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Becky Chambers


Becky Chambers

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Chambers - L'espace d'un an - Cuneipage
Posté 09 septembre 2016 -
Bienvenue dans un futur où l’homme n’a survécu qu’en quittant la planète Terre, après l’avoir rendue invivable. Les humains ne doivent leur survie qu’à la rencontre d’Aliens bienveillants, qui sont même allés jusqu’à reconnaître leurs droits de participation à l’UG (leurs nations unies). Justement, une espèce avec qui il était jusqu’à présent impossible de communiquer vient d’entrer en négociation, et le Voyageur est embauché pour creuser un tunnel permettant un accès rapide à leur planète. Le Voyageur est un vaisseau (un tunnelier, donc) plutôt moche, assez petit, dénué de grandes ambitions. Mais à son bord…
A son bord c’est un petit peu La petite maison dans la prairie et ça fonctionne tout autant ! On se prend d’une réelle affection pour cet équipage hétéroclite, constitué d’Aliens diverses et d’humains de plusieurs sortes (naître et vivre sur une planète ou en vaisseau par exemple rend les gens bien différents – mais ce n’est pas tout), sans oublier l’IA – personnage essentiel s’il en est.
C’est bourré de bons sentiments et l’on sait bien que ça ne fait pas de bonne littérature, et pourtant quel plaisir de suivre ces non-aventures (tout est basé sur les rapports entre les « gens » et, partant, sur les différents modes de comportements possibles). Il y a tous les éléments de la SF classique (des peuples très exotiques, des mentalités étranges, de la technologie, des guerres etc.) et pourtant on se sent chez soi, tout est limpide, familier, confortable.
Une suite paraît bientôt en vo, j’ai hâte.
 
Cuné - Cuneipage
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Chambers - L'espace d'un an - actusf
Posté 30 septembre 2016 -
Encore un auteur à découvrir grâce aux Editions de l’Atalante : Becky Chambers, avec "L’Espace d’un an", nous fait découvrir la vie quotidienne d’un équipage de vaisseau spatial. Certes, le "Voyageur" n’est pas n’importe quel vaisseau, il s’agit d’un tunnelier qui creuse des trous de ver dans l’espace à la commande pour faciliter les voyages interstellaires. Et son équipage n’est pas non plus n’importe lequel : il est particulièrement bigarré, entre son capitaine, Ashby, un brave type issu de la flotte de l’Exode, celle qui a abandonné le système solaire et a été sauvée par les Aéluons, compétent et compréhensif, son pilote, Sissix, une Aandriske ressemblant à un petit dinosaure affectueux avec écailles et plumes, Artis Corbin, Caucasien pure souche né sur Encelade, roi des "enfoirés" et alguiste hors pair, le docteur et grand cuisinier Miam (son nom véritable est imprononçable), l’un des derniers de son espèce, Ohan, la paire sianate qui est seule capable, grâce à son virus, de faire les calculs nécessaires lorsqu’on est en train de creuser un trou de ver dans l’infrastrate, Kizzy, humaine extravertie et technicienne de génie, et son copain Jenks, un nain qui vit une histoire d’amour passionnée avec Lovelace, l’IA du bord. Va embarquer Rosemary, une jeune humaine de Mars qui fuit sa famille et s’est fait engager sur la base de références et de qualifications fausses. Avec elle, nous allons découvrir la vie à bord, les qualités et les défauts de chacun, mais aussi différentes planètes de la galaxie, la politique galactique, les différentes espèces et leurs rivalités, les enjeux économiques et les egos qui transcendent les espèces. Tout le roman de Becky Chambers est consacré à la différence apparente : l’autre n’est pas pareil donc il est inférieur, peu importe ses qualités intrinsèques ; cela vaut au niveau des individus comme à celui des espèces d’où le racisme ordinaire. Mais Rosemary, de par son éducation, va introduire dans le vaisseau (et par ricochet dans le jeu galactique) une composante nouvelle : la compréhension, l’intérêt pour l’autre et sa culture, ses motivations et ses sentiments. Et lorsqu’on se met à comprendre son interlocuteur, les problèmes peuvent se résoudre beaucoup plus facilement. Avec ses personnages plus ou moins sympathiques mais pour qui l’on ressent toujours une certaine empathie, son équipage dont Rosemary découvrira petit à petit qu’ils ont tous autant de squelettes dans les placards qu’elle, ses planètes aux cultures et aux sociétés parfois très étrangères - avec des descriptions dignes de Jack Vance, en particulier pour les plats et les boissons... -, sa politique galactique intrinsèquement jouée d’avance, ce roman foncièrement optimiste est un hymne à l’ouverture d’esprit, à l’intérêt pour son interlocuteur, au bon sens, à la bonne volonté et à l’intelligence, tout en évitant soigneusement l’écueil des bons sentiments dégoulinants à l’eau de rose. C’est un roman volontariste, plein d’humour - le passage sur l’horreur causée par le fait que Rosemary a mangé de la viande des mammifères élevés dans les ranchs de Mars au lieu de se contenter d’insectes comme tout le monde, vaut son pesant de grillons -, l’un de ces beaux romans de SF que l’on referme en s’étant non seulement bien évadé pendant quelques heures mais aussi en se sentant mieux, en ayant une foi renouvelée dans les capacités de l’humanité.
 
Jean-Luc Rivera - Actusf
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Chambers - L'espace d'un an - Le dévoreur de livres
Posté 14 octobre 2016 -
Il ne faut guère plus que l’espace de deux soirées pour achever cette petite merveille de la science-fiction, écrite sous la plume délicate et merveilleuse de Becky Chambers. L’espace d’un an, en tout cas ses thématiques, n’offre que peu d’originalité en lui-même. Son originalité réside dans son approche du récit, en plus de ses thématiques.

Je me contredis ?

Certes, j’ai bien parlé de thématiques pas forcément originales dans le domaine de la science-fiction. Il n’empêche, c’est assez magistral d’aborder autant de thèmes différents sans pour autant que cela ne paraisse superficiel dans son traitement. En cause, des chapitres ressemblant presque à des nouvelles à part entière. J’ai compté vingt-trois chapitres, comptez y le nombre de récits dans le récit.

Je grossis un tantinet le trait en parlant de chapitres-nouvelles, car il y a bien un dénominateur commun : le Voyageur et son équipage hétéroclite. Bien loin d’une bande de pirate de l’espace, on a affaire à un tunnelier, appareil qui trace les routes de l’espace dans l’infrastrate. Suite à l’arrivée d’une petite nouvelle, on va suivre ses occupants le temps d’une mission longue d’un an ainsi que les évolutions de leur quotidien et de leurs relations. L’espace d’un an n’aurait pas de raison d’être sans ses protagonistes et le cadre dans lequel ils vivent.

Ne vous attendez pas à tout un foutras d’actions et de rebondissements what the fuck, ce n’est pas du tout l’optique du livre qui nous offre ici un texte croisant space opera et tranche de vie. Et si cela fonctionne si bien, il faut en remercier l’auteure qui fait preuve d’une grande finesse à l’aide d’une écriture extrêmement agréable, d’une empathie forte, de traits d’esprit bien dosés et de personnages passionnants et incroyablement vrais.

Becky Chambers nous présente ainsi une sorte de roman sauce feel good, bien que tout ne sois pas rose. Mais au final, que la vie de soit pas entièrement rose empêche-t-il de s’épanouir ? Un livre riche émotionnellement, rafraichissant, ouvert à la différence. On ressort de cette lecture touché et avec une patate d’enfer.
 
Kissifrott
Le Dévoreur de livres
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Chambers - L'espace d'un an - Mort Sure
Posté 25 janvier 2017 -

Alors qu'il a au début fallut un kickstarter pour que ce livre sorte en auto-publication, il a finalement été repéré et publié chez Hodder avant d'être enfin traduit dans quelques pays dont la France chez L'Atalante. Autant vous dire qu'on est presque passé à côté d'un superbe space-opera où j'ai vraiment trouvé tout ce que j'aimais dans la science-fiction : de longs voyages dans l'espaces, des espèces extra-terrestres nombreuses et variées, et une bonne dose de réflexion autour de thèmes vraiment intéressants.

L'intégration à ce drôle d'équipage pour le moins hétéroclite se fait tout en douceur car le lecteur n'est pas le seul à le découvrir. Il y a en effet un nouveau membre sur le Voyageur : Rosemary, la nouvelle greffière. En découvrant ses nouveaux camarades et leurs habitudes, elle aide le lecteur à se faire lui aussi une place dans l'équipage.

On découvre ainsi petit à petit toute l'étendue de l'imagination de l'auteure, toute la profondeur de l'univers qu'elle a créé. L'équipage n'est pas uniquement constitué d'humains : il y a aussi Sissix, une aandrisk (sorte de vélociraptor aux plumes chatoyantes et dont la conception de la famille est vraiment intéressante), Ohan, un sianat qui vit avec un parasite qui lui confère des pouvoir étranges et pour le moins abstraits et monsieur Miam, un grum (espèce de limace à 6 pattes, l'un des derniers de sa race, mais un super cuistot !) et au fur et à mesure des missions et escales, son univers devient toujours plus riche et on rencontre de nombreuses autres espèces. J'ai adoré découvrir toutes ces cultures si différentes de la nôtre. Elles sont d'ailleurs très souvent confrontées, notamment au sein de l'équipage, et nous font réfléchir, parfois de manière vraiment rigolote.

Et c'est ce qui fait toute la force de ce livre : la relation des différents membres de l'équipage. Rosemary prend petit à petit connaissance de l'histoire de chacun, même la sienne va être découverte alors qu'elle essayait de la cacher, et son destin va en être changé. Elle va vraiment découvrir des personnes en qui elle peut avoir confiance, des personnes différentes et dont elle se sent pourtant si proche. C'est un livre extrêmement humain et beau. Les histoires d'amour, les relations amicales ou fraternelles sont vraiment fortes. Tout cela fait que l'on s'attache énormément aux personnages.

Et toutes ces relations évoluent au fil des missions et des épreuves. Le Voyageur est un gros tunnelier, il creuse des passages pour aller d'un point de l'univers à un autre. C'est un travail laborieux, des missions longues et parfois dangereuses comme celle que l'on va suivre dans le livre. Certains passages vous coupent le souffle, l'équipage se retrouve parfois dans des situations pas possibles ! Mais l'unité au sein de l'équipage les aide toujours à s'en sortir.

C'est un livre qui m'a vraiment transporté. J'ai trouvé la vision du futur de l'auteure vraiment intéressante et la culture des différentes nouvelles espèces qu'elle introduit vraiment passionnante. Elle a parfois inventé jusqu'au langage de certaines espèces ! L'espace d'un an réunit vraiment tout ce que je recherche dans un livre de science-fiction et m'a vraiment fait voyager. J'espère que la suite va être traduit, car cette auteure mérite vraiment d'être lue ! Merci au forum Mort-Sûre et à L'Atalante pour la découverte !

 

 May - Mort Sure

 

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Chambers - L'espace d'un an - L'annexe
Posté 21 février 2017 -
En principe, je ne lis pas de science-fiction. Mais depuis quelques mois, plusieurs de mes amis me vantaient chaleureusement les mérites de ce roman de Becky Chambers: « Tu vas voir, c'est super positif et feel good ». J'avoue: la curiosité a fini par l'emporter. Et je ne le regrette pas, car « L’espace d’un an » est une pépite qui m'a fait tout oublier l'espace de quelques heures.

Ici, il n'est pas question de sauver la galaxie, de s'opposer à un régime totalitaire, de livrer des batailles épiques ou quoi que ce soit d'aussi ébouriffant, mais de la vie quotidienne à bord d'un sympathique vaisseau de bric et de broc à l'équipage cosmopolite. Les humains (le capitaine, la greffière, les deux techniciens et l'ingénieur en carburant) sont considérés comme une race mineure qui est parvenue à rejoindre la confédération galactique par chance plus que par mérite. La pilote appartient à une espèce simili-reptilienne très affectueuse, qui ignore toute notion de pudeur et dont la notion de famille diffère immensément de la nôtre. Le médecin-cuisinier amoureux des plantes est l'un des derniers représentants d'une autre espèce dont les membres se sont entretués quasiment jusqu'à l'extinction. Le navigateur est un étrange symbiote, seul capable de percevoir et de comprendre la sous-couche de l'espace. L'AI a développé une personnalité propre et envisage de se transférer dans un corps.

Leur travail consiste à percer des tunnels pour faciliter les déplacements longue distance. Un jour, on les embauche pour relier au reste de la galaxie le monde d'un clan très belliqueux qui vient juste de rejoindre la confédération. A cause de l'éloignement et de l'isolement de ce dernier, il est prévu que la mission dure environ une année. Et pendant cette année, on observe les interactions de l'équipage ; on découvre petit à petit les secrets de chacun de ses membres; on visite avec eux des mondes étranges et on fait connaissance avec d'autres cultures; on partage leurs problèmes et leurs rencontres bonnes ou mauvaises; on rit de leurs mésaventures, on sourit de leurs amitiés et on s'émeut de leurs amours parfois très particulières. Si la galaxie n'est pas toujours un endroit paisible et si les membres de l'équipage ont aussi leurs frictions, la bienveillance et l'ouverture d'esprit dominent toujours. Par les temps qui courent, ça fait un bien fou.

En lisant ce roman, j'ai eu moi aussi envie d'arpenter les couloirs du Voyageur, de m'asseoir dans son jardin sous bulle transparente, de partager les repas exotiques de l'équipage, de baigner dans l'atmosphère familiale et chaleureuse qui règne à bord. J'ai admiré le talent avec lequel Becky Chambers a su créer des personnages si vivants, si bien caractérisés et si follement attachants que pendant les derniers chapitres, j'avais le coeur qui battait super fort et je retenais mon souffle pour eux. Je les aurais bien suivis l'espace de deux, dix ou même vingt ans de plus.
 
Armalite - L'annexe
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Chambers - L'Espace d'un an - herissonneb.com
Posté 18 août 2017 -

L’Espace d’un An

 

L’Espace d’un An est peu commun. C’est un livre qui allie SF, pacifisme et humour. Un curieux mélange pour un « space-opéra ». Et surtout c’est une histoire finie. Adieu cycles interminables à la Dune ou à la Hain ! Ouste !

Nous suivons l’histoire d’une jeune humaine en fuite, Rosemary, engagée à bord du Voyageur, un vaisseau-tunnelier composé d’un équipage plutôt… hétéroclite.

Au fur et à mesure que les personnages se dévoilent et s’apprivoisent, une multitude de races, coutumes et langues s’offrent à nous sans jamais céder au chaos. La narration est claire et les explications scientifiques, historiques et culturelles cohérentes. Au final la trame principale passe au second plan et l’action n’est plus qu’un prétexte à la découverte et à la tolérance.

Que ça soit entre un technicien de l’équipage et l’intelligence artificielle du vaisseau, ou entre le capitaine et une race d’extraterrestre muette humanoïde, l’Amour ne souffre d’aucunes barrières, d’aucunes limites. Le slogan de ce livre pourrait être Interspecies : love & discover.

Ecrire une histoire se déroulant sur un vaisseau qui creuse des trous de vers dans l’Espace en ouvrant la voie aux autres est vraiment l’idée originale - et conductrice ! - de l’auteure ❤ Mais le discours critique des mœurs guerrières humaines, de la traite des animaux et de la pollution ponctue également le récit, on n’est pas non plus chez les bisounours (quoique les dialogues soient très drôles).

On peut conclure par : c’est un livre qui fait du bien.

Je n’en dis pas plus, et je termine par une petite citation qui, je l’espère, vous donnera envie de fourrer votre nez dans ce petit bijou.

 

- […] « Ça sert à exprimer des idées si simples qu’on ne veut pas gaspiller des mots, ou bien des sentiments trop personnels.
- Trop personnels ?
- Oui, essentiels ou difficiles à formuler. L’amour, la haine, la peur. Tu sais, quand tu as quelque chose d’important à dire à quelqu’un, tu bégaies comme une idiote ou tu te plantes devant ton miroir pour t’entraîner. Les Aandrisks n’ont pas ce problème. Ils laissent les gestes exprimer tout ce qui passe mal. A leurs yeux, les sentiments profonds sont universels au point de pouvoir être définis d’un revers de main, même si les causes de ces sentiments sont uniques. »

 

Manon Tdy

 

 
 
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Chambers - Libration - ActuSF
Posté 18 août 2017 -

À l’occasion de la sortie en français d’un deuxième roman : Libration aux éditions de L’Atalante, Becky Chambers répond à nos questions

 

 

ActuSF : Vous avez un parcours plutôt tourné vers le théâtre (études d’art du spectacle, administratrice de compagnies de théâtre), qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire des romans de science-fiction ? 

Becky Chambers : Les livres et la science ont été mes premiers amours. Ma mère m’a envoyé, il y a peu, une petite autobiographie que j’avais écrite à l’école alors que j’avais 9 ans. Dans cette dernière, j’avais dit vouloir écrire des livres quand je serais grande (bon, j’ai aussi dit que je voulais trois golden retrievers, mais ce n’est pas vraiment le cas…) J’ai toujours écrit, j’ai toujours adoré écrire. A mon sens, la vraie question est plutôt de savoir pourquoi j’ai fait un petit détour par le théâtre. J’ai commencé quand j’étais adolescente, et je trouvais que c’était vraiment enivrant. J’ai pu vivre dans des histoires pendant quelques temps et j’ai rencontré d’autres gens bizarres comme moi. Mais quand j’ai commencé à travailler à un niveau professionnel, j’ai commencé à réaliser que les histoires racontées par le théâtre moderne n’étaient pas les histoires qui m’intéressaient le plus. Après le travail, mes collègues allaient voir d’autres pièces. Moi, je rentrais chez moi regarder Star Trek ou j’allais au musée écouter des présentations scientifiques. Et enfin, j’ai commencé à comprendre ce que cette différence disait sur moi et je me suis dirigée vers une autre voie. Aujourd’hui, j’ai écrit professionnellement presque aussi longtemps que j’ai fait du théâtre. Cela m’a appris beaucoup de choses sur la vie, des choses qui me servent tous les jours. Mais revenir à l’écriture me représente mieux. L’écriture me reconnecte avec ce que je suis réellement.

 

Vos deux romans ont un univers commun, pouvez-vous nous le présenter ?

Mes livres ont pour cadre la Confédération galactique, une gigantesque société multiraciale qui s’est répandue dans toute la Voie lactée. On peut un peu le voir comme une Union Européenne galactique. Tout le monde a son propre territoire et sa propre culture, mais les habitants partagent des lois de base, ils ont mis en place des moyens de voyager et d’échanger facilement, et ils passent la majorité de leur temps à résoudre des différends sans verser le moindre sang. Les humains sont les outsiders de ce futur. La Terre est devenue inhabitable dans sa majorité et nous sommes représentés partout. Nous n’avons pas grand-chose à offrir, mais nous commençons à nous faire notre place dans la CG. Mes livres sont remplis d’espèces extraterrestres, de langues différentes et de sous-cultures, de technologies positives et négatives, et aussi de tonnes de nourritures bizarres. J’aimerais voir certains des lieux que visitent mes personnages. D’autres, je préfèrerais vraiment les éviter. Je n’ai pas peur de montrer le mauvais côté de la galaxie, mais au final, j’aimerais en faire un futur accueillant. J’aimerais en faire un endroit dans lequel les gens ordinaires peuvent s’identifier et se projeter.

 

Libration est-il la suite de L’espace d’un an (qui a été, rappelons-le, nominé au prix Hugo du Meilleur roman) ? Ces romans peuvent-ils être lus indépendamment l’un de l’autre ?

Libration est effectivement la suite de L’espace d’un an, mais on peut lire l’un sans avoir lu l’autre. Au lieu de suivre les personnages principaux du premier livre, il suit l’évolution de deux personnages mineurs. J’ai écrit Libration en pensant que le lecteur lirait les livres dans l’ordre, vous aurez donc plus de contexte sur ces personnages et leurs rôles si vous commencez par L’espace d’un an. Mais des lecteurs qui ont lu Libration d’abord m’ont dit ne pas s’être senti perdus. J’essaie de faire en sorte que le lecteur puisse commencer où il le veut.

 

Vos personnages sont très divers, extraterrestres ou non. Leurs différences vous permettent notamment de soulever des questions sur la tolérance, était-ce un but lors de la conception de ces romans ou cela s’est-il installé naturellement au cours de l’écriture ? 

Je ne suis pas certaine que c’était un but, mais plutôt une évidence. Mes racines sont internationales, pluridirectionnelles et plurilingues. Je suis une petite fille d’immigrants, et femme d’immigrant aussi. Je suis née dans une région multiculturelle de Los Angeles et j’ai été à l’école avec des enfants de milieux et de religions différents. Je suis gay ce qui, je pense, en dit aussi long en ce qui concerne la tolérance. Cette combinaison de faits a notamment eu pour conséquence que ma vie a été majoritairement définie par ces différences entre moi-même et les autres autour de moi, ou les différences au sein de la société, ou de la loi, ou toute autre chose. Je ne pourrais pas écrire une histoire qui ne soit pas liée à mon expérience personnelle. Et je pense que personne ne le peut. Et la différence, c’est aussi l’adversité et parfois le danger. Mais c’est aussi la beauté. Il y a quelque chose de beau à s’entendre avec quelqu’un dont on ne partage pas la langue. Il y a quelque chose de beau à regarder des enfants se raconter les différentes fêtes familiales qu’ils ont célébrées. Il y a quelque chose de beau à goûter une nouvelle cuisine, à apprendre de nouvelles coutumes, à laisser son cerveau s’habituer à une nouvelle façon de penser. 

Il me paraît évident que la vie dans la galaxie serait aussi variée qu’ici sur Terre, et donc il en découle logiquement que nos cultures seraient toutes aussi variées. Afin de coopérer, nous aurions à trouver un espace de tolérance et de respect. L’alternative serait la guerre, et ce n’est pas le propos ou le but de mon travail.

 

Les critiques soulignent le fait que vos personnages sont particulièrement travaillés, pourquoi avoir choisi de ne pas poursuivre avec eux dans Libration ?

Parce que j’avais raconté l’histoire que je voulais raconter. Je n’avais rien d’autre à raconter à leur sujet, je ne voulais donc pas me forcer juste pour faire un L’espace d’un an 2. Je voulais aussi explorer d’autres aspects de la Confédération galactique. Si je devais ne parler que d’un équipage, je n’aurai qu’un seul type de perspective, et nous le connaissons déjà. Je veux aller plus loin que ça.

 

Avec Poivre dans Libration, comme avec Rosemary dans L’espace d’un an vous mettez en avant le fait que le passé de l’individu ne conditionne pas son avenir. Le refus du déterminisme est-il important pour vous ?

 Quelle question intéressante ! Oui, c’est tout à fait ça. Je porte un très grand intérêt aux sciences autant naturelles que sociales, et les constantes que chaque champ partage ont changées. Les espèces évoluent. Les sociétés évoluent. Il n’y a pas de plus gros mensonge que “ça a toujours été comme ça,” - peu importe le contexte dans lequel vous l’utilisez. Cela s’applique aux individus également. Notre passé est une information, mais celui-ci ne nous dicte pas où nous allons.

 

On parle souvent de science-fiction positive lorsqu’on qualifie vos romans, qu’est-ce que cela signifie ?

Toutes les histoires sont le reflet de l’époque à laquelle elles sont écrites, et c’est tellement facile de s’en rendre compte en science-fiction. La science-fiction actuelle se tourne vers des sujets désagréables et sombres, et il y a de bonnes raisons à cela. Nous vivons une époque terrifiante. Notre espèce a enfin compris que nous faisons partie d’un système interconnecté global à peu près au même moment où nous sommes en train de le détruire. Nous nous penchons sur des questions de durabilité, de progrès et d’éthique technologique et nous sommes terrifiés. L’avenir, si vous lisez un tant soit peu les journaux, n’est pas radieux. Nous exprimons donc cette peur au travers de la science-fiction. Les extraterrestres sont des monstres, la technologie est un spectacle d’horreur, et nous allons tous mourir dans un désert à la recherche d’eau. 

Attention, je pense que ces histoires sont très bien. Elles sont un bon moyen d’explorer nos peurs, et pour beaucoup, elles sont très sympas, malgré leur côté austère. Mais je pense que nous avons besoin d’équilibrer le tout. Il nous faut une raison de traverser les temps difficiles qui s’annoncent. La survie en soi n’est pas assez, pas si nous n’avons pas un futur radieux vers lequel tourner nos boussoles. La prudence est importante, tout comme l’espoir. Moi, je vise l’espoir.

 

Allez-vous, dans vos prochains projets, continuer à exploiter cet univers, à explorer ces thématique ?

Pour encore quelques livres, oui. Je vais continuer dans la même veine que Libration – explorer de nouveaux personnages en explorant de nouvelles parties de la galaxie.

 

Avez-vous l’intention de venir prochainement, pour rencontrer vos lecteurs français ?

Oui ! Je serai à Nantes aux Utopiales en novembre. C’est la première fois que j’irai en France j’ai hâte.

 

Traduction des propos : Erwan Devos et Hermine Hémon

 

Emma Battinistini

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Chambers - L'Espace d'un an - Syfantasy
Posté 05 octobre 2017 -

« Les gens dont on se souvient, ce sont ceux qui ont décidé des frontières sur nos cartes. Personne ne se souvient de ceux qui ont construit les routes »

Le Voyageur est une navette spatiale qui a pour fonction de creuser des tunnels dans l’espace. Les membres de ce vaisseau sont engagés pour établir la toute première voie avec une planète dans une partie reculée de la galaxie. Ce long voyage sera l’occasion pour Rosemary, qui vient tout juste de rejoindre l’astronef d’apprendre à connaître l’équipage hétéroclite composé d’humain et d’aliens avec qui elle vivra une année entière.

Depuis le retour de Star Wars puis de Star Trek sur les écrans le space opera retrouve ses ambassadeurs auprès du grand public. La littérature n’a de son côté jamais cessé de proposer d’excellents récits d’aventure spatiale. Avec L’espace d’un an, les éditions l’Atalante démontrent une fois de plus que ce genre possède encore de belles heures devant lui. Becky Chambers, son autrice, convoque dans son roman tous les éléments qui en font toute sa saveur. Ainsi, dans ce livre, il est difficile pour le lecteur de ne pas remarquer les accointances avec les grandes œuvres qui ont jalonné ce pan de la science-fiction. L’écrivaine marche dans le pas de ces glorieux aînés pour construire une histoire passionnante de la première à la dernière page.

Rosemary apprendra au cours de son périple à connaître l’équipage composé d’humains et d’extraterrestres avec qui elle partagera des moments intenses.

Dans les faits, les humains qui peuplent le vaisseau apparaissent de prime abord comme archétypaux. Ils répondent à des schémas de caractère plutôt convenus, comme Ashby, le capitaine, un individu d’une probité proche de celle du Capitaine Jean-Luc Picard dans Star Trek The Next Generation. Rosemary aura, quant à elle, le rôle de la jeune ingénue qui fuit un lourd passé. On trouvera aussi Corbin l’asociale à l’humeur détestable qui servira de vecteur de conflit au sein du groupe. Même si les humains reposent sur des bases classiques, l’autrice prend le temps de les travailler pour leur donner du corps.

L’une des véritables réussites de ce roman, ce sont les races aliens. Becky Chambers construit ses extraterrestres avec brio. Ils ne sont pas que des figurants qui ne sont bons qu’à donner la coloration science-fiction à ce récit. L’écrivaine explore toute leur singularité. Elle leur offre une âme. On retrouve parmi eux des protagonistes poignants comme le Docteur Miam, le dernier représentant de son espèce qui officie à la fois comme cuisinier et médecin de bord ou encore le mystérieux Ohan, l’être double qui est capable de calculer à la volée un chemin entre l’espace et le temps.

Comme dans Firefly de Joss Whedon, la relation entre les personnages est l’élément moteur de l’intrigue. Becky Chambers nous fait croire aux interactions qui se jouent entre eux. Elle consacrera parfois un chapitre à un protagoniste en particulier pour mieux cerner ses problématiques puis passera à un autre au chapitre suivant. Ce découpage assez artificiel permettra au lecteur de comprendre leurs motivations, de savoir quels sont leurs modes de vie et d’appréhender l’individualité de chacun.

L’espace d’un an n’est pas un space opera d’action comme peuvent l’être Star Wars ou Mass Effect. Dans ce roman, pas de gunfight à croupetons derrière des caisses ou de grandes batailles spatiales. Pourtant la guerre et la violence sont bien présentes. En cela, l’autrice montre un monde cohérent plausible qui ne balaie pas sous le tapis les problèmes que pourraient rencontrer les personnages.

Dans une trame, où les relations entre les individus sont le moteur principal de l’intrigue ce qui induit une narration plutôt posée, l’écrivaine arrive à emballer son histoire et à créer des moments de tension très réussis. Au fil des pages, Becky Chambers conduit son récit vers un final qui même s’il paraissait prédictible n’en est pas moins époustouflant.

L’espace d’un an est un excellent roman de science-fiction, sensible, intelligent, haletant. Becky Chambers construit un univers riche porté par des personnages attachants. Si l’autrice ne révolutionne pas le genre, elle en comprend ces codes et les applique avec une grande maitrise. Elle utilise le space opera pour mieux nous parler de liens qui se tissent entre des individus différents. L’espace d’un an est la quintessence même du récit d’aventure spatiale. Il possède enplus cet humanisme qui transpire d’œuvre comme Star Trek, à côté duquel il n’aurait pas à rougir.

David, syfantasy.fr

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Manuscrits
Posté 27 janvier 2017 -
Nous avons, depuis le 1er février, interrompu la réception de manuscrits pendant quelques mois et nous réfléchissons à une nouvelle méthode pour les traiter. Tous les manuscrits déjà reçus avant cette date seront lus. Cependant, n’hésitez pas à préparer vos textes, à les peaufiner, car nous vous signalerons comment les envoyer, et surtout quand.
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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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Honor Harrington
Posté le 11 octobre 2017 par Nynn
Ha ha, je vais peut-être me remettre à fouiller dans le site de DW moi ! A la fois pour Honor et Sanctuaire. Mare d'acheter des tas de "tome 1" pour trouver enfin une vraie série intéressante et [...]