Le mythe d’Er est le second roman de Javier Negrete traduit en français après Le Regard des Furies. Professeur de grec, il constelle son récit de références mythologiques, historiques et philosophiques conférant une solide crédibilité à son œuvre mais sans jamais tomber dans le professoral. La chute est particulièrement surprenante, prenant à contre-pied une bonne part du récit dont on ne pourra regretter que la brièveté.
L’Espagne n’est certes pas le pays le plus réputé pour ses auteurs de fantasy ou de science-fiction mais il va être temps de commencer à s’y intéresser. Javier Negrete et Juan Miguel Aguilera en tête, c’est une nouvelle génération d’auteurs ibériques de très grand talent qui explose sur la scène européenne. Depuis Le Regard des Furies (1997) et Le Mythe d’Er (2002), deux autres ouvrages de Negrete sont parus et ont été traduits, Zémal (2005) et Syfron (2006).
Assurément, un auteur à suivre.
Eclipsehead
Dites fantasy, on vous répond héros nordique, à la Siegfried ou Beowulf ; ou arturien, style Lancelot, Merlin ou Gauvain. Rien de tout cela chez Javier Negrete. Les mythes qui passionnent l'écrivain espagnol sont les mythes grecs. Zeus, Hermès, Athéna, Héphaïstos, les géants et les cyclopes, voilà des héros qu'il a envie de mettre en scène. Et il le fait : son Seigneurs de l'Olympe est totalement consacré aux récits que nous connaissons via Homère, Hésiode, Ovide, etc.
C'était audacieux. S'attaquer à ces monuments de la mythologie et de la littérature mondiale, fallait oser. L'aède Negrete a eu raison. Son roman est assez réussi. Il parvient à nous faire croire à ces héros statufiés depuis trois millénaires au moins et même à nous les rendre proches, suffisamment pour qu'on puisse être soudain en osmose avec eux. Et particulièrement avec Athéna, la belle et attachante déesse.
Bien sûr, ce sont des dieux. Invincibles, donc. Pas vraiment, en fait. Les dieux aussi peuvent être vaincus. Le maître de l'Olympe n'est jamais à l'abri de la trahison et l'on sait que les bagarres ne manquaient pas entre ces dieux, demi-dieux, dragons, titans, géants, tous jaloux l'un de l'autre, tous avides de pouvoir.
Javier Negrete imagine un soulèvement contre Zeus. Celui des Géants et, tapis derrière eux, tout un monde de centaures, satyres et nymphes. C'est la révolte des anciens peuples, des anciens dieux contre les nouveaux dieux et leurs protégés, les hommes. Les soubresauts d'un monde ancien qui ne veut pas mourir.
Javier Negrete prend des libertés avec le mythe. Il imagine, il invente, il transforme, il adapte à son récit. Un travail d'écrivain, pas de compilateur. Ce qui amusera tous ceux qui ont adoré les belles histoires de l'Olympe.
Jean-Claude Vantroyen, Le Soir (30 novembre 2007)
Les racines de la fantasy plongent au cœur des mythes et des légendes, y trouvant un limon fertile au développement de ses héros qui, à l'instar de ceux de l'Antiquité, mènent des quêtes initiatrices porteuses de sens et de symboles. C'est justement à la recherche de ces symboles que s'est lancé l'écrivain espagnol Javier Negrette en s'appropriant la cosmogonie grecque pour mieux réécrire ce mythe fondateur. Car ces Seigneurs de l'Olympe ne sont autres que Zeus, Rhéa, Gaia, Hermès, Héphaïstos, Arès, Athéna, Apollon ou Prométhée dont on suit les aventures tout au long d'un roman riche en péripéties et rebondissements divers. Pourtant, Javier Negrete ne se limite pas à une actualisation du mythe, il fait réellement œuvre de réécriture, dans la plus pure tradition d'un Molière s'appropriant le Dom Juan de Tirso de Molina, ou Eric-Emmanuel Schmitt faisant de celui-ci, un homosexuel dans La Nuit de Valognes.
Javier Negrete écrit rarement court, mais c’eût été difficile pour un tel sujet. Alexandre, pas moins. L’archétype du héros disparaissant au faîte de sa gloire après avoir étendu son empire jusqu’aux confins (ou presque) de la terre et jeté un pont dont les vestiges demeurent entre l’Europe et l’Asie. Voilà, entre tous, un personnage historique des plus dignes d’entrer dans la légende. Et il y est entré, ouvrant grand les portes de l’Orient.
Et si… et s’il n’était pas mort si jeune, se serait-il contenté d’aller vers le soleil levant ? Sûrement non ! N’eût-il pas souhaité étendre les bras jusqu’à tout l’horizon ? Et ces Romains si conquérants dont on nous rebat les oreilles, eussent-ils tenu devant lui ? On pourrait se poser la question… L’auteur se l’est posée.
Alexandre le Grand et les Aigles de Rome,
c’est à la fois une uchronie, un roman historique et de la fantasy...
Alexandre ne meurt pas ce jour-là. Tout est dit.
Le personnage central de cette formidable fresque, c’est Alexandre, alors âgé de trente-trois-ans, et déjà maître de la moitié du monde connu. Légendaire meneur d’hommes au charisme quasi-divin.
Et
lorsque le plus grand conquérant de l’Histoire décide de se tourner
vers Rome, alors la plus grande puissance militaire au Monde, le choc
ne peut être que titanesque.
Ce n’est pas une suite de batailles épiques auxquelles on assiste,
mais bien à toute la campagne, ses intrigues, ses dénouements, ses trahisons... C’est magnifiquement orchestré, raconté avec une force
poignante, un verbe fluide et entraînant, bref, c’est une immense
réussite littéraire !
Et lorsqu’arrive l’heure de la confrontation, on tremble devant la
marche des légions en rang serrés, on frissonne devant les actes de
courage héroïque et les morts glorieuses.
Jusqu’à la fin, Negrete nous tient en haleine, et réussit une sortie
magistrale, en ne dévoilant pas la totalité des tenants et
aboutissants, comme le font trop souvent des auteurs avides d’happy
end, où le jeune héros tue le dragon et emporte la fille...
C’est un livre sublime, où histoire rime avec fantasy, dans une maestria de guerriers et de politiciens...
Negrete manie les mots avec une
adresse rare, jongle avec l’histoire, les personnages, comme seul un grand auteur sait le faire.Tout simplement génial. Il s’impose ici comme l’un des meilleurs écrivains de son temps.
L’uchronie est une des grandes modes du moment et les ouvrages ayant ce thème fleurissent sur les étagères des librairies. Javier Negrete, Grand Prix de l’Imaginaire en 2004 et Prix Européen Utopiale 2008, se lance donc dans cette vaste tâche en prenant soin de placer au centre de son roman un personnage emblématique : Alexandre le Grand. Il n’a visiblement pas peur de s’attaquer à un mythe et il a raison. Car n’importe qui ne peut pas rendre une copie égalant la sienne. Décryptage de ce roman qui promet d’être de nouveau un Grand Prix…
En permettant à Alexandre de survivre au-delà du banquet maudit, Javier Negrete s’écarte de l’Histoire et raconte une uchronie dominée par la figure d’Alexandre. L’auteur développe également de nombreuses histoires secondaires, recréant ainsi une Antiquité richement documentée. Tout le récit tend à l’affrontement entre Alexandre et les Romains, et pourtant, grâce au talent de l’auteur, le doute demeure jusqu’au bout sur la réalité du combat.
Magistralement mené, le texte fait évoluer toutes les grandes figures de l’époque, donnant vie aux dieux et aux croyances avec une aisance déconcertante.
L’empire romain avait le superbe Roma Aeterna de Silverberg, Alexandre a ce magnifique roman de Javier Negrete.
Roman foisonnant mais érudit que celui-ci.
On suit donc, d’un côté, le
chemin de Nestor, cet étrange médecin qui a tout oublié de son passé
et, de l’autre, celui du conquérant, troublé par la maladie et, aussi,
par les présages que semble annoncer Icare, une extraordinaire comète
rougeoyante qui pourrait bien amener la fin de ce monde, sinon du monde.
Au
final, on pourrait réduire le propos à la préparation de la guerre,
dans les deux camps, qui culminera dans une rencontre sanglante au pied
du Vésuve. Ce serait faire bon marché des extraordinaires rencontres
qui nous attendent au coin des pages. L’on y croise aussi bien le Roi
du Bois qu’Aristote et, chez les Macédoniens comme chez les Romains,
tant de personnages fidèles ou traîtres, complexes et tellement
humains, tant de premier plan que secondaires, que l’on ne peut éviter
de s’attacher à eux.
Si Negrete nous laisse quelque peu dans
l’imprécision sur le cas « Nestor », il n’en fait pas moins partie des
auteurs « marquants » qui mêlent avec talent le sens historique,
l’uchronie et la fantasy. Pas toujours de façon égale d’ailleurs, mais
j’aurais tendance à classer ce livre-ci parmi ses meilleurs. Quant à
l’issue de cette confrontation et à ce que contenaient les Livres
Sibyllins, je vous laisse le plaisir de le découvrir.
Même si les indicateurs pointent incontestablement vers l’uchronie, Alexandre le Grand et les aigles de Rome
s’apparente davantage à un roman historique. Le récit en a en tout cas
la tournure, mêlant à la fois la vraisemblance de la reconstitution
historique et les ressorts du roman. L’écrivain hispanique laisse
courir sa plume et, armé de sa grande culture historique, convoque avec
un certain panache les civilisations gréco-macédonienne et romaine pour
accoucher d’un roman tout bonnement passionnant.
En effet, à aucun moment, la narration ne se fait didactique,
alourdissant le récit de détails trop académiques. On apprend beaucoup
de choses sur l’esprit du temps, sur les pratiques cultuelles, les
superstitions, la philosophie, la science, l’art de la guerre, la
stratégie, tous ces éléments qui définissent une civilisation.
Heureusement, Javier Negrete parvient à maintenir l’équilibre entre le récit historique et le destin individuel des divers protagonistes qu’ils soient imaginaires ou réels, prestigieux ou sans éclat. Et si l’écrivain espagnol prend son temps pour nous emmener vers l’affrontement final entre Grecs et Romains, ce n’est pas pour autant du temps perdu.
Les personnages confèrent à l’Histoire une réelle épaisseur en lui apportant une dimension humaine trop souvent éludée par la geste héroïque consignée dans les chroniques.
Une convaincante tentative de réenchanter l’Histoire par le biais de l’uchronie
Seigneurs de l'Olympe est un roman de fantasy tout à fait réussi qui a pour particularité de raconter à sa manière la Gigantomachie, guerre que Zeus mena contre les géants pour s'assurer définitivement le trône.
Javier Negrete reprend à son compte les sources connues (notamment Hésiode, Apollodore et dans une moindre mesure Homère) et des travaux de recherche modernes et livre une histoire passionnante qui combine avec bonheur des éléments mythologiques (et pas seulement empruntés à la mythologie grecque) et d'autres clairement fantasy (des dragons, des anneaux magiques...) voire même de science-fiction (Zeus est équipé d'un bras de cyborg, même si le mot n'est jamais énoncé et Héphaïstos a créé des femmes automates).
Le grand intérêt de cette réécriture très personnelle, outre une intrigue solide et un final grandiose digne des plus grandes batailles de l'heroïc fantasy, est de faire vivre sous nos yeux des dieux qui ont finalement des traits bien humains (Apollon est mélancolique, Hermès courageux mais peureux, Aphrodite égoïste, Arès idiot comme ses sandales, Athéna très attachante dans sa volonté de plaire à tout prix à son père et sa détermination sans faille...) et de proposer sa propre explication de certains faits jamais expliqués (comme le fait qu'Aphrodite n'a jamais couché avec Zeus).
Il modifie la mythologie de manière très judicieuse (je pense notamment au personnage d'Héraclès, parfaitement introduit et campé pour servir l'action), rend Zeus sympathique (une prouesse) et s'offre le luxe d'une pirouette finale très réjouissante, faisant finalement de Cronos le plus malin de tous. Un roman astucieux, bien documenté, bien construit, bien écrit : parfaitement jouissif donc.
Javier
Negrete nous trace l'escalade et le déroulement de ce conflit [entre Rome et Alexandre le Grand] avec un
tel luxe de détail qu'on a l'impression de lire une biographie romancée
d'Alexandre. Le lecteur se plonge avec passion dans les techniques
guerrières comparées des deux puissances, dans l'état d'esprit
particulier de cette époque encore instable et dans les rêves de
puissance et de gloire d'Alexandre. Le combat final sur les monts du
Vésuve est particulièrement impressionnant et clôt magnifiquement le
récit.
Mais l'auteur a su aussi créer des personnages forts et
attachants tout en jonglant avec les personnages ayant réellement
existé. (…)
Cependant, la palme du personnage le plus réussi revient comme de juste à Alexandre dont les rêves de gloire enfiévrés et son côté implacable sont compensés par son intérêt pour ceux qui le suivent et par la compassion pour sa maladie rampante qui gagne peu à peu sur lui.
[…]
Ce roman est du même haut niveau de qualité que les précédents écrits de l'auteur et ne devrait pas décevoir les amateurs d'uchronie et de récits guerriers.
Une petite vidéo du fameux blog "Fantasy au petit déjeuner" pour Alexandre Le Grand et les Aigles de Rome.
Bon visionnage!
Je ne vous le cacherai pas bien longtemps, Alexandre le Grand et les aigles de Rome a su me séduire et m’enthousiasmer à un point rarement atteint cette année. Il concourt donc allégrement pour le titre d’un des meilleurs romans Fantasy publiés en 2009.
Bien que l’histoire soit inventée, elle en reste des plus crédibles et elle semble tellement réelle qu’elle fait plus penser aux Rois Maudits qu’à n’importe quel autre titre de Fantasy.
A ceci près qu’on est ici littéralement projeté au 4ème siècle avant J.-C. et on est pas prêt d’en sortir. Utilisation des mesures de l’époque, des termes de l’époque, citations ça et là de grec et de romain, tout est fait en sorte que le lecteur se sente presque chez lui. Les détails sont très fournis sans pour autant être barbants, on sent autant la puissance romaine avec ses routes, son architecture et ses techniques déjà très avancées, que celle d’Alexandre, ses sarisses, ses combattants venus de tous les recoins connus à l’époque. Les carthaginois, bien qu’externes au conflit sont aussi de la partie, on aurait presque l’impression qu’ils viendront bientôt sur leur dos d’éléphants. Et je ne parle pas des Spartiates, ou tout simplement des chevaliers cataphractères. On est complètement dépaysés et c’est vraiment agréable, l’imagination est ainsi très facilité et la vision des armées d’Alexandre aisée.
Lorsqu’on aime cette période de l’histoire on ne peut qu’être aux anges, mais ceux qui ne l’apprécient pas vraiment n’auront rien à y reprocher. Les détails sont là pour pousser l’immersion dans le monde d’Alexandre le Grand, et pas pour autre chose. Cela permet qui plus est d’en apprendre un peu plus sur un sujet qui est généralement survolé aux cours d’Histoire en France, et qui donc nécessite forcément une recherche personnelle pour en savoir un tant soit peu. Le livre est aussi accompagné de deux cartes de l’époque, qui permettent de mieux comprendre le récit, ainsi que l’ignorance des personnages concernant la géographie, et d’un lexique de noms avec description des personnages. Dommage que je ne l’ai vu qu’une fois le livre bien entamé. A noter qu’il est vraiment très intéressant de lire les dialogues des personnages concernant l’astrologie, la géographie, etc.
Si j’avais au début redouté un point de vue trop orienté pour Alexandre, il n’en est rien. Car il faut bien l’avouer, imaginer le choc entre ces deux civilisations relève d’une fantasme du fan d’Histoire.
A dire vraie, je ne vois pas de réel défaut à ce livre.
En tout cas (…) je ne peux que vous enjoindre à lire ce livre qui ravira tout autant les fans de Fantasy que ceux d’Histoire.
Si Javier Negrete se frotte à Alexandre n’hésitant pas à le mettre en scène lui, ses conseillers, ses généraux, ses épouses et même l’assistant qui partage son lit, le véritable héros de ce roman n’est autre que son médecin.
Intervenant de façon miraculeuse pour sauver le roi, il est le personnage principal de l’histoire, la majeure partie du récit étant vu par ses yeux. Nestor est un homme dans la force de l’âge qui malgré une amnésie persistante possède une connaissance solide de la médecine mais aussi un regard curieux et érudit sur le monde qui l’entoure.
C’est lui qui nous fait vivre les principales batailles en tant qu’observateur. Et si le mystère sur son histoire n’est jamais levé, le récit tient en grande partie à lui. Il en est d’ailleurs un des atouts principaux. Ses questions, sa douceur, son regard, le rendent non seulement sympathique et nous offre une vision passionnante de ce morceaux d’histoire qui se déroule sous nos yeux.
Car outre l’uchronie, Javier Negrete nous offre là une plongée à la cour d’Alexandre et dans le monde romain. C’est tout simplement passionnant, pour peu que l’on s’intéresse un minimum à l’Histoire. On prend plaisir à découvrir cette période, sans doute autant que l’auteur a eu à mettre en scène quelques personnages historiques comme Aristote. On prend aussi plaisir à lire les moments de bravoure (on recommandera tout particulièrement la scène dans le sénat romain et la bataille finale) et à dénouer avec lui les complots qui entourent Alexandre, au point de lui pardonner les longueurs de son récit.
Sans nul doute, Alexandre le Grand et les aigles de Rome est un des meilleurs romans de cette année. En tout cas un bon exemple de ce que l’Uchronie peut avoir comme saveur...
Javier Negrete… Que ce nom chante à mes oreilles…Ceux qui suivent régulièrement le blog auront peut-être remarqué un léger penchant de ma part pour cet écrivain espagnol. Alors oui, quand on parle de Negrete je ne suis pas très objectif. Mais Les chroniques de Tramorée sont les premiers livres que j’ai lus de lui, donc je serais surement plus impartial. On verra bien.
Les Chroniques de Tramorée, c’est avant tout l’histoire de Derguin Gorion, jeune Ibtahan (apprenti guerrier n’ayant pas réussi l’épreuve pour devenir Tahédoran, maître de l’épée) partant à la conquête de Zémal, la légendaire épée de feu forgée par Tariman. Accompagné de son maître Kratos May, tahédoran aux neufs marques de maîtrise (plus un tahédoran possède de marque, plus il est puissant.), de son ami Mikhon Tiq et de Linar le Kalagorinor (mage extrêmement puissant), ils partent sur les routes, défiant Togul Barok, prince d’Aïnar, lui aussi parti à la poursuite de l’épée.
L’histoire, lorsqu’elle est racontée aussi simplement, parait extrêmement classique, voire simpliste. Et pourtant Javier Negrete possède cette étincelle de génie qui lui permet, par une écriture que je n’héisterais pas à qualifier de superbe, des personnages incroyablement cohérents, un univers riche, au carrefour entre diverses mythologies ( Tolkien en a fait autant dans les années 50, rappelez-vous…comment ça je suis pas objectif ? ), à nous aspirer dans son monde, à nous faire suivre cette quête comme si c’était la notre…
J’aimerais m’attarder sur une facette de l’univers de Tramorée : les accélérations, ou tahiteï. Lorsqu’une ibtahan ou un tahédoran récite la suite de chiffre qui correspond à une tahiteï, il entre en accélération. Un flux d’adrénaline traverse son corps, et fait doubler sa vitesse, voire plus, au prix d’une grande fatigue par la suite. Il existe différents niveaux de tahiteïs : protahitei, mirtahitei et urtahitei, dernière et secrète accélération. Alors évidemment, des guerriers accélérés, ça existe depuis belle lurette en SF, ou dans les mangas. Mais dans cet univers de fantasy, cela apporte un plus phénoménal, qui rend les combats tout simplement hallucinants.
La maîtrise de l’action est un grand fort de Negrete, et il ne se prive pas dans ce livre.Un livre fabuleux, une épopée de légende pour une épée de feu dans un univers riche et cohérent, un auteur génial. Voici Zémal. Negrete est un prince, longue vie au prince !
Etienne
Derguin Gorion a conquis Zémal, Togul Barok est mort, Kratos May a rejoint la Horde Rouge, Tramorée est en paix. En paix ? Muhuhahahahaha !!! Bien sur que non, vous vous en doutez bien.
Negrete signe ici la suite de Zémal, déjà extrêmement prometteur, avec un roman plus long, plus sombre, mais tellement plus vaste ! On suit alternativement Kratos May, blessé à l’épaule et ne pouvant donc pas lever son bras droit, Derguin, qui forme une troupe de guerriers dans une ville qui pleine d’intrigue politique qui le dépassent. Pendant ce temps, les aïfolu s’arment, et leur armée forte de 100 000 hommes promet de belles batailles.
Et belles batailles il y aura ! Si le siège porté par les aïfolus reste relativement classique (mais toujours extrêmement efficace), la bataille Horde Rouge/aïfolus (ma parole ils sont partout !) est un pur bijou. Si l’on regrettera la ressemblance un peu trop marquée avec la bataille du gouffre de Helm du Seigneur des Anneaux, la maîtrise de l’action est telle que l’on ne s’ennuie jamais.
Negrete nous entraine aux quatre coins de Tramorée, dans des décors toujours plus riches, avec des personnages toujours plus conséquents. Mention spéciale à l’entrée des Aïfolus dans Illfatar, moment grandiose, décrit avec une plume superbe, qui transporte véritablement le lecteur dans les rues bondées de cette cité marchande.
Voilà, je ne pense pas qu’il faille en rajouter, Syfron continue admirablement le cycle des Chroniques de Tramorée, nous propulsant encore plus rapidement dans un monde vaste et fantastique.Un style puissant, efficace, qui nous amène un livre percutant, un des plus grands romans de fantasy de notre époque à n’en pas douter. Negrete est Roi, vive le Roi !
Etienne Librairie Critic
Tout d’abord, qu’est ce que la sifron ? La sifron est en quelque sorte l’âme, l’essence même d’un être humain, avec tout ce que cela comporte, et donc, pour un magicien, tous ses pouvoirs magiques.À la fin de Zemal (le premier volume), nous avons laissé Dervin Gorion triomphant et enfin devenu Zelmanit. Dervin et son ami Mikkon Tiq, magicien de grande puissance en devenir, ont tous deux à pêne vingt ans.
On pourrait croire qu’avec son triomphe et avoirObtenu Zemal, la vie serait enfin belle pour Dervin. Malheureusement, au début de ce deuxième tome, son cher ami Mikkon se fait dérober sa sifron, sous les yeux même du Zelmanit, ne devenant plus qu’une coquille vide de pierre sans vie.Dervin va donc devoir, d’une part, échapper à de sombres manœuvres politiciennes, mais aussi retrouver la sifron de son ami pour lui rendre sa vie, et enfin sauver le monde de l’invasion de guerriers sanguinaires et fanatiques qui jouent avec de bien sombres pouvoirs.
L’écriture de Sifron est aussi léchée et enlevée que Zemal, mais nous réserve cependant un certain nombre de surprises extrêmement bien amenées et totalement imprévisibles.Zemal est un roman de fantasy héroïque, initiatique, sifron reprend ces « genres » pour y rajouter un ou deux autres non citables sans déflorer l’histoire. Sachez seulement que c’est particulièrement bien amené, et que, bien que l’on ne s’y attende pas, après une seconde de réflexion, les surprises deviennent des évidences.
Encore une fois, Negrete a écrit de la très belle fantasy, les personnages restent attachants, mais à part son héros, bien sûr, il sait s’en séparer et les faire mourir quand nécessaire pour l’histoire.
Il y a de l’intrigue, des batailles, du merveilleux et bien d’autres choses encore, et personnellement, je n’ai qu’une chose à dire : « Dites, Monsieur Negrete, il sort quand le tome 3 ? »
Gemme 1444
Nous vous annonçons la nomination du roman de Johan Heliot Izaïn, né du désert pour le prix Tam-Tam 2011 !
Deux sites consacrés à l'univers des Magiciens de Lev Grossman, sorti le 19 août.
Ne pas désespérer !
Métro 2033 - deuxième édition en cours !
deux premiers chapitres à télécharger gratuitement!
article de Denis E. Savine traducteur de Métro 2033.