Suite de l’excellent Le vieil homme et la guerre, publié en début d’année par L’Atalante, nominé pour le prix Hugo et lauréat du prix Campbell délivré au meilleur nouvel auteur de SF de l’année, Les Brigades fantômes explore un des pans les plus intéressants de l’univers de John Scalzi, à peine effleuré dans le premier roman. (…)
Mais surtout, et c’est là toute la qualité de ce roman, John Scalzi s’appuie sur ce cadre excitant et militaire pour nous offrir une intrigue haletante, où les réponses à des questions plus fondamentales telles que les limites du clonage, le droit à la conscience, la liberté de choix, fixeront le destin de l’Humanité. Définitivement à la hauteur de son prédécesseur, souhaitons à ce nouveau livre du petit prodige Scalzi le même parcours semé de prix prestigieux que celui de son aîné.
Christophe Sambre, Khimaira, décembre 2007
Annoncé comme le dernier roman de la série, ce que la fin semi-ouverte laisse suggérer, La Dernière colonie s'inscrit pourtant dans un univers riche qui pourrait encore supporter de nombreuses analyses, notamment en raison du dénouement qu ouvre beaucoup de possibilités narratives. Avec ce troisième roman, John Scalzi confirme tout son talent, en nous montrant que le space opera peut se renouveler, en s'appuyant sur des thèmes et des motifs éprouvés, tout en apportant une dose non négligeable d'ironie, d'autodérision et de critique de notre société. Avec une écriture à la fois très cinématographique et une construction narrative assez classique, John Scalzi redonne ses lettres de noblesse à un courant en plein renouveau depuis quelques années.
Denis Labbé, Le Fantastique.Net, juillet 2008
[...] En plus du ton, de la voix du personnage, héros presque malgré lui et en proie au doute, Scalzi distille des trouvailles savoureuses qui donnent un intérêt certain à l'action et au récit. Qu'il s'agisse du processus de rajeunissement en lui-même, des brigades fantômes ou du bestiaire extra-terrestre, le lecteur y trouve son compte.
Tout juste peut-on regretter un certain flou autour des relations humains/aliens. Le contaxte des guerres exposées et l'implication des forces en action et des institutions manquent de contours structurants. Mais j'ai cru comprendre que tout ceci allait s'étoffer au cours du deuxième ouvrage (il y en a trois en tout) : Les Brigades Fantômes. Rendez-vous est pris !
Biblioman(u)
Cette suite du premier volume Le vieil homme et la guerre, nous invite à nous attarder sur un des aspects les plus fascinants de cette saga, les fameuses Brigades fantômes. Ces forces spéciales, formant un corps à part au sein des forces coloniales de défense, sont compos&eac5te;es de soldats d'élites pour le moins étonnants quant à leur sélection. En effet, ces derniers sont issus d'une technique révolutionnaire de clonage, alliant de l'ADN de soldats déjà décédés à de l'ADN d'extraterrestres. Il ressort de cette gigantesque entreprise des êtres dotés de facultés physiques surhumaines et dont l'unique but est de sauvegarder l'humanité.
Dans ce second opus, l'auteur nous présente les nuancés de cette section particulière, de sa sélection et sa création à la production. Ils naissent avec une conscience déjà constituée, subissent un entraînement record pour se voir propulsés dans les missions tes plus secrètes et les plus périlleuses. Tout au long de ce vaste roman, foisonnant de péripéties à travers tout l'univers, le lecteur sera mis en présence du quotidien de ces hommes sans mesure, mais qui peu à peu, pour certains du moins, vont développer un début de conscience humaine...
Tu t'appelles Jared. Ta mère est une cuve et ton esprit n'est pas le tien. Tu as parlé à soixante secondes, marché à deux minutes et pris la navette à une heure dix. Ton avenir ? Il ne t'appartient pas. A deux semaines, tu intégreras le corps d'élite des Forces de défense coloniale, les Brigades fantômes. Au nom de l'humanité, toi qui n'es pas vraiment humain. Mais l'esprit-qui-n'est-pas-le-tien grandit en toi. cet esprit qui, ailleurs, planifie la destruction de l'humanité. Au nom de quoi, au nom de qui ? Et toi, que choisiras-tu, Jared ? Voila un auteur qui des son premier livre Le vieil homme et la guerre a su attirer l'attention des lecteurs. Et nombre d'entre eux attendaient fébrilement l'arrivée du deuxième opus Les brigades fantômes. Comme dans le cas de la série des Takeshi Kovacs de Richard MORGAN, nous avons affaire ici à une suite commerciale qui a toutefois réussis à allier un divertissement agréable et une réflexion intelligente.
Ce premier roman de John Scalzi a valu à l'auteur une nomination pour le Prix Hugo et surtout le Prix Campbell du meilleur nouvel auteur. Récompenses amplement méritées à la lecture de ce récit de science fiction qui sous une thématique guerrière développe une fable humaniste avec une sensibilité rare et un talent indéniable. A 75 ans, John Perry, le narrateur, va s'engager dans les Forces de Défense Coloniale, les yeux bandés puisque personne ne sait ce qui se déroule là-haut et sans espoir de retour sur Terre. Qu'attend-il de cet engagement ? Et surtout, qu'attendent les FDC de recrues de 75 ans ? Nul ne sait. Si les habitants des pays du Tiers Monde peuvent aller coloniser des planètes nouvelles, les Américains ne peuvent émigrer qu'à l'âge du narrateur et simplement pour s'enrôler. Deux ans d'armées, extensibles a dix à la demande des FDC. Et après ? Un lopin de terre sur une planète comme les légionnaires romains après vingt ans de service ? Peut-être. Et avant ? Un rajeunissement ? Des améliorations physiques ? Des greffes ? Personne ne le sait sur Terre, mais les recrues espèrent cette deuxième vie, ce semblant d'immortalité qui les attirent. Le premier contact avec la FDC grâce à l'ascenseur spatial qui mené les recrues dans l'espace montre déjà que les Colonies possèdent des siècles d'avance technologiques sur la Terre Mais est-ce suffisant pour faire de vieux hommes et de vieilles femmes des combattants d'élite ?
Troisième volet de cette trilogie débutée par l'extraordinaire Le Vieil Homme et la guerre, La Dernière colonie reprend le personnage de John Perry et le type de narration à la première personne du singulier, contrairement au roman Les Brigades fantômes qui mettait en scène Jane. Plusieurs années se sont passées depuis la fin du premier roman et John, ainsi que Jane ont quitté l'armée et se retrouvent sur Huckleberry, une planète coloniale, afin de l'administrer. Ils sont accompagnés de Zoé, leur fille adoptive qu'ils ont recueillie après la mort de son père biologique, Charles Boutin qui s'était allié à des ennemis de l'Union Coloniale. C'est d'ailleurs un envoyé de l'UC qui vient les trouver afin de leur proposer de diriger Roanoke, une nouvelle colonie secrète qui va s'opposer aux directives du Conclave, une association de quatre cents douze espèces extraterrestres. La mission est délicate, surtout qu'elle regroupe des colons issus de douze autres planètes.
Les Brigades fantômes n'est pas la suite directe du Vieil homme et la guerre. John Perry n'y apparaît pas, et si des personnages comme Jane Sagan et Harry Wilson permettent de faire le lien (un peu artificiel certes : Scalzi s'est arrangé pour que l'on soit en terrain connu), l'intrigue et le traitement sont totalement différents. Premier élément marquant des Brigades fantômes : Scalzi abandonne la première personne et embrasse une vision plus générale de son univers. Il alterne les points de vues, non seulement entre personnages humains, mais aussi entre races. Cela lui permet d'installer une intrigue plus ouverte et plus complexe, aux enjeux captivants et au développement passionnant. On en apprend beaucoup sur l'Union Coloniale, les FDC et les brigades fantômes, et sur le conflit qui oppose les différentes races de la galaxie. L'auteur alterne habilement explications et progression de l'intrigue. à travers des dialogues maîtrisés la plupart du temps et un style toujours aussi décontracté. Et aboutit à une fin efficace, avec son lot de surprises et une ouverture de bon augure pour un troisième tome.
Le Vieil homme et la guerre est un roman moderne et percutant, comme le prouve sa première phrase, pleine de promesses : « J'ai fait deux choses le jour de mes soixante- quinze ans : je suis allé sur la tombe de ma femme, puis je me suis engagé ». Dans cette phrase transparaissent les deux composantes principales de ce roman : un humanisme sensible et une inventivité rafraîchissante pour le space opéra. Humanisme qui s'exprime avant tout chez les personnages, celui du narrateur John Perry en tête. A travers lui, Scalzi évoque le vieillissement (« On peut vivre plus longtemps et on vit plus longtemps, mais on n'en vit pas moins ces années comme des vieillards ») et tout ce qui l'accompagne (perte d'êtres chers, sentiment d'abandon, etc.) ; l'amitié et nos rapports aux autres (« Nous donnions aux autres quelqu'un de qui prendre soin, ce dont nous avions besoin dans un univers qui ignorait notre existence ou s'en moquait ») ; la façon dont il faut appréhender la vie pour se la rendre plus supportable (« Finalement, j'avais réussi à faire sourire quelqu'un ce jour-là. La vie s'annonçait sous un jour meilleur »)... Le tout écrit avec un ton tantôt humoristique, léger, détendu, tantôt puissamment évocateur, comme lorsque Scalzi parvient à nous faire ressentir l'excitation du voyage teintée d'inquiétude face à l'inconnu chez les recrues. L'écriture même de Scalzi est humaniste, parvenant à déclencher en nous des sentiments, des impressions que l'on s'approprie en même temps que les personnages.
De mon point de vue, Zoé est un roman jeunesse - entendez par là, pour la jeunesse - et même un très bon si vous voulez mon avis.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'initiative ne manque pas d'intérêt ni de pertinence puisqu'il adapte une univers SF adulte - et donc raisonnablement complexe - à un public habitué à des versions plus light. Résumons les thématiques brassées par Zoé : extra-terrestres, colonialisation, racisme, altérité, guerre spaciale, conflits politiques, etc. Pas mal pour un livre jeunesse non ? Dans tous les cas, Scalzi n'a pas oublié les spécificités de son nouveau public et intégre à son roman des thématiques qui lui sont propres.
Il réussit l'exploit d'associer complexité (avec son univers riche qui brasse de nombreuses thématiques propres au genre) et accessibilité (l'histoire d'une adolescente qui se cherche). Dans l'optique d'un public jeunesse, Zoé est une excellente porte d'entrée sur la série, mais aussi, de manière plus générale, sur la littérature de science-fiction.
Faisant suite à « La Dernière Colonie », « Le Vieil Homme et la Guerre » et « Les Brigades Fantômes », « Zoé » n’est pas pour autant le quatrième volume du cycle du Vieil Homme Et La Guerre. Il se définit davantage comme son troisième volume bis, sa vocation étant de raconter l’histoire de « La Dernière Colonie » du point de vue de Zoé, la fille adoptive de John Perry, le personnage principal du cycle. Étrange parti pris de l’auteur, dont on pourrait penser qu’il se repose sans vergogne sur ses acquis et propose à ses lecteurs du réchauffé. La démarche n’étant néanmoins ni commerciale (le côté doublon peut rebuter les amateurs du précédent roman), ni vraiment aisée d’un point de vue rédactionnel, c’est avec autant de curiosité que de perplexité qu’on s’attaque à cet ouvrage. Premier point commun avec la « La Dernière Colonie » : « Zoé » peut se lire indépendamment des trois autres récits et résume suffisamment bien, tout au long de l’histoire, les évènements importants des volumes précédents pour éviter qu’on ait à se replonger entre leurs pages. Deuxième point commun : l’humour et le sens de la répartie des personnages. Zoé est du même bois que son père adoptif et survole littéralement les dialogues avec sa langue acérée. Cependant, comme ses parents interviennent très peu et que seule son amie Gretchen parvient à lui tenir tête au niveau ironie, le lecteur a moins l’impression, par rapport à « La Dernière Colonie », que tous les personnages du roman ont avalé un clown. Troisième point commun : l’histoire ? Oui et non. Nous avons bien à faire à la même trame de fond avec une chronologie évènementielle identique mais l’auteur s’est ingénié à construire son récit à partir des trous et ellipses du premier roman, une bonne partie concernant Zoé, personnage haut en couleur mais sous-employé jusqu’ici. Aussi étonnant que cela puisse paraître, cela fonctionne. (...)
Précisons, pour ceux qui en douteraient, que nous sommes ici loin du roman pour adolescents tel que pourrait le laisser entendre la quatrième de couverture. La maturité des trois jeunes gens principaux (Zoé, Gretchen et Enzo), leur sang-froid ainsi que leur façon globale de parler font que l’on n’y croit qu’à moitié. Scalzi écrit du Scalzi, que son personnage principal soit un héros quasi-centenaire ou une adolescente. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’on apprécie ses romans. Encore une fois, ni le réalisme ni la recherche de suspension d’incrédulité ne sont vraiment à l’honneur, mais on ne peut pas dire le contraire des dialogues hilarants et de la lecture rafraîchissante que nous offre le roman. Non content de délivrer une histoire tout neuve sans empiéter sur l’ancienne, « Zoé » offre une plus-value non négligeable pour ceux qui ont aimé « La Dernière Colonie » mais regretté sa concision et son traitement allégé de certains détails. Si on ajoute à cela le petit tour de force que représente l’écriture de cet ouvrage « bis », je ne peux que le conseiller.
Michaël F., 3 septembre 2009, parcheverses.blogspot.com.
Un space opera admirablement humain
Old man’s war est un space opera, sans aucun doute. Le héros quitte la Terre dans les premiers chapitres, pour se diriger aux confins de l’univers et affronter des espèces inconnues de lui jusqu’alors. Le but : l’extension des colonies humaines et leur préservation. Les retraités terriens, après quelques modifications et un léger entraînement, se retrouvent propulsés dans un conflit gigantesque, de mission en mission, de planète en planète. Ce qui frappe dès le départ, c’est la profonde humanité qui se dégage du texte. John Perry est un homme sensible, qui a perdu sa femme de manière brutale, mais fait preuve d’une importante force intérieure. C’est aussi un homme intelligent, ouvert sur le monde, au parler percutant et subtil. Le petit vieux qui fait ses jeux de mots mine de rien, qui tente de dérider une jeune femme un peu froide par une petite blague qui tombe à plat. En bref, une personnalité crédible et attachante. Les personnes qu’il rencontre au fil de son aventure sont également de cette nature, chacun ayant son propre caractère, souvent bien trempé. John Scalzi dépeint des portraits criants de vérité, et sans qu’il s’en rende compte, les protagonistes sont devenus importants pour le lecteur, qui souffre, aime et vit avec eux.
Des défauts ? Mineurs !
Peut-être est-ce là une certaine faiblesse du roman : les héros sont presque trop parfaits. Intelligents, forts, drôles, philosophes, aux ressources presque inépuisables. Mais l’auteur compense largement ceci par leur condition humaine. Ils ne sont pas éternels et peuvent être blessés ou mourir. Un peu de bon sentiment à l’américaine en somme, qui donne une grande puissance à l’œuvre malgré tout. Le second petit défaut vient de la fin. Moins forte que le début, elle clôture néanmoins bien ce premier opus, à la fois pour terminer l’intrigue et ouvrir sur les autres romans de la saga, laissant au lecteur le soin de choisir s’il souhaite continuer l’aventure ou non. Nul doute que la réponse sera oui. L’épilogue donne, sinon une force, une nostalgie et un espoir communicatifs, qui ne laissent aucune frustration quant à l’aventure émotionnelle vécue tout au long du livre.
Un style exceptionnel, humour et émotion
Old man’s war est un premier roman, ce qui souligne d’autant plus le talent de John Scalzi, qui entraîne dès le départ le lecteur dans l’univers fantastique qu’il a créé. Le récit est très bien construit, avec des phrases simples mais pleines d’esprit ; l’auteur n’en fait pas trop, ce qui est appréciable, et laisse l’histoire le porter. Les pointes dramatiques et humoristiques arrivent aux meilleurs moments, qu’elles soient attendues ou non, et font mouche, provoquant sourire – voire rire franc – ou larmes. Cette histoire humaine en devient poétique à chaque instant, fut-il noir et sans espoir. La grande lucidité des personnages sur leur condition donne toutes les informations nécessaire au lecteur sans l’abreuver de termes techniques, tout en y associant la dimension affective. John Perry n’est de toute façon pas du tout versé dans la physique, les éléments théoriques sont apportés par un personnage secondaire et leur compréhension n’est pas vitale. Certains passages et/ou dialogues sont de véritables pépites, prenant parfois à contre-pied les attentes du lecteur, pour son plus grand plaisir.
Old man’s war (publié en France chez L’Atalante sous le titre Le Vieil homme et la guerre) est de ces livres qui font honneur à la richesse de la science-fiction, mêlant la chronique humaine aux paysages interstellaires. Un énorme coup de coeur pour ce magnifique roman de space opera, sûrement un des plus gros de ma petite carrière de lectrice SF. Indispensable !
Lelf - Imaginelf
C’est décidé : si Scalzi publie d’autres romans dans le même univers, je les lirai. Si ces autres romans sont traduits en français, je les lirai aussi. Vous l’avez compris : je suis définitivement vendue. Je me permets donc de me rouler à terre de joie encore une fois et sans restriction, et ce chaque fois que je lirai cet auteur.
Pascale Raud
Dans Martiens Go Home ! de Fredric Brown, Luc Devereaux écrivain de science-fiction en panne d'inspiration donnerait cher, très cher, pour se débarrasser de ces petits martiens verts qui ont pris le parti de s'attaquer à l'humanité en lui rendant la vie impossible : farces, blagues, immiscions impromptues dans la vie de tous les jours, divulgation de vérités pas toujours bonnes à entendre... et j'en passe. Un chef-d'oeuvre de science-fiction humoristique dont l'impact ne se dément pas avec le temps, le rire étant toujours au rendez-vous.
John Scalzi, l'auteur très remarqué du Vieil homme et la guerre, a quant à lui opté pour une approche inverse. Dans sa propre version d'une rencontre humains / extra-terrestres ou la veine humoristique est ici aussi hautement revendiquée, c'est par la discrétion que les Yherajks – c'est leur nom – entendent bien entrer en contact avec les Terriens. Car après avoir capté les ondes radio et télévisuelles provenant de notre planète - autant d'informations parcellaires, contradictoires et, il faut bien le dire, déroutantes sur notre façon de vivre et de nous comporter - leur intérêt à notre égard a est allé en grandissant. Pour autant, la chose est loin d'être aisée, même si leurs intentions n'ont rien de belliqueuses. Car les Yherajks ne sont – comment dire ? - pas d'un abord très... enfin... bon, pour faire simple, disons qu'ils sont moches, très moches et qu'ils puent à un point inimaginable. Pour être approximatif, ils ressemblent à ces blobs gélatineux apparus dans les films d'horreur dans le but de distribuer leur dose de frisson aux spectateurs en quête de sensations fortes. C'est là en tout cas une raison suffisante, vous en conviendrez, pour qu'ils décident de passer par l'un des plus gros cabinets d'imprésarios d'Hollywood afin que le premier contact se fasse en douceur. Et c'est à Tom Stein, agent plein de ressources, de finesse et de bagoût qu'échoue cette mission des plus périlleuse et délicate.
John Scalzi n'a rien, mais alors vraiment rien à envier à un Fredric Brown ou un Douglas Adams pour ce qui est de faire rire. L'exercice est assez difficile en lui-même et John Scalzi a donc d'autant plus de mérite qu'il tient sur la longueur. Il y a en tout cas des indices qui ne trompent pas. Et j'avoue que ça faisait bien longtemps que de tels éclats d'hilarité n'avaient pas jailli ainsi au cours de mes lectures depuis bien longtemps... depuis les enquêtes de Mma Ramotswe si je me souviens bien.
Et là où Sclazi est vraiment très fort, en plus de sa faculté à se renouveler, c'est qu'il ne bascule jamais dans un absurde débordant. Il donne à son univers une cohérence folle, lui permettant ainsi de faire preuve d'une authentique sensibilité aux moments clés de l'histoire.
Allez, ne traînez plus ! Les Yherajks vous attendent... Je vous souhaite en tout cas un aussi bon contact que le mien, et surtout ne vous étonnez pas si dans le train, à la sécu, à la préfecture où bien ailleurs, on vous regarde bizarrement après un gros éclat de rire. Au mieux on vous demandera ce que vous lisez...
Pardon ? Pour trouver les Yherajks ? Oh, rien de plus simple, laissez votre flair agir.
C'est au moment où il vient d'obtenir un contrat juteux (douze millions et demi de dollars, quand même !) pour Michelle Beck, sa meilleure cliente, que Tom Stein est convoqué chez son patron, Carl Lupo. Après lui avoir posé quelques questions, sans queue ni tête, ni logique aux yeux de Tom, il lui révèle que le contenu puant de l'aquarium posé sur le bureau n'est autre qu'un Yherajk, c'est-à-dire un extra-terrestre, intelligent, pacifique, curieux des humains... mais qui ressemble à un gros tas de glaire qui aurait macéré dans une décoction de boules puantes. Tout le monde en est bien conscient : une bonne campagne de communication s'avère impérative.
Carl offre à Tom de s'en charger, et celui-ci accepte immédiatement, sans réfléchir aux quelques difficultés qui pourraient se présenter : il a juré le secret, même vis-à-vis de son assistante, Miranda, qui ne le prend pas vraiment bien ; le journaliste Jim van Doren, à qui il ne peut évidemment rien dire non plus, le croit fou ou drogué ; les clients qu'il refile à un jeune agent ont tendance à partager cette opinion.
Vraiment, Scalzi sait raconter une histoire. L'idée de départ, à savoir qu'il vaut mieux, pour des ET qui ne correspondraient pas exactement à nos étroits canons de beauté humains, avoir un bon imprésario avant d'aller toquer à la porte de quelque gouvernant que ce soit, a une sorte de logique hollywoodienne. Sous ses dehors loufoques, ce roman est fort bien construit, avec des personnages sympathiques. Bien sûr, c'est une pochade, un clin d'oeil aux poncifs du genre, surtout dans sa forme visuelle, mais il ne s'agit pas de bouder son plaisir pour autant.
Mureliane - Les chroniques de l'imaginaire
Tom Stein est un impresario d'Hollywood.
Brillant, et ambitieux, il officie dans l'agence de Carl Lupo. Un jour,
celui-ci lui demande de concevoir un plan de communication
improbable. Les Yherajks, pacifiques extraterrestres, veulent
contacter les terriens. "Seuls" problèmes : Ces extraterrestres
ressemblent à des masses gélatineuses impropres. Leur langage est en
plus, olfactif. Pour discuter, ils envoient des odeurs. Plus ça
discute , plus l'odeur est épouvantable! Carl, contacté par les
Yherajks, demande à Tom de mettre de côté son
portefeuille d'artistes, et de s'occuper de leur émissaire: Joshua.
Tom se trouve alors face à deux problèmes : Gérer les artistes qui ne
sont guère faciles et occuper une masse gélatineuse
puante, le temps de trouver une solution. Ca aurait pu être
facile...
Les extraterrestes qui nous contactent, c'est classique. N'importe
quel lecteur adepte d'imaginaire a levé la tête en se disant :"Et si.." .
La littérature, le cinéma et d'autres médias se sont
emparés de ces rencontres, amicales, improbables, voire guerrières.
John Scalzi prend des côtés classiques des rencontres: "L'enlèvement",
les Yherajks qui se renseignent sur nous, la moralité de
la race... Il rajoute une dose d'humour non-sensique, et dresse un
portrait au vitriol de la communauté d'Hollywood. Résultat : Qui sont
les extraterrestres ? Les Yherajks ? Gentil peuple de blob
puants ou ces artistes, condescendants, sûrs de leur talent, et
juste invivable? Imprésario du troisième type fait rire, et montre la
vanité d'Hollywood envers elle-même! En bonus, John Scalzi
raconte la construction du roman; celui-ci s'étant fait sur
plusieurs années.
Sardonique, méprisant et mortellement dangereux, tel est le dieu du Vertueux. Mais tout dieu qu'il est, il n'en est pas moins esclave, enchaîné au coeur du gigantesque vaisseau spatial et contraint à utiliser ses pouvoirs pour mouvoir celui-ci sous les ordres du commandant Ean Tephe. Car dans cet univers où la science a depuis longtemps été remplacée par la religion, les dieux sont désormais asservis à celui d'entre eux qui les vainquit jadis, le Seigneur, révéré par la majeure partie de l'humanité. Le Seigneur a confié à Tephe un Talent, un talisman canalisant la puissance divine, qui lui donne toute autorité sur le dieu lié à son vaisseau. Mais depuis peu, les dieux s'agitent dans leurs chaines. Contre toute attente, la rébellion couve parmi eux. L'Evêché confie au commandant Tephe une mission ultrasecrète et prioritaire, destinée à alimenter la foi dans le Seigneur. Car le pouvoir des dieux s'appuie sur leurs fidèles, et il n'est pas de plus grand danger pour eux que le vacillement de la foi...
J'avais flashé sur la superbe couverture illustrée par Vincent Chong, avec ce dieu enchaîné mais railleur, et à la lecture de cet ouvrage je n'ai pas été du tout déçue. Certes, le format novella ne permet pas à John Scalzi de développer dans les détails l'univers qu'il a imaginé, ni l'intrigue qui porte le récit, mais celui-ci n'en est que plus percutant. Les personnages ont beau être sommairement brossés, on les comprend aisément, ainsi que leurs motivations et leurs doutes. Dans ce récit mi-science-fiction, mi-fantasy, l'auteur nous invite à une réflexion sur la religion, la foi et son exploitation. Le dénouement, s'il est un peu rapide, colle à mon sens parfaitement avec ce qui précède. Le style est agréable, les pages défilent à toute vitesse et le seul regret en fermant ce livre, c'est que ce soit déjà fini !
Choisi par l'Evêché militant pour mener à bien une mission confidentielle, le capitaine Tephe sait d'emblée que sont testées ses aptitudes de meneur d'hommes et sa fidélité à son dieu. Mais il ignore l'essentiel : l'usage qui sera fait de sa foi et de son vaisseau, ainsi que l'origine de ses épreuves.
Encres de Loire
(...) Nous suivons dans cette histoire l'engagement de John Perry - septuagénaire - dans des forces armées qui exercent leur activité dans la galaxie, pour coloniser et ensuite protéger les colons humains. Bien entendu, c'est une armée bien particulière, et nous la découvrirons en même temps que John.
Tout d'abord, dès le début de l'histoire, John m'a paru extrêmement sympathique. Ce personnage est intelligent, très humain, il a un sens de l'humour particulièrement développé. Ce n'est pas un mouton qui fait ce qu'on lui demande sans réfléchir un minimum. Il est débrouillard et a tout pour plaire ! C'est le genre de personnage que j'aime énormément et que je prends plaisir à suivre.
Ce qui est intéressant dans cette histoire, c'est que nous sommes au même point que John et ses compagnons. Nous ne savons pas à quoi nous attendre, tout comme eux. Nous découvrons un nouvel univers, un mode de fonctionnement bien particulier. Il est donc très facile de s'identifier à eux, de comprendre leurs questionnements, leurs peurs et leurs réactions. Toute une palette de sentiments surgissent à la lecture de ce roman. L'humour est très présent, que ce soit par certaines situations cocasses, ou alors par des réflexions des personnages. Mais il y a également plusieurs passages très émouvants, voire tristes. Nous avons là un très bon équilibre qui nous fait passer une agréable lecture. Ce livre pousse également à la réflexion. Ce qui m'a particulièrement interpelée, ce sont les idées qu'avait l'un des personnages sur la diplomatie plutôt que la guerre. Ce roman peut donc très facilement nous faire réfléchir à la guerre, à la colonisation, à ses conséquences et ses alternatives, même si ce n'est pas là le but premier de cette histoire.
En tout cas, je suis très heureuse de voir que j'ai apprécié ce roman. Même si quelques notions de physique sont présentes et que je n'y comprenais pas grand chose (et puis j'ai un niveau insuffisant en maths :D), que nous sommes à bord de vaisseaux, j'ai vraiment adoré ma lecture. Peut être y avait il un chouilla trop de batailles pour moi, mais c'était encore supportable, surtout que chacun des combats apportaient un élement nécessaire à la mise en place de l'histoire.
La fin du roman me donne une très forte envie de continuer la découverte de cet univers, et je pense me plonger très prochainement dans La brigade fantôme. Je suis donc très fière que ma première lecture d'un Space opera se passe si bien, et j'en redemande ! Comme quoi, je ne suis vraiment pas une cause perdue.
Le coup de coeur de Mathieu : Roman de science-fiction humoristique qui n'est pas sans rappeler le Martiens go home ! de Fredric Brown, même si les relations avec les extra-terrestres sont ici moins houleuses que dans son glorieux aîné. Le jeune impresario Thomas Stein est chargé par son patron d'un travail un peu particulier : prendre en charge le plan de communication d'une race extra-terrestre souhaitant établir des relations pacifiques avec la Terre. Tout n'ira pas sans heurts cependant, car cette race est dotée d'une forme de blob et dégage une odeur pestilentielle, problématique lorsque l'on cherche à rassurer l'humanité sur ses bonnes intentions. Le style de Scalzi sert admirablement son propos, les dialogues étant ciselés et purement jouissifs. L'action a majoritairement lieu dans le microcosme hollywoodien, occasion de nombreuses piques à l'encontre des stars et surtout des cancans qui circulent dans cette industrie. Un livre très réussi qui se dévore.
Coup de coeur 2011 du collectif de science-fiction des bibliothèques de prêt de la ville de Paris
C'est au moment où il vient d'obtenir un contrat juteux (douze millions et demi de dollars, quand même !) pour Michelle Beck, sa meilleure cliente, que Tom Stein est convoqué chez son patron, Carl Lupo. Après lui avoir posé quelques questions, sans queue ni tête, ni logique aux yeux de Tom, il lui révèle que le contenu puant de l'aquarium posé sur le bureau n'est autre qu'un Yherajk, c'est-à-dire un extra-terrestre, intelligent, pacifique, curieux des humains... mais qui ressemble à un gros tas de glaire qui aurait macéré dans une décoction de boules puantes. Tout le monde en est bien conscient : une bonne campagne de communication s'avère impérative.
Carl offre à Tom de s'en charger, et celui-ci accepte immédiatement, sans réfléchir aux quelques difficultés qui pourraient se présenter : il a juré le secret, même vis-à-vis de son assistante, Miranda, qui ne le prend pas vraiment bien ; le journaliste Jim van Doren, à qui il ne peut évidemment rien dire non plus, le croit fou ou drogué ; les clients qu'il refile à un jeune agent ont tendance à partager cette opinion.
Vraiment, Scalzi sait raconter une histoire. L'idée de départ, à savoir qu'il vaut mieux, pour des ET qui ne correspondraient pas exactement à nos étroits canons de beauté humains, avoir un bon imprésario avant d'aller toquer à la porte de quelque gouvernant que ce soit, a une sorte de logique hollywoodienne. J'ai longtemps pensé que le long monologue de Carl, après un début très enlevé, était à la fois trop long et plombait inutilement l'histoire. Mea culpa, il n'a en fait rien d'inutile. Sous ses dehors loufoques, ce roman est fort bien construit, avec des personnages sympathiques. Bien sûr, c'est une pochade, un clin d'oeil aux poncifs du genre, surtout dans sa forme visuelle, mais il ne s'agit pas de bouder son plaisir pour autant.
Mureliane
Old's Man War (2005) & The Ghost Brigades (2006)
S'engager dans l'armée à soixante-quinze ans, alors qu'on a toujours été anti-militariste, relève forcément de motifs qui n'ont rien à voir avec les guerres que l'humanité en expansion mène dans la Galaxie contre diverses espèces extraterrestres. John Perry, à présent veuf, ne désire pas connaître le naufrage de la vieillesse : contre deux ans de service dans les Forces de défense coloniale, l'armée promet de lui rendre la jeunesse puis de l'expédier en « retraite » sur une colonie, le retour sur Terre étant interdit.
En fait de rajeunissement, John Perry reçoit un nouveau corps, cloné lors de l'engagement selon des méthodes de croissance accélérée et amélioré génétiquement : dans ses veines coule le SangmalinTM, qui donne une couleur verte à sa peau et assure une oxygénation optimale, et son esprit dialogue avec AmicerveauTM, un ordinateur jouant le rôle de pager mais aussi d'interface avec le corps, décuplant par exemple les capacités de réaction ou de précision.
Le temps de tester leur nouvelle enveloppe très performante avec des partenaires sexuels, les nouvelles recrues commencent un entraînement qui relativise l'excellence de ces formations. Les premiers combats achèvent de détruire les illusions. Il apparaît vite que l'engagement de deux ans n'a plus cours en temps de guerre ; or, les Terriens, non seulement sont engagés dans nombre de conflits, mais ne font rien pour y mettre fin : aucune négociation n'a jamais été envisagée, pas plus qu'on n'a tenté de comprendre le point de vue de l'ennemi. L'humanité se contente de poursuivre une politique d'expansion agressive sans pitié, ni stratégie élaborée pour limiter ses pertes. Le simple fait d'envisager une entente est considéré comme un acte de trahison. John Perry, qui a révélé, contre toute attente, un sens militaire lui valant de monter en grade, se demande quelle part d'humanité conservent en eux des soldats génétiquement améliorés et à l'esprit assisté par leur AmicerveauTM, capables de piétiner des êtres évolués hauts de cinq centimètres comme s'il s'agissait de fourmis. C'est ce type de questions éthiques et philosophiques que pose le premier volume — questionnement souligné par un sens de la dérision et un humour très second degré complètement gâché en VF par une traduction inepte. Des propos qui ne renouvellent pas ceux de La Guerre éternelle, le roman de Joe Haldeman auquel on ne peut s'empêcher de penser, Starship Troopers (de Robert Heinlein) étant l'autre référence qui vient à l'esprit ; le présent roman condense au contraire l'ensemble des préoccupations liées à ce type d'histoire, d'une manière fort habile, tout en développant un récit passionnant sans aucun temps mort.
Ces interrogations sont accentuées par la révélation d'escadrons fantômes encore plus déshumanisés. En effet, l'armée dispose malgré tout des candidats à la vie militaire qui seraient décédés avant leur incorporation : elle les clone et y introduit un esprit entièrement conçu pour la guerre. S'agit-il encore d'humains ? On comprend le secret entourant ces Brigades fantômes : comment réagir face à l'enveloppe physique de son épouse devenue une machine à tuer ? L'amélioration du processus conduit, dans le second volume, à disposer de soldats d'élite à peine nés : il est déstabilisant de croiser des individus apte à parler une minute après leur naissance, à marcher deux minutes plus tard et à mener l'interrogatoire d'un ennemi au bout de quinze jours. Pour beaucoup, un soldat des Brigades fantômes n'est qu'un Amicerveau logé dans un support biologique, qui est d'ailleurs transformé en engrais si l'esprit qui l'occupait a été transféré dans un autre corps.
L'un d'eux, Jared Dirac (tous portent des noms de scientifiques), a en outre reçu un second esprit, celui de Charles Boutin dont il est déjà le clone, un scientifique de la Recherche militaire accusé d'intelligence avec l'ennemi pour avoir donné aux Rraeys des informations sur l'Amicerveau. L'armée pense que si les Rraeys s'allient avec les Eneshans et les Obins, forçant l'humanité à combattre sur trois fronts à la fois, c'est grâce au rôle joué par Boutin. Pour maquiller sa fuite, Boutin a transféré son esprit dans un clone qu'il a abattu. Une prouesse dans la mesure où le transfert d'esprit ne pouvait s'effectuer que d'un corps à l'autre avant que le savant ne réussisse à stocker la conscience sur un support numérique. C'est parce qu'il n'a pas eu le temps de vider la mémoire de celui-ci que son esprit est une nouvelle fois transféré dans le corps du soldat Jared, soumis à haute surveillance en lisant ses pensées par le biais des Amicerveaux, une possibilité qu'on avait cachée aux soldats pour ne pas les inquiéter ; on espère qu'il retrouvera ainsi quelques-unes des informations permettant de savoir où Boutin se cache et connaître surtout la nature du complot ourdi contre les Terriens. Au fur et à mesure qu'il retrouve la mémoire de son hôte, Jared gagne en humanité en même temps qu'il devient apte à juger sa hiérarchie, laquelle n'a pas hésité, pour obtenir des renseignements, à inoculer à un extraterrestre prisonnier un poison nécessitant la prise d'un antidote à vie.
John Scalzi franchit, dans Les Brigades fantômes, un cran supplémentaire dans la perte d'humanité, du point de vue physique comme du point de vue moral. D'épineuses questions éthiques sur la légitimité de la violence, la définition de l'humain ou le contrôle d'autrui continuent d'être posées à travers ce roman fort prenant qui n'a jamais perdu de vue la dimension aventureuse de son récit ni l'indispensable touche d'humour. Même le projet de Boutin ressasse ces interrogations selon des perspectives inédites.
Pour Le Vieil homme et la guerre, son premier roman, John Scalzi a reçu le prix Campbell et a été nominé au Hugo. Des récompenses bien méritées, ce diptyque temporaire se révélant passionnant de bout en bout. En attendant la traduction du troisième opus de cette saga, The Last Colony, tout en priant pour que l'éditeur nous épargne cette fois une traduction de Bernadette Emerich.
Claude Ecken
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