La Compagnie Noire de Glen Cook est un cycle à part dans le touffu monde de l'heroic-fantasy. L'auteur ajoute à ce registre une touche de noirceur qui n'aura de cesse de s'accentuer tout au long des péripéties de cette troupe de mercenaires. Les aventures contées dans les premiers tomes le sont de la plume de l'annaliste de la compagnie, Toubib. C'est un individu soucieux du regard de l'Histoire, avide de comprendre le passé pour envisager sereinement le futur. Toubib, anonyme parmi tant d'autres au sein des troupes, comprend que la Compagnie est à un tournant de son existence et que les décisions à venir seront lourdes de conséquences. Cook dépeint un monde de magie noire et de magie blanche. Un monde où les héros sont des lâches et des scélérats, des alcooliques et des violeurs. Un monde où le Mal est bien pire que ça. La plume de Cook est destinée aux lecteurs avertis car les flash-backs, les sauts dans le réel et l'imaginaire sont fréquents. Les livres de la Compagnie sont autant de puzzles à reconstituer. Vous y côtoierez les tribulations des sorciers Gobelin et Qu'un-oeil, la folie de Volesprit, le mystère de Corbeau. Depuis sa génèse tolkienne, l'heroic-fantasy a toujours eu ce fantastique pouvoir de création. Créer des mondes, des univers, des mythologies, des religions. La Compagnie Noire n'échappe à la règle. De Béryl à Opale, jusqu'au Khatovar, faites connaissance avec l'inconnu.
Chagrins de ferraille est un vrai régal pour les amateurs de fantasy et de polar. Et point n’est besoin d’avoir lu les trois précédents volumes de Garrett, détective privé pour goûter au charme de cette série qui mêle les genres avec brio. Une fois n’est pas coutume, les ennuis de notre détective privé ne se présentent pas sous forme d’une gironde cliente, mais sous ceux d’un officier sous le commandement duquel Garrett a servi autrefois. (…)
Offrant faux-semblants et morts en pagaille dans un huis clos où la pression monte irrésistiblement, Glen Cook parvient à un très bon équilibre entre l’humour et une composante glauque très réussie. Le lecteur est baladé de fausses pistes en rebondissements sanglants. Ce roman est clairement le meilleur de la série, pour l’instant…
TMagazine,
septembre 2007
Le personnage principal se retrouve
mêlé à de multiples intrigues et malgré sa loyauté, le doute s’insinue
sur le camp qui a sa préférence. Son évolution, due à ses multiples
rencontres, se passe toute en finesse et n’aboutit pas à une réponse
claire. D’ailleurs, la narration ne souffre d’aucun manichéisme, chaque
camp s’illustrant par ses ambitions et ses travers, sans jugement de
valeur.
Malgré une entrée délicate due au foisonnement initial d’informations, le pari de l’auteur est parfaitement réussi et La Tyrannie de la nuit est un excellent livre, alliant action et psychologie à l’appui d’une intrigue vaste et passionnante.
Phénix-Web
Chris de Savoie, Phénix Web, 6 mai 2009
Glen Cook maintient le niveau... Glen Cook a réussi un coup de maître avec La Compagnie Noire, imposant une passionnante série de fantasy fleuve (deux trilogies : Les Livres du Nord et Les Livres du Sud, et une tétralogie : Les livres de la pierre scintillante), située dans un univers résolument original, inspiré de sources indiennes et asiatiques (enfin, entre autres) plutôt que de l’habituel mélange celtico-tolkienesque si fréquent en fantasy. Mais les séries-fleuves ont une sale tendance à s’épuiser au fil des tomes (La Roue du Temps, par exemple, pour ne citer personne, mais si on veut être méchant il n’y a que l’embarras du choix). L’Eau dort est le neuvième opus de La Compagnie Noire, et il y a eu quelques hauts et bas dans les volumes précédents, même si la qualité générale restait résolument bonne. Faut aller chercher la belle au bois dormant... La Compagnie Noire a été décimée. Ou plutôt, plongée dans une stase magique par Millevoix, quelque part sous la plaine des pierres scintillantes. Il ne reste pas grand chose du glorieux groupe, et ce ne sont pas forcément les meilleurs : Gobelin et Qu’un-Oeil sont au bord du gâtisme et passent leur temps à se chamailler. Ky Gota, devenue une vieille femme revêche, fait régner la terreur avec sa langue de vipère. Un nouvel annaliste a repris le flambeau : Roupille, qui s’est métamorphosée en quadragénaire bougonne, et chef de fait de la Compagnie. Faute de grives... Avec Ky Sahra, l’épouse de Murgen, elle porte la Compagnie à bout de bras, pour en faire une épine dans le flanc de Millevoix. Pas facile quand celle ci règne en maître sur Taglios... Et il faut aussi penser aux prisonniers, qui attendent leur délivrance impatiemment...
(...) Glen Cook adopte ici un style qui se démarque nettement des autres romans de la série, pour se rapprocher plus de celui des romans mettant en scène Garrett. Il pousse ses personnages jusqu’au bout, même si cela implique de les suivre au delà du troisième âge, avec la décrépitude que cela peut impliquer. Roupille est un personnage nettement moins reluisant et notablement plus autocritique que ceux de la grande époque, et tout semble se déliter autour de ceux qui sont restés en liberté. Mais ces personnages sont d’autant plus humains, dissimulés dans les bas fonds d’une métropole titanesque et exotique, confrontés à de bêtes problèmes logistiques au jour le jour pour pouvoir mener leur guérilla. On constate certaines erreurs de concordance de la part de l’auteur entre la fin du volume précédent et celui ci (Millevoix a visiblement la mémoire qui flanche), voire quelques solutions un peu faciles, mais on ne peut s’empêcher de tourner les pages. Le lecteur est finalement récompensé par un certain nombre de révélations, et par la sensation, en refermant le bouquin, qu’il en reprendrait bien un peu... Comme quoi, Glen Cook, après huit volumes, a encore des choses à dire, et il reste des recoins à explorer dans l’univers de La Compagnie Noire... Une série a découvrir absolument.
Magda Dorner
Qu'en dire en bref... c'est une lecture détente qui sort des sentiers battus et du polar et de la fantaisie. C'est bien écrit et une fois accroché après un petit temps d'adaptation çà se laisse dévorer avec plaisir. Je ne pourrais pas garantir que çà plairait à tous, et sûrement qu'il comblera plus les habitués de fantaisie que les fanas de polar !
Premier tome de la série "Garrett, détective privé", qui transpose avec humour les règles du roman policier dans un univers de fantasy. On se retrouve donc ici avec un détective au verbe leste, chargé de retrouver la femme à qui un ancien ami a légué tous ses biens... des biens beaucoup trop faramineux pour un modeste fils de cordonnier, qui semblait impliqué dans des trafics louches sur fond de guerre avec l'état voisin.
En guise de gardes du corps, un elfe noir sarcastique et coureur de jupons, et deux grolls au coup de poing efficace. En guise d'empêcheurs de tourner en rond, deux jolies filles au sale caractère, des ex-associés du mort bien décidés à récupérer leur part de butin, des militaires véreux, un centaure faux-jeton et tout un gang de vampires. En guise de saint Graal, la femme à retrouver, dont Garett fut amoureux dans sa jeunesse.
Bien ficelé et amusant, une parfaire lecture de vacances.
Nous en sommes figurez-vous à la sixième aventure du détective Garrett avec Nuits de fer rouge qui est une satyre que Glen Cook a bâti comme une variation sur le thème des tueurs en série. Car il y a des meurtres inexpliqués à Tonnefaire. Et le plus étrange de cette affaire c‘est que les déclarés coupables, une fois mort, les homicides se poursuivent de plus belle. Et notre limier ne manquera pas d’être occupé puisque en cours d’enquête la fille du truand Chodo, lui fait les yeux doux. On s’amuse beaucoup des nombreux clins d’œil qui parsèment l’histoire.
Daniel Rolland - Culture Hebdo
C'est un fait avéré que les jolies
filles mettent toujours Garrett dans l'embarras, même lorsque n'étant
chargé d'aucune affaire, il ne devrait pas avoir à en souffrir.
Il lui est déjà pénible d'être accueilli au Joyeux Morlet par des
regards soupçonneux, même si l'on peut comprendre que les amis proches
aient tendance à se méfier des ennuis qui vont immanquablement le
suivre.
Eh bien, ils ont raison. La belle brune qui est entrée juste après lui a
beau ne pas être une cliente, comment ne pas réagir quand deux malabars
lui cherchent des crosses et, pire, tentent de l'enlever ?
Garrett va voler à son secours avec de Tête-de-pioche pour lui éviter de
disparaître dans le carrosse d'un affreux barbon aux yeux verts qui
éructe des papillons venimeux de la même couleur. La fille disparaîtra
quand même pendant ce temps mais sauvée. Les choses paraîtront moins
drôles d'apprendre que c'est celle de Chodo Contague, le caïd qui règne
sur la pègre de Tonnefaire.
Pendant ce temps-là, l'Homme-mort et Dean, soucieux d'occuper Garrett et
de renflouer ses finances lui ont trouvé du travail. Pister D'Amato
l'aboyeur, tout juste sorti de prison. Ce serait une sinécure si
celui-ci était moins bavard, ce qui lui a valu son surnom, et plus
propre, son odeur portant à la gorge.
Les chose vont pourtant se compliquer sérieusement quand Westman Block
va venir solliciter de l'aide, moyennant finances évidemment. Mais pour
que le Capitaine du Guet, qui n'éprouve pas pour lui de sympathie de
reste – et c'est réciproque – ait besoin de l'aide de Garrett, c'est
forcément mauvais signe. C'est sûr que ne pas arrêter un fou maniaque
qui s'amuse à pendre et éviscérer des jeunes filles de la haute, c'est
outre l'horreur de la chose, tirer un trait définitif sur sa carrière.
Il y aurait de la sorcellerie là-dessous que ce n'aurait rien d'étonnant.
Comme à l'accoutumée, des histoires qui se recroisent pour la plus
grande satisfaction du lecteur qui recherche non de la grande
littérature mais un bon moment de distraction. En fait, moins par le
fond qui est généralement sordide, que par les mésaventures de Garrett
soi-même, personnage si spontané dans le caricatural qu'il en devient
fort drôle.
Hélène - Revue-imaginaire.com
Garrett s'en va traîner son manque d'enthousiasme et d'enquêtes au Joyeux Morlet, provoquant subitement l'arrêt des conversations et répandant un nuage méphitique de morosité, à son grand désarroi. Ce constat plutôt douloureux pour l'orgueil de notre héros ne fait qu'accentuer sa tendance naturelle à maugréer. Au cours de cette soirée où l'allégresse n'est pas l'invitée principale loin s'en faut, un incident violent et perturbant va mettre une créature de rêve aux abois, brune mais tant pis, sur le chemin du détective séducteur.
Il faut bien avouer que Garrett subit de plein fouet deux formes de pénurie : une absence de travail dont il ne se plaint pas outre mesure et une disette de rouquines ce qu'il regrette amèrement. Aussi, lorsque l'homme-mort et Dean l'accueillent avec des airs de conspirateurs, s'attend-il au pire. Ils lui ont déniché un emploi qui consiste à suivre un homme qui va sortir de prison et à rendre compte de ses faits et gestes.
Quand Garrett apprend l'identité de celui qu'il doit suivre à la trace, un personnage plus connu sous l'appellation de d'Amato l'aboyeur, il demeure stupéfait car, malgré sa situation actuelle pour le moins inconfortable, ce dernier est plutôt inoffensif.
On retrouve avec grand plaisir le sixième opus des aventures de Garrett, détective privé râleur, un peu fainéant aux entournures et séducteur malgré sa trogne cassée. Il est flanqué de ses éternels compagnons à savoir Dean, son homme à tout faire et l'homme-mort, son hôte permanent. De nouvelles recrues viennent grossir les rangs comme le commandant du Guet Westman Block. Le Prince Rupert met une telle pression sur ses épaules qu'il se voit contraint de faire appel à l'enquêteur et à son légendaire sens de la déduction, malgré une inimitié tenace, afin de résoudre l'affaire sordide du découpeur de jeunes femmes au plus vite. On assiste à une descente dans les coins peu recommandables de Tonnefaire puisque les cadavres sont retrouvés dans les bas-fonds. Un autre voyage dans le quartier chaud de Doucecroupe s'impose rapidement au cours des recherches d'un Garrett plein d'une énergie nouvelle car son indignation vis-à-vis de ces crimes horribles a réveillé sa fibre travailleuse.
L'héroïne de ce nouvel épisode est sans conteste la fille de Chodo Montague, le chef de la pègre avec qui Garrett avait eu des mots lors de sa précédente enquête. Bélinda Montague est, pour changer, une brune incendiaire qui allume des étincelles dans le corps et la tête de notre détective préféré, même si ces dernières sont rapidement douchées à l'annonce de son identité. Elle croise le chemin de Garrett à de nombreuses reprises, pas toujours pour le bien de celui-ci.
Humour et répliques assassines sont de nouveau au rendez-vous de ce sixième volume à la grande satisfaction du lecteur face à un divertissement plaisant qui a déjà fait ses preuves. Bien évidemment on commence à connaître la chanson, c'est-à-dire le héros et ses compagnons de beuveries ou de discussions plus ou moins animées. Il est vrai aussi que les intrigues secondaires viennent parasiter la principale, la résolution des meurtres, sans apporter de véritable intérêt au récit. De plus, les actions se suivent et se ressemblent donnant l'impression d'un éternel recommencement de l'enquête.
En conclusion point d'originalité ici et un scénario un poil boiteux, mal ficelé. L'aspect négatif étant posé, on peut tout de même remarquer que Garrett demeure un personnage intéressant. Glen Cook a su l'entourer d'un ramassis de personnalités moins recommandables les unes que les autres et le style efficace de l'écrivain est suffisamment agréable et drôle pour ne pas donner envie de lâcher l'affaire. Certainement un bon point et une qualité plus que nécessaire pour continuer d'attirer le lecteur en quête de sensations.
Piper Hecht a rempli sa mission mais il lui reste à détruire quelques Instrumentalités avant le décès inévitable de son employeur. Consciencieux, il s’acquitte au mieux de son devoir. Mais la situation politique demeure terriblement complexe et les intrigues fleurissant, la vie de Hecht ne tient qu’à un fil. Heureusement qu’il peut compter sur le soutien de sa famille, même si ses membres sont bien étranges.
Et le capitaine-général a besoin de toute l’aide possible devant la progression de la Nuit, qui semble ne pas pouvoir être arrêtée. Le pire est à craindre, car alors que la magie continue à se raréfier, le sinistre Kharoulke (Celui-qui-marche-avec-le-vent) s’est réveillé et approche. Les Hommes seront-ils capables de faire taire leurs médiocres ambitions personnelles pour s’unir contre l’ennemi de l’humanité ? Piper en doute.
Glen Cook continue sur la lancée des deux premiers volumes (La Tyrannie de la Nuit et Seigneur du royaume silencieux) et livre un récit complexe mais parfaitement structuré. Cette première partie du troisième tome est très peu orientée sur les combats, et en dehors de quelques escarmouches, les affrontements sont surtout politiques et magiques. On retrouve tous les protagonistes habituels dont on peut suivre l’évolution, avec leurs ambitions et leurs désirs.
L’aspect fantasy pure se développe avec les passages consacrés à un voyage au pays des Aelen Kofer (les Nains), qui sort un peu le récit de la noirceur générale. Très bien écrite, précise, cette première partie ne décevra pas les habitués de l’auteur (...)
La deuxième partie du troisième volume de la série s'oriente vers un
double récit. Le premier aborde l'aspect terrestre et politique, avec
Piper Hecht aux prises avec des intrigues politiques toujours aussi
complexes. Les guerres se multiplient et changent continuellement les
données de l'échiquier. Ce flot n'est d'ailleurs pas toujours facile à
suivre et la figure de Hecht passe au second plan. Le héros est
désormais plus spectateur qu'acteur, ce qui diminue l'intérêt du récit.
Le second fil narratif est ancré dans la fantasy traditionnelle, avec le
plan des dieux et des nains. Si l'intrigue conserve son intérêt, la
noirceur qui faisait la particularité de la série s'est un peu diluée
dans les nombreux méandres de l'aventure. Celle-ci est désormais plus
classique. Malgré un final qui ébranle le monde, Glen Cook n'en a pas
fini avec les Instrumentalités de la Nuit. A suivre.
Chris de Savoie
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