le Monde, 4 décembre 1998

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Bordage - Wang I - Le Monde
Posté 24 août 2009 -

Situé dans un futur relativement proche, le XXIIIème siècle, Les Portes d'Occident imagine une partition du monde que notre présent rend potentiellement crédible. D'un côté, un Occident blanc repu à l'abri derrière l'infranchissable Rideau électromagnétique qui le protège des incursions extérieures. De l'autre, le reste du monde, plongé dans la misèreet la violence, avec une République populaire sino-russe en proie aux mafias et autres triades, une grande nation islamique soumise à l'intégrisme coranique et une Asmud livrée à ses démons cruels.

D'un côté une civilisation hypertechnologique et décadente qui conjure son ennui en organisant des "Jeux uchroniques" où s'affrontent, sous la conduite d'un meneur de jeu représentant d'une nation, de véritables armées dans des wargames grandeur nature. De l'autre, des miséreux et des condamnés qui se précipitent quand s'ouvrent, à intervalles réguliers, les fameuses portes de l'Occident, vers un destin dont ils ignorent tout.

Ce sont eux, bien sûr, qui vont grossir les cohortes gladiatrices dont les Occidentaux savourent les joutes mortelles sur leurs écrans en sensorama, avec d'autant plus d'intérêt qu'elles ont de surcroît des enjeux politiques de quelque importance.

Mais tout système sécrète ses déviants, possède ses ferments de chaos. Dans ce premier volume, l'auteur les désigne à notre attention ou les montre déjà à l'oeuvre. C'est le cas, évidemment, de Wang, ce jeune chinois de dix-sept ans,dont Les Portes d'Occident conte l'odyssée, des faubourgs du Grand Wroclaw jusqu'au champ de bataille de l'île des Jeux, et qui, à l'issue du roman, se sent investi d'une mission : abattre la muraille qui divise l'humanité.Nous attendons avec impatience de savoir comment il y parviendra : ce sera le sujet d'un deuxième tome, à paraître très prochainement.

Avec le premier déjà, qui mérite tous les éloges, Pierre Bordage a définitivement fait son entrée dans la cour des grands. L'intrigue est ici parfaitement maîtrisée, les personnages fort bien dessinés, les arrières-plans d'une densité certaine, la critique sociale pointée avec la virulence que l'époque mérite... Avec Les Portes d'Occident, la science-fiction française confirme une fois encore la force de son renouveau.

 

Jacques BAUDOU, Le Monde, 3 mai 1997

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Bordage - Wang II - Le Dauphiné Libéré
Posté 25 août 2009 -

Pour le deuxième volet de son roman, Pierre Bordage a choisi les couleurs du grand spectacle. Vision de la guerre des Boers, irruption de la guerre du Vietnam et même guerriers apaches, et assauts d'hélicoptères sur Paris. Nous sommes vraiment en terre d'aventures. Il y a même une prenante histoire d'amour.

Si le récit est un peu moins tendu que dans le premier volume, on se laisse encore prendre au fil de l'histoire, et on tremble pour les personnages. Mais le principal mérite de Pierre Bordage, c'est de dévoiler notrer image derrière le visage des bourreaux, égoïstes, cruels et veules.

Nous sommes aujourd'hui à deux pas de cette société future, dominée par l'exclusion et le mépris, il ne faudra pas, alors, attendre une quelconque compassion de l'ange exterminateur.

 

Thierry HUBERT, Le Dauphiné Libéré, 16 juin 1997

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Bordage - Wang I - Le Dauphiné Libéré
Posté 25 août 2009 -

Le formidable talent de conteur de Pierre Bordage nous plonge dans ce tiers-monde glauque et malfaisant et nous nous retrouvons, bousculés, aux côtés de Wang, aussi anxieux que lui de savoir ce que cache la gigantesque muraile de lumière qui masque la moitié du monde.

Ne comptez pas sur moi pour vous le dire, allez plutôt prendre votre place parmi les émigrants, souffrez avec eux, vivez de leurs espoirs et de leurs peurs. Pierre Bordage, par la magie de son écriture saura vous transporter, à travers l'espace et le temps, à la rencontre de la pure joie de lire.

 

Thierry HUBERT, Le Dauphiné Libéré, 2 décembre 1996

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Bordage - Wang II - Le Monde
Posté 25 août 2009 -

Dans ce second volume, la critique sociale se fait plus aiguë encore. En effet, Pierre Bordage retrace la suite des évolutions qui ont amené à cette partition drastique du monde étendant au globe tout entier le principe de l'apartheid, il décrit les plans du capitalisme occidental, qu'il surnomme de manière référentielle "la Pieuvre", pour mettre la "mainmise totale sur la population mondiale à la fin du XXème siècle", et son échec partiel, en raison de la manifestation des forces du chaos qui prennent naissance dans tout système rigide. Mais aussi sa rapide adaptation aux nouvelles donnes afin de mettre à nouveau le monde en coupe réglée. Pour aussi radicale que soit sa vision de l'histoire du futur, Pierre Bordage n'en oublie jamais qu'il ne s'agit que d'un "décor" et que l'essentiel est ailleurs : dans la course de Wang, électron libre et agent du chaos, à qui il est même échu de rendre - ô revanche - leur liberté aux Indiens d'Amérique du Nord !

 

Jacques Baudou, Le Monde, 13 juin 1997

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Bordage - La Citadelle Hyponéros - Le Figaro
Posté 25 août 2009 -

Fidèle au souffle épique des deux premiers tomes et débordant d'une imagination toujours aussi fertile, Pierre Bordage conclut son cycle des Guerriers du silence de main de maître avec La Citadelle Hyponéros. Et donne ainsi à la SF française l'un de ses chefs-d'oeuvre.

 

Guillaume BOUILLEUX, Le Figaro, 23 janvier 1996

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Bordage - La Citadelle Hyponéros - Le Monde
Posté 25 août 2009 -

La Citadelle Hyponéros achève d'admirable façon un space-opéra qui n'est pas un simple roman d'aventure spatiale, même un tant soit peu sophistiqué, puisqu'il propose aussi une réflexion sur l'exercice du pouvoir, qu'il soit temporel ou religieux...

 

Jacques Baudou, Le Monde, 5 février 1999

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Bordage - Les Guerriers du silence - Ouest-France
Posté 25 août 2009 -

Un bon auteur français de science-fiction, ça existe ?

Pierre Bordage en fait l'éclatante démonstration dans Les Guerriers du silence.

Et voilà le premier livre de cet ex-étudiant nantais devenu journaliste parisien, àranger aux côtés des Michael Moorcook et autres Orson Scott Card. Catégories rêveurs de mondes.

 

Bruno MENARD, Ouest-France, 7 mai 1993

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Bordage - Terra Mater - La Revue du Chat Noir
Posté 26 août 2009 -

Avec ce second volet de la brillante saga des Guerriers du silence amorcée l'an passé, Pierre Bordage persiste et signe dans la plus pure tradition de l'opéra épique de l'espace ; une tentative rare dans le milieu de la science-fiction française.

 

S.BOILLOT, La Revue du Chat Noir n°4

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Bordage - Les Dames Blanches - Eveyeshe
Posté 14 avril 2016 -

L’auteur nous décrit très bien ce monde étrange, où l’on essaie de détruire ce que l’on ne comprend pas. Il y a des êtres qui tentent à tout prix d’établir un contact avec les bulles que l’auteur appelle « Les dames blanches », notamment les passionnés d’Ufologie qui se font traiter d’illuminés, comme Basile et Camille dont les dames blanches ont pris un fils, Nathan.

De l’autre, on trouve tous les fadas du complot, ultra militaristes qui voient une occasion de donner un sens à leur vie en devenant des miliciens. On s’attache quand même au premier artificier, ex légionnaire, porté sur la bouteille qui retrouve un sens à sa vie, en imaginant ses cocktails explosifs, alors que d’autres sont franchement antipathiques…

Pierre Bordage, comme d’habitude nous décrit bien les dérives du monde moderne, la façon dont les militaires décident de recenser tous les enfants et demandent aux parents de désigner un des leurs pour devenir une bombe humaine, car c’est la seule façon, apparemment, de déstabiliser les dames blanches, mais c’est un répit de courte durée. C’est ce qu’on va appeler « Loi d’Issac »

Comment élever un enfant qui va être sacrifié ? Il est clair que les parents notamment la mère ne peut que décider de ne pas s’investir émotionnellement. On va ainsi fabriquer des bataillons d’autistes qui sont chargés d’une mission se faire exploser dans la bulle pour sauver le monde. Cela ne vous évoque rien ?

Bien-sûr, il y a les résistants qui refusent de donner un de leurs enfants et doivent vivre dans la clandestinité, persécutés par les miliciens.

Le livre est construit d’une fort jolie façon : chaque chapitre porte le prénom d’un enfant qui va jouer à ce moment-là un rôle particulier. On a ainsi une myriade de prénoms très originaux car, quel prénom donner à un  enfant qui va se sacrifier ? bien-sûr, on voit resurgir des prénoms de la bible, ou de la mythologie : Ulysse, Jason, Achille, Pelops « le fils de Tantale servi en ragoût par son père aux dieux de l’Olympe »

Pierre Bordage aborde, mine de rien, le problème de la numérisation, de l’électronique dont nous sommes devenus si dépendants, et la façon dont il va falloir réapprendre à se servir du papier, du crayon, pour envoyer des vraies lettres via la vraie poste, ou retourner aux anciens moyens de locomotion, car exit avion, autoroutes, PPS et autres joyeusetés…

On ne peut pas s’empêcher de faire un lien entre des dames blanches qui se nourrissent d’enfants et le ventre maternel, et toute la thématique de la gestation, de l’amour maternel…

Ces dames blanches qui perturbent tout, m’ont fait penser à une maladie qui progresse à grands pas « l’électro-sensibilité » : des personnes qui sont malades dès qu’elles sont en contact avec un téléphone portable, par exemple et qu’au début on prenait pour des « cinglées ». Ne parle-t-on pas de « zones blanches » pour tenter de les préserver ?

On retrouve bien-sûr la passion de Pierre Bordage pour la mythologie et aussi pour l’Histoire, certains éléments rappellent la milice sous l’Occupation, (les dénonciations, les rafles au petit matin, le traitement des enfants Kamikazes qui évoque les camps de concentration). Mais, certaines descriptions font penser à ce qui se passe de nos jours, terrorisme, Etat d’urgence…  malgré tout, il semble garder foi en l’être humain…

Bref, j’ai beaucoup aimé ce roman. Cette histoire m’a plu d’emblée et j’ai dévoré le livre. J’ai découvert l’auteur avec « Le feu de Dieu » qui m’avait beaucoup plu. Donc, j’ai bien l’intention de continuer à découvrir son univers.

Eve-Yeshe

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Bordage - Sœur Ynolde (La Fraternité du Panca II) - Ifisdead.net
Posté 09 novembre 2009 -
Le premier tome,Frère Ewen, était une hymne au voyage et à la découverte, et pour cause, puisque c’était un voyage de plus de quatre-vingt ans que nous proposait Pierre Bordage. Cette fois ci, le tome est beaucoup plus centré sur l’action et sur les menaces qui pèsent sur la cause d’Ynolde. Comme je l’ai dit dans le résumé, les deux protagonistes, et je dirais même, les deux forces qui se combattent sont ici convaincues de la même chose : œuvrer pour le bien de la vie et contre le mal.

C’est ainsi qu’on va voir à de nombreuses reprises un assassin qui ne lâche pas prise, parce qu’il est convaincu qu’Ynolde souhaite anéantir l’espèce vivante, tandis que cette dernière est convaincue du contraire. Intéressant finalement, puisque comme notre ami Lestat le dit, « le mal est une question de point de vue ». J’avais beaucoup aimé le personnage d’Ewen, et je dois avouer qu’Ynolde n’est pas aussi attachante que ce dernier. J’ai trouvé ses chapitres moins intéressants, et certains, d’un niveau un peu en deçà, m’ont un peu laissé de marbre, je dois le dire. Par contre, Silf est tout simplement un personnage très agréable à suivre.

Là encore, Pierre Bordage utilise des ficelles de narrations différentes et variées. Nous avons bien entendu toujours droit à notre introduction de chapitre faite par des articles d’encyclopédie, mais en plus, notamment du côté de Silf, l’évolution et le parcourt du héros n’est pas toujours contée par « lui-même » mais aussi parfois par un personnage secondaire, que nous découvrirons rapidement, le temps d’un chapitre, et qui parlera avant tout de Silf

Les passages sur Silf sont donc excellents et comblent sans aucun mal les petits ralentissements de l’aventure de la sœur. A ceci il faut ajouter, en plus de l’imagination débordante et envoutante de l’écrivain, que la fin est tout simplement géniale. Une montée en puissance pour un dénouement excellent, prenant, haletant, et qui met les larmes aux yeux. […]

Encore une fois, je ne peux que vous conseiller cette superbe série française qui […] ravira tous les amateurs d’imaginaire, qu’ils aiment ou non les voyages dans l’espace !

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Bordage - Frère Ewen (La Fraternité du Panca) - Ifisdead.net
Posté 07 octobre 2009 -
Pierre Bordage gagne haut la main et de façon méritée une place dans notre liste des très bons auteurs du genre. Frère Ewen ce n’est pas un simple livre de Science-Fiction, c’est un envoutement constant, une superbe aventure humaine que nous vivons à fond pendant les quelques quatre cent quarante-six pages que comporte le livre.
À dire vrai, j’ai tellement aimé ce livre que les mots et les qualificatifs pour le décrire me viennent un peu trop rapidement.
 
Il est assez hallucinant de voir à quel point l’auteur a pu imaginer autant de diversités crédibles, autant de religions, de faits divers, qui rendent son monde totalement envoûtant et finalement très terre à terre. […]
 
Pierre Bordage nous propose ainsi quasiment systématiquement des suites de cliffhanger qui ne nous donnent qu’une envie : continuer. Et encore, ce n’est pas comme si il avait eu besoin d’utiliser cet artifice pour nous y pousser. La narration est servie par une très belle plume qui ne perd jamais son lecteur dans des détails superflus.
L’auteur a beau souvent insister sur des sentiments ou les impressions de nos héros, ce n’est jamais de trop, on ne frôle jamais le too much. Au contraire, on se sent tellement proches de nos personnages que l’on considère ça comme normal. […]Et c’est vraiment un bon point puisque cela veut dire qu’ils sont bien construits. Outre les deux personnages que l’on suit, on va voir un assez grand nombre de personnages secondaires. Certains seront très éphémères tandis que d’autres resteront un peu plus longtemps. Dans tous les cas, ils gagnent très rapidement une profondeur tout à fait comparable aux deux personnages principaux, ce qui rend le roman d’autant plus agréable.
On lit ici de la Science Fiction humaine, (…) une telle claque que j’ai déjà commencé la suite de La Fraternité du Panca, Sœur Ynold, et que je vous le conseille plus que chaudement.


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Bordage - Frère Kalkin - Bliblioteca
Posté 20 janvier 2010 -

Troisième volet d'un space opera en cinq tomes, "La Fraternité du Panca". L'humanité est en danger, et la Fraternité du Panca entreprend de la sauver en reconstituant une chaîne quinte, ou pancatvique ; le cinquième frère, le bout de la chaîne, mènera le combat final en bénéficiant de l'énergie des quatre autre maillons. Silf, devenu frère Kalkin, troisième maillon de la chaîne, doit gagner le lointain système de Gamma Bagvan situé dans le bras du Sagicar. Une jeune femme, Vilnéa, est lancée à sa poursuite.

Biblioteca, Paris

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Bordage - Soeur Ynolde - ifisdead.net
Posté 20 janvier 2010 -

Nous voulions initialement nous limiter à un livre (ou série) par personne… Sauf que voilà, on s’est rendu compte que nous avions choisi la même série: La Fraternité du Panca de Pierre Bordage. On l’a dit et répété, Frère Ewen et Soeur Ynolde sont tout simplement des excellents livres, des livres qu’il faut absolument avoir lu, que l’on soit plutôt fantasy que science fiction, ou l’inverse. Car Pierre Bordage arrive ici à allier les deux, à faire de ce space opera une histoire de fantasy tout autant que de science fiction. Pire, si les boulons et les machines ne vous tentent pas du tout, vous pourrez tout de même la lire et l’apprécier à sa juste valeur. Frère Ewen, le premier tome, était une vraie claque, et je vous l’avais dit. Nous n’avions jamais lu Pierre Bordage jusqu’à maintenant, et c’était une grâve erreur. Il réussit à rendre un voyage galactique de 80 ans intéressant, et ce n’est pas peu dire, vu les conditions dans lesquelles ce voyage va se passer. Soeur Ynolde ne fait que confirmer le talent que nous avions entrevu dans le premier tome, et place La Fraternité du Panca dans les séries d’imaginaire à suivre, et que nous suivons. Sur ces deux tomes, c’est un univers splendide et passionnant que nous découvrons, que nous explorons, à travers plusieurs personnages que nous suivons tour à tour, dans une narration alternée. Le prochain tome sort dans moins d’un mois, le 28 janvier, et s’appelera Frère Kalkin. Et vous pouvez compter sur nous pour le lire et vous en faire la critique, vous n’y échaperez pas !

dabYo, ifisdead.net, 6 janvier 2010

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Bordage - Frère Ewen - PhénixWeb
Posté 02 février 2010 -
   En cet hiver de 2007 à 2008 où les journaux déclinent les mauvaises nouvelles comme une averse sans fin, ce livre est une bouffée d’espérance. Enfin, c’est comme cela que je l’ai reçu, que je l’ai lu… L’histoire : Une mystérieuse compagnie, « La Fraternité du Panca » est composée de membres qui ont été initiés pour sauvegarder l’humanité et tout ce qui est vivant. Comme une sorte de « franc-maçonnerie spatiale ». Nous sommes dans des lendemains lointains. Très lointains. Pierre Bordage a déplacé le curseur temporel infiniment loin, à la différence de ces précédents romans. L’humanité a essaimé dans l’espace. Elle s’est adaptée selon les environnements où elle s’est installée, les planètes qu’elle a colonisées parfois au détriment de ceux qui y vivaient. Ewen est l’un des membres de cette fraternité du Panca, du nom d’un animal mythologique, dont on ne sait même s’il existe. Chacun des Frères est porteur d’un implant qui peut former une « chaîne » avec quatre autres frères. (...) Que dire du talent de Pierre Bordage qui fait vivre l’intensité de la solitude et de l’enfermement. Ce qui pourrait n’être qu’un opéra de l’espace (space-opéra) avec aventures et batailles se décline ici sur les valeurs de l’humanité en espérance. L’amour, la tendresse, le pardon, l’acceptation des autres dans leurs différences. Les aventures ne manquent pas. Ainsi la Fraternité du Panca est menacée par un autre groupe secret… Pierre Bordage, après quelques oeuvrages qui déclinaient le monde après-demain avec une extrême lucidité dont l’acidité vous chavirait le cœur en amertume, nous offre ici un chant d’espérance. Et ça fait vraiment du bien. Je n’avais pas envie de terminer ma lecture. Pas envie de quitter cet univers pourtant clos et reclus. Tous les débats qui animent notre société sont évoqués. Peut-on vivre sans religion, sans spiritualité, la notion de sacrifice, qu’est ce qu’un crime contre l’humanité, de l’utilisation de la violence, des limites de la non-violence… Pierre Bordage nous offre là un chant aussi puissant que Hypérion de Dan Simmons, ou La stratégie Ender de Orson Scott Card Mais la trame de tendresse qui se tisse en arrière-plan nous donne un supplément d’âme. Evidement, il est difficile de trouver une lecture qui soit à la hauteur derrière ce premier volume. Il faut patienter avant d’avoir la suite. En principe,  La fraternité du Panca  comptera cinq épisodes. En lisant, grâce au talent de Bordage, j’avais la bande son, les voix, les images, les couleurs. Pierre Bordage a le talent d’un « enjôleur », mot qu’il utilise dans son livre pour évoquer un sorcier beau-parleur. C’est pour moi un « enjôleur » d’espérance et ça tombait pile poil pour affronter les frimas et la grisaille de cette nouvelle année.
 
Channe, 21 avril 2008, phenixweb.net
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Bordage - Abzalon - livresfantastiques.fr
Posté 18 février 2010 -

Abzalon est un monstre, un tueur de femmes, qui purge sa peine dans le pénitencier de Doeq, Ellula, elle, est une jeune Kropte qu'on marie contre sa volonté, et dont les rêves sont troublés par d'étranges prémonitions... Comme des milliers d'autres, ils font partie sans le savoir d'un programme initié par l'église du Moncle : ils serviront de cobayes pour un voyage spatial de cent vingt ans à la recherche d'une planète habitable. Pris dans la tourmente politique d'un monde au bord de la rupture, contrôlés par des " mentalistes ", manipulés par l'église, Abzalon et Ellula sont le dernier espoir des hommes et des femmes embarqués de force dans les soutes de l'Estérion.

J'ai hésité très longtemps avant de me décider à prendre ce livre. Le résumé me tentait mais la couverture de la version poche était tellement moche qu'à chaque fois je changeais d'avis et le reposait. Finalement j'ai fini par dénicher un exemplaire broché sur le net pour une somme plus que raisonnable et je me suis laissée convaincre. Et maintenant que je l'ai terminé, je me dis que j'ai été bien bête d'attendre si longtemps. Le toile de fond pré-apocalyptique du roman instille des sentiments, des réactions et des actions très violentes et cette violence est présente tout au long du roman. Pas de violence gratuite, mais la violence pour la vie, ou plutôt pour la survie. A côté de ça, l'histoire gravite autour de plusieurs thèmes majeurs de SF qui comptent parmi mes préférés : le clonage, la nanotechnologie, les entités extra-terrestres, le voyage spatial, etc... Pas de méandres techniques ou conceptuels exagérément complexes à appréhender, en bref un livre que j'ai trouvé très agréable à lire.

Catlinel, livresfantastiques.fr

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Bordage - L'Enjomineur 1792 - Critic Blog
Posté 02 mars 2010 -

L’enjomineur, c’est en quelques sortes le cycle « coup de cœur » de l’auteur nantais Pierre Bordage, lequel est aujourd’hui réputé pour ses ouvrages de science-fiction (citons entre autres Wang et Les Guerriers du Silence). Or ce dont il s’agit ici c’est bel et bien d’un roman historique teinté de fantastique. On y suit le parcours de deux hommes ordinaires - du moins au premier abord – évoluant au cœur d’une période tout bonnement passionnante : la Révolution française. Roman historique déjà car, à suivre le parcours de ces deux personnages fictifs, le récit baigne dans un environnement qui se veut historique, conté à travers le prisme de trois lieux distincts que sont Paris, Nantes et la Vendée. Il s’en dégage globalement deux mondes, celui de la campagne d’une part, du bocage en particulier, propre à tout ce quart nord-ouest de la France, où les idées nouvelles provoquent de plus en plus de mécontentement en cette année 1792 ; celui de la ville d’autre part, avec d’un côté Nantes, entourée par une campagne hostile, et qui se retrouve tiraillée entre un engouement certain pour le nouvel Ordre et son commerce. De l’autre côté Paris, la capitale du Royaume de France, où la Révolution s’autoalimente dans sa fuite en avant grâce à l’Assemblée constituante et aux divers soulèvements populaires qui la secouent. Le tout est agrémenté d’une multitude de personnages secondaires qui incarnent plusieurs archétypes de la France révolutionnaire, depuis le « calotin » jusqu’au sans-culotte, en passant par le paysan vendéen, le noble royaliste ou encore le garde national, ce qui nous permet de vivre ces évènements à travers autant de point de vue, l’auteur ayant désamorcé le piège de la caricature. Enfin, ce qui frappe lorsque l’on parcourt cet ouvrage de P. Bordage, c’est la richesse des descriptions de l’auteur, lequel s’est clairement documenté sur cette fin de XVIIIeme siècle. En effet il prodigue nombre de détails sur l’environnement d’une part, qu’il soit urbain ou rural, sur les tenues vestimentaires d’autre part, nous permettant de visualiser sans peine cette France de l’époque moderne ; sur le langage enfin, et à ce propos il faut bien dire qu’il y a un réel plaisir à se familiariser avec la forme de patois vendéen qui nous est restitué ici. Mais ce qui m’a le plus marqué c’est sans doute l’immersion dans cette mer des sens que nous impose l’écrivain, notamment de par les nombreuses descriptions des sons et plus encore des odeurs auxquels sont confrontés les protagonistes du récit, nous rappelant ainsi qu’à cette époque, l’ouïe et surtout l’odorat étaient plus importants dans la hiérarchie des cinq sens qu’ils ne le sont pour la plupart des Français d’aujourd’hui. Roman fantastique ensuite, car l’on découvre progressivement un troisième monde (aussi est-il légèrement en retrait dans ce premier tome), un monde occulte –car n’existant pour la plupart des hommes qu’à travers les légendes– où évoluent des créatures mystérieuses telles les fadets, où subsistent les héritiers des druides antiques ; un monde qui n’a cessé de décroître depuis l’avènement du christianisme qui l’a combattu et dont les derniers vestiges semblent devoir être balayé par le rationalisme révolutionnaire. Le tout se mêle dans une fluidité parfaite et est servi par une écriture agréable qui suit constamment les personnages. Le style descriptif est sobre et immersif, Bordage dressant de brefs mais complets états des lieux des cadres qu’il nous propose, mais aussi relativement cru –en effet l’auteur n’occulte aucunement les violences qui jalonnent les parcours d’Emile et de Cornuaud– ce qui ici rend le récit d’autant plus prenant. Enfin il est important de noter que l’auteur a fait le choix de la nuance au détriment du parti pris et ce en multipliant toujours les points de vues sur les évènements historiques importants, nous impliquant ainsi malgré nous car l’on ne peut s’empêcher de se demander quel camp l’on aurait choisi. Bienvenue donc dans cette France d’Histoire et de légende où Emile et Cornuaud, accompagnés d’un riche panel de personnages secondaires, vont s’efforcer de survivre voire d’exister, ballottés par les évènements ou guidés par le destin, au cœur de l’an 1792 synonyme de tumulte, de violence et de renouveau. Dans ce premier tome le rythme est rapidement donné et reste constant jusqu’à la fin de l’ouvrage qui nous fait traverser cette année révolutionnaire (à noter à ce propos qu’une vague connaissance de la période peut être un atout pour apprécier pleinement la lecture, l’auteur favorisant justement le rythme au détriment d’une myriade de définition qui aurait rendu le récit pour le moins indigeste). Le tout est accompagné d’une tension plus ou moins latente (un mal sous-jacent ronge le pays qui en surface semble chaque jour plus proche de l’implosion), mais indéniablement croissante, qui fait qu’une fois terminé ce premier pan de la trilogie de l’enjomineur, on ne peut qu’augurer du meilleur pour la suite.

7.5/10 Il ne s’agit pour l’instant que d’une entrée en matière, mais avec ce premier tome de la trilogie l’enjomineur, c’est déjà un voyage enrichissant qui vous est proposé au cœur d’une France révolutionnaire où violence et magie s’entremêlent pour vous captiver.

P.S. : je n’ai pas parlé de l’édition de l’Atalante, laquelle est d’une grande qualité, depuis l’illustration de couverture jusqu’aux illustrations intérieures en passant par la carte de Vendée, disponible en début de volume, et ma foi fort utile (celle-ci n’est pas présente dans la version poche).

 

Léo, 1 février 2010, librairie.critic.over-blog.fr

 

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Bordage - Frère Ewen ( la fraternité du Panca) - Critic Blog
Posté 02 mars 2010 -

N'ayant jamais lu de science-fiction dans ma vie autre que The Postman de David Brin, quelle surprise pour moi de découvrir mon premier vrai livre de SF : La Fraternité du Panca de Pierre Bordage. J'ai découvert à mon grand bonheur un space-opera où se mêlent loyauté, déchirement et l'amour. Après le mythe du sphinx, nous découvrons un animal à l'origine d'une société secrète interstellaire : le penthale mythique. Notre héros, un des maillons d'une chaîne de quinte de cette société secrète doit tout quitter afin de reconstituer la chaîne de quinte car le monde est en péril. Pour moi, ce livre poignant fût une découverte car comme pour la fantasy, l'identification est immédiate et on tremble tous lors des épreuves qu'Ewen doit affronter. En tout cas, si le space-opera a cette saveur, je veux bien m'en intoxiquer plus souvent.

8,5/10 complètement subjective. Cependant le style clair, sans fioriture et fluide, fait que l'on accroche tout de suite. Arrivé à la dernière page, on reste bien sûr sur sa faim : ce qui pour moi est un superbe prémice pour une suite.

Angèle, 28 novembre 2008, librairie.critic.over-blog.fr

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Bordage - Soeur Ynolde - If is Dead
Posté 07 janvier 2010 -
Nous voulions initialement nous limiter à un livre (ou série) par personne… Sauf que voilà, on s’est rendu compte que nous avions choisi la même série: La Fraternité du Panca de Pierre Bordage. On l’a dit et répété, Frère Ewen et Soeur Ynolde sont tout simplement des excellents livres, des livres qu’il faut absolument avoir lu, que l’on soit plutôt fantasy que science fiction, ou l’inverse. Car Pierre Bordage arrive ici à allier les deux, à faire de ce space opera une histoire de fatasy tout autant que de science fiction. Pire, si les boulons et les machines ne vous tentent pas du tout, vous pourrez tout de même la lire et l’apprécier à sa juste valeur. Frère Ewen, le premier tome, était une vraie claque, et je vous l’avais dit. Nous n’avions jamais lu Pierre Bordage jusqu’à maintenant, et c’était une grâve erreur. Il réussit à rendre un voyage galactique de 80 ans intéressant, et ce n’est pas peu dire, vu les conditions dans lesquelles ce voyage va se passer. Soeur Ynolde ne fait que confirmer le talent que nous avions entrevu dans le premier tome, et place La Fraternité du Panca dans les séries d’imaginaire à suivre, et que nous suivons. Sur ces deux tomes, c’est un univers splendide et passionnant que nous découvrons, que nous explorons, à travers plusieurs personnages que nous suivons tour à tour, dans une narration alternée. Le prochain tome sort dans moins d’un mois, le 28 janvier, et s’appelera Frère Kalkin. Et vous pouvez compter sur nous pour le lire et vous en faire la critique, vous n’y échaperez pas !
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Bordage - L'Ejomineur 1793 - Critic Blog
Posté 02 mars 2010 -

Alors voici, après un première partie réussie, le deuxième tome de la trilogie l'enjomineur. On récupère nos deux protagonistes au début de l'année 1793, auquel s'est ajouté une tierce personne, découverte à la fin du premier tome: l'agent Antoine Schwarz. Bonne idée que celle-ci, car ce personnage sympathique nous évite de tomber dans la simple alternance Cornuaud/Emile, laquelle aurait pu s'avérer monotone à la longue. Niveau ambiance, ce qui était de mise pour le premier tome le reste ici, on délaisse un peu la campagne vendéenne et la cité nantaise pour se concentrer sur la capitale, là où les évènements se bousculent à vitesse grand V, là où le Mal, ­incarné semble-t-il par le mystérieux Père des Pères, prend son essor. Ainsi Paris, où les diverses factions se livrent une lutte acharnée, semble livrée au chaos et la Place du Carrousel se transforme en sanctuaire où les exécutions prennent des allures de sacrifices humains. Voilà, je ne vais pas vous en révéler davantage, disons simplement que, qualitativement, ce deuxième volume est au niveau du premier, l'auteur continue de suivre scrupuleusement le destin de ses protagonistes, nous emmenant dans les entrailles de la capitale en proie aux luttes intestines. Du coup, nous ne vivons pas « en direct » les débuts de la révolte dans l'Ouest, l'auteur suit sa logique et c'est donc un choix qui se respecte (même si à titre personnel j'attendais le début de la guerre civile avec impatience ^^). (...) Je présume donc que la suite va être passionnante, prenant une nouvelle ampleur. (...)

7/10 Une suite de qualité, un entre-deux qui ne manque pas d'action et dont l'ambiance inquiétante nous tient en haleine jusqu'au bout.(...) tout est réuni pour que le dernier volet prenne une nouvelle ampleur, rendez-vous en 1794.

Léo 21 février 2010, librairie.critic.over-blog.fr.

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Bordage - Frère Ewen - Mauvais Genres
Posté 12 mars 2010 -
La fraternité du Panca, un space-opéra en cinq actes dont le troisième vient de paraître ne déroge pas à la règle du maître. Belle fluidité du récit, personnages attachants, dimension épique de l'histoire, péripéties nombreuses. Il n'y a pas de temps mort et on se régale à la lecture de ce premier tome. L'obscure menace qui plane sur l'univers n'est pas dévoilée par l'auteur, mais cela ne nuit en rien à l'intérêt du lecteur qui se passionne suffisamment pour les histoires contées au départ en parallèles d'Ewen et Oléo. Généreux et sensibles, ces deux héros de roman sont avant tout deux grands amoureux, l'un heureux, l'autre moins, ce qui ne saurait que ravir la lectrice affamée de romantisme (que je suis) aussi bien que le lecteur assoiffé d'aventure (là, c'est moi aussi). Enfin bref, un grand plaisir de lecture qui se confirme avec le deuxième tome, Soeur Ynolde.
Marion Godefroid-Richert, mgrb.org, 17 février 2010
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Bordage - Frère Kalkin - lelitteraire.com
Posté 29 mars 2010 -

La Fraternité du Panca, une organisation secrète, entreprend de reconstituer la chaîne quinte car les espèces vivantes de la galaxie sont en danger d’éradication. Chaque frère, désigné par la Fraternité, doit transmettre, au suivant, son âmna, son implant mémoire. Le cinquième maillon devient alors une créature invincible capable d’affronter tous les périls. (...)

Pierre Bordage, avec La Fraternité du Panca, nous fait partager sa vision de l’expansion humaine, la diversité qui peut en résulter tant dans les structures sociales et politiques que dans le développement des populations, de leur mode de vie. Il privilégie cependant l’action au profit d’une intrigue ciselée, aux multiples ramifications prenant en compte les concepts fondamentaux du genre. À travers ses romans, il approche de façon pertinente la dimension du temps. Il s’attache à montrer la durée des voyages pour franchir les fabuleuses distances entre les planètes, les étoiles et autres astéroïdes où l’humanité a cru bon d’essaimer. (...) Il revient sur un de ses sujets préférés, l’étude des mythes, leurs fondements et leur fonction pour structurer des communautés humaines. Il fait dire à l’un de ses personnages : "On ne peut pas comprendre l’espèce si on ne s’intéresse pas à ses mythes. Il distille également, dans le cours de l’action, des notions morales, les grandes idées sur lesquelles s’appuient des religions. Pour animer son histoire, il construit des personnages d’une grande variété, apportant un soin presque maniaque à élaborer leur profil psychologique, leur caractère et leur apparence physique. (...) L’auteur s’amuse avec la linguistique, créant les mots qui qualifient parfaitement une situation ou un individu. (...)

Le space opera est quelque peu passé de mode chez les auteurs de SF. Il faut donc une certaine audace pour oser proposer un roman relevant du genre et encore plus de « culot » pour une série en cinq volumes de quelque 450 à 500 pages chacun. (Idem pour l’éditeur) Cela nécessite une solide imagination, une puissance créatrice peu commune et une capacité à renouveler ses situations et ses personnages. Ses capacités de conteur, son inventivité sans limites, permettent à Pierre Bordage de s’affranchir de toutes les contraintes pour donner le meilleur de ses histoires. Une fois encore, tel un Midas moderne, il transforme les sujets qu’il aborde en joyaux littéraires.

Serge Perraud, 25 Mars 2010, lelitteraire.com

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Bordage - Frère Kalkin - Science Fiction magazine
Posté 07 mai 2010 -

Difficile de faire une critique d'un livre de Bordage sans de suite réviser un genre entier. De l'homme, on retient un être profondément humaniste et généreux, un ami avec lequel on ne fait pas que converser mais échanger des choses essentielles également. De l'auteur, on retient une singularité narrative qui est de jouer dans le registre populaire  avec une insouciance infantile et pourtant communicative, tout en innovant dans un registre plus sérieux de la SF au moyen d'un romanesque mobilisé par un important travail linguistique faisant la part belle aux dialogues, mais à ces dialogues où apparemment tout se dit, où c'est l'homme et la femme qui toujours sont au centre de ce monde.

Le monde de Panca pourrait être comparable en littérature à ce que peut être à l'heure actuelle un film comme Avatar, une expérience linguistique et métapsychique unique, délitée par un verbe puisé au coeur de la tendresse humaine. La femme dans l'oeuvre de Bordage semble être parvenue à un niveau similaire à l'homme, elle n'est plus cette femme biblique "venue de" mais cette Eve nouvelle, comme on dit souvent, cette femme qui émerge et fait des choix, quitte à aller au bout des choses, et capable d'apporter sens là où jadis elle ne faisait qu'illustrer, que représenter des modèles courants et stéréotypés.

On ne sait si la musique hindoue a quelque chose à voir avec ces harmoniques qu'on devine à peine dans cette oeuvre, tellement le verbe ressort d'une musicalité qui elle-même ressort quelque chose de bien plus subtile. La seule chose dont on peut être certain c'est qu'en racontant une mystique de laquelle la femme est partie prenante et intégrante, Bordage lui confère une autre dimension, tout comme à cette mystérieuse fraternité du Panca.

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Bordage - L'enjomineur 1794 - Blog de la librairie Critic
Posté 02 juin 2010 -

L'enjomineur fait partie de ces bouquins où le mot "fin", presque cruel, vous laisse un peu orphelin, abandonné par les héros que vous avez suivi tout au long de ces pages. Autant le dire tout de suite, ce troisième volume tient toutes ses promesses, c'est même le meilleur de la série, alliant combat, intrigue et amour dans une atmosphère hautement tragique: celle de la guerre civile. Et ce n'est rien de dire que Pierre Bordage insiste sur les affres et les horreurs qui submèrgent cette France révolutionnaire déchirée, manipulée dans l'ombre par une orgnaisation millénaire. En créant la secte de Mithra, P. Bordage s'approprie en quelques sortes le cours des évènements, diabolisant les dérives révolutionnaires et les rendant indéfendables en tant qu'action insidieuse de l'esprit du mal. C'est un choix de l'auteur, aussi faut-il, davantage que dans le premier tome par exemple, considérer définitivement cet ouvrage comme une fiction et non plus comme un roman historique teinté de fantasy. Car même si la plupart des faits relatés ont eus lieu, l'occultation d'une partie de l'argumentaire révolutionnaire (remplacé par la logique de la secte de Mithra) fait que la lecture des évènements comme des personnages (90% des révolutionnaires sont alcoolos) est -volontairement au demeurant- biaisée. Ceci étant dit, j'en profite pour évoquer un des rares bémols de cet ouvrage, à savoir certains paragraphes où l'auteur développe un argumentaire fustigeant les incohérences du discours révolutionnaire, qui peuvent être utiles pour les personnes qui ne connaissent pas du tout la période et qui ont envie d'être "guidées", m'ont paru plutôt lourds, d'autant qu'ils synthétisent parfois des éléments distillés subtilement au cours des pages précédentes (ce reproche est aussi valable pour les paragraphes parfois répétitifs qui expliqent la pensée de la sorcière africaine).

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Bordage - L'enjomineur 1792 - Naolou.Canalblog
Posté 30 août 2010 -

Je découvre l'oeuvre et la plume de Pierre Bordage avec ce premier tome de L'enjomineur, et je dois dire que je suis bluffée !

Dans cette grande fresque historique, l'histoire française se mélange aux histoires individuelles de personnages captivants, le tout saupoudré d'un peu (trop peu ?) de féerie, par le biais de légendes vendéennes et de magie vaudou.

On devine que ces éléments interviendront beaucoup plus franchement dans les tomes à venir, et c'est tant mieux. Du côté de la grande Histoire, on assiste à la première phase de la Terreur, avec notamment la scène marquante de la prise des Tuileries.

Je ne suis pas fan des romans historiques, mais là, j'avoue que j'ai été captivée par le récit de Pierre Bordage. On sent qu'il s'est énormément documenté (ce qu'il confirme, d'ailleurs, dans la postface). Il retranscrit avec brio cette période sombre (même si elle est censée apporter les Lumières) de l'histoire de France. Sensualité, terreur, passion et violence transpirent de ses lignes. Les sentiments humains y sont exacerbés : l'amour, la haine, l'ambition, le désir, le désespoir...

On sort de cette lecture un peu chamboulé.Le tout donne un récit intelligent, profondément humaniste, nourrit de légendes.

Des dialogues en patois vendéen viennent ajouter de la couleur au texte.Pour résumer tout ça, même si la féerie est encore un peu trop discrète à mon goût dans ce premier tome, L'enjomineur, 1792 m'a beaucoup plu. D'ailleurs, je me plonge immédiatement dans la suite !

 naolou 

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Bordage - Dernières nouvelles de la Terre - La liberté
Posté 08 septembre 2010 -

Quand de 2297 un hologramme rend visite, de nos jours, à Pierre Bordage pour lui signifier tout l’intérêt de ses textes de science-fiction, l’auteur en profite pour citer ses sources et répéter son plaidoyer pro domo en faveur de ce genre littéraire encore souvent considéré avec mépris. C’est la première nouvelle du recueil Dernières nouvelles de la terre…, qui est en fait une collection de textes courts parus pour la plupart dans de précédentes anthologies. Les mythes antiques, Homère, mais surtout les textes sacrés et les grandes épopées mystiques habitent les textes de Bordage. Comme une tentation d’y voir le terreau de la science-fiction. Et, comme si souvent dans cette littérature, on ne baigne pas dans l’euphorie…

Chez Bordage, l’individu semble enfermé dans une prison spatio-temporelle. Enfermé par ses désirs, sa raison, ses croyances, peinant à se libérer. Et c’est toute l’expression de ce fantasme de dématérialisation – voyager dans le temps notamment – que travaillent ses textes. Avec quelques belles réussites comme la visite à Jules Verne enfant.

 

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Bordage – Dernières nouvelles de la terre - Le courrier français N°3442.
Posté 15 septembre 2010 -

Pierre Bordage n’est certes pas un nouveau venu ! Auteur d’une trentaine d’ouvrages, le plus souvent de gros romans, il a accumulé les prix littéraires dans le domaine de la science–fiction avec des œuvres comme le cycle des Guerriers du silence ou celui de L’enjomineur.

L’auteur de nouvelles, d’inspiration diverses, est évidemment moins connu. Voilà donc une excellente occasion, et une bonne aubaine, pour mieux découvrir une collection de ces textes brefs et saisissants, tantôt noirs, tantôts tendres, qui ont en commun une vision de l’homme pas toujours réjouissante, mais sont tout de même porteuses d’espoir.

Les quinze textes qui composent ces Dernières nouvelles de la Terre nous démontrent finalement la nécessité de réagir face à l’endoctrinement, au mensonge, en bref à la dégradation de l’espèce humaine, mise en danger par ses propres agissements.

Un recueil brillant et enthousiasmant.

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Bordage – Dernières nouvelles de la Terre – Encres de Loire
Posté 27 septembre 2010 -

Rares sont les écrivains, dans l’univers complexe des littératures de l’imaginaire, à réunir un riche et véritable lectorat personnel, où s’amenuisent les barrières sociales et culturelles des êtres qui le composent. Pierre Bordage réussit brillamment ce tour de force.

Par son écriture limpide, la fluidité de son style et ses récits toujours teintés de valeurs humanistes qu’il assume et défend avec ferveur, il a su acquérir, au fil des années, un public fidèle. Qui le considère d’ailleurs comme l’une des figures incontournables du paysage littéraire français, bien au-delà des cercles respectifs d’amateurs de science-fiction et de roman noir.

Cet infatigable passeur d’histoires a publié une trentaine de romans (primés à de nombreuses reprises) et une dizaine de courts textes.C’est par un nouveau recueil de nouvelles (après le remarqué Nouvelle vieTM) que les éditions nantaises L’Atalante mettent une fois encore le travail de Bordage en lumière, en publiant Dernières nouvelles de la Terre : quinze récits multiples, bigarrés et ciselés, écrits depuis 1994, pour les adolescents et les adultes, au gré des sollicitations littéraires : festivals, anthologies, journaux…

Fort, brut et dérangeant, à l’image des nouvelles La voix du matin, En chair ou encore la nouvelle éponyme qui le clôt, cet opus souligne des thèmes chers à Pierre Bordage (quête des origines, perte de la civilisation, initiations variées, condition de la femme, héroïsme…).Il s’offre même le luxe d’une rencontre avec un Jules Verne… inattendu !

Un livre à faire circuler autour de soi.

Virginie Guiraud

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Bordage – Dernières nouvelles de la Terre – Le Litteraire
Posté 08 octobre 2010 -

Chacun peut préférer telle ou telle histoire en fonction de sa sensibilité, des centres d’intérêts sur lesquels il bâtit sa vie. On peut souligner, cependant, trois textes qui méritent une attention particulière. D’abord Sources par son humour et par l’autodérision dont fait preuve l’auteur. Puis une mention pour De ma prison, un maelstrom d’idées qui dresse un état de la pensée actuelle sur l’attitude humaine et La nuit des trois veilleurs, ou la déroute de l’intégrisme face à l’humanisme.

L’un de ces textes, plus facilement accessible que le support où il est paru, comporte une remarque significative. Alors, qu’au vu de l’œuvre de Pierre Bordage, on pourrait penser qu’il possède le don de l’écriture aisé, coulant naturellement de son clavier, on trouve : … « ces quelques moments d’euphorie épuisés, la dure réalité de l’écriture m’a rattrapé ». Dernières nouvelles de la Terre présente un florilège de textes remarquables, par un des rares romanciers d’aujourd’hui à exceller aussi bien dans la rédaction de nouvelles que de fresques et d’autres épopées inventives.

Serge Perraud 

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Bordage - Wang - Critic Blog
Posté 02 mars 2010 -

Chroniquer Wang, c’est me replonger dans mon adolescence (sic !), dans l’odeur de la bibliothèque de ma ville, les reliures usées, les couleurs fatiguées, les tomes manquants, les cartes de toute la famille dans ma poche pour pouvoir emprunter plus de livres…Mais je m’égare. Wang, c’est mon premier roman de SF, ma première grosse claque littéraire. Autant l’annoncer tout de suite : ce roman est à mes yeux une merveille du genre. Fabuleux récit d’aventure où les héros sont sans cesse malmenés, séparés, mutilés, Wang est aussi une plongée dans ce que l’Humain peut faire, ou fera, de plus horrible. Wang est un livre assez peu conventionnel, où le héros semble entrainé par son destin, ne contrôlant pas la moitié de ce qui lui arrive, et c’est ce qui en fait un personnage profond et attachant, sans tomber dans le basique « Oh-là-là-il-est-trop-fort-et-en-plus-il-est-trop-beau !». Les différents protagonistes du livre sont consistants, les clichés manichéens sont évités, tout en gardant la trame du conflit Occident/Reste du Monde. L’univers est relativement futuriste, mais en fait assez proche du notre, avec quelques merveilles technologiques en plus (télévision sensorielle, REM, etc.), ce qui rend l’immersion facile, rapide. L’inévitable histoire de cœur n’empêche absolument pas le récit de se développer, de prendre de l’ampleur, le renforçant même, tout en évitant l’habituel cul-cul où le héros sauve le monde et récupère la fille. Alors évidemment, c’est sombre, cru, assez violent, mais jamais déplacé, l’auteur ne tombe pas dans le « too much », évite les écueils des récits de bataille interminables, des actes héroïques en veux-tu en voilà, et autres niaiseries littéraires. Vous me trouverez surement trop enthousiaste, mais il est plaisant de trouver un livre aussi juste, aussi prenant dans un genre où l’on trouve d’excellents ouvrages, mais aussi des livres clichés, où l’univers futuriste est soi hyper contrôlé, à la 1984 (loin de moi l’idée de critiquer ce chef d’œuvre évidemment, plutôt les pâles copies que l’on retrouve un peu partout), soi dans une autre galaxie où les Hommes découvrent les ruines d’une ancienne civilisation beaucoup plus puissante, mystérieusement éteinte, et qui revient évidemment se venger des affronts faits à sa technologie.

9/10 Un livre que je recommande chaudement pour les amateurs de SF, les amateurs de Bordage, les jeunes qui le trouveront dans leur bibliothèque ou dans leur librairie, les adultes, les femmes enceintes, les personnes âgées, les nourrissons, ou tout simplement pour tous les lecteurs.

Etienne, 15 février 2009, librairie.critic.over-blog.fr.

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Bordage - Dernières nouvelles de la Terre - Ifisdead
Posté 15 octobre 2010 -

Nous avons ici affaire à des nouvelles de Science-Fiction. Le ton est pessimiste, limite flippant avec un soupçon de désespoir, un sentiment qui s’empare de nous devant tant de désolation. L’homme ne s’est jamais réellement préoccupé de son monde, on pousse le sujet dans cette direction jusqu’au bout ici. La désertion de la Terre, ceux qui restent et qui ont joué à Dieu pour survivre, l’homme qui s’enferme lui même, voilà à quoi nous somme confronté dans ce livre.

Le style est ici fluide, agréable à lire si l’on excepte l’une des nouvelles que j’ai trouvé particulièrement indigeste. L’auteur maîtrise les nouvelles et aucune ne m’a donné l’impression d’un soufflé qui se dégonfle sur la fin, ce qui est une belle performance au vu du nombre assez élevés de textes de ce recueil.

Illman

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Bordage – Dernières nouvelles de la Terre – Air le Mag
Posté 15 octobre 2010 -

L'humanité est en pleine déchéance.

Dans les livres de Pierre Bordage, les hommes sont bien souvent dégénérés, pathétiques, méprisables. Dernières Nouvelles de la Terre… n'échappe pas à la règle et propose une douzaine de beaux textes sombres, dont les thèmes sont chers à l'auteur : l'enfantement, la vengeance, la navigation, l'extinction…

Bordage nous met mal à l'aise, mais sait distiller ses touches d'espoir comme autant de phares dans l'obscurité. C'est bien la condition humaine que l'auteur explore dans ce recueil de nouvelles à l'occasion duquel il nous livre un texte totalement inédit. 

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Bordage – Dernieres nouvelles de la Terre – Over-Booked
Posté 19 octobre 2010 -

Dernières nouvelles de la Terre est un recueil de nouvelles de Pierre Bordage publié par L’Atalante. Ces nouvelles se passent pour la plupart dans le futur, plus ou moins proche selon les nouvelles.

Je ne vais pas parler de chacune des nouvelles, d’une part parce que je ne verrais pas quoi dire, les textes étant plutôt courts, mais également et surtout parce que les nouvelles forment un ensemble qui n’a d’intérêt que soudé. Car si je n’ai pas eu de coup de coeur pour chacune des nouvelles (on peut même dire que certaines ne m’ont fait ni chaud ni froid), on peut dire que j’ai apprécié l’ensemble qu’elles formaient. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’on y voit un peu de tout. Ça tend vers le pessimisme, bien sûr, tout en n’allant pas trop loin ce de côté là, mais les nouvelles ont pour mérite de soit complètement changer de sujet, soit exploiter différentes possibilités quand au futur.

[…] Le style de Bordage est joli en tout cas, fin, délicat, il va droit au but. On ne retrouve pas cette virtuosité que j’aime chez certains auteurs, mais il est agréable. Ce n’est pas un style très descriptif, mais il est très émotif et réaliste au niveau des dialogues.Donc, je vous conseille ce recueil si vous souhaitez passer un bon moment, les nouvelles sont plutôt agréables, et on prend du plaisir à les lire car même si elles sont pessimistes, ce sont quand même de belles histoires.

Julien.

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Bordage - Dernières nouvelles de la Terre - ActuSf
Posté 19 octobre 2010 -

Dernières nouvelles de la Terre est le second recueil de nouvelles de Pierre Bordage, plus adepte du marathon que du sprint en écriture. Si plusieurs de ses romans sont devenus des classiques de la SF française, ses nouvelles n’ont pas la notoriété des Guerriers du Silence, de Wang, de L’Enjomineur, œuvres puissantes et inspirées, où l’auteur déroule des univers aussi variés que passionnants sur plus de cinq cents pages par tome.

Ecrites ces dernières années, au détour d’une anthologie (Les archives du futur, 10 façons d’assassiner notre planète, Complots capitaux, Utopiales 2009, etc.), les nouvelles des deux recueils s’inscrivent temporellement dans une certaine continuité thématique et une certaine unité de ton. Nouvelle vieTM abordait déjà les thèmes du clonage, du patrimoine génétique, de la dérive de la nature humaine ou des puissants qui nous gouvernent.

Dans un style toujours limpide, imagé, parfois un peu lisse à force d’être policée, l’auteur des Fables de l’Humpur est un conteur patenté ; il déroule ses récits avec un naturel consommé, en parfaite osmose avec ses personnages, toujours en quête de liberté et de dépassement. La nouvelle est un exercice un peu différent. Elle a ses exigences particulières et ne laisse pas à l’auteur la possibilité de sonder les profondeurs psychologiques de son personnage, de le confronter aux autres et à une succession d’événements catalyseurs. Elle permet des jeux de style, des audaces narratives, elle met en exergue l’inventivité technique ou scénaristique de l’auteur SF, elle privilégie la surprise et la chute du récit, plus que la force du propos. Pierre Bordage s’en tire avec élégance, intelligence et professionnalisme, il nous livre un bon recueil de SF, agréable à lire et dans l’air du temps, mais il ne profite pas du genre pour explorer de nouvelles voies et proposer, à travers ses personnages, des voix originales. L’introduction en forme de nouvelle, (Sources) et d’interview par une lectrice du futur était pourtant une façon amusante et prometteuse de présenter les préférences et les références de l’auteur. 

Marc Alotton

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Bordage - Dernières nouvelles de la Terre - Le Blog de Viinz
Posté 21 octobre 2010 -

Ce recueil, Dernières nouvelles de la Terre, est donc une somme de nouvelles rédigées au gré de ses réflexions et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ici ce n’est guère optimiste. Dans ses romans, même s’il montre souvent les facettes les plus noires et dégueulasses de l’âme humaine, Pierre Bordage reste un éternel optimiste, faisant triompher bon gré mal gré le bien sur le mal, sacrifices et remises en questions inclus. Ici, l’ambiance est toute autre, depuis la toute première nouvelle jusqu’à la dernière, celle écrite justement pour le recueil.

L’humanité, que ce soit celle de l’auteur qui est visité par une historienne du futur, ou bien celle d’une société épurée et limitée à un nombre fixe d’individus, sans oublier ces “dernières nouvelles de la Terre”, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle est déchue, elle a beau avoir progressé technologiquement, avoir dépassé les limites de la matière, celles de la génétique, elle est infâme et notre Terre ne vaut plus grand chose.

Et autant on pouvait trouver dans les romans une lueur d’espoir, autant ici Pierre Bordage ne cherche pas à nous ménager en entrouvrant une petite fenêtre positive sur l’avenir. C’est noir, à la limite dépressif et ça se lit avec d’autant plus de plaisir que l’on n’attend pas le fameux retournement de situation qui va sauver le principal protagoniste de sa déchéance.

Bref : un splendide recueil de nouvelles qui laisse entrevoir la part sombre de Bordage et qui nous prouve une fois de plus qu’il est à l’aise dans tous les domaines, y compris dans celui, difficile, de la nouvelle.

Viinz. 

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Bordage – Dernières nouvelles de la Terre – L'Écran Fantastique
Posté 27 octobre 2010 -

Dernières nouvelles de la Terre… regroupe quinze nouvelles de Pierre Bordage, dont deux inédites, et représentant une demi-douzaine d’années d’écriture courte. Même si on y trouve un polar et quelques Fantasy, la plupart des textes peuvent être lus comme une mini-histoire du futur : robotique envahissante, retour d’un voyageur spatial sur une planète transformée, souvenir de la planète-mère qui se perd, plus un très beau texte peu politiquement correct sur une corrida clandestine. Certes, l’auteur donne le meilleur de lui-même dans le long, mais ces récits sont bien agréables à lire.

Jean-Pierre Andrevon. 

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Bordage - L'enjomineur 1792 - Fantasy index
Posté 22 novembre 2010 -

Un environnement propice au développement d’individus adeptes de l’extrémisme, tel ce Père des Pères, un mystérieux grand prêtre de Mithra dont le but est de répandre le Mal sur la Terre, et qui pourrait bien être, si ce n’est à l’origine, du moins en grande partie responsable du torrent d’exactions qui gangrènent le vente de Paris devenu un véritable Enfer où misère, trahisons, complots et exécutions sommaires sont devenus monnaie courante.

Tentant d’échapper aux dénonciations arbitraires et à toutes sortes de périls n’épargnant aucun camp, royaliste ou révolutionnaire, d’autres personnages aux trajectoires compliquées accompagnent celles de Cornuaud et d’Emile, s’intégrant remarquablement au sein d’une intrigue fertile en rebondissement et servie par l’incomparable talent de conteur de Pierre Bordage qui signe ici un second opus très réussi de cette série mêlant avec bonheur la Fantasy au roman historique.

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Bordage - Dernières nouvelles de la Terre – Chroniques de l'Imaginaire
Posté 28 octobre 2010 -

Une vision assez sombre en définitive, que nous livre Pierre Bordage avec ces petits bijoux de science-fiction. Chacun d’entre eux nous entraîne dans les méandres des possibles, et nous laisse un arrière-goût doux-amer de « et si ça arrivait ? » absolument jouissif.

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Bordage - Dernières nouvelles de la Terre - Critic Blog
Posté 29 novembre 2010 -

Dernières Nouvelles de la Terre donne le sentiment que l’auteur a fait une pause pour flâner au gré de l’inspiration et c’est aussi ce que l’ouvrage permet ; de faire une pause très agréable entre deux lectures plus « ambitieuses ». On y découvre des textes TRES bien écrits, fluides,  souvent construits autour d’un fil rouge qui pose des conclusions bien comme il faut ; rien à redire… ou presque.

[…]

Les amateurs de Pierre Bordage ne le reconnaîtront pas spontanément à ses idées, ce recueil ayant peut-être vocation à exposer celles qui ne permettent pas un roman ou que d’autres ont déjà plus et/ou mieux développées. On retrouve là cependant des thèmes chers à l’auteur, sa qualité d’écriture indéniable et une construction des récits claire et efficace comme à son habitude malgré quelques ficelles parfois un peu maladroites. Le livre est un vrai moment de plaisir pour qui découvre l’auteur et, sans prétendre à être une œuvre majeure, un ouvrage indispensable pour le fan que je suis plus encore si possible après la lecture de Son Nom est Personne, En Chair et Mauvaise Nouvelle.

Christophe

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Bordage - Dernières nouvelles de la Terre - Phosphore
Posté 14 décembre 2010 -

Elles ne débordent pas d’optimisme, ces quinze « nouvelles de la Terre », mais elles réveillent… Car, entre les lignes, pointe l’espoir. Celui d’arpenter le chemin d’un monde enfin sans guerre, de retrouver le désir d’enfanter, de fuir une existence sans âme. L’intelligence, l’humanisme et le talent de conteur de Pierre Bordage font merveille dans ce recueil d’une très grande variété d’inspiration.

Denis Guiot.

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Bordage - Les guerriers du silence - Le Cafard Cosmique
Posté 27 décembre 2010 -

Lire Les Guerriers du Silence, c’est retomber en enfance : décors exotiques, personnages haut-en-couleur, rebondissements inattendus, monstres et sorciers, vilains extra-terrestres aux yeux globuleux...c’est du Space-opera, du flambant, du pétillant, avec des tonnes de personnages, de palais, et de légendes.

Mr. C

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Bordage - La Citadelle Hyponéros - Critique Libres
Posté 27 décembre 2010 -

Voilà qui conclue en beauté ce cycle des "Guerriers du Silence". Une fin très positive qui nous incite à comprendre que la seule chose qui vaille la peine en ce monde, ce qui en maintient la cohésion et la cohérence, c'est l'amour. Cette philosophie ne nous est pas imposée avec emphase mais s'inscrit naturellement dans le déroulé de l'histoire.

Encore une fois, Pierre Bordage maîtrise l'intrigue et nous tient en haleine. Bien malin qui peut deviner ce qu'il va advenir au chapitre suivant. Bien sûr on se doute que le mal sera vaincu mais les tours et détours qui mènent à cette conclusion sont si originaux et inattendus qu'ils font de cette série un opus majeur de la science-fiction contemporaine.

A lire impérativement !!

Jeudi Noir - 23 juillet 2008

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Bordage - Frère Kalkin, La Fraternité du Panca III- Le blog de Henri Bademoude
Posté 16 février 2011 -

[...] Bordage est un raconteur d’histoires comme il y en a peu chez les Grenouilles, et - chance sur nous, lecteurs - il utilise son talent pour faire du space opera. Il nous invente des planètes avec leurs paysages zarbis, leurs climats, leurs faunes et leurs flores de l’au-delà. Comme de juste l’humanité prédatrice ne comprend rien aux non-humains, mais certains individus restent ouverts à ce possible.

On retrouve bien sûr le message cher à l’auteur sur l’inexplicable par la Science ou la rationalité qui a autant, voire plus, d’importance que ce que l’on appréhende par les équations et les formules chimiques.

Bref c’est de la belle ouvrage très plaisante à lire, même si on ne sait toujours rien de la fraternité du Panca ni de la terrible menace qui pèse sur la galaxie après plus de 1300 pages.

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Bordage - Frère Kalkin - if is Dead
Posté 23 mars 2011 -

Frère Kalkin est peut être bien le meilleur tome de La Fraternité du Panca publié à ce jour, et laisse rêveur quant à la qualité de la suite de la série. L’auteur réussit l’exploit de signer une aventure encore plus prenante que celles de Frère Ewen et Soeur Ynolde, ce qui n’était pas franchement gagné.

La plume de Pierre Bordage est toujours aussi agréable à lire, simple à comprendre, et ce même lors de phases d’actions ou de rebondissement. Le choix du déroulement des évènements est vraiment d’un très haut niveau, un des meilleures de ce que j’ai pu lire de la production actuelle. [...]Si les personnages sont assez typiques, on ne tombe jamais dans la caricature ni dans le stéréotype. J’ai vraiment adoré les suivre.

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Bordage - Dernières nouvelles de la terre - Presse Océan
Posté 04 avril 2011 -

N'est-il pas trop tard pour revoir les siens après trente ans de vie extraterrestre, pour dire non à la guerre et à l'endoctrinement ? Dans les mondes où nous projette l'écrivain nantais Pierre Bordage, la dégradation de l'espèce humaine a atteint son apogée. Dernières nouvelles de la terre (aux éditions de l'Atalante), c'est le nouvel opus de cet éditeur. Un recueil à mettre entre toutes les mains.

 

Presse Océan - 09.03.2011

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Bordage - Dernières nouvelles de la terre - Culture Hebdo
Posté 05 avril 2011 -
D’écologie et d’anticipation

Pierre Bordage aime la fiction. Il a été un précurseur en France du genre fantasy qu’il affectionne. L’auteur a une belle fiche littéraire avec une trentaine de romans à son actif. Il nous arrive avec un recueil de nouvelles qui est habile mélange d’histoires de fiction, de spiritualité, d’écologie. On voit qu’il est préoccupé par les grands enjeux planétaires. Nous avons particulièrement apprécié la nouvelle intitulée De ma prison. Dès les premières lignes le ton est donné. Première évidence pour le lecteur, l’homme a de la culture et de l’humour. Il faudrait passer en revue chaque nouvelle pour vous en faire apprécier la teneur. Savez-vous quoi ? Le mieux à faire c’est de plonger sans crainte, le gars a tout un talent.

Daniel Rolland - Culture Hebdo

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Bordage - Frère Kalkin t.3 - Les chroniques de l'imaginaire
Posté 06 avril 2011 -
Enfin, voici le troisième volume très attendu des aventures de la Fraternité du Panca, avec son lot de nouveaux personnages, ses longs voyages spatiaux et son suspens toujours haletant. Ici, l'originalité vient du fait que l'histoire se concentre très peu sur Frère Kalkin au final pour faire la part belle à plusieurs autres protagonistes tels que JiLi.

On retrouve avec joie un nouvel épisode de la "pentalogie" de Bordage dont les qualités ne sont plus à mettre en doute, ni à démontrer. Dans l'impatience de découvrir la suite des événements, on pourrait passer à côté des splendides descriptions de paysages divers tels que désert ou massif montagneux ; pourtant il ne faut pas se tromper, tout est de très haute volée même si parfois certains passages manquent un peu de rythme.

On découvre avec un plaisir non dissimulé les aventures nées sous la plume de ce conteur hors pair qui sait créer des histoires originales pleines de suspens. Ce roman fait la part belle aux figures féminines qu'il s'agisse de JiLi ou de Klarel évidemment ; cependant il ne faudrait pas oublier Elvina la Jargariote qui joue un rôle prépondérant dans cet épisode, ainsi que Maginn dont l'influence s'avère décisive. Ces femmes sont toutes admirables dans leur genre et attachantes malgré leurs différences. Pierre Bordage montre ici tout le talent qu'il possède pour créer des personnages dont la seule évocation donne envie de suivre les pérégrinations.

La lecture reste, malgré tout, la seule réponse pour comprendre la portée et la teneur de cette oeuvre magistrale.

 

Sig - Les chroniques de l'Imaginaire

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Bordage - Dernières nouvelles de la terre - Galaxies
Posté 19 avril 2011 -

Passé maître dans l'art du long roman, le marathonien Pierre Bordage sait aussi ciseler des nouvelles sur courtes distances comme le prouvent ces Dernières nouvelles de la Terre...

À la lecture, une évidence s'impose : la noirceur de l'ensemble. Ces récits sombres, glauques, pessimistes, montrent, chacun à leur manière, des avenirs sombres qui déchantent. À l'image de ce terrible monde anti-utopique d'Une plage en Normandie, au fond pas si éloigné du nôtre, dans lequel la peur fait commettre d'insoutenables horreurs.

Oh ! Bien sur, à l'exception de deux d'entre elles (Une plage en Normandie et celle qui donne son titre au recueil) ce ne sont pas des nouvelles inédites. Mais ce florilège, un peu comme le ferait une vitrine d'orfèvre caché dans une impasse, donne à voir quelques bijoux d'obsidienne. Certains de bonne facture, comme On va marcher sur la Lune, dans lequel les techniques de manipulation pèsent de tout leur poids ou La nuit des trois veilleurs, qui place le pouvoir de l'esprit au-dessus de la force militaire et conquérante. On encore Le chant de l'esgasse, récit de fantasy pirate assez haletant, expédition meurtrière d'un capitaine mystérieux et de son équipage à la recherche de l'immortalité. D'autres ténébreuses parures sont de purs joyaux. Mauvaise nouvelle est un récit policier absolument superbe et terrifiant qui décrit la jouissance de la vengeance dans toute sa sublime cruauté. On en tremble encore. Fort 53 revisite la légende du Graal sous une forme aussi futuriste qu'atroce.

Regarder en face la condition humaine, ce que fait en réalité Pierre Bordage à travers ses récits, ce peut être réellement effroyable. Mais pas sans beauté, comme le sont les perles noires...

Jean-François Thomas - Galaxies

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Bordage - Frère Ewen - rsfblog
Posté 27 avril 2011 -

Ewen vit heureux sur Boréal, 3ème planète du système d’Ispharam, avec sa femme Ezalde enceinte d’un fils et de sa fille Ynolde. Il porte un lourd secret qu’il n’a jamais partagé avec sa femme. Ewen fait partie de la fraternité Pancatvique. Il a été formé pendant cinq année par frère Ebenzer qui lui a remis son arme, un disque métallique qui crache des cercles de feux, le Cakra, et l’implant fiché à la base de son crane qui recueille son âmna (principe vital). Le Panca, une organisation secrète existe depuis des siècles, a pour but le bien-être et la protection de l’humanité. Ses membres sont répartis à travers la voie lactée. Ils ne communiquent pas entre eux mais reçoivent des ordres de l’organisation grâce à leur implant, une communication instantanée à travers la galaxie que seul le Panca maîtrise. Frère Ewen entend pour la première fois cette voix qui lui ordonne de se rendre sur Phaïstos pour constituer une chaîne quinte. L’humanité court un grave danger que seule la fraternité du Panca peut éviter. Même si, pour frère Ewen, cela signifie le sacrifice ultime.
Frère Ewen doit d’abord se rendre sur la lune de Hyem, cinquième planète du système d’Ispharam, un premier voyage long d’au moins trois ans. De cette lune il peut prendre un des grands vaisseaux interstellaires à destination de Phaïstos, un voyage de 80 à cent ans. Il arrivera vieux ou probablement mort à destination.
Sur Phaïstos il doit remettre son implant vital au quatrième frère de la chaîne quinte. Seule la réunion de cinq implants en un seul frère peut sauver l’Humanité. Ewen est déchiré à l’idée de d’abandonner sa femme sur le point d’accoucher et sa fille. Mais il a juré obéissance au Panca.
Pendant se temps sur la planète Amble la famille d’Olméo, jeune garçon de douze ans, est chassée de leur communauté. Sa mère a été surprise dans les bras d’Alfo, son amant. Olméo bénit sa mère d’avoir fauté : grâce à elle, il peut découvrir le monde, faire un voyage extraordinaire à travers la planète. Son périple commence par un voyage en train vers Al Kraël capitale du deuxième continent d’Amble et la rencontre avec Sayi, une mystérieuse jeune fille aussi sage que belle.
De Al Kraël il prend un vaisseau spatial en direction de Hyem et de sa lune, astroport où il embarque à bord d’un grand vaisseau interstellaire pour une aventure qu’il n’imaginait pas.
Son chemin va croiser Frère Ewen. Ensemble ils braveront des dangers et combattront les nombreux ennemis du Panca qui se cachent parfois derrière des êtres à l’apparence innocente.

Pierre Bordage nous offre ici un space opera d’une rare qualité où ses talents de conteur nous entrainent dans un voyage à travers le temps et l’espace. Il n’y a pas de batailles spatiales, mais une quête, des quêtes. Celle d’un homme qui sacrifie tout pour l’humanité, déchiré entre son devoir et le souvenir de sa famille abandonnée. Celle d’un petit garçon qui va s’en doute devoir grandir trop vite, faire des choix qui l’engageront dans une vie aventureuse, faite d’amour, de bonheur et de sacrifices.
Les destins de Frère Ewen et d’Olméo sont racontés en alternance (un chapitre pour Ewen, un chapitre pour Olméo).
Les deux histoires possèdent un style narratif différent : Olméo raconte son histoire à la première personne, l’histoire de frère Ewen nous est racontée. Chaque chapitre commence par un petit texte qui nous donne les clefs pour comprendre l’univers riche et complexe imaginé par Pierre Bordage. Que du bonheur ! J’ai les deux volumes suivants que je vais dévorer et je vais attendre les deux derniers avec impatience.

Monsieur Lhisbei - RSF blog

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Bordage - Frère Ewen - yozone
Posté 27 avril 2011 -

La claque ! Bravo Monsieur Bordage ! La France a la chance de disposer d’un Grand Maître de la SF. Beaucoup le savaient déjà : Pierre Bordage est un incontournable talent de notre microcosme. Mais, sale rouspéteur mécréant râleur que je suis, je n’en étais pas encore convaincu. C’est chose faite avec ce premier tome de La Fraternité du Panca (Frère Ewen, L’Atalante,novembre 2007, 446 pages).

 

Il s’agit d’un space opera grandiose à la gloire de l’humanité, et de ce qu’elle a de plus beau : les femmes.

 

Ewen, après une enfance difficile de mal aimé, devient un sale type avant de rencontrer son Maître et de devenir, après cinq ans de formation, un frère du Panca. Il reçoit son implant, par lequel il recevra ses instructions et où s’inscrira sa vie, et son chaka, une drôle d’arme symbiotique qui crache des cercles de feu inextinguible. Puis il va rencontrer la femme de sa vie et vivre avec elle dix années magnifiques. Il est soudain appelé par son implant et doit partir, et tout laisser, pour rejoindre le quatrième maillon de la chaîne quinte qui doit se reconstituer pour sauver toutes les espèces vivantes de la Galaxie. C’est à ce moment que débute le roman.

 

Une autre ligne narrative est constituée par le journal d’un jeune adolescent Olméo, issu d’une famille de paysans chassée de son village à cause de l’adultère de la mère. La religion, comme d’habitude, empêche de vivre... et déteste toutes les autres, même celles qui lui ressemblent. Olméo entreprend lui aussi un long voyage et va rencontrer l’amour, une jeune fille extraordinaire nommée Sayi, d’une autre peuplade et d’une autre religion (ils adorent un autre ange !).

 

Les deux voyageurs, Ewen et Olméo, vont se rencontrer peu avant d’entreprendre leur long périple de 80 ans vers leur planète de destination.

 

Je ne vous en dis pas plus. Il y a plein d’aventures, d’action, de surprises, de retournements de situation. Mais il y a surtout, en plus des descriptions de ces endroits magnifiques ou sordides des planètes et lunes visitées, une extrême humanité et une sensibilité formidable, une ode aux sentiments forts et à l’amour en particulier, amour perdu pour Ewen desespéré, amour naissant pour Olméo enthousiaste, curieux et rebelle. Une grande sensibilité sans un poil de sensiblerie. Remarquable, prenant, poétique, lyrique sans être gonflant, fluide, maîtrisé. Bon j’arrête, je vais vous faire vomir.

 

 

Dois-je encore vous rappeler qu’il ne s’agit pas là d’une énième resucée de choses déjà lues, ou de trucs dystopiques ou uchroniques où interviennent des personnages célèbres ? Non, c’est de l’invention, de la création, du jamais encore imaginé. Lisez ce Frère Ewen de Maître Bordage, c’est un délice.

Henri Bademoude - Yozone

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Bordage - Frère Ewen t.1 - yozone
Posté 27 avril 2011 -

Il en est des grands romans de SF comme de la vie. Leur capacité à nous émouvoir est souvent dans les petites choses. Les détails qui paraîssent insignifiants mais ne le sont pas.

On pourrait presque dire qu’avec ce Frère Ewen (L’Atalante, coll. La Dentelle du Cygne), premier volume de la tétralogie annoncée de La fraternité du Panca, Pierre Bordage a pris le juste parti de ne point trop en faire, de ne jamais tirer sur la corde des émotions inutiles.
Deux personnages centraux destinés à se rencontrer, deux destins en apparence brisés par la vie et les engagements qu’Ewen et Olméo ont un jour pris ou que l’existence leur a imposé : Ewen est membre d’une Fraternité religieuse secrête, Olméo est le cadet de la famille dans une organisation sociétale de petites communautés rigides et quasi autarciques. Mais point de désespoir ici, il ne s’agira jamais de se lamenter sur son sort. Ou si peu.
Si chemin de croix il y a, Ewen et Olméo le parcourent sous la pression des événements, mais aussi poussés par une voie morale évidente qui leur est propre. Ils ont leur libre arbitre et s’engagent en toute conscience sur une route qui, pour douloureuse qu’elle soit, est aussi celle de leur accomplissement personnel.

Modèle de space opera, doublé de plusieurs planet operas successifs qui s’agglomèrent les uns aux autres à l’image des couches sédimentaires en géologie, Pierre Bordage a créé avec grand talent une lente épopée en forme d’odyssée quasi immobile.
Certes, tout le roman n’est pourtant qu’un double et long voyage. Celui d’un homme dans la force de l’âge et celui d’un enfant de douze ans. Tous les deux doivent quitter la planète sur laquelle ils ont construit une partie de leur vie, sans aucun espoir de retour. Après de nombreuses péripéties, ils vont enfin se croiser et faire plus que se rencontrer. Tout dans ce Frère Ewen est dans la fusion des âmes.

En permettant les voyages interplanètaires au long cours sans user de notions sans fondements scientifiques, tels les éternels classiques de l’hyperespace, Pierre Bordage a également saisi au vol l’opportunité d’explorer une piste narrative passionnante et réellement inventive.
La galerie des personnages, le regard tendre et compréhensif que pose l’écrivain sur ses créatures, son habileté à générer une grande et touchante empathie avec elles, tout ces éléments suffisent largement à emporter le morceau haut la main.

Est-ce à ce jour le roman le plus structuré de Pierre Bordage ? On le pense très fort. C’est en tout cas celui où nous retrouvons tous les thèmes régulièrement abordés par l’écrivain : sa capacité à nous émouvoir avec de grands et beaux sentiments, sa générosité teinté d’un humanisme respectueux envers l’autre ainsi qu’un imaginaire SF digne des plus grands.

 

Stéphane Pons - Yozone

 

 

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Bordage - Fraternité du Panca - ActuSF
Posté 23 juin 2011 -

Pierre Bordage revient à ses amours avec un space opéra étonnant : La Fraternité du Panca. Petite interview

ActuSF : Comment est né La Fraternité du Panca ? Qu’as-tu envie de faire avec cette série ?
Pierre Bordage : D’abord repartir dans l’espace après un roman, Porteur d’Âmes, situé sur terre et dans un avenir très proche. Et puis, illustrer encore une fois (on ne se refait pas…) l’effet trame humaine à travers l’espace et le temps, concept que j’essaie de travailler sous d’autres formes dans les autres livres. L’attrait du voyage, du merveilleux, que permet le space opera. Le désir moteur, je m’en rends compte maintenant, a été de faire un vrai récit de voyage, avec des personnages attachants. Un peu comme on suivrait des émigrants de la fin du 19ème dans leur quête d’Amérique. J’aurais aimé le faire à la façon d’un carnet, avec des textes, des croquis et des dessins, mais techniquement, je ne suis pas à la hauteur pour ce qui concerne l’illustration. Outre la trame (symbolisée ici par la chaîne quinte) sont venus se greffer les thèmes qui me sont chers, les différentes façons d’interpréter le monde, les différents conditionnements, sociaux, religieux, politiques, sexuels… 

ActuSF : Dans le premier tome, on suit essentiellement deux héros dans leur parcours, Ewen et Olmeo. Ils sont à milles lieues l’un de l’autre. Comment pourrais-tu les présenter aux lecteurs qui n’ont pas encore lu le livre ?
Pierre Bordage : L’un, Ewen, est un frère du Panca, quelqu’un qui s’est engagé au service d’une organisation, et qui a perdu de vue son engagement. Il s’est marié, a eu une fille, attend un deuxième enfant, et, évidemment, c’est à ce moment-là que sa hiérarchie se manifeste, le contraignant à quitter son cocon familial, son bonheur tranquille, à partir sans espoir de retour (on retrouve là l’un des thèmes des Griots Célestes). Ewen est le premier maillon d’une chaîne quinte, une procédure d’exception qui ne se déclenche qu’en cas de danger très grave pour l’univers. Il part donc à la rencontre du 4ème frère, localisé sur une planète lointaine. Bien sûr tout au long du voyage, il va douter de son sacrifice, de sa hiérarchie, de son importance. C’est dans une lutte incessante contre ses doutes et ses regrets qu’il est principalement engagé. Olmeo, lui, est un garçon d’une communauté angélique du Pays Noir, dont la famille est contrainte de s’exiler parce que sa mère a commis l’adultère. Contrairement aux siens, opposés à la technologie, Olmeo a toujours rêvé de parcourir l’espace à bord des grands vaisseaux. La faute de sa mère lui offre une occasion unique de réaliser son rêve. Ce sont ses carnets de voyage qu’on lira, ses émerveillements, les heurs et malheurs ponctuant son périple, et puis, surtout, sa rencontre avec Sayi, une jeune fille étonnante.

ActuSF : Et que dire de ton univers ? Il y a des secteurs fortement technologiques avec d’immenses vaisseaux spatiaux pour traverser les étoiles, et en même temps des communautés presque renfermées sur elles-mêmes, très proches de la terre et sans beaucoup d’outils technologiques. Comment tu le vois cet univers où le communautarisme côtoie la multitude ?
Pierre Bordage : Je le vois comme une parfaite illustration du nôtre. Sur terre aussi, la technologie côtoie les communautés renfermées sur elles-mêmes. Il ne peut y avoir, à mon sens, de monde purement technologique ou purement communautariste. De nos jours aussi, les religieux se défient de la technologie, de nos jours aussi, on a des peuples qui restent arc-boutés sur leurs croyances (que je ne juge pas d’ailleurs, elles sont souvent riches d’enseignements, je n’ai aucune préférence, je pense que les deux, la technologie et la croyance, sont les meilleures et les pires des choses). J’avais envie de créer le décalage entre le monde d’Olmeo et le monde technologique, pour accompagner l’émerveillement d’Olmeo. Il m’intéressait de partir avec un personnage qui n’est pas blasé, qui a gardé cette capacité d’émerveillement.
 
ActuSF : Le site de l’Atalante évoque une "ode à la femme et au mystère de la vie". Pourquoi as-tu voulu explorer ces deux thèmes ?
Pierre Bordage : Je me suis fait incendier sur ce même site sur mon côté viol systématique à chaque page et mes femmes soit nunuches soit putains (en fait, je ne le pense pas, pas du tout, mais certains lecteurs — trices, argg, surtout ne pas oublier — ont interprété mes personnages féminins comme ça). Je n’avais pas l’intention de me racheter de mes très grandes fautes, d’écrire un hymne à la femme ou au mystère de la vie, mais à la fin du roman, quand on a fait le constat, Mireille et moi, on s’est rendu compte que, si on avait suivi deux personnages masculins tout au long du récit, les figures qui demeuraient, qui résistaient, étaient les femmes : la mère d’Olmeo, la fille d’Olmeo… et d’autres que je ne peux pas révéler ici au risque de dévoiler l’intrigue. Ce premier tome est d’essence féminine : les vaisseaux sont des ventres abritant la vie, les deux héros, Ewen et Olmeo, sont hantés (Ezalde) ou initiés par une femme (Sayi). Enfin, je sais maintenant que je suis un affreux féministe :-) Qui dit femme dit mystère de la naissance et de la vie (ah, mon côté affreux macho qui reprend le dessus…). En plus il y a dans le livre des retournements de situation qui illustrent à leur façon le mystère éternel du temps (je ne peux en dire plus, même sous la torture, d’ailleurs si on pouvait m’enlever les brodequins, merci).

ActuSF : Ce premier tome raconte le voyage des deux héros sur des planètes étrangères et dans de grands vaisseaux spatiaux. On peut dire qu’ils sont tous les deux arrachés à leurs habitudes. Est-ce que ça t’a permis de souligner encore plus le choc des aventures et des nouveautés qui les attendent plutôt que de mettre en scène un baroudeur habitué au coup de force ? Et qu’avais-tu envie de faire : les confronter à beaucoup d’événements pour que chacun des deux héros évoluent rapidement ? Une sorte de transformation intérieure ?
Pierre Bordage : Oui, bien sûr, la transformation intérieure, comme tout roman initiatique. Et les romans de voyage, parce qu’ils exigent de leurs héros des adaptations permanentes, rentrent évidemment dans le cadre du roman initiatique. À part Rohel, et peut-être un peu Tcholko, le nomade Tunguz de la steppe sibérienne dans Atlantis, je n’ai jamais travaillé avec un héros baroudeur type super héros. Je préfère partir avec ces personnages simples, confrontés à des épreuves qui vont les forcer à grandir (même Wang, avec son tao de la survie, fait partie des héros ordinaires). Les voyages, j’ai remarqué, multiplient les événements, tout simplement parce qu’on ne comprend pas toujours la langue ni les coutumes ni les conditions climatiques. Donc, il faut évoluer en accéléré, se transformer pour continuer. J’aime bien ça, confronter l’être ordinaire à l’événement exceptionnel. Mais, et c’est ma conviction la plus profonde, il n’y a pas d’être vraiment ordinaire…

ActuSF : On l’a dit, il leur arrive toutes sortes d’aventures. On a l’impression que tu t’es fait plaisir en multipliant les paysages étranges et les péripéties étonnantes, quitte parfois à ne pas trop les expliquer pour mieux se concentrer sur l’action. Est-ce que j’ai bon ? Y as-tu pris du plaisir ? As-tu toujours un émerveillement pour l’espace et le space opera ?
Pierre Bordage : Oui, je me suis fait plaisir, vraiment. Encore une fois, quand on voyage, on change sans cesse de paysages, de situations, de compagnons, et l’action est permanente. Et on n’a pas le temps de tout expliquer non plus, on en prend plein les yeux, plein la tête, sans toujours comprendre les mondes traversés. J’ai toujours un grand attrait pour le space opera, qui, pour moi, reste le terrain privilégié du merveilleux moderne. Je me retrouve comme quand j’avais vingt-deux ans et que j’ai découvert le premier volet de la Guerre des Étoiles (bon d’accord, ça ne nous rajeunit pas et je viens d’avouer mon grand âge) : l’éclate totale. Je suis un vrai gosse, et je pense qu’il faut garder une âme d’enfant pour écrire et lire des space opera.

ActuSF : Tu as déjà prévu cinq tomes. Pourquoi aussi long ? Et est-ce que ça ne te fait pas un peu peur quand même un projet aussi vaste ? Ou au contraire est-ce excitant de se dire qu’on a encore quatre tomes pour développer l’intrigue et l’univers ?
Pierre Bordage : Ben, je me suis fait piéger par le titre ! Panca veut dire cinq en sanskrit. Chaîne pancatvique ou quinte, pentale (animal à cinq ailes), tout est basé sur le cinq. Allez faire une trilogie avec ça ! Même pas peur dans la mesure où, de la façon dont j’ai agencé le cycle, il n’y aura pas d’effet de répétition ou d’impression de traîner en longueur. Bref, on va encore voir du pays, je vous le dis ! Oui, c’est plutôt excitant, parce que, si l’univers et la trame restent constants, les péripéties seront très différentes les unes des autres, enfin, j’espère.

ActuSF : Que peut-on dire déjà du tome 2 ? Que vas-tu nous raconter ?
Pierre Bordage : Rien, je ne peux rien en dire. Non, ne remettez pas les brodequins s’il vous plaît. Je ne peux rien dire parce que ce serait dévoiler la fin du premier tome, ce qui ne serait pas correct vis-à-vis des lecteurs.

ActuSF : Et hormis les quatre prochains volumes de La Fraternité du Panca, sur quoi travailles-tu ? Vas-tu sortir d’autres livres en parallèle ? Et sinon quelles sont tes envies ?
Pierre Bordage : Oui, je sortirai d’autres ouvrages en parallèle : un roman pour la jeunesse chez Flammarion, une uchronie sous l’égide d’Alain Grousset ; un Club Van Helsing ; un roman au Diable Vauvert, une anticipation très contemporaine, la veine que j’explore au Diable ; et puis je travaille actuellement sur un projet de feuilleton audio, oui, oui, et sur l’adaptation BD des Fables de l’Humpur… N’en jetez plus, ma coupe est pleine.

(Interview réalisé pour la sortie de Frère Ewen, premier tome du cycle)

Jérome Vincent - ActuSF

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Bordage - Abzalon- livres-science-fiction
Posté 07 juillet 2011 -

Le soleil perd de son éclat, et la planète Ester sombre peu à peu dans l'obscurité. Des décisions énergiques doivent être prises pour préserver la population. Voilà, en quelques lignes, posé le thème d'Abzalon, roman de science-fiction francophone que l'on doit à l'excellent Pierre Bordage.

Synopsis d'Abzalon
Ester est un monde à l'agonie, dont l'étoile instable, anémiée, décline lentement. L'église du monde, pouvoir central qui domine le monde, ne voit d'espoir que dans la fuite. Un vaisseau gigantesque, l'Estérion, est constuit, avec pour destination une nouvelle planète à conquérir et coloniser. Abzalon, meurtrier, a tué une femme, et a été envoyé purger sa peine à Doeq, la plus terrible des prisons d'Ester. Ellula est une Kropte, issue d'une minorité pacifique persécutée par le pouvoir en place. Ils seront tous deux du voyage : ceux qui sont considérés comme le rebus de la population se retrouvent ainsi en première ligne de cette tentative de sauvetage désespérée de tout un monde.
 
Pourquoi faut-il lire Abzalon ?
Comme souvent dans la Science-Fiction, Abzalon n'est pas un simple roman, mais une critique des dérives de notre propre monde. Des notions comme la vie en collectivité, la perméabilité entre les valeurs de bien et de mal et les interrogations sur le rapport au pouvoir ne manqueront pas d'interpeler le lecteur tout au long du livre. On s'attache aux personnages et on ne peut que trembler pour eux, tout au long du livre, entre histoire d'amour et péripéties du récit.
www.livres-science-fiction.com
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Bordage - Dernières nouvelles de la Terre - Bifrost
Posté 14 février 2011 -

Elles ne sont pas bien gaies ces dernières nouvelles de notre bonne vieille Terre. Elles sont même totalement déprimantes. Pas d'espoir à attendre de ces quelques images de nos avenirs possibles. Bordage veut-il nous faire réfléchir à ce monde que nous détruisons peu à peu ? Veut-il nous faire prendre conscience de la catastrophe vers laquelle nous tendons si rien ne change?

lire l'intégralité de l'article

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Bordage - Frère Ewen - Bibliophilie
Posté 11 juillet 2011 -
Intrigue : 
 
Ewen vit heureux avec sa femme et sa fille lorsqu'il reçoit un appel télépathique de la confrérie à laquelle il appartient, la Fraternité du Panca. Chargé de reconstituer la chaîne pancatvique de cinq frères, il se voit contraint d'abandonner sa famille pour entreprendre un périple à travers l'espace qui durera 80 ans. Olméo est un jeune garçon de 13 ans quand il rencontre l'amour de sa vie, Sayi. Ensemble, ils se retrouvent dans le même vaisseau spatial qu'Ewen et partagent sa très longue traversée.
 
Outre un univers et un scénario nouveaux et fascinants, ce que l'on apprécie le plus chez Bordage, dans ce premier volume de la saga "La Fraternité du Panca", c'est son style littéraire fluide et légèrement désuet qui le caractérise. Un style qu'il est très agréable de retrouver. On adore !
 
 
 
Alice
Bibliophilie Lectures et états d'âme

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Bordage - Soeur Onden - Littéraire.com
Posté 18 juillet 2011 -
Avec Sœur Onden, Pierre Bordage propose le quatrième volet de La Fraternité du Panca. Après Ewen, Ynolde, fugitivement Mikah, puis Kalkin, c’est Klarel, la petite paysanne de la colonie Mussina que le sort a désignée pour devenir Sœur Onden. Elle doit perpétuer la chaîne en transmettant le cakra, l’anneau de feu, que lui a confié Kalkin à un suivant dont elle ignore tout. Son propre implant lui sera remis ultérieurement a assuré le précédent membre de la Quinte. Elle est hébergée chez Lamir, un jeune soldat, qui se met en quatre pour satisfaire ses besoins. C’est lui qui trouve le véhicule pour l’emmener à l’astroport après que La Fraternité ait donné télépathiquement l’ordre de se rendre dans le système d’Alpha du Tarz. Celui-ci se trouve dans le bras de Persous, à une distance de près de dix mille années-lumière. Mais les ennemis de la Fraternité sont déjà sur ses traces. Sur la route de l’astroport, elle tombe dans un piège et fait l’expérience de la puissance du cakra.
Sur Iox, Bent ne veut pas vivre le Lust. Il préfère se glisser dans le temple de Dilah et rejoindre le labyrinthe temporel à la recherche de la femme défigurée, entrevue quelque part, dans son futur ou son passé. Ossia a intégré la confrérie des Aswins, une organisation de mercenaires. Avec Qwor, elle reçoit pour mission d’infiltrer et de démanteler la Fraternité.Comment la petite paysanne peut-elle vaincre autant d’obstacles, peut-elle faire face à tant d’ennemis et de dangers ?
Pierre Bordage sublime les « petites gens ». Il donne la vedette, dans cette gigantesque épopée, à des personnages issus de classes populaires. Il met en avant des individus d’origine modeste qui se retrouvent, sans grands moyens, à devoir mener une quête dont la finalité les dépasse : « Les mémoires de ses frères et sœurs contenaient les mêmes incertitudes, les mêmes découragements. Le sentiment de ne pas être à la hauteur. D’avoir été choisie par erreur. » Cependant, ils sont capables de se surpasser pour venir au terme de leur mission. Il montre, à travers ces personnages, toute la variété et la complexité de la nature humaine, mais aussi sa richesse et les ressources dont elle peut disposer. Il démontre, également, au passage, que ce ne sont pas les « plus forts en gueule et en muscles » qui sont les mieux armés pour surmonter les épreuves et les obstacles. Ces matamores se révèlent, trop souvent, des baudruches qui se dégonflent à la moindre piqure. 
Il brosse une galerie de portraits d’une grande variété, introduisant, au fil du périple de ses héros, une panoplie quasi complète des caractères et des profils psychologiques. Il introduit, dans son récit, une large réflexion teintée de spiritualité, de spiritualisme sur le temps, son usage, sur la nécessité de la patience, voire, d’un certain fatalisme.Il s’attache à montrer, aussi, que l’individu peut rester maître de ses opinions tout en faisant partie d’un groupe et en adhérant à la plupart des idées qui soudent les individus qui les partagent. Il exalte la confiance en une force supérieure, le don de soi à une cause, la réponse immédiate à un appel.
On a hâte d’arriver à l’épilogue pour connaître, enfin, la nature de cette fameuse menace qui doit anéantir toute vie dans les galaxies et surtout, comment le cinquième élément peut l’anéantir. Mais faisons confiance à Pierre Bordage pour puiser dans son imagination débridée des circonstances novatrices. En effet, jusqu’à maintenant, sur le thème récurrent de la transmission d’un témoin, il a apporté des solutions inédites dans les quatre volets.
Avec La Fraternité du Panca, Pierre Bordage signe une fresque humaine à l’échelle d’une galaxie, un conte philosophique à la dimension de l’univers, un opéra de l’espace aussi varié que les étoiles, une comédie humaine cosmique illuminée par une constellation de valeurs humanistes.
 
Serge Perraud
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Bordage - Frère Kalkin - Bibliophilie
Posté 29 juillet 2011 -
Intrigue : L'ancien thanaute Silf est devenu Frère Kalkin, troisième maillon d'une chaîne pancatvique. La Fraternité du Panca l'envoie sur le lointain système de Gamma Bagvan, pour lequel il faut prendre un vaisseau nouvelle génération à vitesse supraliminique. Le voyage est périlleux et semé d'embûche, car il a également un assassin à ses trousses : son premier amour... Quant à la jeune Klarel de la planète Albad, elle décide de quitter sa communauté rétrograde pour partir à la découverte des aborigènes de sa planète, des non humains et non animaux qui semblent vouloir lui transmettre un message.
 
Ce troisième volume de la Fraternité du Panca offre une nouvelle configuration de scénario, plus complexe que les précédents et donc encore plus délectable. Le pari que s'est lancé Bordage, à savoir réaliser cinq volumes, un volume par maillon de la chaîne pancatvique présentait en effet une difficulté majeure : comment se renouveler dans le récit, comment réussir à surprendre le lecteur à chaque nouvel épisode ?
 
On voit, avec ce troisième volet, que Bordage n'est pas en manque d'inventivité et qu'il parviendra à conclure sa saga en beauté.
 
Alice
Bibliophilie
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Bordage - l'Enjomineur 1974 - News de stars
Posté 09 août 2011 -
Fin 1793, la Terreur fait suite à la révolution, et cela avec toute son horreur de violence et de répression.
Emile, alias Milo, attend son heure dans la secte de Mithra alors que le voile se lève sur le mystère de sa naissance. Il ne sait encore quel est son rôle, mais les choses vont bientôt se décider.
Cornuaud, quant à lui, ne cesse de changer de camp et d’errer à travers le pays offrant ses services tour à tour aux partis les plus violents. Car tel est l’ordre qu’il a, obtenu d’une sorcière vaudou qui le possède. Or le pays est à feu et à sang et les idéaux révolutionnaires se sont évanouis depuis bien longtemps dans une guerre civile des plus meurtrières. Et c’est dans ce contexte, qu’à la fois Emile et Cornuaud verront leur destins se croiser et se sceller.
 
Dernier volet de la très belle trilogie de L’Enjomineur, après 1792 et 1793, ce roman L’Enjomineur, 1794 nous fait revivre l’après-révolution française dans toute la violence qui ont secoué le pays de par la Terreur et les guerres vendéennes. Cela ressemble fort à un roman historique, la documentation y est, mais la fiction prend largement le dessus, surtout par l’invention de la secte de Mithra et dans son rôle dans ces événements.
 
Et malgré cela l’auteur Pierre Bordage réussit à nous faire revivre et comprendre comme nul autre cette époque si sombre et tumultueuse. Il y conclut les deux intrigues...
 
News de Stars
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Bordage - Soeur Onden - Les Chroniques de l'Imaginaire
Posté 26 septembre 2011 -
C'est au tour de Klarel, devenue Sœur Onden, de se mettre en quête du premier maillon afin de transmettre ses implants et reconstituer la chaîne quinte. Dans cette perspective, elle doit embarquer à bord de l'Odysseus pour rejoindre le bras de Persous, lieu où l'attendra le prochain et ultime missionnaire, celui chargé de sauver le monde. Rien ne sera facile, cependant car bien des ennemis suivent le sillage de la Fraternité du Panca. C'est le cas d'Ossia de Siphre et de Qwor, tous deux membres de la terrible confrérie des Aswins, des assassins hautement qualifiés et particulièrement efficaces. Leur nouvelle cible est Onden, leur but sa destruction. Malheureusement, ils sont loin d'être les seuls car plus on approche de la réunion finale et plus la lutte devient âpre, virulente pour empêcher la fusion.
De son côté, Bent, jeune garçon de douze ans, sort tous les soirs de chez lui afin de pénétrer en douce dans le labyrinthe temporel dont l'accès est interdit et surveillé par des représentants du dieu Dilah. Il ne lui suffit pourtant pas d'éviter de se faire prendre par les gardes du labyrinthe lors de ses escapades nocturnes, il doit également se méfier des terribles orvers qui surgissent de terre pour engloutir les humains qui passent à porter de leurs mâchoires. Le jeune homme a atteint l'âge du Lust, c'est-à-dire le moment où un garçon a le droit de faire plus ample connaissance avec la gente féminine. Bent, cependant, est uniquement obsédé par le dédale ainsi que par une mystérieuse apparition, une femme à la beauté troublante mais dont la moitié du visage est mutilée. Cette altération la défigure irrémédiablement, lui conférant une tristesse infinie. Il sait néanmoins que son destin dépend de cette personne bien qu'il ne la connaisse pas et ne sache rien d'elle.
 
On retrouve avec une grande excitation les aventures de la Fraternité du Panca, cette saga passionnante qui met en scène différents personnages dont la mission est de sauver l'humanité en bravant dangers et autres voyages temporels parfois expérimentaux. Ce volume est primordial car il présente des informations capitales sur la Fraternité ainsi que sur les sâtnagas, ses ennemis chauves qui vont nus par les rues et dont le seul but est d'empêcher la formation de la chaîne quinte.
Bordage ancre, de fait, son roman dans une trame historique. Il recréé des origines, invente un passé, explique l'actualité et l'évolution par les événements climatiques et humains. Ainsi, il parvient à donner une profondeur, une réalité à son monde. Il lui offre une cohérence et tous ces détails mis bout à bout laisse entrevoir l'ampleur de l'entreprise de cet écrivain exceptionnel. On peut enfin se rendre de compte de la dimension de cet univers. Le bestiaire extraordinaire créé par Pierre Bordage contribue fortement à la vivacité du récit et à la tension narrative. Les mondes brossés par l'auteur sont tous peuplés de bestioles originales plus ou moins agressives dont l'importance est à la hauteur des personnages. Ils sont des acteurs à part entière de cette fiction.
Il faut bien reconnaître qu'il existe une sorte d'effet hypnotique, comme si on lisait inlassablement le même livre, la même histoire. Cet effet est généré par la similarité des aventures et du déroulement. On peut cependant noter un léger décalage, donnant l'impression que le récit a été déplacé d'un subtil cran afin de tout remettre à plat et de suffisamment renouveler l'émerveillement pour avoir envie de poursuivre la lecture et de s'accrocher au suspens généré par les tribulations de ces personnages émouvants et uniques. Cet exploit provient essentiellement des personnalités différentes des protagonistes. Klarel paraît particulièrement vulnérable et peu armée pour la vie qui l'attend. Elle cède au découragement à de multiples reprises, a du mal à se raccrocher à ce pilier essentiel qu'est la confiance aveugle. Elle s'interroge, doute, pense qu'elle n'est pas à la hauteur. Cela est aussi valable pour Bent, un adolescent empli de questions qui peine à suivre son intuition et qui comprendra que d'elle dépend son salut. Il en va de même pour Ossia, cette jeune fille rude, au caractère affirmé, devenue un assassin mais qui n'a pas perdu sa capacité à s'émouvoir, à ressentir et à réfléchir.
 
En bref, cette pentalogie n'a pas fini de nous étonner, de créer l'envie et l'impatience d'enfin connaître l'épilogue en compagnie du dernier missionnaire. Que nous réserve cet incroyable écrivain ?
 
 
Sig
Les Chroniques de l'Imaginaire
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Bordage - Frère Elthor - Onirik
Posté 12 avril 2012 -

La Fraternité du Panca est le dernier space opera de Bordage, un pentateuque puisque le chiffre 5 est emblématique de l’histoire contée : la formation d’une chaîne quinte, via 5 maillons de la Fraternité du Panca qui repose sur 5 piliers et dont l’animal totem est le pentale, à 5 cornes et 5 ailes.

Les fans de Bordage retrouveront le souffle épique qui habitait Rohel ou Les guerriers du silence, ainsi que leurs thèmes : la nécessité de l’écoute, le lien avec la Nature, les dangers du fanatisme… Quant à ce dernier tome, il tient toutes ses promesses !

L’écriture est toujours tout en subtilité, et sans aucune prévisibilité. On se laisse emporter par le chant des pentales, ces migrateurs célestes alliés de la Fraternité du Panca qui propagent le feu de la vie, tout en frémissant de la violence des servants de Sât, le Dévoreur.

Lorsqu’on referme le livre, on se sent comme habité par tous ces personnages que nous avons croisés plus ou moins longuement et dont les vies résonnent en nous comme l’humanité entière résonne dans les maillons de la chaîne quinte.

Un nouveau Bordage à dévorer donc, comme toujours.

 

Ela

Onirik

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Bordage - Soeur Onden - If is dead
Posté 04 octobre 2011 -

 

Soeur Onden est le quatrième et avant dernier tome de La Fraternité du Panca, une série de Pierre Bordage qui oscille entre Space-opera fantasy. Nous suivons cette série en cours d’écriture par l’auteur français depuis 2008, et il faut dire qu’elle fait parti de nos préférées du moment. Frère Ewen nous avait directement conquis, Soeur Ynolde enchanté et Frère Kalkin confirmait qu’on était là face à une très bonne saga. La qualité est-elle toujours au rendez vous ? Se lasse-t’on de voyager dans la galaxie qui abritent les frères du Panca ? Synopsis. Sans aucun spoil, bien entendu.

Bent est un jeune garçon qui vit sur la planète Iox dans le système de Xantor. Comme tous les enfants de son âge, il est en pleine période de la Lust, trois années pendant lesquels la religion de sa planète l’autorisent à aller comme il veut, expérimenter et tester ses propres limites. Mais Bent ne partage pas réellement les mêmes préoccupations que les autres enfants de son âge, principalement s’accoupler dans la rue, notamment depuis qu’il a bravé l’interdit de sa religion: entrer dans le sanctuaire de Dilah et goûter au vertige du voyage dans le temps. Mais son activité n’est pas sans risque, à tout moment il risque de devenir un Spectrempre et d’errer continuellement dans l’espace temps, quand ce n’est pas simplement le risque d’être dévoré par les Orver.

Je dois avouer que dès que j’ai ouvert Soeur Onden, qui arbore sans doute la plus belle couverture de la série, j’ai tout de suite eu cette sensation agréable que l’on ressent lorsqu’on rentre enfin après un voyage trop long. Vous savez, cette impression de revenir enfin chez soi, et de s’apprêter à passer un très agréable moment, de lecture pour le coup. Pierre Bordage ne change pas ses habitudes, et ce quatrième tome s’axe sur la même structure: plusieurs « nouveaux » personnages que nous suivons par chapitres interposés, un destin qui leur est commun et de petits articles encyclopédiques en guise d’introduction à chaque changement de protagoniste. Une habitude qui nous donne un peu plus l’impression d’habiter les lieux, de faire partie de ce grand ensemble qu’est la galaxie des frères du Panca.

Les points forts de précédents tomes sont toujours là. Un univers faste, que l’on souhaite toujours découvrir un peu plus, surtout grâce à un style clair et agréable à lire, qui nous intéresse à ce que nous traversons. Comme d’habitude, le niveau est là du début à la fin, et on passe un agréable moment rien que pour ces éléments là. On va à nouveau découvrir de nouvelles cultures, de nouveaux cultes, et de nouvelles populations. On pourrait s’en lasser au bout de quatre tomes, mais non, de ce côté là, il faut bien avouer que cela prend toujours. Et puis, ces articles encyclopédiques sont toujours aussi agréables.

La trame du scénario arrivant bientôt à son terme, le prochain tome étant le dernier, on en apprend aussi un peu plus sur ce qui motive le tout. La Fraternité du Panca était jusqu’alors restée bien discrète, et en découvrir un peu plus est une réelle jouissance. Le mystère, cultivé désormais depuis quatre tomes, reste presque entier, mais tout de même, on en a tout de même découvert quelques miettes. Cela peut sembler banal, et il faut avouer que ce n’est compréhensible que lorsqu’on est dedans, que l’on a goûté à cette série.

Le seul reproche que je pourrais faire à Soeur Onden c’est que ce quatrième tome se contente d’être « juste » excellent. Mais voilà, les précédents l’étaient aussi, et ça fini par provoquer une sorte d’habitude au bout de quatre tomes. Les passages très deus ex machina sont toujours aussi forts, puissants et provoquent toujours autant l’admiration du lecteur, cette sensation que la vie est dotée d’un but, que les choses ne sont pas là que par le hasard, que le monde est Beau. Mais voilà, j’espère tout de même qu’il y en aura un peu plus pour le dénouement final, car j’ai peur d’éprouver une petite déception.

Mais cette dernière note ne change rien à mon avis: Soeur Onden est un excellent roman, bien au dessus de la mêlée. Après quatre tomes, La Fraternité du Pancaest pour moi toujours une réussite, une série à la croisée de la fantasy et du Space-opera qu’il vous faut lire. Pierre Bordage signe ici vraiment une grande saga, et je ne peux que vous inciter, voire exhorter, de la lire. Non, vraiment.

If is dead 

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Bordage - Wang - Bibliophilie, Lectures et états d'âmes
Posté 24 octobre 2011 -

Dans le monde du futur, les riches Occidentaux ont décidé de se débarrasser définitivement de la misère du Tiers Monde en s'en coupant hermétiquement par la construction d'un rideau électromagnétique, le REM. A l'abri de leur forteresse à l'échelle de l'Occident blanc, ils n'ont plus rien d'autre à faire que de "sensorer" des spectacles à sensation, rejetant jusqu'à leur propre réalité corporelle. De l'autre côté de la barrière, le Tiers Monde est pourri par les mafias et autres cliques ultra violentes qui règnent en maîtres. Au milieu de cet Orient corrompu et déliquescent, un jeune Chinois, Wang, cherche à appliquer les principes d'humanité inculqués par le Tao de la Survie de sa grand-maman Li.


Une réflexion intelligente et émouvante sur l'avenir du fossé entre un Occident blanc et omnipotent et un Tiers Monde s'enfonçant de plus en plus dans la misère et la violence.

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Bordage - Les guerriers du silence - A suivre
Posté 28 novembre 2011 -

La minutie et l'ampleur de la description se conjuguent à la précision des portraits psychologiques et à la dimension spirituelle des personnages et mondes traversés pour faire de ces Guerriers du silence une réussite d'autant plus esceptionnelle que Pierre Bordage signe là son premier roman

 

Joëlle Wintrebert, À suivre

 

 

 

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Bordage - Wang - Le blog d'Olya
Posté 26 décembre 2011 -


Toujours dans ma volonté de découvrir de la bonne SF, j'ai suivi les conseils que l'on m'avait donné, et je me suis lancée dans le premier tome de Wang. Et là, la claque dès les premières pages. C'est bien, très bien même !

L'ambiance du début du livre est assez pesante et éprouvante. La pauvreté que l'on trouve de ce mauvais coté du REM, la manière dont les gens survivent, les filles qui offrent leur corps pour un endroit chaud où dormir, les filles qui n'offrent pas leur corps, mais qui sont prises malgré tout par des hommes violents, et le plus souvent saouls ou drogués ... J'avoue que ça m'a foutu un coup au moral de lire ces lignes, car c'est difficile.

Mais au fur et à mesure, je me suis habituée à cette violence et cette pauvreté. Et surtout, il y avait Wang qui était là pour contrebalancer toutes ces horreurs qui se passent dans cette partie du monde. Car Wang, ce jeune homme qui doit fuir de chez sa grand mère sous peine de devenir le larbin d'un gang, est d'une gentillesse incroyable et alors qu'il ne devrait penser qu'à sa survie, il n'hésite pas à s'occuper de certaines personnes qui sont dans le besoin. Et rien que ça, ça réchauffe déjà le coeur.

Une fois que Wang passe de l'autre côté du rideau, on découvre cette partie du monde qui jusque là était inconnue, pour le lecteur ou pour les personnages. On y découvre le mode de fonctionnement des gens, que ce soit leur mode de vie, ou alors leur mode de pensées. C'est très perturbant de découvrir la différence de ces deux parties du monde. Et c'est surtout effrayant. On rencontrera plusieurs personnages, chacun attachant à sa manière, apportant quelque chose de bien particulier à Wang, et même si parfois c'est très éphémère, j'ai apprécié chacune de ces rencontres, chacune de ces amitiés.

Ce livre m'a fait penser à plusieurs romans lors de ma lecture. Pour autant, il n'y a pas de relation entre eux, mais ça m'interpelait. Par exemple, j'ai pas mal pensé à Hunger Games à cause de plusieurs petites choses, également à Fahrenheit 451 avec la place énorme que prennent les divertissements télévisés. Il m'a d'ailleurs aussi fait penser à certains films, notamment à Clones avec Bruce Willis. Mais ce sont juste des petits éléments ou des anecdotes particulières qui me faisaient penser à ces livres ou ces films, sans qu'il y ait réellement une raison pour les relier.

Je trouve que pour le moment mon article ne ressemble à rien, je vais donc être très brêve et la plus précise possible pour terminer. Ce livre est génial. Wang est un personnage très profond, avec une générosité comme celle qu'ont les personnes les plus démunies mais qui ont la main sur le coeur. Il a aussi une force de caractère assez incroyable, mais il a aussi certaines faiblesses. Bref, c'est un homme qui fait tout son possible pour s'en sortir de la meilleure façon possible. Et pour cela, il n'hésite pas à braver l'inconnu.

(...) Je ne vais pas m'éterniser pour vous dire que c'est un très bon bouquin de SF, qu'il nous fait réfléchir à l'avenir que l'on se prépare, et que j'ai hâte de lire le tome 2 pour connaitre le dénouement de cette histoire. Je pense aussi fortement que je vais suivre de près cet auteur, car je sens qu'il va me réserver de nombreuses surprises.

 

Olya

 

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Bordage - Les guerriers du silence - Helvete Underground
Posté 26 décembre 2011 -

Les Guerriers du Silence est une trilogie de Pierre Bordage, composée du tome qui donne son titre à la série, suivi de Terra Mater et de La Citadelle Hyponéros. On peut situer cette série dans le genre du space opera, de par son foisonnement de planètes, aux cultures, faunes et flores des plus variés. Il y a là beaucoup d'imagination à l'oeuvre et tous les mondes décrits sont vraiment plaisants à découvrir.

L'intrigue est elle aussi à la hauteur du genre: les héros se battent pour sauver l'univers. Mais on quitte là les stéréotypes: la quête pour la préservation du monde connu est avant tout spirituelle et les héros de ce roman ne sont pas des guerriers flamboyants. 

Pierre Bordage renouvelle ainsi de manière très intelligente la lutte du bien contre le mal, car le sujet est ici beaucoup moins simple. L'univers est dévoré par l'Incréé, une force qui n'a, en soi, rien de maléfique: elle est simplement l'opposé de la création, c'est-à-dire de tout ce qui est vivant ou participe à la vie, comme les étoiles et les planètes. Les humains étant la source et le vecteur de la création, ils ont le pouvoir naturel de lutter contre l'Incréé. Hélas, les humains doutent, craignent, s'énervent, se disputent, se replient sur eux-mêmes et font ainsi le jeu de l'Incréé, se coupant de leurs capacités créatrices. Loin de voir la divinité en eux-mêmes, ils vont la chercher dans diverses religions plus ou moins toutes oppressives (visiblement, Pierre Bordage a des comptes à régler avec la religion).

Par certains aspects, Les Guerriers du Silence peut paraître comme une oeuvre pessimiste: les humains passent leur temps à se faire la guerre et à s'asservir les uns les autres. Quelles que soient les planètes, les cultures ou les religions, on retrouve à chaque fois une petite caste dirigeante qui maintient le gros de la population dans la peur et l'ignorance. Ce manichéisme est parfois un peu irritant. Evidemment, on peut voir cela comme le reflet de notre société, si ce n'est que nous avons la chance d'avoir la consommation pour oublier notre statut de hamster dans sa roue.

Toutefois, cette série est loin d'être aussi sombre, car elle montre l'espoir que peut apporter une poignée d'humains. Qui plus est, cet espoir est au fond de chacun d'entre nous, ce n'est pas une ressource accessible seulement à quelque héros doté de super-pouvoirs. C'est là que le livre prend toute sa dimension spirituelle, fondée en partie sur le bouddhisme, mais décidément syncrétique.

J'ai beaucoup aimé ce mélange de grande aventure et de spiritualité, qui n'est pas sans rappeler Dune, mais avec un côté plus intimiste et, donc, plus facile à s'approprier. Les aspects spirituels ont fortement résonné avec mon cheminement actuel, ce à quoi je ne m'attendais pas du tout en entreprenant cette lecture. D'ailleurs, ma réflexion récente sur la création est en partie issue de cette lecture. La richesse de l'ensemble fait que j'ai véritablement dévoré les quelques 1'800 pages au total. Je n'ai trouvé que quelques petites longueurs vers le milieu du troisième tome, quand les péripéties s'accumulent et que l'on s'impatiente un peu d'arriver à la résolution.

Un superbe roman, une très grande lecture, avec des scènes absolument mémorables, magnifiques de sentiments et d'émotion, comme le passages des xaxas et la rencontre finale entre les douze membres de la dewa et l'Incréé. Merci beaucoup, Monsieur Bordage.

François

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Bordage - Soeur Onden - Quoi de neuf sur ma pile ?
Posté 29 février 2012 -
Je l'ai déjà dit plusieurs fois, j'aime les romans de Pierre bordage,  même si souvent ses manies m’énervent. "Sœur Onden", le quatrième tome de « La Fraternité du Panca », ne fait pas exception à la règle.
Dans cet ouvrage on retrouve, comme toujours, ses immenses qualités de conteur. Il crée des planètes, des écosystèmes, des systèmes politiques, des créatures, des habitats, des organisations, une histoire sociale, une archéologie, et j'en oublie, mais aussi il crée des noms, surtout des noms ; Bordage est le maitre français du néologisme. Le lecteur est donc promené dans un monde imaginaire, foisonnant, qui émerveille autant qu’il étonne, et c'est sûrement la grande force des romans de l’auteur. Cette force qui fait qu'année après année, depuis « Les guerriers du silence » (auquel le Panca emprunte beaucoup ou dont le Panca est une version 2.0), j'achète et je lis ce qu'il écrit. De plus, de manière plus spécifique à l'ouvrage, les trois personnages principaux de ce quatrième tome ont suffisamment de doutes et d'inquiétudes, pour attacher le lecteur à leur sort, créant une forme d'empathie à leur endroit. Quand à l’aventure, elle est présente et trépidante comme toujours.

Du côté négatif, on trouve ce que j'ai déjà écrit sur les obsessions de Bordage, peut-être un peu moins présentes qu'habituellement dans ce volume. Mais surtout, le cycle commence à être long. Chacun des quatre tomes lu est basé sur une architecture très similaire. Le nouveau membre est perdu, il doit partir très loin rencontrer le membre suivant sans savoir comment faire, car d'une part il ne sait pas encore qui est le membre suivant (qui souvent ne le sait pas lui-même), d'autre part il n'y a pas de moyen facile de se rendre où celui-ci se trouve, en général à l'autre bout de la galaxie. On lit donc de manière récurrente des scènes d'astroport, de police locale corrompue ou manipulée, de cakra, arme symbiotique dont on craint qu’elle brule atrocement les chairs (dans une description qui rappelle l’épreuve de la boite et du Gom Jabbar), de prêtres de Sat toujours présents mais si évidemment toujours vaincus qu'ils en finissent par ressembler à des méchants de dessins animés, de marche dans la nature sauvage ou dans les bas-fonds des capitales. Au bout de quatre tomes, je commence à trouver que cette récurrence structurelle l’est justement un peu trop. De plus, le fonds philosophique qui sous-tend la Fraternité du Panca est basé sur une croyance qui implique que les bonnes personnes sont naturellement à la bonne place, que les bonnes rencontres se font quand elles doivent se faire, que si le destin de quelqu'un est de réussir alors il réussira, même si toutes les probabilités semblent contre lui. On est proche du wu wei taoïste, ce qui sur le plan dramatique n'est pas idéal. Au fil de la lecture, et plus on s'imprègne de cette philosophie, moins on n'a de doute sur la réussite de ce qui est entrepris par les héros. De fait, il n’y a rapidement plus aucune tension, car le lecteur sait sans le moindre doute que, même dans les situations les plus extrêmes, le héros fera ce qu'il faut, y compris si c’est improbable (la scène du saut dans le ravin en étant la meilleure illustration), et vivra au moins assez longtemps pour mener à bien sa mission. Au début de L'homme qui rit, Victor Hugo annonce que les occupants du petit bateau vont mourir. Mais la force de son écriture fait que, pendant soixante pages, le lecteur pourtant prévenu arrive à croire à une impossible survie. Dans Sœur Onden, malheureusement, j'ai eu l'impression contraire. Bordage n’annonce pas que les héros vont mourir (il ne dit pas non plus d’ailleurs qu’ils vont survivre) mais on sait d'expérience, pour avoir lu les trois premiers tomes, que Sœur Onden ne mourra pas. On sait aussi qu’elle parviendra à joindre le premier membre de la fraternité car cette quête est d'une importance capitale. Et pas une seule fois on n’a le moindre doute sur le fait qu'elle va réussir, sur le fait qu'au final tout s'arrangera comme nécessaire, ce qui fait que les multiples péripéties qu'Onden et les autres protagonistes rencontrent sont observées avec l’intérêt de la curiosité, mais sans guère d'implication. C'est sans doute le défaut principal de ce cycle. En posant la nécessité inéluctable de reconstituer la chaîne quinte, Bordage empêche le lecteur de douter un seul instant de sa reconstitution, malgré les obstacles humainement insurmontables qui se dressent face à cet objectif.

 Gromovar

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Bordage - Wang, Les Aigles d'Orient - Lylalibocou
Posté 29 février 2012 -
Wang est toujours un personnage aussi attachant que dans le premier tome, si ce n'est plus. On retrouve la sympathie pour Grand-maman Li et pour Lhassa. On sait dès le départ que Grand-Maman Li attend toujours son petit-fils et qu'elle l'a envoyé délibérement en Occident. Le personnage de Lord Bayfield nous apporte des précisions sur l'histoire de l'occident et ses immigrés, ce qui nous permets de mieux ficeler l'histoire déjà connue. Delphane m'a surprise par sa décision, qui néanmoins reste compréhensible pour cette "femme" de défendeurs. Frédric Alexandre, quant à lui, m'a peu à peu exaspéré.

Les éléments de cette histoire s'enchaînent beaucoup plus rapidement que dans le premier tome, ce qui nous laisse un suspens permanent, et qui permets de mieux aprécier l'histoire. Nous comprenons mieux l'ambition des ruches, et accordons donc un intérêt plus grand qu'il ne l'était déjà pour Wang, qui se doit de réussir la mission qu'elles lui ont confié.

La fin est surprenante, mais attendue dès le début de l'histoire. Surprenante car certains éléments ne pouvaient être déceles, mais attendue, car dès le premier chapitre avec Grand-Maman Li, nous savons ce qu'il adviendra pour Wang et le REM.

Le style de Pierre Bordage est toujours aussi agréable à lire. L'imagination débordante de cet écrivain me laisse sans voix.

Un livre qui m'a emporté encore plus que l'avait fait le premier tome. Un livre que je recommande encore une fois à tous ceux qui ne connaissent pas Pierre Bordage, ou qui veulent se lancer dans les aventures de la Science-Fiction.
 
Lyla
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Bordage - L'enjomineur 1792 - Youboox
Posté 27 mars 2012 -

En 2004, Pierre Bordage publie le premier tome de "L’enjomineur", intitulé 1792, dans lequel l’auteur permet de mêler un épisode passionnant de l’Histoire de France – la Révolution - et le fantastique en suivant Emile, l’enjomineur et Cornuaud, le possédé, mis face à leur destin de Paris à Nantes en passant par la Vendée qui sombre dans le chaos.

Un tableau saisissant de la France en Révolution

L’enjomineur est un subtil mélange d’historique et de fantastique, ce qui réjouira les habitués de science-fiction autant que les non-initiés. L’auteur nous livre un travail que l’on devine très documenté en abordant la Révolution à travers le prisme de trois lieux distincts qui montrent la France révolutionnaire dans toutes ses contradictions. En cette année 1972, à Paris la capitale du Royaume de France, le roi n’est plus qu’une ombre soumise à l’Assemblée Constituante. Le sans-culotte, le vendéen, la garde nationale, les nobles royalistes : tous évoluent dans cette France qui se déchire de la ville à la campagne. En Vendée, c’est le chaos. L’Eglise refuse la nouvelle Constitution, les aristocrates s’accrochent à leurs privilèges. A Nantes, même fracture entre ceux qui se laissent porter par les idées nouvelles des Lumières et les gardiens de l’ordre ancien. On retrouve l’environnement de la France du XVIIIème : ses paysages, ses sons, ses odeurs.

Emile, l’enjomineur et Cornuaud, le possédé

Bordage nous emmène sur le chemin du fantastique, entre monde occulte et légendes qui résistent au rationalisme de la Révolution. Emile et Cornuaud sont des Français ordinaires, en apparence au moins. Emile, que l’on dit « enjomineur » est élevé par un prêtre aux idées nouvelles, celles des Lumières de la Révolution. Vous savez ce qu’est un enjomineur ? Un fils de fée. Un type qui peut jeter des sorts. Vous comprendrez aisément que dans la France des premières années de la Révolution, il soit un peu rejeté. Le jeune homme devient travailleur saisonnier dans les fermes du Luçon. Il ne lui reste plus qu’à trouver l’amour en la personne de Perette et de partir à Paris, sur les traces de ses mystérieuses origines.

Son chemin croisera celui de Cornuaud, l’opportuniste, prêt à tout pour gagner un peu d’argent. Dès les premiers soubresauts de la Révolution, il avait fui Nantes pour échapper aux violences. Embarqué sur un négrier, il avait violé une jeune esclave noire. Possédée par l’esprit d’une sorcière assoiffée de vengeance, il massacre des hommes blancs. L’enjomineur, c’est le récit du destin croisés de ces deux personnages dans une passionnante quête de la vérité. Pour ne rien gâcher à notre plaisir, Bordage complète le récit avec des personnages secondaires d’une grande richesse, eux aussi déchirés entre violence et espoir de se faire une place dans la France nouvelle.

Une belle entrée en matière

Une écriture agréable et sobre sert un récit passionnant. C’est une belle entrée en matière pour Bordage qui met en place la tension qui animera les deux tomes suivants.

Hayat Slimani

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Bordage - Nouvelle Vie TM - Extravagance
Posté 16 avril 2012 -
Encore un recueil de nouvelle et encore de la science fiction ! Mais je ne m'en lasse pas. L'auteur fait preuve de tellement d'imagination pour nous présenter des mondes nouveaux et cohérents que j'en reste parfois stupéfaite et émerveillée. Ce n'est pas tout rose pourtant. Il suffit de s'attarder sur le thème de ce recueil : Nouvelle vie , ou comment la vie est traitée dans ces mondes futurs. Vendue, achetée, bradée, exterminée, génétiquement modifiée... La vie devient une marchandise comme les autres, on peut la prolonger par clonage, la rendre virtuelle et infinie. De toutes ces nouvelles, Dans le potager est certainement la plus inattendue, et Paix bien ordonnée la plus optimiste, parmi toutes les autres qui ont l'air plutôt de prédictions apocalyptiques. J'aime bien les nouvelles. L'auteur doit ici réaliser une prouesse pour rendre son monde cohérent et raconter une histoire en si peu de pages. Et en général, la chute est accablante. Où est l'espoir là-dedans ? Il y en a quand même, de l'espoir, cette façon qu'ont certains personnages d'être conscients des problèmes, et des moyens qu'ils mettent en place pour améliorer leur vie et celle des autres. L'auteur nous montre que, dans ces mondes futurs, l'homme sait toujours faire d'empathie et de critique et qu'il est capable de se rebeller. En conclusion, c'est un bon recueil pour ceux qui apprécient le genre.
 
Extravagance
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Bordage - Frère Elthor - ActuSF
Posté 09 mai 2012 -
Pierre Bordage vient de mettre un point final, avec Frère Elthor à la superbe saga qu’il avait entamé avec Frère Ewen, Soeur Ynolde, Frère Kalkin et Soeur Onden (les 5 volumes chez L’Atalante), sous le titre collectif de La Fraternité du Panca. Il nous a entraîné ainsi à travers la galaxie dans une quête magnifique puisque c’est une quête de l’homme et de la foi en ses capacités de se dépasser face à l’adversité. Pour résumer brièvement le thème général, dans un futur où l’humanité a essaimé dans la Voie lactée et s’est fractionnée en une infinité de cultures souvent fondamentalement différentes dans leurs valeurs mais où les planètes se sont regroupées pour se protéger les unes des autres dans une sorte de fédération dont le Parlement universel se trouve à NeoTierra, une menace terrible s’approche sous la forme d’un gigantesque nuage noir dans le sillage duquel les étoiles se sont éteintes. Seule une organisation devenue mythique - existe-t-elle toujours ? -, la Fraternité du Panca décèle la menace et décide d’y faire face en créant une chaîne pancatvique (5 individus devant se trouver l’un après l’autre pour se transmettre leur force et leur mémoire grâce à un âmna, sorte de cristal, qui s’enchasse dans la nuque) qui seule pourra s’opposer au nuage destructeur. Chaque volume nous décrit le destin de l’individu, homme ou femme en alternance, choisi pour des raisons qui nous échappent pour former l’un des maillons : l’accomplissement de cette destinée ne se fait jamais sans difficultés, que ce soient les doutes de la personne elle-même sur la nécessité des sacrifices à réaliser ou la validité du choix lui-même ou que ce soient les attaques dirigés contre les maillons par des organisations diverses dont la plus puissante est la religion de Sât qui prône justement la destruction de l’univers, prédite dans ses livres sacrés.
Pierre Bordage met en scène un univers technologique évolué mais où religions et superstitions non seulement résistent mais se développent parallèlement à la science. on retrouve dans ces romans les thèmes favoris de l’auteur : l’homme compte plus que la machine, la volonté humaine est le facteur décisif de toute action, la foi peut effectivement soulever des montagnes - ou, en l’espèce, brûler littéralement l’adversaire grâce au cakra, cet objet énigmatique que reçoit chaque maillon - mais elle peut aussi être un vecteur puissant de malfaisance - avec les sâtnagas, ces prêtres nihilistes nus, qui rejettent avec violence toute forme d’organisation sociale et prêchent l’avènement du néant -, la science se veut omnipotente et omnisciente mais se trompe avec arrogance le plus souvent - les extraits des encyclopédies d’Odom Dercher, sorte de Pic de la Mirandole galactique, mis en tête de chapitre sont, à dessein, hilarants de prétention et d’ignorance. En nous menant à travers planètes et cultures, nous faisant découvrir le foisonnement de la vie dans la galaxie, l’auteur nous donne l’occasion de découvrir la richesse de la diversité multiculturelle de cette Voie lactée où se côtoient des sociétés qui n’ont parfois que l’humanité de leurs habitants comme point commun et où existent aussi des espèces non humaines et non animales si éloignées de nous que le contact devrait être impossible : ce sera alors, autre message fort de Pierre Bordage, l’esprit qui transcende les barrières... Il prône une société équilibrée : alliance de la technologie et du mysticisme - c’est cette fusion heureuse qui permet à frère Elthor de remplir sa mission - mais aussi des sexes - après l’alternance homme-femme de la formation de la chaîne, il faudra un couple pour aboutir alors que les sâtnagas méprisent les femmes - : ce message est manifestement celui que l’auteur entend faire passer à notre propre société, message aussi résolument optimiste puisqu’il nécessite une société dans laquelle des journalistes et des politiciens sont capables de faire passer le bien commun avant leurs intérêts propres...
En tout cas Pierre Bordage nous livre là une splendide aventure, un space opera chamanique (si j’ose dire) de toute beauté qui nous emporte aux confins de la galaxie et de l’esprit.
 
Jean-Luc Rivera
ActuSf
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Bordage - La Fraternité du Panca - Youboox
Posté 16 mai 2012 -
À l’occasion de la sortie de Frère Elthor, cinquième et dernier tome du space opéra La fraternité du Panca débuté en 2007, les fans de science-fiction et les non-initiés peuvent découvrir cette belle odyssée spatiale. Une démonstration de l’imagination de l’auteur !
 
La fraternité du Panca , pentalogie sur l’humanité dans l’infiniment loin.
 
Ne cherchez pas sur Wikipedia, je vous le dis : pentalogie, ça veut juste dire que c’est en cinq tomes, voilà. Imaginez-vous dans l’infiniment loin. L’humanité a colonisé l’univers, à tout prix. Sur chaque planète, les groupes humains ont des modes de vie très différents mais ils se défendent les uns les autres grâce au Parlement universel. Une menace pèse sur tout ce qui vit. Seuls les initiés de La fraternité du Panca, sorte de franc-maçonnerie spatiale où se côtoient des Frères et des Sœurs, sont capables de sauver l’humanité. Sans connaître la nature de la menace, ils vont s’engager dans le combat au prix du don de leur vie. Le seul moyen de lutter : former une chaine Quinte. Une chaine de 5 Frères et Sœurs qui doivent se retrouver l’un après l’autre pour se transmettre leurs implants, réceptacle de leurs forces et de leurs mémoires. Seul le dernier de la chaine peut mener le combat final.
 
Des voyages entamés par amour ou sacrifice
Chaque tome nous conte la destinée de celui choisi pour former l’un des maillons de la chaine. Un départ sans retour, sans possibilité d’utiliser les ralentisseurs de rythme biologique.
Dans le premier tome, on suit les destins croisés de deux personnages profonds et touchants. Ewen a reçu l’appel : la menace plane et il doit quitter femme et enfant pour remettre l’implant au deuxième Frère. Olméo, 13 ans, contraint à l’exil avec sa famille va rencontre l’âme sœur. Notons le talent de l’auteur qui décrit un huit clos de 80 ans dans une fusée. Ne vit-on les voyages que par amour ou sacrifice ? Et que dire de l’isolement et de la solitude ? Autant de questions qui donnent le vertige.
Des cinq tomes, trois se distinguent pour leur rôle majeur dans le récit. Le premier d’abord qui plante le décor avec Ewen et Olmoé. Le troisième, véritable transition vers le combat final, avec des descriptions grandioses de l’univers. Enfin, le cinquième et dernier : Frère Elthor.
 
Un mélange déroutant de haute technologie et de spiritualité
On s’attache vite à ces personnages auxquels Bordage n’épargne rien, êtres humains baladés par leurs émotions. L’engagement au prix du don de soi et le courage face à l’adversité rythment la pentalogie. Le jeu des chapitres alternant entre les points de vue des différents personnages est une vraie force. Le livre n’est pas que batailles et voyages de planètes en planètes, il est un roman sur les questions qui nous animent. Bordage trouve les mots justes pour parler de la place de Dieu, de la force de la foi et du sens du sacrifice. Un exercice rendu possible par une connaissance pointue de l’Histoire des religions et une facilité à écrire sur une large palette d’émotions en conservant la simplicité des mots. Un récit déroutant qui mélange la haute technologie et le mysticisme.
La fraternité du Panca ravira les fans inconditionnels autant que ceux qui découvriront un livre de science-fiction pour la première fois.
 
Bonne lecture ! 
 
Hayat Slimani
Youboox

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Bordage - Frère Elthor - lelitteraire.com
Posté 01 juin 2012 -
Voici le cinquième et dernier volet de La Fraternité du Panca, attendu avec impatience depuis les premières pages de Frère Ewen, le tome un. La Quinte est constituée. Le premier élément doit se rendre dans Les Nuages de Maldan, comme le lui souffle la Fraternité. C’est Bent Beautlan, de la planète Iox, qui assume ce rôle bien malgré lui. Mais, il est riche des expériences des maillons précédents. Bent, a été dénommé Elthor, un choix peu judicieux dans la partie de la Voie Lactée où il se trouve, car c’est le nom du jumeau maléfique d’Elkar, un vrai salopard ! Il se fait embaucher sur le Phosphelius, un vaisseau affrété par un groupe de chasseurs qui veulent traquer, sur les Nuages de Maldan, un gibier encore inconnu dans la galaxie. Des scientifiques profitent de ce voyage pour aller étudier cette mini galaxie. Sous la férule de Maliloa, une jeune femme qui ne le laisse pas indifférent, Elthor est chargé de surveiller la coque pour déceler toute déformation due à la vitesse ADVL. Un homme, parmi les scientifiques, lui annonce qu’il est là pour le tuer et qu’il va le faire... prochainement. Parallèlement, LiJi, une ancienne médialiste réussit à convaincre Xeline, une apprentie venue l’interviewer, de la réalité de la menace qui s’apprète à déferler sur la galaxie. Elle l’envoie mobiliser des membres influents du Parlement. Après deux échecs, elle trouve l’oreille attentive de Jeb Bardö, un vieux parlementaire sensible aux charmes féminins. Mais une course contre la montre s’engage. D’après les observations de Manos Octoy, un astrophysicien, la nuée maudite sera sur Les Nuages de Maldan dans dix jours. Le Phosphelius doit ralentir à cause d’une déformation dans la coque. Et le tueur passe à l’acte...
 
La Science-Fiction fait partie de cette littérature dite, avec condescendance, de genre. Cependant, elle offre aux auteurs d’énormes possibilités d’expression par le déplacement de l’action dans l’espace et dans le temps ou sous couvert d’une intrigue débridée. Pierre Bordage fait partie de cette poignée d’auteurs qui, par ce biais, abordent de front les grands problèmes, les défis de notre société et défendent des valeurs humanistes. Observateur attentif de notre civilisation, il porte un regard, à travers l’histoire qu’il raconte, sur les dysfonctionnements de nos comportements, analyse nos attitudes, émet remarques et réflexions sur des situations. Il en expose les différentes facettes, en montre les excès comme les limites.
 
Dans chaque livre, Pierre Bordage explore aussi des formes de sociétés et des catégories sociales. Dans Frère Elthor, il s’attache aux parlementaires. Il s’appuie sur Jeb Bardö pour suivre les ténors de la politique, leur fonctionnement, leurs motivations et faire une description des arcanes du pouvoir. Il brosse de la classe politique un portrait sans complaisance, mais d’une grande pertinence. Il montre des hommes responsables de décisions concernant des millions d’autres gouvernés par leurs hormones ou uniquement préoccupés de marchandages pitoyables. Il conjugue, avec ce personnage, l’évolution de l’individu confronté à la vieillesse, les contraintes et les restrictions qu’elle impose.
 
Il donne à sa fresque une dimension biblique avec le don de soi, cette acceptation sans restrictions de tout abandonner pour vivre un idéal au service de l’humanité. Il prend ses héros parmi les gens ordinaires, de simples individus que la mission qu’ils ont acceptée transcende. Il revient aussi sur des idées qui lui sont chères comme le partage, le devoir de mémoire, de préserver l’héritage issu des générations précédentes..
 
Avec la nuée dévastatrice qui menace l’humanité, l’auteur ne développe-t-il pas une parabole et n’évoque-t-il pas notre propre sursis si les ressources de la Terre continuent à être gaspillées au rythme atteint aujourd’hui.
 
Il faut relire cette œuvre pour en saisir toute la richesse. En effet, Pierre Bordage écrit une histoire prenante dont on brûle de connaître la conclusion, survolant, de fait, des passages qui nous semblent d’un moindre intérêt pour l’action, manquant, ainsi, les éléments, les réflexions, les pépites dont le romancier truffe son récit.
 
Avec La Fraternité du Panca, Pierre Bordage renouvelle le Space Opera, lui conférant une dimension sociologique, ethnologique, menant un travail d’anthropologue. Il donne à ce cycle un souffle, une puissance romanesque, une force narrative peu usuels, accélérant son récit de volume en volume, jusqu’à une chute en cohérence avec l’esprit qui anime cette saga. La Fraternité du Panca est un pur joyau dans l’univers littéraire.
 
Serge Perraud
lelitteraire.com
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Bordage - Frère Elthor - Un papillon dans la lune
Posté 26 juin 2012 -
Enfin ! On l'attendait, Pierre Bordage l'a fait ! Voici la conclusion de sa pentalogie space-opéra, débutée en 2007 avec Frère Ewen.
 
Frère Elthor est la digne suite et fin de cette aventure à travers l'espace et le temps que j'ai adorée. Elthor, devenu 1er maillon de la chaîne pancatvique à la suite de Sœur Onden, est chargé d'empêcher la destruction de la Voie Lactée par la mystérieuse nuée, qui m'a fait penser aux Langoliers de Stephen King. Il embarque sur le Phosphélius, direction le Petit Nuage de Majdan, où il sait qu'il doit se rendre sans savoir précisément ce qu'il devra y faire. Des ennemis et divers obstacles se dresseront bien sûr sur sa route, mais il sera heureusement aidé par les mémoires de ses Frères et Sœurs et par le feu du Cakra.
 
Parallèlement, sur Néo-Tierra, la menace commence à être prise au sérieux par les politiques, puis par la population bientôt prise de panique, ce qui donnera lieu à des scènes assez apocalyptiques.
On reconnaît bien la patte de Pierre Bordage dans la narration alternée qui fait de ses romans de véritables page-turners.
 
D'un côté, l'aventure spatiale de Frère Elthor nous emmène en voyage hors de notre galaxie, lors d'un périple toujours dangereux, parfois émouvant. De l'autre, une narration à la 1ère personne nous permet de découvrir la réaction de divers personnages à leur fin annoncée. Les narrateurs changent au fil des rencontres et nous racontent la folie d'un monde qui se sait condamné. J'ai d'abord été étonnée de ce changement de narrateur qui avait lieu sans que le "Je" ne soit abandonné, puis cela a pris tout son sens quand j'ai compris que cette partie du texte faisait écho à l'idée de la chaîne. Ils sont tous des maillons de l'histoire.
 
Les exergues sont comme toujours très travaillés chez Pierre Bordage. Ils nous donnent des indications sur un prochain événement du chapitre sans pour autant trop en dévoiler. J'ai notamment beaucoup apprécié ce poème sur les femmes :
 
"Femmes, belles, gracieuses, farouches, tendres, blessantes, accueillantes, Rêves de courbes, douceur et courage, fragilité et force, Fleurs, amantes, mères, saintes, Chaleur, moiteur, antres, refuges, magiciennes, Poussées de fièvre, larmes de pardon, éclats de rire brisés, Femmes, altières, humbles, fuyantes, combattantes, résistantes, vaincues, Spectres qui hantent mes nuits sans étoiles, Et mes jours lumineux. L'Ode aux femmes, Svelt Montler."
 
L'auteur nous propose aussi de belles critiques. Celle sur la/les politique(s) est flagrante, et je dois l'avouer, partagée : intérêt personnel, fainéantise, commissions inutiles, groupes de pressions... Quelques pics :
 
"Je me rendais soudain compte que, par habitude, par paresse sans doute, je me contentais des avis des commissions sans chercher à me forger une opinion par moi-même. Je suppose qu'il faut être fermé aux émotions et aux sentiments pour embrasser la carrière d'homme politique."
 
De même, les chasseurs présents sur le Phosphélius avec Elthor en prennent pour leur grade aussi. Ils sont présentés comme des gens sanguinaires, prêts à tuer n'importe quelle forme de vie, même inconnue, pour compléter leur tableau. Des claques se perdent, et on les tirerait bien avec leurs fusils ultra-sophistiqués !
 
Pour conclure, ce récit se révèle humaniste, accrocheur, parfois violent, parfois émouvant. Pierre Bordage nous offre de belles révélations, matière à réflexion et une fin digne de ce nom. J'ai hâte de voir ce qu'il nous réserve pour l'avenir !
 
 
Un papillon dans la lune
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Bordage - Interview - Wikimedia
Posté 28 juin 2012 -

L'interview

Wikimedia : Vous avez reçu hier la médaille de la ville de Nantes, et à cette occasion, on vous a vu très ému. Voici onze ans que vous présidez les Utopiales, pourquoi arrêter cette année ?
Pierre Bordage : En fait, cela fait deux ou trois ans que je voulais arrêter, mais il a été difficile de trouver une figure de proue pour me remplacer. Ils souhaitaient quelqu'un de la région [Nantes] mais n'ont pas trouvé, d'où l'appel à Roland Lehoucq. Je voulais arrêter par effet de lassitude, et parce que je pense qu'il est intéressant d'avoir des têtes nouvelles et des idées nouvelles sur ce festival.
Wikimedia : Pourtant les visiteurs des Utopiales vous aiment beaucoup, hier pendant votre discours [après la remise de la médaille], tous vous ont applaudi...
Pierre Bordage : Ils ont été très gentils et je les aime beaucoup aussi, mais l'organisation d'un festival demande du temps et de l'énergie, cela me désorganise au niveau de mon travail. Je voudrais me recentrer sur les romans. Je n'aime pas les honneurs, ni les discours sur une estrade avec des officiels. Hier soir, le discours que l'on m'a demandé était tellement imprévu que je n'avais rien préparé. Je l'ai fait car, comme je l'ai dit hier, je voulais rendre ce que la ville m'a donné. Onze ans, c'est bien, un mandat dure normalement cinq ans, j'en ai fait un peu plus de deux [rires]. J’arrête pour toutes sortes de raisons, et pour donner un nouvel élan au festival... Roland Lehoucq va apporter un gros carnet d'adresses scientifiques et médiatiques. J'ai été très content de présider les Utopiales, mais l'arrêt de cette présidence est une décision que j'ai prise voici plusieurs années.
Wikimedia : Concernant le cinquième tome du Panca...
Pierre Bordage : Voilà l'une des raisons pour lesquelles j’arrête de présider les Utopiales. Beaucoup de lecteurs sont déçus car la sortie du cinquième tome avait été annoncée en novembre, il va être reporté en mars. Je veux arrêter de repousser les sorties des livres, mon métier est auteur, et je le dois au lecteur. C'est déjà difficile d'attendre entre chaque tome d'une série, c'est encore plus désagréable d'en retarder. Je déteste être obligé de déprogrammer un livre, et je ne veux plus que cela arrive. La démission de la présidence est une mesure en ce sens, pour récupérer mon temps. On m'a posé énormément de questions sur ce tome cinq aujourd'hui, les lecteurs m'ont presque agressé ! [rires]
Wikimedia : Votre festival est consacré à la science-fiction à l'origine, mais il y a beaucoup d'auteurs de fantasy et de livres fantasy dans votre librairie. Il semblerait que les festivals de science-fiction s'ouvrent de plus en plus à la fantasy, alors qu'au contraire les festivals fantasy laissent de plus en plus de place à la bit-lit. Qu'en pensez-vous ?
Pierre Bordage : La science-fiction est en récession, c'est évident. Il y a de moins en moins de collections de science-fiction, de moins en moins d'éditeurs, de moins en moins d'auteurs, beaucoup vont faire de la fantasy et de la bit-lit. Je pense que cette évolution n'est pas définitive ni figée, elle est liée à notre époque et à ses inquiétudes pour le futur. Peut-être que les lecteurs se réfugient dans des littératures plus archétypales, la fantasy et la bit-lit ont des figures éternelles. La S.F., avec son côté « avertissement » qui sonne l'alarme, ajoute de la peur à la peur. Ce n'est peut-être pas l'explication, mais on constate que la S.F. fonctionne très bien dans les moments économiquement stables. En ce moment, la société elle-même vacille [la Grèce, l'Euro, la mondialisation rampante...] et nous perdons les repères traditionnels que sont le pays et les frontières. Les lecteurs ont peut-être envie de divertissements. Si nous connaissons une période de stabilisation économique, la S.F. repartira, sans doutes. Le genre est très subtil, il réunit bien des aspects que les autres genres n'ont pas, comme la réflexion philosophique. Je continue à en écrire parce que la S.F. m'intéresse, je fais aussi de la fantasy, mais je ne ferai jamais de bit-lit. Le fantastique m'intéresse peu, il est de l'ordre du sacré, à mon avis. Peut-être que l'attrait récent pour ce genre est lié à un retour au sacré, à la religion. Le seul genre de S.F. qui marche assez bien en ce moment, c'est l'uchronie.
Wikimedia : Pensez-vous que le Steampunk soit un genre qui a de l’avenir ?
Pierre Bordage : Je suis assez partagé sur le Steampunk. C'est peut-être le même phénomène que le Cyberpunk, qui est un genre assez moribond maintenant. Il est lié à une esthétique XIXe qui m'intéresse peu. Je n'en sais rien, le temps donnera la réponse.
Wikimedia : Vous avez écrit deux scénarios pour le cinéma, comptez-vous en faire d'autres ?
Pierre Bordage : Je suis très refroidi par rapport à cette expérience dans l'audiovisuel, car contrairement au roman, ce n'est pas libre. Dès que vous mettez une ligne de scénario, le producteur vous demande combien ça va coûter. L'audiovisuel est très restrictif, il faut toujours tenir compte de la faisabilité. Quand j'ai écrit Dante 01 avec Marc Caro, ce n'était pas notre projet de départ, celui-ci s'appelait Mantasmes et parlait de clonage dans l'espace. Le producteur nous a dit que cela coûterait trop cher pour le potentiel commercial, nous avons dû nous plier à ses exigences, à savoir écrire un huis-clos dans une station spatiale avec un nombre de personnages restreint, et un décor unique quasiment. Même cela ne suffisait pas : nous avions un budget de trois millions d'euros alors qu'un film américain en a huit. Mantasmes ressemble énormément à Moon, qui est sorti après, nous ne pouvons donc plus réaliser notre projet. Dante 01 n'a pas pu être mené à bout car des séquences ont sauté pour des raisons de budget, la fin n'est pas celle que nous avions écrit. Pour Eden Log, je n'ai été que conseiller sur le film et je ne me considère pas comme un co-scénariste, mais juste comme un intervenant. Le roman est merveilleusement libre en comparaison. Pour que je revienne à la T.V. et au cinéma, il faudrait qu'on me propose un pont d'or et qu'on me laisse une grande liberté. Beaucoup de projets s'arrêtent dans l'audiovisuel après une suite sans fin de réunions. Les professionnels de la T.V. réclament des fictions différentes, mais paradoxalement dès qu'on leur en propose, ils mettent tout de suite des barrières.
Wikimedia : Vous avez amené un certain nombre de lecteurs qui ne connaissaient pas la science-fiction à en lire...
Pierre Bordage : Il y a des préjugés contre la S.F., typiquement c'est « robots, extraterrestres et rayons lasers dans l'espace ». Dès que l'on méconnait un genre, on compense par des préjugés. Sur les salons littéraires généralistes, souvent les visiteurs qui voient les couvertures de mes livres font un grand détour, comme s'il y avait des miasmes contagieux ! Il faut de la curiosité... j'ai reçu un prix d'un comité d'entreprises pour Porteurs d'Âmes, je les ai rencontrés, et ils me disaient « le livre n'aurait pas été présenté à ce prix, jamais on ne l'aurait lu, c'est dommage car on serait passés à côté de quelque chose ». Nous autres auteurs avons un effort à faire, il faut écrire pour les personnes qui ne connaissent pas le genre S.F. Je ne suis pas un auteur « hard-science », je me place à un niveau en dessous, plus populaire, en essayant de poser des passerelles pour tous les lecteurs. Ce que pense le milieu de mes ouvrages, c'est autre chose. Ils sont parfois blessants, mais cela ne me touche pas.
Wikimedia : Quelle est votre vision de la politique dans vos écrits ? Car à chaque fois, le pouvoir politique est présenté comme corrompu...
Pierre Bordage : Je n'ai pas vraiment de vision politique, ce que je souhaite en tant que citoyen, c'est voir le monde politique au service de la population. Au moins un minimum, les hommes politiques ont des comptes à rendre. Je suis plutôt à gauche pour le partage, je pense que le libéralisme est une impasse totale, et qu'il faut porter de l’intérêt à la population. Ce n'est pas ce que je vois actuellement, mais ça ne m'empêche pas de voter. Le paysage politique prend une très mauvaise tournure, on se dirige vers des émeutes de la faim, les plus faibles sont sur la carreau avec le libéralisme. Je pense que les hommes politiques devraient anticiper ce genre d’événement au lieu de creuser les inégalités. J'aime beaucoup cette parole du Christ, si je ne devais en retenir qu'une : « Ce que vous faites au plus petit d'entre vous c'est à moi que vous le faites ». Les hommes politiques devraient y penser. Ma vision politique rejoint celle de la religion. Je me suis intéressé aux personnes qui vivent dans les marges.
Wikimedia : D'où vient votre vision de la spiritualité ? De lectures ou d'expériences personnelles ?
Pierre Bordage : D'expériences personnelles surtout. Quand j'étais enfant, j'avais des sortes d'élan mystiques, d'états de grâce très particuliers que j'ai confondu avec la religion catholique. Après quatre ans de petit séminaire qui ont tué tout élan spirituel en moi, je devais devenir un bon petit soldat du Christ véhiculant des dogmes, et ce n'est pas du tout ce que je cherchais. J'ai fait un voyage en Inde à 20 ans, et ce pays m'a réconcilié avec l'aspiration spirituelle. Une partie de mon travail consiste à distinguer la spiritualité de la religion, qui est l'anti-spiritualité, en fait. Je considère que tout système de pensée écrasant fait perdre la liberté intérieure, je pratique la méditation, et à mon avis, personne d'autre que nous-même ne peut avoir une expérience de ce genre. C'est d'ailleurs très difficile à communiquer et à partager. Dès que quelqu'un veut partager une expérience ou l'imposer, ça créé une religion. L'expérience va être matérialisée, transformée en mots, et l'autre ne l'a pas ressentie. Une personne qui a vécu une expérience spirituelle va la transmettre au monde, et le monde, qui ne l'a pas expérimentée, va la récupérer, créer un système de pensée puis une religion, et avec elle un système de dogmes.
Wikimedia : Vous en parlez dans Orcheron, je crois. Je n'ai pas aimé ce livre pour lui-même, mais après réflexion, sa deuxième lecture est très intéressante.
Pierre Bordage : C'est un livre qui n'est pas aimé, Orcheron. Les gens attendaient une suite d'Abzalon, et je leur ai proposé complètement autre chose : la vision, mille ans après, de ceux qui n'avaient pas expérimenté ce qui est raconté dans Abzalon. La matérialisation d'expériences passées qui deviennent des mythes. La réaction des lecteurs m'a fait abandonner l'idée de poursuivre cette série, même par mon propre éditeur, l'accueil d'Orcheron a été froid. Je voulais vraiment faire une longue série, avec des sauts de mille ans en mille ans, un peu comme si j'écrivais la Bible de la genèse à l'Apocalypse [rires].
Wikimedia : Vous avez eu un parcours très éclectique, avant de devenir écrivain?
Pierre Bordage : Oui. Après mes études de lettre, qui ne m'ont servies à rien, et puisque je ne voulais pas être prof, j'ai monté une librairie à Paris, dans le XIVe, pendant deux ans et demi. Puis j'ai vendu des produits financiers, et je suis parti dans le Gers, pour créer un village idéal. Cette expérience était vouée à l'échec, j'ai parcouru des foires et des salons dans toute la France à ce moment là, sur les routes avec ma femme et mes enfants. Je suis revenu dans le Gers, et j'y ai écrit les Guerriers du Silence en six mois. C'était une époque où je ne faisais qu'écrire. Quand j'ai envoyé le manuscrit, personne n'en a voulu, la S.F. française était sinistrée. De retour en région parisienne, j'ai vendu en porte-à-porte pendant trois mois. Il m'est arrivé des expériences « complètement délirantes », j'en ai d'ailleurs tiré un scénario, qui s'appelle Secteur d'Enfer. Ensuite, une société de jouets ma embauché comme commercial pour un grossiste pendant trois ans. Une autre histoire incroyable m'est arrivé, car un ami a demandé à ma femme d'écrire un article sur le golf, elle ne savait pas quoi y dire, et elle m'a demandé de le rédiger à sa place. J'ai été embauché comme journaliste sportif grâce à cet article, mais le golf est un sport que je n'ai jamais pratiqué. Je suis devenu journaliste multifonction, et le groupe a fait faillite. Mais à ce moment là, huit ans après la rédaction de mon manuscrit, j'ai appris que Les Guerriers du Silence était publié. Depuis 1993, je suis écrivain.
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Bordage - Nouvelle-vie TM - Skyrock
Posté 28 juin 2012 -
Encore un recueil de nouvelle et encore de la science fiction ! Mais je ne m'en lasse pas. L'auteur fait preuve de tellement d'imagination pour nous présenter des mondes nouveaux et cohérents que j'en reste parfois stupéfaite et émerveillée. Ce n'est pas tout rose pourtant. Il suffit de s'attarder sur le thème de ce recueil : Nouvelle vie, ou comment la vie est traitée dans ces mondes futurs. Vendue, achetée, bradée, exterminée, génétiquement modifiée... La vie devient une marchandise comme les autres, on peut la prolonger par clonage, la rendre virtuelle et infinie. De toutes ces nouvelles, Dans le potager est certainement la plus inattendue, et Paix bien ordonnée la plus optimiste, parmi toutes les autres qui ont l'air plutôt de prédictions apocalyptiques.
J'aime bien les nouvelles. L'auteur doit ici réaliser une prouesse pour rendre son monde cohérent et raconter une histoire en si peu de pages. Et en général, la chute est accablante. Où est l'espoir là-dedans ? Il y en a quand même, de l'espoir, cette façon qu'ont certains personnages d'être conscients des problèmes, et des moyens qu'ils mettent en place pour améliorer leur vie et celle des autres. L'auteur nous montre que, dans ces mondes futurs, l'homme sait toujours faire d'empathie et de critique et qu'il est capable de se rebeller.
En conclusion, c'est un bon recueil pour ceux qui apprécient le genre.
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Bordage - Frère Elthor - Fantastinet
Posté 28 juin 2012 -
La Fraternité du Panca – Tome 5

Frère Elthor marque l’apothéose du cycle de la fraternité du Panca. Pierre Bordage maître incontesté du Space Opéra signe ici une conclusion parfaite pour son ambitieuse pentalogie. En lisant ce livre il m’est tout de suite apparu que Pierre Bordage avait parfaitement trouvé le cœur de son sujet, l’apocalypse, c’est-à-dire au sens littéral, la révélation. A travers des épreuves saisissantes d’intensité, les personnages poignants de ce nouvel opus, dévoilent les faces cachées de leurs âmes. Encore une fois, Pierre Bordage entraîne ses héros jusqu’au bout d’eux-mêmes à travers un voyage initiatique qui ne vous laissera pas indifférent. Mené tambour battant, sur un rythme haletant, cette aventure sur fond de fin du monde, nous dresse le portraits d’êtres humains tourmentés par la soif de vivre et en quête d’intensité, de présence au monde, dans une époque où tout se désintègre et les repères s’estompent laissant place aux cœurs nus des héros. La poésie, la magie, l’amour, la passion, la cruauté, le fanatisme, Pierre Bordage met en scène toutes les énergies qui animent la psyché humaine des plus belles aux plus sordides. Tout en contraste, en subtilité, cette œuvre est habitée par un génie et un talent incomparable, digne des plus grands romanciers. Vous y trouverez l’intégralité des ingrédients d’un excellent Space Opéra : voyages spatiaux, mystères, espèces inconnues, exotisme, aventure, initiation, combats, pouvoirs de l’esprit sur la matière mais aussi relations humaines intenses et déchirantes d’intensité. Je crois que ce livre possède une des plus belles conclusions qui soit avec une très longue scène d’action prodigieuse, animée par un souffle épique qui vous livrera tous les secrets de la Fraternité du Panca, des Pentales et de la Nuée qui veut détruire l’univers. De surcroît, Pierre Bordage nous livre les secrets des Satnagas d’une façon extrêmement originale et troublante, voire dérangeante. J’ai rarement trouvé autant d’intensité dans une œuvre de SF. Laissez-vous porter par un style fluide d’une élégance poétique parfaitement maîtrisée, l’essence même de l’efficacité esthétique. Je vous recommande de tout mon cœur, ce dernier volet de la Saga du Panca, qui à mon sens répond à toutes les questions que l’on pouvait se poser sur la problématique puissante posée par Pierre Bordage comment le Feu de la Vie, peut-il s’opposer à la nuée glacée du Néant :  « Ne pas se séparer du Feu. Accepter le Feu. Être le Feu. » Frère Elthor.

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Bordage - Frère Elthor - Fantastinet
Posté 28 juin 2012 -
La Fraternité du Panca – Tome 5

Frère Elthor marque l’apothéose du cycle de la fraternité du Panca. Pierre Bordage maître incontesté du Space Opéra signe ici une conclusion parfaite pour son ambitieuse pentalogie. En lisant ce livre il m’est tout de suite apparu que Pierre Bordage avait parfaitement trouvé le cœur de son sujet, l’apocalypse, c’est-à-dire au sens littéral, la révélation. A travers des épreuves saisissantes d’intensité, les personnages poignants de ce nouvel opus, dévoilent les faces cachées de leurs âmes. Encore une fois, Pierre Bordage entraîne ses héros jusqu’au bout d’eux-mêmes à travers un voyage initiatique qui ne vous laissera pas indifférent. Mené tambour battant, sur un rythme haletant, cette aventure sur fond de fin du monde, nous dresse le portraits d’êtres humains tourmentés par la soif de vivre et en quête d’intensité, de présence au monde, dans une époque où tout se désintègre et les repères s’estompent laissant place aux cœurs nus des héros. La poésie, la magie, l’amour, la passion, la cruauté, le fanatisme, Pierre Bordage met en scène toutes les énergies qui animent la psyché humaine des plus belles aux plus sordides. Tout en contraste, en subtilité, cette œuvre est habitée par un génie et un talent incomparable, digne des plus grands romanciers. Vous y trouverez l’intégralité des ingrédients d’un excellent Space Opéra : voyages spatiaux, mystères, espèces inconnues, exotisme, aventure, initiation, combats, pouvoirs de l’esprit sur la matière mais aussi relations humaines intenses et déchirantes d’intensité. Je crois que ce livre possède une des plus belles conclusions qui soit avec une très longue scène d’action prodigieuse, animée par un souffle épique qui vous livrera tous les secrets de la Fraternité du Panca, des Pentales et de la Nuée qui veut détruire l’univers. De surcroît, Pierre Bordage nous livre les secrets des Satnagas d’une façon extrêmement originale et troublante, voire dérangeante. J’ai rarement trouvé autant d’intensité dans une œuvre de SF. Laissez-vous porter par un style fluide d’une élégance poétique parfaitement maîtrisée, l’essence même de l’efficacité esthétique. Je vous recommande de tout mon cœur, ce dernier volet de la Saga du Panca, qui à mon sens répond à toutes les questions que l’on pouvait se poser sur la problématique puissante posée par Pierre Bordage comment le Feu de la Vie, peut-il s’opposer à la nuée glacée du Néant :  « Ne pas se séparer du Feu. Accepter le Feu. Être le Feu. » Frère Elthor.

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Bordage - Frère Elthor - Les Chroniques de l'Imaginaire
Posté 10 juillet 2012 -

La chaîne pancatvique a été reconstituée et frère Elthor, le premier maillon doit se rendre dans les Nuages de Majdan afin de combattre la nuée qui menace d'engloutir la Voie Lactée. Se pose inévitablement la question d'un moyen de transport suffisamment rapide pour atteindre cette destination dans les plus brefs délais. Il se met alors en quête du vaisseau qui lui permettra de quitter TarzHel parce que l'appel de la Fraternité s'est fait pressant étant donné l'urgence de la situation. La seconde difficulté à prendre en compte, c'est qu'il lui est impossible de se fier à quiconque. Elthor a, en effet, été averti par les âmes logées dans ses implants qu'il va devoir faire preuve de méfiance parce qu'il est évident que plusieurs ennemis vont tenter de stopper sa progression. Il sait aussi que ses poursuivants sont extrêmement dangereux et pugnaces.

De son côté, sur NeoTierra, Xéline, jeune médialiste mandatée par JiLi, est chargée d'infiltrer le gouvernement pour faire en sorte que la menace de destruction prochaine soit finalement prise au sérieux.

Enfin, voilà le dernier volet de la pentalogie de Pierre Bordage La Fraternité du Panca. Ce roman se déroule comme les autres à la notable différence qu'il s'agit cette fois d'enrayer la menace qui pèse sur l'espèce humaine et non plus de transmettre un implant. Jusqu'à présent, l'auteur se focalisait plus particulièrement sur le chargé de mission du Panca, son successeur voire sur ses ennemis, néanmoins ce livre se présente comme une véritable polyphonie. Bien entendu, frère Elthor demeure le fil rouge de cette aventure. En conséquence, ses péripéties sont logiquement au centre de cette histoire ; cependant plusieurs voix se font entendre et tous les propriétaires ont une façon personnelle d'envisager la proximité de la fin du monde.

En premier lieu, Elthor n'est jamais vraiment seul puisqu'il est accompagné en permanence de ses frères et sœurs. L'expérience de Kalkin par exemple lui est d'un grand secours pour trouver ce moment suspendu hors du temps appelé "vakou" qui permet de pouvoir anticiper les actions de l'ennemi ou encore de porter un regard lucide sur les événements sans se laisser submerger par les émotions.

On trouve également le point de vue de personnages plus inattendus comme un sâtnaga, qui voit dans la nuée la venue de son dieu et donc un accomplissement ou un médialiste célèbre qui se rend compte que ses désirs sont d'une vacuité confondante. Les voix ne sont pourtant pas toutes humaines. Elles prennent parfois l'aspect de chants, de sons lorsqu'elles proviennent des pentales, ces animaux primordiaux, mythiques, représentés sur l'arme des frères du Panca. Ces créatures fabuleuses font planer sur cette aventure une aura de quiétude, un sentiment de puissance immémoriale. Elles sont lumineuses, poétiques et on a du mal à les oublier après la fermeture de l'ouvrage. Ces intermèdes ont le mérite de proposer une vision différente de celle du héros, de montrer l'appréhension d'une perspective extrême sous des angles parfois antagonistes, de mettre en lumière des parcours de vie individuels.

Les protagonistes sont trop nombreux pour en faire une liste exhaustive, il paraît malgré tout intéressant de prendre plus précisément en considération la jolie Maliloa. Elthor ne peut s'empêcher d'être attiré par sa beauté, cependant, comme la chaleur de son cakra augmente en présence de la jeune femme, il n'ose pas lui faire confiance et préfère garder ses distances. Il découvrira pourtant qu'il n'est pas le seul à dissimuler un secret.

Dans ce livre, Pierre Bordage narre l'effondrement d'une civilisation. Suite à l'annonce de l'arrivée de la nuée destructrice, la violence et l'anarchie ont pris le dessus sur NeoTierra. Le vernis social des hommes a fondu comme neige au soleil, la plupart étant retournés à l'état de bête sauvage n'hésitant pas à tuer, à piller, à détruire alors même que l'espoir de survie a été anéanti. Une fois la menace confirmée, les comportements extrêmes, dont le lynchage fait partie, offrent un aspect sordide, sombre, inquiétant à l'œuvre comme si la civilisation n'était pas la vraie nature de l'homme et que le moindre incident suffisait à faire disparaître cet aspect policé, que l'être humain n'était rien de plus qu'un prédateur gouverné par la loi du plus fort dans un monde en déliquescence.

Ce dernier opus est vraiment palpitant, pas uniquement à cause du sort de l'humanité lié à la réussite d'Elthor mais également parce qu'on finit par s'attacher à chacun des personnages en présence et que tous nous donnent envie de poursuivre la lecture. L'écriture de Bordage est réellement passionnante, son style précis et élégant. Il sait ménager le suspens et il se dégage un véritable humanisme de son œuvre. La fin du monde agissant comme un révélateur, il est compliqué d'anticiper les réactions des protagonistes qui peuvent s'avérer très éloignées de l'image qu'ils projettent habituellement.

Il ménage aussi un certain mystère en n'apportant pas toutes les réponses attendues, que ce soit en ce qui concerne la Fraternité ou encore l'origine de cette force dévastatrice. Il pose également la question de la reconstruction : sachant que la civilisation est un échec, quelle solution peut-on proposer pour l'humanité en cas de survie?

L'ensemble de cette série est tout bonnement magistral. À présent qu'elle est close, rien n'empêche de partir à la découverte de ce récit fascinant, haletant dont l'imagination n'a d'égale que la virtuosité de conteur de Pierre Bordage.

Sig
Les Chroniques de l'Imaginaire

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Bordage - Frère Ewen - Imaginelf
Posté 19 juillet 2012 -

Il y a bien longtemps, Ewen a rejoint la Fraternité du Panca. Alors qu’il coule des jours heureux auprès de sa femme et de sa fille, le devoir se rappelle à lui. Premier maillon d’une chaîne dont la mission s’avère de la plus haute importance, il doit entreprendre un voyage de toute une vie, au delà des frontières de sa propriété, de son pays et même de son monde.
Olméo est un jeune garçon suivant sa famille bannie sur le chemin d’une nouvelle vie. Rien ne se passe cependant comme prévu, mais malgré les drames s’accumulent il lui sera permis de connaître un grand bonheur grâce à une rencontre sur sa route.

Deux héros touchants au fil d’un long et difficile voyage

Les récits sont construits en parallèles, les chapitres alternant entre l’histoire d’Ewen et celle d’Olméo. Chacun se dirige inexorablement vers un destin qui se construit au fil du roman et des péripéties. Tous deux sont attachants et c’est avec empathie que le lecteur suit leurs pas et les voit grandir ou vieillir, souffrir, douter, faire des choix… Le début du parcours d’Ewen est assez répétitif et lourd, mais cela correspond bien à son état d’esprit sombre, au poids qui enserre son cœur et pèse sur ses épaules.

Si globalement l’intrigue est linéaire, c’est pour mieux suivre le fil de la vie de ses héros, ajoutant ainsi une dimension d’inexorabilité, d’impossibilité de retour en arrière. Il ne reste aux deux protagonistes qu’à marcher vers leur futur et chacun trouvera la force ou la motivation en lui-même, parfois avec difficulté. Il faut dire qu’ils subissent déjà beaucoup plus d’épreuves qu’un homme normal ne peut supporter et ce voyage entamé déjà dans la douleur est amené à durer plusieurs dizaines d’années.

Des mystères entourant des destinées extraordinaires

La trame de la série commence à se dessiner dès ce premier volume, qui se déroule sur deux échelles : d’un côté celle d’une vie, celle des personnages et de l’autre celle bien plus difficile à appréhender de l’univers et de son évolution à très long terme, celle de l’avenir de l’humanité. La Fraternité du Panca, que le lecteur commence à découvrir, est très intrigante. Son fonctionnement soulève plein de questions, sur la mission confiée à Ewen qui par sa durée et son but, sans compter quelques surprises en cours de route, est proprement exceptionnelle.

Frère Ewen c’est une histoire de Destin avec un grand « D ». Difficile pour Ewen de ne pas se demander si sa vie a un poids réel dans une mission qui dépasse le cadre toute vie humaine, si sa décision est la bonne, si tout cela a un sens. De même pour Olméo, guidé par le choix de son père qui conditionne tout ce qui arrive ensuite à sa famille. Tous deux sont amenés à jouer leur rôle, mais est-il déterminé à l’avance ou se construit-il au fur et à mesure de leurs expériences ?

Un récit captivant qui déclenche une panoplie d’émotions

Le genre de thématique développée colle bien à l’esprit du space opéra. Elle met l’homme face à lui-même et ses limites, le plonge sur une route pleine de doutes et d’incompréhension nécessaires, l’amenant à mûrir, à acquérir une expérience unique. Le lecteur, lui, suit la leçon assidûment et se l’approprie. L’approche choisie par l’auteur rappelle également certains procédés de fantasy. Un lecteur plutôt attiré par ce genre ne serait pas dépaysé par l’intrigue et le ton. Les décors traversés sont également fascinants, hostiles ou accueillants, sans limites ou au contraire offrant des espaces confinés, riches ou dépouillés.
Comme d’ordinaire, Pierre Bordage sait insuffler dans son roman des émotions fortes, qui transportent, captivent, émerveillent. Plus d’une fois la gorge se serre suite à une scène particulièrement dure, régulièrement on retient son souffle dans l’attente de la résolution d’une situation, mais surtout il est vraiment difficile de relever le nez de cette lecture.

Une impression de grandeur ressort de ce texte, aidée sans doute par l’échelle temporelle qui permet de voir évoluer les esprits et les corps des héros embarqués dans l’aventure. Peut être est-ce dû aussi à cette ombre qui plane sur l’univers et ce mystère sur lequel il faut agir sans rien en connaître.

C’est un superbe démarrage pour la Fraternité du Panca que nous offre Pierre Bordage. Une lecture en émotion, simple et prenante, qui laisse présager du meilleur pour la suite. D’ailleurs, toute la série est parue, aucune excuse pour ne pas la commencer !

Imaginelf

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Bordage - Les derniers hommes - Domino
Posté 24 juillet 2012 -

Quelques peuples nomades tentent de subsister dans une Europe dévastée par les pollutions chimiques, nucléaires et génétiques. Parmi eux, le peuple de l'eau. Le seul à pouvoir localiser les sources épargnées par les contaminations. L'avenir de tous dépend des baguettes des sourciers. Et sans eau pure, pas de vie !
Solman le boiteux est né avec le don de clairvoyance. infaillible juge des âmes, rejeté par les autres, le jeune homme ne peut se confier qu'à Raïma la guérisseuse. Elle l'aide à prendre conscience de son pouvoir, lui ouvre les yeux sur les signes qui jalonnent la route du peuple de l'eau.
Des signes qui, à la lueur du Livre interdit, semblent annoncer la fin des derniers hommes...

Il y a de cela maintenant un bon petit paquet d'années, les éditions Librio avaient eu la formidable idée de publier Les Derniers Hommes, un feuilleton de 6 courts romans, à raison d'une publication par mois - aujourd'hui réédité chez J'ai Lu et le Diable Vauvert. Je me souviens de l'impatience de ma sœur et moi, lors de la sortie de chaque tome...

Pierre Bordage est un spécialiste des romans d'anticipation. On retrouve ici ses thèmes de prédilection : une Europe post-apocalyptique ravagée par la guerre, un humanisme sombre et désenchanté, et pourtant porteur d'espoir, quelque part. La foule de personnages qu'on croise pourrait presque inciter à se tirer directement une balle dans la tête - l'égoïsme, l'indifférence et la cruauté règnent en maître - mais ce sentiment est heureusement mis de côté grâce à la pureté de Solman, la gouaille de Chek et Moram, la ténacité de Raïma.

La capacité de Solman a sonder l'âme des gens pour y détecter le moindre mensonge est un terrible fardeau pour lui. Son peuple l'évite, terrifié par cet étrange pouvoir. Et pourtant, c'est grâce à ce don que le jeune homme va contrer une mystérieuse menace...

La vie des différents peuples nomades qui parcourent l'Europe est minutieusement décrite. Chaque clan a sa façon de vivre, ses coutumes et ses expressions. Bordage nous les présente de façon quasi anthropologique, et ses descriptions sont fascinantes. Ainsi , le peuple de Solman, les Aquariotes, se déplacent dans des camions maintes fois rafistolés pour chercher inlassablement de l'eau pure, leur monnaie d’échange lors des grands rassemblement avec les autres clans.

Le contexte est aussi clairement expliqué - comment et pourquoi la guerre a ravagée le Vieux Continent, les machines à tuer qui continuent de fonctionner, et les maladie comme la transgénose que les armes bactériologiques ont engendrés.

Porté par un mysticisme sous-jacent, le récit est mené tambour battant et forme un véritable plaidoyer pour la planète, un cri d'alarme contre les guerres, et donne l'envie de tendre la main à son prochain.

Domino

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Bordage - Frère Elthor - Biblioteca Magazine
Posté 12 septembre 2012 -

Cinquième et dernier volet du space-opera de Pierre Bordage. Berit est devenu frère Elthor, premier maillon de la chaîne quinte. Renforcé par les âmnas de ses quatre frères, il lui revient maintenant d'affronter le danger qui menace la galaxie. Il lui faut d'abord gagner le nuage de Majdan, un amas d'étoiles situé en dehors de la Voie lactée. Et pour cela, trouver un vaisseau à vitesse supraluminique qui lui permettra d'arriver avant que la nuée destructrice n'atteigne le bras extérieur de la Galaxie. Mais les pilotes acceptant de se rendre dans un endroit jamais exploré par l'homme ne sont pas légion. À moins de tomber sur une poignée d'aventuriers pourchassés par des trafiquants locaux et n'ayant pas d'autre choix que de fuir le plus vire et le plus loin possible…

Biblioteca magazine

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Bordage - L'hebdo de Sèvre et Maine
Posté 20 septembre 2012 -

Pierre Bordage, de la science-fiction aux Médiévales

Auteur prolixe de science-fiction, Pierre Bordage est l'invité du salon du livre qui se tient en parallèle de la Nocturne des Médiévales. L'auteur aux 48 romans et deux recueils de nouvelles, installé à Boussay, dédicacera, le 25 août à Clisson, ses dernières oeuvres parues au printemps dernier.

L'Hebdo de Sèvre et Maine : La période médiévale a-t-elle inspiré votre oeuvre ?

Pierre Bordage : On m'a invité aux Médiévales parce que je suis un auteur local. Et non parce que la période du Moyen-Age m'inspire. Je suis un écrivain de science-fiction. Même si je pense que le Moyen-Age a fabriqué mon imaginaire quand j'étais à l'école. D'autant que dans de nombreux genres, on retrouve beaucoup d'archétypes médiévaux. Ce sont des empreintes que l'on rhabille. Le socle est toujours là. Y compris dans la science-fiction, Reste que l'univers médiéval est surtout présent dans la littérature de fantaisie. À cet univers, on y ajoute de la magie. Les sociétés sont copiées sur celles de l'époque médiévale. On y parle de chevalerie, d'épée. L'organisation sociale avec ses castes, ses clans, ses contés est inspirée du Moyen-Age. C'est un univers que j'ai utilisé dans un de mes romans : Les Fables de l'Humpur. J'ai puisé dans les grands archétypes de la fantaisie. On y trouve la notion de quête des origines. Les personnages sont mi-humains, mi-animaux. C'est un roman de fantaisie à la fois dans sa quête, dans son organisation sociale, dans ses personnages même si, à la fin, il tourne en roman de science-fiction.

HSM : L'actualité de Pierre Bordage, quelle est-elle?

P. B. : Trois livres sont sortis depuis le début de l'année. En janvier, les éditions Diable Vauvert ont édité un vieux livre Mort d'un clone que j'avais écrit il y a 19 ans. C'est un livre très différent au style provocateur et ironique, et qui parle du cheminement d'un homme. En mars, Ceux qui osent, dans la collection Flammarion jeunesse, boucle une trilogie. Tout comme Frère Elthor, le tome V de la Fraternité du Panca. C'est le dernier qui clôt la saga. Ce sont ces trois que je présenterai et dédicacerai, samedi aux Médiévales. Aujourd'hui, je travaille sur un conte initiatique. Un vieux texte que je reprends. Et je finis un projet avec la maison J'ai Lu. L'écrivain Pierre Bordage sur son lieu de travail : le bureau de son domicile. Si mon domicile est mon lieu de travail et que Nantes reste ma ville de coeur (N.D.L.R. : Pierre Bordage a été président Il ans du festival des Utopiales) et d'attache professionnelle avec la maison d'édition L’Atalante je parcours la France. En septembre, je serai à Strasbourg comme juré pour le festival du film fantastique.

HSM : Etes-vous déjà allés aux Médiévales ?

P. B. : Non, je ne connais pas. C'est la première fois que j'assisterai aux Médiévales. À cette période de l'année, je suis rarement dans le Vignoble. Je suis heureux de découvrir cette manifestation.

Pierre Bordage sera en dédicace au mini-salon organisé dans le cadre de la Nocturne des Médiévales le samedi 25 août sous les Halles de Clisson toute la journée.

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Bordage - Frère Elthor - Murmures Magazine
Posté 08 octobre 2012 -

Dernier volume de cette fraternité - Frère Ewen, Soeur Ynolde, Frère Kalkin et  Soeur Onden (un volume pour chacun, même éditeur) ont déjà œuvré - ils ont donné leur âmnas pour que toute la puissance nécessaire à Frère Elthor puisse se développer. Pendant que sur NéoTierra comme à leur habitude les factions rivales s’entredéchirent et se refusent à voir les évidences sous prétexte de pouvoir à conserver, une nuée inconnue et super destructrice qui dévore tout sur son passage s’approche de notre Voie Lactée. Bent devenu Frère Elthor cherche à gagner le Nuage de Majdan - une galaxie proche de la nôtre - cible de la nuée. Sur NéoTierra on finit par s’entendre et frère Elthor livre son combat contre la nuée. Le Panca sera-t-il vainqueur du néant ? La chaîne des cinq frères et sœurs sera-t-elle assez forte 

Vous le savez, comme moi, je pense, dès le début de votre lecture. Et comme toujours c’est l’art et la manière qui comptent. Bordage est un maître conteur. A chaque fois il nous emporte et nous laisse là où il le désire. A chaque fois nous apprécions le voyage, nous sommes en bonne compagnie. Les personnages ont l’ampleur suffisante et l’intérêt nécessaire réclamés par nos exigences de lecteur. Ceux qui ont suivi les aventures des membres de la fraternité ne seront pas surpris et j’encourage les autres - ceux qui ne connaissent pas encore - à passer commande de la série. Idéaux pour les longues journées d’hiver, le style Bordage et ses personnages chaleureux réchauffent les cœurs. Pensez aussi que la série peut constituer un beau cadeau... c’est le moment d’y penser...

Noé GAILLARD
Murmures Magazines

 

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Bordage - Le Pacte - If is dead
Posté 28 janvier 2013 -

Le pacte de Pierre Bordage est un prologue à sa saga des Guerriers du Silence. Cette sorte de Tome 0, exclusivement numérique, est une nouvelle qui fait office de préambule à la trilogie est disponible gratuitement, notamment sur le store ebook d’Amazon et autres Feedbooks, et elle est surtout inédite. Éditée par l’Atalante, elle a fait partie de la première fournée d’œuvres de l’éditeur à orner les bibliothèques numériques. Toujours curieux lorsqu’il s’agit de l’auteur français, je me suis penché dessus et surtout sur la démarche. J’ai lu la nouvelle avec les yeux d’un néophyte, n’ayant pas lu la trilogie sortie initialement dans les années 90 dont elle s’inspire.

13 pages, c’est ce qu’il va falloir seulement à Pierre Bordage pour vous faire envie en posant rapidement son univers et son embryon d’intrigue. On sent déjà poindre la bonne Science-Fiction dans cette introduction avec un univers original. Ça part sur du complot religieux, de la conquête de territoire spatial, de pouvoirs mentaux, des ingrédients qui font évidemment naître la curiosité pour l’œuvre complète.

Mais ce que je trouve intéressant c’est cette démarche de proposer une nouvelle d’introduction gratuite. C’est un peu comme permettre d’essayer les jeux vidéos au travers d’une démo avant d’acheter, on peut rapidement se faire une idée du style de l’auteur et de son univers, si c’est bien fait ce qui est le cas ici. Je penses que le procédé pourrait bien se répandre dans l’ère numérique, surtout quand même le livre numérique reste un investissement au niveau du prix. Peut-être que je me fourvoie et que c’est un simple outil de communication mais je me demandes si l’on a pas affaire à une piste d’évolution du marché du livre numérique ici. Je sais que ce genre de démarche à déjà eu lieu dans le passé mais ici c’était trop beau pour ne pas en parler. Bref, Le pacte est une courte nouvelle de Pierre Bordage, disponible gratuitement sur la plupart des marchands et il serait fou de ne pas aller la lire.

Illman (15/01/2013)

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Bordage - L'Enjomineur 1792 - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 29 janvier 2013 -

Nous sommes en 1792. Ils s'appellent Emile et Cornuaud. Le premier a été élevé par un prêtre moderniste, grâce auquel il a pu bénéficier d'une véritable éducation. On le dit fils d'une enjomineuse, d'une sorcière vivant dans les bocages avoisinants. Le second, après s'être lancé dans le commerce d'esclaves, profite des bouleversements qui agitent la nation pour se faire une carrière dans la pègre. Tout les oppose, et pourtant, nous les devinons promis à un destin commun...

Dans les années qui suivirent la prise de la bastille, la crise opposant les révolutionnaires aux royalistes ne devait pas qu'aboutir à quelques têtes tranchées parmi les membres les plus éminents de l'aristocratie. S'il y eut une victime, ce fut d'abord le peuple français, pris à parti dans une lutte politique dont il ne cernait pas tous les enjeux. Lui qui rêvait de liberté, mais restait néanmoins fortement attaché à la figure paternaliste du roi, ainsi qu'à la religion catholique, devait se trouvé divisé et déchiré par des puissants qui n'y voyaient qu'un instrument politique utile. Mais attention : les apparences sont souvent trompeuses et il se pourrait que ceux qui se prétendent les défenseurs du rationalisme des Lumières soient les tenants de pouvoirs ténébreux.

L'enjomineur est le nouveau roman de Pierre Bordage, une fresque historique pigmentée de féérie. L'histoire se déroule entre la Vendée et Paris. Par les thèmes abordés (il existe des êtres dotés de pouvoirs magiques capables de modifier le cours de l'histoire) et les choix stylistiques (réalisme, dialogues en français mêlés de patois), elle fera penser aux Chroniques d'Alvin le Faiseur de Card. Les amateurs d'uchronies et les fans de Bordage en général devraient s'y retrouver. C'est avec grand plaisir que l'on découvre une fois encore un Pierre Bordage là où on ne l'attend pas. L'histoire se tient bien. Elle est ponctuée d'épisodes violents et choquants (la scène où sont égorgées les deux petites filles par exemple), qui ne vous laisseront pas de marbre ; mais aussi de ces moments où le merveilleux s'installe et nous fait oublier pour quelques instants que L'enjomineur reste un roman très sombre. Une fois de plus, une réussite.

Bibirox (07/12/2004)

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Bordage - Frère Kalkin - The Spicy Chronicles
Posté 14 février 2013 -

Résumé :

Le Panca t’accompagnera tout au long du chemin. Que les cinq maillons traversent l’espace et le temps pour être réunis comme les cinq doigts de la main et que cette main se change en poing pour frapper sans pitié ceux qui tentent d’arrêter la vie. Le péril qui menace les espèces vi­vantes de la Galaxie ne cesse de croître. Chaque année, chaque instant sauvés augmenteront les chances de réussite de la chaîne quinte. Après le voyage en temps réel d’Ewen, les transferts à pliure quantique d’Ynolde, la course de vitesse est engagée et Kalkin doit trouver le moyen d’un transport supraluminique…

Mon avis :

C’est la première fois que je lis un livre de Pierre Bordage et je dois dire que je ne suis pas du tout déçu ! L’univers de l’auteur est passionnant. Les descriptions que l’on peut trouver dans ce livre sont magnifiques, on est réellement transporté dans cet autre monde. Outre les descriptions très réussies, c’est l’effet de suspens qui est aussi parfaitement mené : on est tenu en haleine du début à la fin, et, une fois la dernière page de ce livre lue, on ne demande qu’une chose : c’est de lire le tome suivant !

Un coup de coeur !

Aubin

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Bordage - Abzalon et Orchéron - Bizz & Miel
Posté 12 avril 2013 -

Ce que l’éditeur nous dit :

Abzalon est un monstre, un tueur de femmes, qui purge sa peine dans le pénitencier de Doeq, Ellula, elle, est une jeune Kropte qu'on marie contre sa volonté, et dont les rêves sont troublés par d'étranges prémonitions... Comme des milliers d'autres, ils font partie sans le savoir d'un programme initié par l'église du Moncle : ils serviront de cobayes pour un voyage spatial de cent vingt ans à la recherche d'une planète habitable. Pris dans la tourmente politique d'un monde au bord de la rupture, contrôlés par des " mentalistes ", manipulés par l'église, Abzalon et Ellula sont le dernier espoir des hommes et des femmes embarqués de force dans les soutes de l'Estérion. Voici l'histoire de leur survie...

Ce que j’en pense :

Quelle incroyable expérience que la lecture de ces deux bouquins. S’ils peuvent clairement être lus indépendamment, ce serait passer à côté du génie de Pierre Bordage. Abzalon est une critique ouverte de notre société, de la manière dont nous traitons le monde et surtout dont nous nous traitons les uns les autres. Il aborde habillement des notions telles que la recherche de pouvoir, la volonté de maîtriser et autres joyeusetés de même type. Orchéron se focalise quant à lui sur la notion de croyance et de religions. Ces dernières sont basées sur les événements survenus dans le premier tome et il est fascinant de voir la manière dont ceux ci sont réinterprétés. De manière générale Pierre Bordage nous transmet un beau lot de réflexions. Pour ne rien gâcher l’écriture est tout à fait fluide et la construction intéressante ; il n’y a pas un narrateur mais une multitudes de points de vue (certains n’intervenant qu’une unique fois). La seule chose que je ne comprend pas est le choix des titres, qui correspondent à deux personnages. Pourquoi eux, alors que d’autres (des filles notamment) ont des rôles tout aussi importants...?

Conclusion :

Une lecture plus que sympathique

Aude Lagardet

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Bordage - Dernières nouvelles de la Terre - Mauvais genres
Posté 24 juin 2013 -
Un recueil de nouvelles sur des sujets aussi variés qu'un écolier décidé à larguer toutes les obligations de la société, la rencontre d'un ancien torero avec la version sanguinaire des corridas ou encore le retour d'un Terrien après trente années passées sur la planète Thetys...

Quatorze nouvelles courtes (entre 10 et 20 pages), sur des sujets très variés, tenant à la SF mais aussi à des épisodes de la vie ordinaire. Mais, amateurs du genre, la tonalité est tout de même essentiellement de votre domaine de prédilection : ça cause sauts dans le temps, mais dans les deux sens, arrivée d'une mission sur un satellite inconnu et tout autre sujet qui fait kiffer à mort les amateurs. Donc pas d'angoisse !

Il y a des sujets originaux dans ces nouvelles, comme dans "Son nom est personne", où le héros part à la recherche du personnage de Jules Verne et dévoile quelques détails rigolos que ses lecteurs le plus souvent ignorent : eh oui, sa cousine Caroline..., l'était pas aussi sérieux qu'on l'apprend en classe, le p'tit Jules...

Ma nouvelle préférée, "Le chant de l'esgasse", un conte maritime qui transporte le lecteur sur le Xerken, une version terrestre du Hollandais volant qui surfe sur le sable. Elle est pleine de suspense, non seulement sur la suite du scénario, mais aussi sur la figure inconnue du capitaine, toujours cachée derrière un foulard. J'ai bien aimé aussi, l'hypothèse originale  de "On va marcher sur la Lune", suggérant que la marche des Américains sur la Lune en juillet 1969 pouvait être une supercherie. Mais aussi, "Une plage en Normandie" et la veille d'une sentinelle du futur face à la version moderne du débarquement. Cette dernière nouvelle est teintée de psychologie et décrit les hésitations d'un sniper face aux émigrants. Et puis, elle redécouvre le manque d'ouverture face aux gens qui cherchent l'asile chez nous : dis donc, ca serait pas un clin d'oeil à une actualité un tantinet chargée, ça ?

L'intro du bouquin est originale également : l'échange de l'auteur avec une admiratrice venue de 2297. Et puis, j'y apprends que, comme moi, l'ado Pierre Bordage était branché par Bob Morane, Bill Wallantine et l'Ombre jaune. Trop d'la balle !

(...) c'est du bon, ce recueil de nouvelles !

Marc Suquet

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Bordage - Soeur Ynolde - Mauvais genres
Posté 24 juin 2013 -
La fille de frère Ewen est la deuxième actrice de cette mission à l'échelle de l'univers pour contrer les soldats du chaos. Elle a réussi à rejoindre à temps son père sur Phaïstos et récupérer le précieux amnâ. Contactée par la fraternité pour se rendre à son tour dans le système lointain de Tau du Kolpter et rallier le troisième frère, Ynolde se lance en secret dans les méandres des tunnels d'énergie noire qui lui permettront de se rendre rapidement à son but. Toute avance prise sur ses ennemis augmente ses chances de succès et par là celles de la fraternité pour contrer la menace galactique. De leur côté, les serviteurs du mal recrutent ce qui se fait de mieux comme chercheur-tueur en la personne des disciples du Thanaüm. Ce sont des maîtres assassins qui ont une volonté et un entraînement quasi surhumains, avec un code d'honneur strict qui leur fait donner la mort dans le respect de la vie, avec grâce et droiture. Silf le Jnandiran, le meilleur d'entre eux, est chargé de se rendre dans Tau du Kolpter tandis que ses condisciples s'égaillent sur d'innombrables planètes. Dès lors s'engage une course contre la montre entre Ynolde et le jeune assassin pour rejoindre en premier le troisième maillon de la chaîne. Chacun animé par le même souffle, le même élan avec des buts pourtant contraires. Un affrontement qui va prendre des allures mythologiques ...

Ce deuxième tome tient les promesses du premier. Le récit captive toujours, et si on ignore de la même manière que dans le premier opus comment va fonctionner à la fin la chaîne pancatvique et la nature de la menace qui plane sur l'univers, on n'est cependant pas déçu du déroulement de la reconstitution du guerrier ultime. Là encore l'amour est au rendez-vous et a une bonne place dans la vie des différents protagonistes de l'histoire. La nostalgie poignante des différents amants renvoie au tragique accident qui a coûté la vie à la compagne de l'écrivain, ceci n'étant pas sans rapport avec cela. Quel bel hommage que celui rendu par PB à sa chère disparue, en faisant de son livre un hymne à l'amour par delà la mort, à l'union de deux êtres résistant aux aléas de l'existence. La grâce de l'héroïne illumine comme le dit si bien le quatrième de couverture le récit et la pureté qui anime son rival n'est pas un moindre atout de l'histoire. Qui aurait pu croire que le terme d'assassin pourrait revêtir une telle aura de respectabilité et d'honneur ? Le dénouement de l'affrontement de ces deux êtres d'exception est un ravissement pour le lecteur et le fait se jeter directement sur le troisième tome, Frère Kalkin.

Marion Godefroid-Richert

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Bordage - Gigante - Les vagabonds du rêve
Posté 31 octobre 2013 -
Ce voyage sur la planète Gigante dont le nom exprime justement la démesure, c'est en effet au nom de son père que Zaslo Merticant l'a entrepris. Car le jeune ethnolinguiste, s'il part à la recherche de traces des géants qui auraient été découvertes voici plusieurs siècles, est bien décidé à tuer son père. Ce père qui l'a abandonné avant même sa naissance pour retrouver justement ces géants, disparus certes mais attestés par une antique expédition. 
Parce que les techniques ont tellement évolué que le trajet qui lui a pris deux ans en aura duré quarante pour son père quand il atterrira à Magniz, le seul aéroport de la planète. Ainsi Zaslo aura-t-il vingt ans devant lui pour souffler l'éventuel succès de son père et le lui apprendre avant qu'il ne meure. 
Une parfaite vengeance à offrir à une mère délaissée et aigrie. 
Il y faudra près de cinq mois, de ces mois qui durent cinq années de Temps Unifié et il faudra aussi s'adapter à la gravité d'une planète écrasante à tous les sens du terme. À la saturation électrique de l'atmosphère aussi que parcourent éclairs et boules de feu pareillement destructrices. 
Mais où que ce soit, les étrangers sont une proie facile pour les voyous en tout genre et où que ce soit les aventures ont tendance à commencer dans une auberge. Et s'il s'y trouve un vieux bavard qui vous décourage en dépeignant les horreurs que vous risqueriez d'affronter à travers un territoire exceptionnellement hostile, notamment dans la région du Bragant, celle que vous avez décidé d'explorer, n'est-il pas certain que vous n'hésiterez pas un instant ? Petit clin d’œil aux quêtes classiques puisque, de fait, ce roman est celui d'une quête. 
La chance va cependant sourire dès le départ au jeune homme sous les traits d'une aventurière, Madilia. Parce que ses talents de mercenaire l'ont rendue fortunée et puisqu'elle a envie de découvrir autre chose, la jeune femme va lui offrir son voyage jusqu'au Bragant. 
Un voyage interrompu par d'autres rencontres en raison de l'irrésolution de Zaslo, le propre d'une quête étant moins de chercher quelque chose que de se chercher soi. Parcours initiatique donc sur une planète démesurée, dangereuse, sillonnée de caravanes errant vers des terres promises durant plusieurs générations et qui abriterait d'étranges Voyageurs relevant peut-être de la légende. Une planète qui se mérite. 
Un roman qui ne manque pas d'intérêt, sur un décor de fond assez grandiose, et qui ne cède pas à la tentation d'en faire trop. Avantage de l'écriture à quatre mains ? Certainement puisque que l'aventure de Zaslo répond à celle de son père, Koeb, qui fait l'objet du roman-jeunesse d'Alain Grousset, Gigante – Au Nom du fils
Une collaboration littéraire et amicale sur laquelle l'auteur se prête au jeu des questions-réponses en clôture d'ouvrage, sous forme d'un court entretien avec Jérôme Vincent. 

Hélène M - Les vagabonds du rêve
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Bordage - Gigante - Le littéraire
Posté 18 novembre 2013 -

Un space opera géant !

 

Pour Gigante, cette planète géante qui sert de cadre au présent roman, Pierre Bordage partage la conception et l’élaboration de cet univers avec Alain Grousset. Dans ce décor commun, ils décrivent le parcours d’un fils, d’un père, des parcours qui se recoupent, se répondent à quelques années de distance.

Zaslo Merticant, un ethnolinguiste, arrive sur Gigante à la recherche des traces de mythiques géants, qui auraient été découverts dans les terres mouvantes du Bragant et… pour tuer son père. Celui-ci est parti, il y a vingt ans, abandonnant sa femme enceinte. Il s’est lancé dans un voyage spatial de quarante ans. Maintenant, les progrès accomplis en matière de transport permettent de faire le même trajet en deux ans. Zaslo doit donc attendre, pendant quelques années, l’arrivée de son père. Il veut profiter de ce délai pour explorer le Bragant, rechercher des ossements de géants, mais il ne dispose pas de l’argent suffisant pour le voyage. À la sortie de l’agence, Madilia, une jeune femme qui a entendu ses propos, lui propose l’avance de la somme qui lui manque, car elle veut, elle aussi, retrouver ces géants. Commence alors un voyage initiatique sur une planète où tout est démesuré, une planète sauvage, indomptée, en proie à d’effroyables tempêtes électriques qui déciment des populations. Mais, Zaslo, d’un tempérament indécis, timoré, ne va pas au bout de son voyage. Cependant, au fil des rencontres, il prend conscience de la puissance de la planète, d’un langage, de messages qu’il ne sait décrypter. Sa rencontre avec des Voyageurs de la Guilde, des initiés qui utilisent les flux électriques pour se déplacer rapidement sur d’énormes distances, est déterminante. Mais ces voyages ont un prix à payer…

Les deux auteurs créent un monde gigantesque et le mettent en scène avec cohérence par rapport aux caractéristiques physiques qu’ils lui donnent. Ainsi, sa taille entraîne une pesanteur forte qui gêne les déplacements, modèle les corps. Des moyens existent pour les nouveaux arrivants, pour contrer ces effets néfastes, comme des exosquelettes plus ou moins sophistiqués, des solutions médicales... Les distances jouent un rôle essentiel car elles déterminent la durée des déplacements et modèlent un état d’esprit, un art de vivre. Elles obligent, ainsi, des populations à une vie de migrants sur plusieurs générations. L’électricité qui circulent librement selon des flux, des réseaux inconnus, sert aussi, pour une minorité, de moyens de transports, non sans dangers ni conséquences. Pierre Bordage, comme à son habitude, construit des personnages aux caractères élaborés, fouillés, approfondis, et d’une grande humanité. Il propose, avec Zaslo, un antihéros de la plus belle eau. Mais, il fait évoluer celui-ci peu à peu, pour l’amener à découvrir, à son corps défendant, une force intérieure qui le rend capable d’affronter ses réticences, ses blocages, sa pusillanimité. Venu sur cette planète avec une conviction forgée par sa mère qui a nourrit sa haine depuis sa plus tendre enfance, il continue une « tradition familiale ».

Le romancier met, en contre-point, une guerrière, une jeune femme tueuse qui, peu à peu, s’ouvre à des sentiments auxquels elle ne voulait pas croire.

Le récit s’appuie sur deux volets principaux : le parcours de Zaslo, de Madilia, et la découverte d’un monde étrange, aux possibilités colossales, dont il faut tout apprendre.

Pierre Bordage et Alain Grousset proposent un monde d’un grand réalisme, où chaque « impossibilité » est expliquée, ou explicable, en regard des lois physiques que nous connaissons. On retrouve également des thèmes chers à l’auteur comme la dénonciation du communautarisme, de l’intégrisme, du poids des religions et des religieux, une défense énergique de l’humanisme. Il intègre la découverte de l’amour qui emporte tout, qui fait tout oublier pour l’être aimé.

Pierre Bordage reste le maître incontestable du Space opera par la créativité de ses univers, par l’invention débridée des éléments d’intrigue, dans leur mise en scène, dans l’art du récit et par la richesse incomparable de ses personnages.

Le parcours du père de Zaslo, sur Gigante, est raconté par Alain Grousset dans Au nom du Fils (Même éditeur, même collection)

 

Serge Perraud - Le littéraire.com

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Bordage/Grousset - Gigante - Actusf
Posté 17 février 2014 -
Alain Grousset et Pierre Bordage sont deux auteurs importants des littératures de l’imaginaire. Très importants. Le premier a écrit, souvent à quatre mains avec Danielle Martinigol, une quinzaine de livres essentiellement pour la jeunesse dont Les Chasse-marée, la série Les Enfants-étoiles ou bien encore La Guerre des Livres, Sens Interdit et de nombreux autres sous le pseudonyme de Dan Alpac. Il a également été anthologiste à plusieurs reprises (10 façons d’assassiner notre planète ou Les Archives du Futur) et directeur de l’éphémère collection Ukronie dans laquelle il a publié Pierre Bordage pour la série Jean et Clara

Si vous ne connaissez pas encore ce dernier, courrez vite rectifier cette lacune. En deux décennies, Pierre Bordage a su parler à un public toujours plus vaste et qui dépasse désormais de loin celui des amateurs de science fiction et de fantasy. Parmi son impressionnante bibliographie, on citera plusieurs séries entre space opera et postapocalyptisme comme Abzalon, Les Guerriers du Silence, Wang, Les Griots célestes, Prophéties ou bien encore L’Enjomineur et plus récemment La Fraternité du Panca. 

Une planète immense, un père et son fils...

Ensemble ils ont imaginé un diptyque un peu particulier ayant pour cadre une planète géante sur laquelle les temps de voyage se comptent au minimum en mois et le plus souvent en années. 

Pierre Bordage a décidé de raconter l’histoire d’un jeune homme, Zaslo, débarquant sur Gigante pour faire la lumière sur un mythe, celui de géants habitant des contrées reculées. Il poursuit un second but : celui de tuer son père qui est parti plusieurs années plus tôt vers la même planète, l’abandonnant avec sa mère. Les avancées de la technologie ont rendu entre-temps les vaisseaux spatiaux de plus en plus rapides, ce qui fait que si le père est toujours en route, son fils parti des années plus tard est arrivé avant lui... Alain Grousset raconte lui dans un deuxième livre le récit de ce père... 

Un concept original pas exempt de défauts mais plutôt agréable à lire... 
 
Ce qui frappe dans un premier temps c’est la richesse thématique de ces deux romans. Gigante est prometteuse par sa taille et ses mystères, un peu comme Omale de Laurent Genefort. Même si le procédé n’est pas nouveau, l’exploration d’une nouvelle planète dans un roman de science fiction provoque toujours beaucoup de curiosité. Les deux auteurs abordent de nombreux aspects de Gigante. Il y est question des voyages et de leurs longueurs, de ce que cela provoque chez les habitants, de différentes communautés vivant quasiment en autarcie et inventant leurs propres croyances, des caractéristiques naturelles et de la météo de la planète et d’une religion qui se crée. Le lecteur a de nombreuses choses à découvrir dans ces romans, avec en plus l’histoire de ces deux hommes qui vont évoluer au fil de leurs découvertes et du lien qui les unit.
 
Sur ce plan, Gigante est un diptyque plutôt réussi. Côté bémols on notera quelques longueurs, quelques facilités scénaristiques et une frustration de ne pas en savoir plus, notamment sur le système politique de la planète et sur l’univers en général (puisque les deux héros arrivent en vaisseau, c’est qu’il y a donc un ailleurs...). Et puis on croira ou pas à certaines particularités scientifiques de la planète... Des bémols vraiment, parce que l’ensemble est très agréable à suivre et à lire. Et puis l’originalité du concept, avec ce double récit et ce père et ce fils qui vivent une aventure commune à distance, et la richesse de l’ensemble emportent au final notre adhésion. Une idée, une planète et deux romans à découvrir... 

Jérôme Vincent Actusf

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Bordage - Cycle de Rohel le Conquérant - Fantastinet.com
Posté 17 mars 2014 -
Il s’agit d’un space opera recouvrant 16 galaxies la Terre se trouvant dans la 16e, bien que n’étant qu’implicitement appelée Terre.
Le système de déplacement : vaisseau spatial avec propulsion hypsaut (hypersaut quantique), mais même en hypsaut, la traversée dure plusieurs mois.

La trame de l'histoire :
Les garloups, un étrange peuple, ont investi la seizième voie galactica et contraint Rohel le Vioter notre héros à dérober une mystérieuse formule à une église intergalactique en pleine expansion.
Pour le contraindre à agir, ils kidnappent Saphyr d’Antiter, la promise de Rohel …

S’en suit une série de 14 volumes dans lesquels il rencontrera diverses personnes qui l’aideront tout au long de sa quête […]

Passant d’un enfer à un paradis, de l’eau au feu, Rohel arrivera t’il à percer le secret des Garloups ?
Il y a autant d’action sur terre qu’en mer ou dans les airs, le monde est complet, les systèmes politiques sont pensés et développés […]

Akwel : Excellent univers qui ressemble à celui des guerriers du silence (je dirai plutôt que l’univers des GDS ressemble à celui de Rohel par rapport à la chronologie).
Un livre qui est une ode à la richesse intérieure de chacun, comme souvent apparemment chez Bordage. Une farouche critique de la religion, non pas dans le sens de l’idéologie, mais de son utilisation humaine.
Les péripéties sont très bien rapportées, l’histoire est envoûtante, j’ai vraiment eu envie de connaître l’issue finale, de savoir comment se terminerait l’épopée de Rohel.
Pour les fans de space opera, c’est vraiment un bel ouvrage avec tous les ingrédients nécessaires aux plus sordides intrigues, avec même quelques scènes osées.
J’ai beaucoup aimé les critiques et les prises de position de l’auteur, vis-à-vis de la religion, des gouvernements et de la perfidie humaine ; chacun reconnaîtra dans un des personnages odieux l’un de ses traits de caractère, ou celui de son voisin.
J’ai apprécié aussi l’univers technologique qui reste relativement crédible dans un futur lointain certes, mais envisageable.
J’ai surtout apprécié le mélange de mystique et de technologique, une alliance entre la magie de la technologie qui est tout à fait agréable lorsque les deux forces s’opposent dans l’aventure. […]

Un très bon livre que je conseille et une excellente œuvre à lire absolument.

 

Etienne

Fantastinet - Cycle de Rohel le Conquérant

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Bordage - Gigante Au nom du père - Babelio
Posté 02 avril 2014 -

Zaslo Merticant nous apparaît en premier lieu comme un jeune garçon immature et colérique : lorsqu'il débarque sur la planète Gigante, il n'est mené que par sa haine de son père, qui l'a abandonné avec sa mère dès sa naissance. Ce père, scientifique passionné qui a embarqué il y a 20 ans pour Gigante, pour un voyage de 40 ans. Or, entre temps la technologie a tellement évolué que son fils est arrivé au même point en deux ans. Il est prêt à attendre encore 20 ans ce père pour le tuer. "Sa mère l'avait élevé dans la haine de l'homme qui les avait abandonnés pour se mettre en quête de créatures chimériques."

Mais Gigante va le changer complètement. Lorsqu'il découvre cette planète, il ne comprend pas encore son fonctionnement. Il n'y voit qu'une planète super géante où il faut des années pour aller d'un point à un autre.

"Les hommes ont vraiment été dingues de venir s'installer sur ce monde. Gigante prend et donne à hauteur de ses dimensions. Il nous faut simplement apprendre à la connaître. Penser différemment, Renoncer aux réflexes de sédentarité, privilégier la mobilité, voyager sur les flux, prévenir les orages, identifier les refuges possibles."

Mais la rencontre avec une intrépide jeune femme servira de détonateur : si Zaslo ne change pas du jour au lendemain, petit à petit il devient moins indécis, il prend plus de risques."Il risquait de perdre la vie, mais sa vie n'aurait d'intérêt que s'il acceptait l'épreuve. Mourir ne l'effrayait plus. On ne fondait pas son existence sur la détresse d'une mère et l'assassinat d'un père." Nous assistons au passage d'un anti-héros à un héros tout court qui découvre sa force intérieure, avec subtilité et finesse.

Et surtout ils apprennent ensemble à mieux connaître la planète elle-même, et la possibilité qu'elle offre de voyager sur les flux électriques qui la traversent … Un monde où toutes les lois physiques sont bousculées, et où il faut s'habituer à vivre.

Dès le départ, j'ai été embarquée dans cette aventure extraordinaire. Même si j'avais envie de mettre des claques au héros, dans les débuts, j'ai rapidement été séduite par le talent de conteur de Bordage, la fluidité de son récit, et par le mystère de ce monde fantastique, dix-huit mille fois plus volumineux que la Terre et qui semble donc si peu adapté aux petits humains. Bordage surmonte avec brio tous les inconvénients qui pourrait présenter une telle planète : un talent qui fait de lui un des grands noms de la science-fiction française.

En bref, une aventure qui fait écho à des problèmes actuels, avec un peu d'introspection, une pincée d'amour, tous ces ingrédients qui en font un très bon texte, publié par L'Atalante, cette talentueuse maison d'édition de science-fiction qui a publié ou traduit les plus grands noms.

 À noter, ce roman a été écrit en collaboration avec un autre auteur SF, Alain Grousset qui a écrit son pendant, Gigante Au nom du fils, où il raconte l'histoire du père de Zaslo. Un ouvrage que je vais m'empresser de me procurer …

 

Missbouquin

Babelio

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Bordage - Abzalon - Naufragés volontaires
Posté 17 avril 2014 -

[…] Abzalon démarre comme un planet opera pour finalement devenir un space opera.  La planète de départ est proche de la destruction. La fin approchant, les dirigeants, dont la religion du Moncle et les mentalistes, décident d'envoyer un vaisseau colonisateur vers un autre monde. Pour ce faire, ils envoyent de force les prisonniers de Doeq, la lie de la société, et les archaïques et très religieux Kroptes. Dans le vaisseau, chaque groupe est séparé de l'autre... mais pour combien de temps. Les prisonniers vont-ils continuer à accepter le joug imposé? Les femmes vont-elles continuer à supporter le poids de la tradition kropte? Abzalon s'orchestre au travers de différents personnages forts, mais retenons les deux principaux : Ellula et Abzalon. La première, de tradition kropte ne supporte plus le statu quo traditionnel qui lui est imposé en tant que femme. Le deuxième, monstrueux tueur en série, se révèle être autre chose qu'une pair de bras musculeux. Ces deux personnages permettront le rapprochement des deux communautés au départ opprimées sur leur planète. Mais l'équilibre se maintiendra-t-il? Et l'église du Moncle, que fait-il en coulisse? Est-ce que cette rencontre va à l'encontre de l'église monclale ou bien était-ce prévu? Qui dirige réellement le jeu?

Premier tome efficace et rythmé comme il se doit. Je retrouve ici tout le plaisir de lecture d'un roman de Pierre Bordage. Il y a l'évasion, l'envolée spatiale vers un nouveau monde et la question des libertés qui reste toujours prégnante. Bref, j'ai passé un bon moment dans un roman space opera comme je les aime. J'attends maintenant de lire la suite Orchéron, avec l'arrivée sur un nouveau monde et de nouveaux personnages.
 
Julien le naufragé
 
Les Naufragés Volontaires
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Bordage - Wang - Alice's books
Posté 28 avril 2014 -

               En l'an 2212, le monde tel que nous le connaissons est divisé en deux par le REM, une immense barrière électromagnétique infranchissable.
D'un coté, les pays occidentaux bien à l'abri, protégé par le REM, qui ne vivent que par et pour le divertissement et de nouvelles sensations à découvrir, dans le luxe et l'opulence. De l'autre coté, dictatures, famines et bidonvilles. À l'Est, la République Sino Russe et ses triades, au Sud la grande nation islamique et son intégrisme religieux.

                Nous découvrons Wang, jeune homme vivant en Silésie, province Sino Russe. Dans cette région les armées qui étaient parties a la conquête de l'Ouest et se sont retrouvées bloquées par le REM, ont fini par s'installer sur place et par former tous ces bidonvilles ou les néo triades font la loi terrorisant la population. Wang, élevé par sa grand mère selon les règles du Tao de la Survie, se retrouve à devoir fuir Grand Wroclaw, si il ne veut pas se retrouver contraint de travailler pour l'un de ces gangs. S 'en suit un parcours difficile jusqu’au REM qui s'ouvre de temps en temps afin de laisser passer une foule de gens fuyant la dictature et la pègre en espérant trouver une vie meilleure à l'Ouest bien que d'affreuses rumeurs courent sur ce qui arrivent à ces immigrés que l'on ne revoit jamais.

                Pierre Bordage ne nous épargne rien. Habituée au style de l'auteur, que j'aime beaucoup, bien que très descriptifs ; je n'ai pas été surprise par l'étendue des atrocités décrites notamment dans la première partie. L'auteur plante un décor sombre et oppressant ou l 'espoir n'est plus permis. Son talent de conteur nous plonge dans un monde ou pauvreté et violence sont omniprésentes.
Dans ce monde glauque et pesant, Wang, 17 ans est un petit rayon d'espoir. Bien que prêt à tout pour s'en sortir, (il suit les préceptes que sa grand mère Li lui a appris), on sent en lui cette petite étincelle de gentillesse. Cette étincelle de bonté qui le poussera à prendre sous son aile, une jeune fille de son âge Lhassa jusqu'au REM.

                Je ne m'étalerais pas sur la découverte par Wang de l'autre coté de la barrière électromagnétique mais sachez que le contraste est saisissant. Pierre Bordage a su inventer une société telle que la notre mais poussée à ses pires extrêmes : l'ultra divertissement, le contrôle de la météo, l'implantation d'organes, l'amour virtuel... Toute cette société est hyper intéressante à découvrir et nous réserve également quelques personnages intriguant.
Si le rythme ralentit un peu rapport à la première partie riche en actions, l'histoire reste quand même très prenante et la découverte de nouveaux personnages, compagnons d'infortune de Wang, nous fait patienter jusqu'à une fin très rythmée et presque épique.

                J'ai toujours beaucoup aimé la plume de Pierre Bordage et je la retrouve avec plaisir dans ce premier tome de science fiction. Très descriptive mais ne délaissant pas l'action au contraire, elle montre toute l'étendue du talent de conteur de Bordage. L'univers qu'il a inventé bien que sombre et oppressant par endroit est plaisant à découvrir d'autant plus que l'espoir subsiste toujours grâce a quelques personnages. Un très bon premier tome qui laisse présager un excellent second opus.

 

Alicemarie

Alice's books

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Bordage - Gigante Au nom du père - Murmures
Posté 05 mai 2014 -

Attention ! Initiative intelligente ! Comme on aimerait en voir plus souvent. Deux auteurs décident de travailler ensemble et imaginent un monde. Les hasards de leurs calendriers personnels respectifs et leur méthode individuelle de rédaction font que l'un commence avant l'autre et met beaucoup de choses en place.

Gigante est une géante gazeuse recouverte d'une couche dure, pourvue d'une atmosphère riche en oxygène. Une planète dix-huit mille fois plus grosse que la Terre. Difficile à imaginer, non. Un gigantisme passionnant pour des auteurs de science-fiction (l'autre c'est Alain Grousset qui d'ordinaire collabore avec Danièle Martinigol). Un monde où le jour et la nuit durent chacun un mois de notre temps terrestre (TU). Il va de soi qu'il serait dommage qu'une telle création ne serve que pour deux romans.

Zaslo Merticant, un jeune ethnolinguiste, arrive sur Gigante en quête des géants dont une expédition avait découvert les squelettes, il vient aussi pour tuer son père. Celui-ci est parti avant sa naissance à la recherche des mêmes géants mais n'arrivera - technique oblige - que dans vingt ans TU. Et Zaslo découvre la communion avec la planète, puis l'amour avec Madilia, enfin les squelettes des géants et le pourquoi de leur disparition. Grâce au vaisseau intelligent des géants et à un lieu particulier, il communiquera avec les diverses communautés qui peuplent la planète et les avertira du prochain orage électrique qui sera d'une violence inouïe. On suit avec un plaisir manifeste les aventures et les découvertes de Zaslo. On visite un zoo fantastique. On côtoie des populations aux us et coutumes étranges.

De la science-fiction classique écrite dans une langue sans faille par un auteur qui manifestement prend plaisir à raconter.


Noé Gaillard

Murmures.info

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Bordage - Nouvelle vie et autres récits - My Books
Posté 05 mai 2014 -

"Nouvelle vie et autres récits" de Pierre Bordage est un recueil de cinq nouvelles dont les titres sont:

Nouvelle n°1: Nouvelle Vie TM
Nouvelle n°2: La classe de maître Moda
Nouvelle n°3: Jour de noces
Nouvelle n°4: Ma main à couper
Nouvelle n°5: Les frères du G5

Le recueil s'inscrit dans la lignée des romans et récits d'émancipation de la dystopie, nouveau sémantique littéraire pour désigner tout simplement la contre-utopie.
En effet, dans chaque nouvelle, Pierre Bordage s'attaque à un de ses thèmes de prédilection à savoir le décryptage du génome humain (Nouvelle n°1). L'intérêt des laboratoires de recherche sur l'ADN pousse la société du futur à annihiler tout sentiment et à renier toute forme de filiation au profit de l'argent et à l'ambition personnelle. Les parents vendent leurs enfants, la fille trahit son père, la fiancée dénonce son compagnon... Si le décryptage du génome humain est déjà à l'oeuvre dans notre société actuelle, dans celle de Pierre Bordage, le progrès n'engendre pas de desseins philanthropiques (guérir des maladies rares, des cancers ou maladies orphelines...) mais il devient une arme puissante pour les "puissants" de régner sur la masse et contrôler chaque individu via une puce électronique.
Pierre Bordage exploite aussi le clonage humain (Nouvelle n°5) et la détermination des clones à prendre la place des "originaux". Il s'intéresse aussi à la dérive des télé-réalités (Nouvelle N°4). Dans le futur, les télé-réalités mettent en exergue des chasses à l'homme où l'homme devient un loup pour l'homme. Enfin, il se penche aussi sur l'exploitation des pauvres et des enfants défavorisés au profit de quelques élitistes indifférents au sort de leurs semblables (Nouvelle n°2). La sagesse de Maître Yoda devient juste une forme de stratégie mercatique pour vendre aux parents des programmes pédagogiques à la mode sensés optimiser les chances de leurs progénitures de devenir des génies.

En conclusion, le monde esquissé par l'auteur n'est guère enchanteur. Il imagine ce qui se passera demain en s'appuyant sur les faits d'actualité et des catastrophes survenues déjà dans le présent. Dans les récits de Pierre Bordage, la Terre est épuisée. Elle ne produit plus rien. Les catastrophes nucléaires et climatiques laissent des marques indélébiles dans le paysage.
Il montre un scepticisme quant à l'enthousiaste à l'endroit de la science et de la technologie. Loin d'être au service de l'homme, ces avancées peuvent être détournées afin de renforcer le pouvoir des puissants. Le progrès, au lieu d'engendrer une terre sereine et pacifique, se met au service de la dictature.

Je ne peux que vous recommander la lecture de ce récit et vous invite ensuite à visionner des films comme "Elysium", "Minority report", "Bienvenu à Gattaca", "The island" ou encore "Divergente".

Bonne lecture à tous.

 

Victoire Nguyen

My Books

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Bordage - L'Enjomineur 1 - L'Histoire
Posté 01 septembre 2014 -

La Révolution française, théâtre de l'affrontement entre les sectateurs de Mithra et les filles des eaux ? Pour Pierre Bordage, la réponse est affirmative et la victoire a été remportée par Mélusine et ses fées aquatiques sur les hommes féroces dirigés par le Père des Pères.

Pierre Bordage s'est fait connaître par son immense succès de librairie Les Guerriers du silence, trilogie de science-fiction qui a pour thème la lutte contre l'obscurantisme et un pouvoir inique et corrompu. L'oeuvre, considérée comme emblématique du renouveau de la science-fiction en France, est suivie d'autres séries de fantasy, parmi lesquelles celle qui nous intéresse ici : L'Enjomineur, dont le premier tome, 1792, est paru en 2004. Dès 2005, la série atteint les 30 000 exemplaires vendus (la version poche, 26 000 exemplaires en 2011). Un succès mérité.

Le titre de cette série, venu du patois vendéen, veut dire « l'ensorceleur ». La trilogie se situe entre Paris, la Vendée et la Caraïbe, chacun des volumes renvoyant aux années les plus terribles qui ont suivi la Révolution française, de 1792 à 1794. Pourquoi la Vendée ? Pierre Bordage la connaît bien, sa famille y vit depuis des générations, il a lui-même grandi dans une ferme vendéenne près de Sainte-Hermine. Pourquoi cette période en particulier, donc : parce que la Vendée, bien sûr. « Personne, dans ma famille comme dans le pays, ne parlait jamais de cette période. On sentait dans la région un non-dit peser sur les gens, quelque chose de honteux. Comme je sentais combien les Vendéens passaient auprès des autres pour des rustres et des antirévolutionnaires, j'ai eu envie de savoir ce qui s'était exactement passé. »

Pour cela, il a lu, beaucoup. En se plongeant, bien sûr, dans le travail des historiens : Michelet, Alain Gérard, Michel Ragon, mais encore Claude Mazauric [et Jean-Clément Martin, NDLR]. Mais aussi les journaux de Marat, les archives de Nantes. Des mois de recherche au cours desquels il a traqué, aussi, nombre d'informations sur la vie quotidienne (ce qu'on mangeait, ce qu'on portait, les fêtes...) pour peaufiner la préparation de son roman. « Mon plus grand souci était d'être le plus cohérent possible, d'éviter les anachronismes, de donner le plus de crédit possible au récit. » Objectif réussi : Pierre Bordage sourit de constater que certains lecteurs prennent pour vérité historique des événements qu'il a inventés, et pour de la fiction la réalité historique.

Le cycle de L'Enjomineur est particulièrement respectueux du cadre historique, malgré ses recours aux mythes et à la magie. Sans doute Émile, le héros principal, va-t-il, en quelques minutes, en traversant les airs, de la Vendée à Paris sur un cheval fantastique, un « cheval-mallet ». Mais c'est précisément autour d'un « cheval-mallet », en bois et tissu, qu'une communauté rurale se leva contre les gardes nationaux nantais venus en 1792 empêcher la fête rituelle ! Émile ne se retrouve pas par hasard dans cet univers. Lui, l'orphelin qu'on dit être fils d'une fée, a été recueilli par un prêtre peu conformiste qui l'a protégé des sectateurs de Mithra en l'élevant au coeur du bocage vendéen, dans la proximité des sirènes, filles de Mélusine. Les trois années de la Révolution pendant lesquelles nous suivons le héros sont ainsi le moment pendant lequel il accède aux mystères de sa naissance et s'affirme dans la guerre éternelle entre deux forces antagonistes.

Ainsi, les aventures romanesques d'Émile et celles du marin meurtrier Cornuaud, « enjominé » par une sorcière vaudoue après avoir violé une esclave noire, s'insèrent exactement dans le déroulement des événements évoqués par l'auteur : le procès du roi, la levée des 300 000 hommes ou les noyades de Nantes scandent les rebondissements nombreux du triptyque. Si bien qu'une fois acceptées les lois du genre, une fois oublié que décidément non les archives parlementaires n'ont jamais parlé de Mithra ni de Mélusine, la traque des « erreurs » historiques se révèle particulièrement pauvre.

Faut-il reprocher qu'un héros ait des « origines vendéennes », évidemment impossibles avant 1790, quand le parler vendéen est très bien restitué et que l'on en entend littéralement l'accent et la syntaxe ? On tiquera sur le passeport tricolore, bleu, blanc, rouge, quand même improbable avant l'invention de l'imprimante, comme sur les « conscrits » arrivés un peu trop tôt dans un XVIIIe siècle qui ne connaît que des volontaires. Mais la description du Paris révolutionnaire, mieux encore la longue errance dans la Vendée ravagée par la guerre et les massacres sont rendues en concordance avec ce que l'on en sait et avec une justesse d'analyse qui ne sacrifie pas au morbide et encore moins aux condamnations idéologiques. Rien n'est tu des horreurs de la guerre ou de la colonisation à Saint-Domingue, sans que le récit ne tombe néanmoins dans la complaisance ou le jugement. La fin, que l'on ne racontera pas, pacifie l'histoire dans un halo réconfortant sans mièvrerie.

Pierre Bordage avait-il donc besoin de ce cadre fantastique quand il possède si bien le canevas événementiel pour raconter, à sa façon, la Révolution et la guerre de Vendée ? Ce que la fantasy ajoute est capital car c'est évidemment le combat du Bien contre le Mal qui est le fond de l'histoire : Homme contre Femme, Paris contre Province, Religion sanguinaire contre Croyances naturalistes. Émile est lui-même un enfant issu de cette guerre civile dont la Révolution est un épisode parmi tous ceux qui composèrent l'histoire du monde. La fantasy sert ainsi à redonner au lecteur le plaisir de retrouver les acteurs immuables des « grands récits » que les historiens académiques ont cessé de brosser. Le recours à certains grands personnages, Danton ou Carrier notamment, dans des moments particulièrement frappants, donne son sens à la dimension fantastique qui fait écho aux perspectives idéologiques, religieuses ou nationalistes, que déroulaient les grandes plumes du XIXe siècle lorsqu'ils lisaient à leur guise la Révolution ! La fantasy avec sa liberté totale de réenchanter le monde vient rappeler à l'histoire scientifique ce qui est aussi attendu d'elle. Nul n'a besoin de l'imiter, il suffit de la méditer.

L'Histoire - Jean-Clément Martin

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Bordage - Terra Mater - Libfly, bibliothèque en ligne
Posté 02 mars 2015 -
Dans ce deuxième volume des Guerriers du Silence, les pièces du puzzle se mettent petit à petit en place. Contrairement au premier tome où tout semblait flou, les personnages comme les péripéties gagnent en clarté, même si de nouveaux protagonistes apparaissent. On avait l'intuition que l'humanité avait essemé sur toutes ces planètes à partir de la Terre, renommée Terra Mater ; le lecteur obtient des réponses à certaines de ses questions sur ce sujet. En parallèle, les Scaythes, monstrueuses créatures venues asservir les humains, gagnent de plus en plus en influence, notamment grâce à un nouveau pouvoir : l'effacement de la mémoire et la "reprogrammation" des humains ainsi contaminés. En résumé, un excellent roman de space opéra.
 
Ryuta_Roy - Libfly, http://www.libfly.com/ - 1er mars 2015
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Bordage - Frère Ewen - songedunewalkyrie.wordpress.com
Posté 09 mars 2015 -

Un roman de science fiction très humaniste, captivant et à l’écriture fluide et sans fausse note. Pierre Bordage raconte l’histoire de ses deux personnages tel un conteur plongeant son lectorat dans un voyage aux cœur des planètes  et des étoiles. Deux histoires distinctes, un homme aux grandes responsabilités, un jeune garçon innocent découvrant la réalité de la vie, seront pourtant réunis pour une seule destination ; un destin qu’ils ne peuvent ignorer. Les deux personnages sont très attachants. On suit chacun de leur point de vue alterné à chaque chapitre ce qui dynamise le récit, et chaque début de chapitre est agrémenté d’un paragraphe sur les « mythes et histoire de la voie lactée » ayant un lien direct avec le texte qui suit. Ewen est un [...] personnage charismatique. Il devra faire face à de nombreux obstacles [...]. Olméo, lui, [...] est curieux, intelligent et plutôt mature pour son âge. [...] L’auteur choisit donc de conter, parce qu’il s’agit ici de justes mots de conteur, des mots précis, humanistes, merveilleux, le voyage de ces deux êtres au travers de la galaxie, jusqu’à cette phase finale longue de 80 années. Pierre Bordage a su balayer avec une simplicité extrême les clichés de la science fiction en incluant, certes, dans son récit suffisamment d’armes et objets technologiques, son lot de vaisseaux spatiaux, de planètes aux paysages et climats hétéroclites et aux êtres humains adaptés à chacune d’entre elles, tout en gardant un certain réalisme qui permet au lecteur de s’immerger totalement dans son univers sans jamais douter de ce qu’il lit, de ce qu’il comprend, de ce qu’il vit. On lit donc avec fluidité et une compréhension aisée de l’univers. Toutefois, il y a suffisamment de densité pour prendre le temps de bien comprendre les choses. Le récit est riche, fouillé et très imagé, jamais le lecteur ne sera perdu face à un nouvel environnement ou personnage, l’auteur présente et décrit clairement chaque élément de son œuvre. Par ailleurs, les thématiques qui font la base de l’humanité sont essentielles au récit, les plus positives : l’amour, les croyances, l’espoir, la tolérance comme les plus négatives : la mort, le rejet, le pouvoir…

En bref, un roman fantastique à l’écriture majestueuse. Je doutais personnellement d’être conquise et pourtant, Pierre Bordage a réussi ce tour de force de me faire aimer un livre de science fiction. J’avais compris qui serait le prochain « Frère » et je suis très curieuse de connaître cette seconde épopée.

 

Walkyrie - songedunewalkyrie.wordpress.com - 07 mars 2015

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Bordage - Frère Ewen - climaginaire.com
Posté 13 mars 2015 -

Les personnages principaux sont immédiatement attachants. Au fil des pages et de l'alternance des deux récits entrelacés centrés sur Ewen et Olméo, on va les voir passer par différentes phases, différents états d'âme (désespoir, détresse, résignation mais aussi joie et amour pour Olméo, par exemple).[...]

[...] Ce roman [est] très agréable à lire. Pierre Bordage a su imaginer un univers très riche, qu'il nous décrit avec une abondance de détails qui nous le rendent très vivant : histoire, cultures, formes de vie extraterrestres, technologies... Le dépaysement est plaisant et bienvenu.
J'ai notamment trouvé bien amenés les entêtes de chapitre, qui nous présentent des éléments de contexte nécessaires à la bonne compréhension du texte à travers les écrits d'un écrivain du futur... un futur dans lequel le récit raconté et ses éléments ne sont plus que des mythes auxquels on ne croit plus !

Voilà un space-opera bien mené qui fait passer un bon moment et nous donne envie d'en savoir plus sur cet univers en découvrant la suite de la pentalogie.

Soleil - climaginaire.com - 13 mars 2015

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Bordage - Frère Ewen - Mamantitou
Posté 17 mars 2015 -

J'avoue que La Fraternité du Panca fut une excellente découverte.
[...] Je me suis concentrée sur les personnages et leurs péripéties et c'était juste passionnant! [...]
  Au début de chaque chapitre - qui concerne à chaque fois l'un des deux héros - nous est présenté la plupart du temps un petit article, un petit extrait de tel ou tel livre imaginaire qui définit certains éléments importants du récit ou qui nous explique certains évènements passés. C'est un chouette moyen d'éclaircir certains côtés plus compliqués, c'est clair et efficace. Le ton du récit à proprement parlé est très personnel, comme si Olméo et Ewen nous parlaient. Ca permet de se sentir intégré dès le début, ça nous les rend tous plus proches, plus attachants même. Le ton est aussi plus léger et donc tout était super agréable à lire, j'ai été assez impressionnée par la légèreté du livre. J'ai mis plus de temps à lire que d'habitude mais c'était plus à cause de la complexité du fond que de l'écriture à proprement parlée. Je voulais m'imprégner le plus possible de tout ce qu'il y avait autour avant de me concentrer sur les acteurs de l'intrigue.

Enfin voilà, j'ai encore fait une excellente découverte en me forçant à sortir de mes sentiers battus. J'ai beaucoup aimé l'univers, les personnages et l'écriture de Pierre Bordage que je retrouverai avec plaisir!

 

Lavinia - mamantitou.blospot.be - 17 mars 2015

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Bordage - Frère Kalkin - lelitteraire.com
Posté 29 mars 2010 -
La Fraternité du Panca, une organisation secrète, entreprend de reconstituer la chaîne quinte car les espèces vivantes de la galaxie sont en danger d’éradication. Chaque frère, désigné par la Fraternité, doit transmettre, au suivant, son âmna, son implant mémoire. Le cinquième maillon devient alors une créature invincible capable d’affronter tous les périls. (...) Pierre Bordage, avec La Fraternité du Panca, nous fait partager sa vision de l’expansion humaine, la diversité qui peut en résulter tant dans les structures sociales et politiques que dans le développement des populations, de leur mode de vie. Il privilégie cependant l’action au profit d’une intrigue ciselée, aux multiples ramifications prenant en compte les concepts fondamentaux du genre. À travers ses romans, il approche de façon pertinente la dimension du temps. Il s’attache à montrer la durée des voyages pour franchir les fabuleuses distances entre les planètes, les étoiles et autres astéroïdes où l’humanité a cru bon d’essaimer. Il adapte, à ces dimensions exceptionnelles, les capacités technologiques de propulsion, faisant évoluer ceux-ci de livre en livre et celles des humains en transit. Il revient sur un de ses sujets préférés, l’étude des mythes, leurs fondements et leur fonction pour structurer des communautés humaines. Il fait dire à l’un de ses personnages : "On ne peut pas comprendre l’espèce si on ne s’intéresse pas à ses mythes. Il distille également, dans le cours de l’action, des notions morales, les grandes idées sur lesquelles s’appuient des religions. Pour animer son histoire, il construit des personnages d’une grande variété, apportant un soin presque maniaque à élaborer leur profil psychologique, leur caractère et leur apparence physique. Partant de personnages types respectant les clichés du genre, il les adapte, les transforme pour en faire des intervenants nouveaux suscitant l’empathie ou le refus, selon la catégorie auxquels ils appartiennent. L’auteur s’amuse avec la linguistique, créant les mots qui qualifient parfaitement une situation ou un individu. Il joue aussi avec l’usage d’expressions dont on a d’ors et déjà oublié l’origine, telles que "d’autres chats à fouetter" ou "rat de bibliothèque", les projetant dans son futur où les chats et les rats, voire les bibliothèques, ont disparu depuis longtemps. Le space opera est quelque peu passé de mode chez les auteurs de SF. Il faut donc une certaine audace pour oser proposer un roman relevant du genre et encore plus de « culot » pour une série en cinq volumes de quelque 450 à 500 pages chacun. (Idem pour l’éditeur) Cela nécessite une solide imagination, une puissance créatrice peu commune et une capacité à renouveler ses situations et ses personnages. Sa capacité de conteur, son inventivité sans limites, permettent à Pierre Bordage de s’affranchir de toutes les contraintes pour donner le meilleur de ses histoires. Une fois encore, tel un Midas moderne, il transforme les sujets qu’il aborde en loyaux littéraires. Serge Perraud, le 25 mars 2010
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Bordage - Les dames blanches - lelittéraire.com
Posté 26 mai 2015 -

Comment l’humanité réagirait-elle face à l’inconnu ? C’est une des ques­tions que nombre de roman­ciers se sont posés. Puis, selon leur sen­si­bi­lité, ils ont tenté d’apporter des réponses. Pierre Bor­dage, en maître-créateur d’Anticipation, pro­pose une vision per­son­nelle d’une grande cohé­rence face à une inva­sion d’un genre bien par­ti­cu­lier.
Un matin de novembre, dans les Deux-Sèvres, Léo, âgé de trois ans et cinq mois appelle Elo­die, sa maman. Il voit, par la fenêtre, une forme blanche, une énorme sphère par­faite. Il sort de la pièce et court vers elle. Elo­die ne peut le rat­tra­per avant qu’il ne dis­pa­raisse dans la bulle. Elle tente, sans suc­cès, de per­cer cette étrange enve­loppe. La gen­dar­me­rie ne croit pas à sa ver­sion et la soup­çonne d’actes graves. Le gou­ver­ne­ment dépêche un com­mando spé­cia­lisé. Mal­gré les charges explo­sives de plus en plus fortes la sphère résiste. Il faut l’apparition d’une autre bulle, au Turk­mé­nis­tan, avec une mère qui pleure son enfant dis­paru dans la sphère, pour que la ques­tion soit exa­mi­née différemment.

Depuis trois mois, Camille est jour­na­liste à Femme(s). Nou­velle, et la plus jeune, elle est char­gée des repor­tages dont per­sonne ne veut. C’est donc elle qui doit rédi­ger un article sur ces mys­té­rieuses bulles à la mul­ti­pli­ca­tion rapide et sur les dis­pa­ri­tions induites d’enfants. Basile s’intéresse depuis son plus jeune âge à l’ufologie. Il est per­suadé que ces sphères ont un but paci­fique. Il réus­sit à s’approcher d’une, mal gar­dée. Peu après, il res­sent une intense cha­leur mais s’évanouit. Les sphères, et les dis­pa­ri­tions d’enfants de moins de quatre ans, pro­li­fèrent. Mal­gré tous les essais, per­sonne ne réus­sit à détruire une Dame blanche, comme elles sont appe­lées.
C’est en Inde que naît l’idée d’utiliser des petits orphe­lins comme bombes vivantes pour ten­ter de les détruire de l’intérieur. L’explosion amène une dimi­nu­tion notable de leur volume… volume qu’elles retrouvent peu après. Ces Dames blanches émettent des ondes qui influent sur les réseaux magné­tiques, élec­triques. Leur pro­li­fé­ra­tion amène des per­tur­ba­tions impor­tantes et, depuis deux mille ans, les pro­grès tech­niques de l’humanité régressent. L’humanité semble condam­née car après dix ans, on en dénombre plus de sept cent mille…

À par­tir de cette situa­tion, qui n’est pas sans rap­pe­ler celle de Ravage, le magni­fique roman de René Bar­ja­vel paru en 1943, Pierre Bor­dage déve­loppe une intrigue d’une magni­fique homo­gé­néité. Il intro­duit une dis­pa­ri­tion inex­pli­cable des enfants, ima­gine et déve­loppe une suite de situa­tions tout à fait conforme à ce qui pour­rait exis­ter face à un tel phé­no­mène. Le pre­mier ques­tion­ne­ment est rela­tif à l’origine de ces bulles. Sont-elles le fruit de muta­tions aux pro­ces­sus incon­nus, une arme nou­velle inven­tée par un des­pote détra­qué (et cela ne manque pas !) ou ont-elles une pro­ve­nance extra­ter­restre ?
Il décrit le dérou­le­ment des réac­tions humaines et déploie une vision réa­liste et prag­ma­tique de celles-ci, ins­tal­lant une gra­dua­tion des sen­ti­ments et des déci­sions. Après la sur­prise, l’incrédulité, l’émotion cau­sée par ces enfants dis­pa­rus, c’est le sou­la­ge­ment de ceux qui ne sont pas concer­nés. Si le seul dan­ger concerne les enfants de moins de quatre ans, il faut les gar­der sous haute sur­veillance jusqu’à “l’âge du sou­la­ge­ment”. Les déci­sions sont prises sans recul, sans études réelles selon les conseils d’experts — mais d’experts en quoi puisque rien n’est connu ? L’humanité intègre le phé­no­mène et s’adapte. Les condi­tions de vie évoluent tenant compte de l’absence d’électricité et de magné­tisme. Si les orphe­lins com­mencent à man­quer, on édicte des lois pour pal­lier ce manque…

Pierre Bor­dage, en démiurge, conçoit une intrigue d’une remar­quable attrac­ti­vité. Il mène celle-ci sur plu­sieurs décen­nies, fai­sant vieillir ses per­son­nages, croi­ser leur par­cours, se marier, se sépa­rer, faire face aux aléas de la vie avec cette épée de Damo­clès dont per­sonne ne sait ce qu’elle peut déclen­cher, ni à quel moment. Toutefois, il ne se borne pas à énumé­rer les incon­vé­nients ame­nés par ces Dames, il en retient des avan­tages comme la quasi dis­pa­ri­tion des conflits, le recul de l’influence des grandes reli­gions…
Il emploie son récit pour illus­trer, à tra­vers les réac­tions et les atti­tudes de ses pro­ta­go­nistes, nos tra­vers, nos angoisses, nos besoins, nos attentes et une triste réa­lité. Il pro­pose, pour mon­trer les réac­tions et de les sen­ti­ments, des images adap­tées avec des touches tout en déli­ca­tesse, sans mas­quer, sans nier, cepen­dant, la bru­ta­lité du monde, de la société par­fai­te­ment inégalitaire.

Dans Les Dames blanches, Pierre Bor­dage pro­pose, en quarante-et-un cha­pitres, une forme nar­ra­tive peu com­mune. Cha­cun d’entre eux est dédié à un per­son­nage dif­fé­rent tout en met­tant en scène des acteurs déjà ren­con­trés et forme, ainsi, une véri­table chaîne humaine. Il offre une conclu­sion habile, au terme d’un récit remar­quable tant pour une intrigue d’une grande sub­ti­lité que pour les émotions pro­fondes expri­mées et l’humanisme qui baigne toute l’histoire. Ce roman qui asso­cie la science-fiction, le thril­ler et l’anticipation, est égale­ment une ode à l’être humain et à sa fra­gi­lité.
Une fois encore, Pierre Bor­dage offre une his­toire magni­fique et ajoute un joyau lit­té­raire de plus à une biblio­gra­phie qui en com­porte déjà un nombre excep­tion­nel­le­ment élevé.

lelittéraire.com - Serge Perraud

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Bordage - Les Dames blanches - Cafardsathome
Posté 22 juin 2015 -
Aaaaah Pierre Bordage! C'est un de mes chouchous! Il n'y a pas beaucoup de ses ouvrages qui ne me sont pas passés entre les mains. Que de souvenirs de lectures! Quel talent pour planter une situation, des personnages, une histoire qui dépasse souvent la sphère intimiste pour tâter l'universalité! C'est un des maîtres de la SF "à la française" et ce n'est pas son dernier né qui va me contredire avec un savant mélange de prospective et d'humanité dont le vendéen a le secret.

De mystérieuses bulles blanches - bientôt surnommées les Dames blanches - apparaissent sur Terre à divers endroits du globe. Très vite, on signale des disparitions de jeunes enfants (tous âgés de moins de 4 ans) qui semblent avoir été attirés par une force étrangère et "avalés" par ces objets non identifiés. Face à l'inexplicable, les hommes - comme toujours - vont mal réagir, les autorités voyant un ennemi dans ce qu'ils ne comprennent pas, le temps passe et les mesures prises sont de plus en plus extrémistes. On va suivre de chapitre en chapitre des personnes directement concernées par ce phénomène: des parents éplorés, des militaires / miliciens, de simples citoyens lambda… chacun ayant été touché à son niveau par ces apparitions / disparitions et par les mesures politiques mises en place.

Chaque chapitre porte le nom d'un personnage tantôt principal tantôt secondaire. On avance donc par bonds successifs dans notre lecture: des bonds géographiques (on suit deux à trois trames principales) et des bonds historiques (il se passe parfois des mois voir des années entre deux chapitres). Par une simple phrase ou une allusion à peine voilée, nous assistons impuissants à l'évolution d'un monde terrorisé face à l'inconnu. Des lois d'exceptions sont prises et la démocratie recule, la vie des personnages changent du tout au tout comme leur situation personnelle (dépression, mariage, parentalité, séparation…). Le rythme est rapide, les années défilent de page en page et peu à peu face à la radicalisation des autorités, tout espoir semble quitter un monde en perdition dont les Dames blanches sont les principales observatrices et actrices avec des disparitions qui continuent de s'égrener. La fuite en avant est alors inévitable et le lecteur impuissant ne peut qu'assister à la déchéance du monde et des sociétés humaines.

En 377 pages et 41 chapitres, Pierre Bordage réussit le tour de force de nous conter une grande histoire d'anticipation. Le monde qui y est décrit est le nôtre et ce qu'il pourrait devenir si nous étions confrontés aux mêmes événements. Pas de quoi être optimiste quand on constate déjà les méfaits dont nous pouvons nous rendre responsables aujourd'hui. Déclarées ennemies de l'humanité, les boules blanches vont être au centre de toutes les décisions (permettant au passage de calmer tous les conflits en cours) et vont pousser la morale d'état dans ses retranchements et même en dehors de tout sens commun. Des décisions iniques sont prises et imposées, et c'est le cœur gros que le lecteur poursuit sa lecture dans un monde qui s'enfonce dans les enfers (je n'en dirai pas plus pour ne pas spoiler mais on touche ici à des choses tabous entre toutes). Tout est accentué notamment par les différents points de vue adoptés au travers des différents personnages que nous suivons. Nous sommes bien peu de choses face à ceux qui nous gouvernent, que vaut la douleur d'une mère / d'un proche face à la raison d'État qui par définition n'a pas tort (du moins dans son esprit). Des passages sont vraiment rudes et le lecteur est pris à la gorge par des sentiments violents d'injustice et de colère. La tension va crescendo et on se demande bien comment tout cela va finir. Pour ma part, j'ai commencé à deviner où l'auteur voulait nous emmener à mi parcours, au détour d'un chapitre tout bonnement effrayant relatant les premières mesures prises par les différents gouvernements pour essayer de découvrir d'éventuelles faiblesses aux mystérieuses visiteuses venues d'ailleurs.

Je me suis beaucoup attaché à certains personnages, ce qui m'a été fatal car leurs vies sont décortiquées devant nous et l'auteur ne leur fait pas de cadeaux entre des mères dont l'enfant disparaît, des pères fous de chagrin tombant dans l'alcoolisme, des membres de la même famille qui ne se parlent pas, des trahisons entre amis, des résistants humanistes recherchés et persécutés par un nouvel ordre totalitaire... autant de trajectoires brisées qui font écho aux combats qui ont pu être menés (notamment durant la Seconde Guerre mondiale ou dans des conflits plus localisés, je pense notamment au commandant Massoud en Afghanistan contre les Talibans) ou ceux qui nous attendent dans les décennies à venir (et il y a de quoi faire!). Par moment, des lueurs d'espoir apparaissent portées par une minorité (je pense notamment à Basile, un ufologue à la philosophie humaniste qui m'a profondément touché ou aux nouvelles générations n'ayant pas connu la Terre avant les Dames blanches), cela remet du baume au coeur dans un récit tout de même fortement teinté de pessimisme quant à la capacité des hommes à apprendre de leurs erreurs.

On retrouve dans ce roman toutes les forces narratives de Bordage déjà évoquées en début de chronique, la lecture est une fois de plus un bonheur de tous les instants et l'on retrouve cette écriture accessible et évocatrice qui a fait mon bonheur sur les milliers de pages que j'ai pu lire de cet auteur. On retrouve aussi son goût pour les mythes qui ont jalonné l'évolution humaine, les Dames blanches étant peut-être la prochaine étape. A travers cette constellation de destins, il nous parle de l'homme dans ce qu'il y a de plus fragile, de plus attachant mais aussi de plus désespérant.

Un grand et beau livre de SF.

Mr K - www.cafardsathome.canalblog.com - 01 juin 2015

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Bordage - Les Dames blanches - Lanfeust Mag
Posté 22 juin 2015 -

Si la science-fiction reste largement dominée par les anglo-saxons, il existe quelques auteurs français qui leur tiennent la dragée haute. Pierre Bordage en fait partie.

Elles sont arrivées sans prévenir. Et sans se faire remarquer. Un jour, il y en avait une tout simplement. Puis une autre. Et une autre. Et une autre. Les Dames Blanches ont finit par se compter par millions. De grosses bulles indestructibles posées sur le sol. Aucune communication, aucune explication, aucune interaction, si ce n'est qu'elle « appelle » des enfants qui disparaissent en leur sein pour ne plus jamais réapparaitre. Le premier contact avec ce qui ne peut visiblement être qu'une entité extraterrestre est plus que déroutant pour l'espèce humaine. Il n'en fallait pas plus pour que les Hommes donnent le pire d'eux-mêmes ... Par de courts chapitres nous présentant le point de vue de l'un des protagonistes de l'intrigue et par le croisement de ces parcours, Pierre Bordage nous donne à voir une histoire globale qui, pour être fantastique, n'en reste pas moins toujours à hauteur d'homme. Le procédé fluidifie la lecture et permet à l'auteur de construire un récit avant tout sensible et empathique. D'apparence léger, Les Dames Blanches est un roman très noir, un aspect d'autant plus renforcé qu'il n'est justement pas empli de bruit et de fureur. Pierre Bordage nous raconte un contact extraterrestre au contraire très doux qui tranche avec la réaction des hommes qui, dominés par la peur et l'incompréhension, ne tardent pas à laisser libre cours à leurs instincts primaires. Ou quand la crainte de l'étranger et du dissemblable provoque la violence et la haine. Ah tiens, peut-être pas tant de la science-fiction que ça, en fait ...

 

 

Lanfeust Mag - numéro de mai 2015

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Bordage - Les dames blanches - EmOtionS blog littéraire
Posté 16 juillet 2015 -
Chaque nouveau roman de Pierre Bordage se déguste, tant l’auteur a su se renouveler constamment tout au long de sa longue et prolixe carrière.

SF accessible et humaniste
Les dames blanches ne déroge pas à la règle, par son sujet original et son traitement qui donne un récit de SF d’une belle profondeur et très accessible.
 
D’étranges et monumentales bulles blanches apparaissent un peu partout dans le monde et capturent certains enfants avant leur quatrième anniversaire. C’est l’histoire de l’humanité sur une période de 50 ans que nous propose l’auteur. Elle est confrontée à un mystère et va se défendre contre cette menace (mais en est-ce vraiment une ?) jusqu’à en perdre la boule.
 
C’est le récit de personnages surtout, que l’auteur humaniste traite d’une manière aussi originale que son sujet. Chaque chapitre porte le nom d’une nouvelle personne, importante ou juste de passage, qui donne une vraie impression d’universalité. Les personnages principaux vont vivre en parallèle, s’entrecroiser parfois, l’individu n’étant rien sans ses interactions avec ses congénères. Histoires de rencontres.
Sur ces bases, Bordage développe une histoire, alternant différentes ambiances, incroyablement addictive et qui pousse à la réflexion. Comment réagir face à l’inconnu ? Comme le dit l’auteur, « la peur pousse à l’aberration ». Et le monde entier va vite y plonger, jusqu’à l’indicible.
Trajectoire de notre monde actuel où le fanatisme continue de faire des ravages, Les dames blanches est aussi un cri contre l’indifférence, une vision d’un futur proche où le monde perd le sens de ses valeurs. Un monde en régression technologique, perturbé électroniquement par ces bulles blanches.
 
Comme toujours, Pierre Bordage met l’homme au-dessus de tout, posant de vraies questions existentielles tout en ne perdant jamais de vue l’aspect ludique de son histoire. En grand humaniste qu’il est, l’écrivain nous plonge dans un récit où la parentalité est au centre du débat, à l’image de ces sphères blanches comme une parabole de la maternité.
Comme souvent dans son œuvre, il questionne sur ces personnes à part, visionnaires, qui sortent du schéma de pensée ancestral. Il en sort une histoire dont certains passages sont à fendre l’âme.
J’ai été touché comme rarement, comme peu d’auteurs arrivent à m’émouvoir et à chatouiller autant ce qui constitue mon être, ma pensée intime.
 
L’une des plus grandes plumes de la littérature de l’imaginaire nous a donc pondu (sans mauvais jeu de mot) une histoire profondément touchante, immersive et qui pousse intelligemment à la réflexion. Une réussite totale, un magnifique bijou.
Le livre en un mot : humaniste.
 
EmOtionS blog littéraire
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Bordage - Les dames blanches - Book en Stock
Posté 17 juillet 2015 -

Le lecteur est immédiatement emporté dans ce récit étrange. Une mystérieuse boule blanche apparaît un jour dans un champ et tout semble montrer qu'elle a "capturé" un jeune garçon de 3 ans. Au début, peu de gens donnent foi au récit de la mère, Elodie, jusqu'au jour où une autre boule apparaît et enlève à son tour un enfant. Au fil des semaines et des mois, il y en aura de plus en plus. Elle grossissent, elles sont indestructibles et elle s'en prennent systématiquement aux enfants âgés de 3 à 4 ans. Les mois passent, puis les années, le nombre de dames blanches explose, la panique gagne le monde entier au point de créer des "pédokazes", des enfants  envoyés à dessein vers ces dames blanches pour se faire exploser de l’intérieur. Au début ce sont des orphelins, puis lorsque le vivier d'orphelins se tarit, ce sont les "Isaac". Chaque famille doit en "élever" un pour le donner à la bonne cause. Et pourtant l'effet de ces "pédokazes" est bien maigre ...

A travers les portraits d'un panel d'individus touchés de près ou de loin par ces dames blanches, Pierre Bordage, nous livre sa vision de l'humanité. Une vision, pas toujours très agréable à "entendre", mais pourtant si vraie. Du défaitisme de certains, de l'acharnement d'autres, le monde dépeint par Bordage n'est pas drôle. Et si l'humanité courrait à sa perte par sa propre faute ?
Ces portraits, ce sont des mères qui perdent leur enfant, des hommes amenés à combattre ces dames blanches, d'abord de façon traditionnelle puis en utilisant des enfants ... Le comble de l'horreur et pourtant ...
Seul un ufologue, noir de surcroît (ce sont ses propres mots) a le recul nécessaire pour essayer de comprendre, mais sa voix se perd dans la cacophonie ambiante. Des sectes se créent, des fanatiques veulent imposer leurs idées, les gouvernements sont prêts à toutes les bassesses.

Le point fort du roman au delà du récit lui-même, c'est son échelle de temps. Il se situe sur une période de presque quarante ans, mais la progression se fait de façon indirecte quand on réalise d'un seul coup que le personnage que l'on découvre est le fils ou la fille (voire petit-fils ou petite-fille) d'un autre que l'on a appris à connaître au début du roman. Ainsi, la vie continue son cours malgré toutes les atrocités qui jalonnent ce récit.

La foultitude des protagonistes, rend le roman vraiment passionnant, mais en même temps il peut aussi provoquer un sentiment de longueur tant on voudrait que la situation évolue. Le lecteur se retrouve ainsi, piégé, au même titre que les héros du livre, à vouloir comprendre ce que sont ces dames blanches et quelle est leur raison d'être sur terre.

La chronique de Lune pointe un défaut du livre qui m'a frappée moi aussi. C'est le fait que tous les pères d'enfants kidnappés par les bulles, sont alcooliques et/ou absents de leur foyer. Comme si les "vrais et bons" pères n'existaient pas. Heureusement ce sentiment disparaît petit à petit, en particulier grâce aux mouvements de résistance contre les 'Isaac' qui sont constitués d'hommes et de femmes. Mais cette image m'a poursuivie un bon moment. Je suppose que Pierre Bordage a un compte à régler. De même d'ailleurs avec certains scientifiques ... Mais on lui pardonne volontiers.

Ce qui est sûr, c'est que dès la première page, le lecteur est piégé par ce récit. Par les portraits qu'il dessine, par le mystère autour des dames blanches et sa construction temporelle. Le livre se dévore très vite car il est quasi impossible de le reposer. Un bon cru de Bordage !

Book en Stock - Phooka

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Bordage - Les dames blanches - Onirik
Posté 17 juillet 2015 -

On retrouve avec un immense plaisir l’écriture fluide et douce de Pierre Bordage qui nous régale avec ce roman au ton un peu différent de ce à quoi il nous a habitués.
Une étrange nostalgie émane de cette oeuvre. Dans un rythme lent, mais pas du tout ennuyeux, l’auteur nous parle d’un monde pas si éloigné du nôtre. Cette proximité met en abyme nos problèmes, nos soucis et les sujets de société actuelle. Toutefois, la distance mise en place évite un polémique qui alourdirait le roman.
Car c’est un vrai roman, très beau, calme et un peu magique que nous livre Bordage ici. A la fois science fiction et policier, l’intrigue verse dans la mélancolie et se lit avec facilité. Le livre absorbe réellement le lecteur, l’invite dans son monde, et on en sort étrangement changé et pensif.

Onirik - Émilie

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Bordage - Les dames blanches -True Blood Addict
Posté 17 juillet 2015 -

S’il est un auteur que j’apprécie de retrouver pour sa plume, c’est bien Pierre Bordage. Humaine et évocatrice dans les descriptions, elle contribue à rendre les romans de l’auteur prenants. Ça n’a pas manqué avec Les dames blanches qui réunit bien d’autres éléments pour achever de capter l’intérêt jusqu’au bout malgré des personnages peu mémorables instrumentalisés pour servir l’intrigue.
Dystopie mettant en avant les thèmes chers à l’auteur, agrémenté de références à la mythologie grecque qu’il adore, ce livre maintient le mystère du début à la fin ; il est d’ailleurs entretenu et intensifié par une construction narrative finement pensée. Les nombreuses alternances de points de vue et l’étalement temporel de l’intrigue sont des atouts majeurs qui permettent de compenser des faiblesses concernant les personnages.
Ils sont assez lisses, ils sont de ceux au service de l’histoire ou du cadre. Et c’est là que le bât blesse pour moi. Autant j’ai été soufflée par la puissance du cadre légal, par les évolutions sociales, par la cruauté des humains, autant j’ai eu plein de choses à redire sur le caractère, les décisions, voire les discours des voix du roman. Encore que l’auteur s’en sort bien en décrivant avec justesse leur ressenti.
Vu le thème des bulles qui « avalent » les enfants de moins de quatre ans, l’abandon et le deuil imprègnent les pages du roman. Le choix des familles victimes sur lesquelles on se focalise présentent toutes le même schéma : c’est la mère qui subit la perte, le père est quasi absent. Outre cela, si l’auteur évoque souvent le désir comme évident (en même pas dix minutes de conversation sobre parfois), j’ai chaque fois eu l’impression d’être passée à côté et qu’il voulait me l’imposer pour justifier la relation qui allait se nouer ensuite entre les deux protagonistes. Les femmes qu’il a choisies m’ont paru bien égoïstes et promptes à diaboliser leurs premiers maris qui se voient tous attribuer un sévère penchant pour l’alcool.
Concernant les dialogues, Basile se veut la voix de la sagesse, et c’est un peu trop flagrant à mon goût dans certaines répliques. Paradoxalement, c’est un personnage que j’ai apprécié pour sa simplicité, sa générosité et sa présence continue dans cette affaire de dames blanches.
J’ai l’impression d’avoir donné beaucoup de négatif dans ma critique, alors que j’ai été prise par la lecture et que j’ai été plusieurs fois tentée de sauter jusqu’à la fin du livre pour percer enfin le mystère de ces dames blanches qu’on observe nous aussi, lecteurs, avec suspicion et angoisse. La haine de l’humanité se déporte sur elles en début, puis, progressivement, comme elles sont des ennemis quasi impassibles et invincibles, la haine se déporte de nouveau sur les hommes. Très intéressant d’un point de vue philosophique.
Malgré les défauts évoqués concernant les personnages, Les dames blanches est un roman d’anticipation intelligent qui aura su m’intriguer et m’angoisser. L’auteur a accompli un coup de maître dans la construction temporelle de son récit et la crédibilité de cette terre qui évolue, et qui pourrait incarner notre futur, a su me faire frissonner d’appréhension. On y croit, la fiction devenant réalité probable, et on obtient des réponses surnaturelles qui nous satisfont.

True Blood Addict - Julie

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Bordage - Les dames blanches - Livres du monde
Posté 20 juillet 2015 -

De nos jours, dans les Deux-Sèvres. Le petit Léo, pas tout à fait trois ans et demi, regarde par une fenêtre au travers de laquelle il aperçoit quelque chose d’insolite. Un espèce de gros champignon qui a poussé dans la nuit. Echappant à la surveillance d’Elodie, sa mère, il court vers l’objet. Elodie réagit avec un temps de retard, son bébé court vers cette chose, une étrange bulle blanche d’une cinquantaine de mètres de diamètre, et il disparait.
Prévenues, les autorités pensent d’abord à un drame familiale : la mère aurait tué son fils et se serait débarrassée du corps. Mais très vite, cette vision simpliste de l’événement est contredite. D’autres bulles blanches sont apparues un peu partout sur Terre et partout des enfants de moins de quatre ans disparaissent, comme avalés par les choses.
Les scientifiques émettent des hypothèses contradictoires, les bulles sont d’origine minérale, animale, végétale, mécaniques, elles sont le résultat de mutations, de la pollution ou d’origine extraterrestre. Comme les dames blanches, ainsi qu’elles sont maintenant nommées se multiplient sur la planète et que le nombre de disparition d’enfants ne cesse de croître, les gouvernements nationaux décident de détruire l’envahisseur. Sans succès aucun, même l’emploi de bombes atomiques se révèle inadapté.
Mais si les hommes ne comprennent rien aux dames blanches, celles-ci ne sont pas inactives : elle émettent des ondes magnétiques qui perturbent les réseaux électriques et numériques, et amènent à leur disparition entraînant une régression technologique sans précédent. La civilisation humaine se retrouve au niveau de la fin du XIXe siècle…
Par le biais de ces dames blanches, Pierre Bordage s’attaque, bille-en-tête, à plusieurs démons qui hantent les esprits depuis la période sombre de l’Occupation et même bien avant. Sous l’égide d’une ONU implacable, toutes les nations votent « la loi d’Isaac ». Et Bordage réécrit le mythe de Baal-Moloch où les hommes sacrifiaient leurs enfants à un dieu cruel afin de s’attirer les faveurs divines. Ici, puisque seuls les enfants de moins de quatre ans peuvent pénétrer dans les bulles, ils seront lestés d’explosifs divers pour affaiblir et peut-être détruire les dames blanches. Des brigades spéciales sont créées pour effectuer la collecte des enfants, et chaque famille doit en livrer un !
Le flicage de la population progresse à grands pas et une dictature morne s’abat sur la planète entière alors qu’une résistance commence à émerger face à la barbarie. L’intérêt du récit, outre la façon de montrer comment l’humanité plonge dans la barbarie et l’égoïsme forcené réside dans l’absence de héros. Les acteurs de ce drame qui se déroule sur plus de trente ans sont des êtres normaux, pas de super-intelligence ni de super-pouvoirs ce qui rend l’histoire encore plus crédible et tragique.
Il était une époque où l’on disait de la science-fiction qu’elle était une littérature d’idées mais que c’était mal écrit. Les dames blanches de Pierre Bordage confirme que ce truisme est aujourd’hui dépassé. Dans ce récit profondément humain et humaniste, nous avons les idée et l’écriture.

Un livre qui confirme, que sans conteste possible, Pierre Bordage est l’un des meilleurs écrivains français vivants à explorer les domaines de l’imaginaire.

Livres du monde -  François Membre

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Bordage - Les dames blanches - Small things
Posté 17 juillet 2015 -

Avec Les dames blanches, roman futuriste, Pierre Bordage, figure reconnue de la science-fiction française aux orientations humanistes, nous livre ici un plaidoyer éclairant contre le fanatisme et la politique de l’autruche.
Les dames blanches commence comme un roman de science-fiction classique promettant l’apocalypse et la fin de l’humanité : un matin gris et froid, une étrange bulle blanche d’une cinquantaine de mètres de diamètre apparaît dans un champ des Deux-Sèvres et, inexplicablement, attire et avale un enfant de trois ans, Léo, dont elle ne laisse pas la moindre trace. Et ce n’est que la première de milliers de disparitions d’enfants et de dizaines de milliers de bulles qui se répandent dans le monde entier.

Pour décrire le bouleversement mondial sans précédent que ces dames blanches provoquent par leur présence, notamment des perturbations magnétiques et électriques qui provoquent une régression technologique sans précédent, Pierre Bordage emprunte le point de vue de personnages multiples : la mère de Léo, Élodie Mangin, une jeune journaliste d’un grand magazine parisien, Camille Grosjean, leurs maris et leurs enfants puis petits-enfants qu’on tâche de protéger des bulles avec plus ou moins de bonheur.

La fresque des Dames blanches s’étend sur plusieurs générations, et met en lumière tous les réflexes aberrants des dirigeants et des régimes politiques, par une mesure aussi plausible qu’effrayante : la loi d’Isaac. Puisque les seules personnes pouvant pénétrer dans les bulles sont les enfants de moins de quatre ans, l’Inde décide d’envoyer des enfants-kamikazes, chargés de bombes, dans les dames blanches, pour tenter de les faire exploser. Cela a pour seul résultat de faire virer les bulles au gris, et de les faire temporairement diminuer, sans qu’on ne revoie jamais les enfants, bien sûr.Mais il n’en faut pas plus aux autres nations pour faire de même. D’abord, on prend les enfants orphelins. Puis, lorsque leur nombre n’est plus suffisant, tous les pays votent la loi d’Isaac : chaque couple ayant des enfants doit en donner un au recrutement pédokaze, pour le bien de l’humanité. Pourtant, bien marri qui pourrait prouver que ces sacrifices d’enfants ralentissent véritablement sur les dames blanches, ou élèvent l’humanité vers un mieux-être.

Pierre Bordage le souligne en donnant à voir, d’une écriture simple et limpide les répercussions des dames blanches et de la loi d’Isaac dans la vie de chacun de ses personnages, jusqu’au final qui ne se veut nullement une apothéose, mais la prise de conscience du lecteur, lorsqu’il rassemble les fils de l’intrigue, que c’est finalement l’humanité qui est son plus grand ennemi, face à l’inconnu.
Plus que de la science-fiction, plus que du suspense, l’atmosphère qui se dégage des Dames blanches, de ce style posé, qui pointe calmement mais irréfutablement les paradoxes de notre monde, c’est de l’humanisme sous couvert d’anticipation ; de l’analyse sociale et politique sous couvert de romanesque.

Balzac disait, dans son Avant-propos à la Comédie humaine « La société française allait être l’historien, je ne devais être que le secrétaire » ; on pourrait dire de Pierre Bordage qu’il est le secrétaire, visionnaire et lucide, d’une société future.

Small things -  Cécile

 

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Bordage - Les dames blanches - Un papillon dans la lune
Posté 17 juillet 2015 -

Bordage nous touche au cœur dans ce roman. Car il "s'en prend" aux enfants. Les tout petits, ceux dont on sait qu'ils ne peuvent se défendre, ceux dont on a la responsabilité... Ils vont devenir un enjeu crucial incroyable, devenir des armes de guerre. Pour moi c'est de la folie, la folie des hommes dont parle l'auteur. Mon fils allant sur ses trois ans, vous imaginez bien que je ne suis pas restée insensible à l'histoire...

L'échelle de temps de ce roman est intéressante. Elle se déroule sur des dizaines d'années. C'est intelligent de la part de l'auteur, car de cette manière, il peut montrer l'embrigadement des plus jeunes, ceux qui n'ont connu que le monde avec les Dames blanches, comme il est facile à des gens malintentionnés de les modeler, de leur faire penser que ce qui arrive est nécessaire.

Bordage utilise également des mythes anciens pour construire son intrigue, notamment l'histoire d'Isaac, qui devait être sacrifié par son père en tant que premier enfant. D'ailleurs l'utilisation de cette légende par les gouvernements pour le nom de leur loi est erronée, puisqu'Abraham n'a jamais sacrifié son enfant (bon, par contre quelqu'un - un ange - a du lui dire de ne pas le faire...)

Comme souvent chez Bordage on retrouve un personnage de sage, qui réfléchira aux Dames blanches, se posera la question de la communication, chose que les gouvernements ne feront pas. Il reste assez secondaire cependant. Tous les personnages ont des failles, certains peut-être trop, mais en tous les cas, quand Bordage touche à l'enfance et à l'affectif, il sait rendre les sentiments.

Du côté des bémols, au-delà des poncifs presqu'habituels de l'auteur sur les femmes, j'ai été gênée par le traitement de la parentalité. L'arrachement des enfants se fait apparemment toujours à la mère. Il m'a fallu attendre plus des trois quarts du livre pour qu'enfin un père ressente ce sentiment. J'ai trouvé ça long, et injuste, car on arrache un enfant à ses parents, pas seulement à sa mère. Les pères ne sont pas tous des alcooliques dépressifs.

Pour résumer, Les Dames blanches de Pierre Bordage chez L'Atalante marque un renouvellement dans les intrigues de l'auteur. On retrouve évidemment la patte Bordage, mais avec une histoire originale, prenante, que j'ai dévorée en deux jours. L'auteur évoque dans cette dystopie les drames de notre monde, la façon dont les enfants sont pris en otage, soldats malgré eux de guerres insensées. Il a su toucher la corde sensible, et je ne serai sûrement pas la seBordage nous touche au cœur dans ce roman. Car il "s'en prend" aux enfants. Les tout petits, ceux dont on sait qu'ils ne peuvent se défendre, ceux dont on a la responsabilité... Ils vont devenir un enjeu crucial incroyable, devenir des armes de guerre. Pour moi c'est de la folie, la folie des hommes dont parle l'auteur. Mon fils allant sur ses trois ans, vous imaginez bien que je ne suis pas restée insensible à l'histoire...


L'échelle de temps de ce roman est intéressante. Elle se déroule sur des dizaines d'années. C'est intelligent de la part de l'auteur, car de cette manière, il peut montrer l'embrigadement des plus jeunes, ceux qui n'ont connu que le monde avec Les dames blanches, comme il est facile à des gens malintentionnés de les modeler, de leur faire penser que ce qui arrive est nécessaire.

Bordage utilise également des mythes anciens pour construire son intrigue, notamment l'histoire d'Isaac, qui devait être sacrifié par son père en tant que premier enfant. D'ailleurs l'utilisation de cette légende par les gouvernements pour le nom de leur loi est erronée, puisqu'Abraham n'a jamais sacrifié son enfant (bon, par contre quelqu'un - un ange - a du lui dire de ne pas le faire...)

Comme souvent chez Bordage on retrouve un personnage de sage, qui réfléchira aux Dames blanches, se posera la question de la communication, chose que les gouvernements ne feront pas. Il reste assez secondaire cependant. Tous les personnages ont des failles, certains peut-être trop, mais en tous les cas, quand Bordage touche à l'enfance et à l'affectif, il sait rendre les sentiments.

Du côté des bémols, au-delà des poncifs presqu'habituels de l'auteur sur les femmes, j'ai été gênée par le traitement de la parentalité. L'arrachement des enfants se fait apparemment toujours à la mère. Il m'a fallu attendre plus des trois quarts du livre pour qu'enfin un père ressente ce sentiment. J'ai trouvé ça long, et injuste, car on arrache un enfant à ses parents, pas seulement à sa mère. Les pères ne sont pas tous des alcooliques dépressifs.

Pour résumer, Les dames blanches de Pierre Bordage chez L'Atalante marque un renouvellement dans les intrigues de l'auteur. On retrouve évidemment la patte Bordage, mais avec une histoire originale, prenante, que j'ai dévorée en deux jours. L'auteur évoque dans cette dystopie les drames de notre monde, la façon dont les enfants sont pris en otage, soldats malgré eux de guerres insensées. Il a su toucher la corde sensible, et je ne serai sûrement pas la seule à maudire les choix de cette humanité inhumaine. A rapprocher de La Fraternité du Panca, pour le combat contre les fanatismes. Pierre Bordage, forever.
ule à maudire les choix de cette humanité inhumaine. A rapprocher de La Fraternité du Panca, pour le combat contre les fanatismes. Pierre Bordage, forever.

 

Un papillon dans la lune - Lune

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Bordage - Les dames blanches - Fantastinet
Posté 17 juillet 2015 -

Nous retrouvons Pierre Bordage dans un nouveau roman qui va encore nous étonner par son talent narratif. Dans un texte entre anticipation et Science-Fiction, les protagonistes de ce roman vont se retrouver confronter à un étrange phénomène : l’apparition de grosses bulles blanches – appelées par certains les « Dames Blanches » – qui ont la fâcheuse tendance à attirer les enfants de moins de 4 ans qui passent à proximité et que l’on ne peut pas récupérer. Comme souvent dans ce genre de situation, les « Hommes » réagissent de façon belliqueuse et sans réellement à comprendre le phénomène.
Au-delà de cet aspect, ce qui est encore au cœur de l’histoire est le comportement humain, cette vocation à la destruction… Tout élément étranger est forcément un ennemi en puissance. Petit à petit, avec son talent habituel, Pierre nous montre le dérapage d’une société qui ne va pas hésiter à sacrifier son humanité pour atteindre ses objectifs, indépendamment de ce que sont ses objectifs. Je ne veux pas en dévoiler trop, notamment sur la loi d’Isaac (bien que le quatrième de couverture en dévoile pas mal) mais sachez que nous retrouvons les heures les plus sombres de notre histoire…
Comment élever des enfants lorsque leur avenir est menacé ? Comment faire entendre sa voix lorsqu’elle propose d’autres pistes ? Comment comprendre l’incompréhensible ?
Ce sont quelques unes des questions qui jalonnent le récit.

Fantastinet - Allan

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Bordage - Les dames blanches - Le progrès de Lyon
Posté 17 juillet 2015 -

Elles sont blanches, rondes, indestructibles. Elles sont apparues un beau matin et ont peu à peu envahi la planète. D'où viennent-elles ? Que veulent-elles ? Personne ne le sait… Mais ces bulles attirent et font disparaître des enfants de moins de 3 ans, ce aui les rend dangeureuses. Pour pouvoir vivre avec, il faut les comprendre, mais ce n'est pas si simple, car la communication est impossible…

Après le formidable Celle qui a tuos les dons, les éditions L'Atalante reviennent avec un nouveau bijou d'anticipation signé Pierre Bordage. Dans cet ouvrage, ce maître de la SF, français, ne se limite pas à un envahissement de la Terre par des sphères molles er sources d'énergie. Il met l'humanité devant ses incohérences et sa peur de l'inconnu et son manque criant d'adaptabilité.

Comment réagir face à cette invasion - plutôt pacifiste -mais effrayante ?

Sur plusieurs décennies, Pierre Bordage imagine l'évolution de la société qui cherche à détruire plus qu'à comprendre. Il souligne également son appauvrissement par son inadaptabilité. Ses héros, qui tentent à leur manière avec ces manifestations, sont liés à elles et tout au long de leur vie vont changer d'avis et de comportement. Une reflexion pertinente sur la dangerosité du fanatisme.

Le progrès de Lyon -  David Tapissier

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Bordage - Les dames blanches - Libération
Posté 21 juillet 2015 -

Rencontrer Pierre Bordage à Nantes se présentait comme une évidence. Rien dans son abondante bibliographie n’accorde pourtant de place privilégiée à la ville des bords de Loire. La quarantaine de titres sortis en trente ans privilégie l’imaginaire plutôt qu’une cartographie du réel. Mais un auteur, parfois malgré lui, n’est pas une entité sans racines ou sans écosystème, planant dans l’éther, disparaissant derrière ses écrits. Pierre Bordage est relié à Nantes, ne serait-ce que parce que l’éditeur qui l’a propulsé, l’Atalante, siège au cœur de la préfecture de région et que le festival des Utopiales l’a gardé onze ans pour président (ce qui lui a valu la médaille d’honneur de la ville). Autres affinités plus lointaines, indépendantes de l’auteur, mais qui créent une sorte d’amas signifiant qui colle en partie à la représentation culturelle de la ville : l’illustre Jules Verne, romancier d’anticipation, y naquit, et de surcroît les machines de l’île donnent un cachet steampunk à son histoire industrielle.

Musée Jules Verne

Retrouver donc l’écrivain in situ, dans son port d’attache, et lui laisser le choix du parcours. Dès la sortie de la gare, côté nord et donc pas vers l’île de Nantes avec ses machines, le Lieu unique ou le musée Jules Verne, sa claire intention est de donner à sentir un Nantes intime plutôt qu’un lieu déjà symboliquement marqué. Cheminer simplement. Marcher permet de dérouler le fil, de faire émerger au passage des différents quartiers les souvenirs dans les pas, la silhouette du passé se superposant sur celle du présent.

«Une douceur incomparable, une langueur presque, imprégnait son atmosphère», a écrit Pierre Bordage à propos de Nantes, dans une courte nouvelle de 2007 (1). Le narrateur vient pour la première fois dans la cité pour un rendez-vous avec une femme avec laquelle il correspond par mail depuis deux ans mais qu’il n’a jamais vue. Elle lui a écrit qu’ils sauraient se rencontrer s’ils en avaient tous deux le désir. L’homme erre dans les rues, porté par la découverte environnante, avant de réaliser à l’aube qu’un message caché dans un de leurs échanges vise à l’amener passage de la Châtelaine. Elle lui apparaît alors, blonde, diaphane, féerique, comme dans son désir. A son étreinte, elle s’évanouit, éphémère point de contact entre deux personnages repartis chacun de leur côté dans un labyrinthe de l’espace et du temps. 

Figure pivot

Ce 10 juin 2015, Pierre Bordage emprunte d’abord la même direction que son personnage. Plein cap vers le château, pour remonter le long des ruelles étroites du vieux quartier du Bouffay. L’étudiant commence à se matérialiser. En 1973, un jeune Vendéen né à La Réorthe vient faire ses études à Nantes. Le passionné d’histoire a finalement opté pour la fac de lettres modernes. Bien lui en a pris. Un cours de littérature comparée lui ouvre l’accès à un autre monde : il porte sur la science-fiction américaine de l’âge d’or (Demain les Chiens de Simak, Chroniques martiennes de Ray Bradbury). A l’époque, il dévore surtout Bob Morane. Un atelier de création littéraire se charge ensuite de lui infuser le plaisir d’écrire. Quarante ans après, l’écrivain se souvient de monsieur Defoix, figure pivot de la suite de sa carrière. «Je vous note au nombre de pages, disait M. Defoix. Vous faites ce que vous voulez sans préjugés. Vous ne serez pas jugé sur le contenu mais sur la quantité.» La consigne paraît à rebrousse-poil de ce qu’on attend d’un littéraire, communément adepte de style et de construction narrative. Celle-ci eut pour résultat chez Bordage, déjà fervent de mythologie, de l’aider à ouvrir le robinet à fond. «J’ai découvert le plaisir de raconter des histoires, d’abord comme une écriture automatique, puis elles se sont structurées.»

Rue Sully, à un passage piétons, une dame le reconnaît et se dirige vers lui. Elle s’occupe d’une association organisatrice de rencontres littéraires. Toujours affable, Pierre Bordage lui raconte qu’il est invité à un festival au Bhoutan cet été, ce qui paraît quand même du dernier chic exotique. La balade débouche ensuite sur le quai de Versailles et on le sent frémir à la vue de l’eau et des bateaux, l’Erdre apparaît à cet endroit-là. «Nantes est une ville de comblement, raconte ce passionné d’histoire. C’est ce qui s’est fait avec l’île Feydeau en 1750, avec la méthode hollandaise.» L’époque des négriers, l’insurrection vendéenne, le sinistre Carrier… la matière se déroule au fur et à mesure de la progression sur la voie qui longe l’Erdre. François Ier disait, souligne-t-il amusé, que l’Erdre est la plus belle rivière de France.

Ce mixte d’urbain et d’eau constitue un parcours que l’écrivain connaît sur le bout des orteils. Un peu plus en amont se trouve le quartier Saint-Félix, où il a habité de 2009 à 2012, délaissant provisoirement sa grande maison de Boussay. «Peu attaché au matériel», il a d’ailleurs décidé de mettre en vente ladite demeure, acquise à son retour de Kansas City. Peu de temps avant, il avait reçu le prix de la Tour Eiffel pour Wang, un cycle qui se déroule au XXIIIe siècle dans un tiers-monde ghettoïsé par l’Occident. Ce prix récompensait la «qualité de sa langue française» et ses «qualités d’inventeur et de conteur».

A Saint-Félix, Bordage montre du doigt l’endroit où il a séjourné. En ce début 2009, sa femme venait de disparaître, fauchée par une voiture pendant leurs vacances en Inde. Il avait besoin de s’éloigner de Boussay où il vivait seul. «Je me souviens d’un isolement très fort à la campagne.» Durant les trois années qui ont suivi, il marchait le long de l’Erdre l’après-midi, observant les oiseaux et le va-et-vient des navigables. «Le dernier bateau-lavoir, qui servait aux lavandières nombreuses à une époque ici, a été transformé en habitation», renseigne-t-il.

un air de mangrove

Dans le jardin japonais, les employés municipaux élaguent des arbres en cette fin de matinée de printemps. Peut-être est-ce ici, ou cela aurait pu, que l’enfant de la campagne explique que le nom «bordage» veut dire métairie au bord d’une grande propriété, ajoutant que son père était un petit métayer. Parfois, le chemin se réduit et contraint les nombreux joggeurs à doubler en interpellant gentiment les promeneurs. Plus loin, après les lignes paysagères asiatiques, le bord de la rivière offre un air de mangrove, avec des branches trempant comme dans un marais. Une famille de ragondins y prenait souvent ses quartiers. De fait, une belle bête se prélasse placidement en contrebas comme pour appuyer les dires de Bordage.

Après l’année d’’éveil à l’écriture et à la SF, Pierre Bordage n’a plus cessé d’écrire, à flots continus. Sa première tentative fait chou blanc, seul Grasset lui envoie «une critique personnalisée et encourageante». Le grand soir éditorial attendra et il enchaîne différents métiers. En 1981, il monte une librairie ésotérique rue d’Alésia à Paris, dont Françoise Hardy sera une des plus fidèles clientes. En 1985, il s’installe dans le Gers et produit les 2 000 pages des Guerriers du silence en six mois, sur un cahier d’écolier. Le souvenir d’une expérience d’écriture intense. On devine chez lui la nostalgie de ce moment de jaillissement, après lequel il a peut-être ensuite couru toute sa vie.

Ce n’est qu’en 1992, que cet ancien karatéka et passionné de basket devenu journaliste sportif est enfin publié. La maison d’édition Vaugirard lui propose d’écrire la série des Rohel, le conquérant. Peu après, il découvre les éditions l’Atlante qui publient Orson Scott Card traduit par son ancien professeur de banjo Patrick Couton. Il livre à Pierre Michaut, le directeur, ses Guerriers du silence, space opera épique. La trilogie connaît un succès immédiat, Pierre Bordage gagne l’accréditation définitive dans la SF française, qui vit un joli renouveau dans ce milieu des années 90.

Mais, conteur invétéré avant d’être un architecte d’univers, Pierre Bordage s’avère un touche-à-tout virtuose. Non content du space opera, il chevauche vers la fantasy initiatique avec les impressionnantes Fables de l’Humpur, rédigées alors qu’il s’est installé avec sa famille en Dordogne, puis se lance à pleins poumons dans le roman historique. Avec la même recherche langagière. Dix ans après, on sent à la manière dont il en parle la course de fond qu’a représentée l’Enjomineur, trilogie vendéenne qui se déroule de 1792 à 1794. Manière d’enjoliver ou vrai défi de fin de soirée arrosée : ce projet est né, dit-il, après une conversation avec Jean-Christophe Rufin, tout juste lauréat du Goncourt, sur la plage d’un très bel hôtel de Guadeloupe. A-côté plaisant d’un salon du livre auquel ils étaient tous deux invités. Les deux auteurs en viennent à échanger sur leur dominante respective, constatant que l’un est plutôt tourné vers le roman historique, l’autre vers la science-fiction. Reconstituer l’histoire du passé ou construire celle du futur… Un challenge serait peut-être de prendre l’autre sens du temps… En 2004, Rufin publie une dystopie, Globalia ; Bordage le premier volume de l’Enjomineur, de la fantasy historique. «L’Enjomineur m’a demandé beaucoup de travail : je me suis mis dans la peau des gens de l’époque, me documentant énormément sur les faits historiques et en vérifiant un mot sur deux…» Pour le Vendéen natal, il était entendu qu’il évoquerait un jour le traumatisme encore palpable, les «atrocités populicides qui ont été le laboratoire des horreurs à venir, du communisme, de l’idéologie totalitaire». L’auteur a tout de même mis son grain de sel en infusant du surnaturel, tout en s’efforçant d’être scrupuleux. Quelque chose en lui est plus fort que tout. «Je ne peux pas m’empêcher de mettre de l’imaginaire. Il me faut un petit vertige, un décollement de la réalité.»

«Janséniste du style»

S’il a été publié tard, à 30 ans, Pierre Bordage a maintenu depuis un rythme de publication soutenu, avec parfois deux à trois titres par an. «J’écris moins aujourd’hui, car je pratique l’écriture comme une immersion totale qui me demande beaucoup d’énergie.» Le regard de sa femme Hamama, doctorante en lettres qui rêvait d’écrire sans jamais y être parvenue, lui manque peut-être aussi. Cet amoureux du latin, ce «janséniste du style» comme il s’est un jour défini, s’est toujours consacré à l’activité avec une attention de métronome. Pendant longtemps, il se mettait à son bureau quotidiennement vers 8 h 30-9 heures pour n’arrêter que vers 19 heures. «Maintenant, je m’astreins à sortir vers 15 heures. Mon métier est un travail d’artisan. Mon atelier, c’est mon bureau.» A tel point qu’il a calibré sa productivité : 10 pages à 2 200 signes et la journée est réussie. Il n’est bien qu’avec la police Times new roman, corps 14, interlignage 1,5. Autre manie d’écrivain : il ne peut écrire qu’à son bureau à la différence d’autres congénères, plus à l’aise dans les cafés ou qui grattent même en voyage. Jamais la nuit, «trop angoissant, hostile». Au-delà du cérémonial, Pierre Bordage n’a pas cessé de suivre la voie ouverte par M. Defoix. «J’écris spontanément, sans faire de plan et, au fur et à mesure, l’histoire trouve sa propre cohérence. A chaque fois, je me lance dans le vide. C’est un acte de confiance constante envers l’inspiration.» Il se catalogue lui-même dans la catégorie des «scripturants», définie par l’écrivain et le théoricien de SF Francis Berthelot, à la différence des «structurants». «Cela veut dire qui a besoin de l’écriture pour avancer. Quand j’ai une bible, j’essaie de me couler dedans. Mais quand on me donne un pitch, c’est une torture.»

C’est la Belle Equipe que vise le meneur après une petite heure de déambulation, un restaurant sympathique qui surplombe l’Erdre peu après l’université. A l’intérieur, Pierre Bordage continue à dérouler avec la même douceur, sans jamais d’embardée dans la voix ni flamme d’émotivité déplacée. Je me souviens d’un débat il y a quelques années sur la grande scène des Utopiales : Jean-Christophe Rufin avait parlé comme sur la défensive, peut-être parce qu’il appréhendait la tension que pouvait susciter ce qui pouvait être considéré comme une intrusion dans un milieu plutôt clanique avec ses codes précis. Pierre Bordage s’était exprimé à son tour avec simplicité et tolérance, sans être tenté un instant par le moindre élan cruel en direction du fragile intervenant. Pour lui, la reconnaissance n’est pas un enjeu, et il est l’un des rares à vivre de sa plume. Une constance qui fait d’emblée de cette haute stature un personnage familier et rassurant des festivals du genre.

Bulles invincibles

Cette sorte de détachement vient-il du mysticisme qui l’accompagne depuis toujours ? «Enfant, j’entendais des élans à l’intérieur de moi et ressentais une perception au-delà du monde.» Quatre ans de petit séminaire l’ont dégoûté de la religion, une «oppression», mais il a cultivé le mysticisme, s’intéressant au taoïsme, au bouddhisme, aux idées de Jiddu Krishnamurti. «Cela a influencé toute mon écriture, jusqu’à aujourd’hui.» Ses romans mettent souvent en scène des personnages qui mènent un travail spirituel sur eux-mêmes. Un personnage des Dames blanches, la journaliste Camille, opère cette sorte de cheminement tout au long de la quarantaine d’années que couvre le livre, subdivisé en chapitres qui portent chacun un prénom. Les dames blanches, comme une référence à la légende des lavandières annonciatrices de la mort… «Je conduis mes héros à développer leur part spirituelle, à retrouver leur force intérieure qui les rend incontrôlables», acquiesce-t-il, étonné lui aussi que son roman, tout juste sorti chez l’Atalante, n’arrive sur la table qu’à la fin de la balade.

Les dames blanches sont d’immenses bulles extraterrestres débarquées un jour sur une terre et qui absorbent petit à petit tous les enfants de la planète de moins de 4 ans. Sa vision de l’invasion sert en fait à pousser son sujet, l’homme confronté à ses propres limites. Dans quelle mesure accepterait-on de sacrifier ses propres enfants ? N’en ferait-on pas autant dans de telles circonstances ? Le propos critique aussi le libéralisme et son matérialisme. Les bulles, être intelligents qui résistent à toutes les tentatives de destruction, même les missiles à tête nucléaire, anéantissent toutes les ondes. Plus de pétrole, de téléphone, d’Internet, de courrier…. Sans doute moins ambitieux en terme de SF que d’autres de ses romans, les Dames blanches montrent que Pierre Bordage a gagné en épure, empreint de la même quête intérieure. «Le styliste, dit-il enfin, va faire bouger la surface de l’eau pour qu’on s’intéresse aux vagues. Pour celui qui s’intéresse au futur, la surface apparaît lisse et l’effet de miroir dévoile les fonds.»

Frédérique Roussel - Libération

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Bordage Pierre - Les dames blanches - Interview 1 livre en 5 questions - Blog littéraire et musical
Posté 19 août 2015 -
Comment vous est venue cette idée de ces étranges sphères blanches ?

Je ne sais pas au juste. Il me fallait une structure qui ait une apparence inerte et inoffensive, et la sphère m’a semblé tout indiquée.
Et d’autant plus judicieuse, je m’en suis rendu compte en développant le récit, qu’elle est l’image du ventre, de la matrice, et que l’un des sujets principaux du roman est la relation à la  maternité, à la filiation.

La thématique est très actuelle, dans un monde où « la peur pousse à l’aberration », comme vous le dites si bien dans le livre…

La peur est notre seul véritable ennemi, je crois, et le pire !
Peur de l’autre, peur du manque, peur du vide, peur du noir, peur de la perte, peur de la solitude, peur de la souffrance, peur de la maladie… Si on observe l’être humain avec lucidité, on se rend vite compte que la plupart de ses outrances sont liées à la peur.
Elle nous retire toute raison, toute réflexion, et peut nous conduire à l’extrémisme, à l’intolérance, au génocide, et au sacrifice de ses propres enfants, comme le raconte le roman.

Comme toujours dans vos romans, vous mettez les personnages en avant. Les dames blanches est aussi une histoire de rencontres…

Un roman est avant tout une affaire de personnages.  De rencontres, comme vous dites, avec d’autres humains.
Un auteur est un être humain, si, si, je vous assure, qui s’adresse à d’autres êtres humains pour parler de problèmes humains. Le personnage est le véhicule idéal, parce qu’il n’est pas dogmatique, il est de chair et de mots, parce qu’il suscite, c’est son but, l’empathie, l’identification, et permet d’explorer en toute liberté différentes facettes de l’humanité.  

Vous semblez vraiment avoir pris soin de travailler autant l’aspect « réflexion » que l’aspect « ludique » de cette étonnante et magnifique histoire…

Je pense que l’aspect réflexion est dû au genre SF, qui permet, par ses sauts dans l’espace temps créant un effet loupe, de mieux cerner les courants de fond qui traversent notre présent. Le saut dans l’espace temps permet également de générer cet aspect ludique dont vous parlez.
Pour moi la SF, et particulièrement l’anticipation, est une combinaison magnifique de divertissement, de réflexion sur le présent et d’interrogation fondamentale, philosophique.

Si je vous dis que ce livre, comme la plupart de vos livres, est avant tout humaniste, que me répondez-vous ?


Je vous réponds oui, mille fois oui. Je ne suis qu’un explorateur de l’humanité, comme tous les romanciers je suppose.
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Bordage - Les dames blanches - L'Anjou agricole
Posté 04 septembre 2015 -
La première sphère blanche d'une trentaine de mètres de diamètre est apparue dans la campagne deux-sévrienne "avalant" un petit garçon de 3 ans. Vingt ans plus tard elles sont des milliers à avoir colonisé la terre et les puissantes armées du monde n'ont pas réussi à en détruire une seule. Cette invasion s'accompagne d'une inexorable régression technologique qui menace l'équilibre mondial. Alors que les meilleurs scientifiques restent impuissants, un malien passionné d'ufologie et une journaliste tentent le tout pour le tout. Un passionnant roman de science-fiction qui stigmatise l'égoïsme et la bêtise humaine.

La sélection de Jean-Paul Guéry, hebdomadaire l'Anjou agricole
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Bordage - Les dames blanches - L'Echo
Posté 07 septembre 2015 -
Elles sont arrivées soudainement, imposantes, mystérieuses, impassibles. Quelques unes d'abord, par-ci par-là sur Terre. Des sphères blanches immobiles, silencieuses, inquiétantes. Aussitôt des enfants se sont précipités vers elles, et ont été happés, comme absorbés, et ont disparu. Pas tous les enfants, certains seulement. La réplique des autorités ne se fera pas attendre, agressive évidemment; canonnades, explosifs, missiles, sans que pour autant les Dames Blanches en soient affectées. Au fil du temps elles seront des centaines, puis des milliers, et toujours plus d'enfants qui disparaissent au sein de ces sphères indestructibles. Jamais à court d'imagination lorsqu'il s'agit de réagir avec violence, les hommes organiseront alors un effroyable programme de sacrifice de leurs enfants, équipant d'explosifs à retardement des cohortes d'innocents sacrifiés sur l'autel de la peur et de l'incompréhension… mais toujours sans résultat. D'abord des orphelins, bien sûr, puis les familles furent mises à contribution. Il fallut faire voter des législations iniques, promulguer des décrets liberticides qui engendrèrent opposition et résistance auxquelles succéderont répression et oppression.
C'est à travers Camille Grosjean et sa famille que l'on suit - sur des décennies - les péripéties de cette parabole sur les dérives du comportement des sociétés face à l'inconnu; la présence des Dames Blanches n'étant que le révélateur des funestes réactions humaines en temps de crise exceptionnelle.

La rubrique de François Estrada, L'Echo du Centre
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Bordage - Dernières nouvelles de la Terre - La BiblioBlog de Maêlle
Posté 11 septembre 2015 -
Pierre Bordage manie très bien l’aspect apocalyptique d’une terre abandonnée à elle-même tandis que les hommes ont trouvé refuge ailleurs. Le personnage semble nostalgique de cet endroit dont les nouvelles n’arrivent plus. Mais cela veut-il dire qu’elle disparaît ou à l’inverse que ceux qui sont restés (ou que l’on a volontairement laissé sur place) ne veulent surtout pas que s’ébruite la lente reprise de la vie ? C’est tout le questionnement qui se pose quand on lit cette nouvelle où il nous semble que la volonté de changer de planète pour aller vivre dans un endroit peu accueillant afin de travailler et survivre nous paraît un peu… Insensé.
 
La BiblioBlog de Maêlle
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Bordage - Les Dames Blanches - Radio Cité Vauban
Posté 18 septembre 2015 -
Notre monde a peur. Cette phrase lapidaire est néanmoins d’actualité quand, tous les jours, les médias , la toile, nous livrent tout un flot de faits, d’images nauséabondes empreintes de haine. Cette violence, cette aversion est souvent issue d’une méconnaissance de l’Autre, de comment il vit. Sa différence est vécue comme une agression par ces personnes phobiques, sans motif apparent. Pierre Bordage s’empare de ce phénomène de peur dans Les Dames Blanches, son nouveau roman paru aux éditions l’Atalante.

Tout commence par une apparition en France, une étrange bulle blanche. Cette bulle attire certains enfants de moins de quatre ans qui disparaissent du jour au lendemain. Loin d’être un phénomène unique, ces bulles surgissent sur tout le globe avec les mêmes conséquences pour les enfants. Perturbation des réseaux informatiques, les gouvernements mettent en place des politiques extrêmes pour lutter contre ces bulles. A quel prix !

Ce n’est pas une nouveauté que de saluer la créativité de Pierre Bordage. Il ne faillit pas encore une fois ici avec cet ouvrage d’anticipation qui questionne encore et toujours la profonde la nature de l’Homme, le côté obscur des êtres humains et des gouvernants face à l’inconnu. L’auteur prend le temps de l’analyse des comportements puisque le récit s’étale sur plus de soixante ans avec une myriade de personnages comme Basil, l’UFOlogue noir, Catel, sa fille Camille ou encore Jason. Bordage porte un soin particulier à leur psychologie. Un très beau roman comme on les aime qui embarque, passionne et questionne sur ses représentations ainsi que celles de l’Homme qui devrait plutôt s’interroger pour mieux connaître ce qu’il ne connaît pas.
 
Olivier Verstraete
Radio Cité Vauban
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Bordage - Bookddl
Posté 24 septembre 2015 -
C'est avec sa trilogie Les Guerriers du silence, publiée aux éditions de l'Atalante et vendue à 50 000 exemplaires, qu'il rencontre le succès. Ce space opera ainsi que le cycle de Wang sont salués par la critique littéraire comme des œuvres majeures du renouveau de la science-fiction française des années 1990, genre qui était alors dominé par les auteurs anglo-saxons.

Au fil de ses publications, Pierre Bordage acquiert la notoriété et une reconnaissance parmi les meilleurs romanciers populaires français. Auteur d'une quarantaine d'ouvrages ainsi que de nouvelles, il a aussi conçu des novélisations et a même réalisé quelques scénarios pour le cinéma, pour ensuite s'essayer à l'adaptation théatrale ainsi qu'à celle de sa propre œuvre en bande dessinée.

Les ouvrages de Pierre Bordage ont une orientation humaniste, axée sur la découverte de la spiritualité, la lutte contre le fanatisme ou encore le détournement du pouvoir politico-religieux au profit de quelques-uns. Bien qu'issu de la science-fiction, il travaille bien davantage sur ses personnages que sur la science et les technologies qu'il met en scène, et s'inspire des épopées et des mythologies du monde entier.
 
bookddl.com
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Bordage - Les Dames Blanches - Communauté Orange
Posté 25 septembre 2015 -
Au cours de ces 400 pages, l'humain nous apparaît tour à tour courageux, intelligent, provocateur et surtout d'une grande veulerie ! J'ai aimé que P.Bordage "raccroche" le temps de son histoire à notre temps, c'est je pense ce qui en fait sa force, son intérêt et amène la réflexion.
 
lalouve8
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Bordage - La Fraternité du Panca - La Biscothèque
Posté 02 novembre 2015 -
« Un lecteur passionné de SF » m’a dit que…
La Fraternité du Panca est un space opéra haletant et captivant qui entraîne ses héros à travers l’espace et le temps.

Cinq tomes pour cinq « frères » et « sœurs » engagés dans une course de relais contre la montre effrénée, pour sauver l’humanité d’une menace effroyable venue du fond de l’espace.

Cinq frères et soeurs qui se cherchent à travers la galaxie, passant de mondes médiévaux à des mondes technologiques, tout en tentant de survivre aux nombreux ennemis fanatiques qui les traquent.
Des personnages attachants et hauts en couleurs qui explorent la profondeur de l’âme et nous embarquent irrémédiablement avec eux.

Terriblement addictif.
 
87elle, La Biscothèque
 
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Bordage - Les Dames blanches - Daily Books
Posté 09 novembre 2015 -

A travers le personnage de Camille – une femme journaliste – et ce qu’elle subit, Bordage dresse un portrait de l’incommensurable bêtise humaine et fait à contrario celui de la tendresse, de l’ouverture, de l’attention aux autres. L’occupation de la Terre par les dames blanches ressemble à une autre occupation pas si lointaine dans le temps. En tout cas, elle donne lieu à des lois d’exception […]

Attention, aussi noire que cette histoire paraisse elle n’est pas vraiment pessimiste. Bordage offre à certains personnages la possibilité de se corriger, d’être rédimés … Et je crois qu’il nous donne, à nous lecteurs, une clé de vie. Citation : « La vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier. Il aurait fallu nous libérer de nos schémas habituels de pensées pour appréhender la visite des dames blanches… »

Attention, spoiler sur l'avis complet :

Daily Books

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Bordage - Les Dames blanches - Bifrost
Posté 20 novembre 2015 -
La portée humaniste et spirituelle de ce roman, encore renforcée par l'attribution de prénoms issus de la mythologie grecque à la portée symbolique évidente, se situe dans la droite ligne de précédents ouvrages de Bordage. Bien que secondaire dans son œuvre, il reste d'une lecture agréable qui force à la réflexion sur ce que chacun est prêt à accepter - au détriment de l'éthique, au nom de l'humanité.
 
Claude Ecken
Magazine Bifrost n°80
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Bordage - Les Dames blanches - Appuyez sur la touche "Lecture"
Posté 25 novembre 2015 -
C'est un magistral avertissement qui nous est adressé par l'auteur à travers cette allégorie douloureuse. Dans Les Dames blanches, publié au printemps dernier aux éditions L'Atalante, Pierre Bordage, une des plus fines plumes de l'imaginaire francophone, prend des accents à la Herbert George Wells, pour une espèce de Guerre des Mondes, où l'on finit par comprendre qu'il n'y a qu'un belligérant : notre monde à nous, auto-destructeur et motivé par des considérations qui laisse l'humain à l'écart, jusqu'à le sacrifier...

[…] Un livre très dur, violent, difficile sur un plan émotionnel, aussi...

[…] On a l'impression que la catastrophe se déroule en temps réel sous nos yeux. Mais il faut en comprendre les enjeux afin de savoir quel sera l'avenir après les Dames blanches, si tant est qu'elles disparaissent un jour à leur tour... Sera-t-il empli de ténèbres ou au contraire, s'agira-t-il d'une page nouvelle et d'un nouveau commencement ?

[…] L'univers décrit dans Les Dames blanches est sombre, torturé, marqué par l'inquiétude, aussi. Et pourtant, comme souvent chez Pierre Bordage, il y a de la lumière au bout du tunnel. Reste à accomplir le trajet jusque-là, semé d'embûches, forcément. Et des pièges que l'homme se tend à lui-même, en permanence.

Pierre Bordage l'humaniste se fait une fois de plus lanceur d'alerte. Il le fait avec un talent de narrateur certain, créant une nouvelle fois une atmosphère lourde, oppressante, qui pousse le lecteur à se remettre en question lui aussi. Et puis, il mène parfaitement sa barque, usant avec une grande habileté de l'inconnu et de l'ambiguïté qui planent au-dessus de ces Dames blanches.

[…] Il y a chez Bordage une aptitude incroyable à faire coller ses romans d'anticipation au monde tel qu'il est et ce livre-là en est encore un exemple frappant. Aux frontières du fantastique et de la SF, il propose ici un roman en forme de parabole d'une redoutable puissance, dont on ne sort pas indemne.
 
Joyeux-drille
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Bordage - Les Dames blanches - Girl kissed by fire
Posté 25 novembre 2015 -
Les personnages se croisent et leurs destinées toutes entières tournent autour des Dames blanches, qui volent les enfants, rendent les hommes pires et détruisent toute technologie.

Malgré un tout petit défaut (j’aurais bien aimé au début de chaque chapitre en quelle année ça se passe, afin de voir l’évolution plus concrètement car il y a de sacrés ellipses), on est totalement absorbé dans le roman et on souhaite en connaître le dénouement. L’écriture est très agréable et on se demande également comment on pourrait réagir dans cette situation. Pierre Bordage a en effet réussi à décrire des personnages et des situations très réalistes malgré un postulat de départ dont on espère qu’il nous épargnera!

Un vrai coup de cœur, que je vous conseille vivement !
 
Girl kissed by fire
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Bordage - Les dames blanches - Zonedelivre
Posté 12 avril 2016 -
Une sphère blanche apparait un jour dans une ville française… et puis les jours passent et de nouvelles sphères apparaissent dans tout l’Hexagone. Le phénomène prend de l’ampleur et s’étend à l’Europe et sur toute la planète.

Quelle est la signification de ces étranges boules blanches qui grossissent jour après jour ? et surtout, pourquoi « avalent-elles » les jeunes enfants âgés de trois ans, sans distinction de race et de couleur de peau ?

Un véritable coup de coeur !!

Cette découverte des romans, déjà nombreux de l’auteur français qui s’est fait une spécialité dans l’écriture de l’imaginaire, fut un pur hasard, trouvé sur la table des nouveautés dans la médiathèque de mon lieu de résidence.

Une histoire originale, mélange subtil entre fantastique et science fiction (les clins d’oeils dans les deux genres sont nombreux pour qui possèdent un peu de culture ciné et littéraire) des situations troublantes, un suspens diabolique et des personnages que l’on découvre tout au long de ces pages qui sont loin d’être blanches.

Un univers superbement bien décrit pour cette histoire de boules blanches énigmatiques qui vont oeuvrer sur la planète pendant de nombreuses années et auxquels les chefs d’états de tous les grands pays de ce monde, vont tenter de trouver une solution pour les détruire, persuadés des intentions belliqueuses de ces mystérieuses sphères, qui semblent se « repaître » uniquement des jeunes enfants de moins de quatre ans.

Dès lors, les pays du monde entier vont entreprendre sur de longues années des solutions drastiques pour parvenir à leurs fins. Il faut mettre à mal ces boules, ces « dames blanches », nommées ainsi dès le début de leurs apparitions terrestres, par une journaliste prénommée Camille, une des héroïnes nombreuses de ce récit troublant.

D’une écriture pointue, ciselée et d’une grande efficacité, l’auteur nous conte une histoire incroyable et nous convie à un message sur le devenir de l’humanité, en évoquant son passé et sa détermination à détruire son prochain pour arriver à ses fins. Tour à tour, le récit est plongé dans les mythes fondateurs de l’histoire de l’Homme, la mythologie grecque et ce terrible message pessimiste sur le devenir de la planète bleue et celles et ceux qui l’occupent.

Un récit fantastique avec un message alarmant mais aussi d’espoir sur notre condition humaine et sur ce que nous devons faire pour nous préserver et garder notre présence sur la planète Terre. Pierre Bordage qui n’en ai pas à son premier coup d’essai, réussit avec ce dernier roman paru, un véritable tour de force. En tant que lecteur, j’ai été plongé dans ce fabuleux récit d’anticipation avec un mélange de fantastique et de réel à la fois. Après bien des péripéties pour tous les personnages principaux de l’histoire, entre joies et drames, entre colère et détermination, entre la révolte et la guerre entre les hommes, ces « dames blanches » quittent les pages du livre sur un grand moment d’émotion rare.

Ce roman est un petit bijou de lecture ! je suis extrêmement heureux d’avoir découvert cet auteur et son dernier roman !

Un seul mot pour vous convaincre : Humanité… si vous en êtes conscient, lisez cet incroyable roman, vous ne pourrez plus en douter !

Zonedelivre - Jean-Marc Volant
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Bordage - Les Dames Blanches - Actusf
Posté 27 avril 2016 -
Un auteur qui compte

Pierre Bordage est l’homme qui, après Stefan Wul et avant Laurent Genefort, a réconcilié la science-fiction française avec le space opera. La trilogie des Guerriers du silence, réussite incontestable tant d’un point de vue commercial que critique, a installé Bordage au cœur du (petit ?) paysage de la littérature de la science-fiction francophone. Préoccupé par la lutte contre les fanatismes, Pierre Bordage tient à en imprégner les fictions qu’il publie. Les Dames blanches s’inscrit dans cette démarche et relève autant de la science-fiction (par sa proposition de départ : des bulles blanches apparaissent sur Terre et avalent les enfants) que du thriller (l’auteur cherche à créer un suspense) : reste à savoir si la sauce (pour reprendre une expression de grand cuisinier) prend (et là c’est essentiel).

Une invasion silencieuse

En plein automne, une étrange bulle blanche surgit dans la campagne des Deux-Sèvres et attire le jeune Léo en son sein sans que sa mère Elodie ne puisse faire quoi que ce soit. Le magazine « Femmes » dépêche une de ses meilleures journalistes, Camille, pour recueillir le témoignage d’Elodie, qui n’a pas inventé son histoire : des dizaines de femmes de par le monde racontent les mêmes scènes de disparition d’enfants. Le phénomène prend une ampleur mondiale car les bulles bientôt rebaptisées « dames blanches » se multiplient à la surface du globe et empêchent de surcroît par leurs ondes magnétiques le bon fonctionnement du net, des portables, des téléphones. L’humanité régresse tandis que l’ONU prend une décision cruelle : par la loi dite d’Isaac (qui renvoie à la Bible), chaque famille doit fournir un enfant destiné à devenir un « pédokaze » (version adaptée du Kamikaze) qui ira se faire exploser au sein d’une dame blanche. La journaliste Camille, qui a perdu son fils Nathan, se pose cependant de plus en plus de questions après avoir raconté l’ufologue Basile Traoré : quel est le but des dames blanches ? L’humanité est-elle à même de comprendre ce qui se passe ?

Les limites de l’entreprise « bordagienne » ?

On peut présenter Les Dames blanches comme la chronique d’une invasion, d’une intrusion extra-terrestre dont les buts échappent complètement aux humains qui y voient l’expression d’une menace remettant en cause leur civilisation. Chaque chapitre est titré d’après le nom d’un personnage ayant à affronter soit directement les dames blanches, soit les conséquences de leur apparition. On suit avec parfois de l’appréhension les développements de l’intrigue (ce qui démontre de la part de Pierre Bordage sa maîtrise des mécanismes du thriller). Reste un gros point noir : la tendance à la sentimentalité. Notre auteur accorde beaucoup d’importance aux personnages et à leur psychologie (et il a raison). Reste qu’il y a ici beaucoup d’excès sentimentaux, de réflexions sur l’amour qui handicapent le récit, excepté à un moment de la fin où une mère retrouve son fils : là, Pierre Bordage sait trouver le ton et les mots justes. On lui souhaite donc de maîtriser son sentimentalisme car une chose est sûre : Pierre Bordage sait nous raconter des histoires. Un talent rare qui demande à être choyé et protégé.

Sylvain Bonnet
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Bordage - Les Dames Blanches - Gruznamur
Posté 27 avril 2016 -

Chaque nouveau roman de Pierre Bordage se déguste, tant l’auteur a su se renouveler constamment tout au long de sa longue et prolixe carrière.

SF accessible et humaniste

Les dames blanches ne déroge pas à la règle, par son sujet original et son traitement qui donne un récit de SF d’une belle profondeur et très accessible.

D’étranges et monumentales bulles blanches apparaissent un peu partout dans le monde et capturent certains enfants avant leur quatrième anniversaire. C’est l’histoire de l’humanité sur une période de 50 ans que nous propose l’auteur. Elle est confrontée à un mystère et va se défendre contre cette menace (mais en est-ce vraiment une ?) jusqu’à en perdre la boule.

C’est le récit de personnages surtout, que l’auteur humaniste traite d’une manière aussi originale que son sujet. Chaque chapitre porte le nom d’une nouvelle personne, importante ou juste de passage, qui donne une vraie impression d’universalité. Les personnages principaux vont vivre en parallèle, s’entrecroiser parfois, l’individu n’étant rien sans ses interactions avec ses congénères. Histoires de rencontres.

« La peur pousse à l’aberration »

Sur ces bases, Bordage développe une histoire, alternant différentes ambiances, incroyablement addictive et qui pousse à la réflexion. Comment réagir face à l’inconnu ? Comme le dit l’auteur, « la peur pousse à l’aberration ». Et le monde entier va vite y plonger, jusqu’à l’indicible.

Trajectoire de notre monde actuel où le fanatisme continue de faire des ravages, Les dames blanches est aussi un cri contre l’indifférence, une vision d’un futur proche où le monde perd le sens de ses valeurs. Un monde en régression technologique, perturbé électroniquement par ces bulles blanches.

L’homme au-dessus de tout

Comme toujours, Pierre Bordage met l’homme au-dessus de tout, posant de vraies questions existentielles tout en ne perdant jamais de vue l’aspect ludique de son histoire. En grand humaniste qu’il est, l’écrivain nous plonge dans un récit où la parentalité est au centre du débat, à l’image de ces sphères blanches comme une parabole de la maternité.

Comme souvent dans son œuvre, il questionne sur ces personnes à part, visionnaires, qui sortent du schéma de pensée ancestral. Il en sort une histoire dont certains passages sont à fendre l’âme.

J’ai été touché comme rarement, comme peu d’auteurs arrivent à m’émouvoir et à chatouiller autant ce qui constitue mon être, ma pensée intime.

L’une des plus grandes plumes de la littérature de l’imaginaire nous a donc pondu (sans mauvais jeu de mot) une histoire profondément touchante, immersive et qui pousse intelligemment à la réflexion. Une réussite totale, un magnifique bijou.

Le livre en un mot : humaniste.

Gruznamur

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Bordage - Les dames blanches - Clair Obscur
Posté 11 juillet 2016 -
"Une étrange bulle blanche d'une cinquantaine de mètres de diamètres est découverte un jour dans une bourgade de l'ouest de la France. Elle attire et capture Léo, trois ans, le fils d'Elodie."
 
Voici l'étrange début d'un roman de Science fiction se passant sur Terre, sur plusieurs années. D'autres Dames Blanches apparaissant un peu partout dans le monde et étant à l'origine de la disparition de centaines d'enfants, les humains vont alors se livrer à une bataille sans merci et complètement immonde.
 
Car si ces Dames Blanches créent des turbulences électromagnétiques, plongeant la Terre des années en arrière, sans réseaux sociaux, ni téléphone, ni même électricité .... une sorte de post-apo progressif, elles ne se montrent ni hostiles, ni agressives, or la réaction des humains, elle, l'est, multipliée par 100, n'hésitant pas à sacrifier des millions d'enfants.
 
Ce roman a quelque chose d'à la fois hallucinant et de terriblement cruel. La façon dont la lutte contre ces envahisseuse extraterrestres prend des proportions dantesques met presque mal à l'aise et on constate une fois de plus que lorsque tout va mal, les gens se tournent vers les partis extrêmes et ceux qui proposent les solutions les plus radicales. C'est à la fois prenant et terrible.

 

Endea Clair Obscur

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Bordage - Wang Livre 2 - Babelio
Posté 26 juillet 2016 -
Et bien une fois de plus Bordage a réussi à me faire vivre une multitude d'émotions... et comme il est plutôt doué comme écrivain j'ai même eu la nausée lors de certaines descriptions.

Un livre qui prend aux tripes parce que même si c'est de la fiction on est dans la réalité malgré tout. Un système ou une minorité de gros bouffent les petits...ou l'exploitation de l'être humain a une finalité peu avouable mais qui est acceptée pour le plus grand bénéfice de certains.

Un roman où se mèlent de nombreuses scènes de combats et qui nous amènent tout droit vers une humanité décadente.. qui bizarrement me fait penser à notre société actuelle.

Un Bordage que je conseille vivement.. et qui devrait être lu dans les écoles parce qu'il pourrait forcer certaines personnes à penser par eux même ou à voir les choses autrement.
 
Iyoko
Babelio
 
http://www.babelio.com/livres/Bordage-Wang-tome-2--Les-Aigles-dOrient/9494/critiques/1082481
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Bordage - Les Guerriers du silence livre I - Tatooa
Posté 28 juillet 2016 -
Mon premier Bordage, son premier roman ! Pour un premier roman, c'est d'un excellent niveau !

Je vais commencer par les moins : quelques lourdeurs dans le style, des itérations d'adjectifs et d'adverbes dans certains passages, on sent que le bouquin aurait pu faire 100 pages de moins sans que ce soit trop gênant.
L'étonnant de la chose, c'est que ce n'est pas constant dans le roman. On tombe parfois sur des passages agaçants, mais la plupart du temps le style est bon, les phrases courtes. Bref, étonnant.

Un autre moins : le schéma narratif consistant à nous révéler en italique, au début de chaque chapitre, ce qu'il va se passer dans le chapitre, sous forme d'extraits de "livres futurs" et autres. Pour moi, ça n'a eu aucune utilité à part celle de me "gâcher" un brin le plaisir du chapitre en lui-même...

Encore un autre moins : Tixu Oty, qui est "laid" au début du livre, devient très beau à la fin, alors là, même si c'est une parabole, ça m'indispose. J'aurais préféré qu'il reste "laid" quoique transcendé par ses expériences. Hem...

Ceci étant dit : j'ai beaucoup aimé l'histoire en elle-même. le fond mystique,c'est ce qui m'a le plus accroché dans tout ça, parce que j'adore ce genre de bouquins. Même si la progression de Tixu paraît rapide et un brin "deus ex machina", c'est quand même un gros plus dans le roman pour moi.

Le "muffi" de la religion du Kreuz, qui fait bien évidemment référence quasi ouverte aux "muftis" (de mon point de vue), et ses fatwas unilatérales et sans équivoque, sont évidemment d'une actualité brûlante... Il fiche les jetons, et la violence de la répression qu'il exerce n'est pas sans rappeler certains extrémismes actuels.

La terreur engendrée par les lecteurs de pensées, tellement bien décrite, me parle énormément, car ça, c'est la fin de la liberté individuelle. Déjà que l'être humain s'ingénie à esclavagiser les autres tant et plus et par tous les moyens disponibles, si jamais ce genre de télépathie prenait forme, on serait vraiment dans une merdouille incommensurable !
Bordage, à ce niveau-là, fait vibrer une peur intense de perdre ce besoin vital et fondamental qu'est la liberté chez moi, et en cela, il a tout juste.

L'action omniprésente et trépidante ajoute à l'intensité du suspens (même si ralenti parfois par les lourdeurs et "amoindri" par les entêtes de chapitres). On ne sait jamais qui va vivre et qui va mourir, et ça fiche un peu le mouron quand un personnage qu'on aimait bien disparaît. Non je ne vous dirai pas lesquels, ce serait spoiler ! ;-)

En bref, malgré quelques défauts (de jeunesse sans doute), ce premier roman est formidablement bien vu, juste, et plutôt bien écrit dans l'ensemble. J'ai un coup de coeur pour lui malgré ses quelques défauts.
 
Tatooa
Babelio
 
http://www.babelio.com/livres/Bordage-Les-Guerriers-du-silence-tome-1--Les-Guerriers-du/19753/critiques/959851
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Bordage - Les Guerriers du silence livre III - Tatooa
Posté 28 juillet 2016 -
Waow ! Un tome 3 qui rattrape largement le léger ennui que j'avais éprouvé pendant le tome 2...
Hormis le fait qu'une fois de plus, les "en-têtes" de chapitres m'ont largement agacée et que j'ai fini par ne plus les lire (assez rapidement, à partir de la page 150 par là je crois). Et bien ça ne m'a pas manqué, bien au contraire ! J'ai abordé chaque chapitre sans savoir ce qu'il y avait dedans, du coup je les ai bien plus appréciés, et hormis cet assez gros défaut d'écriture (dévoiler ce qui va se passer dans le chapitre AVANT ! M'enfin, quelle idée bizarre... de mon point de vue), c'est tout bon !

C'est bien écrit, je n'ai pas retrouvé les défauts de lourdeur de style des deux premiers tomes, bien que je puisse concevoir que certaines scènes un peu "gnan-gnan" lassent certains lecteur. Pour ma part je ne les ai pas trouvées gênantes, au contraire, je les ai bien appréciées, car l'ambiance est quand même "lourde", dans cette trilogie, et un peu d'amour et de légèreté apportent une bouffée d'air pur qui fait du bien. Tout au plus pourrait-on reprocher à l'auteur une trop grande répétitivité du "scénario des 12" (à chacun sa chacune) et du coup, n'avoir que 10 ou 8 "élus" aurait été bien suffisant, ça nous aurait évité quelques répétitions de situations un brin malheureuses...

On assiste donc aux retrouvailles des 12, non sans mal et non sans rebondissements divers et variés, avec pas mal de suspens, beaucoup de scènes très crues et violentes, un fond mystique plus présent que jamais, et une réflexion sur la dissolution, la mort et le rôle de l'amour dans tout ça qui m'ont bien accrochée, et bien interpellée.

Pour ce qui est de la "synchronicité", j'ai choisi de lire en parallèle un essai de Irvin Yalom que j'avais choisi pour le défi ABC. Livre acheté sans savoir de quoi il parlait, et oui, parfois je suis un peu dingue dans mes achats, de toute façon il me fallait un Y pour le défi, alors bon. Mouarf ! Et bien dans cet essai, Yalom nous parle de la mort. Ou plus exactement de comment la mort nous bouffe la vie et comment c'est réveillé par certains événements, notamment les anniversaires de 40, 50 et 60 ans. Vu comment j'ai mal vécu mon cinquantenaire l'an dernier, autant vous dire que ce bouquin tombe à pic. Et comme le sujet est également abordé dans les vies des personnages, surtout celle d'Aphykit (ou Naïa Phykit), "on vit en étant mort à l'intérieur", je peux vous dire que ça m'a pas mal remué les tripes hier, tout ça.

Voilà, c'était ma petite remarque personnelle comme quoi parfois, les livres qu'on lit vous "changent la vie" parce qu'ils tombent à un moment donné de votre vie où ils vous parlent plus qu'à d'autres. "La nuit des temps" est de ceux-là, et maintenant je pourrai dire que "Les Guerriers du Silence" conjugué à "Le jardin d'Epicure" en sont aussi !

Un coup de coeur pour cette belle trilogie, malgré ses défauts, un coup de "maître" de l'auteur, en ce qui me concerne, lol !
 
Tatooa
Babelio
 
http://www.babelio.com/livres/Bordage-Les-Guerriers-du-silence-tome-3--La-citadelle-Hyp/25716/critiques/993302
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Bordage - Rohel : le cycle de Lucifal - Babelio
Posté 09 août 2016 -
Rohel débarrassé du poison qui coule dans ses veines par dame Asmine d'Alba, poursuit son épopée pour retrouver sa promise . Elle est retenue prisonnière par le cartel de déviel, qui en échange de la liberté de la jeune femme veut le mentral que Rohel a dérobé à l'église du chêne vénérable.

Bordage comme toujours arrive à nous faire rentrer dans des histoires incroyables. Ce space opéra est plein d'aventures de guerre, de poursuites et de rencontres.
L'auteur avec son imagination débordante, mais surtout grâce à sont talent de conteur, nous emmène dans des contrées sauvages et nous immerge complètement dans son monde.

Plus je lis les romans de Bordage plus je suis sous son charme. Néanmoins il faut quand même reconnaître qu'avec cette saga il n'est pas à l'apogée de son talent. C'est un peu comme le bon vin il bonifie avec le temps.

Malgré tout j'ai passé un incroyable moment avec Rohel, même si pour moi il fait partie des super héros très stéréotypés.. un peu plus d'humanité et de réalisme aurait sans doute apporté un grand plus au personnage.
 
Lyoko
Babelio
 
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Bordage - Les Dames Blanches - Clair Obscur
Posté 22 juillet 2016 -

"Une étrange bulle blanche d'une cinquantaine de mètres de diamètres est découverte un jour dans une bourgade de l'ouest de la France. Elle attire et capture Léo, trois ans, le fils d'Elodie." 

Voici l'étrange début d'un roman de Science fiction se passant sur Terre, sur plusieurs années.  D'autres Dames Blanches apparaissant un peu partout dans le monde et étant à l'origine de la disparition de centaines d'enfants, les humains vont alors se livrer à une bataille sans merci et complètement immonde. 
Car si ces Dames Blanches créent des turbulences électromagnétiques, plongeant la Terre des années en arrière, sans réseaux sociaux, ni téléphone, ni même électricité .... une sorte de post-apo progressif, elles ne se montrent ni hostiles, ni agressives, or la réaction des humains, elle, l'est, multipliée par 100, n'hésitant pas à sacrifier des millions d'enfants.

Ce roman a quelque chose d'à la fois hallucinant et de terriblement cruel. La façon dont la lutte contre ces envahisseuse extraterrestres prend des proportions dantesques met presque mal à l'aise et on constate une fois de plus que lorsque tout va mal, les gens se tournent vers les partis extrêmes et ceux qui proposent les solutions les plus radicales. C'est à la fois prenant et terrible.
 
Endea
Clair Obscur
 
http://clairobscurendea.blogspot.fr/
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Bordage - Les dames blanches - Babelio
Posté 11 août 2016 -
Encore une belle rencontre avec mon auteur de science-fiction favori !

À travers ce roman, Pierre Bordage, ce grand humaniste, pointe encore une fois le doigt sur nos vilains défauts. Ces vilains travers qui finissent par former une fange immonde dans laquelle nous pataugeons lamentablement comme des insectes fous.

Pour illustrer son appel à la raison (une bouteille à la mer), il a mis en scène l'arrivée des Dames banches, ces grosses sphères venues d'ailleurs. Et là, tout s'enchaine…

Les comportements induits dans cette histoire sont tout à fait d'actualité, et ils sont même intemporels, puis l'humanité a la fâcheuse tendance à répéter les mêmes erreurs. Nous avons programmé notre autodestruction. C'est à se demander à quoi nous sert notre soi-disant intelligence.

Petit à petit, le décor tombe. Nos « démocraties » montrent leur véritable visage. Les gouvernements imposent et sanctionnent. Les voix divergentes sont désormais affublées d'étiquettes ronflantes telles que « terroristes », « ennemis de l'humanité ». Tout est permis à celui qui a la loi de son côté, au détriment de toute logique. Les consciences sont verrouillées, bafouées, adieu humanité.

Pour en revenir au roman, l'histoire est bien rythmée et passionnante, comme d'habitude avec cet auteur. Je ne peux que recommander cette lecture à tous.
 
Cheyenne-tala
Babelio
http://www.babelio.com/livres/Bordage-Les-dames-blanches/719611/critiques/1115983
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Bordage - Hier je vous donnerai de mes nouvelles - Lelittéraire.com
Posté 09 septembre 2016 -
Un magni­fique flo­ri­lège de talents littéraires

Ce troi­sième recueil des nou­velles de Pierre Bor­dage, parus à L’Atalante, com­porte seize textes dont quatre inédits. Les autres sont parus dans des antho­lo­gies thé­ma­tiques, des jour­naux et des maga­zines comme Télé­rama et Libé­ra­tion.
Dans ces textes, l’auteur aborde des sujets d’actualité, d’une brû­lante actua­lité, qu’il déporte dans un futur plus ou moins loin­tain. Il traite, égale­ment, de thèmes chers à la Science-Fiction, à l’Anticipation ou au Fan­tas­tique, comme le voyage dans le temps, inter­pla­né­taire, des extra­ter­restres et du Petit Peuple. Mais il les asso­cie tou­jours, de façon adroite, à une pro­blé­ma­tique d’aujourd’hui, à une réflexion sur l’Humanité, sur le fonc­tion­ne­ment de notre société.

Parmi les sujets qui concernent direc­te­ment l’avenir de l’Homme, il revient sur les muta­tions cli­ma­tiques et l’évolution pos­sible de la vie sur Terre. Il signe, par exemple, deux nou­velles (Terre pro­mise et L’enfant et l’amer) qui traitent de terres sub­mer­gées, de migrants écolo­giques. Elles se répondent, l’une met­tant en scène ceux qui fuient des catas­trophes, qui cherchent un nou­vel endroit pour s’installer et l’autre ceux qui doivent empê­cher ces inva­sions de migrants. Il évoque les consé­quences de pro­gres­sions, de dan­gers comme le nucléaire et sa ges­tion mal maî­tri­sée. Il revient, avec humour, sur des pro­blé­ma­tiques entre les peuples, des ren­contres impro­bables, des situa­tions excep­tion­nelles, des migra­tions vers de nou­velles pla­nètes, sur des assas­sins qui se repen­tissent.
En toile de fond, il laisse devi­ner son inquié­tude face à l’intransigeance des fana­tismes, à ces reli­gieux aux mobiles plus que troubles sous cou­vert de vou­loir un monde en har­mo­nie avec des règles tota­le­ment désuètes. Il dénonce les guerres comme une obli­ga­tion, comme une malé­dic­tion de la nature humaine. Il traite du voyage tem­po­rel dans Hier je vous don­ne­rai de mes nou­velles, texte qui donne son titre au recueil, où il met en scène un voya­geur tem­po­rel qui arrive à l’inverse de celui de René Bar­ja­vel dans Le Voya­geur impru­dent.
Ver­tiges, qui sert de pro­logue, per­met au roman­cier une varia­tion sur la réelle lit­té­ra­ture, s’interrogeant et inter­ro­geant ses lec­teurs sur ce qu’est la “vraie” lit­té­ra­ture. Est-ce le récit d’aventures épiques comme contés par Homère ou une intros­pec­tion nom­bri­liste et ennuyeuse?

Tous ces textes, écrits avec huma­nité, mettent en valeur des sen­ti­ments nobles. Ils sont ser­vis par une écri­ture fluide, agréable à lire tant les pro­pos s’enchaînent avec natu­rel, un voca­bu­laire relevé, une capa­cité de créa­tion, un esprit affûté à l’écoute du monde, des hommes, de leur pos­sible évolu­tion. L’auteur garde même un reste d’optimisme comme le montre la conclu­sion de La petite fille au regard per­çant.
L’éditeur, féru de science-fiction, l’applique à son quo­ti­dien. En effet, il offre L’enfant et l’amer qui paraî­tra dans le futur, certes proche, puisque les lec­teurs de Libé­ra­tion ne la décou­vri­ront que dans le numéro du 26 novembre 2016.

Ce recueil, flo­ri­lège des textes d’une grande beauté, d’une grande inten­sité, montre encore un fois l’incomparable talent de Pierre Bor­dage. Un livre à ne pas manquer.

Serge Per­raud

Le littéraire

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Bordage - Les dames blanches - Ma passion les livres
Posté 19 septembre 2016 -

Un vrai coup de cœur et surtout un coup au cœur que ce livre de Pierre Bordage. Premier livre que je lis de lui suite à la lecture d’une critique très enthousiaste d’un babéliote dont je suis également le blog « Gruz ». Oui j’ai été touchée au cœur par cette histoire très bien écrite avec beaucoup d’humanité sur un sujet, certes de science-fiction (mais à peine), mais qui parle de notre propre humanité, notre vie d’être humain sur cette terre.

J’ai vraiment été touchée par cette histoire, les destins des différents personnages qui représentent bien notre société. La cruauté, l’égoïsme et l’indifférence d’autrui qui sont sous-jacents de notre société, de l’être dit humain. Et aussi combien l’Homme s’habitue à tout, même au plus abject, aux pires cruautés. Ce qui explique que les massacres, les guerres, les barbaries et les génocides se répètent invariablement dans l’histoire de l’humanité. Il est aussi assez sidérant, mais réaliste, de voir à quelle vitesse, toute notre société basée sur les technologies, peut très rapidement régresser sans ces dernières.

Je me suis réellement attachée aux personnages, souvent complexes, chacun avec sa part d’ombre, à part peut-être Basile, être assez lunaire ou solaire plutôt qui procure un bien fou. Est-il vraiment humain pour être si rempli d’humanité ?

Je me suis laissée happer par l’histoire, son suspense. Envie de savoir ce que cache ces dames blanches, qu’advient-il des enfants et comment cela va-t-il se terminer pour l’humanité.

J’avoue que j’avais peur d’une fin un peu bâclée comme cela arrive parfois, trop souvent à mon goût, où on est tenu en haleine tout le long du roman et puis l’auteur, sans doute à bout de souffle ou d’idée, nous balance vite fait une fin décevante. Et bien là, non. Pierre Bordage nous offre une fin intéressante, sensée, avec encore des parts de mystère, mais vu le sujet cela me paraît évident… et plein d’humanité comme son roman.

Vraiment, vraiment à découvrir. Quel bon moment de lecture et de réflexion.

 

Lilou - Ma passion les livres

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Bordage - Hier je vous donnerai de mes nouvelles - Mobilis
Posté 10 octobre 2016 -
Un nouveau recueil de nouvelles de Pierre Bordage, où alternent le fantastique et la fantasy, utopies et uchronie, contes merveilleux et récits d’anticipation.
La première nouvelle qui donne son titre au nouveau recueil de Pierre Bordage, Hier je vous donnerai de mes nouvelles, en donne d’emblée la tonalité générale. Temps passé et temps futur se télescopent pour parler du présent.

En maître de l’uchronie (rappelons-nous le cycle de Wang), Pierre Bordage nous raconte l’histoire de Jason qui voyage dans le temps : parti de 2086, il retrouve ses ancêtres en 1971, à la Libération en 1944 et pendant la Révolution en 1793 (rappelons-nous la trilogie L’enjomineur) et constate que partout et en tout temps “règne la même ambiance qu’en 2017”: catastrophes, guerres, haines, peurs, suspicions…

Dans “Terre promise” et “L’enfant et l’amer”, qui se situent dans un futur proche (peut-être même notre présent), des hordes d’exilés politiques ou de réfugiés climatiques chassés d’Amérique du Nord ou d’ailleurs échouent sur nos côtes européennes et sont accueillis sous la mitraille.
Après l’explosion en 2008 d’un réacteur nucléaire en bord de Loire, des survivants vivent dans des cavernes d’où quelques enfants échappent à la surveillance de leurs parents pour partir à la recherche du démon “Césium 137”.
Inutile parfois de préciser une date, lorsque “l’Autre” fraîchement arrivée dans le village est l’objet d’une haine immémoriale : on la traite de “sorcière” et  on la charge alors de tous les maux comme tous les boucs émissaires depuis l’aube des temps.
Il arrive parfois que le mélange des temps se double d’un mélange des genres où réel et fantastique se côtoient. Ainsi “Chant du solstice”  ou “Morflam”, conte proche du merveilleux et de la fantasy. Mais aussi dans “La dernière affaire de Sagamor” où un tueur à gages se trouve confronté à une elfe. Ou encore dans “La ligne” où du côté de Marseille un passeur aide sept personnes fuyant “l’envahisseur souterrain” à franchir la zone où des pousses végétales géantes hameçonnent ceux qui s’y aventurent.

Enfin dans la dernière nouvelle, les dix membres (cinq femmes, cinq hommes) de l’équipage de l’Origo, capsule réduite à la taille d’un millième d’atome, franchissent des millions d’années à la seconde. Au moment où ils s’approchent du point d’origine, ils s’accouplent en une orgie des corps et des esprits et tout se fond dans une formidable énergie (l’Amour  ?) qui participe à la naissance de l’univers…

Recueil varié où alternent nouvelles déjà publiées et nouvelles inédites, où alternent les registres différents du fantastique et de la fantasy, où alternent utopies et uchronie, contes merveilleux et récits d’anticipation. Où alternent aussi les réflexions sur les guerres et les religions, sur les changements climatiques et les catastrophes nucléaires et sur le monde que nous laisserons à nos descendants.

Avec ce troisième recueil (après Nouvelle VieTM et Dernières nouvelles de la Terre), Pierre Bordage propose une véritable défense et illustration de la littérature populaire et des littératures de l’imagination dont il fait l’éloge dans un prologue en rappelant qu’au sortir de l’enfance, la lecture d’Homère fut pour lui un choc, un vertige, une révélation, une drogue !
 
Joël Glaziou
Mobilis
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Bordage - Les Guerriers du silence - Lyoko Babelio
Posté 14 octobre 2016 -
 Si le mysticisme est bien présent, le côté humain l'est tout autant. Les thèmes forts de Pierre Bordage sont toujours bien présents, même si dans certains de ses romans il est beaucoup plus incisifs. J'ai trouvé beaucoup de subtilité ici, même si les massacres et les guerres de religions ne portent pourtant pas à cela.

Les personnages sont très bien pensés et très recherchés.
J'ai une affection aussi toute particulière pour ce que fait Pierre Bordage des animaux qu'il crée.
Sachant que ce roman est le premier, il reprend parfois des idées dans d'autres de ses romans : je pense ici à la fraternité du Panca. Ce qui est drôle c'est qu'effectivement on se dit tient l'auteur à déjà utilisé l'idée ailleurs, mais en fait ça ne dérange absolument pas , bien au contraire puisque c'est traité de façon différente et que cette façon de faire apporte une certaine dimension au roman.

Ce roman c'est aussi tous les complots internes aux sectes religieuses et aux différents pouvoirs ...et moi qui suis grande fan de Pierre Bordage mais également d'auteurs plus classiques.. avec ce premier tome je ne peux dire qu'une chose Pierre Bordage est l'Alexandre Dumas de la SFFF .

(Tout au long de ma lecture : aussi bien dans les descriptions que dans la façon d'amener l'intrigue, souvent je me disais : "Oh Dumas aurait pu écrire ça si il vivait à notre époque (et si il s'était mis à la SF bien sûr))
 
Lyoko
Babelio
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Bordage - Hier je vous donnerai de mes nouvelles - Le capharnaum éclairé
Posté 17 octobre 2016 -
Hier je vous donnerai de mes nouvelles est le dernier ouvrage paru à ce jour de Bordage. Il s'agit ici d'un recueil de nouvelles écrites entre le début du millénaire et l'année 2015, certains écrits étant restés inédits jusque là, d'autres ayant été insérés dans des ouvrages collectifs ou dans certains journaux dont Télérama ou le journal Libération. Après un prologue prenant où l'auteur nous explique son amour immodéré pour les œuvres imaginaires, le lecteur oscillera pendant quinze nouvelles entre anticipation, SF pure et fantasy. Beaucoup de variété donc pour une majorité de textes réussis, addictifs et sacrément bien menés. Mais qu'attendre d'autre d'un tel talent ? (je sais je me répète)

Tour à tour, l'auteur nous convie à remonter le temps en compagnie d'un voyageur recherchant ses origines et qui va rencontrer un certain nombre de ses aïeuls et constater malheureusement que l'Histoire se répète. On suit la révélation que va faire un grand-père à son petit-fils en sortant de leur confort habituel et en explorant le grand monde. Au détour d'un autre texte, on suit les pérégrinations existentielles d'un rescapé d'un crash spatial qui va se retrouver confronter à un choix cornélien puis juste après, l'auteur nous offre un petit "morceau" de son œuvre culte Les Guerriers du silence qu'il a ôté du substrat originel. L'occasion pour moi de renouer avec les terribles Scaythes d'Hyponéros ! Ceux qui n'ont pas lu cette trilogie doivent absolument se ruer dessus, je l'ai littéralement dévoré à l'époque et ceci bien avant le blog (d'où l'absence de chronique, je sens que je vais devoir le relire !).

Par la suite, on croise aussi un extra-terrestre qui observe l'humanité depuis très longtemps et en dresse un portrait peu flatteur, des migrants fuyant le réchauffement climatique se heurtant au protectionnisme nationaliste (ça ne vous rappelle rien ?) et d'autres fuyards luttant contre une invasion végétale des plus ragoûtantes ! Quelques pointes de fantasy font aussi leur apparition avec la quête d'une jeune reine à la recherche de son empathie perdue et un tueur à gage pris de remords quand il découvre la cible qui lui a été vendue... Et puis, du post-apocalyptique des familles avec une zone de quarantaine isolée du reste du monde, un barde en panne d’idées qui cherche l'inspiration auprès d'une sirène captive, le jugement d'un autocrate par d'anciennes victimes et pour finir un très beau texte faisant la part belle aux origines de toute vie à travers un voyage sans retour.

Sacré programme donc ! On retrouve les thématiques chères à Pierre Bordage notamment son goût pour l'humanisme à travers des luttes parfois vaines mais souvent portées par de magnifiques personnages allant du vieux sage au jeune en devenir. Rien n'est jamais gratuit ici, tout n'est que volupté de la langue, enrobé de messages sous-jacents. Mélange d'aventure, de scènes de partage et d'échange, de quêtes intérieures, on retrouve un souffle épique, universaliste qui fait que le récit le plus irréaliste peut nous parler et nous interroger sur nous et surtout sur le monde que nous construisons. C'est aussi une vision sans fard des destructions et exactions de l'homme sur ses congénères et sur son berceau, belle planète bleue sacrifiée au nom des raisons économiques et nationalistes. Certains passages font réellement froid dans le dos dans leur caractère prophétique mais les habitués de l'auteur ne seront pas surpris, les fans de SF encore moins...

On passe donc de bien bons moment avec des récits certes courts mais d'une densité de contenu important, des personnages charismatiques et un style d'écriture toujours aussi entraînant et facteur de rêve et d'évasion. Par forcément le meilleur Bordage (je lui préfère ses romans) mais de belles parenthèses enchantées (ou non) en attendant le prochain long récit du maître. À lire !

Le Capharnaum éclairé

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Bordage - Hier je vous donnerai de mes nouvelles - Bifrost 84
Posté 04 novembre 2016 -

Alors que les éditions J’ai Lu poursuivent la publication en poche de la « Fraternité du Panca », une pentalogie à ne pas manquer (si vous n’avez pas encore cédé à la tentation, il est que temps), L’Atalante publie un troisième recueil de nouvelles de Pierre Bordage. Comme le titre l’indique, la thématique dominante est celle des voyages temporels, quand bien même la fantasy y tient une place non négligeable. Quinze textes (dont quatre inédits) et un « préambule », déjà publié en 2013, où l’auteur explique en quelques pages son goût pour la littérature populaire. Convaincant.

Cinq nouvelles de fantasy proviennent d’anthologies éditées par Mnémos entre 2010 et 2014 : un assassin en fin de carrière accepte un ultime contrat ; une reine tyrannique doit affronter un dragon pour sauver son royaume aussi bien qu’elle-même ; un barde cède aux promesses d’une sirène ; une femme est victime de la rumeur dans un village ; un tyran, réduit à l’impuissance, affronte ses bourreaux avec panache. À cette liste, on peut y ajouter un sympathique petit texte, « L’Autre bord », inédit, idéal pour un jeune public. Un point commun à toutes ces histoires, fil rouge de l’œuvre de Pierre Bordage : la profondeur des personnages, leur richesse, leur vie. La grande force de cet auteur, c’est sa curiosité pour les humains : leurs sentiments, beaux et mesquins, leurs passions puissantes. Mais aussi ces rencontres qui font basculer une vie, ces moments essentiels.

Sans mettre de côté une action efficace, il poursuit dans ce recueil son étude empathique de l’humanité – sympathie pour les hommes et les femmes plus présente encore dans les nouvelles inédites. Plusieurs d’entre elles (« L’enfant et l’amer », « La Ligne » ou « Terre promise ») offrent des réflexions sur notre société divisée, égoïste : d’un côté, ceux qui ont pu se créer une vie confortable ; de l’autre, des familles désespérées, prêtes à tout pour obtenir une vraie vie. Les perspectives sont parfois renversées, avec des situations géopolitiques bouleversées, mais le thème reste le même : que faire de ceux dont l’existence dans leur pays est désormais impossible ? Les ignorer ? Les rejeter ? Les abattre ?

Enfin, plus éloignées des préoccupations actuelles, « Hier je vous donnerai de mes nouvelles » et « Origo » explorent les mystères du temps et nous entraînent jusqu’aux origines, paradoxales, du narrateur pour l’une, à celles du monde pour l’autre. Vertigineuse dernière nouvelle qui clôt le recueil sur une véritable explosion, digne du talent de ce grand raconteur d’histoires qu’est Pierre Bordage.

Raphaël Gaudin

Bifrost n°84

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Bordage - Wang tome 1 - Babelio - marco246
Posté 16 novembre 2016 -
Un de mes livres de SF préférés. Ou d'anticipation, plutôt : écrit en 1997, il apparait remarquablement prémonitoire : une Afrique qui plonge dans l'Islam radical, un Orient livré à la violence et à la mafia, un Occident qui se replie dans une bulle infranchissable... Un livre Haletant qui fait réfléchir à l'avenir du Monde, au sens de la vie...
 
Marco246
Babelio
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Bordage - Frère Elthor - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 02 décembre 2016 -

Au prix de nombreux sacrifices, la chaîne quinte de la Fraternité du Panca a enfin été reformée. D'autant que ceux qui œuvrent contre lui sont toujours sur ses traces. Frère Elthor a hérité des âmnas de ses prédécesseurs et est désormais le "premier maillon". Il lui revient donc de contrer la menace qui pèse sur la galaxie. Pour cela, il lui faut se rendre urgemment dans une galaxie voisine, le Petit Nuage de Madjan, qui sera la cible de la Nuée avant que celle-ci ne s'attaque à la Voie Lactée. Quant à ce qu'il devra / pourra faire là-bas pour affronter cet ennemi démesuré qui se nourrit de la lumière des étoiles, il lui reste encore à le découvrir...
De son côté, sur Neo Tierra, la médialiste Jili est toujours décidée à convaincre le Parlement de l'imminence du danger : au rythme où elle avance, la Nuée commencera à dévorer la Voie Lactée d'ici un mois à peine ! Jili espère que, si les meilleurs cerveaux planchent sur le problème, une solution sera peut-être trouvée à temps. Hélas, la nature humaine étant ce qu'elle est, quand l'humanité découvre qu'elle est menacée d'extinction et va bientôt être engloutie par le néant, le chaos s'installe rapidement : les malheureux sans espoir de lendemain pillent et saccagent sans plus se soucier de rien, sous les ricanements des Sâtnagas qui voient l'avènement de la fin du monde tant espérée...

Après cinq tomes, force est de constater que Pierre Bordage aura su se renouveler à tous les niveaux de la quête dont on voit ici l'aboutissement. Dans ce dernier roman de la pentalogie, notre héros va donc - enfin - être confronté à la terrifiante Nuée. Évidemment, il doute et se sent bien insignifiant, il se demande si cette place en première ligne est bien la sienne. Et pourtant, il bénéficie de l'expérience des autres maillons de la chaîne pancatvique : la patience de Frère Ewen, la détermination de Soeur Ynolde, les qualités guerrières de Frère Kalkin, la perception de Sœur Onden...
Je ne vais évidemment pas vous révéler l'issue du combat final, mais juste vous donner mon ressenti. Après de si longues et dures épreuves, cette confrontation ultime est un peu décevante, achevée en deux coups de cuillère à pot. C'est épique... mais bref. Et ne parlons pas de l'épilogue ultra-rapide, qui n'apporte pas grand chose.

Car en parallèle de la quête d'Elthor, nous suivons aussi ce qui se passe sur Neo Tierra à travers les yeux d'une foule de personnages secondaires. Nous passons de l'un à l'autre via de brèves rencontres, découvrons leur point de vue diversifié, puis passons au suivant sans trop y revenir. A vrai dire, la manière de passer ainsi d'un personnage à un autre m'a irrésistiblement fait penser à la théorie des six degrés de séparation : on enchaîne de la médialiste expérimentée à l'apprentie, au beau gosse qui en tombe amoureux, à la femme qui l'aimait dans l'ombre depuis longtemps, au coup d'un soir, à l'agresseur, à son frère qu'il n'a plus revu depuis longtemps... C'est une excellente manière d'approfondir l'univers, car on voit la réaction de l'Humanité à la menace (réaction ô combien réaliste, hélas !), on rentre dans l'intimité des Sâtnagas, etc. Par contre, on reste un peu sur notre faim tant ces personnages disparaissent de l'histoire aussi vite qu'ils y sont arrivés, sans que l'on sache ce qu'ils deviennent.

Ce n'est pas le tome avec le plus d'idées originales dans le cycle, mais il y a suffisamment d'action pour entretenir l'intérêt du lecteur. C'est bien écrit, agréable à lire et pour ma part j'ai trouvé ça très prenant. Bref, une parfaite conclusion du cycle de la Fraternité du Panca

Les Chroniques de l'imaginaire
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Bordage - Abzalon - Babelio - Crazynath
Posté 15 décembre 2016 -
Abzalon ou l'invitation à un long voyage.
Une fois de plus, je suis tombée sous le charme d'une histoire racontée avec tout le talent de conteur de Pierre Bordage.
Abzalon, le monstre, car comment appeler autrement cet être hideux, tueur en série qui a plus cent meurtres de femmes à son actif est le héros de cette histoire. Il fallait toute la magie de la plume de Bordage pour réussir à nous rendre ce personnage sympathique.
Abzalon, prisonnier dans un pénitencier, va se retrouver avec de nombreux autres de ses congénères, dans un vaisseau spatial . Ils vont découvrir peu après le départ du vaisseau, que ce dernier abrite une autre communauté. Les kroptes, sont issus d'une société patriarcale, ou la polygamie est courante et les femmes sont considérées comme des êtres inférieurs. Une jeune femme Ellula, va se positionner contre les règles ancestrales qui sclérosent son peuple.
La confrontation de ces deux peuples que tout oppose est un moment phare de ce roman.
Ellula et Abzalon, ou pourquoi pas une nouvelle version de la belle et la bête...mais pas seulement...
Presque toute l'histoire se déroule dans un huis-clos vu que nous sommes dans un vaisseau spatial qui va emmener ses passagers vers un but précis avec un objectif bien défini...
Une fois de plus, Bordage aborde les thèmes qui lui sont chers et fustige les religions. La condition de la femme est parfaitement évoquée dans ce livre et je trouve d'ailleurs que l'auteur dresse de très beaux portraits des héroïnes de cette histoire.
Pas un coup de coeur cette fois ci, mais une lecture plus que plaisante pour ma part
 
Crazynath - Babelio
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Bordage - Frère Elthor - Daily Passions
Posté 29 décembre 2016 -
Dernier volume de cette fraternité, Frère Ewen, Sœur Ynolde, Frère Kalkin et Sœur Onden (un volume pour chacun, même éditeur) ont déjà œuvré. Ils ont donné leurs âmnas pour que toute la puissance nécessaire à frère Elthor puisse se développer. Pendant que sur NéoTierra, comme à leur habitude, les factions rivales s’entredéchirent et se refusent à voir les évidences sous prétexte de pouvoir à conserver et entretenir, une nuée inconnue et super destructrice qui dévore tout sur son passage s’approche de notre Voie Lactée. Bent, devenu Frère Elthor, cherche à gagner le Nuage de Majdan – une galaxie proche de la nôtre – cible de la nuée. Sur NéoTierra on finit par s’entendre et frère Elthor livre son combat contre la nuée. Le Panca sera-t-il vainqueur du néant ? La chaîne des cinq frères et sœurs sera-t-elle assez forte ? Vous le savez, comme moi, je pense, dès le début de votre lecture. Et comme toujours c’est l’art et la manière qui comptent.

Bordage est un maître du genre, un maître conteur. A chaque fois il nous emporte et nous laisse là où il le désire. A chaque fois nous apprécions le voyage, nous sommes en bonne compagnie. Les personnages ont l’ampleur suffisante et l’intérêt nécessaire réclamés par nos exigences de lecteur. Ceux qui ont suivi les aventures des membres de la fraternité ne seront pas surpris et j’encourage les autres – ceux qui ne connaissent pas encore – à passer commande de la série. Idéal pour les longues journées d’hiver, le style Bordage et ses personnages chaleureux réchauffent les cœurs. Pensez aussi que la série peut constituer un beau cadeau… et donner envie de lire les autres titres de l’auteur.

Bonne lecture.
 
 
Noé Gaillard - Daily Passions
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Bordage - Abzalon - Babelio
Posté 01 février 2017 -
Pierre Bordage nous offre un roman SF dans la grande tradition des voyages sans retour. La planète Ester est condamnée à brève échéance ; ses gouvernants, qui organisent le pillage incontrôlé des ressources naturelles — croissance infinie dans un mode fini est le précepte là-bas aussi — ont tout de même conscience de cela. Ils montent donc le projet de migrer vers un monde lointain, mais avant le grand mouvement, il faut tenter l'expérience à une moindre échelle, si possible avec des populations sacrifiables. le vaisseau interstellaire Estérion va donc accueillir les survivants de l'ignoble pénitencier de Doeq d'un côté et la population de la culture kropte — qui m'a fait penser aux Amish dans lequel on aurait ajouté la notion de peuple élu des Juifs — de l'autre, pour un voyage de plus d'un siècle sans technologie d'hibernation. C'est l'histoire de ce voyage que l'auteur nous conte.

« Conte ». le mot est lâché. C'est l'atout principal de Bordage qui veut, avant tout, nous raconter une histoire, nous passionner avec elle. Il y intègre une masse d'éléments qui, s'ils étaient trop développés, nuirait à la fluidité du récit, nous sortirait de l'histoire. Mais Bordage maîtrise. La technologie est détaillée mais comme un fil d'or qui vient embellir une belle robe de soirée ; pas de Hard Science ici. L'auteur ne cesse de passer des messages, de nous faire part de sa mauvaise opinion sur notre société, à l'instar d'un Alain Damasio. Mais ces messages s'insèrent dans le conte, l'éclairent comme des tatouages sur une peau blafarde. Si on le désire, on peut les oublier et se contenter de se laisser bercer par le conte. Les personnages qu'il met en scène — Abzalon, Ellula, Loello, le Taiseur, Eshan, l'eulan Paxy — sont profondément touchants ou abominablement détestables.

Je suis bluffé par la complexité sociale que l'auteur parvient à construire l'espace d'un seul roman, même s'il s'agit d'un pavé. le nombre de groupes distincts et spécialisés qui se heurtent en cherchant à guider la destinée des peuples d'Ester m'a ramené à la bouche un arrière-goût de Dune de Franck Herbert. Et même si ce n'est pas le sujet principal, Bordage parvient à faire ressentir l'exotisme de la planète-mère non pas à force de description à la Jack Vance mais par à travers les réminiscences nostalgiques des passagers de l'Estérion.
Mais là où Bordage est le plus fort, c'est quand il nous décrit les enfers humains. le pénitencier de Doeq atteint des niveaux de violence parfois difficilement supportables qui ne sont pas sans rappeler les livres de Caryl Ferey, et l'enfer de la vie d'Ellula, des femmes en général, au sein de la société kropte est encore pire. C'est bien connu, les religions laissent la meilleure place aux femmes : celle dont on ne risque pas de tomber plus bas. Combien de fois ai-je eu envie d'attraper ces patriarches kroptes par la barbe et leur faire manger le trottoir ?

Bordage est un génocide à lui tout seul. Il tue des millions de gens d'un revers de plume, sans sourciller. Je me suis parfois retrouvé dans l'Ange de Abîme. Ce qui ressort de ces carnages, de ces infâmes comportements humains est une désillusion profonde, un abattement quant à la nature de l'homme. Pourtant, l'auteur admet qu'il est permis à un homme de changer, de s'adoucir, de s'intéresser à son prochain, pourvu que son environnement le lui autorise ; c'est flagrant dans le changement d'Abzalon et des deks dès lors qu'ils n'ont plus à lutter pour une bouchée de rat ou un bout de couchette. Cependant, remettez-les dans un environnement où la sélection naturelle joue à plein et la violence revient au galop.
Pour changer l'homme de manière définitive, Pierre Bordage n'a pas d'autre solution que de le transformer en quelque chose qui n'est plus humain. C'est le sens des prêches de Djema ou des préceptes des énigmatiques Qvals. L'homme doit abandonner le temps, se fondre dans le présent, renoncer au désir, à se projeter dans le futur, tout cela dans le but de le débarrasser de sa part de Mal. On n'est pas loin de l'éveil bouddhique ou de l'accès au Paradis. Je rejoins Ursula le Guin et sa vision taoïste ici : l'homme est qualifié par ses parts d'ombre et de lumière. Par conséquent supprimer une de ces parts, c'est transformer l'homme en quelque chose qui n'est plus l'homme.
 
Relax67 - Babelio
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Bordage - Les dames blanches - Des mots sur une page
Posté 27 février 2017 -
Dans ce livre de science fiction, d’étranges bulles blanches sont découvertes sur Terre, un peu partout dans le monde, en petit nombre tout d’abord, puis de plus en plus nombreuses. Elles grandissent lentement, « avalant » au passage  certains des éléments du paysage, et elles attirent vers elles (sans que personne sache pourquoi) des enfants de 3ans (pas en dessous pas au dessus) qui sont les seuls à pouvoir les pénétrer sans jamais réapparaitre. Assez vite les Humains se mettent en tête de les détruire, et s’entêtent dans cette mission, quitte à décider de sacrifier les seuls qui arrivent à y entrer… 

Pierre Bordage nous propose ici une vraie réflexion sur nos limites et notre façon d’appréhender ce que nous ne comprenons pas. Il nous fait vivre sur plusieurs dizaines d’années les réactions de plusieurs personnages, qui vont réagir de façons très différentes à cette situation : un militaire, des mères de famille, un homme profondément pacifiste, un autre convaincu du bien fondé des décisions prises au nom de la défense de l’Humanité, etc. Chacun va vivre l’arrivée de ces « dames blanches » à sa façon et agir en fonction de son ressenti et de ses valeurs. Certains vont défendre le sacrifice imposé, d’autres le combattre. Certains vont faire partie intégrante d’un système devenu fou, pris dans une course en avant  que d’autres estimeront sans aucun sens. 

Ce récit est bien sûr une parabole cherchant à démontrer ce que l’humain est capable de faire de pire comme de meilleur ; à démontrer aussi l’effet d’entrainement d’une vision trop simpliste des choses ; à démontrer enfin qu’il n’y a pas plus mauvais conseiller que la peur de l’autre et de l’inconnu.

Vous l’avez compris, nous ne sommes pas ici dans un roman de science fiction en format page turner plein d’actions et de rebondissement : l’écriture est agréable et  Pierre Bordage prend le temps d’installer les personnages et les actions dans la durée, ce qui se traduit par un rythme parfois plus lent, des phrases plus longues. Mais jamais on ne s’ennuie et Bordage sait créer l’envie d’aller au bout pour enfin comprendre le pourquoi de tout cela.

J’ai donc passé un excellent moment de lecture, et je vous recommande ce livre si vous aimez la science fiction réaliste, proche de nous et plausible.
 
Muriel - Des mots sur une page
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Bordage - Frère Ewen - Le giLel Ludique
Posté 28 mars 2017 -

Qui n'aime pas Pierre Bordage. Tout amateur de science fiction et qui plus est francophone ne peut pas passer à côté de cette auteur incontournable. Régulièrement comme on sirote un bon vin, je décide de lire l'un de ses ouvrages. Vu sa production (vilain mot pour un écrivain) je pense avoir une bonne cave à découvrir .

Je ne connaissais pas cette série. Il faut bien avouer que pour un tome 1, l'auteur n'a pas fait que poser les bases d'une histoire et d'un monde original. L'action est au rendez vous tout au long de ces pages, l'action mais également la profondeur des personnages. Plusieurs destinées suivies en parallèle vont se rejoindre à mi parcours pour un superbe final, qui ouvre sur plusieurs tomes à suivre.

Il faut que je les trouve rapidement. A découvrir, même et surtout si vous ne connaissez pas l'auteur (il y en a ?). Une lecture aisée, mais agréable, riche sans être pédante. [...]

giLel - Le giLel Ludique

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Bordage - Les dames blanches - Booknode
Posté 04 avril 2017 -

[...] L'histoire est originale [et] très prenante, je n'avais pas envie d'arrêter de le [lire]!

Mystika-Luna - Booknode

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Bordage - Frère Kalkin - Babélio
Posté 25 avril 2017 -
Frere Kalkin est le troisième maillon de la fraternité du Panca. Sa quête se poursuit.

Pierre Bordage renouvelle son space opéra dans ce troisième opus en ne centralisant plus toute l'intrigue sur Silf mais en lui adjoignant d'autres personnages. Les femmes sont réellement mises en avant.

Bordage reste fidèle à ses thèmes de prédilection, et c'est tout à son honneur. Tout comme sa plume qui est une des plus belles dans la science fiction française. Ses descriptions sont splendides et ses personnages très travaillés.

C'est une fois de plus un immense moment de lecture pour moi.
lyoko - Babélio
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Bordage - Les Guerriers du silence - Babelio - Lilice_brocolis
Posté 05 septembre 2016 -
Je me suis laissé prendre par ce roman, choisi au hasard et dont le résumé ne m'avait pas révélé grand chose. Et je n'ai pas cherché beaucoup plus loin avant de me lancer dedans (j'aimais bien le titre).

J'ai justement apprécié de ne pas trop savoir à quoi m'attendre et que ça se définisse au fur et à mesure. On découvre en même temps que l'héroïne - ou presque - sa place dans le monde. Les chapitres se focalisant sur elle en début de roman, avec sa vision très partielle et particulière des choses, m'ont beaucoup plut. C'est original et l'écriture simple y est belle, emprunte d'une naïveté intelligente. J'ai moins aimé les chapitres d'introductions des autres personnages, nettement moins originaux, plus grandiloquents et lourd, et un tantinet longuets.

Quand l'action commence le ton change pas mal, et on se retrouve avec un récit plus classique qui oscille entre divers personnages et peripéties à bon rythme. On y retrouve les schémas habituels des romans fantastiques ado/adulte, le style n'est ni ampoulé ni trop plat, mais peu original et se lit avec facilité. On suit un petit groupe de personnages auxquels on s'attache. C'est prenant, et c'est ce qu'on demande.

La morale et les grands élans sentimentaux manquent parfois de subtilité et sont répétitif et très classiques. Un partie d'entre eux par contre est bien traité avec une certaine justesse et des petites touches originales.

La fin est bien fichue, plus satisfaisante que ce à quoi je m'attendais.

Un bonne lecture détente.
 
Lilice_brocolis
Babelio
http://www.babelio.com/livres/Carey-Celle-qui-a-tous-les-dons/650939/critiques/1136389
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Bordage - Orchéron - CritiquesLibres
Posté 05 octobre 2017 -

Nouveau monde, mêmes travers.

"Orchéron" est la suite de l'excellent "Abzalon", qui voyait une colonie humaine faire un voyage de plus d'un siècle à bord d'une immense arche stellaire. "Orchéron" raconte la vie de leurs descendants, qui vivent désormais sur une nouvelle planète d'adoption. Mais les travers humains ont la vie dure et nous savons qu'ils n'apprennent jamais de leurs erreurs. Le diptyque de Pierre Bordage s'avère passionnant, rempli de personnages forts, et livre une réflexion très pertinente sur la nature profonde de l'être humain, le tout dans un style très simple et agréable. Une valeur sûre.

 

Sotelo, critiqueslibres.com

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Bordage - La trilogie des guerriers du silence - MédiathèqueMargueriteDuras
Posté 05 octobre 2017 -

Quoi de plus naturel que de faire voler des pierres, quoi de plus naturel que de se transporter de planètes en planètes uniquement par la pensée !

Soutenu par les Scaythes d’Hyponéros, l’Ang’empire et l’Eglise kreuzienne ont entamé une véritable croisade et expansion religieuse à travers l’univers. Seule une poignée d’élu peut parvenir à stopper cette domination…la domination du Blouf, la domination du néant que va engendrer le monde d’Hyponéros !

Si vous voulez découvrir le destin exceptionnel de douze hommes, femmes et enfants, plongez-vous dans une Trilogie dans laquelle le silence est maître. Partagez le destin de Jet At-Skin, d’Aphykit une femme d’une beauté qui ravira le cœur de Tixu petit employé d’une compagnie de téléportation. De San Frisco, de Fracist Bogh grand maître de l’Eglise kreuzienne, de Menati Ang et bien d’autres…

Mêlant entité religieuse, descriptions de mondes extrêmement différents, s’attardant sur la psychologie et n’omettant pas les descriptions physiques, Pierre Bordage nous transporte à travers les étoiles dans des contrées dont nous ne soupçonnerions pas l’existence…1600 pages et une pointe de rage lorsque l’on tourne la dernière page en se demandant pourquoi cette trilogie se termine si vite ! A lire absolument…

 

Durasbib, Le Carnet de Marguerite

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Bordage - L'Enjomineur 1792 - LireetClaire
Posté 05 octobre 2017 -

Du grand art : une histoire profonde et intéressante sur fond historique, tout ce que j’aime ! C’est extrêmement documenté et très bien écrit.

Tout d’abord bravo à l’auteur de nous faire entrer dans la grande histoire avec autant de brio. Après un premier chapitre qui sert avant tout à poser l’intrigue, on suit dès le deuxième, le personnage d’Emile dans le bocage vendéen et l’on est confronté au patois. Là on peut dire que ça passe ou ça casse : les phrases sont abruptes et sans traduction on pourrait se détourner du récit par paresse. Mais en fait, on entre comme dans du beurre dans cette « langue » à condition de se laisser porter et de ne pas s’agacer de ne pas tout comprendre parfaitement. Ensuite par accumulation et déduction on comprend les dialogues facilement, en particulier parce que les réponses sont en français. On referme le livre en ayant retenu ce magnifique juron :  » grand fils de vesse ». Ce patois crédibilise le récit et nous immerge dans une époque.

L’autre tour de force, à mon avis, consiste dans le choix des personnages. Sur le sujet des guerres de Vendée, qu’aurait pu choisir un auteur lambda pour présenter les points de vue ? Un chouan royaliste contre un révolutionnaire anticlérical ? C’est bien plus subtil… Pierre Bordage propose deux personnages « décentrés » qui pour des raisons différentes ne prennent pas parti. Pour l’un, Emile, c’est parce qu’il est lettré et raisonne en véritable humaniste, effrayé des passions qui montent et de la guerre qui se prépare, et pour l’autre, Cornuaud, parce qu’en fieffé coquin, il ne voit que son propre intérêt dans toute situation et ne possède aucun idéal. Et c’est cette distanciation qui va justement apporter le meilleur éclairage. Toutes leurs rencontres avec des paysans, des nobles, des gredins, de bons citoyens, des brutes sanguinaires… vont occasionner des dialogues qui nous permettent de mieux comprendre le contexte et les raisons de chacun. J’ai trouvé ça parfaitement dosé. De plus les deux personnages se répondent en miroir, l’un incarnant le bien et l’autre le mal, chacun menant sa quête (retrouver la femme aimée/se débarrasser d’un maléfice), et évoluant pour finalement peu à peu devenir un duo moins manichéen.

La question de la présence de la magie enfin me fait classer ce roman dans le bon fantastique, même si la fin de ce premier tome tranche la question. Il y a d’une part la question de la magie Vaudou, car l’on se demande si l’envoutement de la sorcière est imaginaire ou si ce sont les remords qui rongent Cornuaud. D’autre part Emile, rationaliste, refuse toute incursion de la magie dans sa vie avant de devoir se rendre à l’évidence.

 

Lire et Claire

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Bordage - Frère Ewen - Les Mondes étranges
Posté 29 novembre 2017 -

On ne va pas se mentir : lorsqu’un auteur français fait jeu égal avec les plus grands spécialistes anglo-saxons du genre (voire en surclasse quelques uns), ça fait plaisir !

C’est d’autant plus vrai lorsque son oeuvre ne doit rien à personne. Même s’il est aujourd’hui de plus en plus difficile dans la SF d’innover et de faire preuve d’originalité, Pierre Bordage réussit avec ce premier tome de sa Fraternité du Panca à nous livrer une saga qui ne ressemble à aucune autre, même pas de loin !

Pour autant, Pierre Bordage n’oublie pas ses classiques et on retrouve dans ce premier épisode bon nombre de grands thèmes de la SF. Mais ces thèmes, il parvient à les dépoussiérer, à les rajeunir et à les intégrer de manière remarquable à son récit. C’est ainsi par exemple que son héros s’engage dans un voyage interplanétaire de près d’une centaine d’années mais qui, par conviction, va refuser les solutions qui s’offrent à lui pour bénéficier d’une forme d’hibernation qui lui aurait permis de ne perdre que quatre ou cinq années de sa vie... pour découvrir au bout du compte qu’on a découvert entretemps une technologie rendant désormais possibles des voyages interplanétaires beaucoup plus rapides !

Cinq romans forment cette saga... autant que de frères formant la "chaîne pancatvique" destinée à sauver la galaxie d’une menace qui, dans ce premier roman, reste inconnue. Car le récit, à ce stade, s’intéresse essentiellement à ses deux personnages principaux, Ewen et Olméo, qui se partagent en alternance les différents chapitres du roman, entrecoupés de quelques extraits du "journal d’Ynolde", la fille d’Ewen, dont on comprendra l’importance à la fin du roman...

Cette galaxie imaginée par Pierre Bordage rappelle par moments les univers créés par Jack Vance, par son côté par moments assez exotique et son épopée menant les personnages principaux au travers de nombreux dangers au cours d’un voyage multipliant les moyens de transports. Mais c’est pourtant bien de pure SF qu’il s’agit, plus que de fantasy. Et de ce point de vue là, Bordage parvient à nous surprendre, avec des idées encore jamais rencontrées dans d’autres romans de SF, qu’il s’agisse de l’arme redoutable appelée "défatome" ou de l’herbe exttra-terrestre permettant de ralentir le métabolisme et rendant possible des voyages interplanétaires d’une centaine d’années...

Et il nous surprend encore plus avec ce concept de la "chaîne pancatvique", ou chaîne quinte, qui veut que quatre frères se transmettent l’un après l’autre leur mémoire et leur énerguie vitale, jusqu’à la transmission finale au dernier maillon de la chaîne qui, fort de l’expérience de ses quatre frères, s’opposera à la menace suprême.

Evidemment, pas question d’abandonner la lecture de cette saga à l’issue de ce premier roman, qui ne livre que quelques indices quant à la suite des événements. Rendez-vous vous donc à la chronique de la suite, consacrée à... on ne le dira pas, pour éviter de spoiler le lecteur !

-  Didier Giraud, le 27/11/17

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Bordage - Les guerriers du silence - hautetfort
Posté 07 août 2018 -

Les guerriers du silence, roman de science-fiction

Ce roman de Pierre Bordage foisonne de mondes imaginés, de cultures variées des plus raffinées aux plus frustes, d'animaux extraordinaires. L'intrigue tourne autour du pouvoir ; les familles régnantes de la confédération tentent d'exister alors que la menace des Scaythes d'Hyponeros se fait de plus en plus pressante. Ces êtres mystérieux asexués sont doués de pouvoirs psychiques tels qu'ils pourraient asservir l'ensemble des peuples. Pour s'y opposer, les moines absourates qui tentent par leurs exercices de maîtriser l'énergie vitale, retranchés dans une citadelle monumentale.

Mais le salut viendra peut-être d'un simple mortel, un peu perdu sur une planète où il pleut sans discontinuer...

 

Ce n'est que le premier des trois tomes ; j'ai hâte de lire les suivants :  Terra Mater et La citadelle Hyponeros.

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Bordage - Frère Ewen - critique-livre
Posté 07 août 2018 -
Le premier des 5 tomes de ce nouveau space opéra de P. Bordage se lit avec avidité et ses 446 pages nous emportent comme une bourrasque dès les premières lignes.

Il nous projette de planète en planète toutes plus imaginatives les unes que les autres, à la suite d’EWEN, premier héros- ou Frère- d’une chaîne de 5 membres de la Fraternité du Panca, organisation pacifiste et secrète. Pour accomplir sa mission, Ewen devra abandonner femme et enfant particulièrement aimés, et c’est un être déchiré et constamment sur le qui vive qui devra affronter d’implacables ennemis sans cesse renouvelés durant plus de quatre vingt années pour rejoindre le deuxième maillon de la chaîne: un grave péril menace en effet les espèces vivantes de la Galaxie. Les descriptions des contrées traversées et des créatures rencontrées sont tellement évocatrices, captivantes, ingénieuses, étonnantes, qu’elles font mouche à tous les coups!

On suit également les aventures d’OLMEO, jeune adolescent sensible, attachant, curieux, qui fuit sa planète de naissance avec sa famille. Il rencontrera SAYI, jeune fille singulière avec qui il choisira de vivre une histoire d’amour à faire pâlir d’envie.

Outre ces trois personnages, qui semblent de véritables pièces de puzzle de la pensée de l’auteur – il n’y a pas que de l’action ou des mondes extraordinaires dans ce livre, mais aussi des reflexions distillées sans excès et très personnelles sur la vie, la destinée, l’acceptation, le choix par devoir, etc… – des personnages secondaires accompagnent nos héros, bien campés en peu de traits.

On lit avec exaltation. Parfois on pose le roman à la très belle écriture et on réfléchit au sens des paroles de Sayi, à celui du sacrifice d’Ewen, aux réactions pleines de candeur d’Olméo, ou on s’imagine nez à nez avec les créatures sorties de l’imagination absolument incroyable de Pierre Bordage (à se demander s’il n’est pas lui-même parachuté d’une autre galaxie…). Quelle puissance! Vivement les autres tomes!

PS NON, les derniers chapitres ne sont pas bâclés si vous voulez tout savoir, ils sont même de toute beauté, émouvants à souhait!

Mathilde Gialluly

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Bordage - primalmundi
Posté 07 août 2018 -

"       Vous n’avez cité que des auteurs de fantaisie et deux français au moins…
       Oui, je pense que c’est un registre où tout le monde à sa place et les auteurs français sont très bons dans ce domaine. D’ailleurs, la plupart des auteurs des autres registres dont je suis friand sont aussi français. Prenez Pierre Bordage pour la science-fiction et Jean-Christophe Grangé pour le thriller.
       Ce qui transparaît dans les oeuvres que vous avez citées c’est leur univers.
       En effet, ils sont tous cohérents! C’est leur force principale, car sans forcément s’identifier à un personnage, ils nous transportent de notre monde vers le leur. Ils y traitent des problèmes que nous rencontrons, nos dilemmes, nos peurs avec leurs propres mots et sensibilités. Ils nous font donc réfléchir sur nous-mêmes tout en nous divertissant."

 

  Entretien avec Mignar Adamson

[tout l'entretien]

 

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Bordage - Les Dames blanches - hannibal le lecteur
Posté 07 août 2018 -

On ne présente plus Pierre Bordage, prolifique auteur qui figure parmi les plus grands noms des littératures de l’imaginaire en France. Touche-à-tout, il écrit aussi bien de la fantasy que du thriller – on se souvient du très bon Porteurs d’âmes, paru au Diable Vauvert en 2007 – ou, comme ici, des romans d’anticipation.

Dans cet opus, de mystérieuses bulles happent, sans qu’on ne sache ni pourquoi ni comment, des enfants ayant tous pour point commun d’avoir moins de quatre ans au moment de leur disparition. À partir de cette idée de départ, originale mais relativement simple, l’auteur nous propose un grand roman choral, riche en action et faisant parfois froid dans le dos.

Les chapitres font se succéder différents personnages et l’on découvre tour à tour, Élodie et Léo donc, puis Camille, une jeune journaliste chargée d’enquêter sur ces étranges bulles ; Lucio, un ex-légionnaire devenu artificier et chargé par le gouvernement de trouver une solution pour éradiquer ces choses manu militari ; Basile, un ufologue noir convaincu que les Dames blanches ne sont pas venues sur Terre en ennemies et qui essaie de communiquer avec elles, etc.

Tout au long de ce récit intelligent en diable qui se déroule sur plusieurs générations – bien rares sont les romans à se dérouler sur un temps aussi long, c’est dommage – l’auteur prend un malin plaisir à imaginer les réactions des uns et des autres, et notamment de nos chers gouvernants, face à ces phénomènes inexplicables. Ses trouvailles, comme la terrible loi d’Isaac bientôt promulguée par l’ONU au niveau international, sont parfois aussi atroces que malheureusement prévisibles en un sens. Mais ne dévoilons pas plus les éléments de ce superbe roman, qui mérite d’être lu par le plus grand nombre et gagnerait à se voir offrir une seconde jeunesse au format poche.

Avec Les Dames blanches, Pierre Bordage signe une fiction d’anticipation brillante qui ne peut que donner envie de poursuivre la découverte de l’œuvre riche de cet auteur talentueux aux univers parfois très différents.

Par Hannibal le lecteur

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Bordage - Les Dames Blanches - Entre les pages
Posté 12 octobre 2018 -

Elles font des dizaines de mètres de haut, elles sont partout sur la planète, elles se posent surtout dans des zones où la nature est très présente, elles sont indestructibles, attirent les enfants de moins de 4 ans à elles et les absorbent. On les surnomme les bulles, parfois les grosses dondons mais surtout les dames blanches. De quel monde viennent-elles ? Pourquoi les jeunes enfants sont-ils leurs seules cibles ? Que veulent-elles aux hommes ? Sont-elles vraiment une menace ?

Lorsque la première bulle arrive sur TerreLéo s’enfuit vers elle et s’évanouit à l’intérieur. Elodie, sa mère, est interrogée par Camille, jeune journaliste à qui on a confié cet étrange sujet qui fascine tout le monde. Elle-même est mise sur la route de Lucho, artificier obligé de tenter des explosifs toujours plus forts sur les envahisseuses, sans succès. Sur celle de l’ufologue Basile également. Basile qui a une vision différente des bulles. Ces personnages, le lecteur les suit pendant une cinquantaine d’années. Il les voit être privés de toute technologie, une telle régression est inédite. Il voit leurs enfants grandir, quand ils en ont la chance, dans une société qui vit avec les bulles, évoluer dans un monde où l’homme, ayant perdu repères, valeurs, étant devenu fanatique, est prêt à l’impensable pour percer le mystère de ces dames blanches.

Les dames blanches est un roman de science fiction de Pierre Bordage. Il se demande comment l’être humain est capable de réagir face à quelque chose qu’il ne connaît pas, ne maîtrise pas. Jusqu’où il serait capable d’aller ? Il développe son histoire sur plusieurs générations, utilise des personnages récurrents auxquels s’attacher est inévitable et des protagonistes qui n’apparaissent parfois que le temps d’un chapitre. Ainsi, il est évident que chacun, peu importe ce qu’il fait, ce qu’il faisait avant, où il habite ou habitait est touché par ce qui arrive. Les inspirations bibliques et mythologiques cuirassent le texte bouleversant de bout en bout. Un mystère symbole de la maternité irrésistible, oui, un suspens frustrant, oui, mais une invitation intense à la réflexion aussi. Magnifique !

- Blog Entre les pages, le 04 octobre 2018.

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"Entends la nuit" sur Alternantes
Posté 17 octobre 2018 -

Écoutez l'émission ici

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30 ebooks à 4,99e
Posté 10 octobre 2018 -
30 ans de romans, ça se fête !


Du 8 au 21 octobre, (re)découvrez L'Atalante en trente romans emblématiques à 4,99 € en numérique.

Sur Kobo, Feedbooks, 7switch, Emaginaire et partout ailleurs !30ans_complet_1m2.jpg

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Texto, le nouveau roman de Dmitry Glukhovsky
Posté 24 septembre 2018 -


 

À paraître en janvier 2019.

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Frankenstein, toujours !
Posté 08 août 2018 -
Frankenstein : cinq mots pour décrypter la créature de Mary Shelley article de Lloyd Chery dans Le Point POP :
 
« Frankenstein, c'est presque de la hard-science avant l'heure », analyse l'auteur Johan Heliot. « On pourrait dire que ce livre est le père de la science-fiction moderne. Le roman s'interroge sur la nature de la vie et de l'homme, qui sont des questions encore très présentes dans ce genre. » Le spécialiste français des uchronies historiques publie, le 20 septembre prochain, Frankenstein 1918 aux éditions de l'Atalante. Cet excellent récit imagine les recherches de Frankenstein utilisées pour créer des super-soldats dans les tranchées allemandes. Reprenant le même procédé épistolaire de Shelley sous forme de mémoires et rapport de guerre, Heliot met en scène un Winston Churchill traquant, dans une Europe post-apocalyptique, un de ses monstres qui s'est échappé. Originale et efficace, cette uchronie rappelle que l'ouvrage de Shelley inclut plusieurs genres.
 
en librairie le 20 septembre 2018 !
frankenstein_1918_s.jpg
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L'Or du diable, sélectionné pour le prix Utopiales 2018
Posté 26 juillet 2018 -

L'Or du diable d'Andreas Eschbach est sélectionné pour le Prix Utopiales 2018 !

Découvrez toute la sélection

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Manuscrits
Posté 01 février 2018 -

La session de janvier de réception des manuscrits est close. Avec 885 titres reçus, nous avons du pain sur la planche ! C’est pourquoi, si vous souhaitez nous envoyer votre texte, nous vous prions d’attendre que nous ouvrions une nouvelle session – nous l’espérons courant 2018. Cela dépendra du temps que nous prendront le grand nombre de textes reçus. Suivez-nous sur les réseaux sociaux au fil des mois pour plus d’informations.

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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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