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Fakhouri - La brume des jours - Actu SF
Posté 29 avril 2009 -
"Est-ce là le monde des Fées ?" demanda-t-elle ; Le lutin soupira. "Si seulement tu posais de vraies questions..."

Anne Fakhouri s’intéresse aux mythes, particulièrement ceux de l’époque mythique de Merlin et d’ Arthur. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir son propre imaginaire. Avec Le Clairvoyage, puis La Brume des Jours, elle nous fait partager des histoires inspirées et poétiques.
 
Voyage au pays des fées

Clara, l’héroïne du Clairvoyage, est partie à la recherche de sa tante, au pays des fées. Mais elle s’est perdue dans la brume. Coincée entre les mondes, elle a été recueillie par un couple de vieilles gens sympathiques et excentriques qui traquent les cauchemars. Le temps s’étire et chaque jour répète le précédent.
Pourtant, il lui faut bien reprendre le chemin lorsque les cauchemars envahissent les brumes... Elle doit rechercher son ami tué par un dragon, retrouver les siens et achever des quêtes pour les fées. Dans ce monde à l’envers, où l’on marche sur les nuages, où les morts dansent dans l’ombre et où les sirènes tombent amoureuses, elle devra tracer son chemin, créer son destin si elle veut aller au bout du Clairvoyage et s’accepter.
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Fakhouri - La Brume des jours - L'écran Fantastique
Posté 20 mai 2009 -
La Brume des jours, d'Anne Fakhouri, est la suite de l'envoûtant Clairvoyage, où, entre rêves et cauchemars, la jeune Clara poursuit son exploration initiatique d'un univers très différent du monde rationnel. Un récit lewiscarrollien, la poésie en plus.
 
Jean pierre Andrevon et Claude Ecken, L'écran fantastique, mai 2009
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Fakhouri - La Brume des Jours - Librairie Libellune
Posté 22 avril 2009 -

Le Clairvoyage et La Brume des Jours

Voici un roman que je ne suis pas prête d’oublier. « Le Clairvoyage » est l’histoire d’une petite fille qui découvre peu à peu un monde parallèle, complètement invisible aux « incroyants »(ceux qui ne croient pas aux fées). Dans cet univers, dont la fine frontière qu’il partage avec notre monde est poreuse, cohabitent fées, êtres fabuleux et légendaires. Tout ceci pourrait être parfumé à la rose et rester gentillet, mais détrompez-vous. Le texte d'Anne Fakhouri est un pur conte de fées, riche de symboles et références mythologiques. Au centre de son roman, cette fille, Clara, vient de vivre un grand malheur ; peu à peu face à sa douleur, elle découvrira qu’elle est « réceptive » à un autre monde, étrange et ambigu. Les fées n’y sont pas bienveillantes, l’auteure entretient un malaise permanent face aux êtres que le lecteur rencontre au fil des pages.
Lorsque j’ai fermé le premier volume de cette histoire, je me suis empressée d’ouvrir le deuxième, arrivé tout neuf, fin mars. Dans « La Brume des Jours », la suite, tout se complique. Après l’apprentissage du Clairvoyage, c’est le chemin, un chemin qu’on pourrait qualifier d’initiatique, que mène Clara aux côtés de ses amis. En acceptant une mission périlleuse, elle doit s’enfoncer dans le monde du Petit Peuple, prendre de graves décisions, faire des choix.

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Fakhouri - Le Clairvoyage - ActuSF
Posté 03 décembre 2008 -
"Et toi, la fille aux yeux sans aventure, sais-tu qui arrive en ce soir exquis ?"

Anne Fakhouri est une passionnée de la littérature de l'imaginaire. Elle connaît tout du mythe d'Arthur et des légendes de cette époque. Avec Le Clairvoyage, elle commence à coucher sur le papier toutes les aventures qui lui trottent dans la tête.

Écartelée entre deux mondes

Clara a toujours vécu dans un monde purement scientifique. Chaque chose avait une explication logique, une cause et un effet. Toutefois, lorsque son père et sa mère meurent dans un accident de voiture et qu'elle est confiée à des parents qu'elle ne connaît pas, elle découvre rapidement que l'univers ne se résume pas à la science.
Déjà, être suivie par un corbeau messager est une chose étrange. Mais quand en plus elle croise un chasseur de fées, des fantômes et des tableaux qui bougent, elle ne sait plus qui croire ni où se situe la réalité. Et à la fête de la Saint-Jean, elle est entraînée jusqu'au royaume des fées...
Pourtant, Clara est une fille posée, intelligente et en avance sur son âge. Face au chaos qu'est devenue sa vie, elle sent qu'elle se doit de réagir, de ne pas se laisser berner par les gens qu'elle rencontre. Sauf peut-être si l'Amour s'en mêle ?

Un livre qui vous transporte...

Ouvrir Le Claivoyage, c'est plonger dans un univers tendre et drôle, une féérie qui n'arrête jamais de nous surprendre. À chaque page, l'auteure nous étonne et nous entraîne un peu plus loin dans son imaginaire foisonnant.
Tout peut arriver - et tout arrive - dans cette histoire, mais avec une logique, une fluidité qui rend les choses évidentes, inéluctables. Clara nous prend par la main pour visiter cette ville peuplée de gens à part, différents mais si semblables au fond à tellement de personnes qui nous entourent. Ils semblent fous, mais en réalité ils ont leur propre chemin qu'ils nous invitent à suivre, comme l'héroïne.

Mais plus profond qu'il n'y paraît

Au-delà de la simple écriture fantastique, Anne Fakhouri nous confronte à une foule de peurs, nous force à faire face à des questionnements sérieux et profonds, ceux de l'adolescence et de la mort. Clara a subi une fracture dans sa vie, la perte de ses parents. Le cocon de l'enfance s'est brisé autour d'elle, la laissant exposée sans défense au monde adulte. Et c'est toute cette douleur, cette impuissance qui ressort du texte, comme un appel au secours.
Privés du filtre du foyer familial, les événements, les gens et les lieux deviennent étranges, se transforment. Des monstres et des créatures incroyables surgissent, reflets de l'incompréhension de la jeune fille. Un grenier se transforme en salon de thé pour fantômes, une fête de la Saint-Jean devient un sabbat féérique...

Ce texte est destiné à un public adolescent, capable d'apprécier la justesse de ton et la vision claire de l'auteure. Il ravira tous ceux qui apprécient d'oublier pendant quelques heures leur quotidien en parcourant un monde merveilleux et très bien décrit.
 
Jean Rebillat, ActuSF, 18 novembre 2008 

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Fakhouri - Le Clairvoyage - Librairie Critic
Posté 28 août 2017 -
Une excellente surprise !
Après les sympathiques Le Mystère Olphite et Graal du Gobelin, la collection du Maedre de l'Atalante passe la seconde avec Clairvoyage, un joli petit roman de 250 pages d'Anne Fakhouri. Son premier.
Autant le dire d'emblée, il s'agit aussi du premier roman TOTALEMENT INDISPENSABLE de cette collection !
Illustré par une superbe couverture de Sarah Debove ( cf Thomas Lestrange ), le premier roman d'Anne Fakhouri peut se targuer d'être la bombe de fin d'année en fantasy jeunesse. Un superbe roman qui aurait tout autant pu être écrit par Gaiman ou Clive Barker ( et sa série Abarat ).
Seulement voilà, il est écrit par une jeune auteur française et c'est tant mieux ! Car si on pense à l'univers de ses deux grands auteurs, celui de Fakhouri n'a rien à leur envier par sa richesse, la tendresse que l'auteur porte à ses personnages ou encore sa plume enchanteresse.
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Fakhouri - Le Clairvoyage - Phénix web
Posté 09 juin 2009 -

Clara n’a que 12 ans quand ses parents meurent dans un accident de voiture. Le corbeau lui avait annoncé cette mort mais Clara, au nom du carthésianisme scientifique de son éducation, a négligé les « signes ».
Elle est confiée à son Oncle Antoine, doux illuminé, et sa femme, Bébé, une peintre mystérieuse que Clara met des jours à rencontrer.
Entre le fils d’une des sœurs de Bébé, les deux sœurs de celle-ci et leur esprit fantasque, Clara va découvrir les fantômes de ses ancêtres et le monde des fées, surtout quand celles-ci enlèvent Bébé…
C’est la période si difficile du passage de l’enfance (le rêve, l’espoir) à celle de l’adolescence qui nous est exposée.
D’autant plus cruelle que Clara doit à la fois grandir, perdre certaines illusions et faire le deuil de ses parents. Alors, se réfugie-t-elle dans une forme de vie rêvée ? Parfois, on ne repère pas la limite entre les rêves et la « réalité », si elle existe.
On a envie de protéger cette encore petite fille qui affronte ses peurs (le noir, la solitude, l’inconnu, les fantômes, le passé), vit ses rêves (une famille, un premier amour, un avenir) et confronte le tout aux mondes des adultes qui eux-mêmes sont doubles.
- le monde du scientifique comme celui de ses parents qu’elle ne veut pas renier,
- et celui des fées, qu’elle cherche à apprivoiser, à la fois pour en faire partie mais aussi pour en avoir moins peur. Car les fées ici ne sont pas toutes de bonnes marraines.
Laquelle des Clara va gagner le combat ? On le saura peut-être dans le volume suivant.

Véronique De Laet, Phénix Web, 12 mai 2009

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Fakhouri -Le Clairvoyage - nooSFere
Posté 12 novembre 2008 -
« Tu as des yeux sans fonds, Clara ! Tu as les plus beaux yeux que j'aie jamais vus. Ma marraine appelle ça les 'yeux sans aventures'. Ce sont des yeux très rares. Ce sont des yeux de clairvoyage.
     - Clairvoyance, rectifia Clara malgré elle. Le bon mot est clairvoyance.
     - Clairvoyage... Tu as des yeux prêts à observer les plus belles légendes. » (p.169)

     A la mort de ses parents, la petite Clara se découvre une famille d'excentriques qui évoluent au milieu de fées et de fantômes...

     Inutile de résumer davantage l'étonnant parcours de Clara : vouloir en décrire les étranges rencontres et les insolites péripéties serait un exercice vain, bien incapable de rendre justice à ce merveilleux récit et à l'émotion qu'il suscite. Autant résumer Alice au pays des merveilles par « une petite fille fait un rêve bizarre » plutôt que d'essayer d'en expliquer l'intérêt à quiconque ne connaîtrait pas cette œuvre.
 
     Ajoutons une référence au Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, en raison de certains des protagonistes - la reine Titania, ou Puck, peu joyeux ici puisqu'il apparaît d'abord sous leSi l'on évoque d'emblée le conte cultissime de Lewis Carroll, il ne s'agit pas d'un hasard. Sans que les deux histoires aient de réelles ressemblances, le récit d'Anne Fakhouri réussit comme Alice à maintenir sans chuter le difficile équilibre entre nonsense et raison, entre absurde et logique, entre onirisme et réalisme. Chaque chapitre oscille ainsi entre fantaisie, drame, farce et mystère, sans jamais perdre le lecteur dans cet univers fantasque où Clara sert de guide et de fil conducteur. Rares sont les récits de ce type qui ne basculent pas vers une lourde et ennuyeuse confusion et il faut donc insister sur le talent de l'auteur qui en fait au contraire un conte initiatique lumineux, aussi joli et espiègle que l'illustration de Sarah Debove.
Ajoutons une référence au Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, en raison de certains des protagonistes - la reine Titania, ou Puck, peu joyeux ici puisqu'il apparaît d'abord sous les traits d'un maléfique corbeau - , ainsi qu'en raison de la grâce magique de ce récit malicieux et virevoltant, empreint de poésie.
    
    La saveur de ce Clairvoyage est telle qu'on aimerait en lire à voix haute chaque épisode face à un public enfantin : nul doute qu'on capterait immédiatement leur attention et qu'on susciterait des discussions passionnées, car chacune des aventures de Clara - en vrac la poup ée qui parle, le service à thé qui s'ouvre vers une autre dimension, les tableaux qui réveillent les scènes du passé, la banshie, la sirène... - laisse la voie libre à l'imagination et à diverses interprétations. Cette richesse potentielle et une relative complexité promettent de fécondes relectures, à l'image de l'inépuisable Alice.

     Il faudra attendre un second tome, La Brume des jours, pour connaître le dénouement. Mais d'ores et déjà nous pouvons affirmer tenir là un roman d'exception qui devrait figurer un jour parmi les classiques de la fantasy jeunesse.

Pascal PATOZ, nooSFere, 9 novembre 2008
 
                                                                                      
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Fakhouri - La brume des jours - Elbakin
Posté 29 juin 2009 -
Les cauchemars envahissent les brumes. Pour Clara, il n'est plus question de tergiverser : elle doit continuer sa quête et aller au bout de son Clairvoyage, pour, non seulement retrouver sa tante, mais aussi sauver le monde des fées. Clara a bien grandi depuis l'accident qui a vu la disparition de ses parents.
De fait, le ton de cette suite et fin se veut plus mature, plus sombre. Cette rupture a aussi des répercussions sur l'univers du livre puisque l'on passe, en quelque sorte, de l'autre côté du miroir. En effet, si Clairvoyage se déroulait dans une copie conforme de notre réalité où intervenaient tout de même quelques puissances magiques, La Brume des Jours pose ses valises dans un monde entièrement magique, des racines du bois de la Chasseresse aux nuages aux nuages qui planent au dessus de la Montagne en Soupir en n'oubliant pas les planches craquantes du pont gardé par un troll tout sauf sympathique.
Un monde extraordinaire qui rappelle par bien des côtés celui d'Abarat par la richesse, l'étrangeté et l'humour qui s'en dégage. Cette comparaison, déjà vraie dans le premier tome, l'est encore plus dans le second puisque la quête de Clara et de Candy possède encore bien des similitudes. Ainsi, la quête de Clara voit celle-ci se confronter à d'incroyables créatures dans des lieux non moins étonnants à l'image de cette bibliothèque magique qui vole vos souvenirs.
Pas de temps mort, pas de bavardage inutile, Clara enchaîne les épreuves sur un rythme soutenu. Il est temps pour elle de devenir adulte mais plus encore, de s'accepter. La très belle fin n'adoucit pas l'excellence dont fait preuve ce dyptique : on aime Clairvoyage de la première à la dernière page.
Somme toute, La Brume des Jours confirme les bonnes impressions de la première partie, la surprise en moins et nous conforte dans l'idée que la lecture de Clairvoyage n'est rien moins qu'indispensable.

Elbakin, juin 2009
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Fakhouri - La Brume des Jours - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 17 avril 2009 -
Perdus dans la brume au sortir du souterrain, à la merci d'un dragon, Clara et ses compagnons sont séparés. Clara se retrouve chez les Hums, un vieux couple charmant, dont l'épouse a décidé de faire son éducation, en attendant qu'elle retrouve la mémoire. Celle que Monsieur Li semble avoir perdu dans la bibliothèque féerique. Réunis, ils retrouvent grand-tante Coucou dans la chaumière de Baba Yaga.
Ce second opus des aventures de l'enfant de Le Clairvoyage se déroule quasi entièrement dans l'autre monde. Il a néanmoins le même caractère de réalisme dans la description des personnages et de leurs relations, comme de leurs émotions. C'est l'univers des contes et des rêves, mais il y est clairement dit que la mort, la douleur et la défaite existent, s'il est possible de réparer ses erreurs.
C'est une belle histoire, bien écrite, que les parents pourront lire aux enfants, en y prenant autant de plaisir qu'eux, à un autre niveau.
A considérer la richesse d'invention, globale et dans le détail, de ce diptyque, et l'habileté, tout en élégance, du style, jamais pesant, on ne peut que féliciter la jeune auteur, et souhaiter que ces romans originaux trouvent le public et le succès qu'ils méritent amplement.

Mureliane, les chroniques de l'imaginaire, le 14 Avril 2009

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Fakhouri - La brume des jours - Librairie Critic
Posté 18 mai 2009 -
Les cauchemars envahissent les brumes. Pour Clara, il n'est plus question de tergiverser : elle doit continuer sa quête et aller au bout de son Clairvoyage, pour, non seulement retrouver sa tante, mais aussi sauver le monde des fées. Clara a bien grandi depuis l'accident qui a vu la disparition de ses parents.

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Fakhouri - La Brume des jours - Science-Fiction Magazine
Posté 08 juin 2009 -
Clara a fini par franchir la porte pour rejoindre les terres de la Féerie où, croit-elle, on a emmené sa tante. Les fées sont dans le coup, mais sur le chemin de Clara c'est tout une succession d'épreuves qui l'attendent. Que ce soit ce lutin au caractère bien trempé qui déteste les baisers, l'adorable monsieur Li, la terrible Miramas, la ménagerie du songe d'une nuit d'été en pleine escapade, une grand-mère coucou un peu gauche dans ses prédications amoureuses, le chemin qui mène à tante Bébé ne sera pas de tout repos. Mais Gauvin en chevalier défroqué semble garantir à cette douce rêveuse le salut qu'elle attendait, malgré tout ; car ne dit-on pas que l'amour donne des ailes ? Dans des décors entre lesquels se disputent la folie douce d'un Lewis Carroll et les fantasmes conquérants d'un Tim Burton, Clara fera donc un double voyage.
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Fakhouri - Le Clairvoyage - Citrouille
Posté 27 avril 2009 -
"Tous les matins, Clara se réveillait avec un mot en tête. La plupart du temps, ce mot faisait partie des événements rassurants et quotidiens qui allaient immanquablement se dérouler, tels que "contrôle", "chocolat" ou "gymnastique". Parfois, lorsqu'un cauchemar était venu la troubler au petit jour, le mot tentait une nouvelle fois de la dévorer et se transformait en monstre, donjon, fossé, noyade ou zéro. Le matin où ses parents partirent en voiture pour rendre visite à leur vieille tante, clara fut réveillée par le mot "corbeau". Elle resta un moment assise dans son lit à essayer de se rappeler quel cauchemar avait pu engendrer un corbeau virevoltant dans son esprit ensommeillé. Il n'y avait pas eu de cauchemar. Il n'y avait même pas eu de rêve qui valût la peine de passer dans le monde réel. Elle fit disparaître promptement le corbeau qui croassait dans son mercredi matin et se leva. En cherchant ses chaussons au pied du lit, elle se souvint de l'histoire que sa grand-tante Coucou lui contait souvent et dans laquelle l'oiseau noir servait d'émissaire à la mort."
"Clairvoyage" c'est le mot que Clara, 12 ans préfère qu'on lui attribue plutôt que "clairvoyante". N'a-t-elle pas raison ? cela sonne mieux, non ? Bref... comme vous devez vous en doutez à la suite du passage que je vous offre en début de cet article, ses parents décèdent, eh oui ! Clara est alors recueillie par son oncle Antoine et sa femme Bébé - bizarre ce prénom, il n'y a pas que le prénom d'ailleurs... vous comprendrez à la lecture du roman, ne vous en faites pas ! Seule dans leur grande maison, elle décide un jour de l'explorer... Et là, Mamma mia : des fantômes !!! Heureusement, Miss Buba est là... sans oublier sa famille... excentrique, et fort "sympathique" ! Heureusement ! Avec tout ce qui attend cette chère Clara... Pour une jeune fille qui ne croit pas aux contes de fées, l'y voilà plongée ! Son deuxième prénom ne serait-il pas Alice ? Le premier roman d'Anne Fakhouri promet un bel avenir... Car les aventures de Clara ne s'arrêteront pas là !
Mélanie Cudel, la soupe de l'espace dans Citrouille, mars 2009
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Fakhouri - Le clairvoyage - Elbakin
Posté 29 juin 2009 -
Une excellente surprise !
Après le sympathique Graal du Gobelin, la collection du Maedre de l'Atalante passe la seconde avec Clairvoyage, un joli petit roman de 250 pages d'Anne Fakhouri. Son premier. Autant le dire d'emblée, il s'agit aussi du premier roman TOTALEMENT INDISPENSABLE de cette collection ! Illustré par une superbe couverture de Sarah Debove, ce roman peut se targuer d'être un des meilleurs romans de fantasy jeunesse que j'ai lu. Un superbe roman qui aurait tout autant pu être écrit par Gaiman ou Clive Barker avec sa série Abarat. Seulement voilà, il est écrit par une jeune auteur française et c'est tant mieux ! Car si on pense à l'univers de ses deux grands auteurs, celui de Fakhouri n'a rien à leur envier par sa richesse, la tendresse que l'auteur porte à ses personnages ou encore sa plume enchanteresse.

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Fakhouri - La brume des jours - Elbakin
Posté 29 juin 2009 -
Les cauchemars envahissent les brumes. Pour Clara, il n'est plus question de tergiverser : elle doit continuer sa quête et aller au bout de son Clairvoyage, pour, non seulement retrouver sa tante, mais aussi sauver le monde des fées. Clara a bien grandi depuis l'accident qui a vu la disparition de ses parents.
De fait, le ton de cette suite et fin se veut plus mature, plus sombre. Cette rupture a aussi des répercussions sur l'univers du livre puisque l'on passe, en quelque sorte, de l'autre côté du miroir. En effet, si Clairvoyage se déroulait dans une copie conforme de notre réalité où intervenaient tout de même quelques puissances magiques, La Brume des Jours pose ses valises dans un monde entièrement magique, des racines du bois de la Chasseresse aux nuages aux nuages qui planent au dessus de la Montagne en Soupir en n'oubliant pas les planches craquantes du pont gardé par un troll tout sauf sympathique.
Un monde extraordinaire qui rappelle par bien des côtés celui d'Abarat par la richesse, l'étrangeté et l'humour qui s'en dégage. Cette comparaison, déjà vraie dans le premier tome, l'est encore plus dans le second puisque la quête de Clara et de Candy possède encore bien des similitudes. Ainsi, la quête de Clara voit celle-ci se confronter à d'incroyables créatures dans des lieux non moins étonnants à l'image de cette bibliothèque magique qui vole vos souvenirs.
Pas de temps mort, pas de bavardage inutile, Clara enchaîne les épreuves sur un rythme soutenu. Il est temps pour elle de devenir adulte mais plus encore, de s'accepter. La très belle fin n'adoucit pas l'excellence dont fait preuve ce dyptique : on aime Clairvoyage de la première à la dernière page.
Somme toute, La Brume des Jours confirme les bonnes impressions de la première partie, la surprise en moins et nous conforte dans l'idée que la lecture de Clairvoyage n'est rien moins qu'indispensable.

Elbakin, juin 2009
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Fakhouri - La brume des jours - Librairie Critic
Posté 18 mai 2009 -
Les cauchemars envahissent les brumes. Pour Clara, il n'est plus question de tergiverser : elle doit continuer sa quête et aller au bout de son Clairvoyage, pour, non seulement retrouver sa tante, mais aussi sauver le monde des fées. Clara a bien grandi depuis l'accident qui a vu la disparition de ses parents.

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Fakhouri - La Brume des Jours - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 17 avril 2009 -
Perdus dans la brume au sortir du souterrain, à la merci d'un dragon, Clara et ses compagnons sont séparés. Clara se retrouve chez les Hums, un vieux couple charmant, dont l'épouse a décidé de faire son éducation, en attendant qu'elle retrouve la mémoire. Celle que Monsieur Li semble avoir perdu dans la bibliothèque féerique. Réunis, ils retrouvent grand-tante Coucou dans la chaumière de Baba Yaga.
Ce second opus des aventures de l'enfant de Le Clairvoyage se déroule quasi entièrement dans l'autre monde. Il a néanmoins le même caractère de réalisme dans la description des personnages et de leurs relations, comme de leurs émotions. C'est l'univers des contes et des rêves, mais il y est clairement dit que la mort, la douleur et la défaite existent, s'il est possible de réparer ses erreurs.
C'est une belle histoire, bien écrite, que les parents pourront lire aux enfants, en y prenant autant de plaisir qu'eux, à un autre niveau.
A considérer la richesse d'invention, globale et dans le détail, de ce diptyque, et l'habileté, tout en élégance, du style, jamais pesant, on ne peut que féliciter la jeune auteur, et souhaiter que ces romans originaux trouvent le public et le succès qu'ils méritent amplement.

Mureliane, les chroniques de l'imaginaire, le 14 Avril 2009

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Fakhouri - Le Clairvoyage - Science & Vie Junior
Posté 22 octobre 2008 -

Anne Fakhouri est une jeune auteure très prometteuse. Dans Le Clairvoyage, on rencontre Clara, 12 ans, qui, après la mort de ses parents, est confiée à un oncle et livrée à elle-même dans une grande maison. Elle y découvre un monde merveilleux, peuplé des fantômes de ses ancêtres, de ses tantes excentriques et de fées voleuses de bébé. Pas facile de s'adapter lorsqu'on a jamais cru à tout cela. Le début d'une grande aventure sur les traces d'Alice au pays des merveilles.

Jérôme Vincent, Science & Vie Junior , octobre 2008, n°229 

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Fakhouri - Le clairvoyage - Elbakin
Posté 29 juin 2009 -
Une excellente surprise !
Après le sympathique Graal du Gobelin, la collection du Maedre de l'Atalante passe la seconde avec Clairvoyage, un joli petit roman de 250 pages d'Anne Fakhouri. Son premier. Autant le dire d'emblée, il s'agit aussi du premier roman TOTALEMENT INDISPENSABLE de cette collection ! Illustré par une superbe couverture de Sarah Debove, ce roman peut se targuer d'être un des meilleurs romans de fantasy jeunesse que j'ai lu. Un superbe roman qui aurait tout autant pu être écrit par Gaiman ou Clive Barker avec sa série Abarat. Seulement voilà, il est écrit par une jeune auteur française et c'est tant mieux ! Car si on pense à l'univers de ses deux grands auteurs, celui de Fakhouri n'a rien à leur envier par sa richesse, la tendresse que l'auteur porte à ses personnages ou encore sa plume enchanteresse.

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Fakhouri - La Brume des jours - Science-Fiction Magazine
Posté 08 juin 2009 -
Clara a fini par franchir la porte pour rejoindre les terres de la Féerie où, croit-elle, on a emmené sa tante. Les fées sont dans le coup, mais sur le chemin de Clara c'est tout une succession d'épreuves qui l'attendent. Que ce soit ce lutin au caractère bien trempé qui déteste les baisers, l'adorable monsieur Li, la terrible Miramas, la ménagerie du songe d'une nuit d'été en pleine escapade, une grand-mère coucou un peu gauche dans ses prédications amoureuses, le chemin qui mène à tante Bébé ne sera pas de tout repos. Mais Gauvin en chevalier défroqué semble garantir à cette douce rêveuse le salut qu'elle attendait, malgré tout ; car ne dit-on pas que l'amour donne des ailes ? Dans des décors entre lesquels se disputent la folie douce d'un Lewis Carroll et les fantasmes conquérants d'un Tim Burton, Clara fera donc un double voyage.
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Fakhouri - Le Clairvoyage - Citrouille
Posté 27 avril 2009 -
"Tous les matins, Clara se réveillait avec un mot en tête. La plupart du temps, ce mot faisait partie des événements rassurants et quotidiens qui allaient immanquablement se dérouler, tels que "contrôle", "chocolat" ou "gymnastique". Parfois, lorsqu'un cauchemar était venu la troubler au petit jour, le mot tentait une nouvelle fois de la dévorer et se transformait en monstre, donjon, fossé, noyade ou zéro. Le matin où ses parents partirent en voiture pour rendre visite à leur vieille tante, clara fut réveillée par le mot "corbeau". Elle resta un moment assise dans son lit à essayer de se rappeler quel cauchemar avait pu engendrer un corbeau virevoltant dans son esprit ensommeillé. Il n'y avait pas eu de cauchemar. Il n'y avait même pas eu de rêve qui valût la peine de passer dans le monde réel. Elle fit disparaître promptement le corbeau qui croassait dans son mercredi matin et se leva. En cherchant ses chaussons au pied du lit, elle se souvint de l'histoire que sa grand-tante Coucou lui contait souvent et dans laquelle l'oiseau noir servait d'émissaire à la mort."
"Clairvoyage" c'est le mot que Clara, 12 ans préfère qu'on lui attribue plutôt que "clairvoyante". N'a-t-elle pas raison ? cela sonne mieux, non ? Bref... comme vous devez vous en doutez à la suite du passage que je vous offre en début de cet article, ses parents décèdent, eh oui ! Clara est alors recueillie par son oncle Antoine et sa femme Bébé - bizarre ce prénom, il n'y a pas que le prénom d'ailleurs... vous comprendrez à la lecture du roman, ne vous en faites pas ! Seule dans leur grande maison, elle décide un jour de l'explorer... Et là, Mamma mia : des fantômes !!! Heureusement, Miss Buba est là... sans oublier sa famille... excentrique, et fort "sympathique" ! Heureusement ! Avec tout ce qui attend cette chère Clara... Pour une jeune fille qui ne croit pas aux contes de fées, l'y voilà plongée ! Son deuxième prénom ne serait-il pas Alice ? Le premier roman d'Anne Fakhouri promet un bel avenir... Car les aventures de Clara ne s'arrêteront pas là !
Mélanie Cudel, la soupe de l'espace dans Citrouille, mars 2009
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Fakhouri - Le Clairvoyage - Science & Vie Junior
Posté 22 octobre 2008 -

Anne Fakhouri est une jeune auteure très prometteuse. Dans Le Clairvoyage, on rencontre Clara, 12 ans, qui, après la mort de ses parents, est confiée à un oncle et livrée à elle-même dans une grande maison. Elle y découvre un monde merveilleux, peuplé des fantômes de ses ancêtres, de ses tantes excentriques et de fées voleuses de bébé. Pas facile de s'adapter lorsqu'on a jamais cru à tout cela. Le début d'une grande aventure sur les traces d'Alice au pays des merveilles.

Jérôme Vincent, Science & Vie Junior , octobre 2008, n°229 

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Fakhouri - La Brume des Jours -
Posté 22 avril 2009 -

Le Clairvoyage, d'Anne Fakhouri

De quoi parle donc Le Clairvoyage ? Clara, 12 ans, vit paisiblement avec ses parents, qui sont d’indécrottables terre-à-terre. Ils lui ont transmis leur rigueur scientifique et la jeune fille passe son temps dans les livres, ou bien à discuter avec sa poupée. Un jour, ses parents meurent dans un accident. Elle est alors confiée à son oncle Antoine et sa femme Bébé. Celle-ci, mystérieuse, ne se montre pas sous le prétexte d’une santé fragile. Dans leur maison, Clara va découvrir des personnages ou des animaux excentriques. Elle semble aussi poursuivie par un corbeau depuis sa plus tendre enfance. Clara aurait-elle atterri à la lisière d’un monde féerique ?


Je ne suis pas un grand fan de littérature jeunesse. Je ne suis pas sûr d’avoir le recul nécessaire pour apprécier ces livres sans me départir de mon regard d’adulte. Les mauvaises langues diront que j’ai gardé mon âme d’enfant, ce qui n’est pas faux, mais cela ne suffit pas toujours… Je suis plutôt méfiant envers ce type de livres qui peuvent, d’après moi, tomber dans deux travers opposés : soit une simplification à l’extrême du langage et/ou de l’intrigue et/ou des personnages ; soit à l’inverse une tentative « d’adultisation » du jeune public avec des intrigues très réalistes et plutôt sombres (notez que ces impressions ne sont pas forcément fondées sur mon expérience mais représentent plutôt les craintes que je nourris envers le genre).
Le Clairvoyage évite ces deux écueils puisqu’il m’a semblé avoir vraiment été écrit pour les jeunes autour de 12 ans (c’est l’âge de l’héroïne) (le « autour » pouvant représenter plusieurs années, je ne suis pas un expert…). Anne Fakhouri s’adresse véritablement à son audience. Ce qui ne veut pas dire que l’intrigue est simplifiée, ni le langage. Mais les préoccupations de l’héroïne et sa vision qu’elle a du monde ont un accent de vérité qui m’a marqué (sans que je sois capable de le définir correctement...).

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Fakhouri - Le Clairvoyage - Fantasy.fr
Posté 03 novembre 2009 -

Anne Fakhouri : Voyage au pays de l'écriture Anne Fakhouri a fait des études de lettres qu’elle a orienté vers le mythe arthurien. Elle a participé à la création d’Actusf, société pour laquelle elle dirige, entre autre, des anthologies. Le Clairvoyage est son premier roman. Avec sa suite, La Brumes des jours, il vient de remporter le GPI du roman jeunesse. Fantasy.fr l'a interviewée à cette occasion.

interview ici

 

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Fakhouri - La brume des jours - PhényxWeb
Posté 02 février 2010 -
Clara est partie dans le monde des fées, pour sauver sa tante un peu bizarre. Tante Bébé est punie pour avoir tenté de sauver Clara. Clara doit gérer la situation ainsi que ses relations avec sa grand-tante « marieuse » qui lui a trouvé son amoureux et un oncle aussi excentrique que le reste de la famille, un chasseur de fées, un chasseur d’humains… De la grand-tante Coucou au corbeau, le « bestiaire » est bien plus vaste que cela ! Clara doit se battre pour retrouver notre monde et idéalement sans perdre le contact avec le monde des fées, qui n’est visible qu’aux cœurs d’enfants. Sinon, comme on lit parfois dans la presse musicale : c’est l’album de la maturité. Celui où Clara, en grandissant, voit que tout n’est ni blanc ni noir. Que les choix ont des répercussions, des implications et des promesses pas toujours faciles à tenir. Et l’auteur joue habilement entre ce qui nous est trop souvent présenté comme un monde merveilleux et la « face sombre » qu’il cache. Tout comme elle nous réserve quelques surprises tant dans la trame que dans les personnages farfelus jusqu’à l’improbable. Parcours de vie, on quitte l’enfance, on passe à l’adolescence et à l’adulescent…
 
Véronique De Laet, 25 août 2009, phenixweb.net.
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Fakhouri - La brume des jours - CitronMeringue
Posté 05 février 2010 -

Clara, enfant du Clairvoyage, a franchi la Brume des Jours, le passage entre deux mondes. La voilà au pays des fées où elle doit retrouver sa tante, gardée prisonnière. De grandes aventures l’y attendent, de terribles combats également qu’il lui faudra livrer non seulement contre les autres, mais aussi et surtout contre elle-même. Car Clara devra s’engager pleinement, faire des choix, apprendre tout autant à renoncer qu’à accepter : Clara n’aura pas d’autre alternative que quitter le doux refuge de l’adolescence et mûrir. En fait, le séjour dans la Brume des Jours sera son parcours initiatique. Dans cet ouvrage, suite du récit commencé par Le Clairvoyage (en tome I), Anne Fakhouri invente un monde imaginaire où les fées côtoient sorcières, lutins ou encore sirènes. Ce cadre n’est cependant pas aussi féerique qu’il pourrait sembler de prime abord, les impressions y sont souvent trompeuses. Il en va de même du propos de l’auteur qui pourrait sembler léger, comme un conte destiné aux tout jeunes enfants. Pourtant, au delà de « la brume des mots », ce sont de graves réflexions qui nous sont livrées, telle la prise de conscience que nos choix engagent notre vie, tel le dépassement de ses peines profondes, tel le courage d’aller jusqu’au bout, d’affronter ses peurs, de s’affronter soi-même. L’ensemble se laisse lire agréablement. Le ton est tour à tour drôle, poétique, grave… à l’image de la vie.

 

Psyché, 3 juillet 2009, parcheverses.blogspot.com.

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Fakhouri – Le clairvoyage – La revue des bibliothèques
Posté 16 juillet 2010 -

Au décès de ses parents, Clara est confiée à son oncle Antoine. Si elle ne le connaît pas, elle va vite être mise au parfum. Tout, sans exception – maison et nouvelle famille - est plus que bizarre. Du grenier, qui semble avoir sa vie propre, à sa poupée qui se met à lui faire la morale, en passant par le jeune Gauvain, qui en sait bien plus qu’il ne veut le dire… Elle doit se rendre à l’incroyable évidence, elle est entourée de fées et de créatures magiques. Pas toutes bien intentionnées. Et qui plus est, sa petite personne cristallise bien des enjeux.

Fées, Elfes et Farfadets, tous ces représentants du petit peuple, sont souvent beaucoup moins bienveillants que l’on veut le faire croire. S’appuyant sur cette vérité, l’auteur développe un récit à la fois mystérieux et intense. Les fées, si elles sont fascinantes, sont aussi retorses que manipulatrices.

Le lecteur s’attachera à des personnages principaux adolescents (un second volume de suite et fin est prévu) tout en découvrant ces êtres ambigus tel que représentés dans le folklore collectif.

D.D.

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Fakhouri - Le Clairvoyage - Livrement
Posté 11 janvier 2011 -

[…] Anne Fakhouri est une très bonne conteuse. On tourne les pages très vite, on se surprend à retenir son souffle. Le flirt avec le merveilleux se fait par touches subtiles. On y trouve beaucoup de mythes et légendes mais ils n’ont pas été réécrits et c’est grâce à la seule interprétation du lecteur que l’histoire devient naturelle et très puissante. Y sont présents des références arthuriennes, du folklore et pas d’impression d’un livre ultra classique. Par la fracture dans la vie de Clara, l’auteur traite des thèmes plus profonds tels l’adolescence et la mort.

Le Clairvoyage est un petit roman de 250 pages mais dont l’histoire est riche et originale. Par-dessus tout, prime la tendresse de l’auteur. L’univers est magique, quelque peu féérique et tellement prenant. L’impression de brume en début de livre renforce ce côté de « miss Clara perdue ». Les ambiances sont délicieusement mises en place et participent à la part de mystère. Le suspense y est très fort et le retournement de situation appréciable. Cette histoire est loin d’être seulement un livre « enfantin », il est au contraire accessible à et intéressant pour tous. […]

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Fakhouri - Le Clairvoyage - Blog-o-livre
Posté 11 mars 2011 -
Clara, 12 ans, a perdu ses parents et doit aller vivre chez son Oncle Antoine et sa femme. Elle va découvrir une famille excentrique et surtout se rendre compte qu'un autre monde existe, le monde des Fées et qu'une guerre existe entre le monde des fées et le monde des humains. L'intrigue paraît classique annoncé comme cela et pourtant on ne le remarque pas une fois plongé dans le livre, emporté par l'histoire où tout peut arriver où l'auteur ne nous épargne rien, nous entraînant avec une grande fluidité dans son univers imaginaire passionnant et rempli d'originalité. On est étonné voir surpris régulièrement, l'auteur nous offrant de nombreux rebondissement parfaitement amenés; on a vraiment du mal à lâcher ce livre.
 
Le monde créé par l'auteur est un monde féerique, magique, magnifique et terrifiant. Ce monde aurait pu être imaginé par Neil Gaiman mais il est à noter que Anne Fakhouri est française. Un univers riche, captivant empli de mystères, de manipulation et de magie où vont se mélanger beauté, plaisir, souffrance et peur. Cet univers sorti de l'imaginaire de l'auteur est terriblement prenant et attirant, offrant une impression de mystère et de magie qu'on espère voir évoluer dans le second tome. On y trouve de nombreux thèmes et mystère réappropriés parfaitement par l'auteur pour l'intégrer dans son monde.[...]
 
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Fakhouri - Narcogenèse - Le français dans le monde
Posté 14 mars 2011 -

Une série de faits-divers vient fissurer la chape de plomb qui entourait le domaine du Chais tenu par plusieurs générations de maîtresses femmes. Quelle force maléfique se terre dans la partie sauvage du jardin de la propriété ? Anne Fakhouri entremêle filiation et superstition, enquête policière et incursions dans l'imaginaire. Narcogenèse engendre ainsi un monstre affamé de reconnaissance et d'existence, un cauchemar pétri de non-dit, de déni et d'abandon. Délicieusement effrayant.

Nathalie Ruas - Le français dans le monde n° 374 - mars/avril 2011

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Fakhouri - Narcogenèse - Imaginelf
Posté 04 avril 2011 -

La famille de Louise Gaucher s’est construite sur plusieurs générations grâce aux femmes fortes qui ont su la mener vers la réussite qu’elle connaît aujourd’hui. Parmi les nombreux secrets bien enfouis de la famille se trouve un don que possède Louise : celui de voyager dans les rêves des autres. Alors que l’hiver s’installe, les événements mystérieux se multiplient autour du Chais, la propriété des Gaucher. Simon Larcher, flic de son état, a bien l’intention de résoudre cette affaire. Au risque de plonger dans un cauchemar.

Narcogenèse est un voyage étonnant aux racines plantées très profondément, qui emmène loin et emprisonne à la fois, le genre de roman à relire pour apprécier encore mieux les indices semés et la construction intelligente une fois la fin connue. Impossible de lâcher ce livre, vous êtes prévenus, vous voilà envoûté !

 

Imaginelf

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Fakhouri - Narcogenèse - Valunivers
Posté 05 avril 2011 -

Le Chais, un immense domaine bourgeois hors du temps, autour duquel les barrières invisibles sont bien plus efficaces que des hautes grilles pour empêcher tout intrus d’y pénétrer. Un endroit oppressant, où pour d’inexplicables raisons, certaines parties du jardin sauvage bordé d’amandiers sont inaccessibles.

C’est là que vivent les Gaucher depuis plusieurs générations. L’homme adulte est d’ailleurs absent dans cette grande famille composée de la grand-mère Claude, de ses deux filles (Diane et Louise) et de ses deux petits-enfants (Lucy et Max).

L’héroïne, Louise, dite Zette, est une femme entièrement dévouée au service des autres. Infirmière, elle profite de la nuit pour s’asseoir à côté des patients plongés dans le coma. Elle éprouve bien plus que de l’empathie à leur égard. Louise leur tient la main et en s’endormant auprès d’eux, a la faculté de pénétrer leur rêve, leur monde. C’est souvent un endroit assez cauchemardesque mais elle s’attache à ne montrer aucune peur et à les guider vers une issue (que cette dernière soit d’ailleurs le réveil du patient ou sa mort).

Mais depuis quelque temps, rien ne fonctionne comme prévu. Un monstre semble prendre forme dans les esprits des malades plongés dans le coma. Un peu comme dans le Ça de Stephen King, il se nourrit de la peur qu’il suscite et terrorise avec un sadisme sans pareil les patients et enfants endormis.

Le marchand de sable fête son retour parmi les hommes. Plus fort que jamais, il va semer la terreur dans les esprits et faire remonter de vieux souvenirs à la surface.

Ce qui est très prenant dans ce livre, c’est qu’on entre dans un univers savamment dosé entre le monde de l’imaginaire (avec le don de Louise, le marchand de sable), et le nôtre, le monde réel (un enfant disparaît, un inspecteur mène l’enquête).

Cette histoire de famille et ces générations de femmes liées les unes aux autres est passionnante. On y parle d’amour, de peur, de secrets, de force et de faiblesses. Les descriptions du Chais sont nombreuses et si réalistes que j’ai eu l’impression d’en prendre moi aussi possession et de côtoyer ses habitantes.

Quant à l’écriture, Anne Fakhouri a vraiment une très jolie plume. Son style est vif, fluide et subtil, dégageant de nombreuses émotions. Elle m’a raconté une magnifique histoire où le fantastique est très subtilement distillé, où les peurs enfantines prennent rapidement le dessus sur la raison.

J’espère que cette incursion dans le monde des livres pour adultes ne sera pas la dernière. Anne doit avoir encore tant de choses à nous conter !

 

Val - Valunivers

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Fakhouri - Narcogenèse - Nabbu
Posté 05 avril 2011 -

Conte morbide sur le thème de l’enfance perdue, variation inquiétante du Magicien d’Oz, Narcogenèse séduira les amateurs de fantastique.

La famille Gaucher, qui a bâti un empire de cosmétiques, recèle aussi des secrets moins avouables. Simon Larcher, flic désabusé, va s’y intéresser en tentant d’élucider la disparition d’un enfant de la DDASS. Dans un service de réanimation, Louise Gaucher mène sa propre enquête en pénétrant dans l’esprit comateux de ses patients pour y découvrir des rêves hantés par le Marchand de Sable et ses avatars…
En nous plongeant au cœur d’une famille tentaculaire, et de ses laissés-pour-compte, ce thriller fantastique mêle – une fois n’est pas coutume – horreur et enfance.
Son originalité tient avant tout à l’omniprésence des femmes. D’avortement en infanticide, l’auteure ausculte la psyché féminine sous ses penchants les plus sombres. Le Chais, l’impénétrable propriété des Gaucher, devient ainsi le théâtre des crimes les plus atroces, fruits de grossesses inavouables.

Dans le roman d’Anne Fakhouri, les méchants sont des rebuts, des ectoplasmes avides de récupérer l’énergie vitale dont on les a privés. Entre le monde des vivants et celui des morts, le coma et l’éveil, il n’existe qu’une passerelle ténue, une route de briques jaunes… comme celle qui mène au Magicien d’Oz. Sauf qu’ici, ledit magicien est bien plus méchant que dans le conte de L. Frank Baum…
L'auteure livre un conte morbide au parfum légèrement suranné, un réquisitoire contre le monde des adultes, qui évoque parfois le Ça de Stephen King… À découvrir.

Denis Roditi - Nabbu.com

 

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Fakhouri - Narcogenèse - Mythologica
Posté 22 avril 2011 -

Anne Fakhouri fait partie de ces auteurs d’imaginaire français que le lecteur prend plaisir à retrouver au fil des parutions. L’Atalante étant en train de se relancer sur le marché des auteurs francophones avec un triptyque d’auteur fort séduisant (Jeanne-A Debats, Olivier Paquet & Vincent Gessler), c’est cette fois un roman surprenant d’Anne Fakhouri qu’ils nous proposent. Je ne peux que vous inviter à découvrir ce qui se cache derrière ce titre énigmatique de Narcogénèse… La couverture de Xavier Colette m’a de prime abord légèrement rebuté par rapport à ce que j’ai l’habitude de voir en imaginaire. Mais une fois la lecture commencée je dois dire que j’ai été réellement séduit par la manière dont l’illustrateur vient réutiliser l’ensemble des contes enfantins employés par l’auteur. Entre la route de brique jaune du Magicien d’Oz, le méchant Marchand de Sable au-dessus de la maison du Chais, l’obscurité inquiétante de cette forêt entourant la bâtisse,… Bref tous les éléments sont réunis pour qu’au final le lecteur se sente happé par cette illustration inquiétante.

Entre enquête policière et parcours initiatique onirique, ce roman va vous entraîner loin, très loin de votre quotidien. La multitude de personnages que l’auteure fait évoluer dans ces pages peut surprendre et dérouter le lecteur mais l’intrigue est bien là, passionnante de bout en bout. La maîtrise de celle-ci est évidente et à aucun moment je n’ai eu la sensation de tomber dans des digressions malvenues dans un roman qui se veut avoir une ambiance à la fois feutrée et active. Le style d’Anne Fakhouri est également particulièrement agréable : les descriptions oniriques son parfaitement décrites alors qu’habituellement elles sont aussi difficiles à saisir que des instantanés de mirages. Mais la plume confirmée de l’auteure vient contrebalancer toute cette difficulté pour le transformer en voyage réellement séduisant. De même le sexe est assez présent au fil des pages mais tient plus d’une sensualité débordante que d’érotisme pur, ce qui fut, pour moi, très agréable à lire.

Narcogénèse d’Anne Fakhouri est donc un excellent roman de fantastique onirique qui saura vous faire décoller vers des mondes insoupçonnés. Mené tambour battant avec comme trame de fond une enquête policière, ce livre devrait facilement trouver son lectorat tant tout est parfaitement mis en place et agencé par l’auteure. Aucune fausse note pour un roman qui m’a fait dormir peu durant sa lecture tant j’entrais dans les pages à la recherche du Marchand de Sable. Mais est-il réellement bon de le trouver ? Là est toute la question…

Deuskin - Mythologica

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Fakhouri - Narcogenèse - Psychovision
Posté 27 avril 2011 -

Bon, il faut bien l'admettre, si l'on excepte la bit-lit, le fantastique est un genre qui semble avoir tendance à fuir les rayons de SFFF ces derniers temps ou du moins, qui n'attire pas assez les lecteurs pour réussir à s'y creuser un petit bout de place bien à lui. Autant donc dire que quand un nouvel ouvrage s'y présente, on se jette dessus, surtout quand c'est L'Atalante, qui nous avait déjà proposé le fort sympathique Mal-Mort de Jean-Marc Ligny, qui s'y colle !

Zette est une infirmière un peu spéciale, elle parvient à plonger dans l'esprit des patients comateux pour les aider à se sortir de leur situation, que ce soit en se réveillant ou en choisissant de mourir. Alors qu'elle essaye d'aider unmalade, elle va croiser un autre individu, qui semble moins bienveillant qu'elle. D'un autre coté, on a Simon Larché, un policier compétent qui ne cherche plus à faire carrière, mais qui continue à faire son travail correctement, bien que lassé par la noirceur du monde où il évolue. Il va se retrouver à enquêter sur la disparition d'un môme de la DDASS et sur une mystérieuse épidémie de somnambulisme qui touche la région.

Avec NarcoGenèse, on est dans dans un roman fantastique tournant autours du monde des rêves, de secrets familiaux, de mystérieuses disparitions et d'un croquemitaine. Tous ces éléments nous emmèneront bien entendu au bout du cauchemar concocté parAnne Fakhouri, qui montre un véritable talent pour laisser sortir l'horreur de son terrier. [...]

Anne Fakhouri utilise finalement les ficelles du fantastiques pour mieux les renouveler grâce à une écriture moderne et des thématiques qui ne le sont pas moins. L'écriture est quand à elle au plus proche des personnages, de leurs secrets comme de leurs peurs, de leurs souvenirs comme de leurs traumatismes.

Narcogenèse est donc une nouvelle preuve que le fantastique, le vrai, celui qui mord et qui fait mal, estencore là, en bonne santé et qu'il attend de pouvoir s'infiltrer entrequelque romans de fantasy et de bit-lit pour mieux tomber entre les mains des lecteurs et pouvoir le surprendre. Tant mieux, c'est ce qui est attendu du genre !  (tout l'article )

 

Stegg - Psychovision

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Fakhouri - Narcogenèse - Leslecturesdecachou.com
Posté 06 mai 2011 -

Une demeure ancestrale de laquelle les membres d'une famille semblent rarement sortir, membres qui possédent des dons « oniriques » du côté féminin. Un monstre surnommé le Marchand de Sable qui hante les rêves des enfants et des somnambules de la région. Un flic qui essaye d'élucider d'étranges disparitions. Le tout concourt à créer une ambiance légèrement sombre mais très prenante, ce sous la plume discrète d'une Anne Fakhouri que je découvre avec ce livre.

Narcogenèse est un roman qui m'a rappelé ma prime jeunesse passée dans des livres d'horreur « légers », qui offrent de petits frissons rapides mais savoureux. Pas de ceux qui terrorisent longuement mais de ceux qui créent une ambiance efficace sans être oppressante et qui se lisent avec plaisir par un après-midi pluvieux, en se demandant si le bruit que l'on entend est une branche qui tape au rythme du vent contre la vitre ou plutôt le frottement d'une main qui tente d'ouvrir la fenêtre pour pénétrer chez nous et égorger toute la famille. On se perd facilement dans ce genre de récit, qui amuse plus qu'il ne terrorise, ou en tout cas c'est ce qu'on se plaît à dire après coup à ceux à qui l'on parle de notre lecture. 

Au final, Narcogenèse est un de ces romans que l'on lit pour le plaisir de frissonner et de se retrouver dans une histoire simple mais efficace. 

Leslecturesdecachou.com

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Fakhouri - Narcogenèse - Courrier français
Posté 06 mai 2011 -

Un roman qui oscille entre le monde de l’enfance, ses peurs et ses contes, et une réalité bien plus cruelle, celle de sa destruction, via l’infanticide et l’abandon. Un sujet particulièrement âpre, traité avec autant d’originalité que de subtilité – et de légèreté. Anne Fakhouri met en scène Simon, un policier désabusé, conduit à enquêter sur la disparition d’un enfant de la DDASS, finalement retrouvé dans un parc, propriété de la famille de Louise Gaucher ; elle, elle travaille dans un service de réanimation, où elle « accompagne «  par la pensée les patients plongés dans un coma dépassé… L’un de ces voyages l’amènera à l’interférer dans l’enquête de Simon…

Si on voulait conclure vite, on dirait que Narcogenèse est un très beau livre, tout simplement. Dense, tendu, traitant de sujets graves et cruels et superbement écrit, voilà un texte qui vient confirmer tout le talent d’Anne Fakhouri, précédemment récompensée par le Grand Prix de l’imaginaire 2010 par son précédent roman, Le clairvoyage. Un chef d’œuvre que le fantastique imprègne constamment.

Christian Robin - Courrier Français

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Fakhouri - Narcogenèse - Le rose et le noir
Posté 14 juin 2011 -

C'est l'histoire d'une famille qui, depuis des générations, règne sur le domaine du Chais. Une famille riche et jalousée, qui se tient à l'écart du commun des mortels. Une famille dont toutes les filles sont un peu sorcières, et dont tous les garçons connaissent une fin tragique avant l'âge adulte. Une famille qui n'a pas conscience de ses propres secrets, et qui risque bien d'être rattrapée par eux. Tout commence lorsque plusieurs habitants de la région, frappés par des crises de somnambulisme, deviennent agressifs et dangereux après la tombée de la nuit. Peu de temps après, un orphelin disparu est retrouvé dans l'enceinte du Chais, violenté et à demi mort de froid...

Dans une ambiance oppressante comme celle d'un roman de Stephen King, Anne Fakhouri conjure les plus horribles des tabous liés à l'enfance. Ses chapitres courts sont autant de briques dont on peine d'abord à discerner de quelle manière elles s'emboîtent, mais qui entraînent implacablement le lecteur vers le royaume cauchemardesque du Marchand de Sable - lequel ne se montre guère plus tendre avec ses jeunes proies que l'abominable clown de "Ca". Je n'ose en dire davantage de peur de dévoiler les clés d'une intrigue remarquablement bien construite, à cheval entre la réalité et le monde onirique. Mais si vous aimez vous faire peur et que vous n'êtes pas sujet(te) aux insomnies, plongez-vous sans tarder dans Narcogenèse.

 Armalite - Le rose et le noir

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Fakhouri - Narcogenèse - LE SOIR
Posté 14 juin 2011 -

La vengeance est une tradition familiale. » Le prologue est dur comme Adrienne. La vieille, celle qui veille aux destinées du Chais en ces années de guerre 14-18. Cette dernière phrase du prologue planera tout au long de ce Narcogenèse, le troisième roman d'Anne Fakhouri dont seul le titre paraît incongru, naïvement moderniste ou racoleur. Mais oublions le titre et restons-en au roman. C'est une réussite totale. Ce thriller fantastique est formidablement mené. Très cinématographique : des plans-séquences courts, des flash-backs mystérieux, des personnages forts, auxquels ont croit.

Dans cette petite ville, des enfants disparaissent, d'autres tombent dans le coma. Zette peut pénétrer dans leurs rêves, ou leurs cauchemars, habités par un Marchand de sable cruel. Pourquoi ? Comment ? Et qu'ont à y voir la vieille Claude et ses filles, Diane et Louise, dite Zette, les habitantes actuelles du Chais, avec les deux enfants de Diane, Lucie et Max. Simon Larcher est le flic qui enquête. Parce qu'un des enfants disparus est retrouvé dans le parc du Chais...

Anne Fakhouri, 37 ans, professeur de français, avait déjà écrit Le clairvoyage et sa suite La brume des jours (L'Atalante), deux romans jeunesse applaudis. Avec ce Narcogenèse, elle s'adresse aux adultes. Car le roman est dur, cruel et convoque les peurs enfantines qui nous hantent toujours.

Les enfants qui n'existent pas

« Ce roman est à la fois l'enquête très rationnelle d'un flic, explique Anne Fakhouri, et l' enquête surnaturelle d'une infirmière qui a un don particulier : elle peut aller dans le rêves des gens qui sont dans le coma pour leur faire réaliser que le monde des rêves n'est pas le bon et qu'ils doivent choisir entre la vie et la mort. Il y a toujours la famille tentaculaire qui revient dans mes romans, la transmission et évidemment les peurs enfantines et la place que chacun a dans le monde, qui reste un de mes thèmes favoris. »

Adrienne, comme Mamia plus tard puis Claude sont des femmes extrêmement fortes qui servent avant tout les ambitions de la famille, l'argent mais aussi la défense de la lignée. Mais une lignée féminine de facto puisque les femmes ont un don que les hommes n'ont pas.

« Ce livre est né de deux choses. D'abord je me suis beaucoup interrogé sur la maternité depuis la naissance de ma première fille il y a 5 ans. J'ai été stupéfié par la mode du naturalisme où la mère est sanctifiée. Et puis il y a l'affaire Courgeau, qui a montré qu'il ne suffisait pas de maîtriser la fertilité pour se sortir des pulsions de violence et du chaos psychologique que peut être la maternité pour certaines femmes. Un jour en écoutant les infos sur l'affaire Courgeau (cette femme qui avait tué et congelé ses bébés), j'ai entendu qu'elle disait qu'elle n'avait pu tuer ses enfants puisqu'ils n'existaient pas. Et je me suis demandé où vont les enfants qui n'existent pas pour les parents. Non seulement ceux qu'on nie in utero mais aussi les maltraités, les abandonnés : où vont-ils, comment se construisent-ils ? »

Narcogenèse parle en effet de ces enfants-là. Et de leurs mères. Anne Fakhouri le fait en racontant superbement une incroyable histoire et en suscitant nos réflexions. C'est une nouvelle voix, forte, dans les littératures de l'imaginaire.

JEAN-CLAUDE VANTROYEN - Le Soir

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Fakhouri - Narcogenèse - Mes imaginaires
Posté 17 juin 2011 -
La famille Le Gaucher est bien étrange : recluse, riche d'une fortune amassée et de propriétés. Beaucoup de femmes dans cette famille, avec semble-t-il d'étranges pouvoirs. Louise par exemple, est infirmière et peut pénétrer le monde onirique que ses patients dans le coma ont inventé pour survivre. Sa mère Claude cache un secret sous sa froideur et sa grand-mère avait elle aussi une perception toute personnelle de la réalité et des rêves.

Les hommes ne semblent par contre pas bien lotis : ils meurent jeunes ou disparaissent, seul le petit Max vit encore au Chais avec sa soeur, sa mère Diane, sa tante Louise et sa grand-mère. Pourtant, c'est bien un petit garçon qu'on trouve un jour au pied des amandiers, presque mort de froid. Et Ti, le fils des gardiens, est bien un jeune homme, mais il est parti depuis longtemps, s'occuper d'enfants qui n'ont pas de parents, comme celui retrouver au pied des amandiers...

Et bientôt, c'est le capitaine Simon Larcher qui s'introduit dans la propriété pour enquêter. C'est quasi comme un viol pour Claude Larcher contrainte de le laisser entrer. Il va découvrir dans la vieille demeure des secrets ancestraux et terrifiants, faits de souvenirs, de peurs et de cauchemars.

 

Anne Fakhouri pour son premier roman adulte installe rapidement une ambiance oppressante, une atmosphère d'attente morbide. On s'interroge sur les pouvoirs de toutes ces femmes, sur ce que sont devenus les hommes de la famille et pourquoi. L'enquête policière qui charpente l'intrigue est rendue crédible grâce à la personnalité de l'enquêteur, râleur et tendre à la fois.

Les passages évoquant l'affreux Marchand de Sable sont réussis, suscitant pour ma part des souvenirs à la Tim Burton. D'autres épisodes me semblent assez obscurs, mais il est peut-être sage de ne pas tout interpréter. Il y a là un mélange d'horreur et de contes, une ambiance à la fois familière et inquiétante. Réalisme et fantastique se trouvent donc ici confrontés dans un roman à l'écriture fluide. L'ensemble est peut-être cependant un peu trop sage (à l'image de la couverture) et le propos retenu par le classicisme du ton, pour être vraiment efficace (on n'en fera pas de cauchemars) et mémorable.

 

Sandrine Brugot Maillard - Mes imaginaires

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Fakhouri - Narcogenèse - Librairie Libellune
Posté 24 juin 2011 -
Un nouveau roman d'Anne Fakhouri : je m'empresse d'y plonger ... et je ne suis pas déçue. Narcogenèse a la grande qualité de mêler habilement le réel à l'imaginaire et permet ainsi à la lectrice que je suis, de m'immerger dans un univers fantastique auquel je suis assez peu habituée. Son talent réside dans la façon dont elle échafaude l'univers de son livre, parvenant à rendre l'irréel plausible. Un pied dans la réalité d'une enquête policière, et un autre dans un monde parallèle où cheminent des personnages à la recherche de la clé de l'énigme. Car encore une fois, Anne Fakhouri réussit parfaitement à mener son intrigue jusqu'au bout pour terminer dans un suspens bien vissé.

Anne Fakhouri affectionne particulièrement le symbolisme de la grotte, de la profondeur, la frontière entre réel et imaginaire, le monde parallèle, l'autre côté du miroir. Elle aime emmener ses lecteurs dans les méandres des contes de fées, et dans le théatre des frayeurs enfantines. Dans la construction d'une famille aux lourds secrets, elle aborde de difficiles sujets, tels l'infanticide et l'abandon d'enfants. Nulle morbidité cependant dans ses lignes, à croire que même dans l'obscurité, une lumière d'espoir peut poindre.
Sa plume est élégante, son champ lexical riche mais jamais prétentieux. Et ceci est important pour la crédibilité de son histoire, pour brosser des portraits de personnages accessibles pour le lecteur. Ce dernier roman constitue une véritable lecture dépaysante, qui nous porte loin notre quotidien.
 
Libellune
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Fakhouri - Narcogenèse - blog-o-livre.over-blog.com
Posté 27 juin 2011 -
Voici le dernier roman d'Anne Fakhouri. Après l'excellent diptyque jeunesse, Le Clairvoyage et La Brume des Jours, l'auteur se lance ici dans un thriller fantastique à la fois plus sombre et plus adulte. Après l'excellent moment de lecture passé avec ces deux premiers romans, j'avais hâte de pouvoir découvrir ce nouveau roman, mais j'ai attendu les Imaginales pour me l'offrir et par la même occasion me le faire dédicacer. Je dois dire que je trouve la couverture, illustrée par Xavier Collette, vraiment magnifique.

Des troubles étranges s'abattent dans la région, des cas de somnambulismes violents ou encore des enfants qui disparaissent. Alors, quand on retrouve un des enfants dans la propriété du Chais l'enquête va donc se tourner vers les Gauchers cette famille riche et influente jalousé par tous. L'auteur décide avec ce livre de mélanger les genres entre thriller, fantastique et drame familial sur plusieurs générations, et je dois avouer qu'elle s'en sort très bien. On sent aussi que ce roman est plus adulte par son atmosphère plus sombre, plus prenante et angoissante. Une atmosphère dérangeante qui colle très bien à l'histoire.

L'intrigue ne se laisse pas cerner facilement, au fil des pages l'auteur laisse entrevoir peu à peu les actions et les conséquences de chacun levant le voile lentement sur ce mystère. Les secrets sont avoués petit à petit et le lecteur se trouve happé dans l'histoire et a du mal à lâcher le livre. Des fois on se pose même des questions, se demandant dans quelle direction va l'auteur, pour être agréablement surpris quelques pages après, en effet
les indices laissés par l'auteur au fil des pages prennent de leur importance pour la conclusion. Une histoire et une intrigue prenante et maîtrisée dont on tourne les pages avec envie de savoir lé vérité.

Déjà dans ce deux premiers romans on sentait la passion de l'auteur pour tout ce qui est autre univers voir les mondes parallèles, ici dans ce livre on entre dans le monde des rêves un monde magique et féerique qui est pollué, sombre, un monde dont on ne ressort pas indemne. L'auteur aime aussi reprendre certains contes et histoires de notre enfance comme le "marchand de sable" ou encore le magicien d'oz et s'accaparer ces histoires, les transformer pour les attacher à son histoire de façon originale et sans jamais les dénaturer.

L'auteur utilise la narration à plusieurs voix, on suit différents personnages nous offrant ainsi différents points de vue de l'affaire. Les personnages sont tous complexes, denses et dont les secrets pèsent lourds. On s'attache facilement aux héros qui ne se laissent pas découvrir facilement. Chacun d'eux possède ses propres secrets et ses propres blessures. Je trouve juste que le personnage de Simon, le flic au grand coeur, manque un peu de complexité et de densité, mais rien de vraiment dérangeant.

La plume de l'auteur est vraiment fluide, prenante, sombre et vraiment visuelle, on imagine facilement les scènes décrites. Tout comme son premier diptyque elle continue de nous parler des maux de l'enfance et de leurs souffrances, un thème qui a l'air d'être très chère à l'auteur, mais sans jamais rentrer dans le glauque ou le sordide. Des sujets difficiles tels que le déni de grossesse, l'abandon d'enfants ou encore l'infanticide sont soulevés dans ce livre et elle le fait de façon juste et poignante ce qui offre un côté intimiste et prenant à ce livre. Par contre, je reprocherai à certaines scènes de ne pas apporter grand chose à l'histoire, je pense principalement à la scène du scientifique qui analyse la plume, mais rien de bien dérangeant.


En Résumé
: Voilà un livre qui mélange les genres entre thriller, drame familial et fantastique et qui m'a offert un très bon moment de lecture. Une intrigue dense et maîtrisé au service d'une ambiance sombre et angoissante avec des personnages complexes, même si certains sont un peu lisse. La plume de l'auteur est vraiment prenante et traite de sujets graves mais, sans jamais tomber dans le sordide. Je reprocherai juste certains passage qui n'apportent rien à l'histoire, selon moi, mais rien de bien grave dans ce livre difficile a cerner et pourtant intriguant, haletant et prenant dont on a du mal à lâcher la lecture.

 

blog-o-livre.over-blog.com


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Fakhouri - Narcogenèse - De l'autre côté du miroir
Posté 27 juin 2011 -
La famille Gaucher est la source de bien des rumeurs: on les dit maudits, sorciers, dévoreurs d’enfants. Famille secrète et renfermée sur elle-même, sa fortune attire bien des convoitises. Louise Gaucher est infirmière dans un service de réanimation. Elle a un étrange pouvoir, celui de voyager dans les rêves des patients coincés entre la vie et la mort. Lors d’un voyage dans le monde chimérique d’un petit garçon, elle croise une étrange créature se surnommant le marchand de sable. Dés lors, des enfants disparaissent, tandis que d’autres tombent inexplicablement dans le coma et les indices conduisent tous vers la maison des Chais, propriété de la puissante famille Gaucher.

Après le Clairvoyage et La Brume des Jours, Anne Fakhouri délaisse pour un temps la littérature jeunesse, mais poursuit son chemin dans le monde de l’enfance et des peurs cachées. Sur fond de secrets de famille, elle aborde des thèmes difficiles tels que l’abandon, le déni de grossesse et l’infanticide.

Ces drames donnent vie à une sombre créature: le marchand de sable. Loin du personnage amical des contes et de Bonne nuit les petits qui laisse tomber du sable sur les yeux des enfants pour les endormir, le personnage de Narcogenèse est une sorte de Freddy Krueger qui s’attaque aux dormeurs dés que ceux-ci ont passé le seuil du monde des rêves. Il aime avant tout terroriser, faire monter la peur et la souffrance avant de détruire l’âme de sa proie.

Sous couvert d’une enquête policière lancée par l’oncle d’un des enfants disparus, le lecteur est baladé de protagonistes en protagonistes, partagé entre les non-dits et les souvenirs. Plusieurs personnages se partagent en effet la narration, et chacun d’eux va apporter une pièce au puzzle complexe de ce tueur en série onirique. Oscillant entre thriller et fantastique, Narcogenèse retrace une grande fresque familiale noire et complexe où chaque personnage apporte sa voix, sa vision: de l’innocence de l’enfant, à l’incrédulité de l’adulte en passant par le savoir de la grand-mère, le lecteur passe d’un point de vu à l’autre et ne comprend la menace qu’une fois avoir écouté tous les témoignages. Pas vraiment de héros dans cette histoire, différentes générations d’hommes et femmes s’y succèdent, impliquées de façon plus ou moins importante.

Toutefois, Anne Fakhouri maîtrise parfaitement le fil de son histoire et je ne me suis sentie à aucun moment perdue: on se laisse porter par l’intrigue, enfermé dans l’angoisse qu’éprouve les différents interprètes. C’est un conte noir, très noir, où le danger peut surgir dés que vous fermez les yeux … Don’t blink !

 

De l'autre côté du miroir - le petit monde de Laure

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Fakhouri - Narcogenèse - CoCyclics
Posté 29 juillet 2011 -
 A lire absolument si on aime :
- les histoires sombres
- les cauchemars
- le monstre sous le lit
- les faits divers provinciaux
- le magicien d'Oz
- les non-dits
 
A éviter si on cherche :
- un récit léger
- des personnages lumineux
- "Bonne nuit les petits"
- à se faire peur pour de faux
- des thèmes inoffensifs
- un point de vue unique

L'avis du critique :

J'étais prévenue que cette histoire-là n'était pas pour les petits, c'est donc avec précaution que j'ai soulevé la couverture. Je l'ai refermée un souffle ou une éternité plus tard sans l'avoir lâché entre-temps. Autant le Clairvoyage nous entrainait dans l'univers des contes de fées où l'ombre alternait avec la lumière, autant Narcogenèse nous plonge dans le monde des cauchemars.
Sont convoqués, sur fond de classique du cinéma enfantin, les pires angoisses que peut libérer notre inconscient. Le marchand de sable donne le ton : le gentil personnage des contes pour enfant s'est transformé en un psychopathe qui détruit les esprits fragiles. Dans l'atmosphère étouffante d'une bonne famille de province, dont la façade respectable cache de bien noirs secrets, on apprend à ne pas se fier aux apparences et même, peut-être, à plaindre les méchants, car de la souffrance naît toujours la souffrance. Qui rompra le cycle infernal ? Peut-être qu'en tant que femme les thèmes abordés me touchent plus profondément : la liberté féminine, la respectabilité, le viol, l'infanticide, le déni de grossesse, l'abandon. D'ailleurs, les héroïnes sont bien les femmes, malgré la présence de quelques personnages masculins (qui d'ailleurs arrivent quand même un peu comme la cavalerie à la fin, histoire de se rattraper) puisqu'elles sont seules à posséder un certain don.
La réussite du livre tient aussi au fait qu'en mêlant réalisme (au point que toute l'affaire pourrait s'expliquer de façon rationnelle) à des détails fantastiques issus de la culture populaire, l'auteur crée une atmosphère à la fois familière et angoissante. Le récit enchaîne les points de vue différents, ce qui pour moi est passé dans problème avec la fluidité de l'écriture mais peut dérouter des lecteurs allergiques au procédé et/ou qui aiment bien suivre un seul personnage. De la même façon les caractérisations des personnages ne sont pas aussi développées qu'elles pourraient l'être si on se concentrait sur un seul, mais il y en a plus, on ne peut pas tout avoir.

En conclusion :

Le mélange des genres thriller-fantastique-drame familial fonctionne parfaitement.
L'histoire est sombre mais sans jamais sombrer dans le gore ni le sordide.
Le petit plus du livre : Je ne vois pas ce qu'on peut ajouter après ça...
 
Kira
CoCyclics, la mare aux nénuphars
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Fakhouri - Narcogenèse - Biblioteca Magazine
Posté 22 août 2011 -
Louise Gaucher travaille dans un service de réanimation. Parfois, elle s'assoupit aurpès de ses malades plongés dans le coma et voyage dans le " monde des rêves ". Puis elle rentre au Chais, la maison de famille où la discrétion est de règle - réussite dans l'industrie pharmaceutique oblige.
 
Une nuit, alors qu'elle voyage dans l'esprit d'un enfant plongé dans le coma, Zette se retrouve face à une créature malfaisante, le Marchand de Sable. Quelques jours après, un enfant de la DDASS disparu est retrouvé dans le parc du Chais. Le capitaine Simon Larcher, démis de l'enquête du faits des appuis del a famille Gaucher, se retrouve au pied du mur quand son neveu disparaît à son tour : il faut qu'il décide Saul, le fils lui aussi " disparu " de la famille Gaucher, à sortir de l'ombre... 
 
 
Biblioteca Magazine
n°155 avril 2011 
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Fakhouri - Narcogenèse - Les Chroniques de l'Imaginaire
Posté 26 septembre 2011 -
Armande est une femme respectable. Elle a beaucoup souffert pour s’élever dans la société : beau mariage avec un époux qui lui laissait les rênes du ménage et des affaires, belle réussite financière grâce à une entreprise pharmaceutique florissante, belle demeure dans un parc quasi infranchissable de l'extérieur. Et une famille à protéger. D’eux-mêmes, de leurs pulsions inconséquentes.
 
Qu’est-il passé par la tête de sa fille quand elle s’est faite engrosser par le premier mâle primaire venu ? Seule solution en ce début de XXème siècle pour préserver les dons innés (la rumeur dit dans leur dos que les femmes de cette lignée sont sorcières) et les biens acquis, se débarrasser de l’enfant ; placement, infanticide ?
Représentant de l’ordre sans histoire quelques dizaines d'années plus tard, Simon Larcher ne se mêle pas de la vie des autres. Bien faire son travail et prendre soin de son neveu et de sa sœur sont des emplois à plein-temps qui remplissent déjà les journées. Alors pourquoi se préoccuperait-il de la famille Gaucher et des secrets qui entourent leur demeure seigneuriale ? Jusqu'au jour où Simon rencontre l’inaccessible Diane Gaucher. Instantanément son esprit s'enflamme et l'attirance physique irrépressible qu'il ressent pour cette inconnue si distante le fait basculer tout éveillé dans un imaginaire de fictions déshabillées. Ses affaires se corsent davantage quand le corps inanimé du jeune garçon de la DDASS qu’il recherchait est retrouvé dans le parc du fameux manoir. La conciliation entre enquête et appétence charnelle ne se fera pas sans heurts...
Infirmière en soins intensifs, Zette passe la plupart de ses nuits au chevet de patients dans le coma. Elle dort à leurs côtés et, dans ses rêves, elle les suit dans le monde qu’ils se sont créés. Univers féérique ou cauchemardesque, elle les emmène ensuite pas à pas vers le choix crucial : revenir parmi les vivants ou continuer leur chemin. C’est au détour d’un de ces mondes oniriques, alors qu'elle se promenait dans la tête d'un jeune garçon, qu’elle rencontre un esprit malfaisant qui lui donnera du fil à retordre jusque dans la réalité.
 
Des destins qui se croisent, solitude, secrets, sorcières de jadis, cauchemars et intrigue policière, tels sont les ingrédients qui font de ce roman un excellent ouvrage en littérature de l'imaginaire francophone. La langue de Anne Fakhouri toute en finesse et retenue délivre au compte-mots les divers pans imbriqués de sa trame narrative, et tisse sous nos yeux une toile de rêves complexe mais filée sans accrocs de la première à la dernière ligne. Parfois il nous semble qu'elle nous a semés, quelque part, au détour du cauchemar d'un petit garçon ou devant la maison d'une énigmatique solitaire, mais à chaque fois elle comble les ornières du sentier pavé de briques jaunes et nous mène telle la Dorothy du conte directement au pays du Magicien d'Oz, où nous comprenons enfin quelle est la part du songe dans son univers de réalités.
 
Pantalaimon
Les Chroniques de l'Imaginaire
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Fakhouri - Narcogenèse - Mythologica
Posté 25 octobre 2011 -
Louise Gaucher travaille dans un service de réanimation. Dès qu’elle le peut, elle s’assoupit auprès de ses malades plongés dans le coma. Elle a le don de voyager dans le « monde des rêves » où les patients choisissent entre la vie et la mort.

Simon Larcher est flic. Il ne boit plus, ne baise plus et ne joue à rien. Il voudrait juste nettoyer le monde de son horreur et de sa tristesse. Une nuit de janvier, un enfant de la DDASS disparu est retrouvé dans le parc du Chais, propriété de la puissante et riche famille de Louise… Cela faisait un moment que je n’avais pas lu un roman avec un véritable univers. Bien souvent l’auteur donnait les grandes lignes, quelques descriptions alambiquées, et l’affaire était dans le sac. Dans Narcogenèse, on dépasse la simple description. Anne Fakhouri crée une atmosphère. Elle prend le temps d’installer les éléments nécessaires à la plongée du lecteur, et ce dernier se laisse tout doucement glisser dans le domaine du Chais. Narcogenèse est un roman avec lequel il faut prendre son temps, que ce soit du côté de l’écrivain et du côté du lecteur. Ce n’est pas un roman où l’action rythme chaque page, mais cela permet de développer assez finement la psychologie des personnages, chose devenue plutôt rare dans mes dernières lectures.

Outre l’atmosphère « coconale » offerte par Anne Fakhouri, la place accordée aux peurs enfantines m’a particulièrement plu. Sans dévoiler trop d’éléments de l’intrigue, le personnage du marchand de sable est bien exploité jouant sur les zones obscures des contes et légendes. Un homme ayant autant de pouvoir sur notre sommeil ne serait-il pas dangereux ? Jusqu’où pourrait-il jouer avec les dormeurs ? Où commencerait la folie ?

Anne Fakhouri nous livre donc une histoire originale arrosée de fantastique avec des personnages intéressants et un style d’écriture très plaisant à lire. Narcogenèse est un livre qui se savoure. Abandonnez donc l’idée de le dévorer dans le métro. Prenez plutôt une couette moelleuse et un chocolat chaud. Et si vous avez de la chance, peut-être qu’un petit vent d’hiver viendra souffler à votre fenêtre. A moins que ce ne soit le marchant de sable…

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Fakhouri - La Clairvoyage - Yozone
Posté 10 avril 2012 -

Le Clairvoyage a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire Jeunesse 2010. Il était donc plus que temps de vous en parler.

Anne Fakhouri tisse dans ce premier volume une ambiance à la fois sombre et féérique. Clara atterrit au milieu d’une famille dont elle ignore tout, et réalise assez vite, maligne et pragmatique qu’elle est, qu’il y a des forces surnaturelles à l’œuvre. Elle ne tarde pas à apprendre, de la bouche de ses tantes Lia et Suze, l’existence des fées, et que ces dernières ne sont pas de gentilles créatures. Bien loin de là.

Bien qu’elle crée sa propre féérie, Anne Fakhouri puise avec brio dans la matière inventée par ses illustres prédécesseurs : Shakespeare avec le « Songe d’une nuit d’été », ou Lord Dunsany et sa « Fille du roi des Elfes ». Car les fées de ce « Clairvoyage » sont des êtres cruels, égoïstes, qui en ont après les hommes et contre lesquelles certains, les Chasseurs, tentent de lutter.

Mais aux yeux de Clara, qui n’apprend les choses qu’au compte-gouttes, gouttes que veulent bien lâcher les membres de sa nouvelles famille, rien n’est simple. Comment savoir qui ment ? Sa tante Bé, si bizarre, qu’on lui décrit comme un monstre depuis son enfance, est-elle ce qu’elle semble, une alliée des fées ? Suze et Lia n’ont-elles pas leurs propres secrets ? Et son cousin Gauvain, futur Chasseur, qui sort à peine de l’enfance, sera son allié le plus précieux. Mais n’est-il pas manipulé lui aussi ?

Il faudra tout le courage et la détermination d’une jeune ado qui n’a plus rien à perdre pour permettre à Clara de se tirer de l’écheveau tissé par les fées autour d’elle.

Son bref voyage entre les mondes, lors de la Saint-Jean, rappellera à beaucoup « Alice au Pays des Merveilles », ou plus récemment des incursions chez les fées dans « Thomas le rimeur » d’Ellen Kushner ou le bal du faune de « Jonathan Strange & Mr Norrell » : chez les fées, le scintillant dissimule les intrigues de couloir, et chacun est prêt à poignarder l’autre dans le dos pour grapiller quelques miettes de pouvoir et d’éternité.

Roman jeunesse en raison de l’âge de son héroïne, « Le Clairvoyage » se lit très agréablement, tant par la richesse de son imaginaire, qui s’appuie sur les classiques, que par le rythme soutenu de ses péripéties, qui vont crescendo, tandis que l’ambiance s’obscurcit et que les adultes, au début sympathiques, deviennent de plus en plus extrêmes dans leurs folies respectives. Un rêve prémonitoire de Clara, aux conséquences funestes, achève de nous convaincre qu’il faut, sans tarder, lire le second volet, « La Brume des Jours », où l’on espère voir la jeune fille triompher d’un destin que fées et famille ont, semble-t-il (mais qui croire, entre les menteurs et les muets ?), tracé pour elle.

 

Nicolas Soffray

Yozone

 

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Fakhouri - Narcogenèse - blog L'Atalante
Posté 12 septembre 2011 -

Narcogenèse est un roman terrifiant, étouffant. Sa force tient à la fois à sa qualité d’écriture et à la puissance de ses références, qui nous hantent dans l’arrière-fond du texte : Hoffmann et son épouvantable conte du marchand de sable, mais aussi Ubik. Vous avez aimé Hoffmann et Philip K. Dick, vous aimerez Anne Fakhouri.

Le « Grand Lustucru » qui passe, chanté par Colette Magny à la voix si étrangement basse, mange « crus tous vifs, sans pain ni beurre, tous les petits gars qui ne dorment pas » – « petits gars » au sens de « guys », car filles et garçons sont sa proie. Mais le marchand de sable est encore pire quand il s’attaque aux enfants qui dorment. Il est si puissant qu’il peut les projeter dans le coma. Il les viole, il les torture, il les tue. Le moindre sommeil leur est fatal. Il est l’Homme Noir des cauchemars, cette instance psychique destructrice dont parle Clarissa Pinkola-Estes dans Femmes qui courent avec les loup/ves. Il est celui contre personne ne semble pouvoir lutter.

Dans Ubik, la jeune morte a bien du mal à résister à l’envahissement de ses forces diminuées par l’esprit dévorateur de l’adolescent créateur de faux mondes ; mais les semi-morts se liguent et résistent. Dans Narcogenèse, toute tentative de résistance (que ce soit celle de Simon, le policier, ou de Zette aidée de Ti, son ami d’enfance) semble vouée à l’échec. L’angoisse s’ouvre peu à peu, comme un abîme révélé, au fur et à mesure que tous ces personnages se trouvent réduits à l’impuissance, les mains liées, voire entrainés dans la mort et broyés. Rythmé par l’enquête de police qui piétine et par les disparitions successives et progressives des enfants, le roman se construit comme un thriller.

Ce n’est pas pour rien que la figure de Barbe-Bleue est évoquée, comme en passant, p. 229. L’homme noir, la barbe-bleue et la marchand de sable ne font qu’un, dans le terrifiant fantasme ; tel est le vampire, esprit mauvais qui se nourrit d’énergie vitale. Comment faire face au monstre, sinon en crevant les sépultures enfouies d’une inextricable grande famille ? Que peut-on espérer quand couvent les secrets et les traumatismes, les crimes du passé qui donnent leur consistance à l’horreur ?

Au-delà du fantastique et du réel, le roman règle ses comptes avec une épouvante bien plus simple et palpable : celle du mariage et de la famille, qui sont désignés comme la source secrète de toute horreur et de toute terreur.

Anne Larue

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Fakhouri - La Clairvoyage - L'étrange bibliothèque de Calenwen
Posté 12 mars 2012 -

On a toujours de très bonnes raisons de choisir un roman sur l’étagère : belle couverture, titre ou résumé aguicheur, auteur fétiche, recommandation d’un ami… et puis des fois on a des raisons absolument ridicules. Tenez pour celui-ci, l’une des principales raisons de mon choix est nombriliste au possible. C’est que l’héroïne porte le même prénom que moi. Quand j’étais petite, ça me perturbait un peu d’avoir un prénom pas courant (enfin comparé à mes copines qui s’appelaient toutes Lisa ou presque), du coup je trouvais ça extraordinaire de trouver des personnages de romans qui s’appelaient Clara. Et je n’ai jamais franchement perdu l’habitude.

Le Clairvoyage commence comme la plus classique des histoires : Clara vient de perdre ses parents dans un accident de voiture, et est envoyé vivre chez son oncle mystérieux. Dans cette maison étrange où de nombreuses pièces lui sont interdites, elle découvre peu à peu une famille très étrange pour qui fées et fantômes font partie de l’environnement naturel. En toute sincérité, je ne suis pas sûre d’avoir compris grand-chose à l’intrigue (la quatrième de couverture est presque plus explicite que le roman), mais c’est sans doute parce que j’étais un peu trop sous le charme de l’écriture d’Anne Fakhouri pour prêter réellement attention à l’histoire.

C’est un roman avec une belle atmosphère, une très belle même, avec cette étrange maison, ces membres de la famille tous plus siphonnés les uns que les autres en apparence, ces séquences dont on ne sait plus trop si elles sont rêve ou réalité (notamment la poupée qui parle). C’est le genre d’histoires de fées que j’aime, avec des fées plutôt cruelles, une mythologie bien maitrisée, et une ambiance tellement onirique dans laquelle on peine à distinguer le réel de l’irréel. Mais tout seul, ça ne suffirait pas forcément à me faire aimer le texte.

Ce qui m’a vraiment plu, c’est que Le Clairvoyage cache dans son histoire de fées un drame familial comme tout le monde en connait : des fratries fâchées à cause d’un incident à une fête de famille, un mariage mal perçu par l’entourage, des enfants orphelins, de lourds secrets jamais révélés… On trouve tout un tas de variations dans ce genre dans ce roman, et cela lui donne une belle profondeur (ainsi qu’à l’ensemble des personnages, qu’on perçoit mieux, unis qu’ils sont par des liens plus ou moins proches). Du coup, on oubliera l’intrigue assez obscure, d’autant plus qu’il est facile de se laisser porter par une écriture pleine de poésie et de musique, avec des passages qui vont droit au cœur.

Il y a une suite (nécessaire, après tout l’histoire commence à peine à la fin du Clairvoyage), la Brume des jours, je la lirais donc dès que j’aurais mis la main dessus (...). « Tu dis souvent ça. C’est triste. Ben non, Clara, c’est pas triste. C’est la vie, non ? Les gens meurent ou disparaissent. Les autres s’en souviennent. Même la mort de tes parents en soi n’est pas triste, parce que tu t’en souviens. Tu l’as dis toi-même. Ce qu’il y a de plus triste, c’est de ne plus avoir de souvenirs. »

Calenwen

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Fakhouri - Le Clairvoyage - Le Fugu Galactique
Posté 20 avril 2012 -
Anne Fakhouri offre, avec ce dyptique singulier, une plongée progressive dans la féérie, en deux étapes pour deux romans complètement dissociables au niveau narratif.
 
Au Cours du Clairvoyage en effet, la jeune protagoniste, arrachée au giron parental rassurant et propulsée dans le pan "obscur" de la lignée familiale, s'approche dangereusement de l'"autre monde"...sans y sombrer totalement.
 
Pure transfiction donc : Alice est bien là, mais le miroir n'est jamais franchement traversé ; sauf dans les dernières pages du livre. Lorsque Clara trouve le passage vers l'univers des Fées, le changement de registre narratif est immédiat et, fait intéressant, induit même un changement d'objet-livre. En fermant le Clairvoyage, la possibilité du réel se voit de fait clôturée, et il faut ouvrir un autre roman pour pénétrer dans La Brume des Jours. Ce dernier peut donc se définir comme un ouvrage de fantasy au sens classique (et anglo-saxon) du terme : récit mettant en scène un autre monde, fermé, défini, disposant des ses propres codes et lois naturelles, que l'héroïne traverse avec une quête à accomplir. Un ouvrage à mon sens qui, quoique réussi, s'avère moins émoustillant que son pendant transfictionnel.
Le Clairvoyage est, il faut l'avouer immédiatement, une véritable et très belle valse lente (remarquable de maîtrise pour un premier roman) ; c'est un pas de deux, entre lecteur et personnage, vers l'inconnu, l'inconscient, la puissance du mythe. Réel et fantasmagorie y cohabitent ou s'y heurtent de façon tantôt délicieuse, tantôt terrifiante, dans un ballet glaçant, tutoiement de la folie ordinaire. Clara n'est-elle pas tout simplement hors du sens ? Que voit-elle, ou ne voit-elle pas, de ses yeux sans aventure ? Les collines de Mulholland Drive, peut-être...
 
Le Clairvoyage est un récit en marge, dont le "potentiel d'envoûtement" se voit régulièrement réajusté par de salvatrices saillies humoristiques. C'est un bonheur. Bref : Un dyptique tout à fait intéressant, remarquable surtout pour son premier volet, l'étrange et très réussi Clairvoyage, véritable "matière à penser" et possible transficiton... mais qu'en dirait M. Berthelot ??
 
Le Fugu Galactique
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Fakhouri - Le Clairvoyage - Encres & Calames
Posté 16 mai 2012 -
Le Clairvoyage est de ces romans jeunesse de qualité dont on se sort difficilement. Clara, 12 ans, vient de perdre ses parents dans un accident et doit aller vivre chez son oncle et sa tante, au sein d'une famille particulièrement bizarre et dont les passe-temps sont étonnants. De la tante invisible qui passe ses journées à peindre des tableaux cachés, à la collectionneuse de services à thés de poupées maléfiques, en passant par l'oncle qui tient régulièrement des conversations passionnantes avec sa mère (pourtant décédée depuis des lustres), il y a de quoi avoir peur. Mais Clara, bien que fondamentalement rationnelle, prend les choses avec un bon sens qu'on lui envie, et se lance comme elle le peut dans la bataille opposant fées et humains qu'elle découvre plus ou moins par hasard - et dont elle est forcément un des acteurs majeurs.
L'intrigue pourrait, ainsi, sembler très classique: roman d'apprentissage, où une jeune fille découvre sa valeur par l'entremise d'un monde féérique, nécessairement opposé au sien, et sujet à une réflexion plus vaste... mais une fois plongés dans le roman, il devient difficile de s'en sortir. S'il est vrai que le roman donne à réfléchir sur certains thèmes assez peu aisés à aborder, il restera dans les mémoires par l'ambiance qui le gouverne. Anne Fakhouri nous entraîne à sa suite dans un univers puissant, où le fantastique peut surgir à n'importe quel moment. Ce monde féérique, tout aussi magique que terrifiant, est très riche, nourri par un imaginaire oscillant entre classicisme des contes de fées et originalité, due à un imaginaire que l'on sent débordant. L'univers est parfois sombre, voire glauque, mais rappelle tout à fait certaines ambiances propres à Shakespeare - d'ailleurs convoqué dans le roman. On s'attache d'autant mieux à Clara que l'on suit toutes ses pérégrinations, ses peurs, ses étonnements, ses raisonnements. Le peuple féérique, égal à lui-même, est parfaitement froid, comploteur et indifférent; l'auteur a su exploiter les topoï induits par ces créatures, en les intégrant intelligemment à son récit, et adapter également des motifs légendaires connus (le corbeau, la nuit de la Saint-Jean...) sans qu'ils déparent le roman.
Les autres personnages, s'ils soutiennent l'héroïne ou au contraire l'utilisent à leurs fins (on ne sait d'ailleurs jamais trop qui est de quel côté au juste) semblent un peu en-deçà par rapport à Clara (comme monsieur Hêtre et Lia, par exemple), tout en restant très travaillés, intéressants et pleins de charme; peut-être faut-il attendre le second tome pour les voir prendre leur essor.
 
L'intrigue finit d'ailleurs de se déployer dans les dernières pages; c'est avec regrets que l'on ferme ce récit enchanté et enchanteur, pris d'une seule hâte: lire immédiatement la suite.
 
9/10
 
Encres & Calames
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Fakhouri - La brume des jours - Yozone
Posté 18 mai 2012 -
Partis sauver la tante Bé, Clara, Gauvain, grand-tante Coucou et Monsieur Li sont passés dans le monde des fées, et déboulent dans la Brume des Jours. Et c’est la catastrophe : attaqués par un dragon, ils sont vite séparés, réalisant à peine que les deux enfants ont gagné quelques années supplémentaires... Clara sort de son amnésie et, dans son nouveau corps de jeune femme, part à la recherche de ses compagnons et d’un moyen de sauver sa tante captive de la cruelle Miramas.
 
Après Le Clairvoyage, voici donc la suite des aventures de Clara. Mais ce n’est plus la gamine orpheline qui débarque dans une famille bizarre que nous suivons là, mais une jeune femme, grandie par magie, qui arpente le dangereux pays des fées pour sauver ceux qu’elle aime.
 
Changement complet de registre, donc. Notre héroïne a gagné en maturité, et l’univers est radicalement différent. Exit notre monde saupoudré de magie, de légendes s’avérant réelles et de poudres magiques. Clara et ses compagnons sont entrés dans la brume des jours, un espace intermédiaire avant la cour féérique. Un lieu composite où se côtoient différents peuples et de dangereuses créatures.
 
Séparées des autres, Clara se mettra d’abord à leur recherche, donnant à ce second volume des allures de voyage fantastique, dans des lieux aussi étranges que mortels : une bibliothèque où le savoir s’évapore de la tête des lecteurs, la forêt de Baba Yaga et sa maison sur pattes de poulets, le Triste et Joyeux cimetière où les morts s’abonnent à une folle farandole...
 
Retrouvant ses compagnons, Clara va aussi écoper de diverses quêtes pour obtenir des puissants des lieux la libération de sa tante Bé. En cela, le roman tourne un peu à la course à l’échalote, chacun y allant de sa petite énigme et de son petit trésor qui permet d’aller voir le suivant et de résoudre un nouveau mystère... Ce n’est cependant pas systématique, et cela participe au rythme effréné des pérégrinations de Clara. Chaque nouveau lieu est un mélange d’émerveillement spontané, souvent douché par la suite en prenant conscience de sa dangerosité. Heureusement qu’elle est aidée par un petit lutin, casanier et ronchon !
 
Au menu des réjouissances, signalons les retrouvailles avec Marc, l’oncle de Gauvain, captif consentant d’une dryade. Resté aussi jeune que lorsqu’il quitta le monde des hommes, imprégné de la mentalité féérique, il va provoquer de drôles de remous dans le cœur de Clara, qui balance entre les deux garçons, celui resté jeune et l’autre, comme elle devenu brutalement adulte.
 
Clara réalisera vite qu’elle marche dans les pas de la précédente enfant du Clairvoyage, et qu’elle accomplit sa destinée. Mais malgré son air de jeune fille, elle n’est encore qu’une enfant, et craint d’échouer, en dépit d’un destin apparemment tout tracé et d’un rêve prémonitoire...
 
Aux références citées pour Le Clairvoyage, je rajouterai le plus célèbre des voyages féériques, Alice au Pays des Merveilles, et d’autres qu’il a inspirés, avec au premier rang le sombre et magnifique Abarat de Clive Barker (2 volumes, Albin Michel / Livre de Poche Fantasy), transcendé par de nombreuses peintures de l’auteur.
 
Anne Fakhouri réussit avec La Brume des Jours  à donner un second volet radicalement différent, pas seulement dans son univers, mais dans sa forme narrative. Le monde des fées obéissant à de toutes autres règles que le nôtre, cette aventure balaie les quelques connaissances de Clara sur la magie, qu’elle découvre à peine. Les pressions sont nombreuses, de toutes parts, et c’est une course contre la montre (et même plusieurs montres) que l’Enfant du Clairvoyage doit remporter. Un rythme plus soutenu, des aventures plus dangereuses, un univers plus cruel. Comme Clara, l’auteure nous fait grandir plus vite que prévu. Car parfois, on n’a pas le temps de prendre son temps.
 
Pas même de lire cet ouvrage ? Au fil des étapes, si on marquera une pause entre deux chapitres et deux territoires féériques, l’imminence de l’épilogue, qu’on espère heureux (et qui l’est rassurez-vous, mais de peu !), nous fera avancer tambour battant jusqu’à la dernière page.
 
Nicolas Soffray
Yozone
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Fakhouri - Narcogenèse - Des mots et des characters
Posté 21 août 2012 -

L‘intrigue principale de ce roman est la disparition d’enfants mais ce n’est pas tout, quand ils sont retrouvés, ils sont dans le comas. Rien n’explique cela. Enfin, rien dans un monde “réel” ne peut expliquer cela. Cette enquête amène les policiers au Chais, un domaine où vit une famille. Cette famille est connu pour beaucoup de sombres rumeurs comme celle où la famille Gaucher aurait pactisé avec le diable entre autres. L’urgence de l’affaire est que les enfants, au bout d’un certains temps ne survivent pas à leur coma.

Ce livre est fantastique dans le genre et presque chacun des personnages a une partie sombre en eux. L’histoire parait être dans le réel sans magie avec tout ce qu’il y a d’ordinaire. Chaque chapitres alterne un des personnages principaux, tout en découvrant qu’ils sont liés.

Ici, le “méchant” est le Marchand de Sable. À ma connaissance, le Marchand de Sable est quelqu’un qui aide les enfants à dormir. On a tous connu “Bonne Nuit Les Petits” et donc voir une autre version du Marchand de Sable est assez dérangeant quand on voit comment il est. Pour moi, c’est en totale contradiction avec l’histoire de mon enfance. Ce n’est pas désagréable. C’est comme si que l’on voyait la Petite Souris en gros piranha qui mangerait les enfants. Sauf que dans cette histoire, le Marchand de Sable tue les enfants, je ne dirais ni pourquoi ni comment mais je peux dire que c’est assez effrayant. Ce livre traite en fond du thème du rêve aux premiers abords, du sommeil et du coma. Cette histoire sombre est très bien écrite et on prends plaisir à lire page après page. Des passages sont assez dur mais c’est ce qui fait son “charme”. Au final, tout se passe dans le Chais où une famille recelant un secret partagé entre générations mais nié à la fois avec en parallèle deux policiers qui enquêtent sur l’intrigue des enfants disparus ou tombant étrangement dans le coma.

J’ai bien aimé la toute petite pointe de romance qui apparait vraiment à la fin et les pages d’explications. J’ai eu peur, sur le coup, qu’une fois les problèmes réglés, que le livre s’arrête mais ce ne fut pas le cas.

Ce livre, je le relirais et je pense que je le savourai autant que la première fois !

Des mots et des characters

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Fakhouri - Narcogenèse - Journal semi-littéraire
Posté 17 décembre 2012 -
Voilà longtemps, longtemps que je voulais lire quelque chose d'Anne Fakhouri ! Je me désolais de ne pas le trouver dans les rayons de ma bibliothèque habituelle, je pleurais de n'avoir trouvé personne à qui l'emprunter, bref, il ne me restait qu'une solution : l'acheter. Fou, non ? Et je l'ai fait lors des dernières Utopiales. J'hésitais pour une raison très simple : dans mon budget livres que je répartis un peu n'importe comment, il y a toujours un tas de priorités et le fantastique me rend frileuse. D'un autre côté, du fantastique, peut-être, mais l'Atalante. Un bon argument.
 
Eh bien, ça y est, je l'ai lu, et je ne regrette rien !
Une famille de notables est dominée par un matriarcat froid et austère depuis plusieurs générations. On se marie au domaine, on vit au domaine, et tant pis pour la décrépitude des lieux, le parc est bien assez grand pour accueillir les jeux des enfants et la tranquillité garantie par des gardiens efficaces. Louise, l'une des filles, est infirmière et travaille auprès de malades plongés dans le coma, qu'elle retrouve dans leurs rêves pour les guider vers la sortie que sera la reprise de conscience.
Or, pour une raison mystérieuse, des disparitions d'enfants se multiplient dans la région. Un point commun : des pièces closes, rien qui ne laisse penser à une fugue, et des troubles du sommeil dans les jours qui ont précédé... Simon, jeune lieutenant de police, se voit missionné pour enquêter. Jusqu'à ce que son neveu, aimé comme un fils, disparaisse à son tour, tandis que le charme envoûtant de la soeur de Louise n'opère avec de plus en plus de force sur lui...
 
ACHTUNG ! SPOILERS INSIDE...
Vous savez quoi ? J'ai eu l'impression de lire un excellent roman... de blanche. Les aspects fantastiques du roman (un démoniaque marchand de sable, le pouvoir des femmes de la famille) m'a laissé un peu sur ma faim, la petite voix qui se fait entendre dans ma tête ayant très tôt joué à "Tiens, il va se passer ça..." pour gagner presque à tous les coups. Presque, pas tous. Mais suffisamment pour que le noeud du mystère perde de son intérêt pour moi, tandis que les liens entre les personnages et l'étrange atmosphère du Chais, le domaine ancestral m'ont portée jusqu'à la fin. J'aime la façon d'écrire d'Anne Fakhouri. Les lieux prennent vie, et ses personnages sont crédibles et réalistes, et derrière un peu de pathos, tous désespérément seuls et en quête de l'autre.
            
Angua
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Fakhouri - Le Clairvoyage - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté 29 janvier 2013 -

Ce roman cumule les caractéristiques du roman pour la jeunesse (héros adolescents qui entreprennent un voyage initiatique pour apprendre à vivre dans le monde des adultes) et du conte de fées, avec créatures échappées des contes (lutins, sorcières...), de Shakespeare (Titania, Puck...) et de traditions, mythologies ou folklores variés (vouivre, sirène, banshie, Merlin...)

L'auteur impose à tout ce petit monde un rythme effréné, où sa jeune héroïne n'a guère le temps de manger entre deux pièges et deux dangers mortels. Nonobstant ce parcours du combattant, on peut apprécier la culture de l'auteur, ses personnages à la fois traditionnels et vivants (Merlin, par exemple, est très réussi), et son usage du paysage comme personnage, selon la grande tradition folklorique.

Ce roman, qui finit bien sûr sur un suspense qui porte à réclamer la suite promise, ne pourra que ravir les amateurs du genre, qu'ils aient ou non l'âge du public visé.

Mureliane (24/11/2008)

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Fakhouri - L'Horloge du temps perdu - La Prophétie des ânes
Posté 22 avril 2013 -

J'ai commencé ma découverte d'Anne Fakhouri par NarcoGenèse bien que je lorgnais déjà depuis un moment sur le Clairvoyage suite à une chronique très élogieuse de Simatural. J'ai été tellement enchantée par Narcognèse que j'ai poursuivi mes lectures par le Clairvoyage et par La brumes des Jours. La question de savoir si j'ai aimé ne se pose même pas ! Et voilà qu'Anne Fakhouri sort un roman L'horloge du temps perdu toujours chez l'Atalante dans la collection le Maedre, c'est à dire la collection jeunesse.

Théo se retrouve dans le corps de son père, à vivre une vie qu'il ne connaît absolument pas, à découvrir une grand-mère qu'il n'a jamais vu ni jamais entendu la moindre anecdote. Il sait juste qu'il a un rôle à jouer dans ce bond dans le passé dans le corps de son père, il doit empêcher la mort de quelqu'un, à lui de découvrir qui et comment remédier à inéluctable.

Le pauvre Théo va devoir apprivoiser un corps qu'il ne maîtrise pas et s'acclimater à une époque dont ils ne connaît pas les codes, ni les expressions et s'adapter au monde des années 80, ce qui n'est pas toujours aisé pour un enfant du 21e siècle.

Pour ma part, j'ai été très, trop, sensible aux sujets abordés dans ce livre, surtout la question sur les liens d'amitiés construits dans notre enfance, sont ils indéfectible ? Je crois que chacun détiendra sa propre réponse au travers de cette lecture.

Ce livre aborde aussi le thème des relations enfants/parents, cette communication difficile qu'on remet peut-être trop facilement au décalage générationnel mais qui s'explique souvent par l'éducation donnée, l'environnement familial des parents, mais qu'on ignore bien souvent, faute de partage bien souvent. Ne devenez pas le parent que vous ne souhaiteriez en aucun être, ne reproduisez pas ce qui vous a tant fait souffrir. Certes, des adages maintes fois entendus et répétés, mais Anne Fakhouri l’aborde encore une fois avec intelligence. A travers le regard de Théo, qui justement commence à comprendre son père par cet emprunt de corps. 


Encore une fois, je n'ai pas été déçue par Anne Fakhouri. Elle sait donner une sensibilité qui lui est propre à chacun de ces textes, et qui me parle, toujours immanquablement...
 
Cornwall

 

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Fakhouri - L'Horloge du temps perdu - Amazon
Posté 30 avril 2013 -

Avec ce roman, Anne Fakhouri s'inscrit dans ce renouveau de la littérature d'imaginaire jeunesse qui revient à un récit volontairement simple, sans complexité accessoire, pour faire mieux valoir des enjeux de fonds. Même si les deux approches n'ont rien en commun, on pense au « Joe » de Grant Morrison, ce qui n'est pas rien. L'écriture, simple et superbe, offre des moments de grâce comme la « danse des tarés », p.83, ou l'entièreté du chapitre 24 qui est une réussite stylistique. Enfin, la page 13, qui pose ce que doit être un écrivain, vaut en quelques lignes n'importe quel atelier d'écriture. Il est question de temps, de remords, d'éventuelle réparation et de souhait. D'un seul, ce qui est un choix difficile, d'autant plus précieux. Un très beau roman, vivement conseillé.

Xavier Mauméjean

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Fakhouri - L'Horloge du temps perdu - Psychovision
Posté 28 mai 2013 -

Le voyage dans le temps fait partie des thèmes les plus célèbres et les plus exploités de la science-fiction depuis HG Wells et sa célèbre machine. On y trouve aussi bien du blockbuster hollywoodien avec les "Terminators" que de la comédie francaise avec les "Visiteurs" de même qu'on peut y trouver des romans intimistes comme "Replay" que des romans plus épiques comme "Le Déchronologue". Un genre aux histoires multiples donc voici un nouvel exemple :

Théo est un jeune garçon qui vit principalement avec sa mère, évitant d'être trop souvent en présence de son père, personnage asocial et colérique, mais lorsque ce dernier doit aller travailler sur l'adaptation du dernier roman de Stan Iala, l'adolescent fait tous pour s'y rendre et peut-être croiser l'une de ses idoles. Sauf qu'un accident va le propulser directement dans l'enfance de son père et qu'il va devoir empêcher un drame ! Mais lequel ?

Une histoire qui se déroule dans les années 80, une époque qui ne sera pas sans dépayser notre jeune héros qui va ainsi débarquer dans un monde sans ordinateur, sans portable et où même les skates ne ressemble plus à des skates ! Au point qu'il pensera un instant être perdu en province ! Chacun appréciera ce gag comme il le veut. Un décor qui fera exotique pour ceux qui le découvriront et rappelleront des souvenirs à ceux qui y ont vécu !

Théo va également se trouver dans un cadre moins enchanteur que dans sa vie personnelle, découvrant une grand-mère odieuse et sévère avec son fils, se découvrant également victime des gros bras de son collège et une société où l'enfant n'est pas roi. Il va également se découvrir des amis, enfin les amis d'enfance de son père, et découvrir le drame qui a bien pu les séparer, celui qu'il va devoir arrêter.

Et pour ça, un seul indice : un roman de science-fiction qui n'a pas encore été écrit ! Le problème, c'est que le roman mettait en scène des personnages fictifs, même si visiblement inspiré de l'enfance de son père et de celui de son auteur. Théo n'a donc plus qu'à empêcher une catastrophe d'arriver, tout en découvrant des personnes et une époque qu'il n'a donc jamais connu, le tout sans se faire remarquer par ses nouveaux amis.

Le roman a donc un côté assez sombre, assez dur, puisque Théo va découvrir de l'intérieur que l'enfance de son père n'a pas été rose et que plusieurs drames ont émaillés sa vie. Il y a également de l'humour et du romantisme qui vont se mélanger autour de l'intrigue principale, rendant crédible l'histoire de cet adolescent, malgré une touche de fantastique à la fois discrète et omniprésente grâce à son thème.

S'il ne renouvelle pas la thématique du voyage dans le temps, L'horloge du temps perdu s'amuse avec l'une des références du genre et une jolie mise en abyme avec l'introduction de ce roman qui va guider Théo et s'intitule L'Horloge du temps perdu ! Une idée de plus dans un roman qui en regorge et parle au final plutôt d'enfance perdue et d'amitiés brisées, des thèmes également universels et joliment exploité ici.

Bien que publié dans une collection jeunesse, L'Horloge du Temps perdu devrait séduire tous les publics que ce soit par son histoire bien plus originale qu'il n'y paraît, son univers ou bien ses nombreuses références. Anne Fakhouri nous propose ici un conte fantastique réussi, arrivant à être captivant du début à la fin.

Note : 8/10

Stegg

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Interview Anne Fakhouri sur Psychovision
Posté 13 mai 2013 -

Après Narcogenèse et Le Clairvoyage, Anne Fakhouri est de retour avec un roman jeunesse captivant : L'horloge du temps perdu. A cette occasion, elle a accepté de répondre à nos questions.

Bonjour ! Avant toute chose, merci beaucoup d'accepter de vous prêter au jeu de cette petite interview pour Psychovision ! Merci à vous ! Pour commencer, pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours et vous présenter plus amplement à nos lecteurs ?

J'ai publié mon premier roman en jeunesse, le Clairvoyage, en 2008. J'écrivais depuis toujours mais c'est le premier manuscrit que j'ai envoyé. Il a eu l'honneur d'être attribué du Grand Prix de L'Imaginaire, avec sa suite, la Brume des Jours. J'ai fait une petite halte en thriller fantastique adultes, avec Narcogenèse. Mon dernier roman, l'Horloge du Temps Perdu, est destiné à la jeunesse, bien que beaucoup d'adultes m'ont fait des retours, depuis sa sortie, il y a deux semaines. Je ne suis plus étonnée. Le Clairvoyage avait été lu par des adultes comme par des adolescents. J'aime l'idée que mes romans n'aient pas de frontières, et surtout pas d'âge! Mon prochain livre, un thriller ésotérique, sortira chez Rageot en août et aura pour titre Hantés. Je suis prof de français à mi-temps, écrivain à mi-temps et les poussières qui restent sont consacrées à la lecture, à mon mari, mes enfants et mes amis.

Vous avez dirigé plusieurs anthologies pour les éditions ActuSF, c'est quelque chose qui t'a aidé dans ton écriture ? Ou bien est-ce un travail complètement différent ?

Le travail éditorial est très différent mais le fait d'avoir une distance avec le texte permet de mieux comprendre les rouages, c'est évident.

Vous avez écrit quatre romans dont trois de publiés en jeunesse, il y a une différence entre écrire pour des adolescents et des adultes ? Des contraintes particulières ?

Pour mes romans sortis chez l'Atalante, pas dans les thèmes ou les questionnements abordés. Narcogenèse est un roman proprement adulte, car il aborde le sujet de la maternité. S'il avait été destiné à des adolescents (et je n'aurais pas bien vu l'intérêt), je ne me serais pas contentée d'aborder la maternité ; j'aurais sans doute également parlé de sexualité. Ce que je ne compte pas vraiment faire en jeunesse ; je n'adhère pas à la tendance actuelle qui utilise ce credo, bien moins pour informer que pour racoler.

D'ailleurs, on trouvait également des adolescents dans Narcogenèse, ce sont des personnages qui vous attirent ? Vous trouvez plus à dire sur eux que sur des adultes ?

Il y a également des adultes dans mes livres, bien souvent défaillants, d'ailleurs. L'adolescence est une période particulièrement intéressante car elle forme à la vie adulte : on voit dans les collèges et les lycées l'embryon de notre société, chacun se positionne. Si je devais parler d'adultes, je serais beaucoup plus dure. La plupart du temps, on se préoccupe de l'éducation des enfants. Il faudrait s'intéresser à celle des adultes. Ceux que je vois sont incapables de suivre les grands préceptes qu'ils profèrent. Les adolescents ont une faculté de remise en cause que nous avons souvent perdue. Par ailleurs, je crois que j'ai toujours fait vivre l'enfant et l'adolescente que j'étais. Je lui dois ça, je l'ai déjà trahie. Nous avons un contrat très serré, elles et moi.

D'ailleurs passer de l'univers de Narcogenèse à celui de L'horloge du temps perdu a-t-il été quelque chose de difficile ? Ce sont des romans à l'atmosphère complètement différente ?

J'ai la chance d'être monomaniaque dans mes thèmes mais pas dans mes ambiances. Si on regarde bien, on trouve une progression dans mes romans : la responsabilité de l'adolescent, sa place dans le monde, dans le Clairvoyage, la maternité dans Narcogenèse et enfin, la transmission dans l'Horloge du temps perdu. Je reprends ce dernier thème dans mon thriller à paraître chez Rageot, Hantés. J'aime beaucoup de choses, surtout en littérature, je peux passer d'un genre et d'un livre à l'autre sans transition. Je reproduis ça en tant qu'écrivain. J'écris avec ce que j'ai et ce que je suis. Me cantonner à une atmosphère m'ennuierait assez vite.

Dans l'Horloge du temps perdu, vous abordez le thème du Voyage dans le temps qui a mainte fois été utilisé, est-ce que c'est une difficulté ? Comment peut-on faire pour y apporter du neuf ?

Je n'écris pas pour apporter du neuf. J'écris pour donner ma vision du monde. J'ai pris le parti d'utiliser des références connues de tous, celles de Retour vers le Futur, du cinéma (je pourrais citer aussi Peggy Sue s'est mariée ou la série Code Quantum). Je ne suis pas une lectrice de SF et j'ai donc la culture de base des gens de ma génération qui est beaucoup passée par l'écran. Et ce qui m'intéresse, c'est de m'adresser à eux et pas seulement aux amateurs d'un genre. Dans l'Horloge du Temps Perdu, j'ai voulu montrer comment et pourquoi on devient un parent démissionnaire, par son éducation mais aussi les choix qu'on a faits. Et comment un enfant de ce parent-là doit comprendre ce qui lui est transmis ou non. Le voyage dans le temps était le moyen idéal pour raconter cette histoire.

Pour décrire les années 80, on fait comment ? On pioche dans ses souvenirs ou on se documente ? Est-ce qu'à l'instar de Stan Iala, tu as été fouillé dans ta propre enfance ?

J'ai pioché dans mes souvenirs. J'ai écouté la pire play-list de l'histoire de la musique pour me remettre dans l'ambiance. J'ai questionné mon entourage, récolté des souvenirs que j'avais zappés. Le contexte social et politique ne me servait à rien. J'avais plus besoin de détails : les cassettes audio qu'on remontait au crayon, les téléphones à cadran, le top 50...

Propulser un adolescent d'aujourd'hui dans les années 80, ça permet de voir ce qu'on a gagné ou ce qu'on a perdu ? Tu es nostalgique de ces années ?

Oui et non. Explorer ces années me permettait aussi de comprendre ce qu'on était devenus. En grandissant, je me suis aperçue que les décalés du collège, ceux dont on se fichait, les têtes d'ampoule, les gosses différents, étaient pratiquement tous devenus des gens bien et épanouis. A l'inverse, la lolita reine du collège est bien souvent devenue la femme au foyer d'un homme important ou un cliché ambulant, le petit caïd a finalement raté sa vie. Les anciens malmenés ont une tendresse et une compréhension du monde que je reconnais et que j'aime. J'ai voulu les mettre à l'honneur.

Bien que le roman soit publié en collection jeunesse, il semble aborder le thème de l'enfance perdue et propose quelques situations un peu dures. Est-ce une manière de parler aux jeunes lecteurs de ce qui les attend ? De leur dire que tout n'est pas toujours facile ?

Je ne suis pas sûre que les gamins actuels vivent des situations faciles, pas plus que nous n'en avons vécues. Dans l'Horloge du Temps Perdu, il y a des parents absents ou qui divorcent, des parents intrusifs, la difficulté de vivre avec les autres dans une collectivité. Les adolescents sont-ils protégés de tout ça ? Pas ceux que j'ai dans mes classes. La plupart de leurs soucis viennent de leur positionnement face aux autres. Je ne leur dis rien : c'est leur réalité, comme ça a été la nôtre. Les situations difficiles sont celles vécues par mon trio, mes Tarés tellement décalés. La petite Pom et sa mère psychanalyste, Arthur et sa famille parfaite en apparence, et surtout Alex/Théo et sa mère rigide et violente et leur incapacité à comprendre les codes du collège. Le propos sur la vie d'adulte est au contraire positif : c'est en remplaçant leur famille imparfaite par une famille d'amis, la fameuse famille de cœur, qu'ils peuvent s'en sortir.

A un moment du livre, lors de l'interview d'un auteur, vous parlez du Lecteur Idéal, c'est quelqu'un qui existe selon toi ? Quelqu'un que tu chercherais encore ?

J'ai adoré placer cette idée dans la bouche de mon auteur fictif, Stan Iala. Je crois que le pacte de lecture se situe exactement là, pour moi : j'aime les auteurs dont j'entends, par-delà les mots, la vraie musique, dont je comprends le propos au-delà de l'oeuvre. Cette résonance est rare. Je suis déjà tombée sur des lecteurs qui comprenaient exactement ce que je voulais dire et même qui arrivaient à éclairer des points restés plus obscurs pour moi. Ils sont précieux. J'aime cet échange et je le recherche. Si j'évite d'écrire « simplement des histoires », je le fais pour ces lecteurs-là. J'aime l'idée de l'écho. Sinon, quel serait l'intérêt d'écrire ?

Quels sont vos projets ?

J'ai commencé un roman de fantasy urbaine à quatre mains. Par ailleurs, je fais mûrir un roman jeunesse sans fantastique, de littérature générale, sur un sujet qui me tient à cœur : la transmission littéraire. Après, je verrai. J'ai un autre projet de fantasy urbaine dans mes cartons, des recueils de nouvelles qu'il faudrait que j'écrive. Les projets ne manquent jamais. La nécessité d'écrire est plus aléatoire : je ne sais jamais lequel va émerger en premier.

Je vous remercie d'avoir bien voulu répondre aux questions de Psychovision. Et je vous laisse donc le mot de la fin :

Bonne lecture !

Stegg

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Fakhouri - L'Horloge du temps perdu - Les Vagabonds du rêve
Posté 03 juin 2013 -

Ce sont enfin les vacances et Théo compte bien en profiter au mieux. Pas qu'il soit idéal de les passer chez son père, Alex, un homme distant aux soudaines colères, ni dans cette chambre d'enfant modèle qu'il lui a aménagée mais qui ne convient plus du tout à un adolescent.

Toutefois, son père est beaucoup trop pris pour s'occuper de lui. Mieux, il a été choisi comme accessoiriste pour le tournage de L'Horloge du temps perdu, tiré d'une œuvre de Stan Iala. Du coup, grâce à l'insistance de sa mère, le garçon va pouvoir enfin rencontrer cet auteur dont il a fait une idole. En fin de compte, entre cette rencontre tant espérée et des heures pour perfectionner son utilisation du skate, l'été ne s'annonce pas si mal.

Seulement, lorsque Théo va enfin voir Stan Iala, ce ne sera pas sur les lieux du tournage, mais dans un hangar minable où l'auteur et Alex ont rendez-vous pour une confrontation dont les raisons lui échappent. Sauf qu'il y a là la fameuse horloge, l'horloge du temps perdu, et qu'en voulant s'en servir pour renvoyer le père dans un passé où ils étaient amis, Iala va y renvoyer le fils.

Dur dur d'atterrir sur une route inconnue et de se faire ramasser par un policier bienveillant qui, une fois informé de son nom, va appeler sa mère, forcément. Seulement cette mère-là n'est pas la sienne mais celle de son père : c'est dans le corps de celui-ci que Théo vient d'aboutir. Très loin d'une enfance qu'on pourrait rêver.

La seule chose à comprendre pour Théo, c'est que Stan Iala ne le laissera jamais revenir dans son propre temps s'il n'infléchit pas la conduite qu'a suivi Alex. Mais quelle conduite ? Et à quelle occasion ?

Une façon de découvrir que les parents, eux aussi, ont du se construire sur leur propre enfance et que cela explique souvent beaucoup de choses qu'on ne saurait comprendre autrement. Mais modifier le passé, c'est modifier l'avenir car le livre qu'écrit Stan Iala pour se délivrer de ses souvenirs se modifie au fur et à mesure des changements induits par Théo.

Une aimable variation sur les relations entre père et fils tissée à la manière du film Retour vers le futur auquel l'auteur rend un discret hommage et l'occasion d'apprendre qu'aider les autres, y compris ses proches, est encore le meilleur moyen de s'aider, soi.

Hélène

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Fakhouri - L'horloge du temps perdu - Imaginelf
Posté 11 juillet 2013 -

Théo est un grand fan des romans fantastiques de l’énigmatique Stan Iala. Aussi, quand son père se propose de l’emmener sur le tournage de l’adaptation cinématographique de son dernier livre, l’adolescent saute sur l’occasion. Sauf que rien ne se passe comme prévu et Théo se voit propulsé dans les années 80, contraint de mener à bien une mission… dont il ne connaît pas l’enjeu !

Une intrigue qui dévoile l’humanité de ses protagonistes

L’Horloge du temps perdu présente un déroulement narratif relativement classique en apparence, mais bien exécuté. Théo a une mission, il doit enquêter pour comprendre en quoi elle consiste et ne peut échouer sous peine de rester bloqué une trentaine d’années avant son temps. Les protagonistes de cette histoire ont du caractère et un background fouillé. Théo attire la sympathie et la plupart de ceux qu’il rencontre dans son aventure son ambigus, présentant des bons côtés mais aussi certains travers ou secrets. Ils sont de simples humains, avec des failles, et les adolescents subissent leur âge avec ce qu’il implique de comportements étranges, de lâcheté, de méchanceté, mais aussi de puissance émotionnelle positive comme les amitiés pour la vie.

Confrontation d’époques et de personnalités

L’aspect le plus intéressant du récit réside dans l’envoi du héros non dans son propre passé mais dans le passé d’un autre, de son père qui plus est, un père qui était alors adolescent tout comme lui. L’aventure se révèle alors beaucoup plus qu’une course contre la montre pour modifier le passé. Théo se retrouve confronté à une époque très différente, notamment en matière de technologie et de culture, ce qui lui demande de s’adapter rapidement pour passer inaperçu.
Il est de plus confronté à la personnalité ado de son père, très différente de la sienne et de celle de l’adulte qu’il côtoie au quotidien. Il apprendra ainsi à mieux connaître et comprendre cette figure centrale de sa vie, d’une manière bien originale.

Une histoire rapide mais finement menée, au parfum de nostalgie

L’aventure est bien rythmée, la lecture sympathique. Le récit est accessible à partir d’un assez jeune âge (quoiqu’en matière de littérature jeunesse cela dépend vraiment des sensibilités) et devrait bien éclater la plupart des ados.
Il est peut être un peu léger et rapide en absolu pour l’adulte qui verra venir des choses en avance et sera privé donc de certaines surprises ou d’une certaine intensité de lecture. Cependant, des références bien intégrées au récit telles que l’omniprésence du film Retour vers le futur ont de quoi toucher les amateurs de bonne fiction ; le retour des années 80, son absence de téléphones portables et autres joyeusetés rappelleront également des souvenirs à beaucoup.


Une écriture aussi convaincante que l’intrigue

Le choix narratif au présent est bien immersif et la troisième personne du singulier permet de garder un certain recul sur l’aventure, de lire à la fois l’aventure avec le regard de Théo et un œil indépendant. La plume est harmonieuse, maîtrisée. Le fantastique sert parfaitement l’histoire et les chapitres où Théo s’isole avec la personnalité de son père adolescent son esthétiquement réussies en plus d’apporter des confrontations intéressantes.
Bien qu’un peu rapide – il faut dire qu’il s’en passe des choses en peu de temps – Anne Fakhouri réussit à construire une intrigue très cohérente et à dévoiler en peu de pages des personnages profonds, leur histoire, leurs aspirations, leurs peurs, les conséquences de leurs actes…

Au final, bien que peu épais, L’Horloge du temps perdu recèle de nombreuses qualités. Le lecteur adulte peu rester un peu sur sa faim, notamment sur l’aspect fantastique du voyage dans le temps qui est avant tout prétexte à l’aventure, mais toutes ces actions sont entraînantes et l’aspect humain est convaincant. Une lecture jeunesse à partager, sans aucun doute.

Imaginelf 

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Fakhouri - Le Clairvoyage - Le havre litéraire
Posté 27 janvier 2014 -
Le clairvoyage nous entraîne dans un monde peuplé d'êtres de légende, de sorcières, de sirènes, de fées... qui ne sont pas tous et toutes aussi gentils/gentilles que dans les histoires ! Une des grandes qualités de ce roman est cette capacité qu'a eu l'auteur a nous embarquer petit à petit, ouvrant notre esprit pragmatique (et celui de Clara) petite touche par petite touche à cet univers fantastique. 
Rien de conventionnel dans cette histoire, les êtres fantastiques de toutes les mythologies, le folklore et les traditions celtiques sont réemployés aux fins de l'histoire avec originalité et brio.

Les personnages, eux-mêmes, sont travaillés. Clara, l'héroïne principale, 12 ans, est très mature pour son âge et ses émotions sont bien traitées. Ce qui en fait un personnage très agréable à suivre. On y rencontre des personnages plus loufoques et excentriques : comme la grande-tante ou surtout les sœurs de la tante de Clara...
J'ai également apprécié le jeu sur la duplicité de certains personnages : soutiennent-ils l'héroïne ? ou ont-ils des ambitions personnelles qu'ils désirent atteindre par le biais de Clara ?

D'autre part, il règne une sacrée ambiance dans ce premier opus, un peu à la Lewis Caroll ou à la Tim Burton, un brun de folie, un brun sombre. L'ensemble reste surtout plein de mystères ! C'est finalement très plaisant.

Du côté de l'histoire, là encore, l'auteur fait dans le neuf. Une trame qui nous étonne bien des fois par ses rebondissements et ses révélations. Par ailleurs, certains pans de l'histoire nous promettent des aventures palpitantes par la suite !

Bref un très bon premier tome pour une saga qui n'en comportera que deux. Une histoire originale, qui prend l'apparence d'un conte un peu sombre ; mais pousse également la réflexion plus loin en seconde lecture. Une l'ambiance détonante, des personnages creusés ; qui plus est un roman très bien écrit ! Un premier petit coup de cœur pour 2014 !

Un roman jeunesse qui plaira tout autant aux grandes personnes !
Le havre littéraire
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Fakhouri - L'Horloge du temps perdu - Nevertwhere
Posté 18 mars 2014 -
Après Le Clairvoyage et Narcogenèse, voilà donc le nouveau roman d'Anne Fakhouri qui exploite une thématique ô combien alléchante, celle du voyage dans le temps.

Théo est un jeune garçon solitaire et ballotté entre ses parents divorcés (dont un père avec lequel il a bien du mal à tisser des liens). Alors que grâce à son père, il s'apprête à rencontrer son auteur favori sur un plateau de tournage, il se retrouve projeté dans le passé, plus précisément dans le passé de son père lorsqu'il était au collège, avec pour mission de « la » sauver (encore faudrait-il savoir qui est cette personne qu'il doit sauver).

C'est donc assez rigolo de voir un enfant des années 2000 projeté dans les années 80, et y découvrir un monde tellement différent qu'on jurerait qu'il est revenu trois siècles en arrière (comment ça, vous n'avez pas de téléphone portable ?). C'est d'autant plus drôle que l'histoire (tout comme la couverture) fait abondamment référence à Retour vers le futur (on fait difficilement plus années 80 que ce film).

J'ai retrouvé dans L'Horloge du temps perdu le goût d'Anne Fakhouri pour les intrigues très intimistes au cadre restreint, souvent familiale. Pas de monde à sauver dans cette histoire, c'est un voyage dans le temps très personnel qu'effectue Théo, qui donne un aperçu très juste des amitiés et inimités que l'on développe pendant l'adolescence.


L'horloge du temps perdu est un joli texte, une très bonne histoire de voyage dans le temps, mais un peu simpliste par rapport à sa production habituelle. À réserver aux plus jeunes donc !
 
Vert
 
Nevertwhere
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Fakhouri - L'Horloge du temps perdu - Actusf
Posté 27 mars 2014 -
Anne Fakhouri est enseignante en lettres. Mais elle est aussi une auteure. Reconnue pour ses livres Jeunesse (Le Clairvoyage puis La Brume des Jours) elle a aussi ensuite publié un thriller adulte : Narcogenèse. Avec L’Horloge du temps perdu, elle revient dans la littérature jeunesse, mais avec un style totalement différent des précédentes publications.

Même les parents ont un jour été jeunes
 
Théo est un jeune homme habitué à se débrouiller. Surtout depuis que ses parents sont séparés et que son père, accessoiriste de cinéma, vit sans se préoccuper vraiment de Théo. Pourtant le garçon tient absolument à venir sur le tournage du dernier film en préparation, un film tiré d’un livre de Stan Iala, son auteur préféré.

Toutefois, tout ne se déroule pas au mieux une fois sur place. Intrigué par les mystères autour de l’horloge qui est la clé du film entre son père et l’auteur, Théo va les suivre et se retrouver projeté dans le temps, à l’époque où son propre père avait lui-même 14 ans. En 1984... en plein milieu de l’aventure racontée dans le roman de Stan Iala.

Désormais, il ne peut compter que sur ses capacités et deux amis de son père, Pom et Arthur, pour empêcher un drame qui a causé la mort de l’un d’eux et empoisonné l’amitié des deux autres. Voyager à travers l’Histoire et la changer pour un meilleur futur... dans lequel il ne doit pas oublier d’améliorer aussi sa propre vie.

Facile, mais passionnant

Elle ne s’en cache pas, Anne Fakhouri a été largement inspirée par Retour vers le Futur. Basée sur les mêmes principes que le film, l’aventure plonge un garçon de notre temps dans le passé de son père, dont tout le pousse à modifier la vie. Lancé dans une course contre la montre, sans savoir ce qu’il doit faire ni quelles en seront les conséquences, il va devoir faire les bons choix, ne pas laisser découvrir sa vraie nature tout en agissant avec finesse.

L’histoire repose certes sur des concepts connus, mais la sensibilité de l’auteure, le regard amusé et aimant qu’elle pose sur ses personnages rendent la lecture passionnante. À chaque page, le lecteur se demande dans quelle nouvelle galère Théo va se retrouver, comment il va s’en sortir, comment les amis de son père vont réagir.

Une littérature jeunesse de qualité

Trop souvent, les livres pour la jeunesse sont des produits industriels, calibrés et insipides. Il existe des auteurs qui, eux, s’intéressent réellement à leur lectorat et leur raconte des histoires taillées sur mesure pour leur plaisir et non pour la vente. Avec ce retour en littérature jeunesse, Anne Fakhouri montre qu’elle sait écrire des textes intelligents et passionnants. Tout en s’amusant elle aussi, comme un clin d’œil à ses lecteurs, du moins est-ce l’impression qui reste quand on referme ce livre.

Jean Rébillat

Chronique Actusf

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Fakhouri - La Brume des Jours - Livrement
Posté 31 mars 2014 -

Clara est bien décidée à retrouver sa tante et à la sauver. Dans le monde des fées, elle va devoir s’affranchir de plusieurs épreuves. Mais elle est prête à tout, même à botter les fesses de Baba Yaga.

Clara est devenue amnésique : elle se retrouve complètement démunie car elle est séparée de ses compagnons. […] Cette jeune femme ténébreuse perd son innocence enfantine pour devenir à chaque instant, plus forte.[…] Les personnages sont plus sombres ; on fait la rencontre d’un lutin sarcastique et pourtant appréciable. On rencontrera aussi Titania, la Chasseresse, Baba Yaga et d’autres créatures.

L’incursion dans le monde des Fées […] nous entraîne dans un tourbillon d’émotions : amour, désir et amitié.
.

"Aucune des créatures qui se tenaient à une distance prudente ne fit mine d’entendre ce que le roi venait de prononcer. Chacune s’était attelée à un jeu amusant, une danse ou même un semblant de sieste, mal simulée dans le cas des petites fées volantes qui n’arrivaient pas à rester en place et dont les ailes crépitaient d’inaction."

.

“La brume des jours” est le tome qui forme un diptyque avec Le clairvoyage. J’avais de très bons souvenirs de lecture, malgré le fait qu’elle remonte de trois ans en arrière. Aucunement, cette suite n’est faite pour vendre, il s’agit bien d’une aventure en deux tomes même si le premier se suffit à lui-même […].

Ce récit est complet, plein de rebondissements et sans longueur. Bien que poétique et farfelue, l’histoire est aussi douce-amère. Ce volet plus sombre et mature présente le parcours initiatique de Clara. […] La fin qui ne se veut pas un happy end parfait est à l’image même du scénario original que nous présente l’auteur.
La lecture est plus appréciable avec quelques références acquises du monde féerique mais elle passera très bien auprès des plus jeunes adolescents également.

La Brume des Jours poursuit et clôture Le Clairvoyage. L’aventure de Clara l’emmène à dépasser ses limites, à s’imposer en tant que personne car elle doit défendre ses valeurs. Le scénario est original par sa construction et l’incursion dans le monde des Fées est électrisante. Anne Fakhouri présente une histoire dosée, réaliste et une protagoniste à laquelle on peut que s’accrocher. Ce diptyque est un récit de qualité.

 

Blog Livrement

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Fakhouri - Narcogenèse - Letsbeextravagant
Posté 04 juillet 2014 -

Claude Gaucher, grand-mère et chef de la famille Gaucher, cultive les secrets de sa famille avec autant d’assiduité qu’elle cultive et entretient son jardin. Elle vit avec ses deux filles, Diane et Louise, et avec les enfants de Diane, qui est séparée de son mari. Saul, son fils, n’est plus là, on ignore ce qu’il est devenu, son nom même est tabou. Malgré ce climat, il ne viendrait à aucune d’entre elle l’idée de quitter le domaine du Chais, la maison ancestrale et son parc aux allées d’amandiers.

Louise est infirmière dans le service de réanimation. Elle a la capacité de voyager dans les rêves des autres. Alors qu’elle visite l’esprit d’un jeune comateux, elle rencontre le Marchand de Sable, une créature démoniaque qui hante le monde des rêves et se nourrit de l’énergie vitale des comateux. Quand des cas de somnambulisme sont relevés et que des enfants disparaissent pour réapparaître dans un état comateux, elle le soupçonne d’être responsable. Pour lutter contre lui, elle n’a qu’une solution, plonger dans le monde des rêves.

Simon est lui aussi chargé de l’enquête sur les disparitions d’enfants. Quand l’un d’eux est retrouvé dans le parc du Chais, il soupçonne aussitôt toute la famille, et va chercher à inhumer leurs secrets, notamment l’étrange disparition de l’arrière-grand-mère Amélia et ce silence sur le fils de la famille. Mais certains faits ne sont pas à sa portée de flic cartésien et il préfère chercher des solutions rationnelles à ces disparitions étranges.

J’ai beaucoup aimé ce roman. Anne Fakhouri fait appel à un imaginaire qui me parle, même si j’ai lu assez peu de livres sur ce sujet : le monde des rêves. Les comparaisons avec Le magicien d’Oz m’ont aussi semblé judicieuses, même si je ne connais pas vraiment cette œuvre.

Les personnages sont tracés à gros traits et leurs personnalités sont assez peu approfondies, à part celle de Simon. Le fait est qu’ils sont nombreux et qu’on alterne très régulièrement entre leurs différents faits et gestes. On va suivre Simon, Louise, Claude, Max et Lucie, les enfants de Diane, Thibaux l’ami d’enfance des filles Gaucher, sans oublier Paulo, le neveu de Simon. Une flopée de personnages intriguants qui auraient gagné à être mieux caractérisés, mais cela ne nuit pas au roman pour autant. J’ai trouvé le temps très confus. Le roman manque de marqueurs temporels. Au bout d’un moment, je ne savais plus combien de jours avaient passé, avec tous ces gens qui voyagent dans leurs rêves, et je me demandais si on était seulement au lendemain du début de l’enquête ou alors plus semaines plus tard.

Ces critiques sont superficielles et les éléments évoqués ne nuisent pas à l’ambiance générale du livre, qui arrive bien à donner froid dans le dos, avec cette figure du Marchand de sable qui semble être foncièrement mauvaise. J’ai beaucoup aimé aussi de quelle manière les secrets de famille se mêlaient à l’enquête policière. C’est amusant de voir que le fantastique et la sorcellerie sont contrebalancés par le rationalisme des policier qui cherchent à tout prix des coupables en chair et en os, alors qu’il faut chercher dans un monde beaucoup plus obscure.

C’était un très bon thriller fantastique que je recommande aux amateurs du genre !

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Fakhouri - Narcogenèse - Fairystelphique
Posté 25 août 2014 -

Une excellente découverte!!!Je dois dire que je ne m’attendais pas du tout à une écriture et une histoire aussi soutenue…Je suis ravie de cette petite pépite ….

C’est vraiment l’univers qui m’a agréablement surprise: il est d’une grande richesse…On aurait dit un conte horrifique…. C’était génial, le Marchand de sable est flippant !!!! En plus, je réservais cette lecture juste avant de m’endormir, donc je ne vous dis pas comme cet univers autour des rêves, prend une plus grande ampleur…. On y réfléchi à deux fois avant de dormir!!! Enfin un conte pour adulte terriblement efficace!!!

Mais ce livre est bien plus que cela : c’est un thriller parsemé de fantastique mais aussi une grandiose saga familiale!

Enfin grandiose, permettez moi de dire que cette famille a de quoi faire froid dans le dos, c’est hallucinant, voire ahurissant ce qu’on peut transmettre par le sang… Pas seulement des éléments physiques comme on pourrait le croire, mais plutôt "dons" et "tares" qui détermine le destin d’une filiation sur plusieurs générations…A longuement méditer, donc sur l’éternel recommencement…

L’auteure a su nous tenir en haleine tout le long de son histoire, pour nous livrer une conclusion effarante que je n’ai pas vu venir….Tout est impeccablement mené grâce aux multiples points de vue des personnages , il y a le cote enquête avec les flics, le côté peurs nocturnes avec les enfants, un autre un peu surnaturel avec le don de Zette…Bref, chaque détail prend son importance et devient plus vivant grâce aux ressentis de chacun des protagonistes….La fin est tout simplement bouleversante et laisse un grand sentiment de malaise…Elle joue avec nos peurs les plus profondes, entre conscience et rêve, pour mieux nous effrayer même en ayant refermé ce livre!

Stelphique

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Fakhouri - Le Clairvoyage - Abrrracadabra
Posté 03 mars 2015 -

Original et complexe, ce sont les mots qui me viennent à l'esprit pour décrire ce tome 1 que j'ai lu pendant ma semaine de vacances.

Ce n'est pas la couverture qui m'a attirée [...] mais le résumé qui se démarque par rapport aux résumés habituels.

Et dans ce roman, on trouve du fantastique, du féérique mais tout sort de l'ordinaire par rapport à ce que l'on trouve couremment en jeunesse.

Après la mort de ses parents, l'héroïne est envoyée chez son oncle qu'elle ne connaît pas, elle voit des choses bizarres mais n'ose pas en parler, elle rencontre des personnes ... bizarres aussi... [...] Tout est finalement étrange dans ce livre, mais également passionnant, envoutant, et on n'a qu'une envie après l'avoir posé : connaître la suite des aventures de Clara! [...]

 

Nemo_ - abrrracadabra.canalblog.com - 02 mars 2015

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Fakhouri - L'Horloge du temps perdu - booknode.com
Posté 06 mars 2015 -
Un roman simple avec un coté angoissant qui souligne le coté imparfait de l’être humain et sa volonté de toujours être du coté le plus fort à travers une histoire vraiment bien écrite et sympathique avec quelque référence à un des films mythique sur le voyage dans le temps. Un livre à lire dès 12 ans que vous ne pourrez plus poser une fois ouvert.
 
Celeste37 - booknode.com - 25 octobre 2014
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Fakhouri - Le Clairvoyage - Les Rêveries d'Isis
Posté 20 novembre 2018 -

Ce roman reste une énigme pour moi : comme Clara, je me suis trouvée précipitée dans un univers dont je ne comprenais ni les règles ni la logique. Tout me paraissait étrange, étonnant, grinçant et glaçant aussi parfois… Et j’ai apprécié cette multitude d’émotions. J’ai aimé trembler face à la banshie, j’ai aimé m’amuser des discordes des lutins, j’ai aimé m’inquiéter de cette tante fantomatique et de ce chat inquiétant, avant de savourer le jeu de mot lié à son nom. J’ai frissonné devant l’inquiétante maison d’Antoine que j’avais – par ailleurs – renoncé à vraiment comprendre… Et finalement, bien que perdue et décontenancée, je n’ai jamais songé une seconde à arrêter ma lecture. Mue par une force puissante, j’ai lu, lu et avancé avec Clara, me suis étonnée avec elle, et je me suis lancée avec elle corps et âme dans l’aventure. Je crois réellement que le bonheur de ce livre réside là-dedans. Nous plonger au plus près de l’état du personnage, nous pousser à nous interroger sans engendrer la moindre répulsion. Sacrée performance qui est bien entendue liée à la plume de l’autrice claire, nette, fluide. Le récit s’écoule sous yeux et les pages filent sans que nous ne nous en apercevions !

Si Clara m’a bien évidemment plu, je suis aussi séduite par Antoine, cet oncle qui est un doux rêveur, Gauvain est un personnage intéressant lui aussi et… Bébé – ou plutôt Elisabeth- me fascine désormais, de personnage spectral, elle devient centrale. Je dois dire que ce renversement est particulièrement intéressant et m’attire déjà vers la suite. Nul doute que le deuxième tome sera riche en aventures, en rebondissements et en révélations! Mon bémol serait là : ce premier tome ne résout pas grand chose… Si je veux avoir le fin mot de tout cela, me voilà obligée d’embarquer aux côtés des héros et de traverser la Brume des jours, à mes risques et périls… Néanmoins, trop de choses sont restées en suspens pour que je puisse résister bien longtemps.

Je suis donc enchantée de ma lecture. Le Clairvoyage est un petit bijou d’intelligence et d’originalité. J’ai aimé être ballottée comme Clara au gré d’événements qui me dépassaient, être plongée dans un monde de féerie et de fantaisie et découvrir au détour d’une page une référence culturelle apportant saveur et densité au texte. Un roman haut en couleurs !

-Isis, le 30 octobre 2018.

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