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Glukhovsky - Métro 2033 - L'Express
Posté 27 mai 2010 -

Dmitry Glukhovsky, journaliste polyglotte de 30 ans, fait partie de cette génération décomplexée. En 2002, il envoie son premier roman futuriste, Métro 2033 (la radioscopie, après une explosion nucléaire, des rares survivants réfugiés dans le métro de Moscou), à une dizaine de maisons d'édition, et fait chou blanc. "Du coup, je l'ai publié gratuitement sur Internet. J'ai eu bientôt de nombreux lecteurs, qui m'ont même convaincu de changer le destin de mon héros. Et les éditeurs ont fini par s'y intéresser." Bilan : 500 000 exemplaires vendus chez Eksmo, et 300 000 du suivant (Métro 2034) publié par AST, une vingtaine de traductions à l'étranger, un jeu vidéo... et des idées plein la tête.

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Glukhovsky - Métro 2033 - La Croix
Posté 27 mai 2010 -

Internet, meilleur espoir littéraire russe?

Meilleur exemple des ressources de ce nouvel outil : le succès de Dmitry Glukhovsky. Ce jeune surdoué, étudiant en journalisme au parcours international parlant six langues, a su très tôt qu’il voulait être écrivain. Et réussir.

Gratuit sur le Web, le roman s'est vendu à 500 000 exemplaires

Devant les refus des éditeurs, il a décidé de mettre à disposition gratuitement son roman sur son blog. Metro 2033 (il vient d’être traduit aux éditions Atalante), roman d’anticipation qui imagine les conséquences d’une guerre nucléaire et le repli souterrain de la population, a connu un succès phénoménal, avant d’être publié en papier. Il s’est vendu à 500 000 exemplaires en Russie, tout en restant disponible en accès libre.

Très malin, Glukhovsky continue d’inventer d’autres projets multimédia. Il vient de fêter la sortie mondiale du jeu vidéo adapté de son roman, tandis que, déçu par la diffusion de son livre dans les pays anglo-saxons, il songe à racheter les droits de la traduction anglaise pour la mettre à disposition gratuitement sur son site.

Il a lancé avec son éditeur AST une collection de livres écrits par les internautes à partir de sa propre fiction. C’est que l’auteur, fort sympathique et dynamique, ne manque pas d’idées pour créer du trafic. Le second volume, Metro 2034, sorti en 2009, s’est déjà vendu à 300 000 exemplaires.

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Glukhovsky - Métro 2033 - Le Monde des Livres
Posté 27 mai 2010 -

Né en 1979, journaliste de formation, Dmitry Glukhovsky a d'abord publié son texte sur un blog, qui a connu une grande affluence, mais il a aussi modifié son roman, de manière interactive, en fonction des commentaires que lui laissaient ses lecteurs.

Métro 2033 est un roman d'anticipation : après une guerre cataclysmique, seules restent en vie les personnes réfugiées dans le métro de Moscou, le plus profond du monde. Vendu à 500 000 exemplaires en Russie, Métro 2033, dont Dmitry Glukhovsky a déjà publié la suite, Métro 2034, a été un best-seller en Allemagne et en Angleterre. Le roman a aussi fait l'objet d'un jeu vidéo, commercialisé par la firme THQ en France, en mars.

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Glukhovsky - Métro 2033 - Le blog d'Aphraël
Posté 21 juin 2010 -

Voilà un roman que j'attendais avec impatience depuis plusieurs mois !

Parce qu'il a de quoi faire rêver : un post-apocalyptique russe où un minuscule pan de l'humanité a trouvé refuge dans le métro de Moscou suite à une guerre atomique. Les stations de métro sont devenues des villes, où des communautés se sont créées, et pour certaines rassemblées, autour d'idéaux ou de croyances très variés.

Le jeune Artyom est chargé d'une mission : prévenir le métro de l'arrivée des Noirs, étrange nouvelle menace s'attaquant à VDNKh. Pour celà, il doit rejoindre Polis, cité mythique difficile d'accès, autrefois accessible en une heure, aujourd'hui, voyage aux multiples menaces mortelles à esquiver pour transmettre son message. Car les dangers sont multiples et variés : mutants, dangers psychiques inexpliqués, sectes, cannibales, néonazis... Il y aura fort à faire, et à découvrir.

Le début du récit est sombre et froid. L'auteur prend du temps à mettre en place son univers, à travers les yeux de son personnage principal, Artyom, jeune et naïf. Difficile de comprendre cet univers sombre, oppressant, et mortellement dangereux. Difficile d'accepter que l'humanité ait pu accepter un tel destin. Mais on suit le périple de notre héros, ses errances et ses rencontres, ainsi que les monstres rencontrés. On découvre, avec lui, l'humanité survivante et ses nombreuses idéologies, essayant de suivre tant bien que mal le trajet du héros et les stations énumérées, dont les noms aux consonnances russes tellement inhabituelles sont difficiles à retenir, et à situer sur les cartes fournies à l'intérieur des jaquettes du livre. L'auteur et son écriture brute et froide, dont la façon inhabituelle de conter le récit pourrait peut être s'expliquer par la traduction d'une vision du monde élognée de notre propre culture, aident au sentiment d'oppression et de claustrophobie.

Mais Metro 2033 n'est pas un simple récit d'aventure, et met en scène de nombreuses idéologies majeures du vingtième siècle. Les Rouges ont repris possession d'une partie du métro, ainsi que les Néonazis, heureusement moins étendus. Les sectes ont fait leur apparition, et le statut des femmes a terriblement régressé. La monnaie d'échange, les munitions de kallachnikov, prouve l'atmosphère de menaces permanentes. Ce roman fait réfléchir à l'humanité et sa soif de survie, envers et contre tout, et aux idéaux des religions. Son message est complexe, intraitable et passionnant.

Métro 2033 est donc à conseiller vivement. Il est complexe et dur, mais abordable aux adolescents comme aux adultes. N'hésitez pas à vous jeter dessus, tellement il est rare et intrigant de lire un roman d'imaginaire russe.

Aphraël  

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Glukhovsky - Métro 2033 - Avig News
Posté 21 juin 2010 -

[...] Quand les codes de l'heroic fantasy sont transposés dans un univers post-apocalyptique, ça donne une histoire singulière.

Avig News - 9/15 juin 2010

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Glukhovsky - Métro 2033 - ifisdead.net
Posté 02 juillet 2010 -

Metro 2033 du russe Dmitry Glukhovsky est un roman de Science-Fiction post-apocalyptique qui a atteint nos contrées ce mois de mai 2010 aux éditions l’Atalante. J’avais vaguement entendu parler d’un jeu vidéo arborant ce nom, sachant qu’il était adapté d’un roman, quand dabYo m’a proposé de me le passer j’ai dit oui par curiosité. Et grand bien m’en a pris. Commençons par un synopsis de ce roman qui s’avère être une Dystopie. 

Artyom est un survivant, un survivant de l’holocauste nucléaire de 2013. Il fait partie de ces peu nombreux qui ont pu se réfugier dans le métro moscovite. 20 ans après, la vie s’est installée sous terre, les espoirs de revoir un jour la surface s’évaporant peu à peu. Mais entre les mutants, les enclaves extrémistes et une tripotée d’autres dangers, la survie est loin d’être facile. Comme si cela ne suffisait pas, une nouvelle menace fait son apparition aux abords de la station où vit Artyom, un danger qui va le pousser à entreprendre un voyage dans les ténèbres du métro.

Bon, maintenant on va passer aux raisons pour lesquels vous allez lire ce livre. Soyons clair, j’ai adoré et je vais essayé de vous transmettre la flamme. Je vais commencer par la partie la plus intéressante, l’univers et l’ambiance.

Le pire est arrivé, le spectre du conflit atomique et des craintes du XXème siècle a pris forme, ravageant la surface du globe. Radiations, mutants, la surface est plutôt morte et dans ce roman, on ne suivra que quelques passages dans ce Moscou délabré, décrit de manière à nous y immerger, avec force descriptions de désolation. Vous l’aurez compris l’action se déroulera dans le métro, où les stations sont devenus des mini-états qui se sont parfois réunies sous les bannières d’idéologies, de religions ou juste pour lutter contre des menaces de l’extérieur comme de l’intérieur, car le métro est loin d’être sans danger. C’est un peu une description de l’humanité tombé au plus bas, luttant pour survivre, qui en revient à une brutalité primale. Comment l’homme montera t’il les marches qui le mène doucement à l’échafaud de son extinction ?

Ce roman nous amène à nous le demander et nous fournit des pistes. Bien sur ce n’est pas une étude socio-philo-machinou de pseudo intello mais cet aspect a le mérite de mettre un peu mal à l’aise au regard de nos sociétés actuelles. Autre point important de l’ambiance, les ténèbres, elles ne m’ont jamais paru aussi palpables et ce ne sont pas les lueurs rougeâtres des éclairages d’urgence des stations qui nous rassurent.

Artyom, notre héros, a l’air si fragile au milieu de tout ça, si vulnérable. Dmitry Glukhovsky prend un malin plaisir à le faire souffrir aussi bien mentalement que physiquement. Les rencontres qu’il fera sur son chemin seront autant d’entraves et d’aides extérieurs à sa mission. Chacun de ces personnages qui vont accompagner un peu notre héros ont tous quelque chose à dire, quelque chose à apporter, et pour certains une part de mystère intriguant. On suivra donc notre héros dans son passage de la naïveté à l’âge adulte, dans sa quête aux dimensions quasi mythologique et épique.

Parce qu’outre son univers fouillé, étayé de détails qui ont été fourni à l’auteur par des militaires ou encore des employés du métro de Moscou, on a aussi affaire à de l’action. L’auteur sait comment traduire à l’écrit le chaos d’une situation confuse où l’on se sent aussi perdu que le héros. Le roman est très descriptif et même si je suis plutôt action d’habitude, j’ai trouvé les passages nous décrivant le métro de 2033 bien écrites et nous poussant à vouloir en savoir et voir encore plus.

En cours de lecture, j’ai eu un peu peur de la direction que l’aventure de notre héros prenait. J’ai fini par croire que l’auteur allait faire rencontrer au héros absolument tout les ennuis et problèmes évoqué dans le roman. Heureusement, on ne tombe pas dans l’écueil « j’entends parler d’un danger et dix pages après j’y suis confronté » comme c’est assez souvent le cas.

Le roman a quelques défauts, notamment ce point quelque peu rebutant que sont tous les noms de stations et des protagonistes. Forcément on n’est pas habitué à rencontrer des noms à rallonge comme ça, avec des connotations très moscovites, et même avec un plan du métro dans la couverture, on se retrouve vite paumé. Chapeau bas au traducteur, Denis E. Savine, il n’a pas du être évident celui là pour l’adapter à nous autres, pauvres gars de l’ouest. Les notes de ce dernier sont d’ailleurs bienvenue pour comprendre certaines références.

Un bref passage sur l’édition, le papier est de plutôt bonne qualité et j’ai trouvé la couverture de Dirk Schulz bien que simple, belle et efficace. L’Atalante a fait du bon boulot, comme d’habitude, avec un plan du metro bienvenue.

Le roman a aussi été adapté en jeux vidéo su PC et Xbox 360 sous la forme d’un First Person Shooter, mais c’est un autre dossier, je le finis et je vous en reparle. J’ai apprécié ce roman de Dmitry Glukhovsky et c’est donc avec curiosité et beaucoup d’attentes que je me suis penché sur cet autre média.

Je vous conseille ce roman qui doit être une des révélations 2010 en SF, passer à coté alors qu’on aime le genre serait un pêché. Je n’aurai qu’une seule chose à ajouter, vivement que sa suite atteigne notre frontière sous le titre évocateur de Metro 2034. Un Must Have.

Illman If is dead

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Glukhovsky- Metro 2033- L'Écran fantastique.
Posté 03 août 2010 -

La surface irradiée, les Moscovites terrés dans les couloirs du métro ont organisé de nouveaux territoires antagonistes entre eux, commerciaux comme l'agneau que dessinent les stations de la Halde, mystiques ou sectaires, idéologiques comme les néo-nazis du IV° Reich ou l'interstationale de la Confédération 1905. On y cultive les champignons, élève le cochon, récupérant parfois à la surface abondonée aux mutants, animaux et humains, des objets revendus sur les marchés noirs.

Parcourus à pied ou en draisine, les couloirs sont d'autant plus dangereux qu'outre les menaces bien réelles, agresseurs divers, mutants, radioactivité, dangers biologiques voire psychiques quand des hallucinations altèrent le jugement, ils sont l'objet de rumeurs urbaines qui les peuplent de rats géants, fantômes, extraterrestres et anciens dieux comme le ver géant. Chargé de se rendre à Polis, ensemble de stations ayant préservé le savoir, pour avertir du danger que font courir des mutants s'engouffrant à VDNKh, le jeune Artyom effectue un périple permettant de voir ce qui subsiste ce qui reste de l'humanité, ce qui fait de ce thriller haletant ponctué de réflexions philosophiques et sociales un grand roman tout court.

Métaphore d'une société en bout de course, cet univers souterrain est suffisamment glauque pour être devenu d'emblée un jeu vidéo pour permettre à chacun de tenter à son tour la traversée. Tout simplement excellent !

Claude Ecken

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Glukhovsky- Metro 2033- Joystick
Posté 06 août 2010 -

Voyage dans le futur.

De deux choses l'une. Soit vous avez joué (et fini) Metro 2033, soit vous n'y avez pas joué ! Ce qui en revanche ne fait quasiment aucun doute, c'est que vous n'avez pas lu le livre dont il est tiré. Ce qui dans tous les cas est une grave erreur tant ce roman est passionnant. Vous y découvrirez un monde sombre et effrayant, où l'humanité lutte sans cesse pour survivre. Et si vous pensez qu'avoir fini le jeu retirera tout intérêt à cette lecture, détrompez-vous, vous y apprendrez moult détails absents du jeu.

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Glukhovsky - Métro 2033 - Chroniques de l'imaginaire
Posté 07 juillet 2010 -

Lors d'une de ses gardes aux frontières de VDNKh, la station où il vit, Artyom rencontre Hunter, l'un de ces stalker légendaires, qui est un ami de son père adoptif. Avant de partir pour une mission dangereuse, Hunter lui confie un objet à porter à Polis, le coeur du métro, au cas où il ne reviendrait pas. Et voilà le tout jeune homme lancé dans des pérégrinations hasardeuses, qui lui feront faire le tour de ce qui reste de l'ancien métropolitain moscovite, et qui est devenu un ensemble chaotique de minuscules nations composées de quelques stations, où les règles, les croyances et les dangers changent de l'une à l'autre.

Roman initiatique, roman de quête, certes, mais dans une ambiance post-apocalyptique sombre et crédible, ce pavé de plus de six cents pages repose sur un postulat tout à fait vraisemblable : un beau jour, quelqu'un, quelque part, commence l'apocalypse nucléaire, et les seuls survivants humains sont les gens qui se trouvaient à l'abri sous terre. Partant de là, en peu de temps, toute une civilisation se construit, qui n'a plus grand-chose de commun avec la "vie d'avant". L'auteur a pris le parti de situer son histoire quinze ou vingt ans après les évènements, ce qui lui permet de rappeler à ses lecteurs, par la bouche de ses personnages qui ont commencé leur vie à la surface, combien notre planète est belle et fragile, et combien la vie peut y être plaisante.

Bien sûr, l'action se situant à Moscou, et étant narrée du point de vue d'un jeune homme quelconque, on ne sait et on ne saura rien de ce qui a pu se passer dans le reste du monde, ce postulat rendant encore plus étouffant le huis-clos, pour les personnages et pour le lecteur. L'absurdité de cette vie souterraine si parcellisée en territoires ennemis est bien rendue par ces personnages qui apparaissent, puis sont arrachés à la connaissance du héros, et du lecteur (Khan, la Brigade rouge internationale...), et sa cruauté, sa précarité, par un nombre impressionnant de morts dans son entourage.

On peut trouver la fin un peu rapide, j'aurais pour ma part souhaité davantage de détails sur les Noirs, mais du fait que l'histoire est racontée du point de vue d'Artyom, le lecteur ne peut que partager ses propres convictions et informations. Telle quelle, la fin amplifie l'impression de désespoir absolu qui imprègne ce roman puissant remarquablement écrit.

A ce propos, on ne peut que saluer le magnifique travail du traducteur, qui semble "transparent", ce qui est à mon sens la plus grande qualité d'une traduction. Du fait de la complexité du métro moscovite, on apprécie grandement la présence des plans des lignes, même s'ils ne sont pas suffisants pour se repérer à coup sûr. Quoi qu'il en soit, c'est une excellente idée de les avoir mis, et vaut un coup de chapeau supplémentaire à l'éditeur pour la qualité de son travail.

Mureliane, le 02 Juillet 2010

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Glukhovsky- Metro 2033- 20 minutes L'Hebdo de l'été
Posté 24 août 2010 -

Randonnée dans le métro

À la surface de la terre, la vie a été détruite. Dans le métro, les survivants s’organisent. Dépeignant une ambiance post-apocalyptique, ce thriller fantastique se déroule dans les profondeurs du métro de Moscou, le plus profond au monde.

Une atmosphère de confinement très bien retranscrite, d’ailleurs, dans l’adaptation éponyme en jeu vidéo.

J. M.

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Glukhovsky - Métro 2033 - Radio cité Vauban & Bibliosurf
Posté 23 août 2010 -
1er roman fleuve pour ce journaliste de profession, Metro 2033 emprunte de nombreux codes de la littérature fantastique : le post chaos, le repli communautaire, le voyage initiatique inspirée sûrement par l’Heroïc Fantasy et une fin que l’on ne dévoilera pas mais qui laisse néanmoins supposer que Dmitry Glukhovsky a dû lire dans sa vie Je suis une légende de Richard Matheson. Cependant, malgré ces références multiples, Metro 2033 n’est pas non plus un puzzle de figures stylistiques. Dmitry Glukhovsky a su donner une âme propre à son récit qui, malgré sa longueur et parfois quelques longueurs, est très intéressant à lire.

Sans concession avec l’histoire du pays et de ses régimes, Metro 2033 plonge le lecteur dans ce récit fantastique où tout se monnaye par douilles et la raison trouve sa limite dans l’abondance de rafales de balles. On attend avec impatience la suite déjà sortie en Russie. Metro 2033 ne sera pas le dernier métro.


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Glukhovsky- Metro 2033- mythologica
Posté 02 août 2010 -

Une ambiance un peu glauque, un cauchemar pour les claustrophobes, une catastrophe nucléaire, le métro de Moscou, des phénomènes étranges et un léger goût de survival horror sont les ingrédients de base de ce roman russe aussi adapté en jeu vidéo.Avant d’être effrayé par son contenu, certains lecteurs auront des frissons juste en voyant cet ouvrage, qui, il est vrai, est particulièrement épais. Mais, rassurez-vous, il est très facile à lire et je me suis retrouvée à la dernière page bien avant de m’en être rendu compte.

Voici la quatrième de couverture avant de détailler un peu l'histoire de ce riche roman :

" 2033. Une guerre a décimé la planète. La surface, inhabitable, est désormais livrée à des monstruosités mutantes. Moscou est une ville abandonnée. Les survivants se sont réfugiés dans les profondeurs du métropolitain, où ils ont tant bien que mal organisé des microsociétés de la pénurie. Dans ce monde réduit à des stations en déliquescence reliées par des tunnels où rôdent les dangers les plus insolites, le jeune Artyom entreprend une mission qui pourrait le conduire à sauver les derniers hommes d’une menace obscure… mais aussi à se découvrir lui-même à travers les rencontres improbables qui l’attendent.

L’édition française du jeu vidéo Métro 2003 (différentes plateformes) est paru en France en mars 2010. Traduit du russe dans vingt langues dont l’anglais, l’allemand et l’espagnol, le livre s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires, toutes traductions confondues. Métro 2034, la suite, est paru en Russie en 2009. »

L’histoire, maintenant, suite à une catastrophe nucléaire arrivée de nos jours, là, peut-être demain, dont nous n’aurons que de vagues échos tout au long du livre, les survivants moscovites se sont réfugiés dans le métro. Artyom, jeune héros d’une petite vingtaine d’années né « à la surface » vit dans une station nommée VDNKh avec son père adoptif (en effet, ses parents ont été tués par des rats lors de l’invasion de leur station). La vie y était belle jusqu’à l’arrivée des « Noirs », des créatures mutantes tout droit sorties d’un film d’horreur et pouvant influer sur la psyché humaine, qui sont repoussés jour après jour par les habitants de la station. Et c’est là que tout se corse… les Noirs, en plus d’attaquer incessamment, paralysent de peur tous les habitants, leur faisant perdre leur pouvoir combattif. La fin de la station est proche… et peut-être aussi celle de tout le métro. Arrive alors Hunter, un de ces hommes partant régulièrement à la surface à a recherche des biens indispensables ; il compte aller au cœur du nid des Noirs pour trouver une solution et charge alors Artyom de faire passer un message s’il lui arrivait malheur.

Et, bien entendu, comme il est rare de se jeter dans un nid de créature monstrueuse et de revenir pimpant… Artyom doit se mettre en route. S’ensuit une progression difficile dans le métro, qui est également truffé de nazis, voleurs et autres. Artyom y rencontre également des personnes qui deviendront des amis et des alliés, avant de rejoindre Polis, le but de son voyage. Une fois là-bas, il devra encore repartir afin d’atteindre des réserves de missiles, destinés à détruire le nid des Noirs.

Ce livre est angoissant plus qu’effrayant, depuis que je l’ai lu, je ne regarde plus le métro de la même façon. Mais, de la même façon, face au vaste monde plein de créatures hostiles, il est plus rassurant d’être enfermé sous terre, éclairé par la lueur rouge des lampes de sécurité. Je me suis prise à me demander de quoi les monstruosités de la surface pouvaient bien être la mutation, avec plus ou moins de succès, d’ailleurs.Et un des grands atouts de ce livre réside dans sa fin, qui en déprimera plus d’un et fera se poser des questions sur l’avenir de l’humanité. A ne pas mettre entre toutes les mains donc, mais celles qui le tiendront sauront s’en réjouir.

Par ailleurs, je tenais à signaler qu’un jeu vidéo a été adapté par le studio qui a réalisé la série des STALKER (un jeu de FPS - First Person Shooting Game - se passant à Tchernobyl sur fond de catastrophe nucléaire). Je l’ai testé pour vous, et il s’agit d’un très très bon FPS reprenant l’ambiance angoissante de l’ouvrage. Un bon moyen de prolonger le plaisir de la lecture, seulement muni d’une lampe frontale, d’un masque à gaz et d’armes ramassées sur les cadavres de malchanceux adversaires.

Kitty

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Glukhovsky - Métro 2033 - Ifisdead
Posté 31 janvier 2011 -

Si je ne devais retenir qu’un bouquin pour 2010, c’est bien Metro 2033 de Dmitry Glukhovsky publié par les éditions l’Atalante au début de cette année.

Je ne m’attendais pas du tout à ça en ouvrant ce roman, j’ai été happé par son univers sombre et sans espoir. Doté d’un scénario haletant, de personnages énigmatiques, attachants, violents, humains, c’est sans conteste le meilleur bouquin de Science-Fiction de l’année pour moi, l’un des seuls avec World War Z que j’ai recommandé à mes amis.

La traduction de Denis E. Savine est de plus délectable et l’on attend plus qu’une seule chose: que Metro 2034 sorte sur nos étalages. Laissez vous happer par le métro moscovite, vous n’en ressortirez plus.

illman

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Glukohvsky - Metro 2034 - PCJEUX
Posté 11 juillet 2011 -
Metro 2034
L'enfer du rail...

Après avoir triomphé de milles dangers dans le jeu Metro 2033, vous trépignez à l'idée de savoir ce qu'Artyom, le tueur de bestioles mutantes, est devenu ? Armez-vous de patience !

Car pour en savoir plus, vous devrez peut-être attendre la suite directe du jeu intitulé Metro Last Light, actuellement en incubation dans les studios du développeur ukrainien 4A Games. Contrairement à ce que son titre aurait pu laisser penser, le petit pavé de quatre cents pages, intitulé Metro 2034, n'est pas cette suite tant attendue.

L'histoire se focalise en fait sur de nouveaux personnages confrontés aux dangers et autres abominations qui rôdent dans les couloirs du métro moscovite. Une foie encore, Dmitry Glukhovsky invite le lecteur à replonger dans ce monde post-apocalyptique souterrain afin de suivre les aventures ferroviaires de trois survivants répondant aux doux noms de Sacha, Homère et Hunter. Si le nom de ce dernier vous semble familier, sachez qu'il s'agissait du mentor d'Artyom dans Metro 2033. Malgré la " victoire " de son protégé sur les Homo Novus, ce héros légendaire se retrouve défiguré et condamné à errer durant de longs mois dans le gigantesque réseau du métro moscovite. Et plutôt que de rester terré dans un refuge ad vitam eternam, cet amateur d'action se porte volontaire pour retrouver une caravane d'approvisionnement et les équipes de reconnaissance qui ne sont jamais revenues.

Tour à tour passionnant, terrifiant, étouffant, attendez-vous à ressentir les mêmes sensations oppressantes qu'avec le jeu 2033...en plongeant dans l'horreur claustrophobique de Metro 2034 ! 

 

PC JEUX 

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Glukohvsky - Metro 2034 - Maison du geek
Posté 18 juillet 2011 -

Critique METRO 2034 édition l ' Atalante

Suite de METRO 2033, écrit par DMITRY GLUKHOVSKY, ce livre se passe après la troisième Guerre Mondiale. Les survivants humains russes vivent dans le métro russe puisque la vie à l'extérieur est devenue impossible depuis que des animaux mutants sont apparus. METRO 2034 se passe un an après le premier livre. Le convoi de réapprovisionnement n'est pas revenu et on envoie un groupe d'hommes dans les souterrains du métro pour les retrouver.
 
Du classiques dans l'histoire mais super bien écrit. Super ambiance.
Un deuxième tome aussi bon que le premier. Achetez-le, un achat sure !
 
La maison du geek
 
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Glukhovsky - Metro 2034 - ifisdead
Posté 27 juillet 2011 -
Metro 2034 de Dmitry Glukhovsky a atteint les rayonnages français il y a quelques mois, toujours édité par l’Atalante et traduit par Denis E. Savine, que nous avons d’ailleurs interviewé il y a peu.
Pour ceux qui s’en rappellent, il y a un peu plus d’un an je chroniquais Metro 2033, une véritable révélation, dans ces mêmes colonnes. Ce roman de Science Fiction post-apocalyptique se déroulant dans les sous-terrains moscovites m’avait conquis. L’impatience s’était mêlée à la fébrilité à l’annonce de ce Metro 2034. Serait-il à la hauteur de son illustre ainé ? Direction le synopsis.
 
Metro 2034 de Dmitry Glukhovsky
La station Sevastopolskaya n’a plus de nouvelles de sa caravane et sa position ne lui permet pas de rester si longtemps sans ravitaillement. Toutes les patrouilles envoyées ne sont jamais revenues. Alors que la situation empire, le chef militaire de la station ne peut qu’acquiescer lorsque le mystérieux Brigadier apparu deux mois plus tôt décide d’embarquer un membre de la garde, Homère, pour aller enquêter. Les entrailles du métro vont alors les engloutir, ils sont en partance pour les ténèbres.
 
Metro 2034 n’est pas la suite directe de Metro 2033. D’ailleurs pour bien le marquer, l’histoire commence dans une station diamétralement opposée, à une année d’intervalle. On croisera bien Artyom dans le métro sans toutefois être vraiment sûr que c’est lui, son caractère parait bien différent mais les évènements qu’il a vécu y sont sans doute pour quelque chose. Mais passons, il n’est ici que de peu d’intérêt. Le personnage principal de cette nouvelle aventure est Homère qui suivra le redoutable Hunter déjà croisé dans Metro 2033, un petit groupe auquel viendra s’ajouter une jeune fille, Sacha.
Comme dans le tome précédent, j’ai trouvé les personnages plutôt travaillés, en se concentrant sur ce trio, Dmitry Glukhovsky se permet de considérer les autres intervenants un peu comme des cailloux sur leur route. Homère est mon personnage préféré, un vieillard (tout est relatif : 60 ans dans le métro c’est vieux) en quête d’éternité dans ce réseau souterrain condamné à la damnation. Son calepin et son stylo vont devenir ses meilleures armes, et j’en viens même à me demander si ce Metro 2034 n’est pas son œuvre. Hunter représente le coté bestial du groupe, un homme en régression, il souffre, ses deux personnalités se battent constamment et c’est par lui que la violence et l’action s’exprimeront dans ce récit. Sacha quant à elle n’apporte pas vraiment une touche féminine à l’histoire, c’est plutôt son innocence et sa naïveté qui vont frapper le lecteur. Comment peut-on rester comme elle dans un environnement aussi hostile et après avoir la mort dans les yeux ? Leurs trépidations ne vont pas les emmener bien loin, on ne voit qu’une légère partie du métro, et on a un peu l’impression de tourner en rond.
Comparé à l’épopée homérique d’Artyom dans Metro 2033, je n’ai pas pu m’empêcher d’être un peu déçu. L’histoire, même si elle est bien construite n’a pas réussi à autant m’accrocher que le premier tome de ce diptyque. Je sais que c’est un peu laid de comparer deux bouquins entre eux mais les points de similarité sont trop nombreux pour que je m’en empêche. Le décor, l’ambiance nous rappellent qu’on est bien dans le métro moscovite post-apocalyptique. Les ténèbres sont toujours aussi palpables mais l’effet de surprise est passé et on ressent moins de tension à suivre nos personnages arpenter les couloirs sombres. Le bestiaire quant à lui répond toujours présent. Et il est toujours aussi effrayant, effroyablement muté et difficile à dézinguer. Leur allure incertaine, la description de moult crocs et muscles saillants rajoute à l’effet d’horreur et les confrontations avec ces derniers de nos héros ne vous laisseront aucun répit jusqu’à leur dénouement. Dommage qu’il y en ait aussi peu. Les affrontements et les escarmouches, dans le chaos qui les caractérise, sont toujours aussi bien rendus. Les passages en extérieur ont quasiment disparu et le peu qui s’y déroule n’a pas la même intensité que ce à quoi l’auteur nous avait habitué dans cet univers hostile. La géopolitique du métro est ici exploitée de manière très succincte, c’est un peu dommage étant donné tous les efforts déployés à sa création.
 Dmitry Glukhovsky laisse un sacré nombre de portes ouvertes à d’autres aventures et l’on se prend à rêver en regardant les légendes des deux plans qui ornent la couverture intérieure. J’en viens à me demander, voir espérer, que l’univers étendu par d’autres auteurs atteindra nos vertes contrées. Le rythme est plutôt soutenu et malgré mes reproches, on ne voit pas passer les 400 pages qui composent Metro 2034, la preuve je l’ai lu en une matinée sans pouvoir le lâcher.
 
Conclusion : ça se lit très bien et la traduction de Denis E. Savine est fluide, les noms russes ne freinent en rien. Je me suis surpris à aller jeter un coup d’œil à la carte de temps en temps, pour savoir où nos héros se trouvaient et suivre leur progression. C’est là que j’ai vu qu’on ne voyait pas grand chose du métro, une légère frustration. La couverture de Dirk Schulz reste dans la veine du premier tome, arborant du jaune à la place du rouge, sobre et efficace.
Les éditions l’Atalante fournissent au passage toujours des éditions de qualité. A noter la future sortie en 2012 du jeu vidéo Metro : Last Light tiré du roman, il faudra voir ce que ça donne, le jeu tiré du premier tome étant bien agréable et flippant, malgré quelques défauts. Au final, Metro 2034 est un bon livre de Science-Fiction, mais qui n’atteint pas l’intérêt que Metro 2033 avait suscité chez moi. Même si mon avis global peut sembler négatif, il faut se rappeler que je gardais son ainé en tête et qu’il était lui-même supérieur aux productions actuelles. Metro 2034 n’en demeure pas loin un excellent choix de lecture qui peut assez facilement se lire indépendamment du précédent, je vous inviterais même à les lire dans le désordre pour en quelque sorte profiter d’une montée en puissance, créant votre propre exploration du métro moscovite.
 
illman
if is dead
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Glukhovsky - Metro 2033 - Bifrost
Posté 28 juillet 2011 -

Metro 2033 est le premier roman traduit en français du journaliste russe Dmitry Glukhovsky, roman qui, en Russie, fut initialement publié sur la Toile eet enrichi suite aux commentaies des internautes...

L'histoire... Début du XXIe siècle : holocauste nucléaire. Irradiée, la surface de la Terre est livrée aux horreurs mutantes. A Moscou, quelques survivants se réfugient dans le métro. Vingt ans plus tard, la pénurie s'est organisée dans les stations moscovites en communautés idéologiques, religieuses ou politiques. Artyom, jeune adolescent naïf et anonyme de la station indépendante VDNKh, se voit confier par un stalker la mission d'informer Polis, l'Etat-major général, coeur politique et militaire de la communauté, du risque d'invasion imminente du métro par une race de mutants aux pouvoirs particuliers : les noirs. La lente et angoissante progression du héros lui fera traverser tous les dangers : radioactivité, mutants sanguinaires, risques biologiques et psychiques, effondrements, cannibalisme, enrôlement sectaire, pédagogie néonazie... La totale en somme !

Metro 2033 aurait pu s'avérer un énième et simple récit où le coeur de l'intrigue tient dans le nombre de zombies explosés à coup de kalachnikov. C'est toutefois beaucoup plus que ça. Nous avons entre les mains un roman efficace et intelligent. Sans aucune complaisance théorique, intellectuelle ou partisance, Glukhovsky égrène une bonne partie de l'histoire politique, religieuse, sociologique et sociétale de la Russie et inscrit définitivement son livre dans la veine des bons romans dystopiques d'anticipation. Récit d'aventure habité de personnages fouillés et attachants, servi par des descriptions envoûtantes (les scènes d'exploration de la surface par les stalkers sont particulièrement réussies), une ambiance glauque à souhait, un contexte savamment décrit et distillé, pour finalement se muer en quête initiatique dont la chute, sans être révolutionnaire, ne manque pas d'efficacité et ouvre sur tous les champs des possibles... oui, Metro 2033 fonctionne, et plutôt bien.

Par ailleurs, on se plaint assez dans les présentes pages de la qualité médiocres de certaines traductions (voir de la qualité suicidaire, quand elle lamine un texte original finalement plutôt bon) pour ne pas manquer de saluer un travail remarquable quand il se présente. Et c'est bien le cas de la transcription de Denis E.Savine, qui restitue ici un récit juste, fluide et homogène. Chapeau et merci. 
En conclusion, nous tenons là un bon roman de S-F post-apocalyptique intelligent et musclé. Aussi pourquoi s'en priver ?
 
Hervé Le Roux
Bifrost
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Glukhovsky - Metro 2034 - ActuSF
Posté 29 juillet 2011 -
Une suite plus réussie que Metro 2033
 
Né en 1979, Dmitry Glukhovsky est journaliste expert en relations internationales. Il est aujourd’hui reporter free-lance pour Russia Today’s.
Dans Metro 2034, il poursuit son exploration du métro moscovite dans un monde post-apocalyptique, qui a connu une adaptation en jeu vidéo sortie sous nos contrées en mars 2010.
 
Un deuxième volet tout aussi sombre que le précédent...
La Sevastopolskaya produit de l’électricité qui alimente le métro moscovite, mais la dernière caravane d’approvisionnement n’est jamais revenue de la ligne circulaire, et les groupes de reconnaissance envoyés à sa recherche n’ont plus donné signe de vie.
Ils seront trois à devoir résoudre cette énigme. Hunter, le combattant impitoyable revenu d’entre les morts, rongé de l’intérieur par les ténèbres ; Homère, qui a tout perdu aux premiers instants de la guerre et projette de laisser sa trace dans la nouvelle histoire qui s’ouvre ; et Sacha, jeune fille à peine sortie de l’adolescence qu’ils trouveront sur leur route dans une station où elle a vécu en exil avec son père. .
 
.. où perce une lueur d’espoir
On retrouve dans cette suite de Metro 2033 les sombres souterrains du métro moscovite, où l’humanité parvient tant bien que mal à survivre aux conséquences d’une guerre nucléaire généralisée. Là où le précédent opus s’attardait sur la vie quotidienne dans les sous-sols moscovites, avec quantité de dialogues descriptifs alourdissant le récit, sa suite s’intéresse davantage au périple de trois protagonistes, avec une narration qui oscille entre Homère et Sacha. Hunter est quant à lui le point de repère autour duquel navigue le récit, même si on ne le découvre qu’au travers des yeux de nos deux narrateurs. L’auteur s’attache également aux événements qui ont précédé la fuite de l’humanité dans ces souterrains, et laisse entrevoir une lueur d’espoir : les hommes n’ont pas tout perdu, il reste encore des bribes des connaissances passées.
Le récit est plus dynamique et varié, et l’auteur évite les longueurs du premier volet : ce très bon roman gomme les défauts de son prédécesseur, et donne une histoire beaucoup moins linéaire dans son déroulement.
Là où Metro 2033 s’apparentait souvent à un catalogue des différentes stations du métro de Moscou (du moins au début), avec un décor qui prenait le pas sur l’histoire, Metro 2034 propose quant à lui un décor qui sert véritablement l’histoire.
 
Une suite réussie et supérieure au premier volet !
 
 
Tony Sanchez
ActuSF
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Glukhovsky - Metro 2033 - JP Dionnet
Posté 29 juillet 2011 -
Trop de livres.
Il paraît trop de livres et forcément au bout de quelques pages, si comme moi on a la chance d'en recevoir beaucoup ou, si comme moi à une époque on en achète beaucoup, on ne peut pas tout lire. Ceux qu'on achète c'est plus simple, puisqu'en lisant quelques lignes au début et souvent trois à la fin, on sait à peu près où on va. Ainsi, j'ai failli refermer aussi sec " Metro 2033 " de Dmitry Glukhovsky aux éditions l'Atalante. Un énorme pavé. 
 
Quand j'ai commencé à lire cette histoire de métro d'après la fin du monde où tout le monde s'est réfugié dans différentes stations, les néo-nazis, les néo-staliniens, ailleurs les mutants et à l'extérieur un monde détruit qu'il vaut mieux éviter. Et au milieu un adolescent qui doit partir pour un grand voyage, devenir lui-même. Artyom... Au bout de dix pages, j'ai arrêté. (Mais) je m'y suis remis et j'ai adoré. 
Oui c'est un pavé de plus de six cents pages. Mais oui aussi c'est nécessaire, car c'est une grande fresque digne de la science fiction classique américaine des années 50 avec un petit charme slave en plus, et c'est peut-être parce que c'est un roman russe qu'il prend autant son temps et autant de pages mais il se passe beaucoup de choses. 
 
J'avais eu tort en gros de penser que c'était un nouveau " Nightwatch " : une espèce de " Matrix " russe dont on voyait les ficelles mais qui se lit bien. Et je me suis retrouvé devant un gros roman d'après, d'après le cataclysme, avec des personnages extraordinairement attachants. 
 
Jean-Pierre Dionnet
"A propos de deux livres que j'ai failli ne jamais finir..."
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Glukohvsky - Metro 2034 - L'écran Fantastique
Posté 09 septembre 2011 -
La civilisation se terre dans le métro moscovite. Après Metro 2033, Dmitry Glukhovsky récidive avec Metro 2034 où trois protagonistes partent à la recherche d'une caravane d'approvisionnement jamais arrivée. Sombre, violent, parsemé de discussions élevées, les qualités du premier opus se retrouvent ici. 
 
L'écran Fantastique 
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Glukhovsky - Metro 2034 - Les Chroniques de l'Imaginaire
Posté 26 septembre 2011 -
Une bonne part de l'électricité du métro est produite par la Sevastopolskaya, mais celle-ci est en guerre permanente contre les mutants qui l'assaillent tant du nord que du sud, et elle ne peut donc survivre sans les munitions que lui vend la Hanse en échange du courant. C'est pourquoi le retard inexplicable de la caravane de munitions conduit les responsables de la station à envoyer en reconnaissance le brigadier, dont ils connaissent la véritable identité et la capacité de survie, accompagné de deux hommes, dont Homère.
Ce dernier, un vieil homme dont le surnom vient de son amour des histoires, se demande pourquoi ce combattant hors-pair a souhaité l'emmener. Quoi qu'il en soit, arrivés à la frontière de la Toulskaya, première station habitée au nord, et à partir de laquelle tout transit du nord au sud semble bloqué, ils sont contraints de faire demi-tour, pour essayer de contourner l'obstacle en passant par une autre ligne, terriblement irradiée.
 
On retrouve dans ce roman l'ambiance sombre et claustrophobique du précédent, ainsi que quelques-uns des personnages, mais il est toutefois extrêmement différent. En effet, le narrateur est cette fois un vieillard, qui se souvient de sa vie d'avant, de la ville et du métro d'avant, qui a fait oeuvre d'historien autant qu'il a pu depuis la catastrophe, et qui a une idée de ce qui s'est passé. Par ailleurs, les personnages, ici, se rappellent qu'il existe un monde en-dehors de Moscou et de son métro, et spéculent sur la survie d'autres groupes humains. Cela donne à l'histoire une ampleur spatio-temporelle, et une crédibilité, plus grandes, en sus de l'ancrer véritablement dans la grande tradition post-apocalyptique de la science-fiction, en l'éloignant de l'aspect " jeu de rôle " du précédent opus. D'autre part, il y a relativement peu de chemin parcouru, physiquement, dans le métro, comparativement au parcours d'Artyom dans Metro 2033, mais les errances psychiques des personnages, notamment celles de Hunter, prennent une place prépondérante. Enfin, la place importante accordée à Sacha apporte une touche de lumière et d'innocence dans cet environnement désespéré, et par contraste en accentue la noirceur.
Par ailleurs, l'auteur arrive très bien, dans ce roman, à nous rappeler combien notre civilisation est dépendante de l'énergie et de la communication. Privés de cela, les humains survivent, certes, mais la civilisation... Quant à l'interrogation de ce que l'on peut, ou doit, faire " pour le bien de l'humanité ", elle est de tous les temps, bien sûr, mais la rappeler en la mettant en scène ne peut jamais nuire. Plus lyrique, plus introspectif, plus littéraire en un mot, sans pour autant sacrifier l'intrigue, ce roman m'a touchée davantage que le précédent, et a fini de me convaincre du réel talent de son auteur, par les personnages bien sûr (Leonid, avec tous ses revirements et son ambiguïté, est une merveille, par exemple), mais aussi la façon dont Glukhovsky tient ensemble les différents lieux de déroulement de l'action, dans une construction très maîtrisée.
 
Pour moi, clairement, c'est là un incontournable. Enfin, on y retrouve avec plaisir les cartes du métro dans la couverture, bien utiles pour qui cherche à visualiser les pérégrinations des personnages.
 
Mureliane
Les Chroniques de l'Imaginaire
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Glukhovsky - Métro 2034 - Fantasy au Petit-Déjeuner
Posté 02 avril 2012 -

Et nous voilà déjà de retour dans ce Moscou post-apocalyptique que nous avons tant aimé, avec cette fois-ci, Metro 2034 toujours écrit par Dimtry Glukhovsky et publié chez L'Atalante. Il est vrai que sur Fantasy au Petit-Déjeuner, il n'est pas très courant que nous parlions des suites ou des énièmes épisodes d'une série. Mais dans le cas présent, les histoires sont si différentes et si autonomes qu'elles peuvent se lire totalement indépendamment. Néanmoins la question demeure entière. En 2034, est-ce plus la fête qu'en 2033 ?

 

"Fantasy au Petit-Déjeuner" épisode 110 from Salvek on Vimeo.


 

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Glukhovsky - Metro 2033 - Fantasy au Petit-Déjeuner
Posté 08 août 2012 -

C'est avec une joie non dissimulée que l'on parlera aujourd'hui, sur Fantasy au Petit-Déjeuner, d'un titre à la fois connu et inconnu. Car Metro 2033 c'est certes le nom d'un célèbre jeu vidéo, mais c'est surtout le roman éponyme de Dmitry Glukhovsky, publié en 2010 par les éditions L'Atalante. Et soyez certain que l'on est loin, très loin d'une basique novélisation ici. Non, c'est tout un univers, c'est tout un monde incroyable et inoubliable que ces 700 pages nous invitent à arpenter. Un roman fantastique et futuriste d'une telle originalité qu'il a bien failli envoyer votre humble chroniqueur ad patres. Car après la lecture de ce pavé, chaque voyage en métro deviendra une aventure..



"Fantasy au Petit-Déjeuner" épisode 109 from Salvek on Vimeo.


Merci à tous d'avoir supporté mon enthousiasme pendant ces 11 mn. J'espère ne pas placer la barre trop haut (et risquer ainsi votre déception) mais il est vrai que mon enthousiasme est réel. On se revoit dans une semaine. Bonne lecture.

Salvek
Fantasy au Petit-Déjeuner

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Glukhovsky- Metro 2033- Over-Booked
Posté 19 octobre 2010 -

[…]Ce qui est tout aussi intéressant, c’est la fascination et les questions qu’a su créer l’auteur dans la tête des personnages qui, comme Artyom, n’ont jamais vu ce qu’était le ciel, les étoiles, les voitures… qui ne peuvent pas imaginer ce qu’est une ville grouillante d’activité et, surtout, qui n’ont pas pu étudier l’histoire.

C’est très bien mené et l’on voit parfois les personnages rêver de la vie de leurs ancêtres et se tromper lourdement.Mais ce qui m’a le plus intéressé, c’est l’organisation de la vie dans le metro, la monnaie a été remplacé par les munitions des fusils, le commerce ne se fait qu’avec cela, une preuve encore que le danger est très présent dans le métro, et ce constant échange ne fait que renforcer la noire ambiance qui règne. Chaque station n’est pas devenue une ville d’un seul et même pays non, elles sont toutes devenues des petits pays, au régime différent, aux règles différentes, au fonctionnement différent… On retrouve de tout, l’anarchisme, le nazisme et le communisme… Chacun organisé en un tout qui communique entre eux, échangent, se combattent…

Il y a beaucoup de réflexions, Glukhovski en profite pour détailler tous ces régimes d’un oeil nouveau, celui d’Artyom, qui même s’il ne comprend pas le racisme envers les noirs de la part des nazis, comprend en revanche le fait que d’autres puissent penser différemment de lui, que tout est affaire de point de vue… L’auteur insiste d’ailleurs beaucoup sur ce fait, on ne sait vraiment pourquoi qu’à la fin.

Ce qui m’a étonné dans ce livre mais pas vraiment gêné, c’est l’enchaînement des évènements qui se fait un peu au hasard, on passe dans une station où un mystère est soulevé, on pense que le héros va le résoudre avant de poursuivre son chemin mais non, il continue… C’est quelque chose dont on n’a pas vraiment l’habitude, mais, on le découvre un peu plus tard, l’auteur philosophe en fait un peu sur le sens de la vie, la destinée, etc. Comme je le dis, c’est déconcertant mais finalement, c’est tout aussi bien, parfois, il arrive que l’on ait plusieurs choses à faire et que l’on soit obligé d’en laisser tomber plusieurs pour pouvoir finir la plus importante, c’est exactement ce qui se passe dans le livre : des personnages apparaissent pour disparaître presque aussitôt, ne jouant qu’un rôle rapide et pourtant capital dans la vie du personnage… Des mystères apparaissent, auxquels nous attendons des réponses mais auxquels le personnage tournera le dos et auxquels, finalement, nous n’aurons jamais de réponse.

Ce roman est donc une très belle réflexion, sur tout ce qui est abordé, et le nombre de choses qui y est abordé est tel que je pourrais en parler pendant des heures. Une très bonne découverte donc, que je vous recommande !

Julien. 

Lire l'article en entier. 

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Glukhovsky - Metro 2034 - Le Blog de M4tth69
Posté 22 octobre 2012 -
"Je viens de finir la roue du temps tome 2, j’avais le choix d’attendre la nouvelle liseuse kobo pour une lecture commune de black-out ou lire vite fait bien fait Metro 2034 ! J’ai choisi la seconde. Malgré mes craintes d’avoir un livre décevant suite aux critiques que j’ai lu, je me suis plongé volontiers dans ses tunnels tant le souvenir de ma précédente expédition était encore ancré en ma mémoire.

L’action se situe en périphérie du Metro dans une petite station, qui se retrouve subitement coupée du reste des colonies. Hunter, guerrier solitaire, ptar en quête, pour résoudre le problème. Je ne vous en dis pas plus, car je risque de spoiler un peu trop l’histoire. Bref, l’histoire commence à 200 km/h et jamais ne ralentit. Le métro est toujours aussi envoutant, surprenant, même s’il est un peu moins présent que dans 2033, cela reste un personnage plus que principal, source de surprise, élément moteur. Le style de l’auteur est toujours aussi tranchant, limite un peu froid, mais tellement prenant ! À quand 2035 ? Pour sûr, je serais un des premiers à acheter son prochain livre. Je suis à deux doigts de lui mettre un must have, mais comme le livre est trop court et que je n’ai pas été rassasié de ses mots, je ne lui attribue pas le sacre de mon blog ! Na !
Couverture : J’aime toujours autant !
Scénario : simpliste, il vous mènera jusqu’à la fin à une vitesse frustrante.
Personnage : Pas le grand point fort du livre, pourtant l’auteur s’emploie à leur donné un peu plus humanité.
Univers :Rahhhhh !! Le Graal des univers postapocalypse, ce que j’adore par-dessus tous : les légendes que distille l’univers, tout simplement immense et vivant."

M4tth69
Le Blog de M4tth69

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Glukhovsky - Metro 2033 - Mandorine
Posté 10 juin 2013 -

Le monde des réseaux métropolitains exerce une sorte de fascination pour certains. Entre l’inconnu des mondes souterrains, les stations fantômes dans certaines villes ou les légendes urbaines que l’on se raconte de génération en génération, la matière est là pour celui qui veut créer une œuvre sur ce sujet. Le réseau de Moscou, entre tunnels profonds, stations magnifiques et rumeurs d’existence de lignes secrètes réservées aux anciens dirigeants soviétiques, a offert à l’écrivain russe Dmitry Glukhovsky une matière de premier choix pour créer son premier roman, Metro 2033.

Le roman prend place en 2033. Cela fait vingt ans qu’une guerre nucléaire totale a ravagé l’ensemble du globe, rendant la surface invivable pour l’homme. Juste avant que les missiles ne frappent Moscou, une poignée d’habitants réussit à se réfugier dans les stations du métro, conçues pour résister aux bombes, avec l’espoir d’en sortir au plus vite. Cependant, il devient clair que personne ne pourra retourner vivre à l’air libre. Alors, les survivants décident de rester dans le métro moscovite et d’y organiser définitivement leur vie. Pendant vingt ans, des clans et des confédérations se forment et se livrent des guerres. Quatre factions se détachent plus que d’autres : Polis, « dernier bastion de la civilisation », qui couvre la grande station d’interconnexion Alexandrovski Sad – Biblioteka Imeni Lenina, la ligne Rouge qui reprend une grande partie de l’ancienne ligne 1 et qui est aux mains d’une idéologie totalitaire stalinienne, le Quatrième Reich continuation idéologique du troisième et dont la base se trouve à la station d’interconnexion Tchekovskaïa. Enfin, la confédération de la Hanse, confédération marchande qui a pris la possession de toute la ligne circulaire ceinturant le centre du réseau. A côté de ces quatre Grands, d’autres alliances se sont timidement formées alors que certaines stations ont choisi de rester indépendantes.

Artyom, le héros de l’histoire, vit avec son père adoptif dans VDNDh, station indépendante située au nord du réseau qui possède néanmoins des liens forts avec quelques stations voisines. Dernière station habitée de la ligne où elle est située, elle doit faire face à un grave problème. Des hordes de mutants essayent de rentrer en force dans le métro pour ravager toute vie encore existante. Si VDNKh a réussi jusque-là à contenir les assauts, il est de plus en plus difficile de tenir. C’est à ce moment qu’arrive à la station Hunter un stalker ami du père adoptif d’Artyom. Ce dernier doit remonter à la surface et charge d’une mission Artyom : s’il ne revient pas d’en haut cette fois-ci, il lui faudra aller à Polis et trouver un certain Melnik, afin de lui demander de l’aide. Après quelques jours, Hunter n’est toujours pas revenu, Artyom commence alors son voyage vers Polis, loin de se douter des contretemps qui l’attendent.

 Finalement, l’histoire est très secondaire dans Metro 2033. Le principe d’un héros qui part pour une mission n’a rien d’original et le concept d’un voyage initiatique (ce qu’est la mission d’Artyom, finalement) a été de nombreuses fois exploité. Ce n’est pas dans ce secteur qu’il faut chercher l’intérêt du titre, mais bel et bien dans sa description d’une humanité parquée dans le métro. Et cette description est magistralement écrite par Glukhovsky. Entre factions politiques, fanatisme religieux et ceux qui ne croient plus en rien, le livre rend réel le monde post-apocalyptique qui nous est proposé. Le fait de ne pas vraiment savoir ce qui a lancé la guerre nucléaire (elle n’est évoqué que par quelques survivants) permet de se concentrer sur le plus important : l’univers du métro. Cependant, Artyom monte quelque fois à la surface et la description qui en est faite est tout à fait saisissante. De plus, la menace que font planer les mutants apparaît toujours en filigrane, ajoutant une tension de tous les instants. En fait, il est très intéressant de voir à quel point cet univers post-apocalyptique nous paraît plausible et réel. C’est ce qui fait le sel de Metro 2033 et qui en fait un excellent livre, que je recommande tout particulièrement.

Le plus compliqué est peut-être de se retrouver parmi les noms des stations, pour qui n’est pas familier avec le réseau moscovite. Pas de panique, deux plans (en couleur, bel effort à signaler) sont proposés et permettent de facilement situer l’action et d’avoir un aperçu de l’état des forces en présence. Vous ne serez donc pas complètement livrés à vous-même à travers votre exploration.

Si le livre est sorti dès 2005 en Russie, connaissant un succès immense, il a fallu attendre 2010 pour une traduction française. La raison en est très simple : c’est cette même année que le studio 4A Games a adapté le livre dans un jeu vidéo éponyme et, de mon point de vue, tout à fait réussi. S’il ne reprend pas exactement toute l’histoire du livre, s’en démarquant à de nombreux moments, il en est néanmoins très lié et lire le livre permet de comprendre de nombreuses choses dans le jeu. En bref, si vous comptez vous lancer dans le jeu, je vous conseille d’abord la lecture de Metro 2033.

Antoine

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Dmitry Glukhosky - Sumerki - Galaxies
Posté 27 janvier 2015 -
 

Sumerki, titre que l’éditeur n’a sans doute pas désiré traduire, car il rappelle trop d’autres séries en vue, veut dire « Le Crépuscule ». Que le lecteur ne s’y trompe pas : il s’agit ici de toute autre chose. On n’est pas dans l’univers de Metro, ce n’est pas une série, le style est très différent. Et ce n’est pas plus mal !

 L’histoire se passe à Moscou. Le héros est traducteur et, lassé par toutes les traductions techniques qu’il doit réaliser, il « s’invente » traducteur d’espagnol pour que son agence lui confie quelque chose d’autre. Il va ainsi recevoir le deuxième chapitre d’un manuscrit dont le traducteur précédent a mystérieusement disparu. Le texte raconte une expédition au Yucatan au XVIe siècle. Dmitry, le traducteur, est troublé par ce qu’il découvre, mais malgré sa curiosité, les chapitres ne lui parviennent qu’au fur et à mesure. Petit à petit, le monde – ou la perception qu’il a de ce qui l’entoure – va changer, se bouleverser parallèlement à ses traductions.  Le lecteur est très vite accroché par le récit. L’alternance de la traduction du texte en espagnol et de la vie du traducteur crée un climat flou. On ne voit pas où l’auteur veut nous amener : policier, fantastique ?  Il est à regretter qu’une fois le lecteur « ferré », l’histoire traîne avec peu de choses neuves à se mettre sous la dent. C’est le plus gros défaut du livre : sa longueur. Mais l’auteur arrive quand même à maintenir un suspense. Les pages se tournent rapidement et au moment où, il faut bien l’avouer, on commence à s’ennuyer, il fait basculer l’histoire et nous offre un très beau final.

 La question est de savoir où se situe la réalité. Le monde semble trembler sous diverses catastrophes. Tout cela est-il bien réel, ou notre traducteur ne devient-il pas un peu paranoïaque ? Le monde qu’on nous décrit est-il le vrai, celui qui est dans la tête de Dmitry le traducteur ou dans celle d’une autre personne ?

 

Le récit est écrit à la première personne et le fait que le héros ait le même prénom et nom patronymique que l’auteur – Dmitry Alekseïevitch – n’est pas innocent. Une façon pour lui de nous mettre sur la voie et de nous rappeler discrètement que, peu importe quelle réalité le lecteur choisit, celui qui a le dernier mot et qui a créé le monde, c’est Dmitry Alekseïevitch Glukhovsky. Notons encore que, plus libre que dans la série des Metro, l’auteur se permet à plusieurs reprises d’y mettre des choses plus personnelles. Certaines digressions sur la religion ou l’économie viennent bien à propos à des moments où le rythme est moins soutenu. Sumerki est finalement une belle découverte pour celui qui veut un peu sortir des sentiers battus.

 

David Claes, Galaxies n 31

 

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Glukhovsky - Sumerki - Unwalkers
Posté 07 mai 2014 -
C’est assez rare pour le souligner, mais il y avait longtemps que je n’avais pas lu un tel texte. Pourtant l’auteur de Métro 2033 je connais, mais là je fus pris de court.

C’est un texte loin de ce qu’on lit actuellement, entre imaginaire et ésotérique mais écrit avec une force qui rend ce texte malsain, insidieux. Inquiétant mais de très bonne facture.

Un homme traducteur à Moscow se retrouve à traduire par hasard un vieux texte datant de l’époque de Cortès. Un texte sur une expédition espagnole à la recherche de textes mayas dit interdit. Au fur et à mesure que nous avançons dans la traduction, notre traducteur se retrouve aux prises à des phénomènes paranormaux, en sus de la traduction du texte qui l’ensorcelle.

Entre des virées dans un Moscou crépusculaire, et des troubles mondiaux actuels, on voit s’approcher doucement la fin des temps…

La force de ce texte, prend ses racines dans divers points. La lecture en directe de l’expédition, les réflexions du traducteur sur la folie qui l’entoure, et bien sur le style. La narration, cette façon de décrire ce récit et qui nous entraîne malgré nous, comme  le traducteur dans un texte très dangereux. On se sent mal à l’aise  parfois un peu étouffé comme l’expédition dans la jungle amazonienne.

Au-delà de la trame ésotérique il y a donc une réflexion profonde sur l’humain, sur sa condition de mortelle à travers les mayas et dans notre temps.

Un joli texte avec une fin inattendue, oscillant entre paranormal et charme des vieux romans, tout en restant actuels et aventureux. Bref régalons nous de cette pépite…

 

Unwalkers

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Glukhovsky - Sumerki - Psychovision
Posté 19 mai 2014 -

En manque de boulot, un traducteur accepte de traduire un manuscrit espagnol alors qu'il en maîtrise à peine la langue. Le manuscrit est celui d'une expédition en Amérique du sud menée par des prêtres franciscains qui partent dans la jungle en compagnie de soldats à la recherche d'une cité maya. Le récit envoûte rapidement le traducteur, pendant qu'à l'extérieur le monde semble être en train de se désagréger.

Sumerki, crépuscule en russe, est un étrange roman qui se passe à la fois dans un Moscou contemporain et dans le Yucatan du XVIe siècle, qui arrive à être un roman intimiste et un roman apocalyptique, une sorte de thriller et un bien étrange roman fantastique. Les tons et les histoires se mélangent donc pour donner une atmosphère sombre et poisseuse avec beaucoup de noirceur et de pessimisme.
Une grande partie du récit se déroule ainsi dans l'appartement de Dmitry Alexeïevitch, le traducteur, qui va se retrouver rapidement attrapé par le récit, retournant sans cesse à son agence pour en trouver les nouveaux chapitres qu'on ne lui donne qu'au compte-goutte, probablement à cause de la disparition du précédent traducteur. Si le récit semble vraiment d'époque, le traducteur croit tout d'abord à une sorte de canular.
À l'extérieur, ou plutôt à la radio, il apprend que de nombreuses catastrophes touchent différent lieux du globe et plus la traduction progresse, plus elles semblent se produire et se rapprocher. Le récit est celui d'une expédition qui semble maudite, faute du diable pour les chrétiens qui la mènent, mais pour les guides locaux, c'est un tout autre genre de malédiction qui semble être à l'oeuvre dans la forêt.
Le côté thriller est très en retrait, comme le côté fantastique d'ailleurs et prennent donc leur temps pour arriver dans l'histoire. Déjà l'apocalypse semble se dérouler ailleurs et même loin puisqu'uniquement relatée à travers un poste de radio et l'intrigue prend ensuite son temps pour vraiment s'intéresser à la disparition du premier traducteur, jusqu'à ce que les meurtres semblent s'enchaîner un peu plus vite.
Sumerki est donc un roman qui prend son temps, préfère installer une ambiance malsaine, faisant du manuscrit une véritable drogue pour le traducteur, comme si sa traduction était une urgence alors que le monde s'écroule. Les événements semble ainsi être liés alors que des siècles et même un océan les séparent. La réponse à tout cela sera incroyablement noir, effrayante et sans complaisance pour l'humanité à la fois victime et coupable.
L'aspect fantastique sera le plus perturbant, mais amènera également un superbe mise en abyme, offrant un final surprenant à son histoire et l'amenant là où on ne l'attendait vraiment pas. Sumerki se joue ainsi des genres, ne les utilisant que de manière détournée pour livrer un roman qu'on pourrait presque qualifier d'initiatique à cause de l'étrange chemin parcouru par son héros, découvrant

L'apocalypse n'a jamais été conté ainsi, nous plongeant dans un quotidien triste dans un Moscou froid et tentaculaire opposé à une jungle chaude et luxuriante, mais qui se ressemble beaucoup avec ses deux narrateurs, le traducteur et le moine, qui semble subir le même type de crise et de cauchemar. C'est donc un récit étrange, dérangeant et parfois fascinant que L'Atalante et Dmitry Glukhovsky publie ici.

 

Stegg

Psychovision

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Glukhovsky - Sumerki - ActuSF
Posté 21 mai 2014 -
« […] J’étais presque sûr de mes chances de succès en partant à la recherche de l’homme-jaguar dans l’index.
À la lettre « H » il était, bien entendu, introuvable. Embusqué à la lettre « J », juste sous le mot « Jaguar », il ressortait néanmoins typographiquement par un jeu de graisse et d’italique : « homme-jaguar (myth.). – p.273-276. » Mission accomplie ! Trois pages pleines d’informations patiemment rassemblées, d’hypothèses audacieuses et, si la chance me souriait, agrémentées d’illustrations.
267, 269, 271, 277, 279… Impossible ! Cela ne pouvait être ! Ma première idée fut que, dans ma hâte, j’avais dépassé le passage que je cherchais ou alors que les pages collées par le temps jouaient avec mes nerfs. Je fermai et rouvris les yeux, comme pour chasser un mirage, revins en arrière à la page 267 et, avec une lenteur méthodique, refis le court chemin jusqu’à la page 281, où je découvris avec horreur le portait menaçant de Diego de Landa que j’avais vu auparavant.
Les deux feuilles dont j’avais besoin brillaient par leur absence. Elles avaient été extraites du volume de la manière la plus minutieuse qui fût : une unique incision d’une étonnante rectitude. Deux étroites bandes de papier – tout ce qui restait des pages 273 à 276 – témoignaient qu’il n’était pas question là d’une erreur typographique, mais bien d’un acte malveillant.
Les feuillets extraits d’une manière identique d’un autre livre s’empilaient sur ma table juste sous mes yeux. Il m’était impossible de nier l’évidence : les révélations précieuses à propos de l’homme-animal maya avaient été retirées du livre que j’avais acquis par hasard, par la même main qui me donnait les nouveaux chapitres du journal.
Ces pages avaient-elles été extraites du livre avant que je n’en fasse l’acquisition ? Ou des inconnus avaient-ils vandalisé le livre pendant qu’il attendait de connaître son sort à côté du vide-ordures ? La seconde hypothèse était la plus vraisemblable ; et, dans ce cas, la disparition de ma traduction des premiers chapitres prenait un tout autre sens.
Pendant un instant, j’eus l’impression d’être un rat enfermé par un chercheur dans un labyrinthe retors, équipé d’un mécanisme qui ouvrait et fermait des portes, libérant le passage soit vers la liberté, soit vers un piège, et qui coupait les voies de retraite, changeant ainsi en permanence la disposition des lieux et rendant vaine toute tentative de mémorisation du chemin emprunté. » (Sumerki, p.202-203)
 

 
À ce stade de la lecture du roman de Dmitry Glukhovsky, je ne pus m’empêcher de me livrer à une petite vérification personnelle, concernant l’état de ma mémoire. Je reposai le volume, et me rendis vers le coin de mon improbable bibliothèque où je savais avoir rangé un ouvrage curieux mais fort bien documenté de Rudolf Lusar, Die deutschen Waffen und Geheimwaffen des Zweiten Weltkrieges und ihre Weiterenwicklung (J.F. Lehmanns Verlag, München, 1971). Je consultai l’index, en cherchant l’expression « Fliegende Untertassen » (soucoupes volantes). Elle y figurait bien, comme dans mon souvenir, renvoyant à la page 240 de l’essai. Je me rendis donc à la page en question… Surprise (enfin, pas vraiment), les pages 241 à 244 (deux feuilles) étaient manquantes ! Et c’étaient celles, bien entendu, où se trouvaient tous les renseignements sur ces machines prétendument construites par des ingénieurs allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. On imagine ma déconvenue à l’époque où je rassemblais de la documentation sur ce sujet farfelu, lorsque, après avoir jubilé à la découverte (par hasard) de cet essai de Rudolf Lusar, je constatai l’absence des pages convoitées : exactement celle éprouvée par le traducteur Dmitry Alexeïevitch, constatant l’absence des pages 273 à 276 de l’essai (fictif ?) Chroniques des peuples mayas et la conquête du Yucatán et du Mexique d’E. Yagoniel, trouvé par hasard (encore), si précieux pour l’aider à avancer dans son travail de traduction. Seule différence : dans le Rudolf Lusar, l’incision des feuilles est moins minutieuse, il subsiste quelques bouts de papiers déchirés…
 
 
ActuSF
 
Joseph Altairac
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Glukhovsky - Sumerki - Bifrost
Posté 05 décembre 2014 -

Les temps sont durs pour les traducteurs, à Moscou, de nos jours. Dmitry Alexeïevitch parvient difficilement à joindre les deux bouts. Il est prêt à accepter n’importe quel contrat. Même un texte en espagnol, langue qu’il n’a pas pratiquée depuis ses études. Le traducteur précédent ne donnant pas signe de vie, il se retrouve avec, dans les mains, le deuxième chapitre d’une chronique datant du XVIe siècle : narration du périple d’une troupe espagnole dans de mystérieuses forêts du Yucatán, elle le fascine immédiatement. L’objet de cette expédition fluctue selon les chapitres : un trésor fabuleux, des manuscrits païens à détruire. Mais le danger, lui, est bien réel. Dès les premières pages, des hommes disparaissent ; d’autres meurent, happés par d’étranges forces.

Et ce récit imprègne rapidement la vie de Dmitry Alexeïevitch, déjà décalée, puisqu’il vivait la nuit et dormait le jour, rythme plus adapté, selon lui, à son travail. Les événements de la chronique trouvent écho dans le quotidien du narrateur. Le climat moite du Yucatán s’insinue dans les rues de Moscou couvertes de neige. N’est-ce qu’une illusion due à la fatigue ? Et qu’est-il arrivé au prédécesseur de Dmitry Alexeïevitch ? Et surtout, pourquoi l’employé de l’agence de traduction finit-il assassiné, laissant derrière lui une vraie mare de sang ?

 

Les lecteurs de Metro 2033 et Metro 2034 seront peut-être déstabilisés par cet ouvrage écrit entre les deux volets de ce diptyque à succès. Toujours attaché à cette ville de Moscou qu’il décrit, en filigrane, dans chacun de ses livres, Dmitry Glukhovsky passe de la science-fiction au fantastique teinté d’ésotérisme. Des tunnels du métro, il glisse vers les méandres de l’esprit, les mailles de la peur et de l’angoisse, les frontières du surnaturel. Au fil des pages, il tente d’instiller le malaise et le doute dans l’esprit de son lecteur. Son personnage principal (qui, d’ailleurs, porte le prénom de l’auteur et réside dans sa ville) est le narrateur : nous sommes dans la tête du héros, nous voyons le monde à travers ses yeux. Ce qui lui arrive se produit-il vraiment ? Ne sombre-t-il pas plutôt dans la folie ? De nombreux monologues le montrent en train d’essayer de comprendre ces bouleversements. Il tente, de manière apparemment rationnelle, d’analyser l’irruption d’un passé depuis longtemps disparu dans son existence.

Et pas seulement dans la sienne. Car le monde lui aussi semble se diriger vers une catastrophe. La fin de l’univers prévue par les Mayas (encore et  toujours !) ? Les suites du dérèglement climatique induit par notre mode de vie ? En attendant, les ouragans, les séismes se multiplient, faisant des milliers de victimes. Les savants restent sans réponse devant ces destructions. Et Dmitry Alexeïevitch se retrouve au  centre d’un maelstrom destructeur, en quête de réponses. Suivi par le lecteur un peu las devant la énième introspection du narrateur, mais néanmoins avide de découvrir le fin mot de l’histoire – il ne sera pas déçu ; les tergiversations du traducteur moscovite, qui auraient mérité un léger coup de rabot, finissent par mener au bout du tunnel.

Au final, même si le roman n’échappe pas à certaines longueurs typiques de l’élève appliqué, Sumerki est une incursion plutôt réussie de Dmitry Glukhovsky dans un genre peut-être un peu moins balisé que sa série à succès.

 

Raphaël Gaudin

Bifrost n°76

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Glukhovsky - Metro 2034 - Booknode
Posté 10 avril 2015 -

Metro 2034... Plus qu'un livre, cette série des Metro est devenue un peu une passion pour moi. C'est pour cela que mon évaluation n'est peut-être pas objective, mais quand on trouve quelque chose de génial, pourquoi suivre l'avis des autres ?

Metro 2034 débute dans une station au nom tout aussi imprononçable que les autres qu'Artyom, dans Metro 2033, n'a pas eu l'occasion de visiter. L'aventure n'a plus comme protagoniste notre cher habitant de VDNKh, mais un certain Homère (surnom que lui donne ses collègues et voisins à cause de sa passion pour les mythes et les légendes) et Hunter. Oui, oui, vous ne rêvez pas, j'ai bien dit Hunter, celui qui était censé être mort, tué par les Noirs. Il a en effet survécu à cette confrontation, mais à quel prix ? Je vous laisse découvrir cela en lisant ce chef-d'oeuvre. Alors, je vous vois déjà venir en disant : "Mais il lui est arrivé quoi à Artyom ?" : ne vous inquiétez pas, votre curiosité sera satisfaite !

Au niveau de l'écriture, Dmitry Glukhovsky n'a pas perdu sa patte artistique : toujours aussi agréable à lire tout en étant recherché, le style est tout simplement magnifique. On ne peut d'ailleurs que saluer le splendide travail de Denis E. Savine que je remercie pour nous avoir donner l'occasion de savourer cette perle du roman post-apocalyptique. On retrouve la même sensation un peu étrange que dans Metro 2033 : les premières pages sont difficiles, voire carrément chiantes à lire, mais osez lire après la première centaine de pages et vous allez voir que vous avez bien fait de vous entêter.

[...]

En conclusion : un roman à lire, surtout si vous avez lu Metro 2033, mais ne fondez pas non plus trop d'espoir sur lui ou ne le comparez pas à Metro 2033 pour ne pas être trop déçu par l'intrigue pas assez développée et la courte durée du livre.

Loruto - www.booknode.com

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Glukhovsky - Sumerki - Les libraires
Posté 06 août 2015 -

Ça faisait un moment que j’attendais un nouveau titre de Glukhovsky. Depuis Metro 2033, cet auteur est sur ma liste de ceux à suivre ! Je m’attendais un peu à voir apparaître le troisième volume de « Metro », mais… Surprise ! C’est avec un nouveau projet qu’il m’attendait dans le détour. Un traducteur russe se voit remettre un contrat de traduction de l’espagnol au russe : un vieux manuscrit de 1562 qui nous amène dans le monde maya du Yucatan. Ce roman m’a rappelé un peu l’ambiance terrifiante de Lovecraft. Un vieux manuscrit, des rêves qui semblent trop réalistes, la réalité qui se transforme au rythme de l’évolution de la traduction du texte ancien. Bref, un livre haletant, angoissant et, pour certains, j’en suis sûr, effrayant !

Shannon Desbiens - Les libraires, le bimestriel des librairies indépendantes

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Glukhovsky - FUTU.RE - L'Express
Posté 25 septembre 2015 -

L'éditeur anglais Ford Madox Ford (1873-1939) aurait un jour prétendu qu'il pouvait juger de la qualité d'un manuscrit à la lecture de sa seule page 99, comme un coup de sonde en plein coeur du livre. FUTU.RE de Dmitry Glukhovsky (éd. L'Atalante) n'échappe pas au test.

Verdict

Cette page 99, qui clôture le chapitre quatre, Rêves, ne nous apprend rien sur le système politique, le modèle social ou économique du monde imaginé par Dmitry Glukhovsky. Elle révèle, en revanche, un élément clef du livre: la pseudo-utopique société européenne n'a pas éliminé l'extrême violence. La lutte qui oppose le narrateur à un autre personage -dont nous tairons l'identité pour ne pas nuire à l'intrigue- est rythmée par l'écriture de l'auteur: simple, épurée, vive, toute en phrase courte le tout à la première personne. Le vocabulaire, comme la scène décrite, est lui aussi violent, brutal. 

Cette page 99 nous donne-t-elle envie de lire FUTU.RE ? Assurément. Et pour ne rien cacher, nous avons même dévoré l'ouvrage, tant l'intrigue est prenante dès les premières pages. L'écriture, si elle n'est pas aussi violente que dans cette page 99, est efficace et agréable. Les pages se tournent, les lignes s'effacent, l'Europe du future, angoissante, se met en place. FUTU.RE tient aussi sa promesse: celle d'interroger le lecteur sur notre société actuelle, en décrivant avec précision les arbres futuristes que pourraient devenir les mauvaises graines d'aujourd'hui. Le concept est pourtant loin d'être nouveau -Huxley, Orwell, K. Dick, Rufin etc.-, force est de constater que Dmitry Glukhovsky arrive à éviter le piège de la redite et du déjà-vu.

L'Express

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Glukhovsky - Futu.re - Le Capharnaüm éclairé
Posté 05 octobre 2015 -

Attention chef d’œuvre! Sans doute la plus grande claque littéraire dans le domaine de la SF que je me sois prise par un auteur contemporain depuis ma découverte de la trilogie des Guerriers du silence de Pierre Bordage et du Vaisseau ardent de Jean-Claude Marguerite. Grand prix des Utopiales 2014 avec son ouvrage précédent (pas encore lu mais ça ne saurait tarder!), Glukhovsky prouve avec ce livre-somme de 736 pages que les comparaisons avec Huxley et Orwell circulant à son propos ne sont pas usurpées. J'en reviens toujours pas tant ce livre m'a procuré à la fois évasion, réflexion et tout un cortège d'émotions contradictoires.

Ce livre est une merveille d'intelligence et de virtuosité narrative. Le lecteur est captivé dès le premier chapitre et je vous assure qu'il est tout bonnement impossible de ne pas penser à ce livre, à cette histoire quand on n'est plus en pleine lecture (au travail, durant les repas, même dans mes rêves, je vous jure!). C'est suffisamment rare pour être souligné, l'addiction est puissante tout comme le souffle qui règne sur l'ensemble de cet ouvrage.

Le roman nous transporte dans une vision du future d'une grande froideur et d'une précision chirurgicale. L'auteur nous propose des descriptions grandiose teintées d'amertume comme rarement j'ai pu en lire auparavant, le tout dans un style léger et très accessible.

FUTU.RE fut une lecture immersive et prenante comme jamais. On ressort avec l'impression d'avoir lu un texte clef, unique et marquant. Je n'oublierai pas de sitôt cette dystopie à la fois trash (des passages sont bien rudes, âmes sensibles méfiez-vous), poignante et prophétique. Un grand, un très grand, un énorme moment de littérature comme on en vit peu dans une vie. Il rentre directement dans mon panthéon des dix meilleurs romans que j'ai jamais lu. Alors franchement… Qu'attendez-vous ? Foncez, le futur est à portée de page !

Loin des poncifs, des attentes classiques, le personnage principal attise tour à tour la curiosité du lecteur, son agacement, son horreur parfois mais aussi le dégoût, la compassion et même la tristesse. A deux reprises, je n'étais pas loin de verser ma petite larme. La fin du livre est d'une intensité redoutable pour le personnage principal et le lecteur pris en otage. De manière générale, Glukhovsky est un orfèvre, les personnages sont fouillés, complexes et leurs interactions ne laissent rien au hasard. Le scénario général fait place à des ramifications multiples et saisissantes, les révélations sont nombreuses (jusqu'à l'ultime page tout de même!). Il n'y a pas de trop plein avec ces plus de 700 pages, quand on referme le livre, on regretterait presque que ce soit fini !

Retrouvez l'intégralité de la critique sur :

Le Capharnaüm éclairé, La critique de Mr K

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Glukhovsky - FUTU.RE - Un papillon dans la Lune
Posté 29 septembre 2015 -
J'ai adoré FUTU.RE. Ce roman est une dystopie convaincante, qui s'appuie sur l'érudition de son auteur autant que sur sa critique virulente des systèmes politiques et sociaux actuels (et pas que ceux de la Russie). Le narrateur y vit un voyage initiatique presque classique mais difficile, tout comme le lecteur à qui certains passages paraitront sordides, mais ils sont nécessaires. Voici un livre fort que je n'oublierai pas de sitôt.

[…]

FUTU.RE est un récit initiatique trash à travers l'Europe, autour d'un jeune homme brisé dans son enfance, et de sa place dans cette société inhumaine dont il n'est qu'un pion. Malgré quelques longueurs (sur plus de 700 pages, c'est presque inévitable), le lecteur est entrainé dans la spirale infernale que devient la vie de Jan, un jeune homme perdu mais qui ira jusqu'au bout de ses convictions.
 
ATTENTION SPOILER !
Un papillon dans la Lune
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Glukhovsky - Futu.re - Fantastinet
Posté 12 octobre 2015 -
Lire de la SF russe (parlons de dystopie pour être plus précis) n’est pas si fréquent, alors quand j’ai eu entre les mains ce titre, et quand j’ai lu la quatrième, je n’ai pas hésité à me lancer dans la lecture… Cette histoire d’immortalité, de surpopulation est bien menée, de bout en bout. […] Cette dystopie nous plonge dans une société qui, bien que censée avoir atteint une forme de plénitude, est finalement plus violente que jamais.

[…]

Le récit est entraînant, les propos tenus par Jan sont souvent durs, empreint d’une nouvelle forme de racisme… […]

Un roman que j’ai trouvé de très grande qualité et qui m’a donné une bonne baffe…

Et je vous laisse découvrir la fin…
 
Attention, spoilers sur l'avis complet :
Fantastinet
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Glukhovsky - Métro 2033 - Daily mars
Posté 26 avril 2016 -

Ce pavé est un veritable page-turner. Une fois commencée l’aventure d’Artyom à travers le métro, il est difficile de poser l’ouvrage. En effet, si on peut ranger en partie ce livre dans les récits de passage à l’âge adulte, nous partons d’un personnage qui a la vingtaine passée et qui découvre, en même temps que nous, ce que son monde est devenu. Nous sommes plus proches d’un road trip, un voyage qui va nous faire découvrir un monde, ceux qui l’habitent, ses créatures et les rêves. Chaque station devient un exemple des façons de vivre ensemble et des différents courants politiques, de la ligne rouge, communiste, aux trois stations néo-nazies, en passant par les commerçants et celles encore inconnues. Une seule manière pour tenter de se repérer dans ce labyrinthe : les vieilles cartes du métro moscovite, que le lecteur retrouvera aussi à l’intérieur du livre.

Véritable livre phénomène, traduit dans une vingtaine de langues, cette réédition aux éditions l’Atalante permet de profiter d’un chapitre supplémentaire, et à ceux qui l’ont raté de se rattraper. Tel un conteur, Dmitry Glukhovsky brosse quantité de portraits et de personnages, qui émaillent la vie d’Artyom, et chacun avec sa personnalité, chacun important pour tenter de comprendre comment s’est organisée la vie sous terre, et quelles ont été les conséquences de la catastrophe qui a touché le pays. Le seul vrai problème ? L’absence totale de personnage féminin doté d’au moins un tout petit petit rôle. Rien, nada. À part peut-être celui des mères, présentes dans les tentes de réfugiés, elles ne sont pas là. Et une fois ce défaut constaté, malgré l’aspect très entraînant de l’histoire, difficile de ne pas grincer des dents par ailleurs.

L’univers est riche, et nous le découvrons en même temps qu’Artyom. En même temps que lui, nous nous promenons dans le noir, découvrons ce qu’est le monde aujourd’hui, les dangers psychiques, les mutants, les démons qui se promènent sans que l’on sache pourquoi, dans le métro. Sommes-nous dans une uchronie, un univers parallèle ? Toutes les réponses ne seront pas données à la fin et si les descriptions des stations de métro nous intriguent, c’est surtout pour mieux aller les visiter le jour où on partira à Moscou. Un livre idéal pour faire du tourisme autrement qu’en se tapant la place Rouge et le café Pouchkine. Et son succès est aussi lié au fait, que c’est très facilement transposable dans toutes les villes d’Europe. Après tout, qui ne s’est jamais demandé ce qu’il y avait au bout des couloirs sombres entr’aperçus dans le métro parisien ?

Deborah Gay

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Glukhovsky - FUTU.RE - Éloge de la gratuité
Posté 11 août 2016 -
Je suis tombé un peu par hasard sur le roman FUTU.RE de Dmitry Glukhovsky publié chez l’Atalante.

Le livre imagine que nous obtiendrons l’immortalité, en devenant capables d’arrêter le processus du vieillissement et de la dégradation du corps. L’Europe, qui se veut humaniste, souhaite que tous ses habitants puissent bénéficier de l’immortalité. Mais malgré, les immenses gratte-ciel et la quasi disparition de la nature, les limites de la planète sont évidentes. Alors, dans ce monde surpeuplé d’immortels, l’Europe décide de mettre en place la loi du Choix : les parents qui mettent au monde un enfant doivent le déclarer et choisir celui d’entre eux qui recevra l’injection qui le fera mourir, en relançant et en accélérant le processus de vieillesse, lui laissant une dizaine d’années à vivre avec son enfant.

Le style est incisif, parfois cru, mais surtout très efficace et on se laisse facilement prendre par l’histoire.

Ce roman va toutefois bien au-delà d’une simple histoire. Il décrit avec une grande pertinence cet avenir finalement bien sombre. Dans cette société débarrassée de la mort, l’homme s’érige alors en surhomme. Il croit s’être autocréé, comme dans les fantasmes transhumanistes :

« Nous sommes l’homo ultimus. Nous ne voulons plus être le bricolage d’un autre, ni attendre l’examen de notre dossier par la bureaucratique machine de l’évolution, restée en plan. Nous avons enfin pris en main notre destinée. Nous sommes le couronnement de notre propre création. »

L’homme, devenu immortel, se contente toutefois d’une vie aseptisée, orienté autour d’un plaisir infini, mais d’où à disparu la grandeur, les œuvres majestueuse du passé. Il se prend pour un dieu, mais un dieu incapable de créer :

« Se mesurer à Dieu n’a plus aucun sens, car voilà longtemps que nous sommes ses égaux. Jadis, seul Lui était éternel ; désormais, c’est à la portée de n’importe qui. Nous avons même conquis les cieux, car désormais ils nous reviennent de droit. Nous ne L’avons pas renversé, non, Il s’est sauvé tout seul. Il a rasé sa barbe, passé une robe et Il erre désormais parmi nous, habitant dans un cube de deux mètres d’arête et gobant des antidépresseurs au petit-déjeuner. »

Le sacré n’existe plus. Il est méprisé. Alors l’artificiel, le superflu, le matériel devient le seul idéal. C’est l’aboutissement de la société de consommation, du renversement des valeurs :

« Au-dessus de l’entrée, une bannière : « Cet esprit-là de Noël ». Une image : des vieillards et de jeunes enfants sont assis dans un canapé, derrière eux un arbre tout en boules et en guirlandes. Quel mensonge contre nature ! Je suis certain qu’il s’agit d’une tentative des propagandistes du Parti de la Vie pour détourner notre plus grosse semaine de soldes à leurs néfastes fins. »

Il est révélateur que la loi qui oblige l’un des parents à mourir soit appelé La loi du Choix car il est bien entendu question d’une loi de « non choix ». Comment accepter de mourir, renoncer à l’immortalité pour donner la vie ? Surtout qu’il ne s’agit pas simplement de relancer le processus naturel de vieillissement, mais de l’accélérer. Ainsi, le parent vieillissant ne pourra pas partager l’adolescence de son enfant pour qui il s’est sacrifié.

Bien au-delà de cette question, c’est toute le société qui se retrouve dans une espèce de résignation, d’acceptation de ne plus choisir même sur des questions de vie ou de mort, ce qui bannit dès lors le questionnement éthique :

« Je n’éprouve que rarement des doutes ou des regrets consécutifs à mes actes : d’ordinaire mon travail m’épargne l’obligation de choisir ; sans choix, pas de regrets. Heureux celui pour qui d’autres prennent la peine de choisir : il n’a rien à confesser. »

On pourrait penser que, malgré tout, il s’agit d’un beau sacrifice que celui de donner sa vie pour son enfant, mais c’est aussi accepter d’être ostracisé car quelle horreur que celui qui nous rappelle que nous ne sommes que des hommes !

« Être gros ou chétif, avoir des poux ou des boutons, se tenir voûté ou boiter est honteux et répugnant. Ceux qui se négligent font figure de lépreux. Seule la vieillesse est plus détestable et plus ignoble. L’homme se veut d’une apparence parfaite et physiquement accompli. Nous devons mériter l’éternité. On dit que jadis la beauté était une chose rare et attirait l’attention de tous ; eh bien, aujourd’hui, c’est la norme. Et le monde ne s’en porte pas plus mal. Les complexes sportifs ne sont pas simplement un passe-temps. Ils nous aident à rester humains. »

Là encore, l’inversion de valeurs est patent. Ce qui nous rend humain dans ce monde, c’est l’éternelle jeunesse, à l’opposé de ce qui nous rend véritablement humain comme la vulnérabilité, que nous partageons tous.

C’est un monde bien terne qui nous est décrit, un monde où celui qui donne sa propre vie par amour n’est plus un modèle d’humanité, mais au contraire celui qui perd son humanité par la perte de l’éternelle jeunesse. Peut-être encore plus profondément, cette histoire nous montre ou nous rappelle surtout l’absurdité de vouloir une vie infinie dans un monde fini.

Éloge de la gratuité

http://www.elogedelagratuite.fr/2016/08/11/futu-re-un-etre-illimite-dans-un-monde-fini/#.V6wpBlyRses.twitter

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Glukhovsky - Métro, interview - ActuSF
Posté 30 mars 2017 -

Auteur de la série phare de science fiction, Métro, Dmitry Glukhovsky évoque pour nous Métro 2035 qui doit sortir d’ici quelques jours aux éditions l’Atalante.

ActuSF : Bonjour Dmitry Glukhovsky. Métro 2035 sort le 23 mars 2017 chez L’Atalante en France et conclut la trilogie. Dans ce roman Artyom essaie de trouver une solution pour permettre aux gens de remonter vivre à la surface. Qu’espère-t-il capter avec sa station radio ? Et en quoi cela va-t-il l’aider à réaliser son but ?

Dmitry Glukhovsky : Dans Métro 2033, le seul endroit habité au monde est le métro de Moscou. Ses habitants ont tenté de nombreuses fois d’entrer en contact avec d’autres survivants mais sans succès. Ils ont donc de bonnes raisons de croire qu’il n’y a personne d’autre qui a survécu. Pour eux, impossible donc de sortir du métro.
 
Les gens ont accepté cela et ne combattent plus pour trouver une possibilité de s’enfuir ailleurs. Tout le monde sauf Artyom pour qui c’est une croisade très personnelle. Pour des raisons liées à son enfance, il veut trouver la sortie du métro. Dans Métro 2033 c’était le point de départ. Quand il était petit, il était motivé par ce désir de se rappeler des lieux de son enfance, de se souvenir du visage de sa mère et de revoir ce monde magique perdu pour toujours. Il a ouvert un portail au jardin botanique et il a laissé les Noirs entrer dans le métro.
 
Métro 2035 est une suite de Métro 2033. Artyom est maintenant devenu un adulte et un héros. Il veut capter des signaux afin de découvrir d’eventuels endroits habités, pour faire ensuite sortir les gens du métro et démarrer une nouvelle vie pour l’humanité. Il est entièrement convaincu que, coincés dans les souterrains, les gens vont bientôt se transformer en animaux, en monstres ou en Morlocks comme chez H. G. Wells.
 

Les mutants seront moins présents dans ce troisième volume. Quel sera alors le véritable ennemi d’Artyom ?

Je dois bien prévenir les lecteurs en France, comme je l’avais fait en Russie. Métro 2035 c’est une suite directe de Métro 2033. Métro 2034 était plus un spin-off, avec un personnage principal différent d’Artyom.
 
Par contre, du point de vue du genre littéraire, c’est différent. Métro 2033 était un mélange entre fantasy urbaine, critique sociale, science-fiction et dystopie. Métro 2035 est une dystopie politique et sociale. J’y parle des thématiques qui m’ont frappé après les évènements de l’année 2012, lorsque la classe moyenne a essayé de protester contre les résultats manipulés des élections en Russie. Il s’en est suivi une énorme réaction d’ultra-conservatisme ainsi que le développement d’une rhétorique nationaliste…
 
Les dirigeants russes ont tenté, par exemple, de supprimer la souveraineté de l’Ukraine après la conquête de la Crimée. Une guerre a commencé à l’Est de ce pays, à cause du comportement plutôt Hitlérien de Vladimir Poutine. Cette réalité dystopique m’a inspiré pour continuer la grande saga de Métro et pour la conclure avec une perspective très différente de celle du début, dix ans plus tôt. Métro 2033 a été écrit à l’époque de la Russie après la chute de l’Union soviétique : une civilisation post-idéologique, apparaissant sur les ruines d’une précédente et un peu parasite (quand on était dans les années 1990), avec beaucoup de libertés, mais sans certitude. Nous ne savions pas ce que le futur allait nous apporter et nous avions peur du lendemain. Nous n’avons pas su produire ou créer quelque chose, nous avons simplement continué d’exploiter l’héritage idéologique, économique et culturel de l’Union soviétique. C’était ça la métaphore dans Métro 2033. Je décrivais une société vivant dans les souterrains et dans les catacombes construits par leurs ancêtres. C’était notre vie dans les années 1990.
 
Métro 2035 est par contre un portrait de la Russie telle qu’elle est devenue vingt ans après. L’idée était de montrer la différence entre ces deux Russie. Toutes les générations n’ont pas l’opportunité de voir comment naissent les états fascistes - même si maintenant, Poutine semble reculer. Nous y étions, nous avons vu ses méthodes, les techniques pour que les gens perdent la raison, confondent mensonges et vérités et acceptent avec facilité l’image d’un ennemi qui leur est imposé. C’est cette découverte que j’ai vécue et que j’ai sentie très importante à transmettre, à mettre sur papier. C’est ça le but le Métro 2035.
 
Donc oui, c’est un livre très politisé. J’ai senti que ça allait vite devenir un cirque si je commençais à y mettre des monstres et des mutants et à les mélanger à des messages politiques. J’avais moins envie de divertir le lecteur que de lui faire passer un message. Je veux que les gens sentent et voient quand les vérités cessent d’être des vérités, quand il n’y a plus d’objectivité, quand les politiciens ont juste le désir d’être au pouvoir et peuvent rendre toute la population complètement folle - et avec quelle facilité cela peut arriver ! On le voit actuellement un peu aux États-Unis un peu avec Trump, mais pas encore en France. Du coup, il n’y avait plus d’espace pour les monstres, les créatures et les mutants. C’est toujours un homme qui est le pire ennemi d’Artyom.
 

Dans l’univers de Métro le danger de mort est omniprésent, avec des mutants, des radiations, des satanistes, des nazis… Pourquoi avoir opté pour un univers aussi sombre, aussi pessimiste ?

Je dois vous avouer que j’avais un choix très difficile à faire. Un choix entre un conte magique avec des lapins sympathiques et roses, et cette histoire-là avec mutants, souterrains, radiations et guerre nucléaire. J’ai eu beaucoup d’hésitations, beaucoup de doutes. J’ai dû consulter mes parents, mon psychiatre, etc. Et à la fin j’ai décidé de commencer cette histoire de Noirs, de métro, de guerre atomique et une critique sociale, une parodie politique, plutôt qu’un conte magique. Mes expériences personnelles, sociales et politiques avaient plus de liens avec cette dystopie sous la forme d’un roman de science fiction.

Un des thèmes qui vous tient à cœur est la manipulation de la population par la propagande. Pourquoi choisir ce sujet ?

Pour préciser un peu, je dirais que c’est parce que j’ai la chance -ou pas - d’habiter en Russie. Ce qui se passe est tragique. Je crois que la France, du point de vue de la manipulation politique, a beaucoup souffert dans les années 1940. Mais elle a pu rester saine grâce à une grande diversité d’opinions et ses médias réparties équitablement entre chaque partis politiques. Vous avez un vaccin plutôt efficace contre la manipulation. Chez vous, il y a une vraie compétition politique avec des groupes qui veulent gagner cette lutte et conquérir le pouvoir dans l’intérêt de la nation et de la société.
 
Ce n’est pas comme cela chez nous. Ici, il y a l’élite, qui ne veut aucun changement et qui en a peur, parce qu’ils croient peut-être, non sans raison, que cela ne mettrait pas seulement fin à leur carrière politique, mais aussi à leur carrière économique et peut-être à leur vie. Leur but est de nettoyer, voire de stériliser tout le champ politique en écartant toutes menaces. Donc, chez nous, c’est une société de manipulation. C’est très éducatif à observer. On apprend beaucoup de choses sur nous-même et sur l’âme humaine, la construction de la société, les relations entre le peuple et l’élite.
 
En Russie, c’est un peu plus cynique et simple que chez vous. Nous sommes plutôt dans le 1984 d’Orwell. Cet auteur a eu la chance de visiter l’union soviétique pendant les années 1930 comme employé des services secrets anglais. On ne peut pas rater une telle opportunité de voir un pays dans lequel la dystopie cesse d’être de la science-fiction pour devenir une réalité. C’est très important d’archiver ces expériences.


Que pouvez-vous nous dire du jeu Métro 2036 est-il toujours développé par 4A Games ? Ce jeu sera-t-il la suite directe de Métro 2035  ? Artyom sera-t-il le personnage principal ?

Je ne suis pas autorisé à en parler (rire). J’ai déjà été puni par les compagnies de jeux pour avoir diffusé des informations, et cette fois je ne peux rien dire. Mais je crois que bientôt, on va avoir des nouvelles...

Vous êtes l’investigateur d’une grande série de romans autour de l’univers de Métro 2033, avec beaucoup d’auteurs différents. Certains ont même été traduits en France, pouvez-vous nous en dire un mot ?

Il y a plus de 76 romans publiés en Russie, dont une partie est aussi disponibles en France, en Allemagne, en Pologne, en Corée du Sud, en Hongrie, en Italie, en Espagne… C’est un projet qui a démarré en 2009, juste après la sortie de Métro 2034. Le but est de permettre aux lecteurs et aux fans d’explorer l’univers de Métro 2033 et d’avoir leur mot à dire dans cette saga.
 
Ça a fonctionné admirablement bien. Parmi ces 76 livres, on a des œuvres qui ont été écrites par des débutants (plus d’une moitié), mais aussi des œuvres créés par des étrangers, comme des Italiens, des Polonais… C’est devenu un projet culturel international.
 
Bien sûr, en fonction de la nationalité de l’auteur, il y a des approches qui sont très différentes. Par exemple pour l’auteur italien qui a déjà écrit une trilogie, les thèmes principaux sont les relations entre l’homme et Dieu, sur une terre abandonnée par Dieu. C’est un thème très intéressant. Pour nous qui sommes dans un pays athée, les éléments les plus importants du post-apocalyptique sont la survie, la nostalgie du passée, les opportunités perdues et la reconstruction de la société. Nous ne pensons pas autant aux questions religieuses. Il y a également un roman écrit par un auteur Cubain alors que Fidel Castro était encore en vie. C’est une satire de ce cadavre vivant qu’était Castro. Il décrit une société où personne ne sait si le leader est vraiment vivant ou mort.
 
C’est un projet qui a connu un joli succès, surtout si on le compare aux franchises américaines soutenues par les grands films d’Hollywood. Nous nous n’avions rien de tout cela, nous avions juste l’enthousiasme, deux jeux vidéos qui recrutaient quelques lecteurs et la qualité de l’histoire. J’en suis très content, même si je me suis éloigné de cette série il y a cinq ans. Maintenant, c’est un projet qui a une vie propre.
 

Une adaptation de votre roman Métro 2033 en film est actuellement en cours de production. Pouvez-vous nous en parler ?

Pour l’instant nous travaillons avec deux personnes. Le premier est Michael De Luca, le producteur de Sin City, Cinquante Nuances de Grey et The Social network. Le second s’appelle Stephen L’Heureux, avec un nom de famille parfaitement français, bien qu’il soit Irlandais. Les deux sont en train de créer un scénario. Maintenant reste à voir si le projet va aboutir. Je suis devenu beaucoup plus calme et moins exigeant. J’ai compris que pour une raison que j’ignore, le cinéma et moi, ça ne marche pas très bien. J’avais de nombreux adaptations de mes livres au cinéma qui avaient attiré l’intérêt des réalisateurs et des producteurs, mais à chaque fois quelque chose ne se passait pas comme prévu et mettait fin aux projets.
 
Je suis donc maintenant un peu plus cool et j’ai décidé de me concentrer sur mes prochains livres, parce que c’est beaucoup moins frustrant. Tu sais que tout dépend de toi et que tu y consacres assez de temps, d’efforts et de talent, alors ça va fonctionner. Les films et la télévision dépendent beaucoup de gens qui n’ont rien à voir dans l’histoire, qui n’y comprennent rien, et qui ne s’y intéressent pas… C’est comme une loterie et je suis un peu fatigué de jouer à ce Loto.

 

Prévoyez-vous de passer en France prochainement ? Pour une séance de dédicaces par exemple.

Oui, je dois me rendre à Paris pour le salon du livre, j’y serai du 24 mars au 26 mars. Il va y avoir des dédicaces chez L’Atalante et le Livre de poche qui vient de republier mon premier roman Métro 2033 en français en format poche. Je suis invité par ces deux maisons d’éditions pour des dédicaces.

Quels sont vos prochains projets ? Pensez-vous un jour écrire une suite à la trilogie Métro ou un spin-off ?

Je pense que j’en ai terminé avec l’univers de Métro. Ça fait déjà vingt ans que je suis bloqué dans les souterrains et j’ai besoin de voir un peu le soleil. (rires)
 
Je suis en train d’écrire un nouveau roman, qui ne sera pas un polar mais plutôt un roman dramatique et avec des touches de polar. Il devrait sortir en russie fin mai début juin. Nous allons voir prochainement pour sa traduction française.

Léopold Mathieu - ActuSF

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Glukhovsky - Métro 2035 - Sud-Ouest Dimanche
Posté 04 avril 2017 -

Le chaos rampant, du côté russe. Après la der des ders, l’humanité décimée s’est réfugiée dans les métros. La surface est la proie d’horreurs mutantes. Un jeune Stalker - souvenirs de Tarkovsky - s’aventure au dehors et va de rencontre en rencontre. Le must du post-apo nous vient de l’Est, une saga déjà traduite en vingt langues et adaptées en jeu vidéo. Métro 2033 et 2034 ressortant au même moment en Livre de poche.

F. R. - Sud-Ouest Dimanche

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Glukhovsky - Metro 2033 - Albdoblog
Posté 09 décembre 2017 -

Pas de surprise en ce qui concerne la date : en 2033, un hiver nucléaire dans la plus pure « tradition » s’est abattu sur Moscou et sur le reste du monde. Les survivants sont repliés dans les tunnels souterrains parcourant le sous-sol de la capitale russe, tentant de maintenir un semblant de civilisation et de dignité, de contenir la bestialité inhérente à la nature humaine.

Car une des forces du roman réside en la capacité de Glukhovsky à brosser une dystopie qui n’abuse pas des clichés et des facilités (ou du moins ne sont-elles pas nombreuses). Ainsi, ne découvrons-nous pas de groupes parfaitement adaptés à la situation, des clans remarquablement organisés ou au contraire des retours à des bandes sauvages ou barbares. L’auteur nous présentent des hommes et femmes aux comportements cohérents dans une situation aussi tendue. Alors, effectivement, plusieurs organisations politiques et/ou économiques (la Hanse, les communistes, le IV° Reich,…), ou groupuscules religieux peuplent le métro, le hantent parfois,  chacun essayant de survivre du mieux possible et de reproduire un semblant de vie ordinaire. L’homme a tant besoin de routine et de repères. Et c’est bien cela que nous retrouvons au milieu de cette pagaille. Certes, l’individu s’adapte, peut palier à certains manques et manquements, tout surmonter ou presque mais cette faculté n’est pas exacte pour la collectivité humaine.

Le lecteur est amené à rencontrer des modes de vie disparates et les diverses béquilles sociales mises en place d’une station de métro à l’autre en compagnie d’Artyom. Celui-ci, « originaire » de la station VDNk se voit confier une mission d’une importance capitale. Hunter est venu enquêter sur les problèmes rencontrés sur place. La pression des « Noirs » (je préfère la dénomination du jeu éponyme : les sombres) s’accentue et devient insoutenable pour les hommes chargés de la protection de la station, à tel point que le point de rupture est proche… et si elle tombe, le métro dans sa globalité est en danger.

Avant de partir à la surface, Hunter confie à Artyom un message à porter à Polis, pour les alerter sur la menace qui pèse sur tous – s’il ne revenait pas d’ici 48 heures.  Bien entendu, le bonhomme disparaît activant d’office la mission du jeune homme.

Aussi, Artyom s’élance-t-il dans un périple à travers les tunnels souterrains, découvrant les divers régimes politiques établis dans les stations, les croyances nouvelles ou adaptées, des hurluberlus surprenants, des bandes peu recommandables, des illuminés… bref, tout un panel de personnages haut en couleurs, tel que Khan se prétendant doté d’un don de divination, mais aussi Melnik, un colonel des forces spéciales du métro.

Le danger provient des hommes – et de leurs convictions – comme bien souvent dans les dystopies, mais également de phénomènes plus étranges.

La surface est sans doute le pire des lieux pour l’être humain. Les radiations y sont encore intenses, se protéger s’avère une obligation indispensable. La nature ayant horreur du vide, une évolution des espèces non darwinienne a eu lieu. Des « ptérodactyles » sont maîtres des airs, des humanoïdes traînent aux coins des immeubles et des bibliothécaires n’attendent qu’un faux pas pour de régaler de vos entrailles.

Parmi toute cette faune, les Noirs sont une préoccupation de premier ordre. Humanoïdes, eux aussi, ils sont vifs, organisés, résistants, déterminés… à quoi ? Cela reste un mystère qu’il s’agit d’éclaircir avec ce présent tome.

Question personnages, nous sommes servis par un casting fourni. Artyom est aux premières loges, personnage central à plusieurs titres de cette aventure. Si initialement, il subit quelque peu les événements, il gagne assez rapidement en maturité et en esprit d’initiative. Son évolution au long du récit procure une progression bienvenue et surtout positive dans cet univers sombre.

Au rang des personnages secondaires, j’ai cité Khan et Melnik. Deux hommes au tempérament imposant, très différent l’un de l’autre. Le premier semble doté d’un don de double vue, pressentant les dangers, poussant Artyom dans la bonne voie; d’un tempérament philosophe, il va donner le premier gros coup de pouce à l’évolution du jeune homme. Melnik est plus classique dans ce genre de récit en tant que vieux baroudeur plein de ressources.

Les autres protagonistes rencontrés – ils sont finalement plutôt nombreux dans cette situation fin de monde – possèdent des traits distinctifs, suffisamment esquissés pour être différents les uns des autres, mais ils ne font que passer. Ce serait un petit bémol car domine une sensation de zapping; Artyom doit rejoindre Polis à tout prix et ne fait donc que les croiser.

Tant que nous y sommes, abordons les points sur lesquels j’ai quelques réserves. Notamment au sujet de ces rencontres qui s’avèrent capitales systématiquement, soit pour sortir Artyom d’un mauvais pas, soit pour contrarier sa mission. Certes pour que le récit soit intéressant, il faut bien que notre jeune russe ait de l’adversité et un peu de chance pour parvenir au bout. Mais, j’aurai apprécié un timing un peu moins performant (je pense notamment à une fusillade alors qu’il déjeune paisiblement, et la rencontre qui en découle avec le papi qu’il sauve). Dernière petite chose, le procédé adopté par Glukhovsky pour glisser les informations, et les petites ficelles narratives sont perfectibles.

En revanche, l’ambiance est remarquable. J’ai joué à Metro 2033 (et Redux) et j’ai adoré pour ce côté immersif exceptionnel. Je l’ai retrouvé dans le roman à tel point que j’ai traversé les différentes lignes aux côtés d’Artyom, sursauté au moindre bruit, frissonné lorsque les poils de ma nuque se hérissaient,…

Je tiens à remercier vivement Le Chien Critique qui m’a convaincue de lire ce roman, j’ai passé un excellent moment.

Métro 2033 est un roman post-apocalyptique très immersif qui combine tension, aventure et mystère aux côté d’un personnage attachant. Les diverses micro-sociétés rencontrées chemin faisant enrichissent le parcours de station en station permettant d’inclure un background pertinent, propice à la réflexion.

Ce livre est pour vous si :

  • si souhaitez aimer les dystopies
  • si vous aimez les romans sombres
  • si vous n’êtes pas contre un peu de réflexion

Je vous le déconseille si :

  • vous avez peur du noir
  • vous êtes nazi
  • vous craignez de ne plus pouvoir prendre votre métro demain

 - Lutin82, le 08/12/17.

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Glukhovsky - Sumerki - Le Chien Critique
Posté 09 décembre 2017 -
Un traducteur, Dmitry Alexeievitch, reçoit un vieux manuscrit contant l'expédition dans les forets inexplorés du Yucatán au XVIe siècle, par le prêtre franciscain Diego de Landa.
Nous alternons entre la traduction de ce texte et la vie de Dmitry, la réalité semblant se distordre de plus en plus entre les lieux et époques.

Ici pas de manoirs hantés, pas de musique inquiétante. Dans un monde actuel, l'étrange fait son apparition petit à petit : un pronom qui change, de « son » à « mon »; un vendeur de livres sous le manteau ; un sommeil qui ne vient pas ; un possible complot ; une fièvre impromptue, …

Le narrateur est identique à certains lecteurs devant un bon livre, il ne désire que poursuivre sa traduction pour connaitre le fin mot de l'histoire. Ce travail lui étant donné par chapitre par chapitre, il est obligé de réfléchir à ce qu'il vient de lire, sur ce qui va advenir. Puis lorsque la lecture est de nouveau possible, il s'y replonge entièrement, oubliant le monde autour de lui, dormant qu'en ultime recours d'un sommeil agité entrecoupé de rêves issus du récit lu.

Il y a dans Sumerki l'influence d'un autre écrivain russe que j'avais décelé dans Metro 2033 : comme chez Doistoievski (Crimes et châtiments si mes souvenirs sont bons), le narrateur tombe dans une fièvre lorsque les événements dépassent son entendement. de même pour les descriptions sur l'état mental du narrateur.

Enième variation sur le calendrier maya et son dévoilement de la date de l'apocalypse, Sumerki y apporte une réflexion intelligente et savante, mais ce roman est surtout une critique de la Russie contemporaine ; de l'insécurité – dans tous les sens du terme – de Moscou, où les dirigeants n'hésitent pas à se servir de l'Histoire, de la religion, pour flatter les plus bas instincts de leurs élus ; de la conversion du communisme au capitalisme ; de la majorité du peuple qui préfère rester sourd au « cri » des opposants aux régimes ; des experts médiatiques qui discourent sur des platitudes (le livre de Kümmerling)
Allégorie de la Russie, mais aussi de nos sociétés où l'Histoire ne sert plus à éviter les erreurs du passé.

Beaucoup de critiques sur les longueurs et lenteurs de l'ouvrage, je ne les ai pas ressenti, à part dans les 2/3 du livre.

Après avoir lu Futu.Re, Métro 2033 et sa suite, et enfin Sumerki, il ne fait plus de doute que Dmitry Glukhovsky est un auteur ayant un regard désespéré sur nos sociétés et le genre humain. 
Mais, comme le dit Léo Ferré dans La solitude : « le désespoir est une forme supérieure de la critique. Pour le moment, nous l'appellerons bonheur »

Sumerky, crépuscule en russe, est un roman monde, d'une ambition, d'une intelligence, d'une subtilité, d'une critique acerbe et fine assez rare pour y plonger avidement.
A l'instar d'un China Mieville, ses livres demandent de l'effort à ses lecteurs, mais la récompense est belle et engagée.

A vos libraires !

- Le Chien Critique, le 11/05/16. 

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Glukhovsky - Metro 2033 - Le Chien Critique
Posté 09 décembre 2017 -
Début du 21ème siècle, l'holocauste nucléaire tant redouté a eu lieu. Les usagers du métro de Moscou sont sains et saufs. Commencent pour eux une vie souterraine, les stations se divisent en communautés idéologiques et/ou politiques.
Artyom, adolescent n'ayant jamais sorti de sa station VDNKh, après une promesse à un stalker, doit rejoindre Polis, coeur du métro, pour les informer de l'invasion de mutants. Débute pour lui un long et dangereux périple.

J'ai lu ce livre après avoir lu le bon Futu.Re. Lors de la sortie de Métro 2033, les critiques étaient enthousiastes, mais je pensais me retrouver face à un bouquin d'action survitaminé. Tel n'est pas le cas.


Le livre de Dmitry Glukhovsky m'a fait penser au Candide de Voltaire, et à L'idiot de Fiodor Dostoïevski : nous suivons un personnage au sortir de l'adolescence, un peu naïf, d'autant plus de son autarcie dans sa station, ne connaissant le métro que par les rumeurs plus ou moins vraies. Son parcours va le faire réfléchir à sa condition, à celle de l'homme et à son rapport au monde. Un vrai livre de science fiction, qui interroge le rapport à l'Autre.

Le métro est un condensé de notre monde, nous y retrouvons les différentes sociétés qui le composent. le bloc communiste, les théocraties, les démocrates, les néo nazis, les anarchistes…
Les relations géopolitiques, toujours incertaines, les frontières. 
Ce roman interroge l'idéologie. Qui détient la Vérité ?
Une lecture assez ardue, demandant réflexion et de se mettre à la place du narrateur.
L'écriture (et la traduction) est pleine de style et fluide.

Beaucoup de critiques sur la place de la femme qui est inexistante. C'est vrai. Je pense que cela est dû au fait que nous sommes dans un monde post apocalyptique, les rôles sociaux se polarisent, avec un retour au foyer, au travail de la femme, les hommes aux militaires. L'édition bien pensante aurait ajouté un ou deux personnages féminins forts, mais je pense que cela aurait nuit au but de l'auteur : nous montrer la société telle quelle est. Mais cela aurait pu être expliqué dans le récit.

Côté négatif, à trop vouloir brasser les genres (post apocalyptique, fantastique, essai, action, récit initiatique), des ruptures se font dans le récit. Premier roman traduit de l'auteur, donc certaines erreurs de jeunesse, regrettables du fait de l'intelligence de l'ensemble. Mais une vraie réussite par rapport à la production de nombres romans jetables.

A vos libraires.
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Glukhovsky - Futu.re - Le Chien Critique
Posté 09 décembre 2017 -
L'action de FUTU.RE se déroule dans un avenir lointain où l'humanité a su manipuler son génome pour stopper le processus de vieillissement et jouir d'une forme d'immortalité.

L'Europe, devenue une gigapole hérissée de gratte-ciel où s'entasse une population qui avoisine le trillion de personnes, fait figure d'utopie car la vie y est sacrée et la politique de contrôle démographique raisonnée.

La loi du Choix prône que tout couple qui souhaite procréer doit déclarer la grossesse à l'État et désigner le parent qui recevra l'injection d'un accélérateur métabolique destiné à provoquer son décès à plus ou moins brève échéance. 
Une mort pour une vie, c'est le prix de l'État providence européen.
La Phalange, entité paramilitaire à l'existence et aux méthodes controversées, veille au strict respect de la loi.

Dans un futur lointain, le monde est surpeuplé, dû au fait que la science a réussi à stopper le vieillissement. Afin d'éviter d'empirer la situation, le gouvernement européen applique La loi du Choix : tout couple qui souhaite procréer doit déclarer la grossesse à l'État et désigner le parent qui recevra l'injection d'un accélérateur métabolique destiné à provoquer son décès à plus ou moins brève échéance. 
Le service de la Phalange est chargé de veiller à la bonne application de la Loi. Les contrevenants s'expose à l'injection et l'envoie de sa progéniture en internat. Les membres de la Phalange sont Les Immortels. le narrateur est Matricule 717, raciste, homophobe et gérontophobe, comme la majeure partie des européens.

Futu.Re est un roman sans concessions, brut, âpre sur l'individualisme de nos sociétés. 
J'avais peur en attaquant ce roman d'y trouver un film d'action violent, tel n'est pas le cas. Ici, la violence n'est pas dans les « bastons », mais dans les représentations que nous avons de l'autre, de notre égoïsme, des politiques de connivence… Ici, la dialectique est reine.

Sobrement intitulé « Roman utopique », nous voyons ce que produire une société utopique qui ne soucie que de son propre bonheur.
La traduction, en outre, est excellente
Un site http://www.futu.re/#fr permet de retrouver l'univers du roman par le biais d'illustrations. Vous pourrez également y lire les premiers chapitres.
 
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Glukhovsky - Nouvelles de la Mère Patrie - Bifrost n°90
Posté 07 mai 2018 -

Les seize nouvelles du recueil composent le portrait acide, cynique et railleurs de la Russie d'aujourd'hui, celle de Poutine et d'une oligarchie corrompue, qui épingle politiques, journalistes, hommes d'affaires, mais aussi les naïfs et les timorés, alcooliques, ou rêveurs intègres, victimes consentantes d'un système oppressant. Ici, n°1 change parfois de place avec n°2 pour conserver le pouvoir, l'animateur de télévision en baisse de popularité propose une émission où les hommes politiques s'affrontent physiquement dans une arène de boue (le nom de Nemstov, opposant assassiné en plein jour dans la rue, n'est pas changé), les informations s'ingénient à ne diffuser que les bonnes nouvelles, tandis que la corruption règne à tous les niveaux, faisant des immigrés la matière première d'un trafic bien plus lucratif que le travail au noir. L'honnêteté devient une entreprise risquée pour l'enquêteur trop scrupuleux.

La charge est féroce : c'est par l'absurde que Glukhovsky dénonce les aberrations économiques de son pays, imaginant que les montgolfières poussés par le vent récupèrent l'argent qui se condense sur ses parois ; à ceux qui s'inquiètent d'une éventuelle chute du vent, les politiques prétendent la chose impossible : "Depuis la fondation même de l'État russe, on a toujours fabriqué l'argent à partir du vent !"

La Mère Patrie du recueil est ici un concept destiné à fédérer une nation autour d'un sentiment patriotique, qu'un publicitaire est chargé de réactiver. Partie est justement le nom de l'ouvrière qui découpe dans les magazines les portraits de son chanteur de boys band préféré, chacun représentant un type masculin : " Voilà longtemps que les producteurs américains ont réduit l'âme féminine à un algorithme". Sauf qu'en Russie, les filles de t'atelier sont toutes amoureuses de la même effigie, celle du Leader dont le portrait s'affiche partout.

Le grotesque et le dérisoire dominent largement, quand, voulant faire disparaître les preuves d'alcool et de sexe à bord de la station spatiale, les occupants provoquent une catastrophe planétaire, ou lorsque le journaliste rêvant de scoop se voit empêché de diffuser en direct une visite extraterrestre en raison de la prééminence des discours politiques.

Le fantastique et la science-fiction sont déclinés sur le ton de la fable : le pays a passé contrat avec l'Enfer, le politique et le clergé sont des extraterrestres prêts à fuir sur un autre monde à asservir en cas de problème, les gens procèdent à des implants intellectuels, prétexte à un humour vache, avec le package "Blonde intellectuelle" ou l'implant, pour les hommes, d'un cerveau en silicone. Souvent, les mesures adoptées se retournent contre leur concepteur, surtout quand la vodka, l'essence de la Russie et même objet de foi, est frelatée aux nanobots.

Si la parole s'est libérée dans l'ex-Union Sociétique, les problèmes demeurent et Glukhovsky, ancien journaliste, reconverti comme on sait dans l'écriture avec succès (Métro 2033 et ses suites Sumerki, Futu.re), sort la grosse artillerie et ne mâche pas ses mots. Au final, tout le monde en prend pour son grade. Les idées sont parfois simplistes et les récits ne s'embarassent pas de subtilités, l'intrigue est menée au bulldozer, mais ces facilités sont compensées par un sens de la formule et de l'image choc qui font mouche. Dans le registre de la satire, un recueil plutôt réjouissant.

Claude Ecken - Bifrost n°90

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Glukhovsky - Nouvelles de la Mère Patrie - ScifiUniverse
Posté 20 avril 2018 -
Petite visite de Russie façon Metro 2033 !
 
Quand l'auteur de Metro 2033, la claque de la science-fiction russe sort un recueil de nouvelles, on ne peut que se pencher dessus. La Russie nous a toujours interpellée : monde dur, froid, avec l'image du goulag, absurde avec l'image de son administration, corrompue avec ces régimes successifs et ses chefs persistants, envoûtante et majestueuse avec son époque glorieuse des tsars et de leur conseillers douteux... Dmitry Glukhovsky dépeint à travers ses nouvelles la Russie d'aujourd'hui en narrant des histoires fantastiques, d'anticipation ou de science fiction. Journaliste engagé, il pratique un style incisif et sans concession.

Le recueil contient 16 nouvelles aux thèmes variés, de la conquête de l'espace dans un futur proche, à l'arrivée d'extraterrestres à Moscou. Je ne résumerai pas toutes les nouvelles mais seulement celles que j'ai préférées.

Dans From Hell, qui ouvre le livre et qui est pour moi la meilleure, un professeur en géologie revient d'une expédition qui a mal tournée : membres tués par des créatures étranges, gouffre profond sans sin, aurait-il trouvé la bouche de l'enfer ? Et si ce n'était pas le pire de cette histoire ? A son retour, alors qu'il a à peine survécu, il comprend que le gouvernement veut étouffer sa découverte mais pas pour les raisons qu'ils soupçonnent. Cette nouvelle est digne d'un scénario de L'Appel de Cthulhu.

Tout a un prix aborde le trafic clandestin d'organes et le meurtre dans toute son ignominie. Ce n'est pas sans rappeler le film Repo Men, sans être abordé sous le même angle. Tout commence par un accident de chantier où des ouvriers clandestins se tuent à la tâche...

Prothèse rappelle que le projet d'avoir des augmentations n'est pas loin. Première étape du transhumanisme, elles créeront des surhumains. Pour le moment, dans notre nouvelle, elles remplacent la chirurgie esthétique, c'est le prochain niveau d'ajout pour séduire, directement au niveau cérébral.

Panspermie nous fait rencontrer une équipe d'astronautes de toutes nationalités et leurs débats sur les origines de la vie et sa diffusion, jusqu'à qu'ils y contribuent.

Enfin, Avant l'accalmie, présente un nouveau genre de téléréalité à la Running man, du combat de politiciens, du combat à mort ! La violence, le trash, tout est bon pour l'audience !

Ces cinq nouvelles ne sont qu'un quart des histoires russes que vous trouverez dans le recueil.

Ce recueil de nouvelles est un petit bijou pour ceux qui aiment l'anticipation et la Russie avec ces travers et sa culture : après la série des Metro 2033, Dmitry Glukhovsky écrit autour de thèmes de société noirs et dérangeants comme le trafic d'organes, le transhumanisme et ses limites ou la téléréalité, toujours avec un décalage futuriste ou bien surnaturel. Son écriture est incisive, on dévore le recueil tout en s'immergeant dans la culture soviétique et post soviétique. 
 
Nathalie Z. ScifiUniverse   
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Offre numérique : La Flotte perdue à 4,99e
Posté 07 mai 2018 -

À l’occasion de la sortie d’Avant-garde, préquelle de La Flotte perdue, nous en profitons pour mettre un coup de projecteur sur la série principale de Jack Campbell ! Les six tomes de La Flotte perdue sont à découvrir en numérique à prix réduit.

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La série de Marie Brennan sélectionnée pour le Prix Hugo
Posté 17 avril 2018 -

Les Mémoires de lady Trent, pentalogie fantasy consacrée à l'étude des dragons de Marie Brennan, dans la sélection pour le Prix Hugo de la meilleure série ! Nous en profitons pour vous annoncer que le quatrième tome, Le Labyrinthe des gardiens, arrivera en mai chez vos libraires.

Découvrir toute la sélection

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Un hors-série du Point Pop illustré par John Howe
Posté 12 avril 2018 -
Partez avec Le Point Pop sur les traces de Tolkien dans un numéro collector illustré par le célèbre John Howe !
Son ouvrage : Sur les terres de Tolkien, publié aux éditions L'Atalante, vous offre un panorama en images de son œuvre consacrée à Tolkien.

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Où sont les extraterrestres ? dans Sphères d’Influence, bien sûr !
Posté 12 avril 2018 -

Vous avez eu la chance de découvrir où étaient passées toutes ces civilisations extraterrestres qui sillonnent l’univers depuis bien longtemps. Celles que nous désespérons de ne jamais trouver. C’était dans Grand Central Arena, une sorte de modèle réduit de l’univers tout entier ! Quant à ceux qui n’ont pas encore lu le roman de Ryk E. Spoor, ne continuez pas la lecture de cet article avant de vous l’être procuré. Ça sent la divulgation… je vous aurais prévenus.

Lire la suite sur le blog

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Manuscrits
Posté 01 février 2018 -

La session de janvier de réception des manuscrits est close. Avec 885 titres reçus, nous avons du pain sur la planche ! C’est pourquoi, si vous souhaitez nous envoyer votre texte, nous vous prions d’attendre que nous ouvrions une nouvelle session – nous l’espérons courant 2018. Cela dépendra du temps que nous prendront le grand nombre de textes reçus. Suivez-nous sur les réseaux sociaux au fil des mois pour plus d’informations.

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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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