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Sawyer - L'artefact - Le culte d'Apophis
Posté 31 janvier 2017 -
Quand Avatar et Aliens rencontrent Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad, on obtient un excellent roman au carrefour de la SF de divertissement et de la SF « intelligente »

Jamie Sawyer est un écrivain britannique qui, dans la vie de tous les jours, est avocat. L’artefact est le premier tome d’une trilogie de SF militaire nommée Lazare en guerre, qui comprend également une novella (Redemption). Un nouveau livre (Pariah) se passant dans le même univers est annoncé (en VO) pour septembre, apparemment le premier d’un nouveau cycle appelé The Eternity war.

Nous suivons, dans le futur, une branche récente de l’armée qui fait « piloter » par téléprésence à ses soldats des corps artificiels, optimisés pour le combat. Oui, oui, un peu comme dans Avatar. Sauf que cette fois, il ne s’agit pas du tout d’une fable écologiste, que la plupart des protagonistes sont tout à fait heureux d’être dans l’armée (on peut même dire qu’ils y sont accros, comme à une drogue, ce qui est d’ailleurs une des thématiques du livre), et que le ton, très noir, n’est pas du tout le même. Ce n’est pas seulement, comme on aurait aussi pu le penser, une allégorie des pilotes de drones, et de la déshumanisation (si j’ose dire) de la guerre, vue, dès lors, comme un jeu vidéo, où les gens tués ne sont que des abstractions sous forme de pixels. Non, ce qui est vraiment au centre de ce roman, c’est la mort, la « résurrection », la chute depuis l’état de grâce (guerrière), et surtout la psychologie (très développée) des personnages. Et comme je le disais, c’est très noir. Il y a du Apocalypse Now / Au cœur des ténèbres, là-dedans. Et pas qu’un peu.


Univers
Nous sommes en 2279. L’humanité s’est propagée dans les étoiles, sous la bannière de deux blocs antagonistes : l’Alliance (pays du continent américain, Europe, monde occidental en général, Mondes arabes unis) et le Directoire (qui réunit des pays asiatiques : Chine, Corée unifiée, Confédération Thaïe, etc). Ce dernier a lancé une attaque nucléaire sur l’Amérique, qui n’est plus que l’ombre de ce qu’elle fut jadis. Notre pauvre planète a aussi subi des désordres d’ordre climatique, puisque l’auteur nous parle d’une cité Antarctique, de l’opéra de Sydney a-demi submergé, et des canaux du centre de Londres.
[…]

Intrigue
Harris et son équipe sont cantonnés à Cap-Liberté, la plus grande station spatiale militaire en bordure de la zone de quarantaine. Après une scène d’ouverture choc (dans un esprit très Space Hulk), Harris est briefé par un aréopage de militaires et de cadres corporatifs (là encore, dans un esprit très Aliens) à propos de l’Opération clef-de-voûte. Elle consiste à se rendre, grâce au croiseur de combat VAU Oregon, sur Hélios III, une planète sur laquelle a été repéré (il y a cinq ans), grâce au signal qu’il émet, un artefact extraterrestre, une structure d’une taille colossale (un Big Dumb Object quoi !).

Le signal émis a une intéressante propriété : il attire irrésistiblement les Krells. Et ils sont tellement fascinés qu’on peut danser la Zumba autour d’eux sans se faire massacrer. Si, si. Bref, les possibilités de militarisation de cette émission sont grandes. C’est donc pourquoi on a expédié sur la planète, il y a plusieurs années, le professeur Kellerman, la superstar des services scientifiques de l’Alliance, assisté de 2000 personnes. Une grande base a été bâtie, pour étudier l’artefact tout en se cachant des Krells. Il y a 6 mois, elle a cessé d’envoyer des rapports.

La mission du capitaine Harris et de son équipe est d’aller sur place, en opérant leurs Simulants depuis le croiseur Oregon (ce monde est trop loin de leur base d’opération habituelle pour une transmission directe). Et c’est en fait là qu’est tout le problème : la localisation du système Hélios. Il se trouve dans le Maelström, un amas d’étoiles entouré d’un halo mortellement dangereux de planétoïdes, doté d’une densité très inhabituelle de trous noirs et de pulsars, parcouru de distorsions gravitationnelles, et quasi-complètement inexploré. Et pour cause : c’est la région de l’espace dont sont originaires les Krells ! Y aller, c’est donc prendre le risque de violer le traité et de relancer une guerre totale, d’extermination. 
[…]

Personnages, écriture, ambiance, inspirations
Conrad Harris est un personnage extrêmement solide : la narration à la première personne est très immersive, d’autant plus que l’auteur utilise assez régulièrement un système de flash-backs pour expliquer son comportement et ses motivations. La chronologie des révélations est d’ailleurs assez bien maîtrisée.

L’écriture est tout aussi solide, nettement plus que pour de la SF militaire moyenne et pour un nouvel auteur. L’ambiance est moins héroïque ou patriotique que désabusée, et surtout noire : ça rappelle presque le ton du narrateur dans un film sur la guerre du Vietnam, comme Platoon, par exemple. Harris, comme vous le découvrirez, en a bavé, et comme le diraient Perceval et Karadoc, « il en a gros ». Il y a quelque chose d’indéfinissable qui m’a rappelé l’atmosphère de certains récits d’Hypérion, même si c’est sans doute plus personnel qu’une évidence flagrante, universelle et incontestable. Enfin, un point est inspiré par Bruce Sterling ou Peter Hamilton, mais je vous laisse découvrir cela dans le roman.
[…]

Thématiques
Ce livre est en partie une allégorie de la guerre vue comme un jeu vidéo par des soldats qui, aux commandes de leurs drones, bien à l’abri aux USA, mènent en temps réel des missions de combat à l’autre bout du monde, tuant sans remord des choses qu’ils perçoivent comme des tas de pixels sur un écran, alors qu’il s’agit en fait d’êtres humains. C’est cette abstraction de la guerre, cette technologie qui offre enfin un espoir du fameux « zéro mort » si chères à nos sociétés occidentales et en totale contradiction avec l’histoire multi-millénaire de la guerre, qui est en partie dénoncée ici. Ce qui est intéressant, c’est de voir des soldats qui n’ont plus combattu dans leur propre corps depuis dix ans (Conrad Harris), voire même jamais (Blake), se retrouver obligés de le faire suite à des circonstances imprévues. A cet égard, la réflexion d’un des personnages est particulièrement éclairante : « Putain ! Putain ! C’est pour de vrai !« . Plus d’abstraction ici, la mort du Simulant n’est plus un simple « game over » (certes non dépourvu de risques pour le corps ou le cerveau réels, comme nous l’avons vu), et c’est la plus grande peur de tout opérateur des SimOps qui se concrétise : être forcé de combattre dans son corps naturel, humain, imparfait, fragile, limité (il est frappant de voir, par exemple, à quel point les armes standard des simulants sont difficiles à manier lorsqu’on ne dispose plus de leur force surhumaine). Car la chute depuis l’état de grâce, depuis ce statut de demi-dieu de la guerre, est aussi un aspect de ce roman.

L’autre grande thématique du roman (à part la folie, le mysticisme, et le fait d’être accro au combat, à la guerre) est la mort : celle qu’on donne, dans ces corps plus-que-parfaits, celle dont on fait l’expérience, encore et encore et encore au fil des missions, celles qu’on revit, en esprit, dans ses rêves. La mort… et la résurrection, quelque part : car se déconnecter d’un Simulant en train de mourir, c’est quelque part revenir d’entre les morts.
[…]


En conclusion
L’artefact est, bien au-delà de la SF militaire, un roman de science-fiction remarquable, qui se sert de l’ailleurs et de demain pour explorer des thématiques extrêmement profondes : abstraction et déshumanisation de la guerre via l’utilisation croissante de drones, mort, folie, mysticisme (l’auteur s’est puissamment inspiré de Conrad et de Coppola, Kellerman n’étant qu’un autre Kurtz), traumatismes psychologiques, etc. Mais même sur un pur plan baston, ce mélange d’Avatar, Alien / Aliens, Warhammer 40 000 et Apocalypse Now vaut le détour, grâce à son ambiance noire et désabusée, grâce à son rythme savamment étudié, à la psychologie très développée de son personnage principal et à son côté prenant, parfois coup-de-poing. Bref, un excellent livre, alliant SF populaire « de divertissement » et SF « intelligente ».

C’est avec une franche impatience que je vais maintenant attendre les suites de ce premier tome extrêmement solide.
 
 
Apophis - Le culte d'Apophis
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Sawyer - L'artefact - Albédo
Posté 30 mars 2017 -

Voici un roman dont le premier chapitre se clos avec brutalité. Notre héros Conrad Harris décède en mission lors d’un affrontement contre les Krells, et tout son équipe avec.  Inutile de dire que cela fait un choc.

Dans un futur assez lointain, l’humanité a colonisé la Voie Lactée mais s’est cassée les dents sur une espèce d’aliens particulièrement agressive et vindicative.  Cette rencontre du troisième type a dégénéré en une guerre presque totale bien que le berceau de l’homme ne soit pas (encore) menacé. A la régulière, les Krells sont imbattables, ils représentent la machine de guerre biomécanique parfaite. Aussi, les scientifiques ont-ils réussi à développer un programme de simulants,  des clones dont l’ADN a été modifié pour en faire de super soldat. La doublure peut être sacrifié lors d’une mission tandis que son « pilote » survit. La référence à Lazarre paraît donc toute indiquée. Une référence qui montre la volonté de proposer une sf plus réfléchie qu’une simple baston galactique.

L’artefact explore une sf militaire largement différente des grandes sagas du genre. Nous sommes plus proche de Scalzi, Heinlein et Poul Anderson que de David Weber ou Jack Campbell dont les empires stellaires luttent entre camps humains.

Le nom de Poul Anderson peut effectivement surprendre car  rarement l’auteur est associé à de la sf militaire. Pourtant le programme simulant – qui voit des hôtes génétiquement modifiés et dont les traits n’ont plus grand chose d’humain – ressemble fort à celui de Jupiter et les Centaures (ou alors le film Avatar). Conrad et sa troupe combattent à distance, leur corps reposant dans des cuves tout en étant reliés à leur doublure guerrière.  Lors de leur décès, ils retrouvent leurs esprits loin du combat, leur enveloppe à l’abri dans un liquide amniotique de synthèse. Une pratique propice à sauver des vies mais qui « dédramatise » et aseptise la guerre. La mort s’éloigne par l’intermédiaire de ces interfaces simulantes, la réalité du combat aussi, et réduit le tout à un jeux vidéo ?….Une thématique fort captivante qui est proposée par l’auteur, alors que ses protagonistes deviennent des virtuoses dans cette confrontation virtuelle.

Physiquement, ils sont sains. Psychologiquement, c’est une autre affaire.

En effet, Jamie Sawyer propose un roman qui va au-delà d’un simple récit plein de bastons, de testostérone et du claquements sourds de munitions en tout genre. En cela, il se rapproche de John Scalzi et du Vieil Homme et la guerre, en s’interrogeant sur la place de l’homme face à la guerre, au combat et à la mort. Il dépeint des personnages rongés par le combat, à la fois traumatisé par ces morts répétitives, ce jeu de dupe avec la faucheuse mais aussi sous l’influence grandissante de cette sensation d’immortalité, cette addiction au bourre-pifs, à la boucherie et au danger.

Tous les protagonistes sont touchés à divers niveaux et vivent cette addiction de manière différente, de Blake, jeune homme souhaitant mettre un terme à l’aventure au Capitaine Conrad Harris, en cas typique du junkie soufrant de stress post traumatique. Un personnage, finalement assez proche de Rambo dans son rapport à la guerre (dans le premier film pas les autres machins). D’ailleurs, l’officier ne peut plus se passer de ces incursions, et il ne vit plus que pour le prochain affrontement, son enveloppe charnelle réelle devient finalement plus qu’une contrainte.

[…]

C’est par l’intermédiaire de nombreux flashback sur son enfance et les prémices du programme simulant que le lecteur se familiarise avec son passé et sa personnalité. L’auteur en profite pour nous dépeindre son histoire du futur, les événements qui ont amené cette guerre et la tournure prise par le conflit interstellaire.

Le premier contact a eu lieu par hasard, mais tout de suite la hache de guerre fut de sortie. Les Krells sont des aliens coriaces, adaptables et taillés pour le combat. La description de quelques spécimens fait inévitablement penser aux Aliens du 8° Passager, avec leur carapace en chitine, l’aspect gluant, les éperons et les dents. Leurs organisation fait davantage penser aux extra-terrestres de la [Stratégie] Ender d‘Orson S. Card avec des formes primaires dirigeant les autres, telle une reine sa colonie d’abeilles. Mais, ce sont surtout les arachnéides de Starship Troopers qui me sont venus à l’esprit.  A leur image, les Krells ont la capacité à se projeter dans l’espace, des formes diverses et variés adaptées aux besoins, (même des vaisseaux spatiaux biomécanique), ainsi qu’un bio-plasma comme munition/arme. Même la situation désespérée de l’équipe est similaire au roman de Heinlein.

Et l’artefact dans tout cela ? C’est un mystère et l’objet de la mission de Conrad Harris. Ils sont envoyé dans le Maelstrom en territoire Krell pour secourir une expédition scientifique. Impossible dans dévoiler de trop, car il s’agit là du cœur du récit et d’ailleurs de son intérêt. Jusque là je n’avais rien trouvé de révolutionnaire ou de transcendant au roman du britannique. En revanche, ensuite, le mystère concernant l’artefact s’épaissit et amène une densité à l’univers. Les jeux d’influence, un poker menteur et les trahisons se succèdent à un rythme enlevé. Les combats sont violents, nombreux et soignés.

Ainsi, le roman en soi m’a-t-il bien plue; sans atteindre totalement mes attentes. L’univers est prometteur, la rivalité entre deux espèces alléchante, et l’auteur nous propose une réflexion intéressante sur l’addiction à la violence, la guerre et la mort. [...] Je suivrai la suite des aventures de Lazare en guerre.

Albédo - Albédo

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Sawyer - L'artefact - Les Vagabonds du rêve
Posté 03 avril 2017 -

La Vieille Terre n’est guère plus vivable. Désormais, après avoir colonisé puis décimé toutes les planètes du système solaire, elle reste le cœur d’un immense ensemble de mondes regroupés autour de l’Alliance, une des deux forces qui en recherchent chacune la domination.
La guerre entre l’Alliance et le Directoire passe néanmoins au second plan avec un ennemi plus redoutable encore, les Krells, dotés d’un armement qui, pour être basé sur des technologies biologiques, n’en est pas moins surpuissant.
L’humanité n’est pourtant pas en reste puisqu’elle s’est créé des défenseurs exceptionnels, les simulants. Des clones surpuissants, dotés d’une technologie meurtrière, et personnalisés en fonction de chacun de leurs opérateurs qui les dirigent à distance. Ainsi, lorsqu’un de ces simulants est tué, son corps d’origine, malgré la souffrance de cette mort, se réveille-t-il indemne dans sa cuve et peut-il reprendre le combat dans une autre enveloppe.
Une telle innovation a changé le cours de la guerre même si nombre de ces soldats n’ont jamais réellement combattu en personne.
Le capitaine Harris, un des plus remarquables d’entre eux, est devenu une légende, mort tant de fois sous sa forme de Sim qu’il a fini par être surnommé Lazare. Mais il est aussi devenu en quelque sorte accro à cette puissance simulée et n’a pas été capable de saisir la chance qui lui était offerte d’une vie plus « ordinaire », celle qu’il aurait pu mener avec Elena, qu’il a perdue.
Ce premier tome commence donc par l’attaque d’un vaisseau krell qu’il mène avec son équipe, sur un mode assez caricatural d’ailleurs, qui permet de découvrir le mode « simulant », avant de revenir à la réalité. Une réalité plutôt douloureuse puisque ce retour à la « vraie vie » ne saurait modifier le passé.
Il n’empêche pas davantage le souvenir de la mort de son simulant. Une expérience acquise dans ces combats qui rend le capitaine Harris, malgré – ou grâce à – un caractère assez individualiste, d’autant plus précieux à sa hiérarchie.
Il va donc être choisi pour une opération bien spéciale, la mission Clef de voûte. Aller, sinon récupérer, du moins s’assurer du devenir d’une équipe de scientifiques envoyée dans le Maelstrom, pour étudier l’extraordinaire artefact découvert sur une planète krell.
Son équipe et lui embarquent donc sur l’Orégon, un vaisseau aux équipements plus pointus qu’ils aient jamais imaginés, pour se retrouver au cœur de l’espace ennemi.
Et d’ennemis, il ne manque pas. Et ils ne seront pas uniquement extérieurs. Non seulement parce que l’auteur, par une succession de flash-back, laisse découvrir peu à peu les failles et les atouts de son héros, mais peut-être aussi parce que cette fois, après avoir été soldat d’élite dans une guerre virtuelle, il pourra prendre conscience de son rôle et de ses capacités in real life.
Une réflexion intéressante dans un décor de batailles spatiales assez grandioses qui inaugure bien de cette série qui commence juste.

Hélène Marchetto - Les Vagabonds du rêve

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Sawyer - L'artefact - Un bouquin sinon rien
Posté 06 avril 2017 -
 Artefact est le premier tome d'une nouvelle série Lazare en guerre dans la superbe collection "La dentelle du Cygne" chez L'Atalante (Metro 2033, Le vieil homme et la guerre, Honor Harrington, Des milliards de tapis de cheveux et bien d'autres bons titres).

Le personnage principal, surnommé Lazare, dirige une unité militaire d'élite se servant d'avatars pour aller se battre en milieux hostiles, sur le même principe que dans le film Avatar de James Cameron (la ressemblance s'arrête ici rassurez-vous).
L'humanité est en conflit avec une race extraterrestre très différente des humains possédant une technologie biologique et une violence extrême. (Pour ceux qui connaissent, un peu, comme dans le jeu vidéo Mass Effect, le roman ici présent me fait d'ailleurs énormément penser à ce dernier par beaucoup d'aspects).

J'ai apprécié le fait que même si on se retrouve dans une unité militaire, nous ne sommes pas plongés dans les coutumes liées à l'armée. On en parle très peu finalement pour se concentrer sur la psychologie de notre personnage principal.
L'histoire est assez classique et reprend les codes de la SF en y prenant toutefois que le meilleur, ce qui en fait une valeur sûre.

Pour clôturer cette chronique, je conseille ce récit aux amateurs de Space Opera ainsi qu'aux personnes voulant s'essayer à ce genre, ils seront ravis de ce premier tome, en espérant qu'il y en aura d'autres et qu'ils seront aussi bien que celui-ci.
 
Macks G - Un bouquin sinon rien
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Sawyer - Rédemption - Aldoblog
Posté 04 décembre 2017 -

Cette novella tombe à point nommé : elle fait le lien entre la fin des événements de Légion, le tome 2 et la future suite à Lazare en guerre. Dans ce texte, Conrad Harris et sa troupe de simulants sont absents mais leur ombre plane sur la station spatiale Cap Liberté.

Ce court roman de 128 pages est le fix-up idéal pour patienter en attendant le dénouement final.

Effectivement, le préalable à la lecture de Rédemption exige d’être à jour dans leurs aventures et d’aimer la baston sur fond de station en perdition. De là à considérer que cet opus est largement binaire (tout comme le reste de la série), il n’y a qu’un pas. Je vous déconseille toutefois de le franchir, car même s’il s’agit de space opera militaire, cette novella ne se résume pas à des poings dans la gueule, des fusillades à qui mieux mieux, des eclats de tripes ou autres entrailles bien sanglantes. Certes, ce cocktail carné est bien présent (le bourre-pif inclus), mais Rédemption parvient à enrichir l‘univers construit par Jamie Sawyer.

En effet, jusqu’à présent nous étions cantonnés à la seule connaissance de l’aspect militaire et para-militaire de ce monde en conflit avec les Krells (les informations les concernant sont disponibles dans les critiques des tomes précédents), et accessoirement le Directoire. Ce texte évoque la vie des petits équipages commerciaux comprenant une poignée de membres. Leur fonctionnement n’est pas sans rappeler L’opéra de l’espace de Cherryh ou plus récemment celui minimaliste du Rocinante de The expanse de Correy.

Taniya est mécanicienne à bord de l’Edison, un cargo sur le point d’accoster la station Cap Liberté. Elle vient d’un coin obscur : l’Arcologie de Zêta du Réticule, démocratie jusque là indépendante, qui n’a guère eu le choix d’adhérer à l’Alliance. Cette origine permet d’élargir l’horizon du mastodonte politique, de brosser des particularités aux planètes et autres cailloux associés à la fédération, ainsi que de mettre en lumière leurs méthodes éthiquement suspectes. Ainsi, se retrouve-t-on non pas avec une valeureuse Alliance seule contre l’invasion Krell et le Directoire cheenois (orthographié de la sorte), mais avec une entité politico-militaire bien plus ambivalente. Déjà, les tomes précédents semaient quelques éléments sur l’absence de virginité morale de celle-ci, la preuve est désormais faite. J’aime quand le récit prend une tournure absolument non-dichotomique!

Sur ce terrain galactique, Rédemption entrouvre plus largement la porte à des connivences des hautes instances que nous ne pouvions que suspecter à la fin du tome précédent.

Revenons à Taniya.

Dès l’approche de l’Edison, quelques perturbations dans les communications laissent planer le doute quand à la l’issue de ce séjour.  Les incidents se multiplient une fois sur place, jusqu’au black out total et angoissant. Que se passe-t-il ?…  Oh! Surprise! La station est attaquée!Débute alors une lutte pour la survie, dans la lignée d’un Alien.

Le récit est écrit à la première personne; le lecteur découvre avec Taniya les petites pannes, se sent pris au piège en même temps qu’elle au milieu du chaos, affronte le danger de face, cherche les coins et les recoins pour se mettre à l’abri, aide tour à tour un compagnon ou l’autre, assiste impuissant à l’envolée de cervelle, se bat pour trouver une sortie ou pour convaincre un officier entêté. L’oppression corse l’ambiance, tout le jeu comme d’ombres et de lumières qui tap sur les nerfs.

En parallèle, nous découvrons la psychologie de la jeune femme, marquée par un événement tragique et blessée par l’abandon d’une mère qui ne lui parle plus. Ce personnage est moins abîmé que Conrad Harris, le héros de l’Alliance. Notre jeune femme est bien moins névrosée et plus équilibrée que lui, oscillant entre une peur qui lui glace les entrailles et l’espoir fou de s’en sortir, rêvant surtout de pardon. Elle s’avère un personnage intéressant, plus lumineux que ceux animant les autres tomes.

Lors de son voyage depuis Zêta, elle a fait la connaissance de chacun des membres de l’Edison, du désagréable et obsédé Sheldon au charismatique Nath, en passant par Daryl, le capitaine ouvert, et sa femme, la désagréable Lucinda.  Les protagonistes secondaires sont brossés, à peine esquissés mais à la décharge de l’auteur, l’histoire ne dure que quelques heures. Le roman est court et galope à l’essentiel. Prendre le temps de leur donner davantage de corps serait… une perte de temps, et couperait bien trop le rythme. Seule la mère de Taniya sort du lot (volontairement) et me rappelle fort l’héroïne de la saga Alien.

Rédemption est un récit de space opera explosif qui parvient à approfondir l’univers de Lazare en guerre, tout en nous offrant un morceau de bravoure. L’ambiance est proche de celle d’un Alien, avec une course effrénée contre la montre, la mort sur les talons et une oppression de tous les instants. Un excellent fix-up entre deux tomes.

- Lutin82, le 04/12/17 

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Sawyer - Rédemption - lecultedapophis
Posté 19 février 2018 -
Rédemption est une novella de 117 pages s’inscrivant entre les tomes 2 et 3 du cycle Lazare en guerre de Jamie Sawyer. L’Atalante a d’ailleurs choisi de suivre la numérotation adoptée sur Goodreads, ce qui fait que le dos porte le numéro 2.5, et la couverture la mention « intermède ». Si vous suivez ce blog, vous êtes familier de cette tendance récente des auteurs anglo-saxons à publier des textes courts s’insérant avant ou entre les romans de leurs cycles (pour les livres proprement dits -préludes ou nouveaux tomes s’insérant entre deux tomes existants, parfois écrits des décennies auparavant-, cela se fait depuis longtemps), et permettant soit d’explorer d’autres pans de l’univers, soit de revenir plus en détails sur certains personnages ou événements. C’est dans ce dernier cas que nous sommes ici : Rédemption se déroule quelques heures avant la fin du tome 2 du cycle, et explique son coup de théâtre final.

Je tiens à saluer l’initiative de l’Atalante de proposer au lecteur non-anglophone une de ces novellas intermédiaires, car il y en a de plus en plus et car les éditeurs français les ont jusqu’ici consciencieusement ignorées.

Nous suivons un nouveau personnage (encore jamais introduit dans le cycle), Taniya Coetzer, mécanicienne sur le cargo commercial franchisé Edison. La novella commence in media res, via un flashforward / une prolepse d’une page, avant de revenir en arrière quelques heures plus tôt. Vous pourriez donc croire que Jamie Sawyer sabote d’emblée tout suspense, en vous montrant l’héroïne fuyant dans les couloirs d’une station spatiale envahie par les Krells (pour ceux qui ne connaissent pas le cycle Lazare en guerre : des extraterrestres, entre le poisson et l’insecte, possédant une redoutable biotechnologie et inspirés à la fois par le xénomorphe d’Alien et les Tyranides de l’univers de Warhammer 40 000). En fait, il n’en est rien : l’auteur va installer des certitudes et des stéréotypes (en apparence seulement) pour mieux vous surprendre tout au long du texte. Et, de plus, ce dernier se révèle hautement haletant.

Taniya, 21 ans, est sortie de prison il y a deux ans, et depuis, passe de vaisseau en vaisseau et de boulot en boulot afin de faire le long voyage entre son monde natal, l’Arcologie de Zeta Reticuli (je rappelle aux distraits que le système en question est celui où se situe l’action d’Alien et de Prometheus : et hop, un clin d’œil à la saga de plus !), et la station spatiale Cap-Liberté (la plus grosse base militaire de l’Alliance en bordure de la zone de quarantaine Krell), où se trouve sa mère, Renée. Ce voyage, c’est la catharsis de Taniya pour expier la faute qui lui a fait endurer 4 longues années de pénitencier, c’est l’occasion d’obtenir la rédemption (d’où le titre du texte) de sa génitrice (qui n’est venue la voir en taule qu’une seule et unique fois). Vous découvrirez les tenants et aboutissants de l’affaire en lisant le livre.

Cependant, la base opérationnelle avancée Cap-Liberté connaît des problèmes techniques récurrents depuis une bonne semaine, et peu après l’arrivée de l’Edison, leur cause réelle se dévoile d’une façon… explosive. « Bof ! », allez-vous me rétorquer, « on la connaît la cause, ce sont les Krells aperçus dans le flashforward ! ». Ce à quoi je vous répondrai que les choses sont en fait beaucoup plus subtiles et complexes qu’elles n’en ont l’air de prime abord  !

Sans vous dévoiler le fin mot de l’histoire (je vous dirais juste à ce sujet que j’ai cru pratiquement jusqu’à la fin que cette novella pouvait être lue par un complet néophyte du cycle, mais en fait elle nécessite vraiment d’avoir lu les tomes 1 ET 2 -c’est un tome 2.5, après tout- pour parvenir à saisir le twist final), je vous dirais que ce texte très immersif (raconté à la première personne du singulier selon le point de vue de Taniya, avec des flash-backs occasionnels sur l’événement qui l’a conduite en prison) vous projette réellement dans la tête d’une civile qui voit son monde s’effondrer (ses certitudes sur les gens aussi bien que l’infrastructure physique autour d’elle) alors qu’elle est poursuivie par un terrifiant prédateur extraterrestre. On ressent très bien son angoisse, non seulement celle d’être tuée par le monstre, mais aussi celle de ne pas obtenir le pardon de sa mère. De fait, cela rappelle assez fortement les films Alien 2 et surtout 4, via cette course contre la montre et la mort dans un vaisseau (ici une station, mais on va pas chipoter, hein !) promis à la ruine, avec une bête immonde sur les talons. L’histoire est donc haletante et contée sur un rythme élevé.

Au passage, on constate que l’auteur a un faible pour les personnages torturés sur le plan psychologique, même si Taniya est à des années-lumière de la noirceur d’un Conrad Harris.

Je le disais, la fin est réussie (bien que je me demande ce que vont devenir les données et ce qu’elles contiennent), bien qu’assez prévisible (ce qui n’enlève rien à son impact émotionnel). La novella dans son ensemble a aussi pour gros intérêt d’expliquer ce qui est arrivé à la base Cap-Liberté telle qu’on la découvre à la fin du tome 2. Apparemment, sa lecture serait un gros plus pour mieux saisir le début du tome 3.

Un autre intérêt (bien qu’à mon sens mineur) du texte est qu’il vous en apprendra un poil plus sur les nations ou colonies membres de l’Alliance (dont l’Arcologie de Zeta Reticuli, seule et unique aventure coloniale de la République d’Afrique du sud), bien que cet aspect soit à mon avis trop léger pour en constituer l’attrait principal. De même, si la baston est présente, elle est là aussi un peu trop légère pour constituer l’argument de vente principal de Rédemption. C’est, à mon sens, dans la construction des certitudes dans l’esprit du lecteur et du protagoniste, puis leur habile et systématique démolition, qu’est le vrai intérêt de la novella.

Cette novella, qui se place entre les tomes 2 et 3 du cycle de SF militaire Lazare en guerre, permet de mieux comprendre le coup de théâtre de la fin de La légion. Se déroulant quelques heures avant celle-ci, elle nous fait suivre Taniya Coetzer, jeune femme récemment sortie de prison qui vient chercher sur la station spatiale Cap-Liberté la rédemption auprès de sa mère, alors que l’installation est victime de problèmes techniques récurrents qui trouveront très bientôt une sinistre explication. Explication qui impulsera un texte au rythme enlevé, course contre la montre et la mort très immersive évoquant fortement Alien 2 et (surtout) 4. Le principal intérêt de ce « tome 2.5 » est que l’auteur bâtit, dans votre esprit et celui de la protagoniste, certitude sur certitude pour mieux les démolir, avec une redoutable habileté. C’est donc un roman court hautement recommandable.

Le culte d'Apophis

 

 

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Sawyer - Rédemption - delivresenlivres
Posté 19 février 2018 -
Une excellente novella à l'ambiance bien tendue qui lève le voile sur ce qu'il c'est passé juste avant la fin du second tome de la série.

Nous suivons ici un personnage nouveau, qui n'a rien à voir avec le personnage principale de la série jusqu'ici.

Taniya Coetzer, une jeune femme au passé tumultueux, se rend sur la station Cap-Liberté, station phare de l'Alliance, pour parler pour la première fois depuis longtemps avec sa mère qui m'a abandonnée alors qu'elle séjournait en prison. Elle a payé son passage en travaillant sur l'Edison, un vaisseau marchand qui fait la liaison avec à son bord du matériel militaire.
Mais une fois arrivé sur place rien ne se passe comme prévu. De sérieux problèmes informatiques et de communication rendent impossible la vérification des données, ce qui retarde tout dans un chaos ambiant assez désagréable. En plus son rendez-vous est annulé. Soudain, lors d'un blackout Taniya se rend compte que la station est en fait attaquée  ...

Au vu du résumé vous vous imaginez bien j'imagine l'ambiance tout au long de ce récit. Il est certes court mais vraiment très nerveux.
On est totalement dans une ambiance à la Aliens (les films), avec des humains prisonniers d'un espace limité cherchent à survivre une rencontre avec des aliens peu disposés à les laisser en vie ...
Le tout dans le noir, dans le chaos le plus total et sans grand espoir de survie.

Le personnage de Taniya change vraiment du héros des autres tomes, elle est civile et donc on sors du coté militaire très musclé d'avant. Ça n’empêche pas du tout le fait d'avoir son lot d'action et j'ai trouvé que justement ça rendait encore plus fort le sentiment d'oppression qu'on ressent tout du long. 

J'ai vraiment adoré ce texte, il a tout à fait sa place dans la série et L'Atalante à vraiment bien fait de le sortir.
C'est un tome intermédiaire court mais important car il apporte quand même pas mal de réponses sur twist final du tome précédent. Une réussite.

17/20
 
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Sawyer - Le Revenant - Le nocher des livres
Posté 14 mai 2018 -
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Le Revenant est donc le dernier volume des aventures de Conrad Harris, surnommé Lazare en raison de son nombre phénoménal de morts… et de renaissances. D’ailleurs, on découvre dans ce volume l’origine de son surnom, Lazare.  Et ce dernier roman ne m’a pas déçu. D’autant que Jamie Sawyer laisse enfin tomber cette construction qui m’avait agacée dans les deux premiers tomes : alterner l’action présente et des retours dans un passé lointain, censés expliquer sa psychologie, les raisons de sa dépression, etc. Ce procédé était trop systématique et paraissait, parfois, artificiel. Dans ce dernier opus, les retours en arrière sont moins nombreux, mais surtout plus aussi réguliers et, donc, plus justifiés. Ils arrivent à point nommé pour sortir de l’ombre tel point de l’histoire, telle question restée sans réponse.

Pour ce qui est de l’histoire, à nouveau, elle est efficace et explosive. Lazare doit aller en plein cœur du territoire ennemi. Enfin, de l’ennemi principal rencontré dans L’Artefact, c’est à dire les Krells. Car depuis La légion et, surtout, Rédemption, le Directoire semble vouloir prendre la première place au sommet de la liste des fumiers tout juste bons à massacrer à la pelle des milliers de gentils civils (et de soldats, si l’occasion se présente). Donc, avec sa légion et quelques renforts, le voilà parti à la recherche d’une arme ultime capable, selon le Haut Commandement, de régler une bonne fois pour toute cette petite guegerre qui a fait des millions de morts et transformé pas mal de planètes en champs de ruines.

Évidemment, tout ne va pas être facile. Évidemment, les cadavres vont se compter par milliers. Évidemment, les phénomènes pyrotechniques vont faire exploser le budget de n’importe quelle super-production hollywoodienne. Évidemment, les guerriers et guerrières (pas de sexisme dans cette trilogie, tout le monde sait se défendre) vont se montrer particulièrement héroïques et exceptionnellement résistants à la souffrance. Évidemment,  le lieutenant-colonel Harris va perdre quelques simulants. Évidemment, le lecteur va en découvrir davantage sur les Bribes et leur phénoménale puissance. Mais surtout, Lazare va découvrir ce qui est arrivé à celle qu’il recherche depuis le début : Elena.

Et quel feu d’artifice ! Une fois lancé, Jamie Sawyer ne s’arrête plus. Tout comme nous de tourner les pages.
 
Le nocher des livres 
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Sawyer - Lazare en guerre - artemus dada
Posté 15 juin 2018 -

S'inspirant d'une des facettes les plus médiatiques de la stratégie contre-terroriste étasunienne, Jamie Sawyer invente un nouveau type de personnage. Lequel peut toutefois être rattaché sans forcer, à quelques ascendants glorieux. Tel Edward Anglesey (in Jupiter et les Centaures de Poul Anderson), appartenant au même domaine de l'Imaginaire que le sien. Ou même le John Carter d'Edgar Rice Burroughs.
Volontairement ou non, il s'approprie ce faisant, l'un des reproches le plus souvent exprimé à l'encontre des personnages héroïques, et en retourne la force souvent vindicative, pour en faire l'aspect le plus intéressant de son épopée martiale.
Quand bien même Lazare et son commando ont-ils plus de vies qu'on en prête communément aux chats, l'auteur réussi le tour de force de nous intéresser à chaque mission, et à chacun d'entre eux.

2279 : La race humaine a migré dans les étoiles, en emportant avec elle les différents qui ont rendu certaines parties de sa planète d'origine quasi invivables. Divisée en deux factions rivales, elle fera toutefois la douloureuse expérience d'apprendre que la destruction n'est pas l'apanage de sa seule espèce. 

« Lazare en guerre » donne à voir ce futur au travers des yeux de Conrad Harris, un membre de ce qui deviendra la Légion Lazare.

Doté d'une écriture très visuelle, Jamie Sawyer dont L'Artefact -le premier tome de la série- était le premier roman, est aussi un feuilletoniste accompli. Chaque chapitre se termine invariablement, en donnant une furieuse envie d'enchaîner sur le suivant.
Sawyer sait tout aussi bien capter et retranscrire, avec beaucoup de justesse, l'esprit de corps (sans jeu de mots) qui soude les membres de son commando les uns aux autres. Si la Légion Lazare croit en ce qu'elle fait, il apparaît qu'elle met surtout un point d'honneur à se tirer du pétrin dans laquelle on la plonge ; et que l'entraide et la survie des autres comptent -au final- bien plus que les ordres.

Soutenu par l'écho de tout ce qui peuple le mégatexte de la SF depuis même avant qu'elle ne porte ce nom, « Lazare en guerre » gagne encore en intensité grâce à lui. Ainsi les Krells seront-ils visualisés par chaque lecteur (et pas forcément de la même façon) sans que Jamie Sawyer ne ralentisse le rythme avec de laborieuses descriptions. « Show, don't tell! » est probablement tatoué sur ses méninges.

Jouant également avec les stéréotypes, pas toujours avec bonheur ceci dit (Cf. le Directoire), il impose un rythme auquel il est très difficile de résister. La preuve, j'ai lu les trois tomes, et la novella (à lire entre le deuxième et le troisième tome), sans jamais avoir, ne serait-ce que l'idée, de m'arrêter entre chacun d'entre eux.
Si chaque titre est programmatique, Sawyer sait aussi déjouer nos pronostiques.

Bénéficiant des magnifiques couverture de Pierre Bourgerie, les trois romans, et la novella sus-citée, de Jamie Sawyer, apportent un moment de lecteur qu'on ne risque pas de regretter.

À condition d'aimer se distraire avec des choses qu'on ne voudrait pas forcément rencontrer dans sa vie quotidienne. « Lazare en guerre » peut, comme je l'ai dit, être qualifiée de science-fiction militariste, dans la mesure où tous les problèmes ou presque, sont confrontés à une solution armée. Ce qui ne veut pas dire que l'institution y est exempte de défauts. 
Mais en aucun cas il n'est question d'interroger l'action militaire en elle-même, et si les héros sont des soldats, ils sont d'abord au service d'une histoire. Celle que nous raconte Jamie Sawyer. Dont je doute cependant qu'elle donne à quiconque l'envie d'en découdre les armes à la main.

Et si d'aventure ça devait arriver, le problème serait plus sûrement à chercher du côté des lecteurs que du côté de la lecture.  

Artemus dada 

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Sawyer - Le Revenant - Adbblog
Posté 07 août 2018 -

Ce troisième tome de Lazare en guerre nous offre un final de toute beauté, pour cette trilogie de SF militaire jouant sur des accents horrifiques. Rédemption (tome 2.5) nous apportait un éclairage spécifique sur l’attaque de la station Cap-Liberté.  Cet « ‘intermède » s’avère être non seulement un moment de pure action pétaradante, mais comporte aussi des petits événements clés trouvant toute sa saveur dans ce dernier volume.

Les forces compatriotes de Harris sont en très mauvaise posture, en conflit sur deux fronts, d’une part  avec les cheenois du Directoire – des humains adhérant à un système totalitaire- et d’autre part avec la multitude des krells, aliens agissant en essaim. L’espoir est bien mince, et nous ne sommes pas sûrs que même la Légion Lazare puisse relever le challenge… sauf qu’il y a un dernier coup à jouer, peut-être l’atout maître, la carte du désespoir certainement : Le Revenant.

Le Revenant, dont le titre est un beau clin d’œil en soi, est un texte de SF militaire, mâtiné d’une ambiance horrifique dans la veine d’Alien. Jamie Sawyer achève sa trilogie avec panache, dans un feu d’artifice d’actions et d’émotions. Loin d’être un récit à ne lire qu’au premier degré, il propose un roman au rythme élevé, à la tension continue, et aux frissons garantis.

(l'aricle en entier)

Albédo - albdoblog

 

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Sawyer - Le Revenant - Adbblog
Posté 07 août 2018 -

Ce troisième tome de Lazare en guerre nous offre un final de toute beauté, pour cette trilogie de SF militaire jouant sur des accents horrifiques. Rédemption (tome 2.5) nous apportait un éclairage spécifique sur l’attaque de la station Cap-Liberté.  Cet « ‘intermède » s’avère être non seulement un moment de pure action pétaradante, mais comporte aussi des petits événements clés trouvant toute sa saveur dans ce dernier volume.

Les forces compatriotes de Harris sont en très mauvaise posture, en conflit sur deux fronts, d’une part  avec les cheenois du Directoire – des humains adhérant à un système totalitaire- et d’autre part avec la multitude des krells, aliens agissant en essaim. L’espoir est bien mince, et nous ne sommes pas sûrs que même la Légion Lazare puisse relever le challenge… sauf qu’il y a un dernier coup à jouer, peut-être l’atout maître, la carte du désespoir certainement : Le Revenant.

Le Revenant, dont le titre est un beau clin d’œil en soi, est un texte de SF militaire, mâtiné d’une ambiance horrifique dans la veine d’Alien. Jamie Sawyer achève sa trilogie avec panache, dans un feu d’artifice d’actions et d’émotions. Loin d’être un récit à ne lire qu’au premier degré, il propose un roman au rythme élevé, à la tension continue, et aux frissons garantis.

(l'aricle en entier)

Albédo - albdoblog

 

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Sawyer - Le Revenant - Adbblog
Posté 07 août 2018 -

Ce troisième tome de Lazare en guerre nous offre un final de toute beauté, pour cette trilogie de SF militaire jouant sur des accents horrifiques. Rédemption (tome 2.5) nous apportait un éclairage spécifique sur l’attaque de la station Cap-Liberté.  Cet « ‘intermède » s’avère être non seulement un moment de pure action pétaradante, mais comporte aussi des petits événements clés trouvant toute sa saveur dans ce dernier volume.

Les forces compatriotes de Harris sont en très mauvaise posture, en conflit sur deux fronts, d’une part  avec les cheenois du Directoire – des humains adhérant à un système totalitaire- et d’autre part avec la multitude des krells, aliens agissant en essaim. L’espoir est bien mince, et nous ne sommes pas sûrs que même la Légion Lazare puisse relever le challenge… sauf qu’il y a un dernier coup à jouer, peut-être l’atout maître, la carte du désespoir certainement : Le Revenant.

Le Revenant, dont le titre est un beau clin d’œil en soi, est un texte de SF militaire, mâtiné d’une ambiance horrifique dans la veine d’Alien. Jamie Sawyer achève sa trilogie avec panache, dans un feu d’artifice d’actions et d’émotions. Loin d’être un récit à ne lire qu’au premier degré, il propose un roman au rythme élevé, à la tension continue, et aux frissons garantis.

(l'aricle en entier)

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30 ebooks à 4,99e
Posté 10 octobre 2018 -
30 ans de romans, ça se fête !


Du 8 au 21 octobre, (re)découvrez L'Atalante en trente romans emblématiques à 4,99 € en numérique.

Sur Kobo, Feedbooks, 7switch, Emaginaire et partout ailleurs !30ans_complet_1m2.jpg

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Texto, le nouveau roman de Dmitry Glukhovsky
Posté 24 septembre 2018 -


 

À paraître en janvier 2019.

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Frankenstein, toujours !
Posté 08 août 2018 -
Frankenstein : cinq mots pour décrypter la créature de Mary Shelley article de Lloyd Chery dans Le Point POP :
 
« Frankenstein, c'est presque de la hard-science avant l'heure », analyse l'auteur Johan Heliot. « On pourrait dire que ce livre est le père de la science-fiction moderne. Le roman s'interroge sur la nature de la vie et de l'homme, qui sont des questions encore très présentes dans ce genre. » Le spécialiste français des uchronies historiques publie, le 20 septembre prochain, Frankenstein 1918 aux éditions de l'Atalante. Cet excellent récit imagine les recherches de Frankenstein utilisées pour créer des super-soldats dans les tranchées allemandes. Reprenant le même procédé épistolaire de Shelley sous forme de mémoires et rapport de guerre, Heliot met en scène un Winston Churchill traquant, dans une Europe post-apocalyptique, un de ses monstres qui s'est échappé. Originale et efficace, cette uchronie rappelle que l'ouvrage de Shelley inclut plusieurs genres.
 
en librairie le 20 septembre 2018 !
frankenstein_1918_s.jpg
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L'Or du diable, sélectionné pour le prix Utopiales 2018
Posté 26 juillet 2018 -

L'Or du diable d'Andreas Eschbach est sélectionné pour le Prix Utopiales 2018 !

Découvrez toute la sélection

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Manuscrits
Posté 01 février 2018 -

La session de janvier de réception des manuscrits est close. Avec 885 titres reçus, nous avons du pain sur la planche ! C’est pourquoi, si vous souhaitez nous envoyer votre texte, nous vous prions d’attendre que nous ouvrions une nouvelle session – nous l’espérons courant 2018. Cela dépendra du temps que nous prendront le grand nombre de textes reçus. Suivez-nous sur les réseaux sociaux au fil des mois pour plus d’informations.

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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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