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Wagner - Rêves de Gloire - appuyez sur la touche "lecture"
Posté le 03 février 2012

Sex, drug and rock... the Casbah !

Voilà un roman déjà bardé de prix, et ce n'est peut-être pas terminé, puisque le voilà en lice pour le prestigieux GPI (le Grand Prix de l'Imaginaire). Un roman dont j'ai entendu dire beaucoup de bien depuis sa sortie au printemps dernier et auquel je me suis attaqué avec envie et gourmandise. Et il faut de l'appétit car les 700 pages de "Rêves de Gloire", de Roland C. Wagner (en grand format chez l'Atalante), ne se dévorent pas d'une traite mais vous nourrissent pendant plusieurs jours. Une lecture dense, intense, complexe mais passionnante, un roman choral qui revisite 50 ans d'une histoire contemporaine de deux pays pas encore totalement réconciliés, l'Algérie et la France. Une uchronie magistrale dont on ne sort pas indemne.
 
Bien... Comment raconter "Rêves de Gloire"... Pas facile... De nos jours, dans une ville d'Alger prise en étau entre la France et l'Algérie mais ayant su conserver une forme d'indépendance, vit un collectionneur de disques vinyles passionné, grand connaisseur du rock psychodélique de la deuxième moitié des années 60 et incollable sur les groupes ayant joué et vécu à Alger à cette époque si spéciale.

Un jour, sur un site de vente en ligne, il découvre un 45 tours dont il n'a jamais entendu parler, lui qui pensait son savoir exhaustif sur la question... Enregistré à Alger à la fin des années 60, la pochette pleine de couleurs, ce disque a pour titre "Rêves de Gloire", chanson composée et interprétée par un groupe inconnu au bataillon (si j'ose dire) dont le nom a de quoi surprendre, voire choquer : "les Glorieux Fellaghas".

Evidemment, le sang du collectionneur ne fait qu'un tour : ce disque oublié pourrait devenir le clou de sa collection, pourtant remarquablement fournie, mais surtout, pourrait se monnayer cher s'il parvenait à mettre la main sur l'un de ces exemplaires en bon état, qui ne doivent pas être légion.

Une quête commence alors, celle d'une galette de vinyle qui, à elle seule, concentre toutes les aspirations les plus profondes d'une époque au combien agitée, cette deuxième moitié des années 60 où les idéaux les plus divers sont entrés en collision pour le meilleur, le pire et l'utopie... Un disque qui attise les convoitises d'autres personnes, prêtes à tout, même à tuer, pour le posséder.

Dans une ville d'Alger mise en ébullition par les rumeurs de débarquement, soit français, soit algérien, pour mettre fin à l'embarrassante et insolente indépendance de la ville, le collectionneur va devoir apprendre à se méfier de tout et de tous s'il veut retrouver le disque des "Glorieux Fellaghas", sans y perdre la vie...

Voilà pour le fil d'Ariane de roman, la partie contemporaine qui permet au reste de s'assembler petit à petit. Car, atour de l'histoire du collectionneur et de sa recherche, une foule de personnages vient nous raconter, directement ou indirectement, la genèse de ce disque si spécial, nous raconter la vie à Alger dans ces années-là, les conflits, les expériences politiques et utopiques, l'évolution d'une société qui renaît, les oppositions plus ou moins larvées entre générations, nationalités, races, religions, idéologies, qui toutes se retrouvent à cohabiter dans Alger, dont la Casbah est le coeur d'un incroyable bouillonnement sociétal et culturel autour de ceux qu'on appelles "les Vautriens", les cousins des hippies, de ce côté de l'Atlantique.

Car, Wagner n'a pas voulu nous raconter l'Algérie naissante telle qu'on la croise dans nos livres d'histoire, mais une Algérie bien à lui, réinventée pour l'occasion. De Gaulle, assassiné en 1960 (eh oui, "Rêves de Gloire" est une uchronie, je vous le rappelle), ne joue aucun rôle dans son indépendance, prise tardivement et avec des contreparties, puisque Bougie, Oran et Alger sont restées françaises dans un premier temps. Des enclaves qui, toutefois, attisent les convoitises mais sont aussi une épine dans le pied d'une France devenue un temps communiste avant qu'un putsch militaires n'en fasse un Etat totalitaire en marge du reste du monde. Il y a donc, en permanence, une tension qui s'exacerbe par moment, sans qu'on sache si ces tensions viennent d'un camp, de l'autre ou encore des extrémistes favorables à une Algérie qui redeviendrait française.

Bien sûr, au fil des pages et des témoignages, on voit se dessiner ce cadre historique qui sert de décor au roman, 50 ans d'Histoire particulièrement mouvementés. La petite histoire, celle d'hommes et de femmes à la recherche d'un monde meilleur, cette génération née à la fin de la IIème guerre mondiale ou juste après et qui cherche par tous les moyens à échapper au monde de leurs parents. Mais aussi ceux qui subissent les évènements, qu'ils soient arabes, kabyles, européens installés là depuis la colonisation, militaires français, combattants de l'indépendance, chrétiens, juifs ou musulmans, riches ou pauvres, épris de liberté ou juste d'une terre et de racines...

Dans ces "swinging sixties", la Casbah d'Alger est devenu le centre d'une société nouvelle, en rupture avec les modèles des Trente Glorieuses en vogue dans le reste des pays occidentaux, individualiste, consumériste, sectaire, inégalitaire, belliqueuse, etc. La communauté instaurée par les Vautriens connaît alors aussi ses heures de gloire, dans tous les sens du terme. Car, d'une part, ce mode de vie, d'abord marginal, va attirer de plus en plus d'adeptes, mais, d'autre part, parce que cette vision nouvelle du monde, cette utopie bariolée est née dans l'absorption d'une drogue, la Gloire, distribuée dans le sillage d'une figure intellectuelle et contestataire, un certain Timothy Leary, passé d'abord par Biarritz puis installé dans une villa algéroise.

Qui prend de la Gloire semble soudain appréhender la vie différemment, découvrir un monde plus riche, plus coloré, plus profond. Une perception nouvelle sur laquelle des idéaux d'entraide, de non-violence, de tolérance, de liberté, sexuelle et autres, d'émancipation des carcans que peuvent être la morale, la religion, l'économie, la famille, etc. A tel point qu'un des groupes de musique remarquables de cette époque, les Déserteurs, n'hésite pas, par exemple, à "affirmer que l'association de la musique et de la Gloire peut devenir une arme de combat politique".

Bref, avec la Gloire, un nouveau monde semble possible, semble même se mettre en place. Au point d'imaginer fonder une commune d'Alger sur le modèle de la commune de Paris. Mais, de tels comportements ne peuvent que déranger ceux qui pensent au pouvoir, au contrôle, et l'utopie algéroise, comme son inspiratrice parisienne, va bientôt se retrouver dans le collimateur de forces idéologiques très violentes et à la merci des barbouzes de tous poils.

Difficile de vous en dire plus, il faut se plonger dans ce pavé à la construction complexe, c'est vrai, mais dans laquelle on trouve vite des marques. Tout y est volontairement flou, en terme de chronologie, de personnalité des narrateurs, on est soi-même transportés dans cette parenthèse enchantée, pleine de joie, malgré les incertitudes du quotidien, pleine de paix, malgré les bruits de bottes permanents, pleine de musiques démentes et de guitares distordues, malgré la proximité du chaos, pleines de drogues, aux effets aussi libérateurs que dévastateurs (quand "la blanche" va succéder à la Gloire), dans une réalité qui incite peu à l'optimisme, pleine d'amour libre et de solidarité, d'amitié et d'émerveillement permanent.

On comprend mieux la provocation que recèlent le titre du 45 tours autour duquel tourne tout le roman et le nom de ses interprètes : "Rêves de Gloire", par les Glorieux Fellaghas... De quoi s'attirer les foudres de tous les bords confondus...

Mais, "Rêves de Gloire", le roman, cette fois, c'est, outre ce chant contestataire et utopique, véritable hymne à la liberté individuelle et collective, une déclaration d'amour à une époque (la deuxième moitié des années 60), à une musique, ce rock halluciné que Wagner appelle psychodélique, et à une ville, Alger (Wagner est né à Bab-el-Oued et sa famille sera rapatriée en métropole lors de l'indépendance en 1962).

Bizarrement, car Wagner est né en 1960, il était donc très jeune lorsqu'il a quitté l'Algérie mais aussi lorsque les années psychédéliques ont déferlé, j'ai ressenti une puissante nostalgie à la lecture de "Rêves de Gloire". Comme si Wagner cherchait à renouer avec des racines géographiques et temporelles rompues trop tôt et trop brutalement. Avec beaucoup de pudeur, mais aussi avec un engagement vigoureux dans le sens de l'utopie qu'il développe, il nous offre un roman complexe, pas facile à lire, car la multiplicité des narrateurs dont on  ne connaît pas l'identité oblige à une attention accrue mais magnifique.

Chaque paragraphe de chacun des narrateurs est un fil de couleur différente qui sert à tisser la trame (jamais ce mot n'a été si juste) du récit, dont on ne découvre l'ampleur qu'une fois la dernière page tournée. Un tour de force littéraire qui peut dérouter, j'en conviens, mais qui mérite aussi que le lecteur s'accroche et accepte ces contraintes pour se laisser porter sur la vague suscitée par la Gloire et ses hérauts.

Et puis, je voulais terminer en parlant de la figure tutélaire, dont l'esprit flotte sur ce livre : Albert Camus. Lui aussi est présent dans ce récit, sous la forme d'un dialogue tout à fait uchronique lui aussi avec Wagner lui-même, je pense. Un dialogue passionnant et très drôle, avec le recul, où deux écrivains parlent de leur sujet commun : l'Algérie. Tous deux ont une passion pour ce pays et ont su en faire un personnage à part entière de leurs livres.

Et, finalement, j'en suis arrivé à cette idée étrange (et toute personnelle, attention !) que "Rêves de Gloire" était le négatif, dans le sens photographique du terme, bien sûr, de "la Peste". Comme si Camus et Wagner était deux auteurs totalement dissemblables mais réunis par cette terre au magnétisme si particulier.

Sous la plume de Wagner, on ne voit pas apparaître une ville blanche, écrasée de soleil, gangrenée par la maladie, comme Oran dans "la Peste", mais une ville d'Alger colorée, vivante, entraînée par le rythme déjanté et libéré des guitares électriques et des pédales de distorsion, et qui devient le berceau d'une harmonie doucement contagieuse. Mais, a contrario de cet optimisme, si on peut parler de d'optimisme dans le contexte si particulier dépeint par Wagner, la fin laisse entrevoir des lendemains qui déchantent pour Alger, l'Algérie et même la France, alors que, chez Camus, à la fin du roman, la peste a cessé, laissant derrière elle des dégâts irréparables, mais la vie peut reprendre son cours malgré tout.

Alors, oui, on pourra jouer longtemps à ce jeux des différences. Il n'empêche que cette filiation, non, ce parrainage de Camus est évident et que c'est Wagner lui-même, malgré des univers à des années-lumières (oui, on parle quand même de SF !), qui vient de lui-même se placer respectueusement sous cette égide, cette figure quasi sanctifiée (un saint laïc, évidemment).

Oui, "Rêves de Gloire" n'est pas un livre évident, il demande de la concentration et de la persévérance, mais, pour l'univers historique alternatif qu'il met en place, pour la musique qui accompagne cela et que Wagner nous donne presque à entendre, pour l'Algérie et pour mieux comprendre l'incroyable complexité que représentait cette région au moment de son indépendance et même après, pour les idéaux qui y fleurissent et prolifèrent au milieu des mauvaises herbes et pour la dénonciation implacable du colonialisme avec finesse, nuance et respect des opinions et des origines de tous, il mérite d'être lu, conseillé et récompensé (mais pour ça, on ne m'a pas attendu !).

appuyez sur la touche "lectures"

 



  • Les archives
Eschbach - Le dernier de son espèce - L'Écran fantastique
Posté le 01 février 2012

Vous souvenez-vous de la série télévisée L'Homme qui valait trois milliards ? Elle contait les aventures d'un cyborg capable de prodiges. Duane Fitzgerald a aussi regardé cette émission, enfant. Et il en est devenu un. Comme d'autres cobayes, l'armée américaine l'a doté d'un squelette de titane, de réflexes ultrarapides et d'une vision digne de Superman. Mais de telles améliorations ont leur revers : Duane a fait une croix sur les plaisirs de la table, ce qui lui reste d'estomac ne supporte qu'un produit spécialement fabriqué pour lui. Un jour, le projet visant à fabriquer des soldats invincibles a pris fin et les cinq restants ont été mis en retraite anticipée. Duane, vit à Dingle, en Irlande. L'homme exceptionnel est un solitaire forcé de taire sa condition, ses organes vieillissants supportent mal les concentrés de technologie dont il est bourré, son œil artificiel a tendance à s'affaisser, des pannes système le paralysent parfois.
    Mais voilà qu'on cherche à l'approcher. Deux meurtres sont commis dans son entourage. Qui a retrouvé sa trace, et dans quel but ? Des agents de puissances étrangères désireuses de s'emparer des secrets que renferme son corps ? L'armée américaine cherchant à effacer toute trace de ce programme secret ?
    Autour de ce thriller à l'évolution très lente Andreas Eschbach raconte une histoire émouvante, celle d'un homme sacrifié au nom d'intérêts supérieurs, d'un solitaire qui parvient à accepter sa condition en lisant les préceptes simples et forts de Sénèque, dont les citations ouvrent chaque chapitre. On montre moins Fitzgerald en action que plongé dans ses souvenirs, se remémorant les étapes qui ont fait de lui un être à part, le dernier de son espèce. Il serait étonnant qu'Eschbach ne reçoive aucun prix pour ce grand livre, tant cette histoire au ton grave et mélancolique nous touche.

 

Claude Ecken

 



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Pratchett - Nouvelles du Disque-monde - L'Écran fantastique
Posté le 01 février 2012

Des fables légères que rien ne raiera jamais

Pratchett écrit si peu de nouvelles que le recueil mérite d'être signalé. Celles sur le Disque-monde sont au nombre de six, dont une qui dépasse en longueur les cinq autres, pochades ou récits à chute qui auraient pu être intégrés dans les romans, comme "Le Rejet par l'Université de procédés diaboliques", en fait une exigence de contrôle et d'enseignement par ceux qui financent. "La Mort et tout ce qui s'ensuit" présente les ratiocinations d'un philosophe pour retarder l'échéance, une gourmandise réjouissante à souhait. "Minutes de la réunion en vue de concrétiser le projet de fédération de scouts d'Ankh-Morpork" est un compte-rendu municipal typique du regard porté sur la jeunesse. Le gros morceau, "La Mer et les petits poissons," met en scène une Mémé Ciredutemps encore plus dérangeante parce qu'elle aurait décidé d'être gentille et serviable : agréable récit sur le regard porté sur autrui et les délires d'interprétation, sur la morale des épreuves sportives, avec de beaux aphorismes comme : « Elle a perdu d'un cheveu » est un bien meilleur compliment que « Elle a gagné d'un cheveu ». "Le Théâtre de la cruauté", réflexion sur les formes artistiques qui n'ont pas la faveur des autorités, semble revisiter Agatha Christie. "Drame de troll," enfin, histoire douce amère empreinte de sagesse : travailler à changer le monde revient immanquablement à s'en exclure, de sorte que c'est moins le temps qui passe que les actes qu'on pose qui poussent à la nostalgie. Un recueil frivole en apparence, qui distille ses propos avec la légèreté qui manque aux moralistes à gros sabots.

 

Claude Ecken

 



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Card - La porte perdue - L'Écran fantastique
Posté le 01 février 2012

Une fantasy passe-muraille

Le premier volet du nouveau cycle de Card, Les Mages de Westil, met en scène un adolescent isolé de ses camarades qui le brutalisent, ainsi que les adultes, sans talent révélé alors que tous se doivent de trouver avant l'adolescence, sous peine de mort, la magie qu'ils maîtriseront. Danny North se découvre finalement le pouvoir de créateur de portes des jadis redoutés portemages, le sien surpassant les capacités de ses prédécesseurs, ce qui en fait un adolescent à abattre, car toutes les familles divines échues sur Terre ont décidé de préserver la paix entre elles en éliminant les portemages, surtout ceux susceptibles de rouvrir les portes magiques menant au monde divin de Westil, que Loki a fermées en 632. Est-ce un épigone d'Ender ? Voici donc un enfant seul contre tous, livré à lui-même, destin encore compliqué par le fait qu'une entité, Le Voleur de portes, détruit systématiquement toute porte vers Westil, condamnant par là celui qui l'a ouverte. La ressemblance avec Ender s'arrête cependant là, car Danny n'a pas sa dimension tragique ni romantique  : adroit pour tirer son épingle du jeu, insouciant et farceur jusqu'à l'inconséquence, peu charitable avec autrui, il est à l'âge de la soumission à toutes les influences, même les plus néfastes, surtout ignorant du monde extérieur comme il l'est. Forcé de quitter sa communauté de type mormon, il fait l'apprentissage du chapardage et du mensonge en compagnie d'un mauvais garçon ayant choisi l'errance, fraie avec des receleurs et croise la route d'une allumeuse éveillant ses sens, prenant une mauvaise direction dans la vie. son éducation sévère contrebalance les mauvais aspects de la nature humaine cependant qu'il tente d'en savoir plus sur sa magie et Loki, ce qui l'amène à trouver sa voie. Parallèlement à cette intrigue se déroule l'histoire de Boulette, autre adolescent miséreux porteur du même don, au royaume de Glacevège, arpenteur des solives du château et secrètement amoureux de la reine Bexoi.
Roman d'apprentissage très axé sur les dangers qui guettent l'adolescent au moment de son entrée dans le monde adulte, ce roman qui présente un univers cohérent parfaitement intégré au nôtre se déroule sans temps mort. On retrouve avec plaisir l'art de conteur d'Orson Scott Card qui semble parti pour un nouveau cycle passionnant (L'Atalante « La dentelle du cygne »).
 
Claude Ecken

 



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Larue - La vestale du calix - psychovision
Posté le 30 janvier 2012


Après avoir réussi de difficiles examens dont les survivantes sont soit mortes, soit esclaves, Anna endosse la responsabilité tout aussi difficile de Vestale et se retrouve à devoir prendre soin d'un vase sacré, le Calix. Mais son histoire d'amour interdite avec un chevalier aurathique va lui faire commettre une faute grave et être condamné à mort. Son bourreau, un ancien professeur et un scientifique sans scrupule va alors la décorporer.
Seulement, elle ne meurt pas et se retrouve en France en l'an 4666, un monde complètement différent du sien et dans lequel elle va devoir s'installer. Elle va alors emménager avec Ankh, une jeune médiéviste et trouvera même le moyen de pratiquer l'équitation. Le futur n'est pourtant pas rose puisque regarder les match de foot est devenu obligatoire et les émeutes pratiquement encouragées. Puis, il y a l'apocalypse qui arrive...

L'histoire commence donc à une période où les vestales existent, mais si elles possèdent des similarités avec leur collègue de l'antiquité, elle cohabite avec des chevalier qui chevauchent des dragons et où l'on trouve des technologies très moderne. L'héroïne quitte très rapidement ce monde pour atterrir dans un monde plus contemporain, où on trouve des écrans plats et des routes agréables, mais pas de sorcière !
Bref, par on ne sait qu'elle miracle, elle se retrouve en 4666, une période tellement lointaine qu'elle considère que le XXme siècle était encore le Moyen-âge, une période barbare où l'on vénérait le dieu Auchan tandis que Simone de Beauvoir devient une courtisane ! Ceci dit, ce 4666 est également une vraie dystopie où tous semble gérer par le gouvernement, même les rencontres amoureuses et un monde qui a oublié beaucoup de son passé.
Bref, c'est un beau bordel. Et le livre aussi ! On a probablement là un excellent candidat pour le roman le plus barré de l'année puisque le roman part dans tous les sens et s'offre un humour suréaliste et non-sensique qui n'est pas sans évoquer Douglas Adams. Certes ce style risque d'en laisser certains de marbre dont votre serviteur, si j'ai rigolé et même souris à plusieurs passages, j'avoue que j'ai été plus que perplexe sur la longueur.
Car proposer un gros délire, c'est bien, mais rien ne se justifie vraiment, on a parfois l'impression que l'auteur écrit chaque idée qui lui passe par la tête au fur et à mesure qu'elles lui viennent, n'hésitant pas à partir dans des digressions sur le féminisme ou autres, qui casse assez souvent le rythme de l'histoire. C'est globalement un ouvrage fourre-tout où de nombreuses idées se croisent, mais ne sont jamais véritablement développées.

La Vestale du Calix est donc un mélange globale de Science-fiction et d'Héroic-Fantasy complètement loufoque, contenant des passages surréalistes que les Monty-Python n'auraient probablement pas renié. L'humour est donc omniprésent, au détriment du reste et des personnages principalement qui sonnent malheureusement creux.
Bien qu'elle ait déjà écrit plusieurs essais, La Vestale du Calix est le premier roman de son auteur et du coup, on y trouve pas mal de défauts des premiers romans. Notamment, il y a beaucoup trop d'idées et le récit passe trop facilement de l'une à l'autre, sans vraiment les exploiter. Ceci dit, la lecture de l'ouvrage est divertissante et l'univers tellement riche qu'on tourne les pages avec plaisir. Un bien bel essai en fin de compte.

Stegg



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