Cette fantasy ressemble à une nouvelle Iliade version S-F, on y retrouve dieux, héros, prêtresses, rois, oracles et sorcières. Le sang, le sexe et les larmes sont légions comme dans la mythologie grecque. Justement faction se déroule dans une portion de planète ressemblant étrangement à la Grèce antique : une mer, de nombreuses îles, une bordure continentale côtière, habitées par des humanoïdes ressemblants au grecs et crétois, 2000 ans avant Jésus-Christ, n'usant que d'armes de poing pour affronter des extraterrestres envahissant leur monde au nom d'un dieu de l'amour à bord d'animaux zeppelins.
Issu d'une saga gigantesque, cet ouvrage est difficile à aborder si l'on n'a pas lu les quatre premiers tomes de la série. On se retrouve parachuté dans ce cinquième opus sachant qu'un sixième est à suivre. On reste un peu perdu... Un résumé des romans précédents serait d'un grand secours : où est-on ? De qui s'agit-il ? Que s'est-il passé avant ? Qui est ce héros perdu que tout le monde attend ? Les réponses à ces questions sont sûrement dans les tomes précédents !
Dans le volume qui nous intéresse, c'est le sort de l'île de Mané, habitée par un ordre uniquement féminin, et l'offensive alien qui s'y déroule qui retiennent notre attention. Cette bataille sera décisive et même les dieux se mêleront de son issue. Cet ouvrage commence à se faire imposant (575 pages) mais se lit rapidement car, malgré les lacunes concernant le passé dei protagonistes, on est vite pris par l'Intrigue. Il donne même envie d'acheter les quatre tomes précédents pour comprendre ce que l'on vient de lire.
Gérard '1506' Sofer
Lire pendant l'été, oui mais quoi ? Le choix est parfois difficile. Et si on se laissait tenter par le coup de cœur de Gweltaz Arfur, le libraire d'Ar bed Keltiek. Pour lui ce sera de l'héroic fantasy avec Gilles Servat et son cinquième tome Le dixième jour du Branvode.
« Gilles Servat est connu essentiellement comme chanteur. Mais son œuvre d'écrivain mérite d'être souligné. Son nouvel opus c'est le cinquième tome d'une série appelée Les chroniques d'Arctarus. Il s'inspire beaucoup de légendes du monde celte pour les retranscrire dans son univers imaginaire. Il prend des éléments archaïques qu'il retranscrit de manière fantaisiste, avec un talent d'écriture pertinent. Comme dans Tolkien, il existe plusieurs ouvertures, on peut accéder au cinquième tome sans trop de soucis, même si on n' a pas lu les quatre premiers. Ce sont des archétypes de guerriers, de druides, mais adaptés à la lecture actuelle. On entre dans un univers familier et exotique. On a plus envie de lâcher ce livre. »
Ouest France, août 2004
En tant que voyageur des infinités de l'espace, Skinn MacDana ne pensait pas qu'il puisse exister pire qu'un naufrage de son cotre spatial ; et bien si ! A peine a-t-il mis les pieds sur Bré, une alanète isolée loin de l'Empire des Cent Planètes (d'où il vient mais qu'il fuit car trop corrompu et trop matérialiste pour son goût), qu'il tombe sur une des plus dangereuses et des plus féroces des créatures qui infestent le monde de Bré : un nerden. Singulières créatures que ces nerdud (eh oui, le pluriel de nerden est nerdud). Ceux-ci tuent les hommes de Bré en les faisant sombrer auparavant dans un monde de rêves fantasmagoriques qui les rend impuissants. Quand ils meurent, un insecte translucide s'échappe de leur carapace... L'aventure de Skin MacDana commence donc ainsi, dans la violence d'une chaude nuit d'été. Bienvenue sur Bré.
S'ensuivent alors des aventures fabuleuses, racontées à la manière courtoise des grandes légendes celtiques, au milieu de plusieurs sociétés et gouvernements ressemblant à ceux des anciens gaëls (comme les gens d'Askol, qui se teignent le corps en bleu depuis leur plus jeune âge). En témoignent l'organisation de la hiérarchie, l'ambiance très guerrière des cours des rois conseillés par des Drwids qui devinent l'avenir et le transmettent sous forme d'images symboliques, et aussi l'analogie directe dont est victime Skinn : dans sa patrie, Erth, son clan l'a surnommé le Nouada, le nom, dans nos légendes, du dieu celte de la guerre à la Main d'Argent.
Skinn Mac Dana vient d'ailleurs. D'une autre planète. Et tombe sur Bré, pendant « la saison des branches nues, des ornières durcies et de l'haleine visible. » Sur ce nouveau monde, il combattra des monstres et aura un fils, il trouvera la gloire l'amour et la mort.
Nous sommes dans un genre bien circonscrit, celui de l'heroic fantasy, comme on ne dit pas en français. Un genre où se côtoient le meilleur et le pire. La voix chaude de Servat, son lyrisme vigoureux parviennent à donner à ce roman un charme prenant.
D'autant que sous la mince couche de l'intrigue on trouve d'autres strates qui donnent son épaisseur au livre. Bré ressemble étrangement à un royaume celte mi-rêvé, mi réel. L'avertissement final sur la prononciation du brési nous confirme que la langue de cette planète est cousine germaine du breton moderne. Les croyances, les mœurs, l'organisation sociale de ce peuple sont calqués sur ce que l'on sait, ou ce qu'on croit savoir, des anciennes civilisations celtes. Et voilà pourquoi Skinn Mac Dana est un personnage autrement fascinant que Conan le Barbare...
Thierry Guidet, Ouest-France, mai 1995
Développant son univers de prédilection, la Bretagne bretonnante sublimée au travers d'une allégorie mêlant space opéra et fantasy, trempant sa plume das les sources où s'épanouissent les légendes celtes, ce deuxième récit est au moins aussi enthousiasmant que le précédent. Certaines données tout juste esquissées dans La Courtise de Lirn trouvent ici leur logique prolongement, et le vent des meilleurs récits de fantasy souffle toujours. « Djir ! » aurait pu s'intituler le premier tome, fait tout entier de superstitions. « Dour » pourrait être le titre du second, du nom breton de l'eau, du nom de l'héroïne qui apparaît à la fin, également. Le premier livre était rouge, écrit en lettres de feu, feu du combat, feu de la vengeance, feu qui dévore tout sur son passage pour préparer la terre à la future fertilisation, feu des passions qui consument les héros, sublimes archétypes bretons rendus humains en quelques 350 pages. Le deuxième tome est bleu, entre ses pages ruisselle l'eau, cette eau qui coule toujours vers la mer, et qui va emmener Myrdhinn, à la fois ami, frère et père de Skinn Mac Danna, en un long trajet pour retrouver Arcturus, orphelin déjà promis à un destin quasi-cosmique.
![]()